- Speaker #0
Bienvenue dans Grandir Bilingue, le podcast des familles qui veulent transmettre leur langue à leurs enfants sans pression et sans culpabilité. Ici, on parle de vrais quotidiens, des enfants qui comprennent mais ne répondent pas, des mélanges de langues, des moments de doute et de découragement, mais aussi des petites victoires qui changent tout, et de cette merveilleuse aventure qu'est le bilinguisme. A travers des histoires de famille, des témoignages et des conseils concrets, Ce podcast vous accompagne pour aider votre enfant à grandir avec deux langues et deux identités, naturellement. Je suis Audrey, créatrice des Franco-Expat et moi-même maman de deux enfants franco-allemands et toutes les deux semaines, nous discutons des vraies solutions pour soutenir le bilinguisme. Si vous aussi, vous voulez que votre enfant garde votre langue et tout ce qu'elle représente, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Anne Fleur qui nous vient des USA et que vous connaissez peut-être comme étant l'animatrice du podcast French Expat. Elle est maman française d'un petit garçon et au moment de l'enregistrement, numéro 2 est en route. Bonjour Anne Fleur.
- Speaker #1
Bonjour, comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va et toi ?
- Speaker #1
Ça va très bien et effectivement BB2 devrait arriver incessamment sous peu.
- Speaker #0
C'est très très excitant non ?
- Speaker #1
Ouais ! J'ai hâte avec la chaleur là.
- Speaker #0
Moi j'imagine, ouais. Alors, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?
- Speaker #1
Bah ouais, tu l'as dit, je suis Anne Fleur, je vis aux Etats-Unis depuis presque 20 ans, je suis depuis 4 ans dans le Colorado, donc au centre des US. J'ai vécu avant sur la côte Est, notamment à Buffalo et à Boston. J'ai 40 ans et je suis journaliste, sinon en congé maternité donc actuellement.
- Speaker #0
Et donc, tu es mariée ou tu as un compagnon qui est américain ?
- Speaker #1
Oui, il est originaire en tout cas des US, effectivement. On est tous franco-américains maintenant.
- Speaker #0
Et comment tu es arrivée aux Etats-Unis ?
- Speaker #1
Alors, j'ai dit que j'étais journaliste, mais à la base, je suis ingénieure de formation. J'ai fait une école d'ingé en France. Et comme dans beaucoup d'écoles, tu dois faire un stage à l'étranger pour prouver ton niveau en anglais, en gros. Et moi, je l'ai fait. Je n'avais pas trop envie de rester trop près de la France. Je me suis dit que c'était l'occasion d'aller explorer. Mais je n'avais pas particulièrement un jour rêvé des États-Unis en particulier. Je me suis dit que ce serait cool d'aller un peu plus loin puisqu'on va y aller pour plus d'un week-end. Et donc, je me suis retrouvée à l'université à Buffalo en stage en labo. Et j'ai rencontré mon mari là, à une fête étudiante, dans les premiers jours où je suis arrivée. Et voilà. The rest is history, comme ils disent. Oui, exactement.
- Speaker #0
Est-ce que ton mari, d'ailleurs, parle français ?
- Speaker #1
Oui, il est devenu français il y a presque un an. En fait, je te le fais en accéléré parce que c'est un peu long de raconter 20 ans de vie comme ça, mais en gros, on s'est rencontrés en 2007. J'ai vécu avec lui, on a vécu ensemble aux US pendant un an. Il est venu pendant trois ans en France pour que je finisse mon diplôme, et lui, du coup, il a fait un diplôme en France. Et ensuite, on est revenu aux Etats-Unis. Et donc là, en fait, en vivant trois ans en France, il n'avait jamais fait de français de sa vie, mais il a appris pas mal de choses. Et puis, en fait, quand on est rentré vivre aux Etats-Unis, je me suis dit, OK, parce que notre langue de fonctionnement de couple, c'était beaucoup l'anglais. Et je me suis dit, tous les efforts qu'il a fait, tout ce qu'il a appris, si on continue à parler qu'anglais, il va risquer de les perdre. Donc, je me forçais. Tu vois, je disais des trucs en français et je savais très bien qu'il lui manquait la moitié des mots. Donc, je le redisais en anglais, mais il m'a beaucoup, beaucoup entendu parler français. Et puis, il a fait des cours quand il était en France aussi. Et oui, il parle très bien. Il a un bon accent américain, mais il parle très bien français maintenant.
- Speaker #0
Après, l'accent, ça reste, j'ai envie de dire secondaire. Ça fait partie de la personne. Du moment qu'on est compréhensible. Exactement.
- Speaker #1
Moi, j'ai un accent en anglais aussi. Au bout de 20 ans, j'ai lâché l'affaire. Je sais que ça partira plus.
- Speaker #0
Surtout aux États-Unis, ils ont quand même un accent.
- Speaker #1
c'est grand les Etats-Unis donc je pense que c'est difficile de généraliser mais ils ont un accent quand même très fort oui je pense que c'est dur de généraliser parce que ça dépend des régions ça dépend de plein de choses donc tu vois moi je parle Colorado je trouve qu'il n'y a pas particulièrement d'accent sur le côté est c'est plus naziard un peu tu vois on parle du nez de toute manière j'aurai jamais l'accent local ça il n'y a pas de soucis mais pareil en fait du moment que je les comprends Moi, c'est un accent que j'aime et qui me fascine. C'est l'accent du sud des États-Unis, qui est… qui fait très, j'allais dire old school, c'est pas du tout péjoratif quand je dis ça, mais on rajoute des sweetheart, des darling, des you all, des machin. Ah, je sais pas, j'adore cet accent. Et pour beaucoup de gens, c'est un accent, les gens s'en moquent un petit peu, mais moi, je le trouve absolument fascinant, je l'adore.
