- Speaker #0
Salut à tous, bienvenue dans mon podcast. Je vous propose que nous rentrions ici dans l'intimité des des acteurs du tourisme régional et de leurs magnifiques régions et territoires. Découvrons leur histoire, leurs sites touristiques, leur fonctionnement, mais aussi les coulisses de leur activité, les anecdotes, voire même les détails croustillants, car il y en a. Bienvenue dans les voies du tourisme.
- Speaker #1
Je suis Nolwenn Gauthier, j'ai 36 ans. Je suis cofondatrice de la distillerie de l'Horte, donc une distillerie familiale et artisanale de spiritueux basée en Périgord-Noir à Montignac-Lascaux exactement. Quand j'ai fait ma thèse, j'ai fait ma thèse parce que je savais que je voulais d'une manière ou d'une autre travailler dans le milieu agricole.
- Speaker #0
Pourquoi et comment ?
- Speaker #1
Je voulais travailler dans le milieu agricole. Qu'est-ce qui a fait qu'on a créé la distillerie ? Je pense que c'était un an avant le Covid, où on s'est dit, toi t'en as marre de ta thèse, tu sais que tu ne vas pas continuer. Je ne voyais que des perspectives assez précaires. Lui en avait marre, il savait que ça n'allait pas durer très longtemps. Il travaillait énormément et il avait envie d'autre chose. Et on s'est dit, pourquoi ? Ça avait déjà germé, Loïs, la distillerie et moi, ce projet-là. Et on s'est dit, mais pourquoi on ne ferait pas quelque chose ensemble ? Et donc, le projet de distillerie est né comme ça, un peu sur une table à boire des bières chaudes à fond froide. Je crois qu'on a branché l'alambic début juillet et on a sorti les premières bouteilles. Pour nous, le jean de nos jardins, c'était mettre en bouteille vraiment notre manière de voir le Périgord. C'est très personnel et c'est vraiment associé à nos souvenirs d'enfants.
- Speaker #0
Salut Nolwenn, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Donc tu arrives de Montignac, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça, Montignac-Lascaux.
- Speaker #0
Alors, on enregistre le dixième épisode des Voix du Tourisme. Donc je suis quand même déjà content et fier de le dire, parce que tu es la dixième personne que l'on invite depuis le mois d'avril. On a eu déjà de très très très belles histoires, de châteaux en grotte en passant par des produits comme toi. Alors, je vais te dire un truc. que je n'ai dit à aucun de mes invités jusqu'à présent. Alors, si ce n'est que déjà, je te remercie d'être là, bien sûr.
- Speaker #1
Merci d'abord à toi.
- Speaker #0
Et ce que je vais te dire, c'est le titre que je vais donner à cet épisode. Alors, j'espère qu'il va te plaire, mais d'habitude, je ne le dis jamais avant. Mais il va nous donner un peu la thématique. On va l'appeler « Frères et sœurs, ils réinventent les spiritueux du Périgord, en Périgord, entre engagement humain et respect de la nature » .
- Speaker #1
Ça me va très bien.
- Speaker #0
Alors en fait, il y a à peu près tout dans le titre. On a le résumé de l'épisode, on a l'humain. Je sais que ton frère a eu des engagements, notamment sur de l'humanitaire et sur des droits de l'homme. On va en reparler de tout ça, parce que j'ai un petit peu, bien sûr, comme à chaque fois ici, préparé les choses. Et on va... Alors, la partie environnementale, je pense qu'elle va être super importante. Tu es une experte, une docteur, une... On va regarder également tout ton parcours, ça va être très intéressant. J'ai essayé de m'y perdre un petit peu. C'est le cas de le dire. Mais je pense que c'est deux éléments qui vont être vraiment le fil rouge de cet épisode. Alors justement, justement, parlons-en en introduction de cet été 2026, de ce climat chamboulé. Extrême, c'est un sujet dont on parle depuis maintenant une bonne vingtaine d'années. Alors sans tomber dans le catastrophisme, dans les clichés et autres, déjà ce que j'ai envie de te demander en préambule, c'est comment ça se passe pour vous, parce que vous êtes très lié à l'univers de la nature, des plantes, de l'eau.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà, dis-moi déjà comment ça se passe depuis cette fin de mois de mai où on ne descend plus en dessous des 35 degrés quasiment, ou des 30 on va dire, en Dordogne.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on est clairement moins à plaindre que d'autres collègues qui ont des cultures qui vont être vraiment dépendantes du climat. On cultive les plantes aromatiques que l'on va distiller, du moins une partie des plantes qu'on utilise. C'est vrai qu'on voit clairement depuis fin mai, c'est un peu un acharnement de tous les jours de maintenir en vie nos jardins. Après, on a vraiment la chance d'être sur un lieu qui s'appelle Fonds Froide, ce qui veut dire la source froide.
- Speaker #0
Qui porte bien son nom.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Donc on a trois sources sur la ferme, donc on ne manque pas d'eau. Ce qui ne veut pas dire qu'on n'y fait pas attention, mais on ne manque pas d'eau.
- Speaker #0
Vous voyez des différences, tout bête comme question, mais de débit là justement par rapport à l'été dernier sur les sources, ou ça n'impacte pas trop ?
- Speaker #1
Alors pour tout te dire, on n'a pas fait de calcul de débit, mais en fait c'est une source, notamment la fonte froide, parce que c'est celle qu'on utilise principalement et qui avait été captée par nos grands-parents il y a plus de 30 ans et qui alimente les trois bâtiments du domaine. Elle n'a jamais tari. Et aujourd'hui, on n'a jamais tari. On y fait très attention. Donc c'est vrai qu'on a des plantes qui sont plutôt méditerranéennes et qui demandent peu d'eau. Donc je dois te dire qu'on a fait quand même des arbitrages. Il y a des plantes qui clairement n'ont pas tenu. Et là, on avait fait des récoltes au tout début d'été. Et là, on fait le choix de se dire qu'on arrose un petit peu. Et de voir ce que ça donnera à l'automne. Ou simplement de se dire, tant pis, on n'aura pas ces plantes et il faudra qu'on fasse autrement. Pour cette fois-ci. Et c'est surtout la question, ce qui se pose aujourd'hui, c'est plutôt... Bon, ok, là on voit que c'est quelque chose auquel on avait réfléchi dès le début de la distillerie. Mais là, clairement, on sait qu'il faut qu'on fasse évoluer nos jardins. Et donc là, c'est dans nos projets. On pourra en parler plus tard. Mais une autre question qui se pose aussi, c'est pour la distillation. Parce que quand il fait très chaud... Le principe de distillation est un principe de condensation, où on condense des vapeurs. Et quand il fait très chaud, on ne peut pas distiller parce que ça ne condense pas. L'eau n'arrive pas à rester suffisamment froide pour condenser les vapeurs. Et donc, on évite de distiller. C'est aussi ces questions-là que ça pose.
- Speaker #0
Tu vas nous expliquer tout ce process de distillation tout à l'heure.
- Speaker #1
Mais on n'a pas à proprement parler des problèmes directement d'eau, mais on le voit autour de nous et on voit clairement nos jardins actuellement. qu'on fait visiter parfois, là, clairement, on ne les fait pas visiter.
- Speaker #0
De par ton passé, sur lequel on va revenir tout à l'heure, ton passé d'études, notamment, tu es très averti de ce genre de choses, et on peut imaginer qu'effectivement, au niveau des plantations et autres, vous avez déjà été dans l'anticipation de ce que vous plantiez en fonction de l'évolution du climat.
- Speaker #1
Exactement. On a essayé depuis le début de travailler sur des modes de production et de culture déjà de... de toucher au minimum les sols, d'avoir des plantes qui sont plus adaptées à nos terroirs. Donc là, nous, on se trouve vraiment sur les cosses, donc sur des espaces très calcaires. Des endroits assez secs déjà, à la base. Très secs, avec très peu de sol surtout, donc qui retiennent peu l'eau. Beaucoup de caillasses. Voilà, beaucoup de caillasses, des espaces argileux, donc aussi qui sèchent beaucoup, ou l'hiver, qui retiennent beaucoup l'eau et qui peuvent geler. aussi, et on l'apprend, je dois te dire qu'on a vraiment appris en mettant en culture à observer nos sols. Et donc, c'est ce qui nous amène au bout de cinq ans à se dire, surtout à réfléchir, comment on va faire évoluer, comment on s'adapte. Nous aussi, on a appris, parce que c'est une chose d'étudier, d'expérimenter, puis vraiment que ce soit une production qui soit liée à une entreprise, c'est encore autre chose. Mais oui, effectivement, c'est des choses qu'on apprend. Et on essaye vraiment de limiter au maximum l'arrosage, donc d'avoir un arrosage qui soit précis. d'avoir également... La rosa,
- Speaker #0
vous le faites avec l'eau de la source ? L'eau de la source, oui. C'est ça,
- Speaker #1
avec l'eau de la source, on peut arroser.
- Speaker #0
Une question bête, on m'a toujours dit qu'il n'y avait jamais de question bête, il n'y a que des questions. Moi, je le vois chez moi, l'eau cet été, elle est beaucoup plus, même l'eau froide est beaucoup plus chaude, entre guillemets, que l'eau froide normale. Vous le ressentez sur une source, ça ou pas ? La température est égale ?
- Speaker #1
Bonne question. Même en ressenti ? En ressenti, oui. A priori, en tout cas, moi je la ressens pareil. C'est une bonne question.
- Speaker #0
Parce que l'eau, c'est fou dans les tuyaux cet été. On n'arrive plus à avoir d'eau froide. On peut prendre une douche froide, ce n'est pas compliqué puisqu'elle est tiède.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est une bonne question. Je n'ai pas spécialement fait attention, mais oui, c'est une bonne question. Vu que de toute façon, nous, de manière générale, quand l'été, elle reste un peu dans les tuyaux, le temps qu'on l'arrose, elle sort déjà un petit peu tiède. De manière générale, mais là, c'est une bonne question. Effectivement, je ferai attention.
- Speaker #0
Parce que la grotte, par exemple, de Villars m'avait dit une année que, bizarrement, je ne sais pas si c'est le bon mot, la température d'une grotte ne bouge pas beaucoup. Alors après, il faut se méfier de ce qu'on dit, parce qu'il suffirait qu'elle bouge peut-être de 0,5 degré pour que ça soit beaucoup. Je crois que les grottes en Dordogne sont autour de 13-14 degrés en moyenne. Ce qui est très surprenant d'ailleurs, parce que quand on passe de 30... D'ailleurs, l'autre jour, j'étais au gouffre de Padirac, et il disait à toutes les personnes, il faisait 36 degrés dehors, ou 37 dimanche, et il disait à toutes les personnes, prenez une petite laine, parce que ça va vous faire bizarre de perdre 21 degrés en descendant dans le gouffre, voire 25. C'est vrai que c'est surprenant, ce maintien de la température de sous-sol. Donc on peut imaginer peut-être que l'eau de source, oui, elle n'est pas trop impactée non plus.
- Speaker #1
Je ferai attention en rentrant. C'est une question, ça m'intéresse.
- Speaker #0
Donc sur cet été, est-ce que ça a une influence sur la production ? Du coup, tu me disais oui quand même.
- Speaker #1
Alors, comme nous, on est quand même une petite distillerie, on est quand même très flexible. De manière générale, avant la saison estivale, qui est quand même une grosse période de vente pour nous, on anticipe au maximum. C'est vrai qu'on a pu quand même produire beaucoup à partir de mars. On produit beaucoup. Et en général, on essaye qu'en juillet, août, ce soit plutôt duré à sort et puis continuer à faire de la production quand on peut.
- Speaker #0
Je te pose la question maintenant, mais on va y revenir aussi. Ce n'est pas grave, c'est un petit peu dans le désordre. C'est ce qui fait le charme aussi de ce genre d'épisode. Vous avez une production qui... Il y a des pics de production sur l'année. Il y a des périodes de l'année où vous produisez beaucoup plus que d'autres ?
- Speaker #1
Alors nous, on a la possibilité de produire... Déjà, nous, on produit à l'énergie solaire. On est les premiers à distiller de cette manière-là. Ça, on va en reparler aussi. Donc, on essaye au maximum de distiller au moment où on a le plus d'ensoleillement. Donc, c'est vrai qu'en général, ça va être de la fin de l'hiver jusqu'à octobre, novembre. Ce qui ne nous empêche pas de distiller aux autres périodes de l'année. Mais on essaye d'avoir le maximum de production à ces périodes-là. Et oui, oui, pour nos plantes aussi, on les récolte, on les sèche. et on les met en distillation. Donc, ce qui nous permet, en fait, le fait de les sécher, on peut distiller toute l'année. Ça nous permet vraiment d'avoir une... Oui,
- Speaker #0
vous êtes en circuit, ça aussi, on va le voir, c'est très court.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est le moins qu'on puisse dire.
- Speaker #1
Et autre chose, c'est qu'on est dans un petit espace. On est dans une grange de 60 mètres carrés. Il faut que tout tienne depuis la distillation à l'embouteillage et au stockage et même à nos bureaux. Donc, c'est vrai que du coup, on a peu de stockage. Donc, on fonctionne en circuit. Enfin, on est vraiment en flux tendu. Donc, on produit. et ça part presque dans le mois. Le mois d'après, c'est vendu.
- Speaker #0
Il n'y a pas de stock de packaging et des stocks de bouteilles en verre. Mais sinon, c'est vraiment... En fait, vous êtes très flexible.
- Speaker #1
On est très flexible. Et ça, c'est vraiment aussi la force. Et la force, je pense, de notre distillerie, ça pourrait être vu comme une faiblesse, mais je pense que ça nous permet d'être très flex sur la manière dont on produit. Et c'est permis aussi par le type de produit qu'on fait. Que ce soit le gin, le pastis. où le vermouth c'est des produits qui nous permettent de faire ce genre de choses.
- Speaker #0
L'état de l'activité touristique et commerciale en été, alors déjà l'activité commerciale, même question que pour la production, commençons juste par ça, là aussi on va revenir dessus, mais l'activité commerciale, elle est très dépendante de la saison ? Elle est régulière pour vous, peut-être un pic à Noël, peut-être un pic en été ?
- Speaker #1
C'est ça exactement, gros pic en été, pic à Noël, un petit peu en amont, parce qu'en général, comme nous, on travaille en grande partie avec les professionnels. C'est vrai qu'il y a un petit peu d'anticipation quand même. Mais là aussi, on est très flexibles sur les envois, sur la relation clientèle. On essaye vraiment de rendre le plus de services possibles sur la manière dont on travaille. Mais c'est vrai qu'on a des gros pics à ces périodes-là. Mais on a quand même la chance de travailler toute l'année. Parce qu'une grosse partie de notre activité est sur le sud-ouest. Mais pas que. Aussi les grandes métropoles et un tout petit peu d'export. Donc ça nous permet de lisser un peu sur l'année nos périodes de vente.
- Speaker #0
On va redétailler tout ça, bien sûr, tu l'imagines bien. J'ai un petit peu regardé tout ça et c'est très intéressant en plus. Pour revenir sur l'activité touristique de cet été et finir cette introduction de cet été 2026, on dit que les gens, enfin on ne dit pas, c'est une évidence, moi le premier, quand il fait 38 degrés, on n'a pas envie d'aller visiter, d'aller au resto, d'aller... On se dit, on va rester... Et de boire de l'alcool. Oui, alors, et de manger. Oui, c'est ça. Les restaurants souffrent énormément, je pense. Et boire de l'alcool, effectivement. Vous ressentez, sur la visite également, parce qu'il y a visite de l'exploitation, bien sûr, vous ressentez des difficultés cet été ou pas, par rapport à ces événements climatiques ?
- Speaker #1
Oui, on a senti... Alors, ça ne s'est pas spécialement ressenti dans les chiffres. Bon, ici, il y a un petit peu de baisse, mais globalement... Je trouve que, oui, on a ressenti moins de fréquentation, vraiment, encore dans une période de chaleur. On a eu quelques jours où on a eu presque personne à venir. Il fait 39 ou 40. Il fait trop chaud. Et puis, venir déguster de l'alcool, etc. Je peux comprendre que ce ne soit pas le plus approprié. Pour avoir la protection civile, éventuellement, à côté. C'est ça, exactement. Après, nous, c'est vraiment de la dégustation. Et donc, on invite même les gens à ne pas forcément boire, mais à sentir, etc. Mais oui, on a senti quand même une baisse vraiment au période, là, surtout en juillet. Après, est-ce que c'est dû aux chaleurs ? C'est dû aussi, on est sur des produits haut de gamme qui ont un certain coût. Alors, est-ce que ça aussi, ça joue ? Oui,
- Speaker #0
il y a une situation économique globale qui n'est pas hyper bonne. C'est ça. On ne va pas se la raconter, c'est clair.
- Speaker #1
On est aussi conscients de ça. On essaie aussi de réfléchir à des choses qui soient plus accessibles. Mais je pense qu'il y a tout un ensemble qui fait que ça joue sur la fréquentation. qui joue sur la fréquentation, clairement.
- Speaker #0
Très bien, merci. Nolwenn, pour cette introduction, alors dans cet épisode on va parler, si les auditeurs qui nous écoutent et sont encore là j'espère au bout de dix minutes, ne l'ont pas encore compris, on va parler de la distillerie de Lort, on va parler donc de production d'alcool, de gin, de vermouth, de pastis, on va parler de ton frère, puisque c'est une aventure familiale, on va parler de toute cette histoire, de la naissance de la distillerie. des produits du jardin, de l'alambic, comme tu vous le dis, de la fourche au verre, j'ai lu, j'aime bien cette phrase. On va parler de Félicie, de l'alambic, qui est un petit nom, des spiritus en périgord, du marketing de vos produits, du design, de vos projets et du tourisme, puisque vous êtes quand même globalement plus ou moins aussi dans cet univers touristique. Mais dans un premier temps, ce que je te propose Nolwenn, comme je le fais à chaque fois, c'est de te présenter.
- Speaker #1
Avec plaisir. Je suis Nolwenn Gauthier, j'ai 36 ans. Je suis cofondatrice de la distillerie de Lort, une distillerie familiale et artisanale de spiritueux basée en Périgord-Noir à Montignac-Lascaux exactement. Je n'ai pas du tout un parcours qui me destinait à travailler dans les spiritueux ni à être commerciale, puisque je viens plutôt du monde de la recherche, entre autres. j'ai travaillé j'ai eu plusieurs j'ai travaillé surtout dans les sciences sociales en premier lieu je ne sais pas jusqu'où je dois remonter ah non mais moi j'ai lu tu as un CV phénoménal docteur,
- Speaker #0
experte en études urbaines alors moi je résume à la croisée de la sociologie de l'environnement la géographie urbaine, les recherches l'écologisation des usages des sols et des pratiques agricoles Dans les espaces urbains et périurbains des métropoles, ça fait presque peur ! Donc en gros tu as une connaissance approfondie quand même des milieux urbains, des milieux agricoles et de cet équilibre écologique nécessaire, alors je ne sais pas justement, c'est ça ta formation de base ?
