- Speaker #0
Bienvenue sur les voies de Finaré, le podcast qui donne la parole aux talents qui composent notre groupe. Derrière chaque projet, chaque réussite, il y a des femmes et des hommes engagés, passionnés et porteurs d'histoires inspirantes.
- Speaker #1
Super, donc ils vont super.
- Speaker #0
Moi j'adorais accoucher, j'accoucherais un peu.
- Speaker #2
Oser, oser,
- Speaker #1
oser. Alléluia. Je veux que ça soit Copacabana. Chapin 5. Du chun, du chun, du chun. Voilà.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on plonge dans un univers fait d'efforts, de mental, de passion et de dépassement. Avec moi, deux sportifs passionnés. deux collaborateurs qui mènent une vie intense sur le terrain et au bureau. Ils participent régulièrement à des compétitions officielles avec des défis qui donnent le vertige. On va parler de leur parcours, de ce qui les fait vibrer, de leurs entraînements, de leurs rituels et de tout ce qui se passe dans la tête d'un sportif quand il faut continuer alors que le corps dit stop. Bienvenue à vous deux.
- Speaker #3
Bonjour.
- Speaker #2
Bonjour Sarah.
- Speaker #0
Pour commencer, si vous deviez résumer votre pratique sportive en trois mots, ce seraient lesquels ?
- Speaker #3
Transpiration, résilience et boue. Beaucoup de vous.
- Speaker #2
Donc en trois mots, je serais plutôt la persévérance, la famille et l'action.
- Speaker #0
Et pourquoi ces trois mots ?
- Speaker #2
On a toujours besoin de la famille pour le sport, c'est son moteur. La persévérance, ça fait 25 ans que je suis athlète, je suis toujours persévérant dans la vie. Et l'action, j'ai toujours des défis, un défi par un défi.
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer un peu ta pratique sportive, ce que c'est ?
- Speaker #2
Ultra-trailer. Ça fait depuis l'âge de mes 18 ans que j'adore ce sport.
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer un peu ? Je ne suis pas sûre que tout le monde sache ce que c'est l'ultra-trail.
- Speaker #2
Je fais des compétitions de 42 km à 500 km.
- Speaker #0
Ok. Et ça, c'est des compétitions en course ou en marche ? Il y a les deux peut-être ? Les deux. Ok. Donc dans tout type de terrain ?
- Speaker #2
Sable au nœud. J'adore le sable.
- Speaker #0
C'est ton terrain de prédilection ?
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #3
Moi j'ai commencé il y a une quinzaine d'années à courir sur route. J'ai commencé par des 10 km, j'ai fait semi-marathon. Puis j'ai eu un accident de ski et une rupture des ligaments croisés. Donc c'est vrai que le goudron était compliqué pour moi. Donc je me suis mis au trail. Et comme je ne courais pas assez vite, j'ai augmenté les distances. Donc je ne cours pas. Vite, mais je cours longtemps. C'est-à-dire que maintenant, on est plus sur des 100 kilomètres, voire plus.
- Speaker #0
OK. Et parce que c'est dû à ton accident de ski, mais le goudron, tu vois vraiment une différence entre le trail et le...
- Speaker #3
Oui, c'est moins traumatique.
- Speaker #0
OK. Oui, parce que moi, j'ai aussi eu un accident de ski et j'ai le genou fragilisé. Et comme je me suis mise à courir en arrivant chez Finare... Je sens qu'à faire les courses, le semi, je sens que mon genou est quand même vachement fragilisé. Donc peut-être que la solution, ce serait de passer au trail.
- Speaker #3
Le trail à bout, c'est ton avenir Sarah.
- Speaker #0
Quand est-ce que tu as commencé à faire du sport ?
- Speaker #3
Du sport, j'en ai toujours plus ou moins fait. J'en ai fait plus jeune, des choses un petit peu différentes. Je n'ai jamais fait de danse comme tout le monde sans doute. J'ai fait du foot. petite, il n'y avait pas beaucoup d'équipes de foot féminine, donc dans une équipe de garçons. Et un peu plus tard, au lycée, j'ai fait un sport qu'on ne trouve que dans la vallée du Rhône, ça s'appelle la barque de sauvetage. C'est une grosse barque dans laquelle on peut monter jusqu'à quatre personnes. Donc généralement les équipages, c'est de deux personnes. Et c'est un sport qui est lié aussi à la joute.
- Speaker #0
Donc un sport qui est plus connu, la joute, mais je ne connaissais pas du tout le premier sport.
