- Speaker #0
Salut à tous, bienvenue dans mon podcast. Je vous propose que nous rentrions ici dans l'intimité des acteurs du tourisme régional et de leurs magnifiques régions et territoires. Découvrons leur histoire, leurs sites touristiques, leur fonctionnement, mais aussi les coulisses de leur activité, les anecdotes, voire même les détails croustillants, car il y en a. Bienvenue dans les voies du tourisme.
- Speaker #1
Les 7 provinces ne font qu'une, donc le Pays Basque, dans l'ensemble des provinces, on inclut donc Biscayat, Araba, Nafarroa et Guipouscoa, les 4 provinces du Pays Basque Sud. Et nous, dès le départ, notre volonté, c'est de pouvoir... pouvoir commercer, développer nos entreprises sur tout le Pays Basque.
- Speaker #0
Et ça, c'est un challenge.
- Speaker #1
Et bien nous deux, là. Notre modèle économique, à nous, est assez particulier, atypique. Peut-être pour ça aussi que ça a marché. Peut-être pas forcément que ça, mais on a commencé par du négoce en gros à l'export qui nous a qui a pas fonctionné ça a mis 3 ans ça a été très dur au début on a même failli abandonner 2013-2015 ouais 2013-2016 on a failli abandonner parce que c'était c'était chaud on discute avec parce que Peyo était très fan de de cidrerie, de choulette, de cidre. Donc il m'a fait rencontrer Agostine Echeverria, qui est notre producteur du cidre coupé là. Ça doit être en 2014-2015. C'est là qu'avec Agostine, au détour d'une conversation d'un déjeuner, on... Il dit ah bah tiens tu pourrais commercialiser mon cidre en Pays Basque Nord quoi et en France et puis on s'est dit ah tiens pourquoi pas mais on va pas faire juste commercialiser ta marque quoi C'est là le switch sur les produits basques On va créer notre marque, c'est là qu'on a créé Coupéla La première marque de nos... de nos marques propriétaires. Donc c'est Coupéla, le cidre basque. La boisson identitaire du Pays Basque, c'est le cidre. Et donc c'est pour ça que nous, on voulait démarrer avec le cidre. On a démarré avec le cidre. Et on a raconté cette histoire au travers de notre marketing et notre packaging. Ce qui est important aussi dans... notre identité aussi avec ce qu'on veut faire, c'est fabriquer toutes nos boissons au Pays Basque. Elles sont toutes fabriquées au Pays Basque. La vie entrepreneuriale, c'est fait d'opportunités, vous les prenez ou vous ne les prenez pas. Bon, par moments, il faut les créer, évidemment, mais là, en 2019, on nous propose de reprendre le chocolat. Le chocolat basque, le chocolat. Le chocolat Erico-Cola.
- Speaker #0
Tu n'as plus l'entièreté ?
- Speaker #1
D'avoir pu installer les entreprises au village ailleurs.
- Speaker #0
Ouais, ça c'est chouette. Bonjour Chalbath.
- Speaker #1
Egoulone, bonjour.
