- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrais quotidiens, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout, et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. À travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute !
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Mélanie, maman française au Royaume-Uni. Bonjour Mélanie. Bonjour Audrey. Pour commencer,
- Speaker #0
est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors je m'appelle Mélanie Stevenson en effet et j'habite en Angleterre depuis maintenant 16 ans. Je suis maman d'une petite Amélie qui a 6 ans et je suis mariée à un Anglais. J'habitais pendant 10 ans à Londres mais maintenant on habite à Bristol depuis 6 ans. On a déménagé au moment de la naissance de notre fille. Et je suis plus connue sous le nom de The Franglish Girl sur Instagram. Je crois que c'est comme ça que tu m'as trouvée, où je partage des vidéos sur l'expatriation en général et puis plus particulièrement sur la vie en Angleterre.
- Speaker #0
Et aussi donc sur le maintien, la transmission du français, parce que c'est exactement comme ça que je t'ai trouvée aussi. Exactement,
- Speaker #1
200 vidéos sur la parentalité quand je parle de mon expérience avec ma fille.
- Speaker #0
qui sont d'ailleurs très intéressantes et je pense que tu vas nous, aujourd'hui, donner de bonnes idées. D'abord, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours d'expatriée ? Comment tu es arrivée en Angleterre ?
- Speaker #1
Ouais, alors moi, j'ai toujours, en fait, adoré l'anglais depuis que j'ai commencé au collège. Vraiment, c'est un truc qui m'a accrochée dès le début. Donc, j'ai eu assez jeune l'envie de partir à l'étranger. C'était vraiment dans ma tête dès la fin du collège, je dirais. Et puis après, ça s'est vraiment ancré encore plus au lycée où j'ai fait du coup, j'ai fait un bac ES. Alors, je crois que ça ne s'appelle plus comme ça maintenant, un bac éco. Parce que ça commence à dater maintenant, j'ai 40 ans. Et j'avais qu'une option en anglais. Donc voilà, il y avait quand même toujours cette envie profonde de continuer dans cette voie-là. Et après, des études supérieures dans ce sens-là. Donc du coup, après le bac, j'ai fait une classe prépa qui destine un peu aux écoles de commerce. où en général, il y a une partie qui se fait à l'étranger. Donc, j'ai la chance de partir pendant mes études à l'université aux États-Unis pendant un trimestre qui était un échange avec mon école. Donc, c'est un super bon deal parce que toi, tu pars avec les frais des écoles françaises qui ne sont vraiment rien par rapport aux frais des universités américaines alors que la personne qui est... Moi, je connais l'américaine qui avait pris ma place. Elle a payé du coup beaucoup plus cher puisqu'elle payait ses frais aux États-Unis. Mais elle a épousé en français. Donc, du coup, je me sentais un peu moins coupable. Et quand je suis revenue de ce semestre aux États-Unis, vraiment, l'envie était encore plus puissante. Parce que quand on est sur un campus, on est quand même assez protégé. On n'a pas l'impression de vraiment s'être exposé à la vraie vie. Donc, j'avais vraiment envie d'avoir l'expérience, de rester plus longtemps à l'étranger, d'y travailler, d'y vivre. Et donc, quand j'ai fini mon master l'année d'après, je n'avais vraiment qu'en tête de partir. Enfin, j'ai mis longtemps à me décider à partir, mais une fois que j'ai décidé de partir, c'était bien décidé. Au début, j'ai trouvé un contrat au Canada qui, en fait, a été annulé trois semaines avant le départ. Donc, pas très fun quand on a fait tous ces plans et qu'on a son visa et que c'est annulé. Et finalement, ça s'est bien goupillé parce que j'ai ensuite trouvé mon premier boulot en tant que jeune diplômée à Londres. Donc à la place, je suis partie en Angleterre pour un an, un CDD d'un an à la base. Et puis voilà, j'y suis depuis presque 17.
- Speaker #0
Ça passe.
- Speaker #1
Ça passe vite.
- Speaker #0
Juste une petite question en aparté, comment ça se passe maintenant avec le Brexit ? Est-ce que toi tu as des facilités pour rentrer en Angleterre chaque fois que tu pars en voyage ?
- Speaker #1
J'ai la chance d'être partie quand on faisait encore partie de l'Union européenne. Il y avait la libre circulation des personnes. Quand je suis partie en Angleterre, j'ai trouvé mon boulot, mais je n'avais pas besoin de visa ou quoi que ce soit. J'ai pu m'installer en Angleterre vraiment très facilement. Alors que maintenant, il faut des visas. Je ne connais pas les règles en détail, mais de ce que j'ai entendu dans les news, c'est assez compliqué parce qu'il faut trouver une société qui te sponsorise. et il faut gagner un minimum de salaire et le salaire est quand même déjà conséquent honnêtement moi je gagnais pas ça quand je suis arrivée en Angleterre donc je pense que si j'étais partie plus tard j'aurais pas pu et donc c'est vrai que c'est quelque chose qui me matrice beaucoup, j'ai beaucoup de jeunes françaises qui me disent vouloir venir travailler en Angleterre ou rejoindre leur boyfriend anglais et elles peuvent pas parce que c'est hyper complexe quoi, sinon après il faut vraiment rentrer dans des démarches où on se marie mais voilà on a pas pas forcément à un jeune âge envie de sauter ce pas-là juste pour ces raisons-là. C'est vraiment un désastre, ce Brexit. Il n'y a pas d'autre mot.
