- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrai quotidien, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. A travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands, et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Delphine qui nous vient des Pays-Bas. Elle va nous parler de son parcours en tant qu'expatriée, que famille multilingue, mais aussi de son métier qui est si spécifique aux Pays-Bas. Bonjour Delphine.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour tout le monde.
- Speaker #0
Alors pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Alors oui, je vais me présenter de façon très simple. Donc, je suis française et j'aime bien commencer par ça. Et c'est très drôle parce que je suis également maman. Et quand je dis à mon fils que je me présente en disant que je suis française, il me dit toujours, mais maman, ça n'a aucun intérêt de dire ça quand on est en France. Je dis oui, c'est vrai, mais je ne suis pas toujours en France et je suis surtout française. Donc, voilà. Donc, je suis surtout française. Je suis maman, je suis épouse. Je suis... Bon, également Kramsor, qui est mon métier. Et je suis également officiante de cérémonie laïque. Et tout ça en trois langues, tout le temps. Donc, dans mon couple, on parle néerlandais, puisque mon mari ne parle pas français. Avec mes enfants, je parle français néerlandais. Et au travail, je parle français néerlandais ou anglais. Ça dépend du type de famille que j'ai en face de moi. Donc, c'est un exercice, le multilinguisme, qui est... dans mon ADN depuis toujours, puisque j'ai grandi aux Pays-Bas.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux vite fait nous parler de ton métier d'officiante dans les mariages ? Qu'est-ce que tu fais exactement ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors en fait, les officiantes de cérémonie sont des personnes qui créent une cérémonie qu'on appelle sa laïque, puisqu'elle n'est pas religieuse, qui fait après la cérémonie qui est officielle, donc en fonction des endroits. en général c'est à la mairie quand même, mais une fois qu'on a été marié civilement, oui on est civilement, et en tout cas juridiquement, on peut soit faire un mariage à l'église, ou alors à la synagogue, ou ailleurs, ou rien, ou on peut faire une cérémonie laïque, qu'on peut aussi appeler une cérémonie d'amour, ou une cérémonie d'engagement, et en fait c'est une cérémonie qui n'a pas de valeur juridique, mais qui a une énorme valeur sentimentale, Et ce qui est superbe, c'est qu'en fait, on va créer la cérémonie qui va être construite autour des mariés. Et ce qui est génial quand j'ai des couples bilingues, donc français-néerlandais par exemple, c'est que moi, je vais pouvoir faire la cérémonie dans les deux langues. Donc comme je maîtrise absolument parfaitement les deux langues, je ne vais pas traduire mot à mot, mais je vais enchaîner sur... Quand je vais dire quelque chose en néerlandais, je vais l'enchaîner, je vais le redire en français, etc. Pour que toutes les personnes qui sont présentes puissent participer et comprendre ce qui se passe et donc se sentir complètement témoins et participer à ce mariage en union, vraiment. Donc, alors c'est vrai que quand on fait le consentement et la fameuse demande « acceptez-vous de prendre pour époux ? » , on a le choix. Comme ça n'est pas officiel, on fait ce qu'on veut encore une fois. Donc, je peux poser la question dans la langue du marié au marié et il peut répondre dans la langue de la mariée et inversement. Donc, on peut avoir un oui, un ya ou un yes en fonction. Et c'est ça qui est superbe. On peut aussi lire des textes qui vont être dans une langue ou une autre. On peut également mettre des chansons. Et Dieu sait si en France, on a des belles chansons d'amour. Donc, ça, c'est vraiment… quelque chose d'incroyable. Et alors, pourquoi est-ce que j'ai décidé de faire ça ? Puisque moi, ma vie, c'est l'amour. Quand on va parler de mon autre métier, tu vas comprendre pourquoi. Moi, je vis dans la vie et dans l'amour. Et je pense qu'il n'y a rien de plus beau que de voir et de rendre les gens heureux. Et dis-toi que les gens, quand ils me voient, ils sont toujours heureux. C'est fou, c'est incroyable, c'est un vrai bonheur. Et à moi de faire en sorte que leur plus beau jour, en fait, soit vraiment... Un souvenir inoubliable ? Et peu importe la langue, en fait. Et surtout la langue de l'amour.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
ça donne vraiment envie.
- Speaker #0
Cet amour que tu témoignes, que tu dégages, je vais dire, c'est un peu négatif, mais cet amour que tu dégages, j'espère qu'on le ressentira aussi, que les auditeurs l'entendront. Ah, j'espère,
- Speaker #1
écoute.
- Speaker #0
C'est beau et ça fait du bien de nos jours d'avoir aussi un peu ce petit rose, j'ai envie de dire, c'est cliché, mais c'est vrai que ça fait vraiment du bien.
- Speaker #1
Non, et puis en plus, tu dis vraiment ça, parce que pour moi, vraiment, je vois la vie en rose, je suis toujours habillée en rose, c'est vraiment ma couleur préférée. Et d'ailleurs, je me suis souvent un petit peu abstenue en me disant non, c'est trop girly, etc. Puis à un moment donné, je me suis dit mais foutez-moi la paix en fait. J'adore le rose, je m'habille en rose, je suis habillée en rose tout le temps. Et sur mon bras, j'ai de tatouer, enfin toi tu le vois mais les autres ne le voient pas, mais j'ai de tatouer la vie est belle puisque c'est ce que me répétait ma grand-mère à la fin de sa vie. Elle croyait que à la fin de sa vie, j'étais très triste et j'étais à côté d'elle, j'étais de la main. Je pleurais silencieusement, pensant qu'elle ne m'entendait pas. Et un jour, elle m'a pris la main et m'a dit, « Ne pleure pas, ma fille, la vie est belle. » Et je me suis dit, « Allez, ça, je vais le garder toute ma vie. »
- Speaker #0
Elle avait raison. Elle a raison. C'est pas trop facile, mais c'est vrai qu'il faut voir aussi le côté positif.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Exactement.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors, tu m'en parlais juste avant. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours d'expatriée ? Il y a beaucoup de choses à dire là-dessus.