- Speaker #1
C'est ça, disons que je suis passionnée en fait depuis longtemps. Non seulement par la question de l'alimentation, de l'agriculture au sens large, vraiment de la production, mais aussi des milieux agricoles, de leurs évolutions. Je suis intéressée par l'évolution des territoires aussi et de leurs aménagements, que ce soit les territoires ruraux. Mais du coup, j'ai été amenée alors que je n'ai pas du tout grandi en milieu urbain. Je pense que ça aussi, c'est quelque chose qui fait partie de notre histoire. Tu es bretonne, c'est pas ça ? C'est ça. En fait, on est de Bretagne Sud. Ah oui, du Morbihan, tu m'as dit. Du Morbihan, c'est ça. On a grandi dans le Morbihan avec mon frère. Et ça, je pense que c'est quelque chose qui est vraiment constitutif quand même. C'est qu'on a eu la chance de grandir que dans des beaux endroits. Donc le Gol du Morbihan, de passer nos vacances en Périgord, d'avoir la chance de voyager avec nos parents.
- Speaker #0
Donc avec toujours cette idée de les préserver, en fait.
- Speaker #1
Voilà. Et puis vraiment aussi, plus je grandis, parce que par rapport aux endroits dans lesquels j'ai vécu, je me dis que le fait de fréquenter de beaux endroits, c'est vraiment quelque chose qui donne aussi une forme d'espoir, qui donne aussi l'envie de les préserver. le fait de... De les préserver, mais de les ouvrir, de les faire connaître, de continuer à les faire vivre. Et je pense que ce n'est pas pour rien que je suis arrivée à la question de l'aménagement, et notamment des espaces périurbains, parce que j'ai travaillé, j'ai fait ma thèse sur le Grand Paris, mais avant ça j'ai travaillé au Brésil, j'ai travaillé... Ah, je n'avais pas vu ça. Voilà, j'ai fait mon master sur la troisième ville du Brésil, qu'on ne connaît pas en général, qui s'appelle Belo Horizonte, qui est une ville qui a été créée de... pièces au XIXe siècle. J'ai aussi... Je suis partie au Chili.
- Speaker #0
Un peu comme Brésilien, en fait.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, mais bien avant. Et là, ça avait été vraiment créé dans des perspectives hygiénistes et aussi d'aménagement. Il y a eu aussi Neumayer qui a travaillé sur cette ville. Mais j'ai travaillé aussi sur Valparaiso, qui est une ville au Chili et qui est aussi une ville qui a toute une histoire.
- Speaker #0
Quand tu dis j'ai travaillé, c'est-à-dire ? Sans rentrer dans des détails qui n'interrogeront personne, mais concrètement, ça veut dire quoi ?
- Speaker #1
C'est vraiment des enquêtes. Moi, j'ai beaucoup travaillé sur des enquêtes de terrain. Je suis constituée de cette curiosité de savoir comment les gens vivent quelque part et les relations qu'ils ont avec les lieux qu'ils habitent. Et donc, quand j'ai travaillé au Chili, c'était... Un projet personnel que j'avais avec une amie chilienne. On est parti, on a eu la possibilité de faire une année de césure. On a créé cette possibilité de partir un an au Chili pour étudier cette ville, Valparaiso. J'y ai vécu un an. Avant ça, j'avais vécu aussi au Pérou pendant pas mal de temps. Et au Brésil, là, c'était dans le cadre de mon master. Je suis partie trois mois. Et puis ensuite, la thèse en France. Mais j'ai aussi... ce qui m'a amenée à aller au Québec. au Canada et au Mexique aussi, à étudier aussi d'autres périphéries urbaines.
- Speaker #0
Hormis que tu dois être totalement bilingue en espagnol, tu en as retiré quoi de ça, de cette expérience, par exemple dans ces grandes villes d'Amérique du Sud ? Est-ce que tu en as retiré des grandes tendances, des grands enseignements ?
- Speaker #1
Des grandes tendances, d'une certaine manière oui, parce qu'en fait, il y a des principes d'aménagement qui circulent, et moi c'est ça qui m'intéressait. C'est vraiment des questions de marketing territorial aussi. Les manières de créer parfois une histoire, un récit. d'un lieu, d'une ville, de faire parfois ressurgir des éléments qu'on avait oubliés, de aussi valoriser des choses qui n'étaient plus visibles. Donc c'est pour ça que moi je me suis beaucoup intéressée à la partie du développement durable qui devenait un élément en fait de ce marketing territorial et ce qui m'a amenée par la suite à la question agricole et alimentaire, c'est comme ça que j'en suis arrivée là, parce que la question des circuits courts alimentaires et de l'agriculture périurbaine est devenue un élément qui se retrouve dans énormément de métropoles mondiales pour valoriser un territoire et pour les rendre plus habitables. En tout cas, valoriser leur récit. Donc, par exemple, Paris, notamment la métropole parisienne, a beaucoup travaillé pour mettre en avant via des expositions, mais aussi des politiques publiques d'aménagement, de valoriser les dernières terres agricoles existantes autour de ces villes. Mais c'est aussi le cas de Québec, c'est aussi le cas de Mexico, c'est aussi le cas de... de Medellín, c'est le cas de Santiago, d'énormément de villes. Et en fait, on retrouve des marqueurs parce que c'est des politiques qui circulent, il y a des grands rassemblements, il y a des principes qui circulent au niveau international et des choses qui deviennent des éléments distinctifs et des catégorisations des villes qui sont des éléments nécessaires dans les villes aujourd'hui.
- Speaker #0
En gros, tu me dis si je résume mal, L'idée, c'est de trouver un équilibre entre la vie urbaine et la production, l'alimentation, la production agricole de ces villes, la plus proche possible, et de garder des territoires justement préservés pour l'agriculture, non loin des agglomérations, pour faire du circuit le plus court possible, parce que c'est des mots qu'on entend régulièrement. C'est un peu ça l'idée, c'est de trouver cette adéquation, cet équilibre dans toutes ces agglomérations. plus ou moins monstrueuses pour certaines, et de garder des espaces, d'avoir toujours cette notion d'équilibre entre les deux ?
- Speaker #1
Je vulgarise,
- Speaker #0
esprit. Non,
- Speaker #1
tu as tout à fait raison. Il y a deux éléments. Je pense que d'un côté, c'est de faire exister
- Speaker #0
dans un récit d'une ville, quand on parle de récits territoriaux, je ne sais pas si ça parle, mais c'est une manière de créer un imaginaire autour d'une ville, de dire que voilà, ça existe, il y a de l'agriculture, on peut manger local autour de Paris, par exemple, ça existe. Mais ça existait déjà, c'est juste que ça n'existait plus dans le récit, on ne le voyait plus. Et ça s'accompagne de politiques publiques. pour peut-être valoriser, enfin pour racheter des terres, pour installer des maraîchers par exemple, qui vont permettre d'alimenter certaines cantines. Oui, au lieu d'être à Paris au marché et d'acheter des tomates d'Espagne, autant les produire non loin de Paris et de faire prendre conscience aux populations.
- Speaker #1
C'est ça le récit aussi à l'imaginaire collectif que c'est possible, non c'est ça ?
- Speaker #0
Que c'est possible, mais moi ce que j'ai étudié aussi, c'est aussi les limites de ce récit-là. et la réalité, la manière dont... atterrit ce récit. Simplement que parfois, ça se confronte avec beaucoup de difficultés. Des sols pollués. Il y a des contraintes environnementales. Il y a beaucoup de contraintes. Le fait que le foncier est très très cher. Le fait que c'est pas forcément simple de cultiver et d'approvisionner. Le fait que la région parisienne concentre 13 millions de personnes. Est-ce que c'est plus durable de... d'avoir de l'agriculture aux portes de Paris, ou peut-être de valoriser du foncier qui est au bout de la Seine-et-Marne, peut-être, où là, il y a encore beaucoup de terres agricoles. C'était un peu toutes ces contradictions du récit, et c'est les petits muses en droit de frottement, et la manière dont évoluait ce récit, comment il atterrissait vraiment dans la réalité. Et quelque chose qui est plutôt du discours, trouver l'écart entre le discours et ce qui se fait vraiment sur le terrain.
- Speaker #1
J'ai plein de questions quand je t'écoute et tu vois, on sort déjà carrément complètement de ma trame parce que quand on parle d'écologie aujourd'hui, je trouve que le discours est souvent très pessimiste, très noir. Et je trouve que c'est dommage parce que ça ne parle pas forcément aux gens. Il faudrait un petit peu quand même d'espoir. Et tu vois ce que je veux dire, c'est de progressisme et de dire on va y arriver, on peut se retrousser les manches, il y a des solutions, certaines techniques, certaines technologiques ou techniques, certaines tout simplement simples. Et souvent, je regrette Je regrette, hormis le côté politique des choses, je regrette souvent ce côté pessimiste. Alors on est très pessimiste sur l'humain, on va tous mourir, bon ok très bien, mais une fois qu'on a dit ça, on culpabilise tous, mais on ne sait pas les uns et les autres quoi faire de mieux à titre individuel, parfois, que ce qu'on fait, ou que ce qu'on nous demande de faire. Donc est-ce que de tout ça, tu retires de ces expériences dans ces grandes villes, de ce passé justement d'analyse, est-ce que tu retires des choses positives, est-ce que tu peux dire... Oui, on peut arriver à faire de belles choses. On parlait de l'humain et de la nature. Est-ce que l'humain est capable de sauver la nature ?
- Speaker #0
Grand sujet. Oui, grand sujet déjà, mais on ne va pas rentrer dans ce sujet-là. Moi, je ne parle pas de nature, mais là, c'est un sujet d'anthropologie, de philosophie. Oui, excuse-moi, je vous l'arrive au long terme encore. Non, mais justement, je pense que c'est un point quand même crucial. C'est aussi de se dire qu'on fait partie de... On parle d'écosystème, on parle de relations avec... des territoires, des êtres vivants dont on fait partie. Je pense que parler de nature, c'est s'en extraire. Mais justement, je pense qu'il y a un élément qui est très important, c'est déjà de se lier avec l'endroit dans lequel on habite. Parce qu'habiter, c'est ça, c'est quand même faire partie d'un lieu.
- Speaker #1
S'extraire de la nature, on vit dans son environnement en fait.
- Speaker #0
Oui, dans son environnement. Et l'environnement, c'est encore quelque chose d'extérieur. Mais je pense parler des liens. Ça veut dire qu'on va parler d'affect, on va parler de sensibilité, on va parler de choses qui nous touchent et qui sont personnelles et qui peuvent être collectives. On va créer du lien avec des gens, avec des êtres, sans tomber dans quelque chose de complètement... qui pourrait paraître un peu déconnecté. Non, mais je pense qu'en fait, c'est une expérience personnelle et sensible. Et je pense que remettre du sensible dans ce qui nous touche... Oui, oui, je suis d'accord.
- Speaker #1
Tout simplement, tu es sur la côte de genre et tu regardes un paysage, il y a une sensibilité, il y a une émotion.
- Speaker #0
à un lieu. Ce qui fait qu'on a envie de faire partie d'un lieu. C'est comme ça que tu le respectes ensuite. C'est ce qui nous lie. Pour moi, c'est ce qui nous lie à quelque chose. C'est le sensible. Je pense que refaire émerger ce sensible, ça ne fait pas tout. Je pense qu'il y a des choses pragmatiques. Il y a des choses qui sont... Mais je pense que c'est très important de re-rendre cette sensibilité au lieu. Et peut-être une des questions qui fait émerger... Je... peut-être que je retire en conclusion de toutes ces expériences-là, c'est que pouvoir habiter un lieu, c'est aussi avoir, se sentir en faire partie, c'est avoir du... pouvoir, à l'échelle individuelle sur ce lieu, se sentir qu'on peut l'habiter. Et je pense que dans beaucoup de grandes villes, et je le sais parce que moi je vivais là jusqu'à très récemment, entre Paris et la Dordogne, et vivre en tout cas personnellement, ça c'est mon expérience personnelle, ça faisait 15 ans que je vivais à Paris, même 18 ans, je trouve que c'est difficile d'habiter ces lieux. On peut difficilement avoir un espace à soi, un espace avec lequel on se lie avec un... avec le territoire, même parfois avec les gens, on n'a pas forcément des endroits pour se retrouver. Après, ça c'est mon expérience personnelle, mais je pense que d'avoir vraiment une possibilité d'être en lien, ça nous permet aussi d'être acteurs.
- Speaker #1
Je le dis avec mémoire à moi, mais effectivement aussi quand tu es dans un univers un petit peu bétonné, de grandes villes, etc., tu oublies cette présence dans un environnement en tant qu'humain, alors qu'elle t'est rappelée tous les jours quand tu vis dans un espace naturel, Parce qu'il y a des événements, qu'ils soient climatiques, qu'ils soient... je pense que quand tu vis au milieu d'un espace comme en Tordogne, on a cette chance-là naturelle, tu es obligé de vivre avec et pas à part.
- Speaker #0
Et puis tu as du coup une possibilité d'avoir du sensible. Et je pense que c'est pour ça qu'au-delà des discours de l'autonomie alimentaire, et je pense que clairement, ce n'est pas ce que défendent les gens qui ont des jardins potagers en ville, des petits jardins, etc. C'est ça que ça donne beaucoup de gens. C'est ce qu'ils disent. Ils disent, j'ai un lieu dans lequel je peux créer. dans lesquelles je peux être en lien avec l'autre. Ne serait-ce que toucher la terre. Toucher la terre. Je peux... Justement, je... Parce qu'on s'est coupé de ça. Parce qu'en fait, beaucoup se sont coupés de ça. Et c'est vrai que c'est... Voilà, ce sensible, c'est un des éléments qui, pour en revenir à la distillerie, je pense qu'il est aussi un élément central pour nous. Non, mais c'est une super bonne introduction. Tu m'en passes du temps là-dessus,
- Speaker #1
mais ça explique en fait tout votre parcours derrière. Et toute sa philosophie, parce qu'il y a quand même une philosophie. Tout à fait. Une vraie philosophie de vie.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc d'entreprise.
- Speaker #0
Oui. Tout à fait.
- Speaker #1
Petite parenthèse également sur l'Amérique du Sud. Pourquoi l'Amérique du Sud ? C'est un hasard ? Pourquoi pas l'Asie ? Pourquoi pas d'étudier ? Pourquoi l'Amérique du Sud ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Je pense que ça, c'est... Ma mère a longtemps vécu en Amérique du Sud.
- Speaker #1
D'accord, ça explique. En Équateur. Ok.
- Speaker #0
Et elle a aussi... Toute petite, elle m'a amenée au Mexique. Et je pense que j'ai eu une sensibilité à l'espagnol très jeune. Ok. Et oui, c'est un prisme asiatique et moi un prisme sud-américain. Je pense qu'on a eu tous les deux... On avait un intérêt pour des continents très différents. Et oui, j'ai eu la chance de voyager dans beaucoup de pays d'Amérique du Sud et centrale. Ils sont tous très différents. Et oui, je suis très attirée par cette région du monde.
- Speaker #1
On pourrait parler espagnol et faire l'épisode en espagnol. Parce que moi, je parle espagnol aussi. Ma maman était professeure d'espagnol. J'ai vécu moins plus en Espagne.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, alors l'Amérique du Sud, je connais assez peu, je connais le Brésil, puisque mon meilleur ami vit tout près de San Paolo. Mon Dieu, quelle ville tentaculaire, c'est particulier. Ok, très bien. Donc, le parcours, il y a le tien, il y a... Alors, il va falloir qu'on creuse avant que tu me... Parle de ton frère, puisqu'il n'a pas la chance d'être là, donc tu vas pouvoir dire ce que tu veux sur ton frère. C'est génial. Il va falloir qu'on creuse quelque chose également. Je n'ai pas très bien compris, alors je n'ai pas tout lu non plus, mais l'histoire de la ferme familiale en Dordogne des grands-parents. C'est les grands-parents de Loïs ?
- Speaker #0
Non, de tous les deux. De tous les deux ? Comme on est frères et sœurs. Oui,
- Speaker #1
oui, excuse-moi pour n'importe quoi.
- Speaker #0
Mais c'est nos grands-parents. On ne va pas couper cette partie-là,
- Speaker #1
mais on va la laisser parce qu'elle est drôle. Vous êtes frères et sœurs, donc c'est cohérent.
- Speaker #0
Il y a plein de gens qui pensent qu'on n'est pas frères et sœurs, mais on est bien frères et sœurs.
- Speaker #1
Alors, avant que tu ne parles de Loïs, c'est ça. Donc, l'idée, c'est que vous avez eu un moment... Parce que, comment... Alors, il y a deux questions, en fait. C'est pourquoi la Dordogne reprend de la ferme des grands-parents ? Et comment on passe ? de la recherche à l'entrepreneuriat, c'est-à-dire de l'aspect quand même plutôt théorique à l'entrepreneuriat qui est tout ce qu'il y a de plus pratique et concret. Ce n'est pas une évidence parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui en sont totalement incapables.
- Speaker #0
Non, oui, c'est une... Deux questions, excuse-moi. Alors non, non, mais tout à fait. Ça ne s'est pas fait sans mal, je dois te dire. Parce que non, je ne pensais pas du tout me lancer dans un projet entrepreneurial.
- Speaker #1
C'est toi qui l'as porté en plus au départ, je crois.
- Speaker #0
Tous les deux, tous les deux, vraiment tous les deux. D'ailleurs, le projet de distillerie à la base, forcément, quand j'expliquerai le parcours de mon frère, est plutôt une idée de mon frère. Enfin, est une idée de mon frère auquel, après, j'avais un autre projet. Et finalement, ça s'est rapidement associé sur ce projet-là. Mais pourquoi passer de la recherche au milieu entrepreneurial ? En fait, je pense que déjà, quand j'ai fait ma thèse, j'ai fait ma thèse parce que je savais que je voulais... d'une manière ou d'une autre, travailler dans le milieu agricole. Pourquoi et comment ? Je voulais travailler dans le milieu agricole. La thèse, pour moi, était une manière de rencontrer beaucoup de réseaux agricoles, de travailler pendant trois ans avec des maraîchères. Le point de l'expérience. Oui, c'est ça. Et puis vraiment, ça a été... A posteriori, je trouve que d'avoir fait de la recherche... Moi, je faisais de l'ethnographie. C'est un mot de recherche pour parler... On fait des enquêtes de terrain. c'est-à-dire que On va voir les gens. C'est vraiment une manière assez personnelle et très sensible de faire de la recherche. C'est-à-dire qu'on étudie des comportements, on étudie des pratiques. Moi, en l'occurrence, je m'intéressais au sol et à la manière dont il faisait partie de vie, de pratiques agricoles, d'espaces ruraux aux portes de la métropole parisienne. Et donc, du coup, c'est vraiment ça. Pour moi, je savais que c'était une expérience qui allait m'amener vers autre chose et pas vers la recherche. J'ai eu la chance de faire une thèse dans de très bonnes conditions, dans un beau laboratoire, etc. C'était extraordinaire. Mais je savais que je ne voulais pas continuer dans ce milieu-là. Et donc, ça s'est fait tout simplement. Moi, je savais que je voulais travailler sur... Du coup, je m'interrogeais sur l'urbanisme rural. sur des questions d'aménagement de territoire, mais plutôt en milieu rural. C'était la transition entre la thèse et ça. Je voulais monter un projet sur ces sujets-là. Je voulais m'installer à fond froide, parce que je passais beaucoup de temps à fond froide pour venir écrire. Qui est donc la ferme des grands-parents. Parce qu'à l'époque, mon frère était à l'étranger, ma mère était à l'étranger, mon père n'est plus là. J'avais ce lieu dont j'étais à ce moment-là un peu la gardienne. Parce qu'il n'y avait plus... Il y a mes tantes et mes cousins.