- Speaker #0
Malheureusement, oui. Et pour ta famille, tes amis, s'ils veulent venir te voir, est-ce qu'ils ont quand même plus de facilité ou il faut qu'ils refassent les démarches à chaque fois ? Non,
- Speaker #1
il faut qu'ils fassent les démarches comme tout le monde. Il n'y a pas d'exception pour les familles. Alors moi, du coup, j'ai ce qu'on appelle une résidence permanente, donc c'est un format de visa. Alors, Merci. On appelle même ici ça le settled status. C'est vraiment un nom spécial pour les Européens qui avaient un statut de résidence permanente avant le Brexit. Donc moi, je l'ai eu par défaut parce que j'étais déjà résidente permanente avant le Brexit. Maintenant, il faut en faire la demande. Il y a des critères bien spécifiques. Mais donc, ma famille, quand ils viennent, ils doivent demander... Alors, je ne sais plus comment ça s'appelle, l'ETA où il faut payer... Ça a encore rechangé, ça a encore augmenté, mais c'est 20 livres pour deux ans pour pouvoir venir à la réunion donc ma maman doit faire ça pour venir me voir donc maintenant on a pris le pli donc ça va mais c'est vrai qu'au début ça m'inquiétait beaucoup quand il y a eu tous les changements de savoir si elle allait être bloquée, ma maman elle a 70 ans elle fait le voyage toute seule donc voilà elle est débrouillarde mais c'est quand même stressant à son âge d'avoir peur de pas avoir la bonne paperasse, surtout que j'habite pas à Londres donc je peux pas venir la chercher à l'Eurostar et s'il faut je le ferai mais après elle a encore du voyage donc euh Non, c'est vraiment un désastre, un désastre ce Brexit.
- Speaker #0
Bon, on va laisser ce sujet fâcheux derrière nous. On va revenir un peu à la maternité. Donc, tu as été enceinte et tu as vécu la maternité parentalité complètement en Angleterre, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, j'ai fait toute ma grossesse en Angleterre et j'ai accouché en Angleterre. Je crois que j'ai dû rentrer en France juste pour les vacances, mais je n'ai pas fait du tout de suivi médicaux en France. Donc, voilà, j'ai vraiment fait l'expérience du suivi en Angleterre. alors j'ai la chance d'avoir eu une grossesse relativement facile où j'ai pas eu de soucis je sais que souvent on a tendance à s'inquiéter si on est en Angleterre que le suivi va pas être aussi bon qu'en France, c'est vrai qu'il y a des petites choses comme par exemple moi je sais pas pourquoi je m'étais mis en tête que j'étais inquiète de du diabète gestationnel je faisais que de bouffer des bonbons et on va... Je lui ai demandé plusieurs fois si je pouvais faire une prise de sang pour qu'il vérifie. Et c'est vrai qu'on me l'a refusé multiples fois en disant que je n'avais pas d'antécédent dans la famille. Donc après, on peut le faire de façon privée. Mais ça, ce n'était pas couvert. Et après, sinon au niveau du suivi, moi j'ai été vraiment satisfaite par le fait que j'ai été vue régulièrement. J'avais toujours des prises de sang qui vérifiaient qu'il n'y avait pas de soucis. Des échographies en Angleterre, il y en a deux. Il y en a une à trois mois pour confirmer la grossesse. Et il y en a une à six mois où vraiment ils font des gros checks. Celui-là, il était très très long. Il vérifie la trisomie, ce genre de choses. Moi, j'en ai eu un troisième juste parce que j'ai eu un problème, enfin pas un problème, mais en fin de grossesse, il y avait un jour où elle ne bougeait plus, donc j'étais très inquiète. Donc on a été aux urgences de la maternité pour vérifier que c'est juste qu'elle n'avait plus de place. C'est pour ça qu'elle ne bougeait plus trop. Mais moi, j'avoue avoir été très contente de mon suivi, sachant qu'en plus, j'ai déménagé de ville. pendant ma grossesse. Donc, j'avais un peu la peur de me dire entre les deux, si j'ai un problème, qu'est-ce qui se passe ? Donc, j'ai la chance d'avoir une grossesse sans complications, mais j'ai trouvé aussi que le suivi n'était pas aussi inquiétant que ce qu'on peut dire. Après, je pense que si on a des antécédents particuliers, alors il y a quand même, je pense, un suivi qui est bien fait quand il y a des antécédents. En Angleterre, le truc, c'est que s'il n'y a pas d'antécédents qui prouvent que tu dois faire vérifier, Ils ne vont pas forcément payer du suivi supplémentaire. Et dans ce cas-là, souvent, il faut passer par le privé. Mais s'il y a des antécédents, les gens que je connais ont été très bien suivis aussi. Donc pour moi, expérience très positive. Et au niveau de l'accouchement, alors des retours que j'entends entre mes amies françaises ou mes amies anglaises ici, j'ai l'impression quand même qu'en Angleterre, on a tendance à plus encourager l'accouchement par voie naturelle. Il y a pas mal de... Même dans le système, donc moi je suis passée par le système de santé publique, gratuit, qui s'appelle la NHS. Et donc il y avait l'option d'accoucher soit dans ce qu'on appelle un ward, où tu as accès à tout ce qui est péridural, ce genre de choses. Alors, il y a beaucoup de rumeurs qui disent qu'en Angleterre, quand on demande la péridurielle, on ne l'a pas. Moi, je connais des gens qui l'ont eue. Après, beaucoup de gens sont déclenchés. Donc, ils peuvent l'avoir avec ce package-là, on va dire. Mais après, on t'encourage pas mal à passer par... Alors, je ne sais plus comment ça s'appelle. Moi, j'étais dans une midwife led unit, ce qu'ils appellent, qui était dans le même hôpital, mais à un autre étage. Où là, voilà, on t'encourage vraiment à faire... Tu as des ballons, tu as des piscines, des trucs comme ça. Donc, moi, j'ai fini là-dedans. Sachant que j'étais arrivée, je suis allée à l'autre service à la base en disant que je voulais une épidurale. Le jour J, j'ai dit à mon mari, non, là, je veux l'épidurale. Il te laisse le choix jusqu'à la dernière minute. Et quand la fille, quand ils nous ont accueillis et qu'ils m'ont dit que j'étais à 6 cm, ils m'ont dit franchement, vous vous sentez... En fait, il fallait savoir à combien tu es dilatée. Parce que s'ils me disaient que j'étais à 2 cm et que j'étais dans cet état, j'arrivais encore à gérer. Là, du coup, je sentais que j'avais de la marge. Donc, ils m'ont dit, montez en haut. Si vous voulez changer, vous pouvez monter en haut et tenter par voie naturelle. Donc, j'ai fait ça et c'était une expérience incroyable. Mais ils m'ont promis que si j'avais envie de redescendre pour l'épidural, ils le faisaient. Donc, voilà, j'essaye de couper court un peu à ces rumeurs comme quoi l'épidural, il n'y a pas le droit en Angleterre. J'ai l'impression que ce n'est pas vrai. Mais bon, après, moi, je ne l'ai pas demandé au final. Mais super expérience par voie naturelle.
