- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrais quotidiens, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout, et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. À travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'accueille trois invités, Antenisca, Beatrice et Federica, toutes les trois membres de l'association Il Gormitolo l'Italiano Insieme, qui œuvre pour le maintien de l'italien auprès des enfants italophones de Paris. Vous l'aurez donc compris, voici un nouvel épisode consacré à la transmission et le maintien d'une langue autre que le français. Bonjour à toutes les trois !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Alors pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter chacune à votre tour ?
- Speaker #2
Je vais commencer. Alors, moi c'est Anteniska, je suis la présidente de l'association. Et avant, j'étais partie d'une association et je faisais des ateliers de langue italienne. Et là, après, avec Federica, Beatrice et d'autres filles, on a créé notre propre association.
- Speaker #3
Moi, je suis Federica et je suis la trésorière de l'association Il Gomitolo. Dans la vie, je suis professeure d'italien et... Au début, on était ensemble dans une autre association et finalement, on a décidé de créer une autre association pour continuer le travail ensemble.
- Speaker #1
Oui, bonjour, je suis Beatrice et c'est ça. Donc, on a créé l'association il y a deux ans et demi, 2023. Je suis illustratrice, donc je m'occupe surtout de la partie atelier créatif, sortie au musée, choses comme ça. pour l'association.
- Speaker #0
Et donc, vous êtes toutes les trois italiennes en France.
- Speaker #2
Exactement, oui. Est-ce que vous êtes aussi maman ? Non. Mais dans l'équipe, il y en a qui... Enfin, il y a Sylvia aujourd'hui qui est maman.
- Speaker #0
Peut-être que vous avez déjà remarqué avec les familles les différences entre la maternité et la parentalité entre l'Italie et la France. Il y a aussi des différences dans l'éducation des enfants.
- Speaker #3
En plus, on n'a pas des enfants en nous, mais en moi, par exemple. J'ai un neveu et une nièce qui sont franco-italiens. Et donc, ils habitent proche de moi ici en France. Et donc, j'ai vu un peu de différence entre l'éducation d'une famille franco-italienne et une famille italienne au 100%. Il y a des différences. Pas vraiment évidentes, mais il y a des différences. Par exemple, une chose que j'ai remarqué quand j'ai déménagé en France, j'ai commencé au... autant que bébécitaire, autant que nounou. Donc, je m'occupais d'une enfant franquitalienne. Et donc, au parc, les enfants jouent tranquillement. Il y a cette méthode de liberté. J'ai eu déjà l'impression qu'en France, les enfants sont libres d'exprimer soi-même. De lever ses chaussures, toucher n'importe quelle chose. Justement, toujours dans la sûreté. dans la protection. En fait, j'ai l'impression qu'en Italie, les mamans ou les parents en général, ils sont un peu trop... Présents. Oui, ils sont trop présents. En Italie, on dit « mamma chioccia » . La chioccia, en fait, c'est la grande poule. En fait, ils s'occupent des enfants, ils veulent qu'ils soient proches. Par contre, en France, je trouve que les mamans, elles sont un peu plus « tranquilles » , entre guillemets, de laisser exprimer ses enfants. toucher. C'est un peu, je crois, une éducation nordique et c'est très différent par rapport à l'éducation qu'on a aussi reçue en Italie. Je ne sais pas, c'est un tennis que Béatrice pense pareil.
- Speaker #2
Moi, je suis tout à fait d'accord et ce que j'allais dire, c'était que j'ai eu l'impression vraiment qu'en France, les enfants sont plus indépendants. C'est peut-être parce qu'ils passent beaucoup de temps à l'école. Alors en Italie, il faut savoir que l'école, c'est que le matin. Donc on a tout l'après-midi pour faire les devoirs, jouer, faire une activité. Et moi, personnellement, je suis grandie avec ma mamie, parce qu'il y a tout un réseau familial autour qui aide les parents. Alors peut-être dans les grandes villes, ça change beaucoup. À Paris, Paris c'est une grande ville, donc peut-être qu'il n'y a pas la famille qui peut aider les familles, donc les enfants. sont habitués à être laissés avec une baby-sitter ou faire des activités en autonomie. Et ça, moi je le vois, je l'ai vu beaucoup à l'école, au collège, les enfants, il y a des... L'internat, quoi. Du coup, les enfants sont là depuis la sixième, cinquième...
