- Speaker #0
Bienvenue sur les Voix de Finarée, le podcast qui donne la parole et met en avant les nombreux talents qui composent notre entreprise. Derrière chaque projet réussi, il y a des femmes et des hommes passionnés. Découvrez leur parcours inspirant, leurs témoignages, leurs conseils ou encore ce qui les anime au quotidien.
- Speaker #1
T'as pas enregistré ? Regarde, excuse-moi, tu m'as vu ? Ça va être un moment.
- Speaker #0
Ça va, ok. On peut recommencer ? Je vais déclencher.
- Speaker #1
Pour ce troisième dé...
- Speaker #0
Vous êtes prêts ? Alors prenez une pause et plongez avec nous au cœur de la résistance. Bienvenue dans le quatrième épisode des Voix de Finaré. Si vous n'avez pas encore écouté les premiers épisodes, on en a déjà sorti trois. Un sur la vie en alternance, un autre sur le sport, et un troisième sur la jeunesse du groupe Finaré, donc n'hésitez pas à aller les écouter si ce n'est pas encore fait. Pour ce nouvel épisode, on va parler bénévolat, avec un témoignage qui, vous allez le voir, est très inspirant. On va découvrir comment on s'organise pour mener une deuxième vie, en plus du travail, ce que ça apporte, et aussi on va essayer de comprendre les motivations derrière ce projet. Juste avant de commencer, selon une étude qui date de 2023, en France, un salarié sur quatre déclare être engagé bénévolement dans une association ou pour une cause. en parallèle de son emploi. Pour les entreprises, les salariés engagés dans une autre activité que le travail, ils ont déclaré se sentir plus utiles, être plus motivés au travail et également avoir développé des compétences transversales qui ont pu leur être utiles en entreprise, comme par exemple la prise d'initiative ou la gestion du stress. On va commencer sans plus tarder. Merci à notre invitée d'être présente avec nous aujourd'hui. Est-ce que tu peux te présenter et nous indiquer de quoi tu vas nous parler ?
- Speaker #1
Bonjour Eva, je m'appelle Manon, je suis au sein du groupe Finaré depuis un an et demi en tant que chargée de communication. Et à côté, j'ai un deuxième emploi en tant que réserviste à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris depuis à peu près 4 ans. Donc en fait, être réserviste c'est quoi ? C'est venir en aide aux victimes, donc toute la partie secours à victimes. allier les deux les deux travails en même temps
- Speaker #0
Merci Manon pour ta présentation et bienvenue au micro des Voix de Finarée donc toi comme tu viens de le dire tu es réserviste est-ce que tu peux nous raconter comment ça se passe concrètement la formation et l'intégration pour arriver en tant que réserviste ?
- Speaker #1
Donc au départ en fait on nous demande une lettre de motivation et un CV et bien sûr par la suite on a tout ce qui est entretien de motivation pour savoir si vraiment on aurait le profil adéquat pour ce statut-là. Après l'entretien de motivation, on a la validation ou pas de notre profil. Ensuite, on a tout ce qui est pactage. Donc on va chercher notre équipement, notre matériel, notre tenue, parce que bien sûr, en tant que pompier, on est censé se protéger. Après, on a bien sûr la formation. On a la formation qui dure deux semaines au sein d'un centre de secours, où là, on va apprendre tous les gestes de secours. Avec des exemples de cas concrets, des accidents de circulation, un malaise, voilà vraiment tous les profils qu'on peut avoir sur une intervention. Et bien sûr, on est noté. Après cette formation, on est ensuite en insertion dans une caserne. On est en quatrième équipier, c'est-à-dire qu'en fait, dans un véhicule, normalement tu as trois personnels. On vient seulement en renfort pour découvrir sur des interventions réelles. Et par la suite, on pourra bien sûr être en troisième équipier, troisième personnel au sein des interventions. C'est vraiment histoire de nous introduire dans la caserne et dans les interventions.
- Speaker #0
Et donc, après cette période de formation et d'intégration, est-ce que vous avez des possibilités d'évolution au sein de la caserne ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors en fait, déjà, quand on commence, on n'a aucun grade, on n'a pas de grade. c'est au bout de dix mois déjà on passe officiellement de sans grade à première classe. Et par la suite, si on a envie, on peut passer le grade de caporal et après caporal-chef. Caporal-chef, c'est vraiment le grade maximum où on peut atteindre. C'est le grade du chef du véhicule de secours à victime. Donc là, bien sûr, il y a une formation de trois semaines où forcément, on doit apprendre le métier de chef d'agréé. C'est comme ça qu'on appelle le chef. Donc voilà, il est éventuellement possible de passer en grade et d'avoir beaucoup plus de responsabilités au sein du véhicule et des interventions.