- Speaker #0
Intéressant, il faudrait que j'essaie d'écouter un jour, de différencier les accents. Alors, est-ce que tu peux, on va revenir un peu à ton fils, est-ce que tu peux nous raconter son parcours bilingue, donc je suppose qu'il parle même très bien le français si vous parlez français à la maison.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. On parle un peu de tout, en fait, à la maison. Mais ouais, bah écoute, il a 7 ans et demi. Quand il est né, on s'est... Sans se mettre la pression, mais on s'est dit, ok, on va faire un parent, une langue, tu vois. Donc, mon mari lui parlait en anglais, je lui parlais en français. Et vite, je me suis quand même confrontée à un truc, c'est que je peux lui parler en français, mais on est... à l'étranger et en fait je trouvais ça, je sais qu'il y a des gens qui l'assument complètement et qui le font très bien et je suis un peu jalouse qu'ils le fassent comme ça, mais moi j'étais un peu en mode c'est pas sympa en fait pour les gens qui sont autour de nous, je me trouve pas très polie si je me mets à avoir une conversation avec mon fils dans une autre langue que personne ne comprend. Donc bon, progressivement du coup, c'est pas que j'ai lâché du lait, c'est-à-dire que je lui parle en français, mais... Avec des petites exceptions, j'essaie de ne pas mettre trop la pression. Mon mari, il lui parle en français de temps en temps. Et je crois qu'en fait, mon fils, il est très marqué par les facteurs environnementaux. On est aux US, il parle anglais. Le moment où il monte dans l'avion, si c'est Air France à Denver, le mec, il met le pied dans l'avion. Ça y est, il est redevenu français, il ne parle que français. Et comme me disait, j'ai mon père qui est là quelques semaines pour la naissance du bébé. Et il me disait, c'est marrant parce que ton fils, pendant 10 minutes, tu lui parles. Il a un petit accent américain, puis au bout de 10 minutes, c'est parti. Je pense que son accent, c'est un peu imposé à lui quand il a commencé l'école ici à Templin en anglais. Et en fait, je pense qu'il a eu une bonne écoute et il arrive à s'en débarrasser assez facilement, donc je suis contente.
- Speaker #0
C'est fou ça, les enfants, l'adaptation, on voit encore, tu dis, il est dans l'avion et hop, ça y est, il a switché tout de suite. Ouais, c'est ouf ! C'est incroyable, on a de quoi être jaloux en tant qu'adulte parce que c'est pas aussi simple pour nous. Est-ce qu'il y a quelque chose quand même qui a été difficile pour toi dans la transmission du français ?
- Speaker #1
Bah, c'est pas facile, je dirais, depuis qu'il est rentré en ce qu'ils appellent kindergarten, qui est en gros, c'est le début de l'école primaire, mais c'est la grande section ici. Et en fait, c'est la vraie école à temps plein. Ce n'est pas que la crèche, ce n'est pas machin. Ce n'est pas la petite maternelle non plus qui a des horaires très adaptés. Je ne sais pas. Je pense que c'est l'apprentissage de la lecture aussi, toutes ces choses-là. Où en fait, il a compris que je parlais anglais. Donc, je lui parle en français. Il me répond en anglais. J'essaye de tenir. Je lui remets un truc en français. Il me répond en anglais. Et en fait, je me suis rendu compte qu'au cours de cette année-là, moi, mon cerveau, à un moment, il fatigue. Et donc, moi aussi, je switch en anglais également. Donc ça, ça a été un peu la difficulté. Après, on a des moyens de contrer un petit peu ça. Et j'essaye de me... Comme je te le disais, moi, l'apprentissage de la langue, j'essaie de ne pas me mettre la pression. Que ça reste un plaisir pour tout le monde et que ce ne soit pas trop casse-pieds. On rentre régulièrement en France, on parle beaucoup. Moi, je suis dans une fratrie de cinq enfants. Donc il y a du monde à appeler pour prendre des nouvelles dans la famille. Il y a pas mal de cousins, cousines. Quand il était un peu plus petit, parce que maintenant, il ne regarde pas trop la télé, mais quand il voulait regarder des dessins animés, on essayait de les mettre. OK, on va regarder la version française. Il y avait des petits moyens comme ça pour essayer de contrer, pour au moins qu'il y reste exposé. Même si moi, je lui parle français, c'est beaucoup de responsabilité finalement d'être la seule source de français au quotidien.
- Speaker #0
Et comment est-ce qu'il vit maintenant ces deux-là ? On t'a dit qu'il switche facilement. Est-ce qu'il se sent autant français qu'américain ?