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Donc en fait, moi je suis française, donc je suis née à Paris, j'ai grandi à Paris jusqu'à mes 9 ans, et à mes 9 ans, ma maman s'est remariée avec un Irlandais, que j'adorais d'ailleurs, qui est décédé depuis, mais que j'adorais, et qui est donc devenu mon beau-père, et en fait nous sommes venues vivre à Amsterdam, moi, ma mère et mon frère, parce qu'il était médecin, qu'il était installé au Pays-Bas, bon bref, et donc... On est arrivés là-bas, alors moi je ne parlais pas un seul mot de néerlandais, et puis il a fallu s'adapter tout de suite et très rapidement. Et donc quand on est arrivés ici, j'ai été mise tout de suite dans une école néerlandaise qui était à côté de chez nous, qui était une école Montessori. Et donc ce qu'elle nous a permis, parce que maintenant Montessori c'est très à la mode, c'est un petit peu pour, en tout cas à Paris, c'est un petit peu pour les... Bobo parisien, on dit. Mais c'est surtout, et hélas, je trouve que ça a été... C'est pas que c'est surcoté, mais c'est surtout que la méthode Montessori, ça permet à l'enfant d'aller à son rythme. Et moi, c'est exactement ce dont j'avais besoin à ce moment-là. C'est que j'avais besoin de continuer mon cursus scolaire tout en apprenant le néerlandais en accéléré, en fait. Et ça, ça a été possible grâce à cette scolarité-là. donc En six mois, j'ai parlé néerlandais. Mon beau-père parlait français, mais très rapidement, j'ai parlé avec lui. Et puis moi, je suis quelqu'un de très sociable. J'adore les gens. Mais même quand j'étais petite fille, je trouvais que c'était important de pouvoir avoir des copines, etc. Et donc, je me suis mise à parler très vite, même si au début, je ne comprenais rien. J'essayais d'enregistrer les mots. Et puis, je ne sais pas trop comment mon cerveau a fait, mais je me rappelais. Alors ça, ça veut dire ça. Il faut s'en souvenir. Ça, on peut le replacer là. Il faut s'en souvenir. Et puis, c'est comme ça qu'en fait, très rapidement, j'ai pu replacer. Et puis, des fois, je disais des choses. Je me souviens, c'est drôle parce que je me souviens d'une fois où j'avais dit à une de mes copines, comme en anglais, on dit « I will miss you » . Donc, en Irlandais, on dit la même chose. Et en français, on dit « Tu vas me manquer » . On dit l'inverse. et quand je lui ai dit tu vas me manquer et quand je lui ai dit quand je lui traduis comme ça vraiment à l'envers où en fait je lui ai dit moi je vais te manquer donc je traduis et la fille elle me dit non non tu vas pas du tout me manquer en fait mais je m'étais trompée de mots j'arrivais pas enfin bon bref c'était un petit peu particulier Et aussi avec les heures, parce qu'en fait, les Nérandais, ils disent la demi après l'heure. Enfin bon, bref, c'est un peu compliqué à expliquer, mais je me suis aussi retrouvée à attendre des rendez-vous. Ou en tout cas, je me souviens une fois, mon beau-père devait venir me chercher et je m'étais trompée d'heure. Et voilà, ça, c'était des petites choses comme ça dont je me souviens encore aujourd'hui. Mais sur le principe, en fait, la langue a grandi avec moi. Et puis ensuite, on est rentré en France à l'âge de 15 ans. Alors moi, j'étais complètement installée aux Pays-Bas. J'avais ma vie, j'avais mes copains. L'adolescence, c'est une période très importante de la vie. Donc entre 9 et 15 ans, je... J'avais eu le temps de me poser, de me poser là, d'être une adolescente différente d'une adolescente parisienne. Et je te parle de ça, en plus, c'était les années 80, les années magiques des années 80 en France et au Pays-Bas, c'était pareil, même musicalement, c'était la folie. Et je me souviens très bien de... d'essayer de garder d'un côté, de suivre ce qui se passe en France au niveau de la musique en écoutant la radio. Mais on se rappelle, il n'y avait pas Internet. C'était le début des radios libres. Enfin, c'était... Et donc, je me souviens que mon père, qui vivait toujours à Paris, m'enregistrait des cassettes, qu'il enregistrait sur le magnétophone, des trucs et tout ça. Et que moi, je rentrais aux Pays-Bas, j'écoutais Jeanne Masse, enfin, mon partenaire particulier, ces trucs comme ça. Et que, bon, j'adorais. C'était une autre époque. et puis quand ma mère m'a dit on va rentrer à Paris au départ je m'étais dit super, moi j'avais vu la boum je m'étais imaginée en Victor Béreton à l'an Henri IV j'avais gardé des copines de ma petite école donc je me sentais je me suis dit ça y est la vie parisienne c'est pour moi et puis en fait quand je suis arrivée là-bas ça a été le désenchantement ça a été très compliqué parce que Merci. Au Pays-Bas, j'étais dans un lycée qui était un lycée... Bon, après Montessori, je suis allée dans une autre... Dans une structure qui était... Les lycées ici, c'est un petit peu... En tout cas, c'était vraiment comme des lycées américains. Donc, on avait beaucoup d'espace, on avait beaucoup de liberté. En plus, les Nérandais, ils sont très libres. On avait des casiers, on pouvait ranger nos sacs, on y allait à vélo. Enfin, c'était vraiment... Et là, j'arrive à Paris, collège de quartier. avec la concierge, le carnet de correspondance, et la concierge qui me passe mon temps de dire « Votre carnet de correspondance, s'il vous plaît » . Et là, je me suis sentie en prison. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je trouvais que tout le monde était petit. J'étais loin de la boum avec Victor Berreton. J'avais l'impression d'être complètement à la ramasse. Et comme j'avais un an d'avance, puisque j'avais redoublé, et comme j'étais déjà trilingue, et comme... j'avais vécu, par rapport à tous les autres, j'avais vécu déjà une vie différente. Eux, ils avaient passé toute leur vie dans cet arrondissement, dans ce quartier. Moi, j'avais vécu des trucs incroyables. Et donc, j'ai été ultra populaire dans ma classe. Alors ça, c'était sympa. Mais le reste, c'était dur. Parce que j'étais très populaire, mais ce qui était très dur, ça, il faut le dire, c'est que comme mes parents ne m'ont pas du tout donné de cours au CNED, etc., pendant toute ma période de vie aux Pays-Bas, aux Pays-Bas, pendant les six ans où j'étais scolarisée aux Pays-Bas, je me retrouve en France avec un niveau scolaire de CM2, de là où j'étais partie, puisque tout le reste, je l'avais fait en néerlandais. Donc moi, en fait, au niveau de toute la grammaire, l'orthographe, je n'étais pas opérationnelle, puisque j'ai... Et comme je continuais de parler à l'oral français à la maison, mon français était parfait. Et alors ça, ça a été un bras de fer avec les profs qui ne comprenaient pas, qui pensaient que je me moquais d'eux. Et en plus, je n'étais pas très bonne en maths. En plus, ce n'était pas les mêmes programmes. Donc, j'avais des notes qui étaient catastrophiques. Mais comme j'étais sympa, comme tout le monde m'aimait bien, etc., je ne mettais pas le bazar et tout ça en classe. Je faisais des jolis... Voilà. Quand je devais rendre des copies, même si c'était zéro, c'était bien présenté, j'avais au moins deux. Non mais vraiment, j'ai vécu un enfer. Les dictées, j'avais moins 12 000 en fait. Les dictées, c'était le pire. Alors voilà, donc tu vois, j'ai eu une enfance et une adolescence en balance, avec beaucoup de plus et un peu de moins. Et j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup dû travailler pour pouvoir arriver en fait à avoir mon bac, que j'ai passé en candidat libre, après je me suis inscrite. Dans une école de commerce, ça a été vraiment un parcours du combattant. J'ai fini par y arriver, mais vraiment à la force de ma volonté personnelle, parce que ça a été vraiment très difficile. Donc, s'il y a vraiment une recommandation que je peux donner aux gens quand des enfants qui sont expatriés, et même si vous ne savez pas si vous allez rentrer en France ou pas, donner des cours de soutien français, ça, ça me semble être vraiment la base. Des cours de