- Speaker #3
C'est un sport un peu historique. C'était des barres qui étaient utilisées lors des crues du Rhône pour aller chercher les habitants.
- Speaker #0
Mais ça se pratique encore beaucoup ?
- Speaker #3
Ça se pratique beaucoup. La saison, c'est du 1er mars environ jusqu'au mois de novembre où il y a les championnats de France de grand fond. Et d'ailleurs, j'ai été vice-championne de France. France à cette occasion.
- Speaker #0
Impressionnant. Et tu ne fais plus du tout ? Non.
- Speaker #3
Même pour le loisir ? Non.
- Speaker #2
J'ai 18 ans, je suis tombé dans une marmite, comme Obélix. Mes parents sont sportifs, donc ils m'ont mis directement dans la marmite.
- Speaker #3
Et ils faisaient aussi de l'ultra-trail ?
- Speaker #2
Tout à fait, mon père aussi continue.
- Speaker #0
Donc vous faites ensemble ?
- Speaker #2
Tout à fait. C'est un de mes accompagnateurs.
- Speaker #0
Ok, trop bien.
- Speaker #3
Et pourquoi avoir choisi un sport aussi exigeant ?
- Speaker #0
Puisque là, c'est assez exigeant pour ton corps.
- Speaker #2
Je voulais me faire revivre dans ma vie. J'étais harcelé. Et après aussi, avec la famille, mon père étant sportif, j'ai voulu le battre.
- Speaker #0
C'est pour ça que tu as aussi fait du cratereil. Tu aurais pu aller chez un autre sport, mais finalement...
- Speaker #2
Et je vais le battre.
- Speaker #0
C'est la compétition.
- Speaker #3
Moi, je trouve... Pour moi, je ne mets aucune exigence dans ce sport. Je le fais... Non, la seule exigence... que je me mets, on va dire, c'est que quand je prends un dossard, l'objectif, c'est de passer la ligne d'arrivée. J'ai toujours passé les lignes d'arrivée sur toutes les distances, hormis une fois ou sur une épreuve hivernale où j'ai cédé à cause du froid. Il faisait à peu près moins 10, moins 15 et je n'ai pas tenu.
- Speaker #0
Oui, mais là, c'est indépendant de ta volonté.
- Speaker #3
Si, c'est parce qu'il y a eu une mauvaise gestion. Je me suis arrêtée à un ravitaillement parce que je croyais qu'il fallait relever, qu'il y avait un relevé d'arrivée. Et ce n'était pas le cas. Et je suis restée à peu près une quinzaine de minutes statique. Et je n'ai jamais pu... Je suis repartie, mais je n'ai jamais réussi à me réchauffer. Je me suis arrêtée au ravitaillement d'après.
- Speaker #0
Et s'il faut faire une course au moins 10 degrés, moins 15, c'était où ?
- Speaker #3
C'était dans la Loire, c'était vers Rouen. Nous sur Lyon, on a la Saint-Élion où j'ai participé, où c'est ce genre de course nocturne. Et quand c'est en décembre, ça ne fait pas de cadeau.
- Speaker #0
Et c'est plus impressionnant de les faire en nocturne ?
- Speaker #3
Pas plus impressionnant, c'est quelque chose que j'aime bien, j'en fais toutes les années, j'en fais plusieurs par an des courses nocturnes, mais c'est une autre dimension. On est encore, déjà on est forcément dans la nature, mais on est encore plus coupé du monde, c'est vraiment un temps à part. Et les heures de nuit, moi j'ai toujours la sensation qu'elles passent beaucoup plus vite que les heures de jour. On part, ce qui est... Plus difficile, c'est le décalage, c'est le sommeil, parce que généralement, c'est des courses qui partent à minuit. Donc, il faut attendre minuit. Donc, ce n'est pas forcément la meilleure heure pour se mettre en activité. Mais jusqu'au lever du soleil, ça passe toujours très vite. Après, quand c'est un peu long, qu'il faut traîner jusqu'à 14 heures, là, c'est un peu plus dur.
- Speaker #0
À quoi ressemblent tes semaines d'entraînement ?
- Speaker #2
Donc, c'est très, très dur. Le matin à 5 heures, je vais partir courir sur les terres en bordelais. Ça fait 10 kilomètres. Après, il y a le travail. Et le soir, je continue. Et le week-end, je cours avec ma guide Lucie, le dimanche.
- Speaker #0
Et donc, tes entraînements, ça consiste à marcher, à courir ?
- Speaker #2
Les deux, alternés. Je cours plutôt seul et je marche rapide avec Lucie.