- Speaker #1
Eh ben, tu vois, je lui ai posé la question parce que tu parlais de French Expat. Le podcast, je l'ai arrêté il y a quelques mois. Et un de mes derniers épisodes, justement, c'est un entretien avec mon fils. Parce que je trouvais que c'était cool, en fait, de se tourner vers le futur et de voir un peu, c'est quoi, en fait, ces enfants binationaux et tout. Et lui, il se sent plus américain actuellement, mais il est très fier de ses origines françaises. Plus américain, mais parce que je pense que pour lui, ça passe par la langue. Il va à l'école américaine. il vit quand même je sais pas un minimum je sais pas un minimum dix mois sur douze aux Etats-Unis enfin tu vois donc voilà mais il est très fier de ses origines françaises dès qu'il peut les raconter il les raconte il y a une soirée multiculturelle à l'école tous les ans il est hyper fier qu'on tienne le stand avec d'autres familles le stand des français et de raconter d'où viennent les spécialités concerts etc enfin bref donc c'est assez marrant en fait de voir son rapport à ses racines en fait qui se passe Merci. Pas que par la langue, bien entendu.
- Speaker #0
Et est-ce que tu sais dire de quoi il est particulièrement fier ? Est-ce que c'est, je ne sais pas, la famille, la nourriture ? C'est très français.
- Speaker #1
La nourriture, il en est... Je ne sais pas s'il en est fier, mais en tout cas, il en est amoureux. On peut comprendre. C'est ça. Ouais, non, il adore sa famille. Il adore sa famille de deux côtés. Mais c'est vrai que j'ai une famille, moi, beaucoup plus étendue que du côté du papa. Il adore la mer. Ici, maintenant, on est en Colorado, donc on vit au milieu des montagnes. Pour lui, c'est des environnements très différents, alors qu'il y a des montagnes aussi en France, bien sûr, il y a l'océan aussi ici. Mais voilà. Et je crois qu'il est fier de raconter que sa maman a grandi en France. Je faisais de la lecture dans sa classe cette année. Et je lui disais, tu me diras, Félix, si on ne me comprend pas. parce que j'ai mon accent et il me dit non non c'est cool on comprend bien et je lui ai arrivé peut-être une fois de me corriger un mot merci je préfère qu'on me le dise au lieu que les petits me regardent avec des grands yeux dire ce qu'ils racontent mais il est fier de raconter que sa famille lui-même c'est ce qu'il me disait dans cet entretien dont je te parlais pour lui ce qui est difficile c'est de se dire qu'on doit planifier pour aller voir les grands-parents. On doit prendre l'avion. On ne va pas le faire tous les mois, même si on aimerait bien. On a 10 heures de vol. Mais non, il est fier de raconter un peu les origines de la famille. Que papa et maman se sont rencontrés à New York. Que maman venait d'ailleurs. Que maman ne parlait pas anglais quand ils se sont rencontrés. Enfin bref,
- Speaker #0
voilà. C'est chouette. Oui, cette fierté, comme tu dis, de porter cette histoire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et... Alors, je ne sais pas si tu y as déjà pensé, mais c'est quelque chose qui revient dans le podcast et qu'on entend des fois. C'est certains parents multiculturels, multilingues, on va dire. Quand il y a un bébé 2 qui arrive, ils se disent comment on va faire ou alors ils ont peur de moins transmettre la langue. Et donc bébé 2, 3, 4, etc. Mais que les suivants apprennent moins le français. Est-ce que toi, tu t'es déjà posé cette question ? Est-ce que tu as une stratégie pour numéro 2 ?
- Speaker #1
Alors, j'aimerais bien te dire que je suis incollable sur le sujet, mais ce n'est pas du tout le cas. Non, enfin, je n'ai pas, en fait, j'avoue qu'on ne s'est pas posé à se dire, ayons une grande discussion là-dessus avec mon mari. Mais en fait, on parle tous les deux la langue de l'autre. C'est hyper important pour nous parce que pour nous, c'était aussi, tu vois, genre par exemple, mes parents, ils parlent anglais. Mais tu n'as pas la même nuance que si tu parles ta langue natale. Tu vois, tu n'as pas les émotions, tu n'as pas pareil. Et donc, moi, je sais que c'était pour moi. un truc hyper important que mon mari apprenne le français. Et c'est pareil pour moi. Je n'imagine pas comment mes enfants peuvent tisser des liens avec leurs cousins, avec mes frères et sœurs et tout, sans parler leur langue aussi. Ils arriveraient certainement, mais pour moi, ce n'est pas à la même force. Et donc, pour moi, je n'imagine que c'est naturel. À la maison, on a prévu de continuer ce One Parent, One Language. en tout cas c'est ce qu'on avait vraiment fait de manière plus ou moins stricte pendant les deux premières années après tu vois il y a des trucs qu'on fait, c'est une fois par semaine on fait un repas français et si on rentrait vivre en France je pense qu'une fois par semaine on ferait un repas américain ça peut être une recette parce que moi je trouve qu'on partage beaucoup aussi de notre culture par la nourriture mais c'est aussi en fait un soir où on se pose et c'est pas facile c'est de plus en plus difficile Merci. là ce soir tant qu'on n'est pas sorti de table on parle français donc on se pose des questions sur la journée en français et c'est où je pars on va raconter un souvenir pendant longtemps ça a été les crêpes ce soir là le soir français moi j'ai grandi en Bretagne notamment en Bretagne pas que raconter des souvenirs par rapport à ça et après ça peut être juste des conversations du quotidien mais on se force à les faire en français et ouais pour moi c'est un Une petite tradition familiale que j'espère pouvoir perpétuer.