soutien, moi, j'étais très embêtée, parce qu'au niveau de la... de l'histoire, je n'ai jamais vu Napoléon. Quand je suis arrivée ici, quand je suis arrivée en France, moi, on me parlait de Napoléon. Alors oui, j'étais allée visiter les Invalides, tant mieux pour moi. Mais enfin, c'était tout. Je n'avais aucune idée de rien. Je n'avais pas eu tous les... Moi, alors, par contre, je connaissais tout sur Guillaume d'Orange. Pas de problème. Le Golden Age aux Pays-Bas, ça, c'était tout bon. Mais par contre... Donc, voilà. Donc, garder de la culture générale, faire lire. Bon, ça, c'est pas... Mes parents, ils ont essayé beaucoup de nous faire lire. Mais bon, moi, je me suis mise à lire bien plus tard. Mais après, par contre, j'ai vraiment rattrapé le temps. Mais moi, quand j'étais ado aux Pays-Bas... On s'amusait, on était dans la rue, on jouait, on avait fait du patin à glace. C'était une vie très libre, très libre et sans danger. Enfin, en tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai qu'on en rigole un peu des profs. Tu dis, tu avais moins de 12 000 au dicté. Mais en fait, quand... quand on réfléchit, ce qui est triste, c'est que maintenant, on est en 2026, il y a Internet, il y a toutes ces études sur le bilinguisme, le multilinguisme, il y a énormément de bilinguisme, multilinguisme, c'est quelque chose de très normal maintenant, mais je pense, moi j'ai des collègues, alors c'était pour le niveau maternel, mais je pense qu'il y en a aussi au niveau primaire, collège, lycée, qui n'ont toujours pas cette compréhension, si un enfant revient de l'étranger, il a un mauvais niveau en français, comme tu dis, parce qu'il n'a pas eu les cours, le soutien, etc., il ne va pas y avoir cette compréhension, il va y avoir ce... on va lui taper dessus, on va lui montrer du doigt. Donc, c'est quand même... Il y a encore du progrès à faire, on va dire. Comme tu disais, il n'y avait pas Internet, il n'y avait pas tout ça. Comment tu arrivais à garder contact ? Bon, tu disais que tu parlais France à la maison, mais avec ton père, avec ta famille, comment on gardait contact quand même avec la France et le français à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, il y avait quand même le téléphone. Voilà. On avait des cabines téléphoniques.
- Speaker #0
C'était déjà l'avantage.
- Speaker #1
On avait des cabines téléphoniques. Et puis, j'avoue que moi, je rentrais à Paris régulièrement pour voir mon père. C'était, je pense, le deal entre mes parents. Donc, toutes les vacances, j'étais avec mon père. Et puis, quand je n'étais pas chez mon père, j'étais chez mes grands-parents, qui avaient une maison en Bourgogne. Puisque la Bourgogne, c'est une personne de ma famille. Et c'est là où, maintenant, moi, j'ai une maison. Actuellement, j'avais... J'ai également acheté une maison pas très loin pour pouvoir justement retourner en France dans ce coin-là. Mais donc, en fait, c'est comme ça que je gardais le lien. Et puis, j'avais donc gardé des amis de la petite école, donc de l'école primaire jusqu'au CM2. Et alors, comment est-ce qu'on gardait contact ? Eh bien, ce n'est pas compliqué. Déjà, on s'écrivait. Voilà. Et puis, alors, c'était vraiment ma meilleure copine. Elle s'appelait Laure. Et alors, quand je venais à Paris, je l'appelais et puis on se voyait. Elle, elle est venue chez moi à Amsterdam plusieurs fois aussi me voir en vacances.
- Speaker #0
Eh oui, à l'époque, on faisait comme ça, en effet, comme tu dis. C'était très old school maintenant quand on raconte ça aux jeunes. Mais c'est vrai que ça, mine de rien, ça marchait aussi.
- Speaker #1
La preuve, oui.
- Speaker #0
Et donc maintenant, tu es revenue aux Pays-Bas. Comment tu es revenue aux Pays-Bas ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait, je suis rentrée en France. Donc, comme j'ai dit, je fais des études. Ensuite, je me suis mariée, j'ai eu des enfants. Là, mes enfants sont nés à Paris. Et puis ensuite, comme souvent, au bout d'un certain nombre d'années de mariage, on était plus amies qu'autre chose. Et donc, on a décidé de plus ou moins se séparer. Et moi, j'étais en train de me faire muter pour aller vivre dans une ville que j'adore, qui est la ville de Troyes, dans l'Aube. Ça fait toujours rire les gens, mais j'adore cette ville. et en fait mon amoureux quand j'étais adolescente à Amsterdam m'a cherché partout sur les réseaux sociaux sauf que je m'appelle Delphine Petit et Delphine Petit en a un certain nombre et en fait par l'intermédiaire d'un ami qu'on avait en commun qui était aussi un ami de la bande Il m'a retrouvée et un jour, il parlait de moi et il lui dit « Ah, mais tu sais, je me demande comment elle va, etc. Je n'arrive pas à la retrouver. » Et cette amie lui dit « Mais moi, je sais très bien comment elle va parce que je suis amie avec elle sur Facebook, sauf qu'elle a un pseudo. » Et donc, il s'est retrouvée comme ça. Et quand il m'a retrouvée, après, il m'a dit « Écoute, moi, je vais venir te chercher à Paris, je vais t'épouser. » Et au lieu de vivre à Troyes, je suis retournée vivre à Amsterdam. Donc, pour la ville que j'adorais et pour l'homme que j'adorais aussi, que j'adore toujours d'ailleurs. Et donc, j'ai trois enfants. Mon fils aîné était en train de passer son bac, donc je lui ai proposé, je lui ai dit, voilà, moi, je vais partir, si tu veux, tu viens avec moi, sinon, tu t'entables dans le cursus scolaire, etc. Et comme il était déjà parti sur des études de pilote, bon, bref, donc... Il est allé faire ses études et mes deux plus jeunes sont venus avec moi. Et donc, avec mon ex-mari, on a décidé, je lui ai dit, voilà, évidemment, je lui ai expliqué la situation et je lui ai dit, mais il n'est pas question que tu les vois moins. Forcément, oui, mais je ne veux dire pas plus que... Et donc, moi, je lui ai dit, voilà, moi, je m'engage à ce qu'ils viennent une fois par mois et toi, tu peux venir autant que tu veux et tu les auras toutes les vacances. sauf l'été où je les prends deux semaines et tu peux prendre le reste à ta convenance et je m'organise. Et puis pendant des années, on a fait comme ça et ça s'est très bien passé. Lui, il est venu aussi plusieurs fois les voir. Nous, on est allés à Paris plein de fois. Après, quand ils étaient plus grands, ils voyageaient tout seuls ou ils voyageaient avec des gens que je connaissais. Ils prenaient le train avec des copains à moi ou des collègues parfois. En tout cas... Des fois avec une baby-sitter aussi. Donc, j'ai déjà embauché des baby-sitters pour faire le trajet. Et puis, en fait, mes enfants avaient donc... Donc, mon fils avait 8 ans quand on est arrivé ici et ma fille 10 ans. Et moi, j'avais 9 ans. Donc, c'était plus ou moins l'âge que j'avais quand je suis arrivée. Donc, il y a plein de gens qui me disent, tu fais comme ta mère, mais en fait, pas du tout. Ça n'a rien à voir. La seule chose que ça a à voir, c'est que je suis venue vivre pour épouser un Irlandais. C'est la seule chose. Sauf que moi, c'était mon amour d'enfance. et que moi, je connaissais la ville, et que moi, je parlais la langue. Et j'avais en fait...