- Speaker #0
Merci Manon, c'est très clair. Une fois que toutes les étapes sont passées, comment ça se passe pour les gardes ? Et toi, comment tu concilies la caserne plus ton travail ?
- Speaker #1
Une fois que c'est fait, c'est à nous de poser nos gardes. C'est-à-dire que c'est des gardes généralement de 24 heures. Ça peut être 12 heures, mais on va dire qu'ils préfèrent quand c'est 24 heures. Et comment ça se passe par rapport à mon travail ? En fait, je travaille du lundi au vendredi, comme d'habitude. Et c'est moi qui décide de poser mes gardes. Donc c'est pendant mes disponibilités. Généralement, c'est le week-end. Donc par exemple, moi, je fais beaucoup du samedi matin au dimanche matin. Pourquoi ? Parce qu'au moins le dimanche, ça me permet de me reposer un peu. pour ensuite reprendre le travail lundi. Voilà. Donc j'ai commencé en tant que volontaire service civique, qui a duré huit mois. Pourquoi ? Parce qu'en fait, au départ, je ne voulais pas faire un long contrat, je voulais vraiment découvrir le métier, voir si ça m'intéressait, et si j'avais bien sûr la force mentalement de suivre vraiment toutes les interventions. Donc je me suis rendue compte que ça m'a beaucoup plu. Voilà, je me suis dit pourquoi pas continuer. Donc je suis devenue réserviste, qui est un contrat de trois ans. Où là, en fait, on a un minimum de dix gardes par an. Donc j'arrive plutôt bien à le tenir parce qu'en fait, généralement, je mets deux gardes dans le mois, donc deux fois 24. Voilà, donc c'est quand même assez régulier. Et ce qui est bien, c'est qu'en fait, en étant réserviste, je remplace un pompier de métier. Voilà, donc qui peut avoir du coup plus de repos, plus de disponibilité pour son temps personnel. Donc voilà, c'est vraiment histoire d'apporter du renfort sur le secours à victime.
- Speaker #0
D'accord. Et tout à l'heure, tu parlais de l'entretien de motivation. C'est plus axé sur quoi ? Sur la psychologie ? Sur le physique ? Qu'est-ce qu'il peut faire ?
- Speaker #1
par exemple que tu sois pas sélectionné en tant que réserviste alors en fait ils sont quand même en manque de main d'oeuvre donc pour eux le but c'est quand même d'essayer de recruter donc on va pas dire qu'ils sont très strict niveau entretien après c'est bon beaucoup en effet, est-ce que vous avez des... Vous n'allez pas voir le sang, est-ce que vous êtes assez timide, est-ce que vous vous adaptez à n'importe quelle situation, est-ce que vous savez gérer une période de stress ou une gestion de crise ? Pourquoi est-ce que vous avez choisi aussi la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ? Vraiment, c'est vraiment qu'est-ce qui vous motive à venir au sein d'une caserne ? Et est-ce que vous serez capable de supporter le milieu très militaire, très strict et ordonné ? Voilà, c'est vraiment essayer de savoir si la personne a la maturité pour.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, toi, c'est quoi concrètement qui t'a motivé à te dire à la base, allez, je vais aller faire réserviste ? Parce que tu t'es toujours dit... Tiens, je vais être pompier ou est-ce que tu as eu un déclic ?