- Speaker #0
C'est joli. Franchement, c'est une super idée. Moi, c'est vrai que je ne le fais pas, mais c'est vrai que je me dis que ça peut être une idée à faire. C'est une gymnastique. Pour la culture, comme tu dis. Manger français.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est marrant parce que je ne sais pas comment c'est en Allemagne, mais ici, tu dis que tu manges français. Je vois les copains de mon fils qui font « Oh, c'est fancy, c'est ouf, on va manger français » . Et tu te dis, mais non, en fait, pour vous, c'est quoi manger français ? Puis en fait, c'est des trucs avec des beurres blancs, des machins. Tu vois, mais non, mais il y a des trucs vachement simples, en fait. On va faire une quiche, quoi. On va faire un truc du quotidien, en fait. Ce n'est pas nécessairement un truc où j'ai passé la journée. Enfin, ce n'est même très certainement pas un truc où j'ai passé la journée à la cuisine.
- Speaker #0
Je dois dire, en Allemagne, quand tu dis que tu fais une quiche Lorraine, ils sont déjà trop bien. Oui, mais ici aussi, mais pour nous,
- Speaker #1
c'est très simple.
- Speaker #0
Donc ça va, on n'a pas besoin de sortir le coq au vin ou je ne sais quoi, on peut faire ultra simple et c'est déjà très raffiné, très so frenchy, comme tu dirais. Exactement. Est-ce qu'il y a des actions locales vers chez toi pour les petits francophones, pour pour leur aider à avoir des contacts avec d'autres enfants francophones. pour les aider avec le français, peut-être leur apprendre à lire, à écrire, etc.
- Speaker #1
Alors, côté Colorado, en fait, disons que la ville de Denver est très étendue. C'est plus grand que Paris. C'est comme beaucoup de villes, en fait, quand tu bouges vers l'ouest des Etats-Unis. Il n'y a pas nécessairement plus d'habitants par ville, mais c'est très, très vaste. Ce qui fait qu'il y a des activités, il y a des trucs comme ça organisés à Denver, mais tu es vite à une heure de route, tu vois, de chaque truc. Donc je dois avouer qu'on n'y participe pas nécessairement de manière très régulière. Il y a des choses en fait officielles et officieuses. Sur les choses officieuses, il y a un groupe organisé par une femme géniale qui s'appelle Delphine, qui est agent immobilier, qui en fait adore rassembler, tu vois, ses enfants ont grandi, il y en a un qui est parti à l'université, il y en a un qui va bientôt partir à l'université. Et donc c'est rassembler en fait sa communauté de français ou de franco, quelque chose, franco-américain, franco, voilà. autour de Denver. Et en fait, tu vois, je te parlais des dîners qu'on fait en français à la maison. Elle va faire un peu pareil. Ça va être, je ne sais pas, la journée galette des rois, la chasse aux oeufs de Pâques, ces choses-là. En fait, du coup, c'est les familles qui vont se retrouver. Ce n'est pas du coup... C'est très officieux parce que tu n'assieds pas les enfants en leur disant, alors aujourd'hui, on va apprendre à lire ça. Mais on va partager du coup notre culture. On va parler en français parce qu'on sait que c'est notre langue commune quand on se retrouve là-bas. Et ça plaît bien. Ça marche bien. Et franchement, c'est super chouette d'avoir ça. à disposition. Et puis sinon, tu as plusieurs choses. Tu as ce qu'on appelle des charters. Les charters, c'est des écoles. J'ai cherché sur Google pour voir comment décrire ça. Des écoles semi-publiques. Donc, c'est gratuit. Contrairement, tu vois, à ce qu'on pense souvent des programmes un peu particuliers, ça va être très cher l'éducation aux Etats-Unis. L'éducation peut être très chère, c'est clair, mais pas ça. Et en fait, tu as des programmes d'immersion, tu vois, où tu vas pouvoir aller mettre tes enfants en immersion français en primaire. Donc ça, il y en a. Il y en a une par cœur. Moi, je suis au sud de Denver. Il y en a une, donc pas très, très, très loin de chez nous. Et puis sinon, tu as les écoles internationales, donc ISD, International School of Denver, qui est donc là, on est plus sur le système plus classique, les écoles internationales. Et tu as des écoles, des petites écoles de français, tu ne vois pas, qui vont te diplômer de ton CP, etc. Et qui vont... Tu vois ce que je veux dire ? Qui organisent des trucs. Ça va être des summer camps. Tu viens et tu passes une semaine. On va faire sous forme de jeu. On va apprendre à lire en français. On va apprendre à écrire en français, etc. Donc, il y a quand même pas mal d'options.
- Speaker #0
Et est-ce que ton fils d'ailleurs, tu as dit qu'il a 7 ans et demi, est-ce qu'il a commencé à apprendre à lire en français ?
- Speaker #1
Ouais, alors au début, j'ai vachement tâtonné parce que j'étais ok, il est en train d'apprendre à lire en anglais, si je lui rajoute une deuxième langue, enfin tu vois, je me disais, est-ce que je lui complique la vie ? C'est un peu difficile, donc j'ai essayé de faire comme je le sentais. Et là, il commence, alors c'est pas facile parce qu'en anglais, comme dans beaucoup de langues d'ailleurs, on lit toutes les lettres. Pas du tout en français. Mais voilà, ça commence à rentrer tout doucement. Il est fasciné aussi par le fait d'écrire en attaché. Ici, ils écrivent en script. Donc là, il a aussi... J'ai des copines qui lui ont ramené des cahiers, tu sais, avec des interlignes, comme on avait à l'école. Et donc, il est super content de pouvoir écrire avec plus ou moins d'applications. Ça dépend des jours. Entre les petites lignes.