- Speaker #0
C'est une grosse différence, ouais.
- Speaker #1
Eh bien, ça fait une différence colossale. Et moi, je n'avais jamais perdu le néerlandais. C'est-à-dire que j'ai toujours, alors que je n'ai pas parlé pendant des années, puisque je n'avais pas l'occasion, je n'ai jamais perdu la langue. C'est très bizarre. Elle était coincée dans un coin de ma tête. Et puis alors, forcément, une langue, elle grandit avec... Elle grandit. Donc, quand j'ai eu mes enfants, j'ai dû adapter le vocabulaire de la grossesse, la maternité. Après, quand mon père est décédé, il a fallu parler du deuil. Et c'est des mots que je ne connaissais pas, donc j'ai appris. Et parce que j'avais gardé des amis aux Pays-Bas, dans l'autre sens. C'est-à-dire que là aussi, je retournais aux Pays-Bas. Et moi, j'avais fait ça comme ça. Pour mes enfants, je voulais que les Pays-Bas soient une fête. C'était comme ça que j'avais envisagé ça, avant de retourner vivre là-bas. Et donc chaque année pour la Saint-Nicolas, j'allais chez mes amis qui avaient l'âge de mes enfants et j'emmenais un de mes enfants. Je ne les emmenais pas tous les trois et j'allais seule, je n'allais pas avec le papa, j'allais juste seule avec un de mes enfants et je tournais. Chaque année c'était un enfant. Et donc ils savaient que quand ils venaient avec moi, ils savaient que c'était la fête, ils savaient qu'ils allaient être super gâtés, ils savaient qu'ils allaient avoir un moment incroyable et donc tous les trois ils m'ont gardé évidemment de très bons souvenirs. Et donc, quand j'ai dit, on va aller vivre en Hollande, au Pays-Bas, à Amsterdam, en fait, ils savaient. Alors, je ne dis pas que ça a été facile, mais ce n'était pas du tout un endroit flippant. Il y avait l'inconnu sur l'inconnu. Voilà, donc c'est comme ça que je les ai un petit peu... Et puis, oui, évidemment, ils ont dû apprendre la langue. Ça n'a pas forcément été facile. Mais là où ça a été facile quand même, entre guillemets, c'est que comme mon mari ne parle pas français, Ils ont très rapidement dû... Ils ont été obligés, oui. Mon mari a un fils qui a leur âge. Et donc, aussi pour parler ensemble, ou en tout cas, il fallait... Mon beau-fils me fait rire parce qu'il parle aussi des mots de français. En tout cas, ils se sont toujours bien entendus. On a passé plein de vacances ensemble. On ne les entendait pas. Ils partaient jouer, machin. C'était toujours très bien. Et en tout cas, ça n'a jamais été un sujet, la langue.
- Speaker #0
Alors, avec le français, comment tu as fait ? Est-ce que tu as, je vais dire entre guillemets, puisque tes parents n'ont pas fait exprès, mais est-ce que tu as évité ce que tes parents ont fait, c'est-à-dire de maintenir un contact avec le français, notamment, tu disais, les soutiens scolaires, la lecture, la grammaire, etc.
- Speaker #1
Oui, c'est une très bonne question. Déjà, une des choses que j'ai faites, que n'avaient pas fait mes parents et qui est importante pour moi, c'est que nous, on est catholiques et donc je voulais absolument que mes enfants... leur communion et leur confirmation. Et donc, en fait, il y a une paroisse catholique ici à Amsterdam, et donc on s'est inscrits, et ils ont fait une partie du cursus. Donc ça, déjà, ils étaient en français, etc. Donc ça, ça a duré quand ils étaient plus petits. Et puis, ensuite, pour ma fille, pour Émilie, qui est un petit peu plus âgée, Elle, je l'ai inscrite à Amsterdam. Je vais faire de la pub parce que j'adore. Ça s'appelle l'école de français. C'est une école qui a été créée par Céline Dandois et qui, en fait, fait vraiment plein de cours pour les étrangers, mais à la carte. C'est-à-dire qu'en fait, il y a plein de possibilités différentes, que ce soit pour les français, les étrangers, les jeunes, les vieux, les moins jeunes, les petits, les grands, les machins. Et c'était trop bien parce qu'Emilie, elle y allait. Donc, elle était avec deux autres jeunes. Je ne sais plus si c'était des jeunes, en bref. et Moi, je voulais qu'elle fasse, qu'il y ait aussi de la culture générale et qu'on revoie un peu, qu'elle garde en fait les bases. Et c'est ce qu'elle a fait. Donc, c'était à sa demande aussi. Elle était très demandeuse de ça. Donc, et Clément, moi, mon deuxième, parce que lui, il est, déjà, il est super néerlandais. Et autant je savais que ma fille voulait rentrer à Paris et que ça faisait partie, elle voulait faire ses études en France, etc. D'ailleurs, c'est ce qu'elle fait. elle est rentrée à Paris elle fait une école de graphisme à Paris, elle travaille en alternance et elle adore ce qu'elle fait et Clément lui il voulait pas du tout il a jamais voulu, d'ailleurs il fait une école de menuiserie ici à Amsterdam pour devenir en fait son objectif c'est de devenir luthier pour fabriquer des guitares électriques avec de bois et donc donc il a pas trop il est pas spécialement Alors... sur le retour lui il est bien ici mais il adore aller en France il va voir son père il en est venu en vacances etc mais il adore s'habiller ici il n'est pas trop branché retour et alors tu nous disais ton plus grand il est resté en France parce qu'il y passait le bac est-ce qu'il a appris le néerlandais du coup pour aller avec ton
- Speaker #0
mari comment vous faites avec toutes ces langues dans la famille maintenant Merci.