- Speaker #1
Fonfroide, petite parenthèse, c'est marrant parce que quand j'ai vu le nom du lieu, ça fait très lieu de roman.
- Speaker #0
Oui, ça fait un peu les hauteurs, le vent. Le nom, oui,
- Speaker #1
Fonfroide. C'est un imaginaire tout de suite, je trouve. C'est ça.
- Speaker #0
Et donc, c'est un lieu dans lequel je venais souvent pour écrire, passer du temps avec des amis. J'adore cette ferme. Et puis surtout, on n'avait plus d'espace à nous. Parce que du coup, notre mère était partie en Nouvelle-Calédonie. Nous, on a grandi en Bretagne. Il n'y avait plus de maison familiale en Bretagne. Et donc, c'était le lieu d'ancrage. Donc, j'ai appris à tisser un lien avec cette ferme et à m'y projeter. C'était devenu le lieu familial. Alors qu'à l'époque, quand on était petit, on y allait à toutes les vacances parce que nos parents travaillaient beaucoup. Et on venait chez nos grands-parents à toutes les vacances. Et c'est vrai que c'était... Je ne me projetais pas du tout dans ce lieu de la même manière que jeune adulte.
- Speaker #1
Et est-ce que le Covid, j'y pense là comme ça, parce qu'on me dit que beaucoup de gens... J'ai lu un roman qui se passe dans le Lot, où c'est une famille de Parisiens, enfin de gens qui vivent à Paris. Ils ne sont pas Parisiens d'ailleurs, ils sont d'origine du Lot. Et ils se retrouvent pendant le Covid tous ensemble, toute la famille avec toute une tête d'histoire derrière. Parce que ce n'est pas évident de se retrouver à 6 ou 10 dans une maison familière au fin fond du Lot. pendant le Covid, pendant 6 mois. Est-ce que ça a eu une influence ? Parce que vous avez créé à ce moment-là, à peu près, je crois, juste après le Covid. Est-ce que vous étiez à fond froide pendant le Covid ?
- Speaker #0
Alors, pas du tout. Ni l'un ni l'autre. Ma thèse ne tient pas, c'est le cas de le dire. Par contre, plus pour Loïs que pour moi. Moi, j'arrivais vers la fin de la thèse, donc de toute façon, les questions se posaient pour faire autre chose. Mais Loïs, oui, clairement. Parce que, je ne sais pas si c'est le moment de... d'enchaîner sur son parcours.
- Speaker #1
De toute façon, on s'en fout, on peut mélanger. Voilà, très bien.
- Speaker #0
Du coup, Loïs, mon frère, lui, à l'époque du Covid, était distillateur en Angleterre. Effectivement, il a passé une grande partie de la période du Covid à distiller du gel hydroalcoolique. Comme il dit, il aime à se défoncer les mains avec des milliers de litres d'alcool. Donc, il s'est dit, en plus, le Brexit là-dessus, il s'est dit clairement, c'est le moment de rentrer. Je travaille, ça n'a plus de sens.
- Speaker #1
J'ai été en Écosse aussi, j'ai vu.
- Speaker #0
Loïs, mon frère, on est un peu des purs produits de l'université. Lui, il a commencé ses études à Paris 8 en sciences politiques. Moi, j'ai fait aussi des sciences politiques. Ensuite, il a bifurqué vers de l'économie. Et à un moment donné... Je ne sais plus exactement quel a été le déclencheur, mais il s'est intéressé à la distillation. Il s'est intéressé à la distillation, donc il a commencé par un premier stage chez un distillateur dans le sud-est de la France. Ça lui a beaucoup plu. Et ensuite, il a décidé vraiment au culot, parce qu'il fallait être ingénieur, ce qu'il n'était pas du tout, de postuler. Mon frère est comme ça, j'admire beaucoup cette capacité qu'il a à se dire, j'y vais. Oui, et puis il a un parcours atypique. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et c'est ça qui fait l'entrepreneuriat. Tu viens de le dire là. Je suis sur le quai, je monte dans le train, j'utilise souvent cette image. Mais elle est tellement vraie. Eh bien, mon frère est comme ça.
- Speaker #0
Et j'admire énormément cette capacité qu'il a de... J'y vais.
- Speaker #1
Le podcast, c'est ça aussi.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je vais le faire, je vais le faire, je vais le faire. Mais à un moment donné, il faut y aller. On essaie, on se fout de ce qui va se passer. On verra bien les résultats. De toute façon, les gens seront suffisamment à la dose pour critiquer si ça ne marche pas. Et pour dire que tu as de la chance si ça marche. Mais par contre, c'est comme quoi... Je vais faire un petit peu de... comment dire, je vais être un peu ironique, mais c'est deux secondes, mais on peut faire des études universitaires et entreprendre. C'est pas réservé qu'à des autodidactes ou des gens qui ont fait des écoles de commerce.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a beaucoup d'adaptation et beaucoup de curiosité. Et effectivement, je pense que, pour dire que justement on peut passer de l'un à l'autre, moi c'est vrai que j'avais un peu de mal au début. Et le fait d'avoir mon frère derrière qui pour le coup avait pourtant à peu près le même parcours que moi, se dire allez, on y va. On ne sait pas, mais on y va. Et donc ça, ça joue beaucoup. Et donc, il est parti au culot. Justement, il a postulé pour le seul master au monde pour être maître brasseur et distillateur qui se trouve à Édimbourg. Et donc, jusqu'au dernier moment, il ne savait pas s'il allait pouvoir rentrer parce qu'il fallait le TOEIC, etc. Et il parlait déjà plutôt bien l'anglais parce qu'il avait passé pas mal de temps en Asie. Donc, voilà, il était parti pareil à Taïwan. Brousseau Society. Voilà. Non, Brew Society, c'est la société pour laquelle il a travaillé. Ah non, c'est Warner & Warty Silvery. Voilà. C'est ça ? C'est ça. Il est parti en Écosse d'abord pour faire ce master, donc à Heriot-Watt, qui est une école où il y a des distillateurs, enfin des futurs distillateurs qui nous écoutent. Je pense que c'est une très belle école. C'est le seul master au monde pour être vraiment distillateur. Et là, il s'est retrouvé avec plein de gens de partout dans le monde parce que forcément, ça n'existe pas ailleurs. Et c'est quand même le... le berceau de la distillation du whisky. Donc voilà, ils se sont éclatés pendant un an. Et ensuite, il a été recruté, donc au bout de cette année, où il a appris, je crois, énormément. Il s'est retrouvé... Il a été recruté par une distillerie qui n'était pas vraiment connue à l'époque parce qu'ils étaient dix. Mais c'était une des premières distilleries, enfin je crois une dizaine, je ne dis pas de bêtises, une des premières distilleries à relancer le gin artisanal en Angleterre. Donc il y a aujourd'hui, je dirais quoi... Ils avaient commencé il y a une quinzaine d'années. Et donc, lui, il a été maître distillateur. C'est-à-dire qu'il créait leurs recettes et il dirigeait la production. Et il est parti au bout de cinq ou six ans. Ils étaient 50. Et c'était, je crois que c'était la sixième entreprise d'Angleterre en termes de croissance. Tellement, en fait, le gin explosait en Angleterre. Donc eux, ils faisaient un million de bouteilles, ce qui n'est pas notre cas. Mais pourtant, dans des locaux à peu près comme les nôtres... C'est beaucoup plus. Évidemment. Évidemment. Les grands noms qu'aiment bien se tenir. Non, non, vraiment, on n'est pas à ce niveau-là. Mais voilà, donc c'est vrai que ça lui a donné beaucoup d'expérience. Et aujourd'hui, ce qui nous donne aussi beaucoup de sérénité. Parce qu'en fait, on sait, l'huile a les capacités de produire beaucoup. Même dans des... Enfin, ils avaient une structure qui n'était pas beaucoup plus grosse que la nôtre. Ils avaient des alambics un petit peu plus gros que nous, mais pas non plus. C'est pas non plus démentiel, ce qu'ils faisaient. En termes de capacité de production, c'est simplement une organisation, une exigence dans la production, dans la qualité des produits, etc. Donc voilà, on a démarré l'aventure avec le fait qu'il y avait une très belle expérience déjà en tant que distillateur. On ne s'est pas lancé comme ça.
- Speaker #1
Alors, vous avez deux trajectoires universitaires à la base tous les deux, et vous décidez de vous associer pour créer une distillerie en Périgord. C'est quand que ça se... Que ça se passe ça là, cette rencontre, parce que vous êtes frères et soeurs certes, mais cette rencontre intellectuelle et entrepreneuriale, elle se passe quand ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'est une vraie rencontre, c'est une vraie rencontre parce qu'on s'est perdu de vue pendant pas mal d'années, parce que moi j'étais du coup en Amérique du Sud, lui était en Asie. En fait on a perdu notre père quand j'avais 25 ans, mon frère avait un peu plus de 20 ans. Et je pense que ça, ça a été aussi un déclencheur, déjà pour nous, vivre nos projets à fond. Enfin on vivait déjà, on faisait déjà beaucoup de choses l'un et l'autre, mais là ça a été... quelque chose, je pense encore plus pour mon frère parce qu'il était plus jeune, mais c'est de se dire voilà, on y va, là maintenant il faut faire ce qui nous plaît. Moi c'est ce qui m'a fait que je me suis lancée dans la thèse, et Loïs je pense que c'est ça qui l'a lancée dans la distillation. Mais voilà, on s'est dit on y va.
- Speaker #1
Toi tu disais que tu avais un projet un petit peu différent.
- Speaker #0
C'est ça, à la base oui.
- Speaker #1
Alors le gin, pourquoi le gin ? Parce qu'il avait déjà appris, entre guillemets, à le distiller.
- Speaker #0
Oui. Voilà, distiller de manière générale les alcools de plantes. Mais oui, qu'est-ce qui a fait qu'on a créé la distillerie ? Je pense que c'était un an avant le Covid, où on s'est dit, toi t'en as marre de ta thèse, tu sais que tu ne vas pas continuer. Je ne voyais que des perspectives assez précaires. Lui en avait marre, il savait que ça n'allait pas durer très longtemps, il travaillait énormément et il avait envie d'autre chose. Et on s'est dit, pourquoi ? Ça avait déjà germé, Loïs, la distillerie et moi, ce projet-là. Et on s'est dit, mais pourquoi ? pourquoi on ne ferait pas quelque chose ensemble ? Et donc, le projet de destinée est né comme ça, un peu sur une table à boire des bières chaudes à fond froide.
- Speaker #1
T'es sûre que c'est bien de faire ça à ce moment-là ?
- Speaker #0
Pour le coup, on est là si c'est un projet.
- Speaker #1
Parce que ce n'est pas évident quand même de travailler frères et sœurs. Comme on dit souvent, ce n'est pas évident de travailler en couple non plus. Mais c'est quoi la complémentarité entre vous deux ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a des caractères assez différents, même si on se retrouve aussi sur beaucoup de choses. Déjà, on se fait vraiment confiance. On se fait extrêmement confiance. Au début, à la fois, ça a été une organisation. C'est comme tout. Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Au début, on voulait tout faire ensemble. Maintenant, on a chacun un peu nos pôles. Loïs est vraiment sur la production de la distillerie. Moi, plus sur la partie commerciale. Et là, de plus en plus sur la partie jardin. Même si au début, j'étais sur la partie jardin. Et Loïs l'a un peu repris parce qu'il fallait aussi développer la partie commerciale. Et moi, je n'étais pas tout le temps sur place. Je pense que c'est la complémentarité et le fait de vraiment se dire, tu prends en charge telle ou telle partie, je prends en charge telle ou telle partie, et de se faire confiance et de communiquer énormément. Ça s'est fait comme ça et on a beaucoup appris l'un et l'autre sur ce qu'on a pris en charge. C'est aussi d'apprendre à être responsable vraiment de ce qu'on... prend en charge.
- Speaker #1
Il y a des désaccords dans les prises de décision ? Il y a des... ou ça roule à peu près tout le temps ?
- Speaker #0
Ça roule à peu près tout le temps. Ça ne veut pas dire qu'on est forcément d'accord au début, mais en fait on se respecte.
- Speaker #1
Il peut y avoir des désaccords constructifs également. Tout à fait.
- Speaker #0
On arrive vraiment à se... je pense qu'on se respecte beaucoup. Et aussi, on a la chance de... On a créé vraiment, je pense, la distillerie comme un espace qui est vraiment notre cabinet d'expérience. Je pense que l'un et l'autre, on conçoit un peu notre... parcours comme ça, comme une suite d'expérimentations et des choses qu'on a envie de vivre, vraiment de vivre, de tester parce que ça nous fait plaisir d'expérimenter. Et on crée la distillerie comme ça. On a créé la distillerie comme ça et donc on progresse, on avance ensemble, je pense, de cette manière-là et on se fait confiance.
- Speaker #1
Donc là, on est en...
- Speaker #0
2020-2021 ?
- Speaker #1
2021, on a démarré. 2021 ? Mars 2021,
- Speaker #0
oui. Ok, juste, donc on était encore un petit peu dans le Covid quand même. Oui, c'est ça. C'était encore un petit peu compliqué.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Alors, j'ai vu aussi que le grand-père était quand même bouilleur de cru, c'est ça ? Il y a un petit atavisme familial aussi quand même. Alors ça, c'est... Or lui, c'était pas la même chose, mais c'est...
- Speaker #1
Bouilleur de cru, en fait, c'est les noms qu'on donne aux gens qui avaient le droit de faire distiller des fruits. C'est-à-dire que tous les gens, et même encore aujourd'hui, à partir du moment où on a un arbre fruitier, on peut faire distiller.
- Speaker #0
Les fameuses oublies avec les mirabelles.
- Speaker #1
Et avant, c'est quelque chose qui se transmettait.
- Speaker #0
On a du sous des grands-parents qui avaient ça dans leur placard à la fin du rap. pas à l'époque. Exactement,
- Speaker #1
plus ou moins bon d'ailleurs mais celle du grand-père on l'a retrouvée on a des bons souvenirs mais bon je savais mieux que ça reste. Les souvenirs sont embellis voilà mais après c'était on a des super souvenirs d'aller distiller avec papy donc il faisait plutôt de la prune de la RC comme on dit, la reine Claude et voilà donc ça oui mais non pas du tout en fait Loïs c'est vraiment venu de son parcours à lui, c'est pas du tout quelque chose qui se faisait dans la famille Merci. Historiquement, il y avait de la vigne à fond froide, mais ça fait bien depuis les années 50-60 qu'il n'y en a plus. Donc non, on n'avait plus du tout cette histoire-là.
- Speaker #0
On est sur la reprise de fond froide de cette ferme familiale. Donc là, c'était une évidence pour vous ? C'était là qu'il fallait le faire ?
- Speaker #1
Oui, parce que c'était là où on devait atterrir tous les deux. D'accord, c'était écrit. Oui, parce que je pense qu'on n'avait plus d'endroit à nous. Et je ne sais pas pourquoi on a eu ce besoin de s'ancrer l'un et l'autre. Mais il fallait un lieu, puis en prendre soin. Nos grands-parents nous ont pris tellement soin. Ça fait 300 ans que c'est dans la famille. On a la chance d'avoir un lieu comme ça. Comme je le vois dans le milieu agricole, c'est tellement difficile d'avoir accès à du foncier. Mais au-delà du foncier, c'est un lieu dans lequel on peut se déployer, dans lequel on peut avoir des projets, on peut accueillir des gens. On a la chance d'avoir ce lieu-là. Alors pas que nous. Fonds-Froide n'est pas qu'à nous. Il y a nos cousins, nos tantes, notre mère.
- Speaker #0
Vous êtes propriétaire ? Oui, on est propriétaire.
- Speaker #1
et donc on a été d'abord accueillis en tant que squatter par notre mère, d'abord notre grand-mère puis notre mère aujourd'hui et puis se tolérer aussi et soutenu par nos tantes, nos cousins sans eux aussi, s'ils n'avaient pas accepté qu'on fasse cette distillerie et de voir les gens qui passent tous les jours on n'aurait pas pu faire ça aussi, c'est aussi parce qu'ils ont accepté ça
- Speaker #0
Alors, comment ça se passe ? Comment ça se passe ? Donc on crée une distillerie le frère et la soeur, on a les lieux on a les connaissances plus ou moins quand même plutôt plus que moins bon mais ok d'accord mais on fait comment ? il faut financer, il faut acheter un alambic explique moi comment ça s'est passé ces premiers mois parce que ça c'est super fondateur en fait c'est super intéressant, comment ça se passe ? les financements,
- Speaker #1
les travaux éventuels la réglementation raconte moi en fait je pense que c'est très intéressant d'en parler là aujourd'hui parce que ça fait 5 ans et demi on sent qu'on passe à une autre À une autre étape de notre expérience, de cette expérience de la distillerie. En fait, oui, l'OI s'est arrivé en janvier. Et là, on s'est dit, il faut y aller. Il faut qu'on ait des bouteilles au mois de juillet. Il ne faut pas qu'on rate la saison. Et donc, on avait déjà démarré. On avait commencé à parler vraiment du projet l'année d'avant, l'été d'avant. On avait déjà échangé avec la Chambre des métiers. On a été très, très bien accompagnés par la Chambre des métiers. On avait le business plan plus ou moins bancal.
- Speaker #0
Vous aviez des fonds en apport, vous, à la base ?
- Speaker #1
Un petit peu, mais pas non plus énorme. En fait, on a eu quand même la chance d'avoir ce lieu un toit sur la tête du foncier. En fait, on a très peu investi au démarrage, ce qui nous a permis vraiment d'avancer petit à petit.
- Speaker #0
Et bien placé, Montignac, en plus. Oui, très bien placé. On va reparler de tourisme après, mais c'est quand même un lieu stratégiquement intéressant.
- Speaker #1
Exactement. Donc, on a peu investi au démarrage. Donc, on a simplement... Donc, l'eau, il s'est arrivée au mois de janvier. Ce qu'on a fait, c'est que déjà, il fallait l'alambic. Donc l'alambic, on avait repéré un dinandier. Donc on raconte souvent cette histoire, mais c'était quand même très important.
- Speaker #0
Un dinandier ?
- Speaker #1
Dinandier, c'est les gens qui travaillent le cuivre. Donc c'est des artisans. Ah d'accord, ok, j'apprends un mot. Tu vois, on en apprend tous les jours. Oui, c'est ça, ils font aussi bien des casseroles de chef que des marmites à confiture. Ils font de la rénovation d'objets anciens que des cuves de brasserie ou des alambics. Merci. Un des derniers artisans d'Inandier, il y en a quelques-uns, mais il n'y en a plus beaucoup, il est à Saint-Amand-de-Collier, à 10 minutes de chez nous. C'est M. Lagorse. On avait repéré parce qu'il était à côté de chez nous. On s'est dit qu'un alambic fait sur place. Parce que bien sûr, on peut en faire venir du Portugal, d'Allemagne, etc.