- Speaker #0
Et donc, du coup, c'est toi qui lui enseigne la lecture, l'écriture ?
- Speaker #1
Oui. La lecture, honnêtement, je ne le fais pas de manière genre viens t'asseoir, on va faire un quart d'heure de lecture. Je devrais peut-être. Mais non, non. En fait, lui, il me lit quelque chose tous les soirs, ou à moi ou à son papa. En fait, dans un de ces deux trucs-là, il y aura nécessairement un truc en français et on avance comme ça. Donc, ce n'est peut-être pas la manière la plus efficace. Mais voilà, je me dis, il faut... J'ai envie que ça reste un jeu aussi, que ce ne soit pas trop sous la contrainte. Et en fait, je le fais parce qu'il est demandeur. J'ai envie de dire,
- Speaker #0
tant que ça marche, c'est ce qui compte de toute façon. Surtout lecture, écriture. Je reviens, tu disais, il y a des actions locales à Denver pour maintenir la culture notamment. Est-ce que tu sais combien il y a de Français et ou de francophones à Denver notamment ?
- Speaker #1
Alors à Denver, je ne sais pas, je sais que le Colorado, j'ai su, j'ai peur de dire une bêtise. En gros, un francophone, ça comprend français et québécois, il considère que dans le Colorado, dans tout l'état du Colorado, on tourne à 130 000 à peu près habitants, mais du coup c'est des familles entières, ça compte les enfants aussi. et je crois, c'est beaucoup moins que français, il faudrait que je vérifie, on dépend du consulat de Los Angeles, mais je sais qu'ils ont du mal justement à obtenir, je ne sais pas comment c'est en Allemagne, si les gens sont plus disciplinés là-dessus ou pas du tout, mais à obtenir des chiffres officiels, parce que les gens ne s'inscrivent pas sur les registres. Donc je sais que j'avais interviewé le consul dont on dépend. il y a quelques mois et il me disait qu'en gros ils ont un chiffre officiel et ils ont un chiffre sur lequel ils se basent qui est à peu près le double j'ai peur de dire une bêtise, je vais dire 3, 4,
- Speaker #0
5 mille un truc comme ça me prenez pas au mot il faut vérifier quand même ce chiffre ceci dit en fait c'est vrai que nous à Cologne c'est pareil, personne n'est capable de dire combien il y a de français ou francophones parce qu'il y a différents chiffres on lit vraiment du simple au double, moi j'ai lu 20 mille et 50 mille, 50 mille je pense que c'est très exagéré Oui. Mais voilà, parce que les gens ne s'inscrivent pas. Il y a beaucoup de cas et bien. Ceux qui restent un an, deux ans et puis repartent. Enfin bref, c'est compliqué d'avoir des chiffres.
- Speaker #1
Et puis les gens qui s'installent ne voient pas l'intérêt. Enfin moi, dans ce que je parle beaucoup autour de moi, les gens qui s'installent vraiment ne voient pas l'intérêt de s'inscrire. Moi, je trouve que c'est cool. Ça reste un rapport à mes racines, mais c'est très personnel. Ça dépend vachement des gens.
- Speaker #0
Je pense qu'en effet, ils ne voient pas l'utilité par rapport à un pays qui peut être plus en crise, on va dire, où il va y avoir besoin de rapatriement. Je ne sais pas quoi, des pays plus stables, j'ai envie de dire, comme les Etats-Unis, l'Allemagne.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et comment avez-vous vu le français aux Etats-Unis, la langue française et les français ?
- Speaker #1
Alors là aussi, c'est difficile, c'est des généralités forcément, donc apprendre avec des pincettes et je ne connais pas tous les US. Mais le français est généralement assez bien vu. J'aurais envie de comparer ça un peu à l'allemand quand on était, nous, à l'école. J'ai fait allemand LV1 T'es allée en allemand T'étais dans les bonnes classes Je sais pas si c'est l'expérience que t'as eu Mais c'était beaucoup ça Au collège quand j'étais en France Et donc il y a beaucoup de gens Qui vont chercher le français C'est marrant parce que je te parlais De ces programmes d'immersion en français Tu t'attendrais à trouver plein de familles francophones Et bah non pas nécessairement C'est des familles qui veulent offrir ça A leurs enfants Ah ouais Donc c'est plutôt bien vu Après le français On est râleur On est relou C'est un peu vrai C'est marrant parce qu'en ce moment Mon fils a beaucoup de questions sur le sarcasme J'aurais plus d'exemples à te dire Mais des fois je lui dis un truc Et il me dit pourquoi tu dis ça c'est pas vrai C'est du sarcasme Je me dis, mais pourquoi on dit l'inverse de ce qu'on pense, tu vois ? Et je me souviens de... Voilà, je viens juste de bouger mon bureau, puisque je me fais virer de mon bureau pour faire la chambre du bébé 2. Mais du coup, d'habitude, sur mon bureau, j'ai un petit écriteau que mes anciens collègues m'avaient offert. Et c'était « I speak sarcasm fluently » . Donc, je parle le sarcasm de manière courante. Parce qu'en fait, ils n'arrivaient jamais à saisir est-ce qu'elle rigole ou est-ce qu'elle est énervée, tu vois ? et c'est un peu un cliché mais dans le monde du travail c'est ça, on est aussi pas très politiquement correct, ici on parle pas de religion ou de politique dans un environnement que tu connais pas par coeur, finalement on travaille, t'évites la sortie de l'école aussi t'évites, et les français on aime bien mettre les pieds on aime bien mettre les deux pieds dedans et débattre en fait enfin je veux dire débattre c'est le sport national français avant le foot, donc voilà donc ouais forcément c'est des généralités Merci.