- Speaker #1
Mon fils aîné, lui, il est resté en France et ensuite, il est allé en Irlande pour faire une école de pilote chez Ryanair. Donc, il a vécu plusieurs années en Irlande et aussi, il a fait un an aux US parce qu'il devait absolument parler l'anglais. Donc, vraiment, je l'ai coaché sur ça et j'ai une petite anecdote avec lui parce que quand il était adolescent, pour moi… plusieurs choses dans la vie qui sont indispensables et ça c'est vraiment un truc que mon père m'avait appris c'est il faut savoir faire du vélo, nager taper à la machine, il me faisait rire mon père il me disait taper à la machine en gros ça pour écrire sur un clavier et parler anglais, c'était vraiment pour lui c'est comme ça qu'on réussit dans la vie et alors quand à 13 ans l'âge pourri insupportable où les adolescents nous ont pour voir de toutes les couleurs il était en vacances avec nous il était insupportable et il avait 4 de moyenne en anglais Merci. Je lui ai dit, écoute, il n'y a pas moyen que tu ne parles pas anglais. Avec moi comme mère, c'est impossible. Si tu continues d'être insupportable comme ça, moi, je ne repars pas en vacances avec toi l'année prochaine. Donc, tu te débrouilles. L'année d'après est pareil, il est insupportable. Je l'ai envoyé sur l'île de White pendant tout le mois d'août. Le matin, il allait cours d'anglais. L'après-midi, il avait du sport. Il m'a appelé en pleurant les deux premiers jours. Et après, il a adoré. et franchement il est remonté il a eu une bonne moyenne au bac et ensuite il est parti un an aux US mais pourquoi je dis ça parce que la parentalité c'est vraiment quelque chose de difficile et que moi je dis pas que j'ai fait le gaieté de coeur mais c'était indispensable pour lui et pour moi à ce moment là puisque il était devenu trop trop adolescent quoi et donc et ça a été très bien il a eu beaucoup d'autonomie il a beaucoup appris là-bas et il m'en parle encore mais il me parle aussi de la bouffe il m'a dit c'était vraiment pas bon mais bon et alors maintenant il est donc pilote de ligne et il travaille pour une compagnie aérienne européenne et il est basé à Malaga donc je le vois de temps en temps mais je sais lui mais oui comment on fait alors il parle anglais avec mon mari il parle français avec moi et quand donc quand on est voilà on a des discussions ce que je voulais dire tout à l'heure on a des discussions croisées en plusieurs langues des fois quand on est à table Clément va parler néerlandais avec mon mari donc du coup Audrey qui va dire qu'est-ce qu'elle a dit et puis des fois il peut y avoir aussi des moments où on se dispute enfin où on se dispute mais Merci.
- Speaker #0
où on va être un petit peu plus énervés. Et si ce n'est pas dans la bonne langue, qu'est-ce qu'il dit ?
- Speaker #1
Ça va faire un moment team pot dans la famille.
- Speaker #0
C'est drôle, oui. C'était drôle parce que ma mère a décédé aussi, mais ma mère parlait aussi un petit peu néerlandais, donc forcément. Et alors, elle communiquait comme ça avec mon mari. Et c'était chouette. Et c'était drôle parce que ma mamie, à moi, qui ne parlait pas anglais, qui ne parlait pas néerlandais forcément, quand j'ai rencontré mon mari, comme il ne parlait pas très bien, il ne parlait pas français, mais souvent il s'occupait d'elle, il la tenait, il la soutenait, il poussait son fauteuil roulant et tout ça. Et puis alors, un jour, elle me regarde comme ça, elle me dit « Il n'est pas causant ce gars-là, mais il est bien gentil ! »
- Speaker #1
alors si mamie le dit c'est bon voilà bref anecdotes trop mignonne ma mamie était pareil en effet elle n'est plus là c'était pareil c'est une génération on voit qu'ils comprenaient pas forcément que on pouvait pas forcément comprendre une langue c'est ce qui est mignon au final Alors, on va changer de sujet, on va revenir à ton métier, je vais essayer de le dire correctement, de Kramzor. Oui,
- Speaker #0
Kramzor.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux d'abord nous présenter ce que c'est ? Parce que c'est quelque chose de très typique aux Pays-Bas, je crois que ça n'existe pas ailleurs, si je ne me trompe pas.
- Speaker #0
Oui, absolument. Donc, en fait, le métier de Kramzor, c'est un métier qui est typiquement néerlandais. Kram, c'est le mot qui désigne tout ce qui concerne la maternité et Zor, c'est le soin. Et donc, en fait, le Kramzor, c'est le soin post-natal immédiat. Donc en fait, en gros... Quand les femmes accouchent aux Pays-Bas, elles accouchent soit à la maison, c'est à peu près 13% d'accouchement, soit elles accouchent à l'hôpital ou en maison de naissance. Et quand elles accouchent, si tout va bien pour le bébé, pour la maman, elles peuvent rentrer quelques heures après la naissance. Mais quand je dis quelques heures après la naissance, c'est si c'est 2h du matin et que tout va bien, on leur dit de partir à 2h du matin. On ne peut pas de sleepover. Et la crameuseur arrive dans la foulée, en fait. Donc, pas à 2h du matin, mais moi, j'arrive à 9h du matin. Et donc, on s'occupe de la maman et du bébé. Donc, on est à domicile chez les gens, donc. Et on fait ce que font les sages-femmes en France au poste natal. Donc, on fait les contrôles médicaux de la maman, du bébé. On accompagne à l'allaitement. On gère l'intendance de la famille. On apprend aux parents à devenir parents. Et en particulier, au père, habillé, déshabillé, un bébé. Alors, pourquoi je dis au père ? Parce que, bizarrement, je ne sais pas pourquoi, mais les mères savent le faire. Et quand j'ai une deuxième maman dans une famille, le sujet ne se pose pas. Mais les papas, c'est un petit peu différent. On a l'impression qu'en fait, autant la femme, quand elle est enceinte, elle sait qu'elle est enceinte, elle sait qu'elle va accoucher, elle n'oublie jamais qu'elle va avoir un bébé. Et quand elle oublie, le bébé le lui rappelle. Donc, en fait, quand on est enceinte, on est enceinte... full-time pendant neuf mois. Les papas, quand ils vont avoir un enfant, s'ils vont aux réunions, ils oublient. S'ils vont faire du sport, ils oublient. Ou ils oublient. Ils y pensent moins. Voilà, c'est pas qu'ils oublient, mais c'est pas un focus quotidien. C'est moins présent, on va dire. C'est pas dans leur chair. C'est plutôt ça.