- Speaker #0
Egoulone, c'est ça, en basque. Alors, tu plantes tout de suite le décor Chalbath. Je suis extrêmement content aujourd'hui et je te remercie vraiment, franchement et vivement de nous recevoir, de prendre du temps, parce que tu es chef d'entreprise, donc forcément le temps, comme tous les chefs d'entreprise, est compté. Tu as, je pense, un agenda assez rempli, surtout quand on va dérouler un petit peu l'ensemble de tes... des activités, je pense qu'on va très aisément le comprendre. Nous enregistrons, nous commençons l'enregistrement d'une série d'épisodes au Pays Basque avec ceux et celles qui font l'entrepreneuriat au Pays Basque et Dieu sait si je crois que tu en fais partie. Tu as même eu des récompenses, j'ai vu au niveau économique récemment. Donc on va faire une série d'épisodes et tu es le premier qui nous reçoit sur les entrepreneurs du Pays Basque avec toujours une connotation touristique parce que Le Pays Basque a une identité extrêmement forte. Moi, ça fait plus de 20 ans que je viens ici et on a été bien adopté d'ailleurs dans nos produits. Et cette identité, évidemment, elle transpire énormément au niveau touristique. Alors, avant que l'on parle de boissons, de cidre, de bière, de soft, c'est-à-dire de produits comme les houche-colas, alors tu m'excuses pour l'imprononciation, On va parler également de RSE parce que je pense que c'est quelque chose qui te tient beaucoup à cœur. Vous avez de grosses grosses démarches à ce niveau-là dans les différentes structures de ton groupe. Avant tout cela, j'aimerais qu'on parle tout simplement, et ça va te donner l'occasion de commencer avant de te présenter toi-même, de présenter le lieu, de nous dire où est-ce que nous sommes aujourd'hui au Pays Basque. parce que je crois qu'en plus c'est ta terre natale. Alors déjà, commencez à nous dire où est-ce que nous sommes au Pays Basque et me dire dans un deuxième temps, quel est ton Pays Basque ?
- Speaker #1
Ça marche. Donc nous sommes ici ce matin à Biour. Donc Biour, c'est une de nos entreprises qui fait la revalorisation des coproduits issus de nos fabrications, mais aussi d'autres fabricants du territoire. Et donc Biour est localisé à Ayer. Donc Ayer, c'est mon village d'origine. Donc, la question sur mon pays basque, c'est beaucoup lié au village aussi, ce que ça représente pour nous les Basques, la langue de notre pays basque et aussi l'entrepreneuriat, la chance que j'ai eue, que l'on a eue, de pouvoir implanter deux de nos entreprises à Ayer ici, donc Biour et Ragin Fabrica.
- Speaker #0
Oui, qui est juste à côté. Qui est juste à côté.
- Speaker #1
Tout à fait, qui est juste à côté. à 100 mètres en haut. L'idée étant que Biur est né au sein des Ragin Fabrica. car nous avions une problématique au niveau de nos coproduits. Donc les coproduits, c'est...
- Speaker #0
Alors on va y revenir sur ça. On va y revenir, d'accord, ça marche. Mais oui, les coproduits, c'est des produits qui naissent des rebuts, en gros, de fabrication, qui permettent de faire de nouveaux produits et non pas de gaspiller. C'est exactement ça. Mais on va revenir sur cette partie-là qui est super intéressante. Alors c'est intéressant ce que tu dis, parce que moi, tu vois, hier après-midi, j'ai passé mon après-midi, parce que moi, ma passion, et ma passion qui est devenue mon métier, c'est la photo, et j'ai passé mon après-midi hier à faire des photos des petits villages jeu. basque et je suis passé à Ayer hier après-midi faire deux trois photos. Alors il faut que nos auditeurs comprennent bien que Ayer c'est un tout petit village. Je ne sais pas combien il y a d'habitants mais quelques centaines peut-être ?
- Speaker #1
1100 habitants. Je le voyais plus petit que ça tu vois. Ça se développe puisqu'on est à l'entrée de la Basse Navarre, juste après Asparin. Mais en effet on reste préservé si je puis dire et restons ainsi.