- Speaker #0
C'est pareil, il vaut mieux être cohérent avec votre parcours et essayer de faire quelque chose local.
- Speaker #1
Loïs savait exactement l'alambic qu'il voulait. Ils voulaient un alambic. Pour les plantes ?
- Speaker #0
Un alambic pour les gens qui écoutent. qui ne verront pas ce que c'est, on reparlera de vos sites ensuite, c'est une forme de poire. Alors ça dépend des Alambics. Le vôtre, il a une forme de poire ?
- Speaker #1
La nôtre, en fait, elle s'appelle Félicie, c'est un sacré personnage. C'est une fille, elle a beaucoup de caractère, et vraiment c'est un membre fort de l'équipe. Pourquoi Félicie ? Félicie parce que c'est le nom de notre arrière-grand-mère, donc la mère de notre grand-père, qui était une femme qui avait Et voilà de l'oeuvre. prestance et qui tenait la famille et aussi parce que ça apporte la félicité, la joie et c'est un peu comme ça, c'est un peu ce qu'on veut mettre dans nos spiritueux. On fait des spiritueux pour rassembler, pour partager et donc oui, en fait c'est une forme de grosse bouilloire de grosse cocotte, donc c'est un cylindre sur lequel on va avoir ce qu'on appelle un oignon un petit chapeau et qui va être raccordé à ce qu'on appelle un col de cygne un tuyau qui est lui-même raccordé à un autre cylindre qu'on appelle un condensateur, dans lequel est plongé un serpentin. C'est un peu l'image qu'on a de l'alambic. Ce sont deux pièces qui sont raccordées entre elles par un tube de cuivre. Chaque alambic va avoir sa personnalité parce qu'il a sa forme. En fonction de sa forme, ça va aussi jouer sur les aromatiques, sur le caractère des spiritueux. Nous, on a vraiment un alambic pour les alcools de plantes parce que c'est ce qu'on appelle un... un alambic à simple passe, en fait, on ne distille qu'une seule fois. On ne passe pas plusieurs fois nos spiritueux. Et du coup, qui est 200 litres, il n'est pas très gros parce que nous, on se considère comme artisans distillateurs. Donc, on préfère faire plusieurs, enfin, distiller toute l'année que des grosses productions, quelques fois dans l'année. Et on n'est pas contraints, comme d'autres régions ou d'autres types de... de spiritueux à distiller vraiment sur des périodes très précises, des campagnes. On peut distiller toute l'année. Nos spiritueux, c'est autorisé de distiller toute l'année. Alors,
- Speaker #0
on va reparler de ce process de fabrication du produit fini. Mais pour revenir, l'alambic, il est local ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Il est local. Vous l'avez fait fabriquer, en fait, sur mesure ? C'est ça. On l'a fait fabriquer. Donc ça, c'est un des premiers coups. C'est ça. C'est la première chose à avoir sur place.
- Speaker #1
C'est ça. Il fallait d'abord, avant tout, convaincre les banques. Parce qu'on est justement un peu nulle part. Oui, alors pareil, pas facile quand même.
- Speaker #0
On a fait l'université, moi j'étais en Écosse, moi j'étais en Amérique du Sud à faire une thèse, et puis là on va faire une distillerie, faire du gin. C'est ça. Et puis surtout du gin en périgord,
- Speaker #1
on nous regardait un peu bon. Les banquiers étant très faciles. C'est sûr, voilà. Et en fait, on a une bancaire qui s'est dit, on y va, on y va. Et donc ça, ça a débloqué, on est partis. Et voilà, je pense que ça a été une suite comme ça. de gens qui ont cru en notre projet qui était un peu farfelu. Mais je pense que, je ne sais pas, il y avait une sorte de naïveté de notre côté. Oui,
- Speaker #0
il y avait quand même un petit peu de préparation. Oui,
- Speaker #1
il y avait de la préparation, mais je pense que nous, on n'était pas du tout entrepreneurs. On n'avait pas forcément de réseau, mais je pense qu'on en voulait. Et on en voulait et puis on n'avait jamais vécu en Périgord.
- Speaker #0
Mais on sait qu'on est entrepreneur qu'après.
- Speaker #1
Oui, peut-être.
- Speaker #0
Je ne crois pas que je l'étais non plus souvent quand on me dit, oui, pourquoi t'as fait ça ? Parfois, il y a aussi tout un tas de choses qui se passent dans la vie qui font que... Tu le sais qu'après.
- Speaker #1
Peut-être.
- Speaker #0
Parce que tu t'es lancé, comme tu disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Et puis t'apprends aussi, t'apprends beaucoup au cours du parcours. Et puis après, tu commences à... C'est ça. Et donc oui, première étape. Et puis ensuite, rénover la grange. Donc là, pareil, il fallait courir un peu après des artisans. Et pareil, des artisans qui avaient un peu piqué de nous parce que c'était un tout petit chantier. Et puis c'était votre domicile aussi, non ? Oui, mon frère vivait sur place. Moi, je faisais encore des allers-retours à Paris parce que je finissais ma thèse. Mais mon frère vivait sur place. En fait, c'est une grande maison et puis à côté, il y a une grange. C'est une grange de 60 mètres carrés qu'on a rénovée. C'est ça qu'il fallait qu'on rénove. On a eu l'aide de la famille pour déblayer tout ce qu'il y avait à l'intérieur d'abord parce qu'il y avait plusieurs générations de stockage. Déjà, c'était la première étape. Et ensuite, reconstruire. Après, ça a été assez simple. Nous, on a mis l'électricité, des évacuations. Notre mère nous a fait repaire la toiture. On a mis des panneaux de serre. Oui, moderniser. C'était quatre murs. Et puis, deux ans après, on a refait les huisseries. Reconstruire et moderniser. Et juste avoir une dalle. Et c'était parti.
- Speaker #0
À apporter les facilités, j'essaierais aujourd'hui. L'eau, l'électricité.
- Speaker #1
Simplement. Il n'y a pas de chauffage. Il n'y a rien. Mais voilà, de mettre des panneaux solaires pour faire chauffer l'alambic, et puis des systèmes de récupération d'eau, différentes choses comme ça. Oui, alors là,
- Speaker #0
pareil, en environnement, j'ai noté effectivement cet aspect-là, l'alambic est chauffé à l'énergie solaire.
- Speaker #1
C'est ça, premier alambic, c'était un peu un pari. Voilà, l'idée c'était vraiment de faire, donc nous on veut faire vraiment d'excellents spiritueux, mais l'idée c'était vraiment de réfléchir à comment on les... produits, pour avoir le minimum d'impact possible. Et donc c'est vrai que la plupart du temps, les alambics sont chauffés à feu nu, souvent avec du gaz ou du bois. Et ça a plusieurs contraintes, parce que déjà il y a le coût de l'énergie, mais il y a aussi des questions de sécurité, parce que quand on a un feu nu à côté d'alcool qui sort à plus de 80 degrés...
- Speaker #0
On le sait comme en ce moment.
- Speaker #1
Voilà, et puis même il y a souvent des accidents dans les distilleries, donc pour nous déjà, puis... Ça permettait vraiment d'avoir un meilleur contrôle de la chauffe, pour avoir une chauffe très précise, et donc mieux contrôler la qualité de nos spiritus aussi. Et vraiment, c'était un engagement écologique. C'est un pari, on ne savait pas que ça allait fonctionner.
- Speaker #0
Ça couvre 100% de la chauffe ?
- Speaker #1
Alors, on est autonome à l'année. Après, on est toujours connecté au réseau si besoin.
- Speaker #0
Au cas où, quoi. Au cas où il tombe en panne aussi, tout simplement, le panneau. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et puis l'hiver, si on termine un peu trop tard la distillation, pour le lancement aussi de l'alambic, on a besoin aussi d'un petit coup de boost du réseau. Mais après, on est autonome sur l'année, sur ce qu'on produit et ce qu'on consomme.
- Speaker #0
Alors là, dans ces premières années, ces premiers mois, il y a eu des moments difficiles, des moments de découragement, des difficultés imprévues ? Des anecdotes ?
- Speaker #1
Plein, parce que c'était à la fois une installation, et puis je n'étais pas toujours là, je n'étais pas toujours sur place, donc Loïs s'est retrouvée aussi parfois à devoir affronter tout seul, se retrouver en périgord tout seul, ce n'était pas forcément toujours évident. C'est aussi devoir prendre des décisions, on devait prendre des décisions auxquelles on n'était pas forcément préparé, et puis en plus c'était un lieu familial, c'est-à-dire qu'on ne prend pas des décisions tout seul, on ne peut pas... trancher dans le lard et choisir, ça ne marche pas comme ça. Il faut faire avec toute une histoire. C'est un cadeau et en même temps, c'est une responsabilité. Donc, on ne pouvait pas faire n'importe quoi. Je ne saurais pas. Après, oui, il y a eu des super moments. Plein de gens qui nous ont soutenus et qui... Je me souviens, la première fois qu'on a reçu une grande partie de la famille, Loïs a écrit un livre un peu sur la première année de la distillerie. Mais je pense à un moment qui nous a marqué. J'ai vu que tu m'as amené un livre, effectivement,
- Speaker #0
qu'on voit à l'écran.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'il y avait ce moment-là où notre cousin fêtait ses 40 ans et il fait venir plein de ses amis à fond froide. Et donc beaucoup, on en connaissait pas mal. Et qui, en fait, voyaient la première fois la distillerie et la manière dont revivait fond froide. Et qui avaient énormément d'émotions. Et nous, je pense qu'on a vu les six mois parcourus à travers l'émotion qu'ils avaient en découvrant ce qu'on faisait. Et le côté un petit peu fou de créer une distillerie, une petite distillerie dans le Périgord. Et parfois, ça faisait envie. On sentait que ça pouvait faire envie de concrétiser une sorte de rêve. Donc nous, on a mesuré le petit chemin parcouru, ces six mois, avec la rencontre de ces gens-là.
- Speaker #0
Le début de la production réelle, les premières bouteilles qui sortent, Par rapport au début du projet, c'est quoi ? Un an ?
- Speaker #1
Non, justement, il ne fallait pas qu'on rate. C'est six mois parce qu'on est arrivé au mois de janvier. Il faut vite vendre après. On ne voulait pas rater la saison. On parle de tourisme, on était vraiment dans une région touristique. C'était aussi ce qui allait nous lancer. On n'avait que le gin au début. Je crois qu'on a branché l'alambic début juillet et on a sorti les premières bouteilles. On avait déjà un petit alambic. qu'on avait déjà de 5 litres. Donc, on a commencé les premières bouteilles, les premiers tests.
- Speaker #0
À titre expérimental, c'est ça ? Voilà.
- Speaker #1
Donc, on avait déjà la recette. Et puis après, on a lancé la production dès juillet. On a lancé les premières bouteilles.
- Speaker #0
Alors, la recette, parlons-en. Comment fait-on ? Là, on voit, tu nous as amené des bouteilles. On va reparler de tout ça après le packaging qui est super sympa. Moi, j'aime beaucoup. Comment ça marche ? Il y a un jardin avec des plantes. Alors c'est la distillerie de l'Horte, j'ai appris que l'Horte ça voulait dire en occitan jardin, d'ailleurs Hortis je pense que c'est en latin.
- Speaker #1
C'est ça Hortis, le vrai nom des petits jardins en Périgord c'est Cazao, mais ça allait moins pour le nom de la distillerie. Donc distillerie de l'Horte,
- Speaker #0
distillerie du jardin, donc on comprend tout dans le nom, ça va du jardin à l'alambic avec l'eau, l'alcool.
- Speaker #1
Et les plantes.
- Speaker #0
Et les plantes.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Alors, comment ça marche tout ça, dis-moi ? Alors, les plantes, c'est une agriculture biologique autant que possible, je suppose. Tout est biologique. Tout est biologique. Voilà. Comment ça marche ? Quelles sont les plantes cultivées ? Comment se fait le process de distillation ?
- Speaker #1
Alors déjà, ça part beaucoup d'une recette. Enfin, ça part de la recette. Et la recette, elle vient d'où ? La recette, elle vient d'une histoire qu'on veut raconter. D'une histoire, d'une émotion qu'on veut transmettre. Et je trouve que le jean de nos jardins, l'histoire de jean de nos jardins traduit bien la manière dont on travaille. Pour nous, le jean de nos jardins, c'était mettre en bouteille vraiment notre manière de voir le Périgord. C'est très personnel et c'est vraiment associé à nos souvenirs d'enfance. Donc là, clairement, pour moi, j'associe la ferme à une odeur particulière. C'est vraiment l'odeur qu'il y a quand il fait très chaud. On a cette odeur un peu sucrée de la terre. On a le côté herbacé quand il y a eu les foins. Et moi, c'est vraiment ça. C'est l'odeur que j'associe à fond froide. Et c'est ça qu'on voulait mettre en bouteille. Et donc, c'est une histoire de chaleur.
- Speaker #0
Il faut avoir un nez quand même.
- Speaker #1
Le nez, ça s'apprend, ça se travaille. C'est aussi une histoire de mémoire.
- Speaker #0
On parle des nez dans les parfums. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Mais en fait, ça se travaille. C'est-à-dire que l'odorat, c'est de la mémoire. Donc, on essaye de travailler beaucoup, de goûter beaucoup de choses, de sentir, d'exercer notre odorat, notre goût. Parce que c'est vrai que 60 ou 80% du goût, c'est l'odorat. Ça joue beaucoup. Et donc, on a travaillé comme ça pour le Gin to No Jardin. C'était de mettre en bouteille ces odeurs-là, vraiment notre vision du Périgord. Et l'idée que ce soit un spiritueux, ce n'est pas le spiritueux qu'on va garder au fond du placard, c'est celui qu'on va partager avec les copains en apéro. Que ce soit quelque chose qui est facile et qui est accessible. en termes de goût et qu'on a vraiment envie de partager. Nous, c'était ça le gin de nos jardins et on voulait que ça soit...
- Speaker #0
Ça se boit frais ?
- Speaker #1
Ça peut se boire frais sur glace. Ça se boit en gin tonic avec un...
- Speaker #0
C'est marrant, moi, spontanément, comme ça, j'aurais tendance à le goûter, je crois, frais. Alors, c'est peut-être la période qui veut ça. En ce moment, on n'a pas envie de choses trop chaudes.
- Speaker #1
Bien sûr, tu peux le boire sur glace, tout à fait bien frais. Quand il fait très très chaud, c'est vrai que nous, là, ce qu'on ne faisait pas forcément avant, on les garde au... frais, mais sinon on les garde vraiment à température ambiante, bien sur glace. Ou avec un tonique bien frais, un verre rempli de glaçons. C'est plutôt un jean d'été. Donc,
- Speaker #0
pour rendre ces parfums, il te faut des plantes.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Qui représentent ces parfums. Alors on utilise quoi ? Et comment ensuite ? Raconte-moi l'élaboration J'ai vu que vous dites Le matin vous cueillez les plantes Fraîches et ça se fait dans la journée en fait ?
- Speaker #1
Non, les plantes on les récolte le matin Autant que possible Parce que c'est là où elles vont être le plus concentrées en aromatique Mais après on les fait sécher On les fait sécher et puis en fonction de la météo Et du type de plante Elle prend plus ou moins de temps à sécher
- Speaker #0
J'avais raté une étape
- Speaker #1
Après les agrumes on les pèle juste avant distillation Mais sinon où elle est... Les plantes, on va les sécher. Et après, c'est vraiment le travail de mon frère. C'est de travailler sur l'équilibre des plantes. C'est vraiment un travail entre parfumeur, chef. Il y a quelque chose comme ça, de travailler entre l'équilibre des plantes. Il a travaillé sur des milliers de plantes. Quand on part d'une idée, lui, c'est à peu près avec quoi on peut l'associer et comment il va pouvoir retranscrire une idée. On nous parle beaucoup en couleurs aussi, en formes. Parfois même en musique, il y a quelque chose comme ça. L'idée, c'est de retranscrire un sentiment dans quelque chose de palpable. Et qu'on va pouvoir...
- Speaker #0
Jouer à l'étiquette, parce que je vois les couleurs. C'est ça.
- Speaker #1
Et il y a vraiment cette idée-là d'association de plantes. Et ça, c'est le savoir-faire aussi artisanal. Et de savoir, par exemple, pour le jean, ce jean-là. Dans le jean, il y a forcément de la baie de genièvre. Mais la baie de genièvre, en fonction des plantes avec lesquelles on va l'associer, il y a... certaines notes qui vont ressortir plus ou moins. Par exemple la baie de Genève va avoir des notes épicées, des notes herbacées, des notes citronnées. Et pour le gin de nos jardins, nous on a voulu aller chercher son côté herbacé. Donc il va y avoir du romarin, il y a de la lavande, du thym citron, de l'origan.
- Speaker #0
Donc tout ça est cultivé sur place ?
- Speaker #1
Voilà, est cultivé. Après on y met des zestes de citron et de pamplemousse qui ne sont pas de notre production. Mais il y a aussi de l'angélique, ça qu'on cultive, il y a de la coriandre. Et la baie de Genève, voilà, qui va être vraiment au coeur du gin. qu'on va rehausser avec plein d'aromatiques.
- Speaker #0
Pour le coup, le pamplemousse, il n'est pas local.
- Speaker #1
Non, ni le citron d'ailleurs. On a des citronniers, mais... Malheureusement,
- Speaker #0
on ne peut pas faire court sur tout.
- Speaker #1
Et ça, c'est un choix aussi. C'est-à-dire que nous, on fait le choix de... Il y a le goût quand même avant tout. Oui, quand même. Donc on fait le choix de...
- Speaker #0
Il faut que ça soit bon.
- Speaker #1
C'est ça, il faut que ça soit bon. Et on ne cherchait pas à être dogmatique. Nous, on fait le mieux possible. Encore une fois, il faut le vendre. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Il y a une limite à tout. Il faut...
- Speaker #1
Et nous, dans notre démarche, quand on accueille les gens... On explique comment on travaille. L'idée, ce n'est pas de se dire tout ou rien. En fait, on avance aussi pas à pas et il y a des choses qu'on choisit. Et puis, on fait le choix de la qualité, on fait le choix du goût. Et si on va aller chercher des agrumes, on va aller chercher des agrumes de qualité. Certaines épices, on va aussi sélectionner des épices de qualité. C'est aussi un choix. L'idée, c'est d'aller vers quelque chose qui est en progression. Et on parlait d'écologie, je pense que c'est aussi quelque chose qui est nécessaire, c'est-à-dire de garder des étapes vers lesquelles on va. Par exemple, la base du gin ou du pastis, c'est un alcool neutre. C'est un alcool à 96 degrés qui, comme toutes les distilleries, on l'achète, on ne le produit pas. C'est un alcool de blé qui vient de l'Union Européenne, etc.
- Speaker #0
Tu réponds à une question que je n'aurais pas pensé te poser. C'est très bien.