- Speaker #0
Après, alors je ne sais pas, j'imagine que ce n'est pas comme en Allemagne, évidemment, mais je sais qu'en Allemagne aussi, on dit beaucoup la péridurale, on n'y a pas le droit et ça dépend vraiment des hôpitaux. J'imagine qu'en Angleterre, c'est peut-être le cas. Oui, c'est vrai aussi. Ça dépend des hôpitaux, mais c'est vrai que c'est bien qu'il y ait cette possibilité d'accouchement plus naturel, si on le veut. Et voilà,
- Speaker #1
que ce ne soit pas forcé du tout. On va vraiment laisser l'option en disant, voilà, c'est votre corps. C'est vraiment en fonction du ressenti du jour J. en fait euh On te demande un birth plan en avance ou tes préférences, mais c'est vrai que c'est impossible de savoir comment tu vas te sentir le jour J et ta tolérance à la douleur, si je peux dire. On sait que c'est un process naturel, donc je trouve ça bien qu'on ait l'option et que j'ai eu le choix de suivre un peu le mood du jour.
- Speaker #0
C'est vrai. Et concernant la parentalité, comment tu la vis ? Comment elle se vit en Angleterre ?
- Speaker #1
Ouais, alors moi, j'ai une fille de 6 ans maintenant, donc j'ai l'impression que j'ai passé le dur, quoi. Il y a d'autres choses dures, mais la petite enfance qui est dure en Angleterre parce que financièrement, c'est vraiment beaucoup plus compliqué qu'en France, si je comprends bien. alors c'est vrai que c'est du mal parfois à comparer parce que j'ai pas l'expérience de la maternité en France comme certains peuvent l'avoir mais en Angleterre donc Beaucoup de femmes prennent un congé maternité d'un an. C'est assez commun. En fait, légalement, tu peux prendre un congé de neuf mois et reprendre ton métier d'avant. Et on ne peut pas te le reprendre. Et tu peux t'arrêter un an. Et la société est obligée de te reprendre, mais pas forcément sur le même rôle. Donc, tu es quand même garantie de reprendre ton travail. Je ne sais pas comment c'est exactement en France. Après, tu n'es pas beaucoup payé. Le congé maternité en Angleterre, alors ça a peut-être changé depuis le mien. Mais si je ne me trompe pas, pas, je crois que c'est genre 8 ou 9 semaines où tu gagnes 70% de ton dernier salaire. Et après, c'est genre une aide du gouvernement, mais c'est genre 120 livres par semaine. Donc ça va pas loin. S'il n'y a pas un conjoint qui a un salaire décent, clairement, on ne peut pas se le permettre. C'était aussi pour ça qu'on était partis de Londres à ce moment-là, en se disant que si je m'arrêtais un an financièrement, ce serait moins compliqué si on était dans une plus petite ville. Donc moi, je me suis arrêtée un an, ce que j'ai trouvé très cool. Mais alors, une fois qu'on retourne au boulot, il y a les frais de crèche qui, en Angleterre, sont faramineux. Par exemple, pour donner un ordre d'idée, c'était pareil, c'était encore il y a quelques années, mais moi, je suis à Bristol, qui est une ville de taille moyenne, et par mois, on payait plein pot. Jusqu'à ses trois ans, c'était genre 1 400 livres par mois. Donc, quand tu fais payer ça, plus le remboursement de sa maison, plus tout le reste. Pour beaucoup de femmes, ça ne vaut pas le coup de retourner au travail. C'est pour ça que beaucoup de femmes n'aiment pas s'arrêter jusqu'aux 5 ans quand ils commencent l'école primaire. Moi, j'avais besoin de travailler parce que c'est quelque chose que j'aime et j'avais besoin d'être dans une sphère en dehors de la maternité. Mais ça, ça a été des années. Encore, on a de la chance qu'on avait des bons boulots, mais je ne sais pas comment la plupart des gens s'en sortent. parce que financièrement, c'est un gouffre. Donc là, depuis qu'elle a commencé l'école primaire qui est gratuite, on revit parce qu'on peut faire de nouveau des projets. L'avantage qu'on a eu, c'est qu'elle a été petite pendant Covid. Donc, comme on pouvait, entre guillemets, moins voyager, on a moins eu l'impression de se priver. Mais c'est vrai que là, c'est chouette de pouvoir de nouveau faire des voyages, moins regarder tout à la dépense. Donc, ouais, le début est peut-être... plus dures en Angleterre qu'en France parce que financièrement, c'est vraiment une grosse charge. Moi, j'en ai qu'un. Quand il y en a deux, je ne sais pas comment on fait. Et on n'avait pas d'aide. Alors après, nous, on n'a pas d'aide. Mes parents, bien sûr, sont en France et les parents de mon conjoint sont à Liverpool. Donc, comme on n'a pas les grands-parents, on ne peut pas se dire qu'ils les prennent un jour par semaine et il fallait payer la crèche tous les jours. Donc, bon, c'est aussi lié à un choix personnel d'être dans une région où on n'a pas de famille pour nous épauler.
- Speaker #0
Oui, ça fait quand même une sacrée économie quand tu dis à ton enfant, on va aller quoi. Ça fait du bien quand on manque.
- Speaker #1
Nos derniers jours de crèche, je ne rigole même pas, on avait une bouteille de champagne au frigo. Oui,
- Speaker #0
je veux bien croire,
- Speaker #1
oui. On avait hâte.
- Speaker #0
Alors, on va revenir un peu plus à ta fille maintenant. Est-ce que déjà, tu peux nous raconter son parcours bilingue ? Comment elle évolue ? Quelle langue elle apprend, etc. ?