- Speaker #3
Oui, ça, il n'existe plus à l'Italie depuis, je crois que c'est les années 80. Il n'existe plus depuis des années 40, désormais. En France, par contre, il existe encore.
- Speaker #0
C'est rigolo parce que moi, donc, je suis en Allemagne et... Les enfants sont très autonomes et on a tendance à penser que les enfants en France ne sont pas du tout autonomes. Donc c'est intéressant de voir que selon les pays, il y a vraiment une différence de vision par rapport à ça.
- Speaker #2
Il y a toujours quelqu'un qui est plus autonome que... C'est ça,
- Speaker #0
oui. Parce que je pense qu'en effet, les pays indiens sont encore plus autonomes que les pays de l'Allemagne ou à notre niveau. Et de manière générale, comment est-ce que l'italien est vu en France ? Comment les Italiens sont vus en France ?
- Speaker #2
Alors moi, comme Fédélica, moi aussi je suis professeure d'italien pour un public adulte. Alors je parle forcément de Paris et l'île de France, je ne sais pas si c'est comme ça partout. Mais l'italien est beaucoup aimé. Les gens adorent l'Italie, la culture italienne. la langue italienne, la musique, l'opéra, l'art, etc. Et du coup, pour moi, c'est vraiment un plaisir de travailler, d'enseigner l'italien parce que je vois que les gens sont vraiment intéressés. Ils parlent souvent en Italie, ils sont curieux, la nourriture, mais c'est surtout l'art et la musique. Et du coup, peut-être c'est ça aussi qui permet aux parents des enfants de se dire, voilà, c'est bien de faire apprendre l'italien dans une... une ville où quand même l'Italie et les Italiens sont bien vus. Ça n'a pas toujours été comme ça en France. Aujourd'hui, l'italien, c'est une langue très étudiée et très aimée.
- Speaker #3
Et ça, il va en fait contre l'idéologie qu'ont les Italiens des Français. En fait, quand je raconte à des personnes en Italie que je suis professeure, que j'ai déménagé en France parce que j'aimais bien faire mon travail avec les étrangers, et avec les Français en particulier, la plupart des gens me répondent en disant « Ah, mais ce n'est pas vrai que les Français détestent les Italiens. » Parce qu'en fait, on a toujours cette idéologie un peu bizarre que l'Italie et la France, c'est un peu des ennemis. En fait, je réponds toujours que ce n'est pas comme ça. En gros, c'est vraiment un stéréotype, c'est une idéologie. En fait, il n'y a pas de base. En fait, c'est le contraire. Peut-être que c'est l'idéologie qu'il s'est créée et qu'il nous empêche de nous ouvrir au fait qu'on est des frères et des sœurs qui parlent une langue légèrement différente.
- Speaker #2
Il y a beaucoup d'Italiens qui voyagent en France. D'ailleurs, tu sors à Paris pendant la période des vacances scolaires et tu peux entendre vraiment beaucoup l'italien dans les rues. Et alors je me dis, mais non, ce n'est pas vrai. On ne se déteste pas, en fait, mais plutôt on s'aime. C'est un peu comme entre frères et sœurs, on n'est pas toujours d'accord.
- Speaker #3
Exactement. Et donc, on se déteste, mais en vrai, on s'aime.
- Speaker #0
Quand on regarde la France, c'est entre guillemets ennemi avec tout le monde. Alors, on va revenir à l'association. Vous avez dit tout à l'heure, elle est née en 2023. Quel a été le déclencheur ? Comment est venue l'idée de créer cette association ?