- Speaker #1
Alors oui, en fait, j'ai... Bon déjà, j'ai toujours un peu connu le milieu des sapeurs-pompiers de Paris parce que quand j'étais petite, j'allais à l'école avec les enfants de pompiers. J'étais amie avec les enfants de pompiers. Donc j'ai toujours un peu connu ce milieu-là. Alors c'est vrai que du coup, quand j'étais petite, je voulais faire pompier. Je voulais être pompier. Malheureusement, je n'ai pas pu suite à des problèmes de santé. Donc je me suis centrée par la suite dans la communication, parce que c'était un autre secteur qui m'intéressait. Et je me suis dit, en grandissant, pourquoi pas retenter, mais cette fois en partie volontariat, parce que j'étais déjà bien ancrée dans la communication. j'étais en fait en master à ce moment là quand je me suis décidée à rentrer dedans Et j'ai vu que le gouvernement proposait un volontaire service civique. Donc j'ai commencé par ça pour me dire si ça me plaît, je vais continuer par la suite. Une fois mon volontaire service civique réalisé, je me suis donc dirigée vers les réservistes, qui là ont un contrat de 3 ans ce coup-ci. et voilà ça se passe toujours aussi bien je me suis dit au moins ça apporte ce côté que je cherchais quand j'étais petite en plus de mon travail actuel et puis bon en fait on en apprend beaucoup sur soi même et c'est vrai que les interventions qu'on regarde c'est vraiment motivant de sortir d'une intervention parce qu'on se dit qu'on a vraiment servi à quelque chose on a vraiment aidé on a vraiment cette part de social que j'ai pensé j'ai pas forcément forcément au sein de mon travail, mais on se dit...
- Speaker #0
Le côté humain.
- Speaker #1
C'est ça, exactement, le côté humain qu'on n'a pas forcément derrière un bureau. Voilà, c'est le retout plus le week-end. C'est ça, exactement. Mise à part ça, c'est vrai qu'on m'a toujours posé la question pourquoi j'étais pompier volontaire à chaque entretien d'embauche. C'est vrai que c'est toujours un sujet qui est ressorti parce que c'est quelque chose qu'on ne voit pas habituellement. Il n'y a aucun rapport entre chargé de communication et pompier volontaire. Moi, je sais que je connais d'autres réservistes. Ils sont tous en lien presque. Ils sont soit infirmiers, soit ils font des études de médecine. Il y a vraiment plus de rapports que chargé de communication et pompier. Voilà. Et c'est motivant en fait quand on revient au travail soit dans l'un soit dans l'autre parce que du coup il n'y a aucun lien, on a l'impression de redécouvrir quelque chose chaque fois qu'on revient. Et puis moi, quand je reviens au travail ici, ça me motive encore plus. Ça m'a mis la patate. C'est surtout pour ces raisons-là.
- Speaker #0
D'accord. Et est-ce que le fait d'être réservée, ça t'a appris quelque chose sur ta personnalité ou tu as pu transposer ça sur tes missions au travail ? J'ai bien compris que c'était une passion depuis que tu étais petite, mais... Est-ce que justement par rapport à la communication, ça t'a peut-être appris quelque chose de plus par rapport au métier ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je trouve que je suis quand même beaucoup plus organisée déjà dans mes tâches. Et j'arrive mieux justement à gérer les situations de stress. Tout ce qui est deadline, j'arrive à mieux me poser qu'avant. Donc après, c'est vrai que j'ai beaucoup plus confiance en moi aussi. Donc c'est surtout ces avantages-là, oui.
- Speaker #0
Et est-ce que pendant ton second métier, si on peut le dire comme ça, tu as eu des moments qui ont été difficiles à gérer ? J'imagine que toutes les interventions ne sont pas faciles. Est-ce qu'il y en a une que tu veux nous raconter ? Et comment tu as surmonté ça ? Est-ce que tu as eu peur ? Est-ce que tu t'es dit je vais arrêter ? Ou au contraire, est-ce que ça t'a donné encore plus envie de continuer ?