- Speaker #1
Du coup, moi, je suis française et mon mari est anglais. il ne parle pas Pas du tout français. Il connaît quelques mots, mais voilà, c'est pas du tout... Il était très mauvais en langue à l'école. J'ai eu la preuve de mes beaux-parents avec les bulletins de collège. J'ai pas de chance, mais voilà. Et donc, quand je suis tombée enceinte, au début, on savait pas trop comment on allait faire parce que quand j'ai fait un peu des recherches, il y a les méthodes un peu traditionnelles où c'est soit on parlait une langue à la maison, une langue à l'extérieur pour faire vraiment une distinction claire pour les enfants, ce qui, nous, marchait pas puisque à la maison, si on parle... que français, mon mari ne comprend pas. Si on ne parle qu'anglais, elle n'a pas d'exposition au français puisqu'à l'extérieur, c'est aussi de l'anglais. Et sinon, il y a le choix de faire une personne, une langue. Mais moi, ça me dérangeait vraiment d'exclure mon mari des conversations. Alors, on a quand même un peu fait ça quand elle était petite parce que comme c'était vraiment du vocabulaire de base que je parlais, on va dire, plus lentement. D'ailleurs, c'est probablement la période où John, mon mari, a appris le plus de mots. Je pense qu'il a un bon vocabulaire de la petite enfance, les couches, le doudou, les trucs comme ça. Du coup, quand on était tous les trois, des fois, je parlais les deux. Mais quand j'étais avec Amélie depuis la naissance, toujours, toujours, je m'y suis tenue à parler que français avec elle. Et depuis qu'elle est plus grande et que vraiment, maintenant, elle nous raconte des choses du quotidien et que c'est important que John comprenne tout ce qu'elle dit, dès que quelqu'un d'anglais, que ce soit lui ou quelqu'un d'autre maintenant, est dans la pièce, on switch. Et il n'y a pas de souci avec ça. Donc, pour nous, ça a bien marché cette méthode. Après, moi, ma peur au début, c'était qu'elle n'entende quand même pas assez de français puisqu'elle est passée la majorité de son temps à entendre de l'anglais. Et c'est une grosse source d'anxiété pour moi au début. Jusqu'à ce que je trouve une étude. J'en avais parlé sur un de mes postes il y a un petit moment. J'avais trouvé une étude d'université à Montréal qui parlait en fait... du fait que pour assimiler une deuxième langue, il fallait forcément y être exposé au moins 30% du temps. Et en fait, je ne sais pas, j'ai fait un blocage sur ce chiffre en me disant, ah voilà, ça, c'est un truc que je peux contrôler, que je peux mettre en place. Donc, j'ai vraiment, en fait, je ne rigole même pas, j'ai fait des calculs du nombre d'heures qu'elle est à la maison, le nombre d'heures qu'elle passe avec moi en semaine, le week-end. Et on est arrivé à 37%, un truc comme ça, que je me suis dit, OK, si je me tiens à ça, ça doit le faire, quoi. Donc, en fait, moi, ça a été mon... Un peu ma boussole, je me suis toujours tenue à ça. Sachant qu'après, les 30% d'exposition ne sont pas que moi. Il y a les dessins animés, il y a la conteuse, il y a la lecture de livres. Mais quand même, le français ne repose que sur moi. Je savais que c'était ma responsabilité et que je ne voulais pas louper le coche. Et donc, Amélie parle, à 6 ans, elle parle parfaitement les deux. Je dirais que souvent, les gens me demandent à partir de quel âge il y a eu le déclic. Et moi, je m'en souviens clairement, c'était juste avant ses 4 ans parce qu'on était en vacances. Ce qui est drôle parce que quand on est tous les 3, on parle anglais. Donc, c'était une semaine où on ne parlait qu'anglais. Et là, elle m'a sorti des tirades en français. Je n'ai pas compris ce qui se passait. Et donc là, vraiment, j'ai senti que tout ce qu'elle avait dû absorber depuis des années était bien quelque part et que ça a commencé à sortir. Et depuis, c'est vraiment une évolution progressive des deux langues. Je dirais que pour moi, je trouve que son français est aussi bon que son anglais maintenant. Et elle n'a pas du tout d'accent, qui est un truc que souvent me fait remarquer dans mes vidéos. Il y a souvent des gens qui me disent « Ah, c'est dingue, elle n'a pas du tout d'accent. » Parce qu'elle l'avait un peu par moment et qu'elle a perdu. Donc, c'est assez intéressant de voir les phases. En tant que parent, c'est inquiétant de se dire est-ce que ce que je fais, ça marche ou pas ? Parce que pendant longtemps, on ne voit pas du tout le fruit de nos efforts. Après, il peut y avoir le mélange des deux langues, mais ce qui est normal, il y a les accents. Donc ça met à un moment, je pense que depuis qu'elle a 5 ans, on sent vraiment qu'il y a une bonne séparation des deux langues, il n'y a plus d'accent. Même maintenant, des fois, je ne trouve pas mes mots, elle me traduit vraiment. J'ai l'impression qu'elle a une compréhension au même niveau que moi. la distinction des deux langues, donc c'est top. Et puis, en tant que maman ou en tant que parent qui est celui qui apporte la langue, de se dire c'est moi qui ai fait ça parce qu'il n'y a personne d'autre qui l'a exposé au français, c'est une super belle fierté, mais ça prend du temps de porter ses fruits. Donc, pour tous ceux qui écoutent, n'abandonnez pas, ça finit par payer.