- Speaker #2
Alors, comme je disais au début, moi, à Frédérique, à Béatrice, et aussi Ivan et Valentina, qui travaillent avec nous aujourd'hui, ont travaillé toutes les cinq dans une autre association qui s'appelait Matite Colorate, Crayons de Couleur, dont le but était le même en fait, c'était de diffuser la langue et la culture italienne auprès des enfants. C'est surtout la culture des enfants, ce n'est pas la culture en général. Après, ça peut prendre un niveau élevé, culture générale, mais c'était surtout la culture. des enfants auprès des familles italo-françaises, italiennes à Paris. Au bout d'un moment, Matite Colora a décidé d'arrêter le travail. Et nous, on s'est dit, mais qu'est-ce qu'on va faire ? Parce que le projet était génial. Et il y a beaucoup de familles italiennes à Paris. qui nous ont demandé de continuer ce projet. Et donc, on s'est dit, bon, voilà, on va créer notre association, on va changer le nom, bien sûr, mais on va s'inspirer de Matite Colorate pour continuer, faire progresser aussi, créer des nouveaux ateliers, des nouveaux projets pour répondre à la demande qui était très forte des familles à Paris. Donc, c'était en septembre 2023, on a ouvert. Il Gomitolo. Et le nom, je tiens à le préciser, ça a été choisi par Vincia, qui n'est plus avec nous parce qu'elle est rentrée en Italie. Enfin, non, elle n'est pas rentrée en Italie. Elle habite à Marseille, mais peut-être qu'elle va rentrer en Italie un jour. Et c'était son idée. L'idée, c'était vraiment de faire de notre association un moment pour créer des liens. En fait, Il Gomitolo, ça veut dire la pelote. Et donc, nous, on peut s'imaginer comme des fils de laine ou de n'importe quel tissu, qui se rencontrent, qui s'entremêlent. Et c'est vraiment l'idée de créer des liens entre les enfants, les familles, autour de la culture italienne et de la langue italienne. Et c'est comme ça qu'on a continué. Après, ça fait trois ans presque qu'on est là.
- Speaker #3
Et en fait, on organise des ateliers de n'importe quelle typologie. On disait, Béatrice, avant, des ateliers au musée, des ateliers de BD. On a aussi pensé un jour d'organiser aussi des ateliers de théâtre, des ateliers des émotions, parce qu'entre nous, il y a aussi quelqu'un qui est coach de vie. Donc, Cécile, bien, c'est la personne qu'on disait qui a deux enfants, et donc elle est très préparée aussi par rapport à la pédagogie pour les petits, pour la parentalité et tout. Et justement, on fait des ateliers des langues italiennes, soit des ateliers en privé comme particulier, Merci. avec des enfants à la une, soit en groupe. On organise aussi des fêtes d'anniversaire, des fêtes en général, dans les différents moments de l'année, je ne sais pas, Noël, le carnaval, etc. Et donc on s'occupe à 360 degrés de faire de la promotion de l'italien en France.
- Speaker #2
Je me permets de dire qu'on n'est pas seul dans ce chemin. Parce qu'il y a aussi les enseignantes et les animatrices qui mènent le boulot en fait. Et donc c'est Sylvia, Maria Rosaria, Eleonora, Charlotte qui travaillent avec nous et qui ont toute une préparation linguistique ou pédagogique pour travailler avec les enfants. Et Béatrice qui est l'artiste.
- Speaker #0
Et donc ce sont des ateliers uniquement pour les enfants ? Ou vous les faites peut-être pour les familles de manière générale ? Ou est-ce que vous faites aussi, je ne sais pas, pour les adultes ? Ou pour même ceux qui apprennent l'italien comme langue étrangère ?
- Speaker #2
Pour le moment, ça reste des ateliers pour les enfants. À partir de cette année, en fait, on a eu aussi des demandes de la part des enfants francophones. Français et francophones qui ont des liens avec l'Italie différents. Et donc, on a un peu ouvert le fait d'enseigner. Pas que aux Italiens, mais aussi aux Français qui veulent apprendre l'italien. Mais c'est toujours pour les enfants, parce qu'en général à Paris, il y a déjà, je ne veux pas dire beaucoup, mais il y a déjà des écoles ou des centres de formation qui proposent l'italien pour les adultes, alors que pour les enfants, il n'y a presque rien.