- Speaker #0
mais voilà ce qui me vient à l'esprit mais ce qui est intéressant c'est que oui c'est des généralités évidemment mais c'est vrai qu'on les entend quand même de beaucoup de pays de beaucoup de régions le sarcasme, l'ironie en Allemagne ils connaissent très peu moi comme toi j'en fais énormément et c'est vrai que des fois il faut traduire en gros dire non non mais C'est une plaisanterie là, je ne le dis pas sérieusement.
- Speaker #1
C'est très vexant d'avoir à expliquer, mais oui, exactement.
- Speaker #0
La seule chose qui me vexe, c'est que mes enfants n'ont toujours pas pris le pli. Pourtant, ce n'est pas faute de le faire à la maison. Ils ont quel âge chez toi ? 5 et 8 ans.
- Speaker #1
Mais il commence un petit peu. Des fois, il commence.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que du coup, c'est difficile à comprendre parce qu'on n'est pas habitué. C'est vrai que c'est un truc assez français, en fait. Je l'ai déjà entendu de plein d'autres Français qui font beaucoup ça et qui sont mal compris. Des fois, ça peut même créer des grosses incompréhensions. Oui, c'est ça. Exactement.
- Speaker #1
Des gros quiproquos.
- Speaker #0
Quand on explique, ça va.
- Speaker #1
Oui. Oui, c'est ça. C'est un peu vexant d'avoir expliqué ces blagues. Tu te dis, mais non, ça perd tout son panache, les gars. Ce n'est pas possible. Oui, en plus.
- Speaker #0
Ça n'a plus d'intérêt.
- Speaker #1
Le côté positivisme, c'est un truc qui… Tu vois, on réfléchit à rentrer vivre en France quelques années. Et c'est un truc, je sais, qui va me peser. Parce que quand je rentre, généralement, j'ai la chance de pouvoir travailler d'un peu partout. Et donc, des fois, je rentre… Tu vois, un mois, je me pose en France chez mes parents. Non pas que mes parents soient des gens très tristes ou qui font la tête, mais de manière générale, tu passes un mois en France, on se plaint pour tout et on est content de rien. Et à nouveau, c'est des généralités. Et pardon, je ne veux blesser personne parce que j'ai été pareil et je le suis encore par certains aspects. Mais c'est pesant des fois. Tu vas te dire, c'est bon, la vie est belle. Il y a des trucs vachement cools et si on se concentrait sur ça.
- Speaker #0
ça va nécessiter un peu d'adaptation je pense et donc les américains sont plus positifs ?
- Speaker #1
ah ouais les français s'en moquent beaucoup tu vois sur les forums genre les groupes facebook français aux Etats-Unis les gens qui arrivent qui se donnent des conseils au début en fait on passe tous par des phases tu vois forcément et ils s'en moquent, ils adorent dire les américains tout est amazing, tout est génial tout est machin tu vois Genre, on est un peu chez les gogoles, quoi. Et non, c'est hyper condescendant de dire ça. C'est juste que les gens mènent leur journée avec le sourire. Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de problème. Ça ne veut pas dire que...
- Speaker #0
C'est bien aussi de voir la vie du bon côté. Oui. Et d'accepter... Et puis,
- Speaker #1
ça ne veut pas dire que tu ne fais jamais la tête. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et alors... Ça va être à nouveau sûrement une généralité. Et comment est-ce que le bilinguisme est vu ? Alors peut-être dans ta région, est-ce que c'est accepté ? Est-ce qu'il y a des différences ? Est-ce que selon les pays, les régions, il y a des différences entre de quel bilinguisme on parle, de quelle langue on parle ?
- Speaker #1
Tu vois, j'avais interviewé une femme super qui a écrit des livres en Angleterre. Tu l'as peut-être déjà parlé aussi. Évidemment, son nom va m'échapper. Et elle me disait... que justement tout son objectif de vie c'était de valoriser tous les bilinguismes et je n'y avais jamais pensé comme ça avant de lui parler et c'est vrai que je le vois en fait ici tu vois on est nous je te dis on est dans le centre mais plutôt au sud des US donc on n'est pas si loin du Mexique il y a énormément de gens qui sont bilingues anglais espagnol et bien ce bilinguisme n'est pas surtout avec l'administration actuelle n'est pas très valorisé tu vois hum et Alors que c'est génial, c'est une énorme richesse. Mais forcément, ça dépend de tout le monde. Heureusement, il y a des gens qui vont trouver ça génial dans tous les cas. Je vois qu'à l'école, en tout cas, c'est très valorisé. Tous les bilinguismes, j'ai l'impression qu'ils sont bienvenus, ils sont applaudis, ils sont encouragés à partager toujours leurs racines, ce qu'ils savent, etc. Mais au quotidien, ce n'est pas... C'est pas toujours... Je sais pas, je dis pas qu'on construise une statue pour chaque gamin qui est bilingue, mais qu'on les encourage, parce que c'est... Oui, pour beaucoup, ça a été des choses qui sont acquises dans la petite enfance, donc pas de manière très consciente, mais je sais pas, c'est une richesse pour notre communauté, en fait, d'avoir des gens qui ont cette expérience de vie, qui ont ces connaissances. Et voilà, je pense qu'on peut mieux faire.