- Speaker #0
Et tu as d'autres entraînements sportifs pour ce genre de compétition ? Est-ce qu'il y a besoin de faire de la musculation ou autre chose ?
- Speaker #2
Non, des étirements.
- Speaker #0
Vraiment juste de l'endurance ?
- Speaker #2
Oui, étirements, endurance, beaucoup d'endurance.
- Speaker #0
Et c'est combien de kilomètres que tu fais par jour à peu près ?
- Speaker #2
Alors 10 le matin, toute la semaine. Et après, ça peut être de 15 à 25 avec Lucie. Ok,
- Speaker #0
donc en tout et pour tout, un jour typique de semaine, ce sera 10.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Tu fais 5 le matin, 5...
- Speaker #2
Il faut partir après travailler chez Handicol.
- Speaker #3
Il n'y a pas d'entraînement type, il n'y a rien de programmé. Généralement, je prends beaucoup de dossards. Donc j'ai tendance à dire que la course que je fais, c'est un entraînement pour celle à venir. Et quand je ne prends pas un dossard, je participe le week-end à des randonnées organisées que je fais aussi en rando-course. Généralement aussi, c'est dans le département de la Loire parce qu'il y en a tous les week-ends. à peu près d'une trentaine de kilomètres. Comme ça, je retrouve d'autres personnes. Il y a des ravitaillements, il y a un balisage. Je ne fais pas toujours les mêmes parcours. Mais c'est très, très rare que je sorte de chez moi et que j'aille faire 10 kilomètres autour de la maison. Ça ne m'intéresse pas trop.
- Speaker #0
Il y en a beaucoup qui, pour leurs entraînements, au semi ou au marathon pour des grosses courses, prennent des dossards pour que ça fasse partie de l'entraînement. Des courses officielles, mais je ne pensais pas que les gens faisaient aussi que des courses un peu officielles pour faire partie de leur entraînement complet.
- Speaker #3
Moi, c'est ce qui me motive, en fait. Courir pour courir, ça ne me passionne pas trop. Ce qui m'a passionnée ces derniers 15 jours, et tu es bien placée pour le savoir, c'est le challenge virtuel des foulées de l'assurance. Donc, voilà, me challenger avec mes collègues et toi, notamment.
- Speaker #0
Oui, enfin, tu m'as bien dépassée. Je n'arrive pas à te rattraper.
- Speaker #3
Oui, mais il y a des dimanches où tu nous as fait des petits semis, on ne sait pas comment. Donc, je n'ai pas eu le choix que de me forcer. Donc là, oui, quand je vois les résultats de certains et certaines, le soir, je me dis, oui, on va sortir un petit peu.
- Speaker #0
C'est beaucoup plus motivant quand on est avec du monde. Courir toute seule, je ne l'ai jamais fait encore. Et finalement, l'idée ne me plaît pas. Puisque là, je cours avec mes collègues le matin ou sur les courses officielles et avec de la famille. Et ça, ça me motive à courir, à avancer et à faire des sorties parfois plus longues que ce que j'avais prévu. Mais toute seule, je ne suis pas sûre que j'arriverai à me motiver vraiment à faire mes 5 km ou mes 10 km d'entraînement. Je ne trouve pas ça très fun.
- Speaker #3
Oui, c'est pour ça que moi, je ne le fais pas. J'ai déjà fait des compétitions seule et c'est vrai que... C'est vrai qu'à un moment, c'est long, c'est très très long.
- Speaker #0
Pour le semi, j'ai couru toute seule puisque je pensais aller plus vite et donc courir avec des collègues. Finalement, mon genou m'a dit non. Donc j'ai couru toute seule. J'ai pu finir le semi, donc j'en étais très contente. Mais le temps n'était pas celui que je m'étais fixée. Donc d'une part, j'étais un peu déçue, mais on m'a bien fait remarquer qu'il n'y avait pas à être déçue d'avoir fini un semi puisque c'est... L'exploit en lui-même, c'est de le finir.
- Speaker #3
De toute façon, il n'y a jamais à être déçu d'avoir pris le départ et d'être allé à l'arrivée.
- Speaker #0
Oui, oui, non, mais c'est sûr. Mais c'est vrai que l'avoir fait toute seule, j'ai moins bien vécu ma cour. Je pense que si je l'avais fait avec du monde, d'avoir été accompagnée, de pouvoir parler ou de sentir qu'on est avec quelqu'un, je pense que ça aurait peut-être fait la différence. Oui,
- Speaker #3
créer des souvenirs en commun. Tu peux en reparler par la suite. Là, c'est vrai que c'est toi et toi.