- Speaker #3
On s'occupe de créer des liens entre les familles, surtout. C'est vrai que, par exemple, par rapport aux ateliers des émotions, En fait, le satellite, c'est pour vraiment les petits. Et donc, c'était ouvert aussi aux parents. C'est-à-dire que les parents étaient présents. Donc, c'est un lien entre l'enfant et les parents, mais aussi entre parents, qu'ils étaient présents. Et donc, ils pouvaient échanger sur les différentes émotions, je ne sais pas, la joie, la tristesse, etc. Donc, pour les moments, on reste sur les enfants. de 2 ans jusqu'à 14 ans. Après,
- Speaker #2
quand on organise les fêtes, comme on disait avant, Noël, c'est souvent la fête qui ne peut pas manquer, ou le 6 janvier en Italie, on fête la Befana, qui n'existe pas en France. Donc nous, on organise la fête de l'épiphanie de la Befana, et les parents peuvent participer, et c'est là pour eux l'occasion de se rencontrer entre eux. Mais on ne fait pas vraiment des activités pour les adultes.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un chiffre d'ailleurs ? Je sais que Paris, c'est grand et que sûrement tous ne sont pas avec vous, mais combien il y a de familles ou d'Italiens à Paris, banlieue plus Paris ?
- Speaker #2
C'est une belle question. À savoir que la communauté italienne, je pense qu'elle est la première ou la deuxième communauté étrangère à l'île de France. Donc, je n'ai pas le chiffre, mais...
- Speaker #3
Les familles inscrites en tant qu'associées et donc qu'ils participent... aux activités, c'est à l'entour une cinquantaine dans l'année, avec des familles fixes. Après, par rapport aux... parce qu'en fait, les fêtes, les ateliers au musée, etc. ne sont pas des rendez-vous fixes dans les temps, par rapport par exemple aux ateliers particuliers ou de groupes qui sont toutes les semaines. Donc par exemple, les ateliers au musée ou les ateliers de BD touchent des autres familles. à part les familles qui sont déjà associées. Et donc, oui, on peut arriver, je ne sais pas, à une centaine de familles par année, avec toutes les choses ensemble, fêtes, ateliers, etc. C'est un beau chiffre, quand même, déjà. Et donc,
- Speaker #0
ces familles, quand elles vous rejoignent, notamment celles qui sont actives à l'année, qu'est-ce qu'elles attendent concrètement de l'association ?
- Speaker #2
Le but principal pour les familles, c'est de... Ils veulent que les enfants soient bilingues. Nous, on propose quelque chose qui est... Parce qu'on peut étudier l'italien à l'école, déjà. Mais nous, on propose quelque chose qui est différent. Donc, chez nous, il n'y a pas... Déjà, on n'est pas évalué. On est très... Dans une atmosphère très relaxée, très libre. On est à la maison, peut-être dans la chambre de l'enfant. Donc, c'est une manière d'apprendre différente. Je ne veux pas dire Montessori parce que c'est vraiment un système bien cadré, mais c'est beaucoup plus libre. Et le but c'est vraiment de l'éducation bilingue et surtout faire en sorte que les enfants, quand ils vont en Italie pour les vacances par exemple, ils ne soient pas en difficulté avec la famille italienne. En difficulté au niveau linguistique bien sûr, donc qu'ils puissent comprendre et parler l'italien. Mais aussi avoir des références culturelles, par exemple déjà même les personnages plus importants, les monuments. Mais surtout, vraiment, ce que j'appelle la culture des enfants, c'est par exemple connaître des chansons très connues par les enfants italiens. Les chansons avec lesquelles nous, on est grandi, et c'est les chansons que mamie nous chantait et que la mamie d'aujourd'hui chante encore. Et donc faire en sorte que l'enfant puisse chanter avec mamie. On puisse connaître cette chanson, par exemple, ou des jeux de société qu'on faisait et qu'on fait encore aujourd'hui, ou, je reste toujours calée un peu sur les chansons, mais en Italie on a un festival pour les enfants qui s'appelle lo zecchino d'oro. Et des chansons qui sortent du zecchino d'oro restent vraiment ancrées dans l'histoire. Il y en a qui ont été chantées dans les années 60 et qu'on chante encore aujourd'hui. Et donc faire en sorte que vraiment l'enfant puisse avoir la langue, la culture, tout un monde. Et une fois qu'il est en Italie, il peut comprendre ce qui est autour de lui, tous les points de repère et qu'il ne soit pas trop perdu, entre guillemets. Mais vraiment, le premier but, c'est la langue, parler l'italien avec d'autres gens. Parce que souvent, c'est la famille, c'est toujours les mêmes voix, les mêmes histoires. Alors avec nous, tu as déjà une voix différente, avec des enfants qui ont un niveau différent, une vie différente. Et après, il y a la partie culturelle.