- Speaker #1
Dès le début, on s'est dit qu'on avait envie de produire notre propre alcool. Mais par contre, c'est quelque chose qu'on n'est pas en capacité de faire aujourd'hui parce que ça demande des investissements. Parce que ça demande aussi de réfléchir vraiment à un process qui va nous permettre de le faire. Aujourd'hui, on y est presque et on sait que c'est quelque chose qu'on va pouvoir mettre en place.
- Speaker #0
On va parler des projets, à la fin. Voilà,
- Speaker #1
mais c'est des choses qui n'existent pas. On y va progressivement pour faire des choses solides.
- Speaker #0
Tu ne peux pas, de toute façon, même si on a des idéaux de perfection, on ne peut pas tout faire en une fois. Ce n'est pas possible. Alors... J'ai lu qu'il y a trois phases lors de la distillation. La tête, le cœur et les queues. Ce que j'adore dans ces épisodes de podcast, c'est que je deviens le caviar la dernière fois. Maintenant, je sais tout sur le caviar. En fait, on évolue intellectuellement en faisant des épisodes. C'est ça qui est extraordinaire. J'espère que les personnes qui nous écoutent ressentent la même chose. Il y a la tête, le cœur et les queues. Et j'ai lu que donc, c'est le cœur, ce qui se conçoit d'ailleurs déjà dans le... dans l'étymologie des mots, qui est le plus important, enfin le meilleur ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Alors, vas-y, raconte.
- Speaker #1
Alors là, c'est vraiment aussi là où il y a tout le savoir-faire aussi des distillateurs. C'est des moments, en fait, où on sélectionne la meilleure partie, enfin ce qu'on considère, parce que pareil, c'est très personnel, la meilleure partie du spiritueux, du distillat, de ce qui va être distillé. Donc, en fait, nous, la distillation est durant... entre 8 et 9 heures, ça va dépendre de différents facteurs. La pression atmosphérique...
- Speaker #0
Je reprécise, excuse-moi, je te coupe. Je reprécise, on parlait des plantes séchées, des fruits pelés. On mélange tout ça avec l'alcool.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
On met tout ça à distiller un certain nombre d'heures.
- Speaker #1
Voilà, exactement. En fait, ce qui va se passer, c'est qu'un alambic, ça ne produit pas d'alcool. Ça le concentre. Donc ça concentre à la fois l'alcool et ça concentre les aromatiques. Pourquoi on utilise de l'alcool ? Parce que l'alcool, c'est un vecteur d'aromatiques. C'est un très bon solvant. En fait, ça va capter les huiles essentielles des plantes. Et cet alcool, il va s'évaporer. Parce qu'il bout à une température un peu moins élevée que l'eau. Ce qui fait que les vapeurs d'alcool vont s'évaporer et l'eau va rester. Donc en fait, c'est la lambie qui sert à ça. C'est pareil, les molécules d'eau et d'alcool. Donc on a cette vapeur chargée d'huiles essentielles qui s'évapore. Et ensuite qui... Il va suivre un chemin dans l'alumbic et être refroidi dans le fameux serpentin, qui est un serpentin qui est plongé dans de l'eau froide. Donc vapeur et eau froide, ça devient liquide. Et donc là, c'est ce distillat qu'on va recueillir. Ce distillat, il est concentré en aromatique, en alcool.
- Speaker #0
Quel est le pourcentage, par rapport à la masse globale, pourcentage de perte, alors que j'ai vu qu'il est réutilisé,
- Speaker #1
de perte d'alcool ? Alors nous, on le perd. pas nécessairement parce qu'en fait, on redistille une grande partie. Et on arrive à redistiller aussi ce qui nous reste pour le redistiller en alcool neutre ensuite par la suite.
- Speaker #0
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
- Speaker #1
Et ce qui va rester en eau et en plantes, on le composte. Donc en fait, à la fin de la distillation, il n'y a plus d'alcool dans la langue.
- Speaker #0
Et j'ai vu que l'eau chauffait les serres aussi.
- Speaker #1
Exactement. Après, il y a des choses qui... Choses qui ont été mises en place, qui fonctionnent plus ou moins bien et qu'on espère à l'avenir améliorer. Donc ça, par exemple, c'est un des points sur lesquels on veut travailler par la suite dans nos futurs projets, d'améliorer ce genre de process. C'est surtout pour qu'ils ne gèlent pas l'hiver. Ça les maintient.
- Speaker #0
Donc on revient à notre process. Il y a le cœur, la tête. La tête, le cœur et les queues. Donc le cœur, c'est la meilleure partie.
- Speaker #1
Exactement. C'est la meilleure partie. Donc on va d'abord avoir les têtes. Les têtes, c'est ce qui va arriver en premier. Là, c'est là où il y a les aromatiques les plus volatiles. Celles qui vont sortir en premier, finalement, c'est assez logique. Ça, on ne le garde pas. Il faut vraiment... C'est assez rapide. Il faut pouvoir couper. Là, c'est vraiment... Aujourd'hui, on a Kevin aussi qui travaille avec nous et que Loïs a formé et qui distille. Il va couper, il va faire des contrôles toutes les demi-heures pour voir où on en est dans la distillation. Au goût, à l'odorat, au degré d'alcool, etc. Et donc il va savoir à quel moment il faut couper pour arriver au cœur. Donc enlevez-les. On enlève les têtes, on change de contenant, tout simplement. On arrive au cœur. Et donc là, c'est le moment de la distillation qui va durer le plus longtemps. Et donc, plusieurs heures, six heures à peu près. Et donc, le cœur va couler. Et ensuite, on arrive au cœur. Et donc là, c'est vraiment là où il ne faut pas se louper. Parce qu'on va voir les aromatiques les plus lourdes. Ce n'est pas très bon. Pour vous donner une image, ça sent un peu... Ça sent un petit peu la chaussette mouillée. Donc, c'est des aromatiques un peu plus épicées. C'est pas terrible. C'est pas hyper vendeur. Voilà, donc on ne garde pas ça. Et donc là, il faut vraiment couper au bon moment. Donc là, c'est vraiment un savoir-faire. C'est vraiment de ne pas rater presque cette minute. C'est vraiment une minute où il ne faut pas rater la coupe.
- Speaker #0
Là, toi, c'est pas ton job. Non, c'est pas mon job.
- Speaker #1
À la base, il y avait l'idée que j'apprenne à distiller. Ça n'a pas été possible. Oui, et puis c'est bien de partager les rôles aussi. Exactement. À l'avenir, peut-être, je viendrai. Mais pour l'instant, je ne sais pas. Mais en tout cas, apprendre, c'est toujours intéressant.
- Speaker #0
Une fois que tu as le produit fini, il est mis en bouteille tout de suite ?
- Speaker #1
Non. Alors là, on va le laisser reposer 3 à 4 semaines à peu près.
- Speaker #0
Donc 6 à 8 heures, c'est ça, de distillation ? Oui, au moins 8 heures. 3 à 4 semaines ensuite, il repose où ?
- Speaker #1
Ça repose dans des cuves, simplement. Puisque là, l'alcool est à peu près à 83 degrés. Donc on laisse reposer, parce que quand ça a été distillé, c'est un peu comme si les aromatiques avaient été un peu choquées. Donc il faut le temps que ça se pose, tranquillement. Et là ensuite, on va réduire à l'eau de source. Par exemple pour le gin, on va redescendre à 44 degrés.
- Speaker #0
Alors l'eau de source qui s'enrôle à ce moment-là.
- Speaker #1
Voilà, des sources de la ferme, donc on réduit. Pour le pastis, on va y rajouter du sucre et du miel. Et ensuite, on va l'embouteiller quelques jours après. Voilà, tout simplement. Donc ce n'est pas des alcools de vieillissement. Donc ça, c'est pour le gin et le pastis, le gin de nos jardins, le pastis de nos jardins. Oui,
- Speaker #0
alors le pastis, tu viens de dire, j'allais te demander après, mais tu m'as court-circuité sur ce coup-là. Le pastis, en fait, c'est... Par rapport au gin, c'est le même process ?
- Speaker #1
C'est le même process.
- Speaker #0
Auquel tu rajoutes, tu disais ?
- Speaker #1
Du miel et du sucre. Après, ce n'est pas du tout la même recette, par contre. Ce n'est pas du tout les mêmes plantes qu'on met dans l'alambic.
- Speaker #0
D'accord. Mais c'est le même process.
- Speaker #1
C'est exactement le même process.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais voilà, après, ce n'est vraiment pas du tout la même recette. Mais c'est le même procédé. Le vermouth, c'est très différent, par contre. Il n'y a pas de distillation.
- Speaker #0
Alors, voilà. Donc, vous... Alors, j'avais deux petites questions. Déjà, sur le gin. Tout à l'heure, ou alors c'est moi qui me trompe, tu m'as parlé ? Tu m'as dit du jean d'été. Est-ce que votre production de jean, ce n'est pas le même jean toute l'année ?
- Speaker #1
Alors si, le jean de nos jardins et le pastis de nos jardins, on les distille toute l'année.
- Speaker #0
Et c'est le même produit ?
- Speaker #1
C'est le même produit. Fini,
- Speaker #0
c'est le même goût ? Tout à fait.
- Speaker #1
Alors bien sûr, on travaille avec des plantes et d'année en année, il peut y avoir des petites variations. Puis même nous, on aime toujours l'affiner, le travailler, etc. Mais on fait aussi des éditions limitées et notamment sur les jeans. Chaque année, on fait un jean d'hiver. parce que nous, l'idée c'est vraiment de créer c'est de s'amuser vraiment de créer des univers aromatiques on fait des spiritueux pour ça, c'est pour vraiment amener les gens à découvrir des aromatiques qu'il soit surprenant, qu'il se passe quelque chose et donc le jean d'hiver en fait c'est quelque chose qu'on a commencé là sera la cinquième édition je crois et donc tous les ans c'est une recette différente et pour vous donner un ordre d'idée l'année dernière l'inspiration c'était la mousse au cacao pour adultes donc c'est quelque chose qu'on attend pas du tout pour un jean Merci. Et vraiment, c'était très réussi, je l'ai trouvé. Parce qu'on travaillait vraiment sur... Donc là, il y avait de la masse de cacao, des causes de cacao torréfiées, de la fève de tonka. On avait du thé Lapsan Souchong, donc ce thé fumé qui apportait vraiment un fondu hyper intéressant. On avait fait confire au sel des Mirabelles, parce qu'on avait une production comme cette année dingue de Mirabelles. Donc on les avait fait confire au sel comme des umeboshi. Parce que Loïs revenait du Japon, et donc du coup, il a voulu tester ça. Donc c'est ces prunes confites au sel qu'on mange au Japon. Voilà, donc on avait décidé de reproduire cette impression, ces sensations de mousse au cacao, mais en spiritueux. Donc sans être sur le sucre. Donc là, c'est vraiment des spiritueux, c'est la gourmandise, mais vraiment sans être sur le sucre.
- Speaker #0
Je suis très mauvais parce que je n'ai pas encore goûté vos produits, et surtout le gin, mais je connais, comme à peu près beaucoup de monde, le goût d'un gin, je dirais, ordinaire. Il y a quand même un lien ou c'est très différent ?
- Speaker #1
D'ailleurs,
- Speaker #0
c'est intéressant de le savoir avant. Comme ça, quand je le goûterai, je verrai si c'est...
- Speaker #1
Ah oui, c'est très différent. Puis d'ailleurs, en fait, un jean, c'est ça qui est génial avec le jean. C'est que l'obligation, c'est la baie de Genève. Il faut une dominance de baie de Genève.
- Speaker #0
Il y a quand même des codes.
- Speaker #1
Alors, dominance, c'est ça qui est excès dans le cahier des charges. Mais dominance, c'est très subjectif. Est-ce que c'est au goût ? Est-ce que c'est au pourcentage ?
- Speaker #0
Mais il faut quand même que ça ait goût de jean.
- Speaker #1
De Genève.
- Speaker #0
Oui, d'accord.
- Speaker #1
Et donc la Genève, en fonction de la qualité de la baie de Genève, on aura... pas du tout le même goût, la manière dont elle est distillée. Rien à voir. Et donc, c'est pour ça qu'entre, par exemple, si rien qu'on prend nos jeans, entre le jean de nos jardins, le jean d'hiver, rien à voir. C'est pas du tout les mêmes recettes. Et voilà, et entre plein de jeans, donc c'est pour ça qu'il y a autant de jeans et qu'il y en a partout dans le monde.
- Speaker #0
C'est ça qui est génial.
- Speaker #1
Oui, après, les whisky, c'est différent parce que, oui, alors il y aura des variations, etc., mais on travaille sur des céréales, sur des levures, sur du jus, et après, ça va être des blends. Oui, alors qu'il y a ce côté floral.
- Speaker #0
fruité,
- Speaker #1
floral il y a des milliers de plantes la seule limite c'est la créativité et c'est ça qui est génial tu peux plus t'amuser entre guillemets tu peux t'éclater, nous c'est ce qu'on fait c'est pour ça qu'on adore ce métier Jean Pastis,
- Speaker #0
Vermouth pourquoi ? pour vendre bien sûr aussi je pense que derrière il y a une finalité commerciale, c'est à dire si tu as plus de produits plus de variétés, plus de produits à vendre quand même mais pour Pourquoi le pastis et le vermouth ? Pourquoi peut-être pas d'autres produits plus tard ? On va peut-être en reparler ensuite.
- Speaker #1
Alors le pastis, on le voulait sortir en même temps que le gin, mais bon, chaque chose dans son temps, il fallait déjà implanter un produit et un spiritueux. Et donc le pastis, pourquoi ? Parce que pour nous, c'était vraiment l'alcool de l'été qu'on dégustait justement avec les cousins. C'est le roi des alcools de plantes, le pastis. Et autre chose, c'est qu'à Montignac, historiquement, il y avait une distillerie qui faisait un très bon pastis, le pastis d'Alice. Et donc, quand on a créé, qui faisait un très bon curasso aussi et qui a disparu. Et en fait, quand on s'est installé, il y a plusieurs personnes qui nous ont dit, mais vous allez faire du pastis parce qu'il y avait le pastis d'Alice. Et donc, voilà, on s'est dit, bah ouais, on va faire un pastis. Et en fait, chacun de nos spiritueux explore un peu des univers aromatiques. Le jean, c'est l'herbe acée. le pastis, c'est les anisés. Donc là, le pastis, on voulait vraiment travailler sur un pastis qui va être... qui va plus explorer l'univers des anisés méditerranéens. Donc l'ouzo, l'anigra, tout ça. Parce qu'on est sur plein de types d'anisés. Là, c'est fenouil, fénugrec, anis vert, anis étoilé, il y a de la verveine, il y a de l'isop, il y a de la lavande, enfin, il y a 17 plantes. C'est vraiment un pastis assez complexe, qu'on voulait floral, très doux. On peut le boire sec, et il est sucré au miel. Donc, le fait qu'il ait une très jolie... couleur dorée et un taux de sucre beaucoup plus bas que beaucoup de pastis, parce que le miel apporte une sucrosité, apporte de la douceur. C'est un petit bonbon à l'anis.
- Speaker #0
Il se boit comme les autres pastis avec de l'eau ? Oui,
- Speaker #1
il peut s'allonger, bien sûr.
- Speaker #0
D'ailleurs, le pastis, on peut le boire pur aussi.
- Speaker #1
Pour moi, le pastis, c'est vraiment le spiritueux qu'on boit comme on veut. C'est au goût. Chacun a sa manière de boire son pastis. Et donc, le pastis, les anisés. Et le Vermouth, c'est vraiment les amers.
- Speaker #0
Alors le Vermouth, je ne connais pas du tout.
- Speaker #1
Alors, le plus connu...
- Speaker #0
Les deux premiers, bien sûr, je connais. Enfin, je connais du gin et du pastis, mais du Vermouth, je ne crois pas.
- Speaker #1
Alors, je pense que tu connais une des plus grandes marques de Vermouth, qui est le Martini.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Voilà, qui était un vermouth, qui n'est plus classifié comme vermouth aujourd'hui, mais c'est un vermouth très connu.
- Speaker #0
Alors le blanc ou le rouge ?
- Speaker #1
Les deux sont des vermouths. Les deux ? Les deux sont des vermouths. Et après, il y a des connus comme le noyé prate ou le dolin. Donc il y a vraiment une histoire du vermouth en France. C'est une très vieille manière de conserver les vins. Mais on en a beaucoup plus en Italie. Oui, c'est ça. Alors français, italien, espagnol. D'accord. Et donc le vermouth, en fait, nous, on a travaillé avec... Un domaine, c'est devenu des amis, le domaine Combriac, qui sont à Bergerac. Ah oui, je connais,
- Speaker #0
qui fait un très très bon vin blanc, notamment. C'est pas un moelleux Combriac ? C'est un Rosette. Un Rosette, voilà.
- Speaker #1
C'est le Rosette de Combriac.
- Speaker #0
Ah d'accord, qui est très bon le Rosette.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Méconnu.
- Speaker #1
Méconnu, c'est une des plus petites appellations en France.
- Speaker #0
C'est un très bon vin, très raffiné. Et je trouve qu'il n'est pas assez connu. Quand je dis méconnu, c'est ça.
- Speaker #1
Alors je ne connais pas bien l'histoire du Rosette, mais je sais qu'il y a vraiment un retour du Rosette. C'est une toute petite appellation. Oui, je crois que c'est 40 hectares. Et vraiment, nous, quand on l'a découvert, on s'est dit que ça pourrait être très intéressant de travailler. Parce que Louis savait déjà, et c'est un grand amateur de Vermouth, ça fait très longtemps qu'il travaillait sur un Vermouth. Et donc quand on a rencontré Yann et Florent, c'était aussi vraiment l'occasion de travailler avec un vin du Périgord et avec des gens qui ont la même philosophie que nous.
- Speaker #0
et ils sont aussi très intéressés par les plantes et le type des plantes c'est une grande proportion c'est plus de
- Speaker #1
50% le vermouth c'est un apéritif à base de vin c'est à dire qu'on part vraiment du vin qui est vinifié donc le rosette il est prêt à boire et qu'on va mélanger avec une macération de plantes qu'on a fait dans de l'alcool c'est à dire que là il n'y a pas de distillation donc on fait macérer dans de l'alcool neutre de la framboise fraîche, du sureau et quatre types d'amers. Donc ça, c'est notre propre recette. Chaque vermouth va avoir sa propre recette. En général, il y a de l'absinthe. Donc c'est absinthe, gentiane, citron séché, achillée millefeuille pour nous, et un peu de camomille, une pointe de miel et du poivre du Sichuan.
- Speaker #0
Et c'est quand même très élaboré à chaque fois.
- Speaker #1
Et c'est un vermouth qui va être très élégant, très floral, et qu'on peut boire...
- Speaker #0
Je t'arrête là aussi, excuse-moi, mais là, tu me parles de tous ces ingrédients, mais... Quand vous avez dit on va faire du vermouth, bon ok très bien, je comprends l'idée, on va faire travailler des producteurs locaux, il y a toujours cet état d'esprit tout à fait vertueux de rester en circuit court, local, etc. avec le rosette du domaine de Combrillac. Il faudra d'ailleurs peut-être qu'on le mettra en lien dans le descriptif de l'épisode, le nom de son domaine. Mais vous testez, enfin comme un parfum, vous... testez plusieurs fois, vous enlevez, vous remettez. Enfin, ça ne doit pas se faire en cinq minutes. Tu ne trouves pas la recette comme ça.