- Speaker #0
Il y a un peu de monde qui est venu encourager, mais... Tu le vois dix secondes et puis après, il est plongé dans la foule.
- Speaker #3
Oui, j'ai déjà fait des 100 kilomètres tout seul. J'ai bien ressenti la solitude au bout d'un moment. Malgré la musique, les podcasts, les appels. Il y a un moment où il n'y a plus personne à appeler. Il faut avancer.
- Speaker #0
Et comment tu fais justement pour concilier le travail, la vie perso et les entraînements ? Puisque les entraînements, ça te prend beaucoup de temps. Marcher 10 km par jour, c'est un peu dur.
- Speaker #2
Des fois, on a envie de se reposer, mais il y a des fois des compétitions qui vont arriver, donc on est obligé d'y aller. On se met un petit boost pour aller s'entraîner. Et le week-end, on a envie de profiter du week-end. Il faut partir à Arcachon, à Paris ou à Bordeaux pour s'entraîner. On est obligé. Des fois, on a envie de se reposer et profiter de la famille. Maintenant, c'est entraînement,
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te motive justement sur ces jours où tu n'y arrives pas du tout, où tu n'as pas envie, où tu as envie de faire autre chose ?
- Speaker #2
Comme je vous l'ai dit, Sarah, c'est que ma famille me motive de plus en plus. J'envoie un petit message à mes amis, à ma mère amie ou à mes parents et ils me donnent un coup de puste.
- Speaker #0
Ok, donc c'est vraiment la présence de tout le monde, c'est le support de tes proches qui te pousse à aller encore plus loin.
- Speaker #2
Tout à fait, c'est important pour moi.
- Speaker #0
Donc est-ce que tu as un rituel avant chaque compétition ?
- Speaker #3
Oui mes chaussettes préférées qui doivent pas faire de plis et j'emporte toujours ma petite médaille porte bonheur.
- Speaker #0
Ça prend pas trop de place dans tes sacs très réduits ?
- Speaker #2
Non, tout. Le départ de course, j'écris les messages à mes trois amis qui me donnent une petite boost. Par exemple pour les 20 km de Paris, j'ai couru avec Fina Ray. 5 secondes au départ, j'avais reçu un message de mon amie Séverine et... Et c'est comme ça qu'on a pu faire un parcours en cartes.
- Speaker #0
Et t'as pas un maillot fétiche ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Tu crois pas en tout ça ? Pas de superstition ?
- Speaker #2
Un maillot avec tous les sponsors.
- Speaker #0
Cette année, tu prépares une grosse course. Est-ce que tu peux un peu nous la présenter ?
- Speaker #3
Oui, je pars le 1er avril faire le Marathon des Sables Légendary. C'est une course dans le désert marocain en six étapes. Pour un total de 270 kilomètres. Donc la particularité de cette course, c'est qu'on est en autosuffisance alimentaire. Donc dès qu'on...
- Speaker #0
Aucun ravitaillement.
- Speaker #3
Aucun ravitaillement, hormis l'eau quand même, parce que sinon ce serait compliqué. Aucun confort, c'est-à-dire qu'on va dormir à peu près huit nuits sous une tente berbère avec huit personnes. avec six inconnus, ce qui fait partie intégrante du challenge. Pas de douche. Et puis surtout porter le sac à dos avec les huit jours de nourriture.
- Speaker #0
Qui va se vider au fur et à mesure, mais la fatigue se fera sentir.
- Speaker #3
L'idée, ce n'est pas que je mange le jour 1 et 2. tout pour que mon cercle soit moins loin. Il faut que je tienne jusqu'au bout. Donc c'est surtout ça. Et j'ai hâte.
- Speaker #2
Donc c'est au mois de juin, je pars faire l'ultra-étraille de Madagascar. C'est 120 kilomètres en 10 jours, sous la chaleur de Madagache, dans le sable, les montagnes. Et donc c'est 20 kilomètres par jour, 25. Et après le soir, on dort chez l'habitant. Et le lendemain, on repart pour 25 kilomètres. Donc c'est 120 kilomètres.
- Speaker #0
Ok, c'est très intense. Tu as l'habitude de t'entraîner sous cette chaleur ?
- Speaker #2
Oui, oui, moi c'est plutôt ce que je vous avais dit Sarah, c'est que la chaleur et le sable, j'adore. La dernière fois que j'avais fait le marathon des sables, c'était 250 kilomètres en 6 jours, et c'est 42 à 90 kilomètres par jour.