- Speaker #1
C'est pas physiologique.
- Speaker #0
Alors, pourquoi avec les deuxièmes mamans, c'est pas comme ça ? Je pense que c'est hormonal. C'est vraiment une question de la façon dont on fonctionne. Et quand le bébé naît, très souvent, à J2, où les pères, ils sont... Ah oui, donc en fait, en gros, le bébé reste. Et en fait, je dis ça en rigolant, mais en fait, je ne prends pas les pères pour des idiots, ce n'est pas ça, mais il y a vraiment le poids des responsabilités qui s'installent à ce moment-là. Il y a ce truc de, ah oui, mais en fait, ça revient tout le temps. Et oui, il faut encore changer les couches. Et oui, il faut encore lui donner à manger. Et oui, il pleure encore. Et oui, il faut le porter. Et oui, il ne veut pas être posé dans son lit. Et en même temps, oh mais qu'est-ce que je l'aime. Oh mais qu'est-ce qu'il est beau. Oh mais quelle fierté. Oh mais quel père je vais être. Et toutes ces questions-là, nous, on se les est posées beaucoup pendant la grossesse. Et les pères moins. Alors voilà, ils font un rattrapage. J'ai l'impression d'accélérer comme ça. Et donc, ce métier, en fait, il est médical. Donc, moi, j'ai un diplôme d'état néerlandais médical. Donc, ce n'est pas parce que des fois, on me dit, oui, mais c'est comme les doulas. Non, ce n'est pas du tout. Ce n'est pas comme les doulas parce que moi, je ne suis pas là pour faire des massages. Je ne fais pas toutes ces choses-là. Je suis vraiment dans le concret. Je fais aussi un accompagnement émotionnel et psychologique. Donc, ça arrive régulièrement de devoir accompagner émotionnellement ou psychologiquement une maman sur un sujet qui va… qui va bloquer pour telle ou telle raison. Enfin, il y a des sujets, il y en a plein. Mais c'est aussi pour m'assurer qu'il n'y a pas d'infection, qu'elle ne tombe pas malade, ou qu'elle ne tombe pas malade, qu'il n'y ait pas d'infection. Et puis, on travaille en étroite relation avec les sages-femmes, qui sont les responsables finales de la maman et du bébé, avec qui on a des contacts réguliers. Et alors, ce qui est important de comprendre, c'est qu'aux Pays-Bas, il n'y a pas de sécurité sociale, il y a une assurance privée, mais qui est obligatoire. et cette assurance privée obligatoire, ce service, il est dans l'assurance de base. C'est-à-dire que dans toutes les assurances, il y a ça. Donc, ce n'est pas un truc de riche ou un truc de pauvre. Ce n'est pas un truc de bobo ou de pas bobo. C'est pour tout le monde. Et tout le monde a le même service. On travaille avec les mêmes protocoles. Alors, la seule chose qui change, c'est qu'on est des femmes différentes parce que c'est un métier, par contre, 100% féminin. Donc oui, on est différentes. Et moi, ma différence, ça va être que je suis française, encore une fois. C'est pour ça que j'aime bien le préciser. Ça va être que je suis trilingue. Ça va être aussi peut-être que j'ai eu trois enfants. Ça va être que... Enfin bon, après, ce qui fait ma personnalité, en fait. Et moi, j'ai décidé de travailler qu'avec des expatriés. Donc je travaille... essentiellement chez les expatriés, sauf quand je travaille pour les collègues. Dans ce cas-là, je travaille aussi parfois chez les Néerlandais. Mais en fait, je me dis que les Néerlandais, ils ont leur crâme de Néerlandaise, donc elles n'ont pas trop besoin de moi. Et puis, même si les Pays-Bas, ce n'est pas très loin de la France, je pense que c'est comme l'Allemagne. La culture, elle est comme ça, très, très différente. Surtout à ce niveau-là. Oui, il y a vraiment une très grande différence de culture. Et par exemple, un truc très, très tout bête, c'est que les Néerlandais sont très, très directs. Mais vraiment. Mais c'est-à-dire qu'en fait, si on dit à une sage-femme, « Oui, je ne me sens pas très bien, je ne suis pas sûre que ça va, je préférerais que tu viennes demain. Mais bon, si tu ne peux pas faire autrement, ce n'est pas grave. Si tu dis ça en France, on va comprendre que tu préfères que tu viennes demain. » En gros. Les Néerlandais, ils vont dire, « Je viens maintenant alors. » En fait... Elles comprennent. Alors, si tu leur dis, écoute, là, je ne me sens pas bien, je ne préfère pas que tu viennes maintenant, elles comprennent. Mais si tu dis, non, mais voilà, je ne me sens pas très bien, mais en fait, ce n'est pas grave, tu ne peux pas faire autrement, je comprends. Ben non, alors que nous, on sait. Donc, c'est vraiment une différence. Moi, je dis toujours à mes mamans françaises, je leur dis, ne faites pas votre française. Allez-y, demandez. Et notamment pour accoucher. les sages-femmes, elles viennent pour ausculter, pour voir quand le travail commence. En France, tu perds les os, tu as un début de contraction, on dit, allez, la maternité. Aux Pays-Bas, elles viennent, elles disent, oui, alors est-ce que ça peut être 33 quarts d'heure ? Et moi, j'ai une petite maman qui dit, ah ben, yes ! Alors qu'en fait, pas du tout yes. En fait, elles ont des contractions et tout. Et elles serrent les dents. Et je leur dis, mais pourquoi ? Et quand un sage-femme arrive, elles sont dilatées à je ne sais pas combien. Et donc, ça va super vite. Et bon, bref. Alors, je leur dis, non, Il faut leur dire non, non. Mais si je t'appelle maintenant, c'est que je ne peux pas attendre. Bref, ça, c'est une grande différence de culture. Les Néerlandais sont très directs. Et en même temps, eux, ils le sont avec nous. Mais ils attendent qu'on le soit aussi avec eux.
- Speaker #1
Mais oui, ils ne connaissent que ça, en fait, d'une certaine manière.
- Speaker #0
Et alors, c'est beaucoup trop drôle parce que, notamment, par exemple, avec le mariage, on a une casquette avec le mariage. Des fois, j'ai des Néerlandais qui se marient en France et qui ont du mal avec le système français dans le sens où, nous, on répond pas dans la demi-heure. Oui, peut-être que si c'est l'heure du déjeuner, on est en train de déjeuner et le dimanche, on ne bosse pas non plus. Ou bien... Non, mais c'est vrai. Ou alors, par exemple... ils vont avoir du mal avec le fait que ce n'est pas clair directement. Tu vois ? Alors voilà, c'est un petit peu... Ouais, c'est ça, de dire, les Français, moi, quand j'envoie un mail, des fois, il faut trois jours pour répondre. Ben, ouais,
- Speaker #1
c'est possible. En effet. Je ne me détenais pas.