- Speaker #0
Et donc, tu dis, elle a 6 ans, elle va à l'école, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà commencé avec la lecture en français avec elle ? Oui,
- Speaker #1
alors j'ai la chance que... Alors elle a fait toute sa crèche en anglais. Et alors moi, du coup, à l'époque, je travaillais à temps partiel. Donc je travaillais quatre jours par semaine. Et je prenais mes... C'est un détail quand même important à mentionner. Je ne travaillais pas les mercredis. Et donc je les ai transformés en les mercredis français où du coup, j'avais ma journée avec elle. Et vraiment... On faisait beaucoup d'activités pour aussi l'exposer à beaucoup de vocabulaires différents. Et donc, depuis qu'elle a commencé l'école primaire anglaise, donc elle est à l'école publique anglaise gratuite, mais on a la chance énorme à Bristol d'avoir une école française qui a un système, alors ils appellent ça le Day Release, qui est un système où il faut trouver une école anglaise partenaire qui accepte que l'enfant aille à l'école française un jour par semaine. Donc, tout ce qui sont les bases, les maths, tous les... Tous les sujets sont faits par l'école anglaise. Et l'école française, pendant cette journée, se focalise seulement sur le vocabulaire, la lecture, l'écriture. Donc, c'est vrai que pour ça, ils ont pu prendre le relais sur la lecture où je ne savais pas forcément comment m'y prendre. Là, elle apprend effectivement la lecture à l'école française. Et on a nos petits devoirs et tout. Et elle fait vraiment de super progrès sur les deux. Et moi, je suis impressionnée comme elle arrive à même différencier... Les deux langues, parce que c'est vrai que des fois, les mêmes lettres dans différentes langues n'ont pas le même son. Donc je me dis, ouh là là, ça va être compliqué. Sachant que du coup, il commence, il y a un an de décalage entre l'apprentissage de la lecture à l'école anglaise et à l'école française. Parce que justement, ils veulent qu'ils apprennent déjà les bases anglaises en premier, pour ne pas tout leur amener en même temps et que ça les perturbe un peu. Et c'est vrai que j'ai l'impression que ça a bien marché parce que la lecture anglaise est déjà bien installée. Et là, cette année, elle a commencé depuis septembre la lecture française. Et vraiment, je trouve qu'elle a dissocié bien les deux. Et je ne m'attendais pas à ça. Donc non, c'est vraiment chouette. On a vraiment beaucoup de chance.
- Speaker #0
Et concrètement, tu dis qu'il faut trouver des écoles partenaires. Est-ce qu'il y a un site pour les trouver ? Ou comment on les trouve, ces écoles partenaires, justement ?
- Speaker #1
Oui, alors en Angleterre, et je crois que c'est un système international, ça s'appelle le FLAM. Alors, je ne sais plus pourquoi... Un français maternel, oui. Oui, c'est ça. C'est le réseau. Des fois, il y a le nom réseau parapluie, mais c'est réseau flamme. Et je sais qu'en Angleterre, c'est une carte vraiment du Royaume-Uni. Et tu vois tous les sites. Alors, il y a des écoles. Alors, sachant que nous, c'est vraiment un système très spécifique à Bristol, je crois qu'il n'existe pas d'autres écoles comme la nôtre au UK. En tout cas, il existe des écoles complètement françaises à Londres, mais des écoles avec juste un jour comme nous, c'est qu'à Bristol. Et c'était une des raisons de déménagement ici. Je crois que l'école a été créée parce qu'en fait, il y a beaucoup d'expatriés qui travaillent pour Airbus, qui est un gros site juste à côté de l'école. Mais après, il y a aussi des clubs. Par exemple, ma meilleure amie, elle est à Dublin, en Irlande. Il n'y a pas d'école, je crois qu'elle est loin de chez elle, mais elle a un club de français les samedis matins, donc il répertorie tous ces clubs-là qui suivent, je crois que ça suit du coup le programme français. Donc je pense que c'est hyper bien. Et au-delà d'apprendre la lecture et l'écriture, ou du vocabulaire pour les plus petits. Moi, ce qui me tenait aussi vachement à cœur, c'était qu'elles puissent être dans un environnement, à la voix d'autres enfants français, qu'elles ne se disent pas juste « c'est maman et c'est mamou, ma grand-mère en vacances qui parle français » . Non, non, il y a une communauté, il y a des fêtes, il y a l'épiphanie, il y a le carnaval, il y a le 14 juillet. Et ça, c'est un gros élément pour que, pas qu'ils parlent français juste, mais qu'ils sentent français. Et elle, je trouve qu'elle dit vraiment, quand on lui demande de se décrire, elle dit qu'elle est franco-anglaise. après elle comprend très bien qu'elle vit en Angleterre mais elle vraiment je pense quand même qu'elle s'identifie beaucoup à la culture française qui est un point moi qui me tient encore plus que la lecture qu'elle parle c'était ma priorité lecture, écriture c'est le bonus vraiment la cerise dans le gâteau mais c'est vraiment l'identité française j'avoue qui me tient à coeur moi
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que l'identité, ça fait partie de nous. Donc, on comprend que ce soit important de le transmettre. Quand on est maman, on a envie de transmettre une part de nous.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, tu as dit qu'il y a beaucoup de Français ou de francophones à Bristol. Comment est vu le Français dans la région ? Alors, dans ton entourage aussi et dans la région, comment est-ce que c'est vu et accueilli ?
- Speaker #1
Oui, alors Bristol, c'est une ville hyper progressiste, hyper libérale. C'était aussi une des raisons du choix de cette ville. C'est vraiment une ville... hyper accueillante elle est très connue en Angleterre pour être une ville assez créative quirky écolo donc vraiment autour de tous les débats qu'on peut entendre en ce moment sur l'immigration en Angleterre vraiment c'est pas une ville où en tout cas on souffre autant qu'ailleurs du fait d'être potentiellement de venir de l'étranger après voilà il y a je sais que j'ai de la chance d'être on va dire je suis blanche et je suis pas Je ne suis pas la cible principale des gens qui, malheureusement, n'ont pas l'intelligence de voir que c'est toujours en plus d'avoir des gens qui viennent de partout. Mais voilà, Bristol, c'est une vie hyper, je ne sais pas comment dire en français, inclusive. Donc, on est très bien accueillis ici. Et puis, voilà, il y a un bon réseau de Français parce qu'il y a ce site Airbus. Mais aussi, la plupart des gens que je connais français ici sont venus parce qu'ils aimaient l'Angleterre ou ils sont tombés amoureux de Bristol ou ils sont venus pour des études en Erasmus. Donc il y a vraiment des français de tous les horizons, donc c'est chouette d'avoir une belle communauté française ici.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que c'est pratique, comme tu dis, pour ta fille ensuite d'avoir cette communauté pour les enfants, pour qu'ils voient que le français, ce n'est pas que maman et mamie, mais aussi pas d'autres gens. Alors tu nous as parlé de cette association, Flamme, qui fait l'école. cours le vendredi. Est-ce qu'il y a d'autres actions locales à Bristol pour les enfants francophones, donc pour les permettre de les exposer aux Français ?