- Speaker #1
Alors c'est vrai qu'à l'heure actuelle, et pourtant ça fait 4 ans que j'y suis, j'ai pas vraiment eu d'intervention qui m'ont traumatisée. Après on est quand même assez bien accompagnés par ces équipes, parce qu'en fait on apprend vite à passer à la prochaine intervention. Ça arrive tellement vite les interventions, qu'on n'a même pas le temps d'y réfléchir, de revenir dessus, que du coup en fait on n'a pas le temps d'être vraiment traumatisé. Au sein même d'une intervention, il faut agir vite. Donc voilà, il faut avoir le déclic, il faut avoir le truc de se dire « Ah ouais, mais là la personne en fait, elle est en danger, il faut vraiment que j'agisse. » Donc non, en fait, je n'ai pas vraiment d'intervention qui m'ont traumatisée, et pourtant j'en ai vu des arrêts cardiaques, des accidents de circulation, j'en ai vu malheureusement, même malheureusement sur des nourrissons aussi. Les nourrissons, ce sont les interventions les plus compliquées, je pense. Parce qu'en effet, quand on arrive sur l'intervention, qu'on voit que le nourrisson malheureusement est bleu, il ne respire plus, là, il faut se dire qu'il faut vraiment agir. Après, les choses qui ont été peut-être un peu plus difficiles, ce ne sont pas vraiment les interventions, c'est plutôt l'insertion au sein de la casane. Parce que vu que c'est un métier militaire, c'est un secteur militaire, quand on n'a pas forcément eu cette connaissance du milieu militaire, on arrive. La seule chose qu'on nous a appris, c'est les gestes de secours. On ne nous a pas vraiment appris. J'ai appris comment interagir au sein d'une caserne. C'est-à-dire le respect de la hiérarchie. Il y a une certaine façon de s'exprimer avec la hiérarchie. Donc, voilà, c'est vraiment... Au début, ça peut impressionner un peu. Voilà. Et bien sûr, le point positif, c'est que ça m'a appris à faire mon lit au carré. Voilà. Maintenant, je le fais au carré.
- Speaker #0
D'accord. Et quand vous n'êtes pas en intervention, vous faites quoi à la caserne ?
- Speaker #1
Alors ça dépend, c'est vrai que moi vu que j'y suis principalement que le samedi, le samedi après-midi on a tout ce qui s'appelle les TIG, donc c'est en gros on va nettoyer de fond en comble la caserne. Après moi ce qu'on m'a toujours appris c'est de ne jamais être dans les chambres, parce qu'en fait tu vois on a une chambre, mais on nous a appris à ne jamais être dans les chambres, il faut toujours qu'on fasse quelque chose. Parce qu'en plus moi je suis à un grade, bon là à l'heure actuelle je suis première classe, donc on va dire que je suis quand même au plus bas de l'échelle. Donc voilà, il faut aussi aider en cuisine, faire la vaisselle. Il faut toujours qu'on soit actif. Soit ça ou alors je révise aussi, bien sûr, mes cours. Parce que quand je n'arrive pas à le faire, par exemple chez moi, au moins ça permet de les réviser pendant le travail. Parce que c'est pareil, c'est beaucoup de temps à accorder les révisions. J'essaie de réviser toutes les semaines, mais ce n'est pas forcément facile quand on travaille tard ou ce genre de choses, quand on rentre tard chez soi. Donc voilà, il faut vraiment essayer de s'occuper.
- Speaker #0
Et entre vous, ça se passe bien avec les autres pompiers, les autres réservistes ? Vous entendez tous bien ?
- Speaker #1
Alors justement, ce que je disais pour l'insertion, déjà au départ, il nous affecte un parrain ou une marraine.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
qui puisse au moins nous expliquer comment ça se passe au sein de la caserne, comment mieux s'adapter à la vie de la caserne. Donc ça, ça se passe très bien. Moi, je sais qu'en plus, je parle souvent avec des collègues de caserne. on a beaucoup de points communs sur certaines choses. Après, bien sûr, on a plus tendance à parler avec les personnes de son grade. Même si, bien sûr, ça se passe très bien aussi avec les supérieurs. Et après, non, en fait, il nous voit vraiment comme un pompier. Alors, ils savent très bien qu'on est civile, donc ils sont quand même assez indulgents avec nous. Si on fait une erreur, peut-être qu'on aura moins de coups de règle sur les doigts. Mais ils se doutent très bien qu'on a un autre travail à côté. Donc voilà, on ne peut pas non plus être à 100% au top tout le temps, même si bon, c'est bien ce qu'il faut. Il faut essayer d'arriver au maximum au 100%. Et voilà, après, ça se passe très bien. Donc voilà, après si on fait une erreur, bon ils comprennent quand même, le but c'est pas d'en faire tout le temps bien sûr, mais ils sont quand même là pour nous dire pourquoi on s'est trompé, enfin voilà, d'essayer de comprendre. Même s'il y a une intervention aussi où on a eu du mal à comprendre ce qui s'est passé, ils sont toujours là après l'intervention pour nous expliquer pourquoi ça s'est mal passé, qu'est-ce qu'il fallait faire, voilà donc. D'accord, ok. Ils accordent quand même du temps.
- Speaker #0
D'accord. Et vous, dans ta caserne, vous êtes beaucoup de réservistes ?