- Speaker #0
Et c'est quoi pour toi, toi qui as fait le marathon des sables 6 fois, qui as l'habitude de ce genre de course, c'est quoi le défi le plus impressionnant pour cette course en particulier ?
- Speaker #2
En fait, toutes les courses sont différentes. Là, le Madagascar, mon but, c'est de le terminer parce que pendant des mois et des mois, ça fait un an qu'on s'entraîne, je n'ai pas envie de décevoir ma famille. Donc, le but, c'est de le terminer, terminer. Je pense qu'à ça, à ma médaille. Marathon et sable, j'ai abandonné une fois. Marathon et sable, il y a plusieurs courses. Il y a le half marathon en Jordanie, en Égypte, en Espagne et au Maroc. Il y a le half marathon, c'est le maximum, c'est le 250, c'est le Graal. et c'est... C'est la plus grande course au monde.
- Speaker #0
Et pour toi, le plus gros défi de cette épreuve, c'est quoi ? C'est la durée ? C'est la météo ?
- Speaker #3
Alors, ce n'est pas la durée, ce n'est pas la distance, c'est vraiment la gestion du sac, parce que j'ai participé en octobre 2024 déjà au Marathon des Sables 120 km, et c'était vraiment ça qui m'a le plus occupé l'esprit. C'est tout ce qu'il y a après l'étape. Arriver, se nourrir, faire un brin de toilette, s'hydrater, s'occuper de soi. C'est vraiment tout ce qu'il y a autour. Parce que quand on fait des courses, comme j'ai l'habitude de faire, on se fait mal, mais on sait qu'il y a un début, il y a une fin. Là, le début et la fin, ça dure huit jours. Il n'y a pas vraiment la période de repos. repos, de confort. On va dormir par terre, en tout cas sur des matelas très légers. Non, on va manger que du lyophilisé pendant huit jours, donc il n'y aura aucun plaisir, je pense. Hormis la satisfaction de... Enfin, pas d'arrivée, mais les paysages.
- Speaker #0
Et comment tu fais pour t'entraîner à ce type d'événement ? Tu n'as pas nécessairement l'habitude de manger lyophilisé, de dormir aussi peu, aussi mal, d'être dans le sable ?
- Speaker #3
Alors dormir peu, mal, j'ai l'habitude, même si je ne dors pas par terre à la maison. Les lyophilisés, on les a tous goûtés avant de partir, pour être sûr qu'on arrive à les digérer. On les a même goûtés sous la chaleur. Pour avoir regardé la météo, j'avais l'impression que ce ne serait pas le marathon des sables, mais le marathon des glaces, parce que j'ai regardé la météo à Ouarzazate. Quand j'arrive le 3, j'ai vu 2 degrés la nuit. Je vais dormir dehors. Je ne sais pas. On m'avait promis un enfer de chaleur. Je ne sais pas. Et puis, je ne peux pas plus me charger que ça. Je ne peux pas prendre une doudoune. Oui,
- Speaker #0
parce que ton sac, tu l'as fait en fonction de la météo que tu pensais avoir.
- Speaker #3
J'ai fait aussi en fonction de la place que j'ai dans le sac. J'ai un sac de 24 litres. Là, déjà, sans l'eau, il pèse 8 kilos.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #3
Voilà. Vraiment, mon aventure, elle tourne autour de ce sac. Ce n'est pas la température, c'est le sac.
- Speaker #0
Et comment tu fais pour te préparer à toutes ces épreuves ?
- Speaker #2
Moi, je suis une personne différente. Je suis une personne en situation de handicap, donc c'est différent. On n'est pas tous pareils. Je ne cherche pas la vitesse, je cherche plutôt la longueur. Donc, je peux courir pendant des heures et des heures. Donc, je terminerai en revanche la vitesse. Bien sûr, cette personne cherche du temps. Moi, le but, c'est de terminer, de franchir la ligne d'arrivée. J'ai une amie qui était championne du monde au marathon. Elle m'a dit... Sans que ce soit le premier ou le dernier, on fait la même distance. On a la même médaille.
- Speaker #0
Mais du coup, comment... Alors, si tu t'entraînes ici à Bordeaux, ça ne va pas du tout être les mêmes conditions qu'à Madagascar. Est-ce que tu as un entraînement particulier ?