- Speaker #1
Oui, il y a pas mal de clubs qui sont indépendants de l'école française. Je sais que par exemple, il y a les petits Zouzous qui sont organisés par une autre, Audrey, qui habite à Bristol, qui est un groupe de comptines et de nurseries pour les enfants. J'en ai fait un peu quand ma fille était petite. C'est un bon moyen aussi quand les enfants sont tout petits de rencontrer soit d'autres Français, soit d'autres francophiles parce qu'il y a pas mal de gens qui sont des Anglais qui aiment le français ou qui ont appris le français à l'université et qui ont envie de passer ça à leurs enfants. Donc, j'ai fait ça un peu quand Amélie était petite, mais après, c'était le confinement. Donc, on a fait beaucoup de classes en ligne, en fait. Mais il y a plusieurs clubs comme ça qui sont et à Bristol et je crois dans la ville D'un côté, Basse. Moi, je suis par exemple sur un WhatsApp aussi qui est juste les Français de Bristol. Parfois, les gens vont juste organiser en disant « Oh, s'il y en a qui veulent, on va à tel pub regarder tel match. S'il y en a qui veulent venir, les enfants sont les bienvenus. » Il y a même beaucoup de choses. Des fois, on n'arrive pas à savoir tout ce qui se passe parce que moi, je suis sur ce WhatsApp et le WhatsApp de l'école. Mais sinon, il se passe trop de choses. La communauté française est vraiment hyper active ici, donc c'est très chouette.
- Speaker #0
Oui, en effet, ça donne envie presque.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment c'est en Allemagne, si tu es là où tu es.
- Speaker #0
Ça dépend vraiment. Dans les grandes villes, et encore même pas forcément, mais il y en a un peu, mais c'est vrai que j'ai l'impression, les associations flammes du Royaume-Uni, comme tu as dit, le parapluie flamme, je connais aussi, ça a l'air d'être vraiment très répandu. C'est bien, c'est une bonne chose en effet.
- Speaker #1
Oui. Après, je pense que c'est aussi lié au volume. Je crois que l'Angleterre, c'est vraiment un des pays où il y a le plus d'expats français. Donc, c'est sûr qu'aussi, plus il y a de gens, plus tu arrives à créer une dynamique de groupe parce que ce n'est pas toujours facile de lancer ces groupes-là. Il y a des gens qui n'ont pas forcément envie d'être impliqués. Moi, j'avoue que j'aimerais aller à plus de choses organisées par la communauté française. Mais en fait, je manque de temps. Et puis, j'ai aussi déjà mon réseau d'amis anglais que j'essaye de voir. Maintenant, entre le travail et la parentalité, je n'ai déjà pas beaucoup de temps. Donc, des fois, j'aimerais pouvoir faire plus de choses en français, d'ailleurs, que je ne fais pas.
- Speaker #0
Je pense que tous les parents te comprendront. Moi, je comprends, en tout cas, le manque de temps. Les journées à 24 heures, ce n'est pas assez, vraiment pas. Alors, est-ce que tu aurais des conseils pour les parents qui veulent transmettre le français ou de manière générale une langue minoritaire en vivant à l'étranger ? Je ne sais pas si c'était prouvé scientifiquement, mais c'est ce que je disais tout à l'heure. Essayer d'avoir ces 30% d'exposition à la deuxième langue, ça semble avoir marché pour moi. Ça vient quand même d'une étude sérieuse. C'est d'un docteur de l'université de McGill à Montréal. Je m'étais basée sur ça. Pour le coup, j'ai des bons résultats, mais chaque enfant est différent, donc il faut s'adapter. Je pense que... Le meilleur conseil que je peux donner, c'est d'essayer de faire du français un jeu, de ne pas en faire un devoir ou une corvée. Je sais que maintenant qu'on a des devoirs de l'école française, bizarrement, ça, j'ai plus de mal à le faire faire à ma fille parce qu'elle le voit s'est présenté plus comme une corvée parce que c'est à telle heure, c'est un livre qu'on n'a pas forcément choisi, qui n'est pas forcément de son goût. Et je vois tout de suite qu'il peut y avoir plus une réticence. Donc, je pense que peut-être ce qui a marché pour moi jusque-là, c'est que... J'essaie vraiment de rendre le truc, le français fun en faisant... Ça n'a pas besoin d'être compliqué, c'est des activités du quotidien, mais juste d'aller même à un aquarium et de parler en français, ça permet d'acquérir de vocabulaire. Essayer de s'intéresser aux dessins animés qui sont cools. Alors moi, la problématique que j'ai maintenant, c'est que comme elle est à l'école, elle a envie de regarder les mêmes dessins animés que ses petits copains. Et comme ils en parlent en anglais, elle a envie d'avoir les bons noms. Alors il y a des dessins animés qu'on regarde dans les deux langues, mais par exemple... on regarde un truc qui est très connu ici c'est américain donc je pense que c'est connu partout c'est Gabby's Dollhouse c'est une petite fille avec une maison avec des Ausha et ils ont pas du tout les mêmes noms les personnages en anglais et en français elle regarde en français mais quand elle en parle à ses copains ils comprenaient pas donc maintenant elle regarde en anglais elle a une bonne mémoire donc elle connait les noms dans les deux donc on peut passer dans les deux mais il y avait cette problématique donc ce que j'essaye de faire c'est de trouver des dessins animés qui existent que en français et qu'elle adore Par exemple, ça peut être des livres aussi. En ce moment, elle adore, par exemple, Mortel Adèle, qui est une BD. Et donc, je lui ai acheté la carte sur sa Yoto. Elle écoutait beaucoup, en fait, sur sa Yoto de trucs anglais. Je me disais, il faut que je lui trouve un truc français qui l'accroche autant, quoi. Et j'ai trouvé ça, Mortel Adèle, et elle l'écoute en boucle. Et là, elle est repassée. Mais du coup, ça veut dire qu'il faut s'intéresser à ce que les enfants aiment actuellement en France. Même si c'est des trucs qui ne nous plaisent pas des fois à nous. On a de la chance maintenant, il y a des très bons dessins animés. Mais des fois, on va être genre, ça a l'air un peu bêta. Je n'ai pas envie que tu regardes ça. Mais bon, elle adore et que c'est en français. En fait, non, il faut...