- Speaker #0
Et puis, il faut relancer. Et puis, il faut mettre des messages de politesse. et puis Et puis, ben ouais, il faut parler des enfants. Et puis, ben, c'est la vie. C'est comme ça. Mais au moins, il y a un peu de contact humain, quoi. C'est différent.
- Speaker #1
Et alors, tu dis, toi, tu travailles spécifiquement avec des familles qui sont expatriées. Est-ce que c'est elles qui te choisissent ou est-ce que c'est par rapport à cette assurance maladie, c'est eux qui te disent telle ou telle famille a besoin de quelqu'un ?
- Speaker #0
Non, c'est une bonne question. Non, en fait, c'est elles qui me choisissent. Alors, souvent, il y en a qui me suivent déjà sur mon compte Instagram. qui s'appelle Amak Ramza française, il y en a qui, j'ai co-écrit un postpartum en douceur avec Marion Joseph, il y en a qui me connaissent. Par le livre, il y en a qui l'ont découvert par l'intermédiaire de mon site internet. Il y en a qui me sont recommandées par les sages-femmes, ça dépend. Donc il y a vraiment plein d'endroits différents qui viennent. Et puis c'est vrai que dans la communauté française, à Amsterdam, c'est une petite communauté, donc les gens me connaissent aussi. Et puis, donc oui, alors après, c'est en fonction de est-ce que je suis disponible ou pas. Est-ce que je peux, voilà, c'est toujours... on ne sait jamais, parce que commencer pas quand les bébés naissent, fatalement, c'est pas forcément facile. Et puis, des fois, je suis dans des couples mixtes, et des fois, c'est compliqué parce que je vais être dans une famille avec une maman française, par exemple, et un papa j'ai dit n'importe quoi, portugais, et qui sont dans un troisième pays, qui est donc les Pays-Bas, et ils parlent anglais. Donc là, on est sur un... On est sur du blue-bee-bulga compliqué. Parce que parfois, l'anglais de la maman française, il est moyen. L'anglais du papa portugais, il est très moyen. Et moi, je vois bien, pendant cette première semaine de naissance du bébé, que parfois, comme on est fatigué, comme on est un peu... Comment dire ? On est un petit peu dans des moments de fragilité. On n'a pas trop envie de réfléchir. Et devoir faire un effort. Et donc, parfois, on fait un effort dans une langue qui n'est pas notre langue et qui peut être mal compris, en plus, par l'autre personne dont ce n'est pas la langue non plus. Et là, ça peut être compliqué. Parce que déjà, quand on vient du même village et qu'on a des enfants ensemble, la parentalité, c'est vraiment un challenge. Mais quand on est dans cette configuration-là, vraiment, moi, ma recommandation à ces couples-là, c'est... communiquez et assurez-vous toujours, dans la mesure du possible, que votre compagnon ait bien compris ce que vous voulez dire. Quand on s'embrouille, c'est compliqué. Est-ce que tu as bien compris ce que je t'ai dit ? Ce n'est pas facile. Mais quand on est dans un moment de calme, c'est bien de vraiment valider, de dire est-ce que tu as compris ce que je suis en train de te raconter ? Est-ce que tu comprends ce qui est important pour moi ? Est-ce que tu comprends mes besoins primaires ? Est-ce que tu comprends que pour moi, là, c'est difficile ? Est-ce que tu comprends que... Est-ce que tu comprends que pour moi, c'est important que ma mère vienne ? Et l'autre, il veut dire, oui, mais ta mère, elle me casse les pieds. Oui, mais est-ce que tu comprends que c'est important pour moi qu'elle vienne maintenant ? Ou inversement, d'ailleurs. Et c'est bien d'en parler. Alors moi, je pense toujours que c'est bien d'en parler avant la naissance. Parce qu'avant la naissance, déjà, on a le temps. On n'est pas énervés. Et on peut... On n'est pas fatigués. on peut poser des jalons comme ça. Parce qu'après, on est dans le rush et on est surtout dans l'énervement, la fatigue. Et voilà, ça, c'est la réalité.
- Speaker #1
Alors, je rebondis sur ce que tu as dit. Tu dis qu'on est une petite communauté de Français et francophones à Amsterdam. Est-ce que tu sais à peu près combien il y a de Français et ou de francophones ?
- Speaker #0
Oui, alors il me semble qu'il y a 60 000 Français aux Pays-Bas. Et si je m'abuse, je crois qu'il y a 15 000 à Amsterdam, quelque chose comme ça. D'après ce que j'avais compris. Oui, c'est pas mal. Surtout que c'est un petit pays. Donc oui, c'est pas mal. Mais après, tout le monde, c'est compliqué parce que en fait, c'est peut-être la même chose dans d'autres pays d'Europe, mais comme les Pays-Bas, c'est tout près de la France, souvent, quand tu fais une expatriation de deux ans, les gens, s'il n'y a pas de raison de s'inscrire au consulat de France, parce qu'on a besoin d'une carte d'identité, parce qu'on a besoin de les voter. Souvent, ils ne s'inscrivent pas comme étant résidents. Ils restent inscrits, notamment sur les listes électorales de leur usabilité. Et donc, il y a plein de gens qui viennent. Puis alors, il y a beaucoup d'étudiants aussi qui viennent pour une année et qui ne sont pas forcément répertoriés. En fait, ça, c'est les chiffres qui sont donnés par le RECON. enfin qui sont données par le consulat il me semble que c'était ce qu'ils avaient donné mais bon il y a plein de gens qui viennent et qui restent pas et donc ils ne s'inscrivent pas alors là comme cette année c'est l'année d'élection il y a plus de gens qui se sont inscrits je ne sais pas et donc il y a une question que j'aime bien poser sur
- Speaker #1
la partie au podcast et comme on n'a jamais eu personne des Pays-Bas peut-être que tu vas nous pouvoir nous répondre comment est vu le français aux Pays-Bas le français, la France rires
- Speaker #0
Alors la première chose, c'est qu'ils trouvent que les Français sont chauvinistes. râleur et fière. Et ils ont raison.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire, il y a beaucoup de vrai dedans.