- Speaker #0
C'est le gouvernement qui va mettre un frein, on va dire, ou tu te rends compte aussi que c'est chez les gens ? Dans les mentalités.
- Speaker #1
Dans les mentalités, un petit peu. Le gouvernement ne dit rien sur le bilinguisme à proprement parler, en tout cas pas à ma connaissance. Mais tu vois, par exemple, les États-Unis, c'est un fait que peu de gens savent, mais il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis. Ce n'est pas l'anglais. Ce qui fait qu'en fonction des régions du pays, plus tu vas par exemple t'approcher de la frontière avec le Mexique plus tu vas en fait avoir tous les trucs administratifs fédéraux en anglais et en espagnol et l'administration actuelle qui est à la Maison Blanche a viré en fait dans pas mal d'endroits toutes les traductions en espagnol tu vois
- Speaker #0
C'est pas beaucoup d'autres buts que juste d'en mettre.
- Speaker #1
Oui, clairement. Pour le dire poliment.
- Speaker #0
Voilà. Il est tôt encore. J'essaie de garder les good vibes de la journée. Mais ouais.
- Speaker #1
Le positivisme des Américains. Alors, est-ce que tu as, toi, des conseils pour les familles multilingues, multiculturelles, pour maintenir le français ? On va rester au... enfin revenir au français, à part peut-être faire une soirée repas français par semaine.
- Speaker #0
Ouais, cette soirée repas français par semaine ou parfois tous les 15 jours, c'est une tradition qui plaît beaucoup dans la famille. Et quand on a quelqu'un qui est en visite, justement, même venant de France, en se mangeant au papa, il est super fier en fait aussi. Tu vois, il te dit, c'est moi qui vais faire ce repas-là et je vais vous expliquer un truc. Et tu ne le fais pas de manière formelle, tu le fais vraiment à la cool. mais moi je crois beaucoup à l'apprentissage par le jeu à tout ce qu'on peut apprendre de manière pas nécessairement très académique et je trouve que ça marche vachement bien parce que tu pourrais te dire c'est pour les enfants mais en fait toute la famille se prend au jeu, je trouve ça vraiment sympa après c'est toutes les opportunités qu'on a de partager nos racines au quotidien je te parlais des crêpes tout à l'heure je viens de Bretagne Merci. La chandeleur, début février, qui est donc pas que, mais mes amis ici appellent ça la fête des crêpes. Bon, je sais que ça ne se résume pas qu'à ça, mais en fait, des fois, c'est trouver, je ne sais pas, je ne dis pas qu'il faut cuisiner nécessairement pour tout le monde, mais une opportunité, en fait, où on va dire, ben non, en fait, on l'a fait trois ans de suite à Denver, on invite en fait pas mal de copains qui sont américains, qui sont, on a des japonais, on a des mexicains, enfin, en fait, c'est les copains, quoi. qui viennent, on se pose à l'arrière du jardin et je sors ma crêpière et on fait des crêpes. En fait, c'est l'occasion de raconter un petit peu ces choses-là, de partager nos racines, de parler. On a aussi des copains français qui viennent et je trouve ça assez chouette, assez riche. Et ça encourage les autres à faire la même chose. Du coup, ça t'ouvre aussi, je trouve. Et c'est important de montrer à nos enfants que... Il n'y a pas qu'une langue, il n'y a pas qu'une culture, qu'on n'est pas seul sur Terre. Je trouve ça assez important. Après, honnêtement, depuis qu'on est en Colorado, je trouve ça beaucoup plus difficile de rester en contact à cause du décalage horaire qui est plus important que quand on était sur la côte Est. Les 8h sont plus... Là, il est presque 10h chez moi. Pour toi, il est presque 18h, c'est ça ? Exactement, oui. Et c'est un peu... Oui. En fait, je commence ma journée, c'est déjà l'après-midi en France. Le moment où moi, je pourrais appeler, tous les gens bossent. C'est un peu plus difficile, mais on essaye de se faire un peu, violence, en termes d'organisation pour rester en contact. Et là, c'est vrai qu'on est content d'avoir FaceTime et toutes ces choses-là pour continuer à créer du lien avec les cousins, avec les grands-parents au quotidien. En fait, chacun fait comme il veut, mais c'est vrai que... Pour moi, c'est important qu'on partage plus qu'une semaine dans l'année, qu'on fasse un peu partie du quotidien de chacun. Mais après, ce n'est pas toujours facile avec les enfants. Ce n'est pas toujours le bon moment pour eux où ils ont envie de se concentrer sur le téléphone. Mon fils, des fois, il fait salut, il se rend au courant, puis tu le revois dix minutes après. Mais de manière générale, j'ai envie de dire... J'espère que je ne passe pas pour relaxiste. C'est hyper important, je pense, de partager la langue et la culture. Ça fait partie des racines de nos enfants, de nos familles. Et de l'originalité, finalement, de la singularité de nos familles. Mais pas trop se mettre la pression. Parce que la vie, c'est fun aussi.