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Parce qu'il ne faut pas en faire une corvée. Donc, j'ai l'impression que ça, ça marche bien pour nous. Mais de temps en temps, je me rends compte qu'elle regarde plus de choses en anglais. Je sens qu'il y a... Merci. je commence à sentir un petit décalage entre les deux, donc j'essaie de rectifier le coche. Donc là, je suis partie sur Mortel Adèle. Après, ça sera peut-être autre chose, mais on a de la chance maintenant avec Internet que tout est si facile d'accès. Par exemple, je sais que je regarde beaucoup, quand on va en France, ma fille, elle regarde beaucoup. C'est les dessins animés qui sont sur, c'est quoi, France 4. Et on peut les regarder, la version Internet depuis l'Angleterre. Donc du coup, les dessins animés qu'elle voit en France chez Mamou, je lui mets aussi Là, elle est comme ça contente de les retrouver. Donc, maintenant, avec Internet, on a vraiment beaucoup de chance. Il faut juste s'assurer de dédier du temps à trouver des choses fun pour eux. Mais il y a plein de musiques, plein de livres, plein de dessins animés qui sont top. Et voilà, même si on veut limiter les écrans, c'est vrai que quand même, en tant que parent, ça soulage un peu. Parce que moi, je suis la seule à parler français. Et des fois,
- Speaker #1
ça fait du bien quand même.
- Speaker #0
Puis en attendant, moi, je sais qu'une des pressions que je me mettais, c'est que comme il fallait qu'elle ait ses 30 % d'exposition, quand elle était avec moi, je parlais, Quand je l'amenais au supermarché, je me souviens, elle était dans le truc et je lui disais, regarde, ça, c'est des pattes et ça, machin. Et je me disais, je la saoule de paroles. Et moi, je me faisais m'excuser pendant deux heures à causer, causer. Et c'est... Donc oui, il ne faut pas hésiter à utiliser des supports extérieurs. Sinon, c'est... Il ne peut pas être tout le temps on, quoi.
- Speaker #1
mais ce que je trouve intéressant c'est de rester informée de ce qui se passe en France quand on est français ou dans son pays d'origine pour savoir ce que les enfants aiment bien en dessin animé les chansons, les livres en effet nous on va avoir aimé moi je sais que j'aimais bien les Martine bon ma fille elle est pas très Martine elle va les lire mais en effet Mortel Adèle on va essayer parce que c'est ce que j'entends tout le temps et... C'est aussi de l'énergie, mais c'est aussi un travail à faire de garder ce contact. Idéalement, quand on a des amis en France qui peuvent nous aider, c'est très pratique, mais c'est vrai que quand on n'a pas forcément le contact, il faut savoir aussi chercher l'information. Mais c'est en effet un bon point à préciser.
- Speaker #0
Je pense qu'un bon raccourci, c'est vraiment d'aller sur les sites genre Lafnac, section best-seller, ce genre de trucs. Souvent, c'est comme ça que ça part. Après, je vais regarder ça et puis je vais voir un titre où je fais « Ah, je suis sûre que j'ai déjà entendu parler de ça » . et puis quand on te rend un nom 2-3 fois tu te dis bon il doit quand même avoir quelque chose c'est vrai que maintenant quelle chance je me dis ceux qui étaient expats avant sans internet ça devait être très compliqué même avec Spotify on a une liste alors pour donner 2-3 idées je sais que par exemple en musique française il y a beaucoup d'albums mais un artiste qui est super pour les enfants et les parents c'est Aldebert qui est énormément connu en France, moi je l'ai découvert complètement par hasard enceinte Il a plein de chansons qui vont vous mettre les larmes aux yeux parce que vraiment, ça passe du hyper drôle au hyper... les détails qui vous prennent au cœur, quoi. Et je sais pas combien il y en a d'albums, mais il a aussi des histoires audio. Et nous, sur Spotify, on les a tous et on les écoute depuis qu'elle est petite et on s'en lasse toujours pas. Il a fait un album métal. Ma fille adore le métal et le rock, donc trop bien. D'ailleurs, je pense que c'est par lui qu'on a découvert Mortel Adèle parce qu'il a une des chansons... où il parle de Mortel Adèle et la fille qui fait la voix, dans le livre, parle sur la chanson. Donc, il a plein de duos avec des artistes super connus. Enfin, vraiment, ça, c'est hyper facile. Si vous vous mettez sur Aldebert, vous en avez pour un bon moment à tout écouter, quoi.
- Speaker #1
Bonne idée. Et alors, tu dis que tu as calculé les 30 %. Bon, je pense que maintenant, tout le monde a envie de savoir combien ça fait exactement 30 % de ce qui est dans la semaine.
- Speaker #0
Ouais, alors, je regardais tout à l'heure parce que... Comme je savais qu'on avait notre conversation, en fait, j'ai arrêté il y a un an un blog où je parlais de la vie d'expert. Et là, je rentrais dans plus de détails. Et un de mes articles était le plus populaire. C'était sur la parenthèse tibilingue où j'avais détaillé tout ça et j'avais même mis le détail des horaires. Moi, je ne les ai plus en tête. Maintenant, ça commence à dater. Mais alors, du coup, je l'ai regardé un petit peu avant. devenir.
- Speaker #1
Mais c'est en effet quelque chose que j'ai déjà entendu, cette histoire des 30%. J'avais même déjà entendu combien de temps ça fait. Là, je serais incapable de le dire, je serais incapable de retrouver où je l'ai lu. Mais je l'ai en effet entendu par des pros du bilinguisme.