- Speaker #1
C'est une dizaine de fois. On part d'une idée, mais après, c'est 50, 60 essais de test.
- Speaker #0
Vous vous recrachez quand même, rassure-moi. Ah oui,
- Speaker #1
évidemment. Ah oui, nous, on crache toujours. On crache toujours.
- Speaker #0
Les essais se terminent mal. Bien sûr, on crache toujours. Et puis, tu n'as plus toute ta tête.
- Speaker #1
Et surtout, tu n'as plus de papy. Oui, c'est ça. C'est vraiment, on ne crache pas.
- Speaker #0
Oui, on est bien d'accord. Je plaisante. Mais ça doit être, oui. Il faut un peu un temps, quand même. Ah oui,
- Speaker #1
c'est plusieurs mois. On travaille sur... Ah oui, voilà. On travaille sur des spiritueux, on les laisse reposer, on y revient. Et voilà, ça prend beaucoup de temps. Ça prend beaucoup, beaucoup de temps. Et puis, oui, parfois, c'est même un an.
- Speaker #0
Et pourquoi le Vermouth ? C'est venu comment, le Vermouth ?
- Speaker #1
Loïs était vraiment intéressé par le Vermouth depuis longtemps. Il y a vraiment un spiritueux qu'il aime bien, un apéritif qu'il aime bien. Et puis, je pense que vraiment la rencontre avec... avec le domaine combria qui a accéléré, a rendu possible. On parlait de l'humain,
- Speaker #0
une rencontre humaine qui a bien fonctionné. complètement. Oui, parce que lui, il faut quand même qu'il vous cède une petite partie de sa production.
- Speaker #1
C'est ça. Mais je pense qu'on s'est bien rencontrés parce qu'on a vraiment la même philosophie de travail. On travaille aussi avec beaucoup de clients en commun. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Il faut qu'il y ait une accroche humaine.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
C'est super important.
- Speaker #1
et puis on a beaucoup à échanger sur nos manières de fonctionner, nos manières de s'ancrer par exemple on a des parcours qui se retrouvent aussi pas mal.
- Speaker #0
C'est monsieur qui commande déjà le domaine de Montmoyac ?
- Speaker #1
C'est Ouyane et Florent Giroux.
- Speaker #0
D'accord, ok. Il y a d'autres produits alors on peut poser la question maintenant même si je l'avais prévu un peu plus tard, vous avez d'autres déclinaisons pas des déclinaisons d'ailleurs, c'est pas des déclinaisons forcément, c'est d'autres idées de...
- Speaker #1
Bien sûr, toujours. Tu ne peux pas nous en donner une petite ? On travaillera toujours sur les alcools de plantes. L'idée, c'est vraiment de travailler sur des alcools de plantes. Après, on est en train de définir différentes choses. Peut-être encore un peu tôt pour en parler. Vraiment, travailler sur d'autres alcools de plantes. Ça restera le fil rouge, je pense, de la distillerie. De travailler sur l'univers des plantes aromatiques. Oui, clairement, on aimerait bien... On explore un peu l'univers des liqueurs de plantes aussi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. On espère concrétiser très bientôt des nouveaux produits dans cet univers-là.
- Speaker #0
J'avais deux questions, mais pour lesquelles tu as partiellement répondu, mais je vais quand même te les reformuler pour revenir un petit peu à votre produit donc emblématique, phare, qui est le gin au départ. Est-ce qu'on peut parler d'un terroir pour un gin ? Alors, tu m'as en partie répondu puisque j'avais une deuxième sous-question qui était l'identité aromatique. Tu m'as un peu répondu. Parce que terroir, oui, parce que c'est lié à des émotions, là aussi, des odeurs de la ferme qui fait que Votre djinn, il est identifié à un terroir, un endroit.
- Speaker #1
C'est intéressant parce que d'ailleurs, je pense que le djinn qui était associé plutôt à l'Angleterre, en fait, toute cette vague de djinns qui s'est créée depuis moins de dix ans un peu partout dans le monde, en fait, elles sont toutes associées à des terroirs. Et c'est ça qui est génial avec le djinn. pas du tout à la balle un spiritueux qui...
- Speaker #0
Je découvre, je n'avais pas cette dimension-là, on va dire.
- Speaker #1
Il y a des djinns sud-africains, des djinns brésiliens, des djinns thaïsiens, des djinns de partout, des djinns bretons. Et en fait, chacun va y mettre sa patte, sa sensibilité, sa manière de percevoir son territoire. Et moi, c'est ça que je trouve génial. Et ça devient un spiritueux de terroir, qui raconte des terroirs. D'accord. Alors que ça ne l'était pas du tout. C'est un spiritueux qui voyage.
- Speaker #0
Donc tu racontes une histoire à travers le produit. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Je ne sais pas s'il y a autre. Après, il y a les whisky aussi. Ça correspond. Les vins aussi. La boucle est bouclée.
- Speaker #0
Ça correspond parfaitement à ta thèse. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Mais d'une certaine manière, le chemin continue.
- Speaker #0
On va parler un petit peu carrément des produits, mais dans le sens plutôt marketing, design, identité de marque. Alors déjà, on est déjà venu dessus. Mais pourquoi le choix du nom distillerie de Lort ? Alors bon, on a expliqué ce que voulait dire Lort. Pourquoi le choix de ce nom ? Est-ce que c'était une évidence ? Est-ce que vous aviez d'autres idées ?
- Speaker #1
Oui, à la base, on voulait simplement s'appeler la distillerie de Fonfroide. Oui,
- Speaker #0
c'était joli aussi.
- Speaker #1
Mais sauf que Fonfroide, pour nous, qui est associé à beaucoup de chaleur, etc., le nom ne transcrit pas forcément ça.
- Speaker #0
Il y a le mot froid, quand même.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et aujourd'hui, oui, en fait, on s'est dit l'Horte, parce que nous, on a grandi en Bretagne avec un père très bretonnant. Et donc, je pense qu'on est très sensibles aussi aux langues... aux langues locales et le donner un nom occitan l'identité du territoire et puis notre grand-mère parlait pas toi c'est un hommage c'est ça, c'est de se dire comment on peut aussi ancrer la distillerie vraiment dans un territoire dont a priori nous on se sentait pas faire partie de ce territoire à la base et on a vraiment été extrêmement bien accueillis et je pense qu'aujourd'hui c'est très chouette de pouvoir faire partie on le représentait à notre manière et oui l'horte vient de là parce que vraiment le fil rouge de nos spirituels c'est les plantes c'est les jardins, c'est cette philosophie de les cultiver de réfléchir aussi de continuer à réfléchir malgré les contextes actuels de canicule à comment on peut cultiver, comment on peut faire du beau comment on peut expérimenter et continuer à produire malgré tous ces aléas
- Speaker #0
Alors, l'univers graphique. Là, j'ai la bouteille en main qu'on voit. Elle est super belle, mais c'est sincère totalement. Je ne le dirai pas sinon. C'est très, très joli. Alors, en plus, il y a les petites boris. Il y a les citrons, effectivement, qui ne sont pas très périgourdins, évidemment. Je vois même une abeille. C'est ça. Qui vous a fait ça ? C'est maison ? C'est vous qui fabriquez ? Alors,
- Speaker #1
on travaille avec une agence qui est à Montpellier. depuis le début, qui s'appelle l'agence Be Wine. Pareil, c'était une belle rencontre. Et en fait, c'est eux qui font notre univers graphique depuis le début, avec des idées. Surtout, ils ont eu beaucoup de patience pour nous suivre dans nos idées. C'est bien, c'est chouette. Et surtout, ils ne connaissaient pas le Périgord. Donc, c'est rigolo. C'est pour ça qu'on a une bourrie qui, à la base, ressemblait plus à une case qu'à une bourrie. Des montagnes du Sahara, beaucoup plus grandes, mais on aimait bien. Du coup, on a gardé cet univers et c'est vraiment notre... C'est vraiment notre... Notre perception du Périgord, on voulait aussi sortir un peu de cette... Nous, on ne se sentait pas avec cette image du Périgord, parfois un peu plus vieillotte, etc. On voulait montrer que le Périgord, il se passe plein de choses.
- Speaker #0
Mais c'est génial parce qu'il y a une... Alors tiens, vous êtes pile au milieu d'ailleurs. Je vais la semaine prochaine à Comarque passer la soirée. Il y a une jeune génération d'entrepreneurs dans le tourisme en Périgord qui est fantastique, qui a très bien été dépeinte d'ailleurs dans une émission. C'était pas des racines et des ailes qui étaient spéciales, Périgord ? Je sais plus laquelle, peu importe, une de ces émissions où on parle des territoires. Et c'est vrai qu'en Périgord, on ressent depuis l'avant-Covid, on sent une nouvelle génération, super intéressante, très créative, même sur les sites touristiques, dans des idées de visite, enfin dans l'expérience du touriste sur place. J'aime beaucoup, moi. Je reviens à ma bouteille. Gauthier Frères et Sœurs, ça, j'aime bien. Je trouve ça super. Je comprends un peu moins bien. Peux-tu m'expliquer le logo, là ?
- Speaker #1
Une question. Vraiment, là, par contre, on s'en est éloigné après.
- Speaker #0
On mettra des photos de la bouteille.
- Speaker #1
Je pense que c'était une proposition graphique du graphiste, le logo, qui représentait plus les couleurs. plus les couleurs qu'en soit, il y a les collines, mais les collines sont un peu exagérées. On est situé vraiment sur le haut d'une colline. Après, le choix des couleurs, c'est une déclinaison des oxydes qu'on retrouve à Lascaux. C'est vraiment anecdotique, mais c'est ce qui nous a permis de choisir notre couleur.
- Speaker #0
Vous êtes tout près.
- Speaker #1
Après, c'est quelque chose, on n'en fait pas la panacée, mais ça a été des choix, les ocres, les oxydes qu'on retrouve à Lascaux, le noir, etc., de manganèse. qu'on retrouve dans les peintures rupestres. Mais ça, c'est vraiment la manière dont nous, personnellement, on a choisi nos couleurs au début.
- Speaker #0
Il y a un truc qu'on n'a pas fait, Nolwenn, c'est... Vous situez, pour nos auditeurs, ceux qui vont vouloir venir vous voir, que j'espère nombreux, parce que pour nous c'est une évidence, pour toi et moi, vous êtes où ? Vous êtes à Montignac ?
- Speaker #1
On est à Montignac, on est à la sortie de Montignac. Direction Périgueux ? Direction Périgueux, en fait quand on prend la départementale, on est avant Montignac. Il y a des panneaux pour nous rejoindre, mais c'est à l'entrée de Montignac en venant de Périgueux.
- Speaker #0
Montignac, Lascaux ? Grotte de Lascaux, Vallée de la Vézère,
- Speaker #1
Patrimoine Mondial Château,
- Speaker #0
site troglodytique
- Speaker #1
Et c'est vrai ce que tu disais à propos de cette génération et nous on ne s'y attendait vraiment pas à priori quand on est arrivé parce que clairement on n'avait pas d'amis sur place et en fait c'est ça qui a été génial c'est qu'en fait, alors tous les jeunes qui s'installaient en même temps que nous et aussi les gens qui sont installés depuis plus longtemps, nous on a été hyper bien accueillis, les gens ont été curieux de notre projet Oui. nous ont vraiment soutenus avec peut-être un peu d'imitatif au début mais bienveillant, enfin vraiment accueillant quoi et puis je pense que ils ont vu qu'on en voulait, qu'on bossait et donc je sais pas, on a été hyper bien accueillis et petit à petit, justement au fil des années, on a rencontré plein de gens qui comme nous, soit sont d'ici sont partis, sont revenus, soit sont d'ici juste sont restés ou des gens qui viennent d'ailleurs, mais en fait plein de gens qui ont plein de projets et avec lesquels en fait on crée un réseau Et c'est génial parce que ça donne une dynamique. On sent qu'il se passe plein de trucs et on a envie d'en être. On a envie de participer. Il y a vachement de solidarité, d'échange. Les gens jouent le jeu les uns avec les autres. Et sans être... Je ne pense pas... L'idée, ce n'est pas d'être idéaliste, mais je trouve qu'il y a une vraie super dynamique actuellement. Non, non, mais c'est vrai. Je ne sais pas si c'est valable partout, mais en Périgord-Noir, je trouve ça génial.
- Speaker #0
Il faudra que tu écoutes l'épisode qu'on a fait, non pas pour nous faire de la pub, bien sûr, mais on n'en a pas besoin en plus. L'épisode avec Annabelle par exemple du Conquine, qui est venu deux heures ici, qui est adorable et c'est un super épisode. Donc voilà, ça fait partie d'une jeune génération. Ils font des choses extraordinaires sur le site du Conquine. La pauvre, on est allé voir un spectacle début juillet en famille et il y a eu un énorme orage. Ah, tu y étais ? Oui, je suis partie aussi, mais j'ai envie de bien y retourner cet été parce que ça avait l'air génial. On s'est croisés sans se connaître.
- Speaker #1
On est parti, mais je compte bien. Il faut que j'y revienne. Ça avait l'air génial.
- Speaker #0
Donc bref, il y a une vraie dynamique. Je reviens sur mon marketing, sur la bouteille, le choix de la bouteille. Parce que c'est super important, le choix de la forme de la bouteille dans les spiritueux. Alors là, on est sur une bouteille, j'ai presque envie de dire, c'est assez traditionnel. Assez classique. Alors,
- Speaker #1
non pas pour leur faire de la pub, mais c'est une bouteille qui a été conçue par Veralia. Donc, V.O.A. qui est la verrerie d'Albi, en fait. qu'ils avaient conçues pour les micro-distilleries. Elle s'appelle Arsène. Et nous, on l'aimait bien parce que...
- Speaker #0
Les trois ne sont pas les mêmes, on est d'accord.
- Speaker #1
Parce que le Vermouth doit être en 75 cl. C'est une bizarrerie du cahier des charges des Vermouths, mais il ne peut pas être en 70. Donc, on a essayé de trouver une bouteille similaire. Mais la bouteille du gin et du pastis, l'idée, c'était ça, c'était vraiment d'avoir une bouteille qui ait une bonne prise en main, qui soit solide, qui rentre dans les étagères de bar, parce que, quand même, on travaille beaucoup avec les réseaux CHR. qu'il soit facile, la prise en main, la solidité, qu'elle ait du caractère. Mais il y a déjà beaucoup d'informations sur l'étiquette. Donc l'idée, c'était qu'il ne s'en surcharge pas beaucoup plus la bouteille. Mais voilà, on aime bien cette bouteille.
- Speaker #0
Tant qu'on est sur les produits qui sont présents sur la table, on n'a pas du tout parlé de cette étrange bocale. Il faut que je parle devant le micro. C'est quoi ? C'est de la baie de Genève. C'est de la baie de Genève. Je suis mauvais, excuse-moi. Non,
- Speaker #1
il n'y a pas de souci. L'idée,
- Speaker #0
c'était de montrer un petit peu aussi la base du jean. La matière première, je cherchais le terme. La matière première du jean. Je cherchais le terme. Ok. D'accord, c'est très foncé.
- Speaker #1
C'est ça. Et on en trouve plein ici. Il suffit de se balader sur les causes. Il y a des déjeuners verriers partout.
- Speaker #0
Alors, pour décliner après sur le... Maintenant qu'on a parlé du produit, de son packaging. On va parler derrière de l'image. Alors, j'ai vu que vous étiez, et là c'est pareil, ce n'est pas un commentaire gratuit, c'est vraiment une réalité. J'ai vu que vous étiez très dynamique, je dirais drôle, sur les réseaux sociaux, on va en reparler. J'aime beaucoup ce que vous faites sur les réseaux sociaux, vous êtes très décalés même parfois. J'ai vu qu'également, vous aviez pris une sorte d'orientation... cocktails pour mettre en avant vos produits. C'est marrant parce que sur votre site, vous distinguez les besogneux, vous, et puis les stars. Vous mettez les stars, Kevin et Emma. Raconte-moi un petit peu qui sont Kevin et Emma et parlons un petit peu des cocktails.
- Speaker #1
C'est ça. Kevin nous a rejoints il y a un peu plus de trois ans maintenant. Oui, dans deux ans et demi, dans trois ans presque. Et donc, lui, il était caviste à Paris. Il connaissait déjà nos spiritueux, mais il est originaire de Sarla. Il a eu l'envie de revenir à Sarla. Très intéressé, c'est un féru de vin. C'est une encyclopédie vivante du vin, des spiritueux. Il est très connaisseur. Il est jeune pourtant. On a le même âge, il va avoir 36 ans comme moi. C'est jeune pour moi. C'est vraiment un grand... Il avait envie de revenir en Périgord. Et il est venu un peu un jour taper à notre porte. Alors nous, à la base, on pensait vraiment rester que deux avec Loïs. Il arrivait au bon moment parce qu'on sentait qu'on avait besoin de quelqu'un d'autre. Et lui est venu avec beaucoup de curiosité et d'envie de... d'apprendre à distiller. Et donc, il s'est installé en Dordogne. Et donc, depuis, il est avec nous. Et donc, il sait, maintenant, il a appris à distiller avec Loïs. Il crée des recettes. C'est lui, d'ailleurs, qui a créé la dernière recette du gin d'hiver. Et voilà, c'est aujourd'hui, depuis trois ans, un vrai pilier de la distillerie. Et Emma, qui nous a rejoints maintenant il y a un an. On est cocktail CL, c'est ça ? CL, voilà. Donc, elle, elle est aussi pareil. Elle est aussi du secteur. mais elle a beaucoup voyagé, elle est mixologue, donc c'est les gens qui créent des cocktails. Elle travaillait plutôt en hôtellerie haut de gamme, et elle créait des cocktails, et donc elle a eu l'envie de découvrir une autre partie de l'univers des spiritueux. Et donc avec son expérience, justement, c'était ça. L'idée, c'était de montrer, de rendre un peu plus tangible la manière dont on peut déguster les spiritueux. Elle crée des cocktails, elle les fait découvrir. Et donc, via les réseaux sociaux, en fait, ça nous permet vraiment, notamment Instagram, de vraiment présenter, de rendre un peu ludique et accessible la création des cocktails, même si en périgord, alors qu'on ne l'attend pas forcément. Donc, c'est aussi ça l'idée.
- Speaker #0
Alors, vous avez, via Emma, notamment, et les cocktails, vous avez une... une page Instagram, je suis en train de la chercher, je ne la retrouve pas, puisque je n'ai pas de téléphone sur moi.
- Speaker #1
Oui, Distillerie de l'Ordre.
- Speaker #0
Vous avez une page Instagram qui est super sympa. C'est dommage que je n'arrive pas à tomber dessus, parce que j'ai vu des publications qui étaient même drôles. Je vais peut-être la voir là, Distillerie de l'Ordre. Raconte-moi un peu, c'est qui qui gère ça ? C'est vous, directement ? C'est toi ?