- Speaker #2
Je pars des fois à Arcachon m'entraîner.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Donc là,
- Speaker #0
il fait plus chaud ? C'était quand même plus dans les mêmes conditions qu'à Madagascar ? Là,
- Speaker #2
tu es une pila. Et après, je rejoins des Landes. Je pars aussi faire... Je cours sur les dunes landaises.
- Speaker #3
Ok. Depuis que je sais que je dois participer au marathon des sables, j'avais fait un peu le tour des dossards justement que je devais prendre. Parce que cette année, il y a en plus une particularité, c'est qu'il y a une épreuve de 100 kilomètres, enfin une étape de 100 kilomètres au sein de l'épreuve. Et du coup, j'ai déjà fait plusieurs 100 kilomètres sans problème. 100 kilomètres dans le sable, ce n'est pas la même chose. Les allures sont vraiment lentes quand on monte une dune. Alors que j'ai l'habitude du dénivelé, on voit la dune, elle n'est pas du tout impressionnante. On arrive en haut, on a l'impression d'être asthmatique. On fait deux pas en avant, un pas en arrière. Le sable, c'est assez compliqué quand même pour avancer. Donc du coup, j'ai découvert des nouvelles épreuves. C'est des courses horaires. Et c'était vraiment une course horaire, ça peut être 24. 48 heures ou plus, on s'inscrit, c'est un parcours en boucle. Et l'idée, c'est de faire le plus possible de kilomètres pendant ces 24 heures. C'est un peu déconcertant la première fois, puisqu'on a l'habitude de compter en kilomètres. Je sais que la première fois, au bout de 10 heures, je dis ouais, j'ai fait 70 kilomètres, super. Et là, j'ai un peu paniqué, je me dis mais il me reste 14 heures. Qu'est-ce que je vais faire pendant 14 heures ? On arrivait à faire 125-130 kilomètres en se reposant un petit peu. L'idée de ces courses horaires, c'était vraiment de m'habituer à manquer de sommeil. Manquer de sommeil et à continuer d'avancer coûte que coûte. Parce que c'est vrai qu'on peut avoir des gros moments de fatigue, mais le corps continue d'avancer.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu ressens à l'approche d'une course ? Est-ce que tu as du stress ? Est-ce que tu as de l'excitation ? De la joie ?
- Speaker #2
Les trois, c'est très bien. Beaucoup de stress. Ça, ma guide le sait. Je suis stressé à fond. Dans un mois, je pense que je suis encore stressé. Et après, beaucoup d'excitation parce qu'aller dans un pays où on ne connaît pas, on a une chance inouïe surtout. Il faut être chanceux.
- Speaker #0
Oui, parce qu'au-delà du... De ta course, tu découvres aussi un pays que tu connais ? La population,
- Speaker #2
les pays, la vie là-bas. Quand on vit en France, on a dit qu'on avait la chance de vivre en France. Quand on voit certaines populations, je me dis vraiment qu'on est bien chanceux.
- Speaker #3
Là, c'est plutôt des questionnements. Parce qu'autant j'étais sûre de moi, sur ce que j'allais mettre dans mon sac, etc. Là, je n'arrête pas de regarder la météo. Alors que c'est dans dix jours, donc personne ne sait le temps qu'il fera. Même est-ce qu'il y a vraiment des météorologues où je vais aller, je ne pense pas non plus. Donc tout peut arriver. Il faut juste que je me laisse porter et que j'accepte ce qui va se passer.
- Speaker #0
Et cette course, tu ne la fais pas toute seule ?
- Speaker #3
Non, je la fais avec une amie. Ça fait des années qu'on court ensemble. Peut-être 8 ans qu'on fait toutes nos grosses courses ensemble. Et elle avait déjà participé aussi au Marant dans des sables 120 kilomètres avec nous.
- Speaker #0
Est-ce que vous en parlez beaucoup entre vous ?
- Speaker #3
Je peux te montrer notre WhatsApp, c'est à peu près 30 messages par jour. J'ai trouvé ça, je vais mettre ça, je vais... On en parle énormément, de toute façon on a décidé... lors de la dernière étape du marathon 120 km, on est sortis de l'attente et on s'est regardés et on s'est dit qu'on n'est pas fatigués, on n'a pas eu notre dose. Donc, il faut qu'on revienne. En fait, le légendarie, il est à notre portée.
- Speaker #0
Donc, quand même une grosse étape en plus, mais il y a quand même une grosse excitation de pouvoir aller plus loin.
- Speaker #3
Oui, on mesure la chance de pouvoir participer parce que il n'y a pas de la place pour tout le monde.
- Speaker #0
C'est très sélectif comme épreuve ?