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est vraiment quelque chose qui a été maintenant scientifiquement prouvé, il me semble. Donc, je sais qu'alors, j'ai pas le détail en tête, mais par exemple, pour donner un ordre d'idée, moi, comme je travaillais quatre jours par semaine, je crois que je passais donc une heure le matin. Alors, à savoir que... Moi, c'est moi qui fais tous les... Depuis qu'Amélie est née, c'est moi qui la dépose toujours à l'école ou la crèche et qui vais la chercher parce que mon mari a un boulot très, très prenant et il voyage beaucoup. Et aussi parce que moi, je suis une lève-tôt. Donc, de toute façon, je suis levée et j'ai envie de passer ce temps-là avec elle et je voulais l'exposition. Donc, voilà, je sais que ce n'est pas toujours ce que les gens veulent, mais ça me faisait une heure le matin, une heure le soir, qui n'est quand même pas, au final, énorme. Et puis, en plus, si on a envie de passer du temps avec ses enfants, je crois que deux heures, ça ne nous suffirait déjà tous pas. Moi, je pense que ce qui me sauvait la mise pour le calcul des 30%, c'était d'avoir réussi à trouver un boulot flexible où je ne travaillais pas les mercredis. Là, vraiment, j'y allais à fond les ballons. Et l'autre détail d'importance sur lequel, effectivement, on me questionne de temps en temps dans la vraie vie, c'est que le week-end, avec mon mari, comme on n'a pas du tout d'aide extérieure, on travaille un peu depuis qu'elle est née sur un système de relais. Par exemple, on fait des demi-journées. Moi, je me lave avec elle le samedi. et je vais m'occuper un peu d'elle et après, il s'occupe d'elle pendant que je vais au sport. En fait, on prend tout le temps le relais comme ça donc on n'a pas beaucoup de temps à trois ce qui surprend pas mal de gens parce qu'ils trouvent des fois que c'est un peu dommage. On a beaucoup les repas et des petits moments, le petit déj, des trucs comme ça. La routine du soir, du dodo, ça en fait toujours ensemble mais dans la journée, sinon moi, le temps que je passe surtout avec mon mari, c'est le soir quand elle est couchée. Elle se couche assez tôt, notre fille, et vraiment... On met un point d'honneur à avoir une soirée de couple tout le temps, surtout qu'il voyage pas mal. Donc quand il est là, on veut vraiment avoir du temps de qualité à deux. Mais ça veut dire que les week-ends, quand j'ai ses demi-journées, j'ai deux demi-journées du coup à elle. C'est presque comme une garde un peu partagée d'une certaine façon. Je pense que c'est ça qui dérange les gens. Ils ont l'impression qu'on est presque une garde partagée alors que non, on est bien une famille qui s'aime. Mais du coup, comme j'ai ses demi-journées, je peux lui parler en français exclusivement pendant ces moments-là. parce que sinon... je serais obligée de passer à l'anglais. Et là, du coup, les 30 %, ils en prendraient un gros coup. Donc, je pense que c'est les mercredis et ce système sur les week-ends qui a bien fonctionné pour nous. Mais voilà, j'ai bien conscience que ça ne fonctionne pas forcément pour toutes les familles. Après, chacun doit un peu moduler selon ce qu'il peut. Peut-être que certains peuvent aller en France plus souvent et du coup, ils peuvent avoir des expositions par ça. Donc, voilà, je pense qu'il faut essayer de jongler avec les ressources Donc... temps et en personne et en disponibilité qu'on a.
- Speaker #1
Exactement. Alors pour finir, est-ce que tu as une ou plusieurs anecdotes du bilinguisme de ta fille ?
- Speaker #0
Ouais, alors l'anecdote à laquelle je pensais, en fait c'est parce que j'ai publié une vidéo sur ce sujet il n'y a pas longtemps et elle a... Il y a eu tellement de commentaires que je me suis dit, je ne m'attendais pas à ce que ça fasse réagir les gens de tant que ça. En fait, j'ai fait une vidéo où j'expliquais que ce qui est difficile avec la parentalité bilingue, c'est qu'en fait, moi je suis d'un caractère, on va dire, assez anxieux quand même. Et du coup, depuis toute petite, je me disais, j'espère qu'elle va réussir à parler. Si elle ne parle pas, ce sera ma faute parce que ça tombe sur moi. Elle commence à dire des mots en anglais, mais elle ne dit pas des mots en français. Il y a toutes ces étapes où je me disais, est-ce que ça va prendre ou pas ? Et puis après, ça a pris et elle mélangeait les mots. Et là, elle avait plein d'expressions trop shoot, genre elle ne nous disait pas « what is it » ou « qu'est-ce que c'est » , elle disait « what's que c'est » et ça nous faisait mourir de rire. Elle avait plein d'expressions comme ça, elle ne disait pas « coup de pied » , elle disait « kick de pied » , enfin, je les ai toutes notées dans un petit carnet, parce que je trouvais ça trop mignon. Et en même temps, je me disais « ah, j'espère qu'elle ne va pas trop mélanger les trucs » . Et en fait, maintenant, elle parle parfaitement français et en fait, il faut réussir, je pense, à… Être quand même dans le présent et profiter de tous ces détails du bilinguisme qui rendent un peu notre expérience de la maternité et de la parentalité unique, sans trop s'inquiéter, mais c'est hyper difficile. Quand on est de l'autre côté du mur, c'est plus facile à dire, mais moi j'ai l'impression d'avoir quand même bien profité, mais de m'être quand même pas mal inquiétée. Et je crois qu'il faut essayer de profiter de chaque étape sans trop s'inquiéter. et de noter ces petites phrases là je conseille à tous les parents de se faire un petit carnet avec ces petites phrases cute parce que ça ne dure pas hyper longtemps cette phase alors moi je les relis je les relis souvent avant son anniversaire et je me bidonne il y a des trucs que j'ai déjà oublié alors que c'était il y a deux ans et ça
- Speaker #1
c'est vraiment trop chou c'est vrai ça passe très vite moi aussi je les note et ça passe en effet très vite la période trop mignonne il y a un peu cette naïveté aussi entre guillemets du monde qui est en fait très mignonne et qui pourrait durer un peu plus longtemps mais bon C'est le temps, il passe très vite.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Écoute, je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté. Je mettrai le lien de ton compte Instagram dans la description. Je vais essayer de trouver cet article sur les 30%, parce qu'en effet, moi, je l'ai entendu aussi. Donc, si j'arrive à le trouver, je le mettrai aussi dans la description, comme ça, tout le monde...
- Speaker #0
Je sais que c'est de la McGill University à Montréal. Donc,
- Speaker #1
tu devrais pouvoir le chercher. Et donc, voilà. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Super, merci à toi pour ton temps et puis j'espère que tout ce que j'ai partagé pourra servir à d'autres. C'est les quelques conseils que j'aurais aimé avoir quand j'étais au début de mon parcours de maman il y a six ans, donc j'espère que ce sera utile.
- Speaker #1
Je n'en doute pas.
- Speaker #0
Merci Audrey.