- Speaker #1
J'aime beaucoup ces conseils aussi d'ouverture aux autres, d'inviter pour faire la chandeleur et tout. C'est vrai que c'est aussi très sympa. Puis, comme tu dis, il y a cette fierté de dire, C'est la fête de... de la France, de mon identité aussi. Je pense qu'en effet, ça peut aider les enfants qui ont peut-être un peu du mal avec cette biculturalité, peut-être à se reconnaître comme français, de se dire, bah oui, en fait, si, il y a des choses bien. Et puis, ouais, les copains et copines vont voir ça de manière bien aussi.
- Speaker #0
Ouais, j'espère.
- Speaker #1
Alors, pour finir, est-ce que tu as des anecdotes du bilinguisme ou multiculturel de ton fils ?
- Speaker #0
Alors, c'est marrant parce que son prénom ne se prononce pas pareil en anglais et en français. Et en fait, il est complètement OK avec ça. Et il me dit, en fait, j'arrive à savoir du coup d'où viennent les gens en fonction de comment ils m'appellent. Alors, tu vas me dire, c'est tout bête, mais c'est un peu de la nuance à l'oreille. Mais c'est Félix. en anglais, et Félix en français ou en espagnol. Il m'en parlait et il me dit « Non, je n'ai pas de préféré. » Mais c'est cool parce que du coup, ça me donne une idée de quelle langue on va parler en fonction de comment les gens m'appellent. C'est rigolo. Je sais qu'on m'avait donné un conseil sur une interview que j'avais faite avec une orthophoniste. qui travaillait pas mal dans le bilinguisme et elle me disait faut garder l'utilité et ce qu'elle voulait dire par là c'est, je l'ai vu beaucoup avec mon fils, c'est quand on rentre dans la famille de mon mari, donc mon fils a 7 ans et demi t'as les soeurs de mon mari qui vont dire vas-y Félix parle moi en français il les regarde, il fait bah non je suis pas un singe quoi tu vois et elles disent pas ça méchamment mais elles adoraient l'entendre parler français mais ouais mais en fait je leur dis je fais toi apprends une phrase en français parle-lui en français il te répondra peut-être mais s'il n'a pas l'utilité il sait très bien que tu parles anglais que lui il parle anglais il n'a aucune nécessité en fait d'aller te parler français enfin c'est comme moi tu vas me dire je sais pas je connais trois mots en japonais tu vas dire parle-moi japonais bah non tiens et voilà si on gardait ça en tête
- Speaker #1
Je sais que moi j'ai déjà eu ça aussi en tant qu'adulte, on dit vas-y, dis quelque chose en français, parce qu'en fait c'est vrai qu'on se retrouve en fait guillemets bête, on se dit qu'est-ce que je dis, qu'est-ce que tu veux entendre, c'est vrai que c'est pas naturel, comme tu dis petit singe en fait, c'est super désagréable en fait. En effet pour les enfants c'est pareil, en plus les enfants on va avoir tendance, je pense les adultes vont avoir tendance à se dire pour eux c'est plus mignon, donc il va le faire de toute façon et voilà, insister. Mais non en fait ils se sentent aussi, enfin je pense qu'ils se sentent aussi mal à l'aise que nous quand on le demande en tant qu'adulte.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Écoute, je te dis merci pour tout ce que tu nous as raconté. Je pense que beaucoup vont avoir faim. On entend parler de crêpes, de nourriture française.
- Speaker #0
On ne mange pas que des crêpes. J'en ai beaucoup parlé, mais on ne mange pas que des crêpes. Je tiens à le préciser.
- Speaker #1
C'est quand même le truc facile à faire quand on veut faire vite un repas.
- Speaker #0
Quitte à les restes pour la lunchbox le lendemain, c'est bien.
- Speaker #1
En plus, voilà. Ça, c'est très pratique. Voilà, merci. Je te souhaite aussi... Plein de bonnes choses avec le numéro 2 qui arrive bientôt. Et j'espère que ça ne va pas être trop difficile la fin, surtout l'été. Oui,
- Speaker #0
ça va. Merci beaucoup. On a de la chance quand même, c'est que nous, on est dans un climat chaud. Ce n'est pas exceptionnel, la chaleur ici. Ce qui fait qu'on est quand même bien équipés par rapport, je pense, à l'Europe de l'Ouest. Tu vois le ventilateur qui me tourne derrière la tête. On a la clim à la maison qui est assez efficace. Et on a les piscines de quartier extérieur qui permettent de bien se rafraîchir. Donc franchement, ça va. Je ne me plains pas trop. Ça donne envie,
- Speaker #1
ouais. Ça donne envie d'y avoir un peu la chaleur.
- Speaker #0
Je suis désolée.
- Speaker #1
Eh bien, merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de Grandir Bilingue. Si cet épisode vous a parlé, pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochains, à laisser 5 étoiles et à le partager autour de vous. N'hésitez pas non plus à partager en commentaire ou en message privé votre expérience. Transmettre une langue à son enfant est une incroyable aventure qui génère aussi beaucoup de questions et vous n'êtes pas seul à vivre cette expérience. Retrouvez en description différentes ressources pour vous accompagner au quotidien. Un groupe Facebook pour parents d'enfants bilingues, une newsletter sur le bilinguisme et le site des Franco-Expat avec d'autres ressources et des offres concrètes pour soutenir le français chez vos enfants. A bientôt pour un nouvel épisode de Grandir Bilingue !