- Speaker #3
Alors, ce n'est pas sélectif. Il faut être réactif le jour de l'inscription.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #3
Voilà. Mais sinon, tout le monde peut s'inscrire. Il suffit d'être sélectif. Non, il faut avoir une bonne forme et puis de l'endurance. Mais après, il y a des petites vedettes du try quand même qui participent. Donc, c'est toujours impressionnant. Je me souviens la dernière fois quand... Quand je suis montée dans le bus en partant de Ouarzazate, j'ai reconnu Rachid El Mouarabiti qui a gagné déjà plus de, je ne sais pas s'il a gagné 11 ou 12 fois le légendari. Quand même, on se dit, il est avec nous.
- Speaker #0
Il y a des gens qui ont un certain nombre. Après,
- Speaker #3
je ne l'ai pas vu du tout. Je l'ai vu sur le camp, sur les bivouacs, mais je ne l'ai pas vu. Je l'ai vu passer une fois devant moi parce qu'il était parti, je crois que les élites partent pour la grosse étape 2 ou 3 heures après nous. Donc oui, je l'ai vu passer, mais c'est tout. Je ne l'ai jamais vu. Et là, il y aura aussi un gagnant du TMB avec nous qui est assez connu, c'est Ludovic Pombray. Ça fascine que moi.
- Speaker #0
Moi, les noms ne me disent rien, mais dans le milieu, je me doute que ça parle. Peut-être à plein de gens qui nous écoutent et qui pratiquent aussi la même technique.
- Speaker #3
J'ai parlé que des hommes, mais il y a des femmes aussi très connues.
- Speaker #0
On dit souvent que le mental représente 80% de l'effort. Est-ce que tu trouves que c'est vrai ?
- Speaker #3
Même dire plus, je pense.
- Speaker #0
Pratiquement tous les fois ?
- Speaker #3
Oui, dans mon cas, oui. Même si la distance ne me fait pas du tout peur, je sais que je l'ai dans les jambes. Mais après, dans ce genre de milieu, on n'est pas à l'abri d'avoir une ampoule. Et donc là, oui, tout va passer par le mental. Une ampoule ou j'ai déjà eu un orage dans le désert, c'est assez impressionnant. Là, on baisse la tête, on avance, on ne se pose pas de questions.
- Speaker #0
À aucun moment, tu t'arrêtes ?
- Speaker #3
De toute façon, je suis au milieu du désert.
- Speaker #0
À quoi bon ?
- Speaker #3
Voilà. C'est vrai que dans l'équipement obligatoire, il y a le miroir de ténéisation, mais je ne vais pas appeler l'hélicoptère à tout moment. On a un sifflet aussi. Et puis, on a une balise GPS.
- Speaker #0
Vous n'avez que ces trois équipements en cas de souci ?
- Speaker #3
C'est suffisant.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Ça me paraît peu, mais parce que ça m'intéresse.
- Speaker #3
La balise, on se perd. Mais il n'y a pas de raison de se perdre.
- Speaker #0
C'est bien balisé, les chemins ?
- Speaker #3
C'est... Bien balisé, il n'y a pas d'arbres par définition, pas beaucoup. Donc, quand on est sur des endroits un peu rocheux, il y a de la peinture fluorescente. Et puis, oui, un peu de rebalise ou des choses, mais ça se voit. Et puis, on n'est jamais seul. Il y a quand même beaucoup de participants, donc on arrive toujours à avoir du monde devant ou derrière. Bon, la nuit, par contre, il faut être très attentif. La nuit, il y a un petit peu de peinture fluorescent, donc il faut quand même bien voir où on...
- Speaker #0
Tu n'as jamais croisé d'animaux ?
- Speaker #3
Alors peut-être, eux m'ont vu, mais moi je ne les ai pas vus.
- Speaker #2
D'accord, c'est le mental. Parce que là, j'étais faire le marathon des sables, et une championne, elle a une douleur, elle a abandonné au bout du 10e kilomètre, qui est en restant 250. Même moi, j'ai des douleurs, je continue jusqu'à la fin. Premier au dernier, j'avais terminé avant avant dernier. Et moi, je l'ai fait. Donc, 95% des chances, c'est le mental.
- Speaker #0
Dès que ton corps lâche un petit peu, finalement, il prend le relais.
- Speaker #2
Bien sûr, il y a l'entraînement à côté, mais le mental...
- Speaker #0
Mais le mental, c'est son entraînement. Puisque là, tu nous dis que des fois, on n'a pas envie. En fait, c'est ton mental qui prend le relais à ce moment-là.