- Speaker #0
Est-ce que vous faites aussi des ateliers ? Alors moi, je le sais, pour les francophones à l'étranger, la grosse thématique, c'est apprendre à lire et écrire en français. Alors évidemment, le français est une langue compliquée, l'italien est peut-être... plus transparent. Mais est-ce que vous faites aussi des ateliers, tu l'as dit tout à l'heure, BD, est-ce que vous avez vraiment des ateliers ciblés lecture, écriture en italien pour vraiment viser ce point-là ?
- Speaker #2
Oui, en fait, les ateliers sont organisés en fonction de l'âge. On a les petits, qu'on appelle poussins, puccini. Après, on a ibrucchi, je ne sais pas comment dire en français, broukko. En fait, l'évolution du broukko, c'est le papillon, la farfalle. Et donc, en fait, pour les enfants plus grands, entre guillemets, on fait vraiment des ateliers d'écriture, lecture, d'orthographe, parce que c'est ça, après, le cap à franchir. Une fois que tu connais la langue, il faut savoir utiliser vraiment la langue, écrire. Il y a des enfants qui vont intégrer les écoles internationales ou l'italien après à l'école, donc il faut qu'ils connaissent déjà l'orthographe. Voilà, je laisse Fédérica parce que c'est elle qui gère vraiment ces types d'ateliers.
- Speaker #3
Oui, en fait, à part les trois divisions, la dernière, c'est la partie qui se réfère vraiment aux enfants un peu plus grands, c'est-à-dire les enfants qui vont de 8 à 9 ans jusqu'à 12. Donc, on l'accompagne jusqu'à l'entrée au collège et plus. Ça dépend de quelle typologie de collège. Si c'est un collège avec l'italien, au sein italien, ou si c'est un collège international. Et donc, la plupart des familles qui nous demandent des cours, dans ces cas particuliers, parce qu'ils ne sont pas des cours collectifs en groupe, mais sont des cours particuliers, c'est en fait de faire apprendre, enseigner aux enfants de savoir bien lire et écrire en italien. Parce que c'est vrai que l'italien, c'est plus transparent. Moi, des fois, les enfants qui l'ont fréquenté l'école française ont un peu de difficultés. Parce que, par exemple, en italien, vu que c'est une langue transparente, il n'y a pas, par exemple, le OU. Il n'y a pas les ditongues, en fait. Ce sont des lettres divisées avec son son, chaque lettre a son son. Par contre, pour les enfants, c'est perturbant. Et donc, il faut renseigner à écrire et à lire aussi des sons particuliers. comme le C, qu'en fait en italien c'est « che » , donc faire la distension entre les deux. Oui, donc on enseigne aux enfants à faire ça, à écrire, à bien écrire. Et normalement, on utilise les programmes de l'école italienne, de l'école primaire italienne. Et c'est pour ça que toutes les familles nous ont engagées, autant que professeurs, autant qu'enseignantes, pour la préparation. aux examens d'accès aux écoles internationales, notamment les Balzac, l'école Oloré des Balzac à Paris et l'école Camil C. Et on est très contentes parce qu'on a eu les 100% de réussite. Donc nos enfants, ils sont vraiment des petits génies. Est-ce que d'ailleurs,
- Speaker #0
parce que le français et l'italien sont des langues proches, c'est des langues latines, est-ce que la grammaire notamment, elle est proche ou il y a quand même beaucoup de différences ?