- Speaker #1
Alors dans ma caserne, je crois qu'on est une petite dizaine. Et il y a quand même, les trois quarts, c'est des filles.
- Speaker #0
D'accord. Et c'est tous des gens qui ont un métier à côté ?
- Speaker #1
Oui, ils ont tous un métier à côté ou alors ils sont étudiants.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Beaucoup sont étudiants parce qu'en effet, forcément, quand on est étudiant, on a peut-être un peu plus de temps. Surtout des étudiants infirmiers, ils ont plus de temps, par exemple, de prendre des gardes en semaine. D'accord. Voilà. Donc, voilà. C'est surtout... Puis, bien sûr, c'est des gens qui sont là depuis un moment. Donc, moi, maintenant, je commence à avoir de l'ancienneté au sein de la caserne.
- Speaker #0
Et justement, par rapport à ça, toi, tu fais des gardes le week-end. Est-ce que ça se ressent quand même sur ta semaine ? Est-ce qu'il y a des semaines où tu es plus fatiguée ? Ou, comme tu dis, tu dois réviser de temps en temps ? Est-ce que ce n'est pas trop dur à gérer le travail plus la caserne ? Est-ce que... Tu as des moments où tu t'es dit, je vais arrêter ? Ou est-ce qu'au contraire, cette dynamique, ça te motive à continuer ?
- Speaker #1
Alors, disons que ça peut jouer un peu. Forcément, le week-end, parce que le week-end, du coup, je me réserve ce temps pour la garde, pour me reposer et tout. Donc, j'ai tendance à dire à mes amis, désolé, je ne peux pas vous voir. Il faut que le vendredi soir, je sois couché à 22h, on va dire max. Voilà, parce que je sais que le lendemain, je vais me lever à 6h du mat. Mais la semaine, ça ne change pas. pas vraiment grand-chose parce que j'arrive quand même à m'organiser. C'est vrai que non. Quand je sais que j'ai une garde, je prévois, bien sûr. Mais non, ça ne change pas vraiment grand-chose. Et puis, c'est un rythme qui se prend très rapidement, en fait. Parce que sur une garde, généralement, ça n'arrive que la nuit. On ne dort pas vraiment. On ne dort pas du tout. Donc, voilà. On arrive quand même à rattraper le repos qu'on a perdu. Et après, non, ça ne m'a jamais vraiment perturbée dans mon quotidien, on va dire.
- Speaker #0
D'accord, donc toi, oui, tu arrives quand même à concilier vie privée, vie pro, deux vies pro du coup. Est-ce que tu aurais une anecdote ou un moment marquant à partager avec nous ?
- Speaker #1
Oui, alors ce n'est pas forcément une anecdote en particulier. C'est plutôt deux interventions qui m'ont marquée. La première, c'était un arrêt respiratoire, un arrêt cardiaque. où on a réussi à ramener la personne. Et ce qui m'avait vraiment plus marquée, c'était que mon chef m'avait dit qu'en 12 ans de carrière, il n'avait jamais réussi à ramener quelqu'un. Donc je me suis dit, c'est que vraiment, cette intervention, elle a de l'importance. Parce qu'au final, c'est vrai que quand on arrive sur un arrêt cardiaque, généralement, personne n'a massé la victime. Donc il y a peu de risques qu'on arrive à ramener la personne. Mais là, c'est vrai que vu que ça s'est passé sur voie publique, Donc, on a pu interagir très vite et forcément, ça a apporté ses fruits. Donc, c'est vrai que celle-là m'a particulièrement touchée. Et la deuxième, c'était le premier accouchement que j'ai fait, le premier accouchement dont j'ai participé. Donc, ça, on va dire que c'est le côté très positif du métier. Là, on se dit que vraiment... On apporte quelque chose et on a mis une vie au monde. Je pense que ce n'est pas tout le monde qui peut dire ça. Toute personne travaillant dans un bureau peut dire ça. J'ai mis une personne au monde. C'est un moment très fort en émotions, surtout qu'on est bien entouré par la mère, le père. C'est vraiment ce qui m'a plu en plus, parce qu'on voit beaucoup d'interventions qui finissent mal. Donc là, ça nous réconforte dans notre choix d'être pompiers réservistes. C'est vrai. Et en plus, c'est vrai que ce genre d'intervention arrive quand même fréquemment dans ma caserne. Donc je sais que pendant la période Covid, on en a fait beaucoup. Moi, personnellement, j'en suis à trois, trois accouchements. Donc c'est vrai que c'est assez émouvant. Exactement, tout à fait. C'est ça.