- Speaker #2
Aussi, l'entourage est important.
- Speaker #0
Et hormis les messages et les soutiens, comment ils... peuvent te soutenir ? Comment tu conseillerais de soutenir un sportif comme ça, qui a besoin d'être entouré ? Pour toi, c'est important l'entourage. C'est ce qui te pousse. Peut-être qu'on est un peu tous sous l'entourage d'un sportif et on ne sait pas nécessairement comment s'y prendre pour encourager quelqu'un.
- Speaker #2
Oui, en plus, dans des courses, on peut être suivi sur le site. Il peut même nous écrire, je pense, avec votre collègue qui est de Finaré. les personnes peuvent l'écrire et tous les jours on reçoit un message et ça ça motive les plus les concurrents on attend que ça des fois et moi quand je leur dis l'entourage c'est 90% des chances de la positive donc l'action,
- Speaker #0
l'entraînement Est-ce que tu as déjà eu envie d'abandonner dans une course ou dans un entraînement ?
- Speaker #2
Ce qui peut me faire abandonner c'est ma maladie, l'épilepsie Sinon, moi, l'abandon, ça n'existe pas sur mon dictionnaire.
- Speaker #0
Ok, toi tu iras toujours jusqu'au bout.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Impossible d'arrêter.
- Speaker #2
C'est mon guide qui me dit stop. Parce que la santé est avant tout.
- Speaker #0
Oui, il faut quand même s'écouter un minimum.
- Speaker #2
Oui. Dernièrement, l'Afrique du Sud, j'ai dû abandonner.
- Speaker #0
C'est bon, ce que mon père m'a dit, on arrête. Sinon, je pourrais continuer.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais si on ne te disait pas d'arrêter, tu n'arrêtais pas ? Non,
- Speaker #0
c'était 300 kilomètres, je les aurais fait. Je faisais des malaises, en malaise, en malaise.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Donc tous les jours, toutes les secondes, je faisais des malaises.
- Speaker #1
Oui, donc il a peut-être bien fait de te dire d'arrêter et que tu te reposes un petit peu. Tu nous parlais tout à l'heure d'une fois où tu as vraiment arrêté par le froid. Mais à ce moment-là, quand tu as envie d'abandonner, qu'est-ce qui te fait tenir jusqu'au bout ?
- Speaker #2
En fait, je pars en me disant que je ne vais pas abandonner. Je sais, je sais que je vais me mettre mal. Souvent, les cinq premières minutes, je me dis mais pourquoi ? Pourquoi en fait ? Et puis, je ne sais pas pourquoi, cinq minutes après la ligne d'arrivée, je réfléchis à la prochaine. Là, je sais que je pars au Maroc et je pense déjà à mon prochain défi. J'espère dès le mois de novembre pour faire justement une course horaire de huit jours. nos finish line à Monaco.
- Speaker #1
Tu n'as même pas commencé ton grand défi.
- Speaker #2
Je pense déjà au prochain.
- Speaker #1
On aime se faire du mal quand même dans ce sport.
- Speaker #2
On aime voir quelles sont les limites. Enfin, pas voir où sont les limites, les repousser à chaque fois. Je peux te donner déjà mon planning 2027.
- Speaker #1
Très prévoyante. Après, il faut être prévoyant puisque les dossards partent assez rapidement aussi.
- Speaker #2
Bon là, ce dont je te parle, les courses horaires, c'est quand même un milieu un peu fermé, très peu connu. Donc il y a de la place.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as un mantra, une phrase qui te booste même quand ça devient dur ?
- Speaker #2
Un mantra, oui. Je l'ai fait en tatouage avant de partir. Je te laisse le lire.
- Speaker #1
Très drôle. C'est la phrase que vous vous dites avec ta partenaire ?
- Speaker #2
Non, elle n'a pas mis la même chose. Moi, j'ai mis Yala et elle, elle a mis Yolo.
- Speaker #0
Ça vient de Saint-Exupéry, fait-toi vivre un rêve, un rêve, une réalité.
- Speaker #1
C'est ça qui te pousse à aller toujours plus loin et à battre tes parents ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Merci à tous les deux pour ce partage, pour votre énergie et votre authenticité. Votre passion montre qu'on peut tous, à notre niveau, aller plus loin que ce qu'on imagine. On vous souhaite de belles courses, de belles aventures et surtout de garder cette flamme qui vous anime. Merci à vous qui nous écoutez et à très bientôt pour un nouvel épisode des Bois de Finary.