- Speaker #3
Alors... Oui. Alors, sans des langues proches, oui, on peut dire que la construction des phrases, c'est pareil. On n'a pas des constructions latines avec le verbe à la fin. En fait, c'est une construction similaire. Mais c'est vrai qu'il y a des différences. Par exemple, à l'italien, on utilise le subjonctif. Et ça, c'est l'argument le plus difficile pour les Français aussi adultes. parce qu'en fait en italien on a Quatre typologies de subjonctifs. On a les subjonctifs présent, imparfait, passé et plus que parfait. Par contre, en français, on n'utilise que le présent. Donc, par exemple, ça c'est la plus grande différence. Je ne sais pas si Antélis et Maitre sont d'accord. Moi, ça c'est la plus grande différence. Après, oui, il y a des différences qui, par contre, sont plutôt logiques à apprendre. Comme, par exemple, le fait d'utiliser le verbe être autant qu'auxiliaire. toujours divisé du verbe avoir par exemple un français dans certaines phrases utilise être et avoir dans la même phrase avoir comme auxiliaire et être autant que verbe comme participer en italien ça c'est interdit par exemple mais ce ne sont pas vraiment beaucoup les différences mais ce sont des différences importantes à retenir et vu qu'ils ne sont pas beaucoup normalement ils sont bien fixés à la base. En tout cas, ce sont deux langues sœurs. Tous les deux ont une racine latine. Donc, pas mal de mots se ressemblent. Ce sont des mots transparents. Il y a pas mal de faux amis, c'est vrai aussi. En fait, dans la globalité, on peut dire que l'italien, c'est difficile. Parce qu'il maintient une formation très ancienne. Elle n'est pas une langue qui, dans les temps, a beaucoup évolué. Par contre, le français, je trouve qu'au cours du temps, peut-être aussi parce que la France est ouverte, il y a eu beaucoup de colonies, etc. Avec le temps, il s'est un peu simplifié comme langue. En italien, on a un mot pour chaque chose, par exemple. En France, des fois, on parle de feu, mais on se réfère au feu de la voiture, au feu rouge, vert, jaune, au feu... En fait, il y a un mot, par exemple, pour déterminer... plusieurs choses. Un italien, par exemple, a un mot pour chaque chose. Donc ça, c'est vraiment un peu difficile. Comme toutes les langues, comme je dis toujours à mes élèves, c'est comme le sport, c'est comme le régime. Il faut travailler tous les jours pour voir les résultats.
- Speaker #0
Vous en avez un peu évoqué tout à l'heure. Il existe d'autres écoles, d'autres associations qui soutiennent les familles italiennes. Est-ce que vous avez un peu un chiffre ? Combien il y en a ? Peut-être plus à Paris, enfin, je pense que c'est plus difficile de chiffrer.
- Speaker #1
Alors, il y a pas mal d'associations. Après, pour les enfants et les familles, il n'y en a pas énormément, comme Anténiska disait avant. Il y a, c'est sûr, la Polimnia, l'Institut italien des cultures, les centres culturels italiens, tout ça à Paris. Le Comites, le centre italien, je ne le connais pas bien, mais peut-être mes collègues le connaissent.
- Speaker #2
C'est le collège de langue, oui.
- Speaker #1
Ah, d'accord, ok. Et après, il y a l'Italie à Paris, où Antenisca travaille. Le CLI, qui est conçu, lié au ministère de la culture italienne et qui donne des cours dans les écoles françaises publiques. Et après, il y a des vraies écoles, comme Frédéric a dit avant. Donc, il y a le lycée Balzac, pour lequel on offre des cours de préparation. L'école Leonardo da Vinci et l'école primaire qui est très connue dans les dixièmes et qui a une très bonne réputation aussi, Vic d'Asire. Donc, il y a pas mal d'associations, d'institutions qui offrent des cours d'italien en général et aussi pour les petits. Mais pas énormément d'associations, c'est plutôt les écoles et l'Institut italien des cultures et des choses comme ça.
- Speaker #2
L'école Leonardo da Vinci, c'est vraiment une école italienne à Paris. C'est vraiment gérée par l'Italie, le ministère italien. Non, mais c'est très intéressant parce que nous, on a eu pas mal d'enfants qui après ont intégré cette école. Donc, c'est vraiment une école italienne à Paris. Ça n'a rien à voir avec l'école publique française. C'est les programmes italiens, la structure italienne. C'est un point de repère pour les familles italiennes.