- Speaker #0
Et quand moi je dis, la première chose quand je me présente, c'est que je suis française, moi je suis fière d'être française et je suis encore plus fière d'être française à l'étranger. Parce que comme je te disais, moi j'ai l'impression que ça me donne une valeur ajoutée. Mais moi je me sens vraiment française. Mais ça a toujours été. Et peut-être que ça a commencé quand j'étais enfant, justement. Parce que quand j'étais enfant, alors, peut-être que c'est un niveau tout petit, mais moi, j'ai souffert de racisme à l'époque, puisqu'on me traitait de fromage qui pue, mais c'était vrai, on me traitait de salle française, de fromage qui pue et tout ça. Et ça ne me faisait pas spécialement plaisir, en fait. Mais bon. C'est comme ça, voilà, je ne peux pas y faire grand-chose. Bon, donc oui, j'ai été très gênée par ça quand j'étais enfant. Et donc, ça a fait ma force parce que oui, j'étais française. Et mon grand-père, qui était un ancien résistant, qui s'est battu pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment pour délivrer la France, nous a beaucoup transmis ces valeurs. de patriotisme, mais dans le sens, dans le sens, soyez fiers de votre terroir, soyez fiers de notre culture, soyez fiers, et ça ne veut pas dire que c'est mieux que les autres, ça veut dire que c'est juste notre culture, notre tradition, et donc, voilà, en plus, bon, les Bourguignons, tu vois, ils ont ce côté comme ça très, très, très fort, et quand j'étais petite fille, ben, ils me donnaient notamment des cassettes, alors c'était encore des cassettes audio, tu vois, de Charles Trenet, et moi, j'écoutais un... J'écoutais ces chansons françaises que j'adorais et donc oui, je me sentais française. Alors le néerlandais, il va trouver que les français sont comme ça un peu distants, un peu chevinistes et très presque autains. Et alors les néerlandais, c'est compliqué parce qu'eux, ils ont un côté, c'est très compliqué de rentrer en relation avec les néerlandais parce qu'en fait, ils ont des groupes d'amis dès l'enfance. et l'adolescence, et en général les études, ou les groupes de sport, et après ça s'arrête. Et après, ils n'ont plus besoin de nouveaux amis. Et donc, ils ne créent pas de... ou très peu. Et donc, en fait, ils ne t'attendent pas. C'est-à-dire que si toi, tu cherches à avoir une relation amicale avec quelqu'un ici, ben en fait, ben en fait, non merci quoi. Ou alors, si toi, tu les invites pour dîner, ah ben ils vont toujours venir, toujours, mais jamais ils ne te rendront l'invitation. Et ça... c'est quelque chose j'en ai parlé avec tous les expats ici on le sait, donc on s'invite entre français comme ça on se fait des dîners trop sympas et on se réinvite et au moins on n'est pas déçus mais non mais quand je demande à une collègue au mois de juin est-ce qu'on peut se prendre un café pour faire un petit peu le point sur comment ça fonctionne où t'en es toi, t'es client nanana et que la nana elle me dit écoute là c'est un peu compliqué, recontacte-moi fin septembre pour lui dire mais meuf on va avoir un café quoi Et l'improviste n'existe pas aux Pays-Bas. On ne peut pas arriver comme ça et rester boire l'apéro et ensuite ouvrir un paquet de pâtes et rester dîner. Là, tu les perds. Ils détestent. Ce n'est pas qu'ils détestent, c'est qu'ils ne connaissent pas. Ils ne connaissent pas,
- Speaker #1
oui. Alors, pour finir, je demande généralement une anecdote du bilinguisme des enfants. Mais toi, je pense que comme tu as ton métier avec les petits bébés, avec les mariages, peut-être que tu as une anecdote. comme tu dis, qui respire l'amour à nous partager, éventuellement aussi par rapport à ce bilinguisme ?
- Speaker #0
Déjà, mon mariage, il était bilingue. Et on avait une officiante de la mairie qui avait fait le mariage en deux langues. Et alors, c'est justement ça qui me fait dire que je ne voulais pas faire ce qu'elle a fait. Parce qu'en fait, elle, elle avait vraiment... Alors, elle parlait français, mais elle parlait français scolaire qu'elle avait écrit. Donc en fait, elle n'était pas du tout spontanée. mais en fait elle avait donc soigneusement écrit la cérémonie alors elle lisait d'abord en néerlandais donc il y avait toutes les personnes qui étaient néerlandaises qui faisaient et puis après elle lisait en français et puis des fois elle faisait des blagues donc du coup les gens en néerlandais ils rigolaient alors les français ils étaient à côté ils disaient bon c'est drôle c'est drôle donc ils attendaient que ça arrive en français pour pouvoir rigoler aussi Et donc ça c'était, moi je me suis dit que je voulais que ce soit beaucoup plus fluide quand j'allais faire des mariages bilingues, parce qu'il faut que ça aille, que ça coule de source, et alors par contre quand je travaille, alors moi ça m'arrive de travailler dans des familles, pour le Kramsor par contre, où je vais être dans une famille avec un père français et une mère néerlandaise, eux ensemble ils parlent anglais, et donc moi je vais parler français avec le papa, je vais parler néerlandais avec la maman, et je vais parler anglais avec les deux. Et donc, pendant toute ma semaine, c'est-à-dire huit jours, je vais passer mon temps à changer comme ça, à switcher de langue, à aller de l'un à l'autre. Même des fois, pendant ma phrase, je vais changer de langue. C'est-à-dire que je vais commencer dans une langue et comme je vois que le papa arrive, je vais switcher en anglais pour qu'il puisse comprendre ce qu'on est en train de dire.
- Speaker #1
Très bel exercice intellectuel.
- Speaker #0
Oui, mais j'avoue que je pense que j'ai vraiment beaucoup de chance parce que ça ne me demande aucun effort. C'est-à-dire que je sais qu'il y a des gens qui, après une journée où ils ont parlé comme ça plusieurs langues, ils sont épuisés, etc. Vraiment, ça ne me demande pas d'effort. C'est automatique.
- Speaker #1
C'est bien ça. Tu aurais pu être interprète.
- Speaker #0
Ouais, j'aurais pu. Mais non. Moi, j'aime trop les gens. Il faut que je sois avec les gens. Interprète, t'es toute seule dans une salle, dans un bocal avec ton truc comme ça.
- Speaker #1
Je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté, pour la présentation de ton métier. Je ne vais pas le reprononcer parce que je n'y arrive pas. C'est très intéressant. Voilà, merci. Je mettrai de toute façon dans la description le lien vers ton compte Instagram. Ceux qui veulent pourront te contacter.
- Speaker #0
Merci à toi pour cette discussion sympathique et puis à très bientôt alors.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Grandir Bilingue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains, à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous. N'hésitez pas non plus à partager en commentaire ou en message privé votre expérience. Transmettre une langue à son enfant est une incroyable aventure qui génère aussi beaucoup de questions et vous n'êtes pas seul à vivre cette expérience. Retrouvez en description différentes ressources pour vous accompagner au quotidien. Un groupe Facebook pour parents d'enfants bilingues, une newsletter sur le bilinguis et le site des franco-expats avec d'autres ressources et des offres concrètes pour soutenir le français chez vos enfants. A bientôt pour un nouvel épisode de Grandir Bilingue !