- Speaker #0
Et c'est ça qui t'aide aussi à tenir et à te dire que c'était un bon choix.
- Speaker #1
C'est ça, oui, tout à fait. Et ça me permet vraiment de voir la vie d'une autre façon. On relativise beaucoup sur ce qui nous arrive personnellement. Et même moi, je me rends compte, en fait, maintenant que je suis formée, je fais beaucoup plus attention à mon entourage. Et même aux personnes que je ne connais pas forcément. Une personne que je croise dans la rue, si je vois qu'elle ne se sent pas bien, qu'elle a un malaise, je vais beaucoup plus avoir tendance à agir, à l'aider. Ça m'est arrivé fréquemment, honnêtement, d'aider des personnes que je ne connais pas forcément. Donc c'est vrai que le fait d'avoir ces connaissances... C'est vraiment un plus et ça rend la vie un peu plus joyeuse, j'ai envie de dire. Donc voilà, c'est pour ces raisons-là.
- Speaker #0
Ok, donc toi, tu dirais que cet engagement... il a quand même eu un impact très positif sur toi, sur ta personnalité. Et au final, c'est plus de positif que de moments de doute, de moments négatifs. Et en fait, ça ne t'a jamais découragée à mener cette double vie, si on peut le dire comme ça.
- Speaker #1
Oui, exactement. Franchement, j'ai beaucoup appris sur moi parce qu'honnêtement, je ne pensais pas pouvoir supporter toutes les interventions auxquelles je participe. Donc j'ai vraiment pris beaucoup en confiance en moi. Et oui, au moins, je me dis... J'ai beaucoup plus aussi ce respect avec la hiérarchie en plus. D'accord. Donc ça nous apprend beaucoup le respect. Donc ouais, voilà.
- Speaker #0
Et pour finir, si tu devais motiver un ou une collègue à devenir réserviste ou à se lancer dans une action de bénévolat, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #1
Honnêtement, je lui dis fonce parce que c'est une expérience à vivre et ce n'est pas donné à tout le monde en plus d'y participer. Ce n'est pas donné à tout le monde de dire, voilà, j'ai pu aider un accouchement, j'ai pu aider une personne qui était encastrée dans un véhicule. Enfin, ce n'est pas donné à tout le monde ce genre d'expérience. et après en plus les les gens aussi nous voient d'une manière totalement différente ils voient bien qu'on a qu'on est bienveillant avec autrui et on en apprend beaucoup sur soi même bien sûr comme je disais pour la confiance et tout on a l'impression que le mental devient beaucoup plus fort en fait et Et puis en plus, la vie au sein d'une caserne, honnêtement, j'ai l'impression que c'est un peu une deuxième maison. Parce qu'on mange ensemble, on dort ensemble si on y arrive. On vit ensemble pendant une garde de 24 heures. Et on n'a pas l'impression d'être un civil. On a vraiment l'impression de faire partie de cette entité de l'armée, vraiment d'être pompier comme n'importe quel pompier de métier. D'ailleurs, sur le polo, il y a bien marqué « pompier de Paris » , ce n'est pas marqué « pompier réserviste » . Donc, c'est vrai qu'on devient en plus un peu plus sociable, j'ai envie de dire, si on ne l'est pas pensé bon. Ça nous force à le devenir quand même. C'est une autre expérience à avoir. Quand on est derrière un bureau, c'est différent. C'est très différent.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Manon, d'avoir pris le temps de venir nous parler de ton second métier de réserviste. de passion. C'était super intéressant. Je pense que les auditeurs comme moi ont appris plein de choses et on a pu se plonger au cœur de la caserne. De notre côté, on espère que ça vous aura donné envie de vous lancer dans du bénévolat. Peut-être pas de devenir pompier tout de suite, mais peut-être d'autres actions. Bien évidemment, si vous êtes déjà engagé dans une action bénévole et que vous souhaitez venir en parler au micro. des voix de Finari, ce sera un grand plaisir. Et également, si vous avez d'autres sujets à aborder, n'hésitez pas à nous contacter. Un grand merci encore une fois à tous d'avoir écouté cet épisode. Et on se dit à bientôt pour le prochain podcast.