- Speaker #3
Par exemple, une chose très intéressante, ça je me le rappelle parce qu'à l'époque, quand je faisais la babysitter, l'enfant de laquelle je m'occupais, il fréquentait l'école Leonardo da Vinci. Et une chose marrante, c'est que les vacances scolaires, qui d'habitude en France, tous les 6-7 semaines, il y a deux semaines de vacances scolaires, pour l'école Leonardo da Vinci, c'est qu'une semaine. Et c'était bizarre. C'était très bizarre. Et c'était déjà beaucoup.
- Speaker #0
Et ça reste des écoles privées, donc où les familles doivent aussi participer financièrement, ou elles sont quand même ouvertes et pas cette participation financière ?
- Speaker #1
C'est public. Après, il y a le CAMILC, c'est collège et lycée. Aussi, c'est public. C'est une école publique. Donc, j'avais oublié ça. Donc, ça aussi offre une section d'italien. Ouais.
- Speaker #3
Après, je ne sais pas si c'est en général, mais dans beaucoup de lycées en France en général, il y a l'option ESABAC. C'est-à-dire que c'est possible de prendre le double diplôme italien-français. Et dans cette typologie de diplôme, dans les trois ans de lycée, il y a des cours en plus. Normalement, ce sont six heures en plus par rapport au curriculum général global des élèves. elles sont en fait des heures de littérature et arts italiennes, en italien notamment, et histoire géo en italien. En fait, en plus, par rapport à l'histoire géo ou à l'histoire de l'art qu'ils font pendant les heures de arts plastiques ou histoire géo. En fait,
- Speaker #2
c'est ça aussi qui pousse un peu les familles à participer à nos ateliers, par exemple, dans le fait vraiment d'arriver prêts pour intégrer ce type d'école.
- Speaker #3
Et après, dans les dernières années, en fait, je ne sais pas si c'est le cas des autres académies, mais moi, jusqu'à l'année dernière, j'étais professeure contractuelle dans l'Académie de Versailles. Et je me rappelle que l'inspectrice d'Italien, elle était très engagée à faire connaître l'italien le plus que possible en Ile-de-France, justement dans l'Académie de Versailles. Et en fait, pas mal de collèges, surtout les collèges REP, REP+, ils ont ouvert l'italien à partir de la 6ème pour donner aux enfants la possibilité d'être bilingue déjà en sortant du collège. Donc l'italien, en fait, on peut dire qu'il y a vraiment une grande demande, mais aussi parce qu'on a des belles opportunités en français en général. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que c'est bien. Vous côtoyez beaucoup de familles multilingues, multiculturelles au quotidien. Quel conseil vous pourriez donner à celles qui nous écoutent pour justement soutenir les différentes langues à la maison, les différentes cultures ?
- Speaker #2
Le premier conseil que j'ai pensé, c'est très bien de donner une éducation bilingue, mais je vois les familles, elles sont un peu, je ne veux pas dire stressées, mais elles ont un peu la pression.
- Speaker #0
Et elle met la pression aux enfants. Alors que ça serait vraiment bien de respecter les temps des enfants. Chaque enfant a son rythme d'apprentissage. Il ne faut pas les comparer avec les autres enfants parce que peut-être un enfant qui n'a pas envie de parler aujourd'hui, il va beaucoup parler demain. Il ne faut pas mettre trop la pression. C'est vraiment un travail qui demande du temps. Il faut s'investir beaucoup et juste attendre. attendre que ça va arriver.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que les enfants qui sont bilingues, ils apprennent les langues mais en fait, ils ne sont pas obligés de parler tout de suite. Alors, c'est déjà vrai que c'est déjà difficile pour un enfant se retrouver à l'école avec une langue et à la maison peut-être avec deux langues parce que on a eu des familles où en fait la mère est italienne et le père est anglais par exemple ou allemand. n'importe quel autre espagnol, que ça c'est incroyable quand il s'agit de langues comme ça. Et par exemple, la langue qu'on retrouve à l'extérieur, c'est le français. Dans ces cas, l'enfant peut réagir de deux façons différentes. Soit il mélange toutes les langues, soit il arrive à faire une distinction entre les trois langues, soit en fait il refuse et donc il ne parle pas. La chose à faire, c'est attendre. Attendre, ne pas insister.