- Speaker #1
Oui, c'est nous. Au début, c'était beaucoup tous les deux. Après, ça a été plus Loïs. et en fait nous on n'est pas très fan des réseaux mais on sait que c'est un peu nécessaire d'y être et du coup on décide de l'utiliser on publie pas souvent on publie que quand on a vraiment un truc qu'on a envie de publier et de partager un truc vraiment qui raconte quelque chose qui peut être drôle, bien fait etc donc notamment je pense une des séries de publications qui nous a fait le plus rire Merci. on n'était que tous les deux encore à l'époque je crois on a fait une série de photos où on a repris un peu des tableaux vraiment de la pop culture j'ai adoré la laitière la laitière, la sieste de Cézanne c'est pas la laitière c'est là le clin d'oeil c'est la laitière donc on l'appelait la pastissière la pastissière excellent avec toi en train de verser un pastis et puis surtout Loïs après derrière c'est excellent ça Loïs je ne l'avais pas vu on avait American Gothic donc ces deux mormons on l'a appelé la ferme du Périgord ou Périgord Gothic je ne sais plus plein de clins d'oeil comme ça qu'on aime bien détourner un peu des...
- Speaker #0
Il y a la vie de la distillerie, il y a les produits, il y a les différents cocktails. En revenant rapidement sur les cocktails, vous présentez, je vois sur les dernières publiques notamment, vous présentez un certain nombre de cocktails avec la base de vos produits, avec comme base vos produits. Par exemple, tu peux m'en citer un ou deux. Là,
- Speaker #1
on a fait un partenariat. C'est quoi ton préféré ? Mon préféré, c'est un qu'a créé Emma avec Goa. qui est aussi une jeune entreprise de Saint-Jeunesse où ils font du kombucha. Très bon kombucha. Il y a plusieurs entreprises en Dordogne qui sont très chouettes, qui font du kombucha. Il y a Bisco et Goa que je connais qui sont vraiment chouettes.
- Speaker #0
Le Jardin Secret,
- Speaker #1
c'est ça ? C'est lui avec le pastis. Je ne sais pas si on l'a publié, mais elle a fait un cocktail avec le pastis et leur kombucha mangue vanille et du sirop d'érable. C'est bluffant. Et vraiment très très bon. Donc j'ai adoré. Donc voilà, l'association Pastis et Manque Vanis, c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Ça nous permet de venir à une partie importante, c'est comment vendre le produit. Et là, on est pile dedans. Il y a l'image sur les réseaux sociaux, comme vous dites, même si vous n'êtes pas forcément fan. Mais ça, il y a plein de gens qui me disent ça. On n'est pas fan, mais bon, on est obligé d'y être. On doit y être, oui. Comment on vend un produit comme celui-ci ? Quels sont les réseaux de distribution ? Quelle est la place de la vente sur le web ? Est-ce qu'on peut parler de tout ça un petit peu ? Bien sûr. C'est intéressant.
- Speaker #1
Et le prix des produits aussi, parce qu'on n'en a même pas parlé. Alors c'est vrai que nous, on est sur des segments de produits qui sont plutôt super premium.
- Speaker #0
prix assez premium, super premium. Et donc on travaille essentiellement, une grosse partie de notre chiffre d'affaires est quand même avec les professionnels. Donc caviste, épicerie fine, distribution, CHR.
- Speaker #1
Donc là c'est de la distribution physique ?
- Speaker #0
C'est de la distribution.
- Speaker #1
Dans toute la France ?
- Speaker #0
Dans toute la France. Et un petit peu en Europe et un tout petit peu en export.
- Speaker #1
Grande distribution également ?
- Speaker #0
On a fait un petit peu, on a travaillé notamment avec Monoprix. sur le pastis.
- Speaker #1
Difficile de rentrer sur des...
- Speaker #0
C'est le problème des prix. Non, ce n'était pas ça. C'est vrai que nous, on est une toute petite structure. Donc, on n'avait pas forcément la capacité. C'est plus justement la capacité derrière à animer. Mais c'était un gros coup de cœur. On avait été sélectionnés pour une belle expérience. On avait été sélectionnés par un concours qui a fait Monoprix pour découvrir leurs nouvelles pépites. Et ils avaient adoré notre pastis. Ça avait été le coup. le coup de cœur de la directrice commerciale de Monoprix et de la directrice RSE. Donc, on a pas mal poussé pour faire rentrer notre pastis. Et du coup, on avait fait un pop-up dans une centaine de Monoprix de France. Donc, c'était intéressant. Donc oui, nous, on travaillait essentiellement avec des professionnels. Une grosse partie de notre chiffre d'affaires, c'est les professionnels de la distribution. Donc, ça a commencé. Là-dessus, la recherche m'avait beaucoup aidée. C'était vraiment de pousser des portes et d'aller voir. d'aller voir des cavistes avec des échantillons dans notre sac et aller faire goûter. Donc là, commercial.
- Speaker #1
Tu as pris ta casquette de commercial.
- Speaker #0
Voilà, on est allé voir, Loïs le faisait au début, et vraiment d'aller voir tous les cavistes. On a fait à peu près toutes les grandes villes de France. On a visité beaucoup de villes, du coup c'était chouette. Beaucoup de secteurs. C'est sympa,
- Speaker #1
je pense, d'aller au contact et de faire découvrir ton produit. Et puis en plus, c'est ton produit. Tu ne vends pas le produit de quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Je pense qu'il n'y a pas meilleure manière de le vendre. Et puis,
- Speaker #1
tu es obligé de le tester auprès des professionnels. Exactement. Parce que toi, il te plaît, mais est-ce qu'il va plaire aux autres ?
- Speaker #0
C'est une bonne manière de progresser aussi, d'avoir des retours, puis de s'ajuster en termes de prix, d'apprendre, de voir un peu comment mieux distribuer, comment vraiment on peut intégrer notre jean. Surtout qu'on arrivait à une période où ça commençait à être la vague du jean, donc il commençait à y en avoir beaucoup. Donc, c'était vraiment une manière de découvrir. Et puis après, aujourd'hui, on travaille avec à peu près, je dirais, 300-350 clients directs, professionnels, un peu sur toute la France. Et essentiellement, oui, cavistes, épiceries fines, restaurations. Et donc là, oui, on a eu envie de développer un peu plus cette partie restauration sur le sud-ouest. Donc, avec Emma... pour proposer notamment des cocktails. C'est malin,
- Speaker #1
je dirais. Ça permet de voir aussi l'utilité. Comment on peut utiliser le produit sur ce segment ?
- Speaker #0
Et puis à notre échelle, parce que nous, on n'est pas une grande marque de spiritueux, avec justement la force commerciale derrière, les possibilités de... Voilà, c'est le milieu des spiritueux. On le découvre en travaillant du point de vue commercial. Il y a plein de pratiques que nous, on n'est pas forcément en capacité de suivre. Tout ce qui est... les RFA, les positionnements, etc. On ne peut pas faire ce genre de choses. Donc, si on veut se développer suffisamment, il faut qu'on arrive à proposer des choses alternatives qu'on est capable de suivre. Donc, on innove, on réfléchit, on teste des choses et ça marche plus ou moins. Et après, ça dépend. Et puis, on apprend et on évolue comme ça.
- Speaker #1
Quelle est la place de la vente sur le web ?
- Speaker #0
La vente sur le web ?
- Speaker #1
La vente de la boutique en ligne ?
- Speaker #0
Ce n'est pas négligeable. Je pense que c'est moins de 10% de notre chiffre d'affaires. je dirais entre 5 et 10%
- Speaker #1
à peu près ça c'est un potentiel de développement là-dessus non ?
- Speaker #0
je pense oui complètement donc ça permet avec les réseaux de le développer mais je pense que c'est aussi le référencement donc on travaille beaucoup sur le référencement après voilà oui il y a toujours possibilité de développer et les autres vecteurs
- Speaker #1
de commercialisation dont tu m'as parlé c'est quoi le pourcentage là à peu près ? Entre la vente, je ne sais pas, caviste, restauration, surface de vente, quel est le pourcentage ?
- Speaker #0
Disons que je pense que la partie pro, c'est à peu près 70% de notre chiffre d'affaires.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et disons qu'on va faire à peu près moitié caviste, je pense, grosso modo.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
A peu près 50% caviste et on doit être à un peu moins de 20% sur le CHR.
- Speaker #1
À Périgueux, on vous trouve où, par exemple ?
- Speaker #0
Alors, chez les cavistes ? chez beaucoup de cavistes. Oui, la plupart. Oui, la plupart, parce que tout n'est pas en direct. Julien de Savignac. Julien de Savignac est notre distributeur sur la Dordogne. Donc, il nous a fait confiance dès le début. Et donc, c'est vrai que très rapidement, il nous a permis aussi d'être positionnés chez beaucoup de restaurateurs et dans toutes ces caves aussi. Donc, ça aide beaucoup. Voilà. Et dans presque, sinon, presque toutes les caves, on en trouvait.
- Speaker #1
Combien de bouteilles il y a l'année ?
- Speaker #0
Là, alors nous, on est en progression chaque année. Là, cette année, on est à peu près à 20 000. 20 000 bouteilles, d'accord. Oui,
- Speaker #1
20 000. Prix d'une bouteille, j'ai vu. Alors, c'est... 45 euros, je crois, le gin ?
- Speaker #0
42, le gin. Le pastis, c'est à 34. Et le vermouth, à 28. Chez nous, à la distillerie, sur site internet et chez beaucoup de revendeurs.
- Speaker #1
J'ai vu que vous travaillez également avec le restaurant Le Petit Léon.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Qui est étoilé Michelin. Depuis peu.
- Speaker #0
Au moins deux ans,
- Speaker #1
je pense. Ça veut dire quoi, travailler avec Le Petit Léon ? C'est format cocktail ? À quel moment il l'utilise ? Dans un plat ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #1
Les deux ?
- Speaker #0
Les deux. Après, nous, on ne travaillait que pareil depuis la première année. Apéritif aussi, certainement ? Exactement. Ils le proposent en jean. Je sais qu'ils l'ont utilisé dans certains plats. Le pastis aussi, je crois. Mais surtout, ce qui était très chouette avec le petit Léon, avec Nick et Sina, c'est qu'ils nous ont vraiment proposé deux fois de suite.
- Speaker #1
Une génération de...
- Speaker #0
Complètement. Et voilà. C'était vraiment très intéressant de travailler avec eux parce qu'on a créé deux années de suite un jean pour eux. Ils nous ont demandé. Et c'était extraordinaire de pouvoir rentrer dans la manière dont un chef va travailler, l'univers aromatique d'un chef et comment on peut le retranscrire dans un spiritueux. Par exemple, l'année dernière, on a créé un jean pour eux. L'idée, c'était de travailler sur le côté végétal, le côté vraiment qui est aussi... en. un peu un fil rouge de leur cuisine. Et donc, c'était vraiment intéressant de travailler en collaboration avec eux. Et donc là, oui, c'est un jean qui servait en cocktail et qui vendait aussi au Petit Léon. Ah oui, d'accord, carrément. On peut en acheter là-bas. Voilà, c'était vraiment le jean, le Petit Léon.
- Speaker #1
OK. Alors, on va terminer, avant de parler de l'avenir et de mes dernières questions, on va terminer la dernière partie sur la partie un peu plus... Tourisme, expérience touristique, visite touristique. Déjà, si je viens demain à la distillerie en tant que touriste, je vois quoi, ça me coûte combien, je visite quoi, quelle est l'expérience ? Parce que les touristes, maintenant, c'est ça, il faut leur proposer une vraie expérience.
- Speaker #0
Je pense que nous, on essaie vraiment que ce soit une expérience. Et déjà, parfois, c'est une expérience qui commence, je pense, de manière un peu déroutante parce que les gens ne savent pas trop où ils arrivent. Ils arrivent dans un endroit un peu caché, c'est un peu comme...
- Speaker #1
Comment tu les fais venir, déjà ? Excuse-moi, la question avant, c'est ça ? Comment ils viennent chez toi ?
- Speaker #0
Comment ils viennent ? Alors, il y a plusieurs façons. Soit ils ont entendu parler de nous sur le guide du Périgord, par exemple, les offices du tourisme. C'est pas pour ça. Non, mais c'est vrai. En plus, c'est vraiment par ces biais-là. Les guides touristiques. Oui, les guides touristiques, les panneaux, tout simplement. Et beaucoup aussi parce qu'ils ont goûté nos spiritueux ailleurs. Et du coup, ils vont chercher où ils ont vu nos flyers, etc. Mais beaucoup parce qu'ils ont goûté.
- Speaker #1
Alors, quand ils arrivent ?
- Speaker #0
Quand ils arrivent, ils ne s'attendent pas forcément à tomber sur une petite grange, alors qu'ils ont eu l'impression de les voir un peu partout, donc ils ne s'attendent pas à trop arriver là.
- Speaker #1
Une grosse bâtisse de distillerie avec des alambics énormes.
- Speaker #0
Ils sont tout petits, ils voient 4 en 1 qui sont dans la distillerie. L'idée, c'est que quand les gens arrivent, c'est un peu comme à la maison. On les accueille, c'est bonjour, comment allez-vous ? Parfois les gens sont un peu surpris.
- Speaker #1
Vous leur dites bonjour ?
- Speaker #0
bien sûr, on dit bonjour et comment ils vont d'où ils viennent, comment ils nous ont découvert et l'idée c'est ça, c'est vraiment d'accueillir les gens et que les gens se passent un bon moment l'idée c'est, enfin c'est gratuit il n'y a pas d'obligation d'achat il n'y a pas de prix de visite ils viennent déguster et on leur explique comment on travaille donc vous leur racontez le process on leur raconte le process, on leur explique les jardins alors cette année c'est un peu compliqué c'est délicat en plus alors on le faisait plus au début maintenant on le fait vraiment que ponctuellement, parce qu'on n'a pas forcément le temps, parce qu'on a quand même de plus en plus de visites. Donc l'idée, c'est quand même de pouvoir prendre le temps avec chaque personne et faire une visite de jardin. On ne le fait que sur des moments un peu précis. Et puis aussi parce qu'il y a plus de gens aujourd'hui qui vivent à fond froid, donc c'est délicat d'amener des gens dans les jardins ou un peu plus les maisons. On le fait moins aujourd'hui. Mais en tout cas, on accueille vraiment les gens à la distillerie et leur expliquer comment on fabrique des produits spiritueux. Et oui, l'idée, c'est vraiment que ce soit dans l'expérientiel, mais dans l'expérience, vraiment quelque chose de vrai, qu'il y ait une rencontre humaine. Nous, ça se fait un peu au feeling, on n'a pas de script. L'idée, c'est quand les gens arrivent, on alterne un peu les visites tous les quatre. Et donc, chacun va parler aussi avec sa propre sensibilité.
- Speaker #1
Et son propre prisme également.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, chaque visite peut être un peu différente.
- Speaker #1
Vous êtes ouvert de quelle heure à quelle heure ?
- Speaker #0
On est ouvert l'hiver, du mardi au vendredi. de 9h à 18h30 à peu près. Et là, en ce moment, l'été, on est ouvert du lundi au samedi. On est là à partir de 9h, mais on dit plutôt 10h le temps de s'installer et jusqu'à 18h30.
- Speaker #1
Le but, c'est bien sûr, autant que possible, qu'ils repartent avec un produit.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Bien sûr,
- Speaker #1
c'est quand même l'idée. Il y a un profil de visiteurs particulier ?
- Speaker #0
Ce qui est chouette, c'est qu'on a quand même une diversité de visiteurs. C'est vrai qu'on attire quand même une clientèle plutôt haut de gamme. qui est peut-être plus...
- Speaker #1
Peut-être l'image du gin aussi.
- Speaker #0
L'image des spiritueux, je pense, en général. Oui, c'est ça. Des gens qui osent...
- Speaker #1
On en parlait avec le caviar, alors là, c'est bien pire.
- Speaker #0
C'est ça, qui osent pousser la porte d'une distillerie. Et je pense que nous, c'est ce qu'on essaye aussi de faire avec notre discours, avec les réseaux, c'est de se dire, OK, en fait, les spiritueux, peut-être que même si on n'est pas amateur de spiritueux, poussez la porte. Si ça vous intéresse, n'ayez pas peur. Et même les gens, quand on essaye vraiment aussi d'expliquer comment on déguste un spiritueux, les gens disent, je ne suis pas expert, je ne sais pas. Maintenant, en fait, c'est une question de sensibilité. C'est vous, votre propre histoire, votre rapport au goût. Et c'est vraiment ça qu'on essaye d'apporter. Mais vraiment, d'amener les gens. Il y a un vrai défi aussi là-dessus. Au-delà de... L'idée, c'est pas de faire consommer de l'alcool aux gens, mais de la curiosité du goût et de l'expérience. peut-être de faire venir plus de gens qui ne sont pas habitués à fréquenter ce genre de lieu.
- Speaker #1
Ce n'est pas une tare de boire de l'alcool, même si on a beaucoup communiqué sur les effets négatifs de l'alcool. On peut boire de l'alcool tout en restant très sobre.
- Speaker #0
On est d'accord, bien sûr. Mais c'est vrai que je pense que l'image distillerie peut parfois soit paraître un peu vieillotte, soit un peu haut de gamme. Et du coup, les gens n'osent pas forcément...
- Speaker #1
Oui, alors que le produit est très moderne, en l'occurrence.
- Speaker #0
Mais on a quand même une diversité de clients et de visiteurs, mais quand même une clientèle plutôt aisée.
- Speaker #1
Pour revenir, on parlait de la relation que vous avez par exemple avec le Petit Léon. Vous avez des associations avec d'autres producteurs locaux. J'ai parlé de toi avec les cavières de Neuville. Je ne sais pas si vous avez des projets ensemble.
- Speaker #0
C'est ça. Là, on est en train de travailler. On va reprendre la production de leur vodka. C'est chouette aussi parce que c'est...
- Speaker #1
Donc, vous allez faire de la vodka ?
- Speaker #0
Voilà, on va faire de la vodka.
- Speaker #1
On en parle dans l'épisode.
- Speaker #0
C'est ça. Et donc leur vodka qui était avant distillé par Paul de Erika et qui malheureusement a arrêté son activité. Donc c'est vraiment dommage qu'un collègue qui avait une belle approche aussi des spiritueux. Donc c'est chouette de travailler aussi avec ce type d'entreprise qui a une toute autre expérience que la nôtre, qui est bien plus assise. Donc je pense qu'il y a aussi des échanges qui peuvent être très intéressants. On peut aussi beaucoup apprendre en travaillant avec eux.
- Speaker #1
donc vraiment chouette qu'il nous fasse confiance Oui et puis là on travaille pareil ces deux univers, alors le caviar d'ailleurs comme il le disait dans l'épisode c'est parfois un problème, c'est que c'est associé à une lutte des classes quasiment vous quand même moins mais c'est quand même deux produits de l'univers un peu, je vais pas dire du luxe, mais les spiritueux c'est quand même il y a quand même ce lien avec lui, LVMH on parle tant C'est quand même un emblème, qu'on le veuille ou non, que ça plaise ou pas, mais malgré tout, les spiritueux, l'alcool, les champagnes, les parfums...
- Speaker #0
On n'est pas du tout... C'est clair, et nous on le voit aujourd'hui, on le sait très bien et on en est tout à fait conscients, on ne sauvera pas le monde en faisant des spiritueux. Et ce n'est pas des produits qui sont de première nécessité.