- Speaker #0
ou au moins insister mais à des façons douces au fur et à mesure toujours montrer en fait que la famille elle est vraiment intéressée, ce n'est pas une obligation le faire même en douceur pas obligé de parler italien mais vraiment les familles elles peuvent montrer pourquoi c'est intéressant d'avoir plusieurs côtés culturels à la maison et même moi je dis Paris c'est une ville riche en culture donc vraiment À l'école, ils connaissent des enfants qui viennent de partout dans le monde. Donc, vraiment, jouer avec ça aussi et pas juste imposer. Tu dois faire le cours d'italien. Parce qu'on a vu aussi des enfants qui n'avaient pas du tout envie d'être là, d'apprendre. Donc, on s'imagine plein de choses différentes qu'on peut faire pour faire plaisir à l'enfant. Mais après, s'il n'a pas envie de parler, il ne parle pas.
- Speaker #1
Et un autre conseil que je peux... je peux donner aux familles, c'est par exemple le fait de ne pas corriger, comme en fait c'est la méthode Montessori qui dit ça, de ne pas corriger de façon violente, entre guillemets, mais de répéter les mots après les mots qu'a dit l'enfant de façon correcte. De ne pas se moquer de l'enfant ou rigoler parce qu'il a dit une chose complètement bizarre ou en fait il s'est trompé.
- Speaker #2
Alors, pour finir, est-ce que vous avez des anecdotes, peut-être, de vos ateliers ? Des anecdotes du bilinguisme, du coup, des enfants que vous avez, ou peut-être multiculturelles ?
- Speaker #0
Il y a moi, par exemple, j'ai eu des... Ça, ça m'arrive même avec les adultes, mais il y a un mot que j'adore, je voudrais que ça existe en italien. C'est le mot « lapin » qui devient systématiquement « lapino » en italien. Et c'est très joli, mais ça n'existe pas en Italie. Donc avec les enfants, pendant la période de Pâques, on parle toujours du lapin, et pour eux, c'est toujours le « il la pillent » . Non, c'est pas ça.
- Speaker #1
« Il la pillent » , non. En fait, un anecdote pareille d'un tennis, car justement, moi aussi, je travaille beaucoup avec les adultes, moi ça, c'est particulier, parce qu'il m'est arrivé qu'avec les enfants. En fait, en Italie, on parle de la mousse, ça peut être s'appelle le « schiuma » . Et une fois, il m'est arrivé qu'un enfant, il m'a dit « Ah oui, on va faire de la mousquia » . Donc, il va… En fait, il a mélangé les mots « mousse » avec « schiuma » , et donc, il a créé les mots « mousquia » . Donc, c'est un peu… On est aussi… On va créer aussi des nouveaux mots.
- Speaker #0
Et juste, je voulais dire le dernier parce que ça m'a fait rigoler. Je n'ai pas rigolé devant l'enfant, bien sûr, mais quand j'y réfléchis, c'est un enfant qui parle très bien italien. Il avait 10 ans quand il faisait sa télé avec moi et on parlait de fruits, les fruits. Alors il y a la figue en français. En italien, c'est masculin. Il figue. Si on le dit au féminin, ça peut être bulgaire. C'est bulgaire, en fait. Mais du coup, il ne connaissait pas cette petite histoire. Donc il cherchait les figues, les figues, justement. Et là, je lui ai dit, arrête, parce que... C'est mieux de dire « il fit qui, il fit comment, les filles qu'elle... » Non, on les laisse de côté. Et voilà, c'est toujours... Ça change les contextes,
- Speaker #2
en disant « les filles qu'elle... » C'est comme ça aussi, qu'on retient...
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Je vous dis merci, toutes les trois, pour tout ce que vous nous avez raconté. Je trouvais très intéressant de découvrir... Déjà de découvrir notre vision de la transmission et du maintien d'une autre langue que le français. Et de voir comment ça se passe en France aussi. Et de découvrir un peu la culture italienne. Donc merci à toutes les trois.
- Speaker #0
Merci à toi de nous avoir invité. Merci à toi.