- Speaker #1
Ce n'est pas une entreprise à mission, dans le sens...
- Speaker #0
C'est pour ça que nous, on mise aussi beaucoup sur le récit, parce qu'en fait, vraiment, on est trois.
- Speaker #1
C'est la mission de faire travailler les producteurs locaux, quand même.
- Speaker #0
Oui, après, ils ont aussi beaucoup travaillé, nous, mais c'est aussi beaucoup... Je pense qu'aujourd'hui, on a besoin de réenchanter des récits, d'avoir un récit positif aussi de l'écologie, de l'avenir, de comment vivre dans nos territoires. Ce dont on parlait en début d'épisode. Et nous, c'est vraiment là-dessus qu'on se retrouve. Positiver,
- Speaker #1
parce que si on fait de l'écologie en disant « il ne faut plus rien faire et puis on va tous mourir bientôt » , bon, ok, très bien, mais ça ne solutionne rien du tout et il faut essayer de trouver des solutions à tout.
- Speaker #0
En fait, c'est ça qu'on essaye, je pense, à notre petite échelle. Et je pense de créer un nouveau récit avec d'autres. Justement, c'est pour ça que c'est génial qu'il y ait autant de gens qui soient dynamiques sur notre territoire. Et aussi de créer du beau. Je pense que c'est important.
- Speaker #1
L'entrepreneuriat n'est pas contradictoire avec une certaine sobriété à tous les sens du terme.
- Speaker #0
Ah oui, je pense que c'est la définition du terme.
- Speaker #1
De l'huile de coude.
- Speaker #0
En tout cas, il y a vraiment cette idée-là. Et je pense que c'est très chouette de travailler avec d'autres producteurs du territoire.
- Speaker #1
Alors, j'ai vu qu'également, pour terminer sur cet aspect, je dirais, visite locale, que toi, je suis allé tout à fait au fond des choses, vous avez un festival.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Vous avez un festival en mai. Alors là, pareil, ça... J'ai vu quelques publications assez drôles, notamment une de toi. Est-ce que quelqu'un m'entend ? C'est ça. Sur Instagram. Alors ça, c'est quoi ? C'est l'idée, c'est de faire venir les gens sur place, bien sûr. Toujours pareil. Et puis dans un moment festif.
- Speaker #0
En fait, c'est ça. Et un moment festif. Nous, on a grandi. Notre père avait un bar. Avec des concerts et tout. C'est ça. Qui était très festif. Et du coup, je pense que le fait de rassembler, c'est quelque chose qui nous tient vraiment à cœur. Et d'ouvrir les portes d'un lieu comme ça, où on fait venir beaucoup de gens. En plus, c'est une période, c'est mai, donc c'est une période où il y a aussi beaucoup de locaux, mais il y a encore les locaux, il y a encore un peu de touristes. La belle saison qui arrive,
- Speaker #1
on se réouvre.
- Speaker #0
Et donc, c'était un peu un défi, en fait, de créer ce festival. Les deux, c'est un peu une grosse fête de village, ce n'est pas du tout notre métier à la base. Et donc, on a fait trois éditions tous les deux ans. Une première pour fêter la première année de la distillerie sur une journée. Et la deuxième, on est passé sur deux jours. Et là, la dernière, parce que ça sera la dernière édition, on n'en refera pas d'autres, sur deux jours aussi. Et on a fait venir des groupes d'un peu partout. On fera d'autres choses. On a envie de faire d'autres choses, c'est pareil.
- Speaker #1
Pas de routine.
- Speaker #0
Et puis parce que c'est quand même des gros projets, les festivals.
- Speaker #1
Et puis il y a des contraintes légales. C'est ça.
- Speaker #0
Il faut bien organiser les choses. Puis on a s'attonner aussi parce qu'on a beaucoup d'amis qui viennent de partout pour être bénévoles. Et donc on a envie de créer d'autres choses que... On ne s'arrête pas, mais on fera d'autres choses. C'est une très belle expérience. Non,
- Speaker #1
mais vous êtes, moi, ce que je retiens pour le moment de cet échange, c'est que vous êtes quand même venant d'un milieu universitaire. J'ai presque envie de dire, excuse-moi l'expression, je te titille, mais austère. La thèse, docteur en machin, etc. Et là, on parle d'un festival, on parle de jean, donc c'est sympa. Il y a vraiment une grosse créativité, des bouteilles colorées.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. On peut être un peu fan quand même.
- Speaker #1
Vous allez quand même bien péter un plomb. C'est ça,
- Speaker #0
c'est clair. Je pense que pour être chercheur, il faut être un peu fou aussi.
- Speaker #1
Ah oui, peut-être, C'est quoi ton plus beau souvenir de cette aventure pour le moment ?
- Speaker #0
Mon plus beau souvenir ?
- Speaker #1
Est-ce qu'il y en a un ?
- Speaker #0
Il y en a plein. Il y en a plein. Franchement, si je pense que le festival, surtout la première édition, de savoir qu'il y avait autant de gens qui venaient alors qu'on ne s'y attendait pas du tout. Et ça, c'était fou. Le plus beau souvenir aussi... Je pense à un truc qui nous a vraiment ancré, c'est la première fois qu'on a eu une médaille d'or au salon agricole.
- Speaker #1
Ah oui, quand même !
- Speaker #0
Et qu'en fait, parce qu'on a eu la chance d'en avoir plusieurs, et la première fois, j'ai entendu des gens qui disaient « Ah oui, à Lort, ils ont eu une médaille ! » ou des gens qui nous croisaient qui disaient « Bravo pour la médaille ! » alors qu'on ne connaissait pas du tout, des choses comme ça. Et en fait, savoir qu'il y avait une forme de reconnaissance, au sens où, pas reconnaissance de notre travail, mais de se dire bah en fait on existe pour d'autres et voilà il y a de la valeur sur ce qu'on fait et on fait partie on est reconnu comme faisant partie du territoire et que les gens étaient fiers qu'on soit là,
- Speaker #1
on ne s'y attendait pas C'est une sorte de reconnaissance, c'est ça, d'accréditation Vous y allez au salon de l'agriculture ?
- Speaker #0
Alors j'y suis allée quelques fois mais quand on fait les concours c'est plutôt on envoie les bouteilles et il y a un jury Oui parce que des médailles d'or c'est le problème dans le vin,
- Speaker #1
des médailles d'or maintenant il y a 12 000 salons mais la médaille d'or du salon du concours général agricole là elle est Elle a plus de valeur que d'autres. C'est ça, oui. Quand même, c'est un vrai marqueur.
- Speaker #0
Oui, on était très fiers de ça. Et c'est vrai que de voir que les gens étaient fiers de ce qu'on fait, donc nous, sentir que les gens s'appropriaient notre histoire et la distillerie, franchement, il n'y a pas plus belle reconnaissance. Et c'était génial.
- Speaker #1
J'allais te demander quelle est ta plus grande fierté, mais ça en fait partie, je pense aussi.
- Speaker #0
Complètement, oui. Mais aussi, ma plus grande fierté, c'est de savoir qu'on est toujours là au bout de cinq ans et qu'on a encore des nouveaux projets. C'est vrai, c'est vrai. Et puis que des gens veuillent travailler avec nous et soient fiers de faire ce qu'ils font. Et je pense que ça, c'est...
- Speaker #1
Je ressens beaucoup d'humilité aussi dans votre façon d'être. Je le ressens dans cet entretien. Je pense que c'est notre manière d'être. Ça ne vous est pas monté à la tête d'avoir créé... Encore une fois,
- Speaker #0
on ne fait que du jean.
- Speaker #1
Nous, on ne fait que de la pub et des guides. Je crois que plus on vieillit, tu verras. Normalement, si tout se passe bien, plus tu vis, plus tu as d'humilité, plus tu te dis, j'en apprends tous les jours. Je ne sais pas tout.
- Speaker #0
Je ne sais rien.
- Speaker #1
En parlant de ça, plus grosse erreur ?
- Speaker #0
Plus grosse erreur...
- Speaker #1
On en fait toujours.
- Speaker #0
On en fait toujours.
- Speaker #1
Le succès, c'est d'aller d'échec en échec.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. On peut rentrer tout à fait dans ce genre de maxime. Non, je ne saurais pas. Il y en a plein. Plus grosse erreur ? Je ne sais pas. Non, je ne vois pas de... Je ne sais pas s'il y en a qui me reviendraient.
- Speaker #1
Il y en a trop.
- Speaker #0
Oui, il y en a toujours. Oui,
- Speaker #1
bien sûr, c'est obligé.
- Speaker #0
Il y en a toujours, je pense que...
- Speaker #1
On ne peut pas faire tout bien, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Non, et puis je pense qu'il y a beaucoup de choses où on a envie de tester. On a envie de les tester. Et c'est plutôt de se dire... Je pense que l'erreur, ce serait de ne pas en retirer d'expérience et de se dire que ça ne conditionne pas la suite, mais qu'il faut en tirer des leçons pour avancer. Mais je ne vois pas de grosses, grosses erreurs. Je pense qu'on a toujours réussi à se dire, là on s'est planté, mais comment on peut, plutôt qu'est-ce qu'on en fait aujourd'hui ? Ça détermine plutôt nos choix pour la suite. Mais non, plus erreur, erreur, grosse erreur, qui serait restée une erreur, j'en vois pas.
- Speaker #1
Non mais c'est pas grave. Les projets, la distillerie dans 5 ou 10 ans ? Est-ce que tu peux nous donner en avant-première un ou deux projets ? Ça n'arrête jamais les projets. Ou des projets plus d'ordre général ?
- Speaker #0
Oui, c'est sûr que nous, on aimerait vraiment faire évoluer la manière dont on accueille le public. Donc avoir un vrai espace d'accueil où vraiment on peut immerger les gens dans les jardins et dans l'univers des plantes. Donc ça, on a vraiment des gros projets. Moi, à la base, j'étais encore en région parisienne jusqu'à il y a peu. Là, je suis enfin installée définitivement en Dordogne. Et donc là, je suis en train de m'installer. Tu faisais l'aller-retour en fait ? Oui, je faisais l'aller-retour.
- Speaker #1
C'est grand parce que j'ai reçu dans cet épisode également Fabrice Berbessoud et Mungolfière. Pareil, il a fait longtemps l'aller-retour entre la vie parisienne et le Périgord. Il y a énormément d'expériences entrepreneuriales comme ça, de personnes qui sont venues de la grande ville et qui se sont installées en Périgord avec un projet un peu fou parfois, un peu où se disent, on verra.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et qui finalement ont fini par atterrir définitivement en Ordonnie.
- Speaker #0
Et donc là, je suis en train de m'installer comme agricultrice parce que jusque là, on a l'école statut d'artisan. Et donc là, je suis en train de m'installer. Et donc, ce qui va permettre de vraiment développer les jardins et de me consacrer beaucoup plus à la partie agricole.
- Speaker #1
Quel est l'intérêt concrètement ?
- Speaker #0
L'intérêt, c'est vraiment, moi, je le vois comme vraiment le fait d'ancrer le fait qu'on ait une ferme distillerie. Et donc, du coup, je pense dans nos têtes de pouvoir se dire, on va vraiment y consacrer beaucoup plus de temps. On va aussi s'ancrer dans des réseaux, pouvoir beaucoup plus être en lien avec d'autres producteurs du territoire. Moi, je pense que c'est une manière de le rendre tangible. Parce qu'en soi, on a du foncier, on ne peut que continuer à cultiver. Mais moi, depuis le début du projet, je veux être agricultrice. Et donc là, ça y est, j'y vais. Nouvelle étape,
- Speaker #1
nouveau pas dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
C'est ça. Suite logique. Donc, on va agrandir nos jardins, les déplacer même. parce que l'idée, c'est aussi de... cultiver au citron non pas cultiver des citrons mais pouvoir cultiver un endroit qui est,
- Speaker #1
certaines plantes à des endroits qui sont plus appropriés l'idée c'est de cultiver peut-être des produits un petit peu plus exotiques non ?
- Speaker #0
non pas spécialement mais c'est vraiment on va agrandir les jardins les protéger pour l'hiver déjà donc ça c'est ce qu'on fait mais vraiment plus d'autres plantes et surtout augmenter notre production de plantes donc ça c'est vraiment l'idée Donc ça, c'est un des gros projets. Et puis oui, de faire évoluer...
- Speaker #1
Et la gamme de produits. Donc on en a un peu parlé.
- Speaker #0
Tout à fait. Et vraiment de développer, je pense, on a à l'avenir, je ne sais pas dans combien de temps, mais pouvoir vraiment créer une vraie expérience autour de l'univers des plantes et d'amener les gens dans ce côté, dans l'univers des plantes, mais aussi dans l'univers de la production des plantes aromatiques, de pouvoir avoir une vraie expérience sensorielle. Ça, c'est un truc, si on y arrive et on veut y arriver, c'est de vraiment amener les gens là-dedans. Ça c'est ton truc,
- Speaker #1
parce que tu l'avais déjà dans les études.
- Speaker #0
Mais c'est Loïs aussi, tous les deux on se retrouve vraiment là-dessus. D'avoir ce côté l'univers des plantes et d'amener les gens dans le côté sensible, ça c'est quelque chose qui nous touche tous les deux et qu'on veut vraiment pouvoir amener les gens dans cet univers-là. Et de le montrer, ça c'est très important. Et puis du coup, continuer à expérimenter sur d'autres manières de produire des plantes aromatiques, beaucoup plus résilientes aussi, avec les canicules. Et puis voilà,
- Speaker #1
avec également l'évolution du climat.
- Speaker #0
C'est ça, avec justement la question de l'eau. On a de l'eau, mais l'idée ce n'est pas non plus de la gaspiller. Donc comment on peut produire autrement ?
- Speaker #1
Alors le problème c'est qu'en plus à gérer, on risque d'en avoir beaucoup trop par moment. C'est ce qui se passe depuis quelques années, et beaucoup moins par d'autres.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
ça devient très erratique.
- Speaker #0
Donc il y a un vrai balai, c'est aussi revenir à une autre forme de recherche et auquel j'ai aussi envie de me consacrer, c'est vraiment expérimenter et documenter ce qu'on fait du point de vue à notre petite échelle, mais vraiment sur des expériences de culture de plantes aromatiques, mais beaucoup plus résilientes et qui vont s'inspirer d'autres techniques plutôt appropriées au maraîchage, mais comment on peut les transposer sur les plantes aromatiques et ça c'est la nouvelle étape à laquelle j'ai vraiment envie de me consacrer.
- Speaker #1
Alors on va terminer sur les questions un peu plus fun sympas mais qui sont néanmoins intéressantes qu'est-ce que Nolwenn a découvert sur Loïs dans cette étape entrepreneuriale Qu'est-ce que j'ai découvert sur Loïs c'est une bonne question que
- Speaker #0
tu ignorais ou que tu sous-estimais ou que tu ne connaissais pas Vraiment cette question ce truc de on y va comme tu disais tout à l'heure le train à quai je monte dedans et ça je ne le connaissais pas comme ça Je ne le connaissais pas. Moi, j'ai quitté mon petit frère à 18 ans, 19 ans. J'allais dire,
- Speaker #1
vous avez qu'une différence d'âge ?
- Speaker #0
On a trois ans d'écart.
- Speaker #1
Il est plus jeune.
- Speaker #0
Il est plus jeune, d'accord. Et vraiment, ce côté-là... Mais je pense que c'est parcours aussi anglo-saxon. C'est essaye jusqu'à ce que tu y arrives, mais vas-y, quoi. Et ça, ce côté-là, je pense que je ne le connaissais pas comme ça.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que Nolwenn a découvert sur elle-même ?
- Speaker #0
Eh bien, justement, je pense... Le fait de se lancer, même si ce n'est pas parfait, et même si on ne connaît pas tous les paramètres, et qu'on peut y aller.
- Speaker #1
J'ai une autre question qui correspond un peu à ça, mais que dirais-tu à Nolwenn sortant de ses études ?
- Speaker #0
Vas-y, n'aie pas peur, et arrête les nouveaux cerveaux de réfléchir tout le trop. Il faut y aller. Je pense que ça, c'est très important.
- Speaker #1
Que penses-tu que diraient vos grands-parents s'ils découvraient votre histoire aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je pense qu'ils seraient très fiers. Je pense qu'ils seraient très fiers. Et puis surtout, sur le côté expérimentation, nos grands-parents ont fondé un lycée agricole. Notre grand-mère, c'est la première ingénieure agronome en France. Une des premières. Notre grand-père vient d'un milieu paysan plutôt très populaire. Et je pense qu'ils seraient hyper contents de voir où on en est. Je pense qu'ils seraient fiers de voir qu'on continue à protéger
- Speaker #1
Fonfroide. C'est chouette parce que dans tous les épisodes que j'ai faits quasiment, il y a une histoire familiale, une histoire de transmission. et ça c'est quand même assez génial et d'ailleurs ça me conforte dans l'idée de continuer dans cette dynamique là parce que c'est vraiment super sympa La distillerie de l'Horte si on devait la résumer c'est plus une histoire de spiritueux, de territoire ou de frères et sœurs ?
- Speaker #0
Les trois
- Speaker #1
Indissociables
- Speaker #0
Indissociables Indissociables parce que je pense que si on n'était pas tous les deux ça ne marcherait pas pareil s'il n'y avait pas le Périgord et ce lieu Merci. C'est vraiment parce que c'est ce lieu, parce que c'est le Périgord, parce que c'est ce lieu. Et les spiritueux, parce que c'est à travers les spiritueux qu'on transmet tout le reste.
- Speaker #1
Nolwenn, je te remercie vivement. Moi, j'ai trouvé ça, en tous les cas, on verra ce qu'en penseront nos auditeurs, très sympathique.
- Speaker #0
Merci beaucoup, merci à toi.
- Speaker #1
Comme échange très agréable, vraiment, à l'image de ce que vous essayez, je crois, de véhiculer. Merci. On vous retrouve sur les réseaux sociaux, sur distilleriedelorte.com, sur Instagram, je crois que ça s'appelle également Distillerie Delorte.
- Speaker #0
Distillerie Delorte, tout simplement.
- Speaker #1
On vous retrouve, je crois, également sur LinkedIn, tous les deux.
- Speaker #0
On n'est pas très actifs. Pas très actifs, mais vous y êtes. Il y a Parcours, il y a Téthèse, si on a envie de les lire.
- Speaker #1
Bon là, il faut quand même... prévoir un petit moment quand même assez long. J'ai essayé. Vous avez un site web qui est super sympa. Merci beaucoup pour le temps que tu m'as accordé.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
J'espère que cette expérience t'a plu.
- Speaker #0
C'était très agréable. Merci pour l'invitation, c'était très chouette.
- Speaker #1
Et puis, écoute, cet épisode, j'invite tous nos auditeurs à l'écouter jusqu'au bout. Ça serait chouette.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi. Vous êtes arrivé à la fin de cet épisode. Je vous invite, si vous l'avez apprécié, à le partager à vos amis. Je vous propose également de vous abonner sur les plateformes Spotify, Apple, Deezer et de nous laisser un commentaire afin que nous remontions dans l'algorithme. A très vite dans les voies du tourisme.