- Speaker #0
Alors pour bien, oui alors là pareil on va reparler de tout ça c'est super intéressant parce que Il y a pour moi un miracle, mais je pense que les deux choses sont liées, entre cette préservation d'identité, cette préservation culturelle et également cette énorme créativité que je ressens dans le Pays basque depuis plus de 20 ans où j'y interviens. On pourrait imaginer que c'est antinomique parce qu'on pourrait dire que si on préserve une culture, une identité, il n'y a pas forcément place à une grande créativité. Et c'est l'inverse, le Pays basque... et très créatifs, les Basques sont très créatifs et exportent leur image vraiment à l'extérieur. Et je crois que c'est ce que tu veux faire avec tes produits. Est-ce que toi, là aussi c'est une question que je pose à la fin, mais là c'est super intéressant pour nos auditeurs, donc là on est au cœur du labour, il y a trois provinces, le labour, la Basse-Navarre et la Soule dans le pays basque qu'on appelle plus communément Nord, c'est-à-dire au nord de la frontière espagnole puisque je sais que les Basques n'aiment pas trop qu'on parle de... Le Pays Basque est un pays, il porte bien son nom. Est-ce que toi, tu as des endroits que tu pourrais nous révéler, pour faire rêver un petit peu nos amis qui nous écoutent et qui nous suivent, des endroits que tu adores dans ta province proche, où tu aimes te ressourcer, où tu aimes aller pour te reposer ? Ça serait sympa quand même que tu nous donnes deux, trois petits trésors.
- Speaker #1
Je vais être honnête, je n'ai pas trop d'endroits. C'est difficile, ces questions sont intéressantes, parce qu'il y avait la vision de... Quelqu'un de l'extérieur, souvent. Mais quand vous êtes né ici et que vous vivez ici depuis toujours, je me ressource chez moi, au village. Après, bien sûr, de temps en temps, aller sur la côte ou Pays Basque Sud. Pays Basque Sud, c'est un endroit magnifique aussi. Mais en soi, je n'ai pas d'endroit particulier à conseiller.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une grosse différence entre les gens qui vivent sur la côte et les gens qui vivent dans l'intérieur du Pays Basque ? Est-ce qu'il y a une scission ? parce que si... C'est intéressant ça aussi.
- Speaker #1
C'est intéressant. Il n'y a pas de scission, je ne pense pas.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Et encore plus aujourd'hui. On est quand même en temps vers une culture assez uniformisée au niveau mondial. Mais non, il y a une petite différence. Mais on a un petit surnom pour ceux de la côte, vous savez. Je ne vais peut-être pas le dire ici. D'ailleurs, on a fait... Tu peux le dire. C'est l'auto-dérision. On a fait un événement justement à Biarritz qui s'appelle Coche Pay, la Coche Pay Party, donc avec un client, un bar partenaire, et des bololos c'est le bar, et donc la Coche Pay Party c'est un petit peu, on se moque un peu du touriste etc, mais voilà c'est bon enfant quoi. Ok,
- Speaker #0
donc toi si je comprends bien, tu es plus aviron baïonné si on parle de rugby que Biarritz Olympique, on est d'accord ?
- Speaker #1
Je dirais que je ne suis pas un ultra, un fanatique de l'un ou de l'autre. C'est vrai que c'est extraordinaire ce qu'a réussi le BO, quand on avait 20 ans, à la belle époque, c'est assez exceptionnel. Et ce que fait l'Aveyron maintenant aussi, c'est beau, ce qu'ils ont réussi à construire. C'est bien.
- Speaker #0
Tu sais que j'ai eu la chance de vivre la finale BO Toulouse à Hostet de France avec la victoire du BO. C'est notre exceptionnel. J'avais eu cette chance-là à l'époque. On était partenaire du Yaris Olympique à sa grande époque. C'était vers le début du guide du Pays Basque. Ok, très bien. Maintenant, ce que je vais te demander, c'est de te présenter toi. Qui es-tu ? Chalbat Seos Ausha. Quel est ton parcours ? Est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu tout ça ? Et bien sûr, je vais te relancer sur un certain nombre de choses. Les racines, elles commencent ici, ailleurs. Et quel est ton parcours ensuite ?
- Speaker #1
Donc, j'ai fait mon lycée. Je commençais au lycée parce que j'ai rencontré mon associé, Bastien Dufault, le lycée de Navarre-Saint-Jean-Pied-de-Port. Donc, lycée de Navarre-Saint-Pied-de-Port. Ensuite, bac plus 3 commerce à Bayonne. C'était une école de commerce qui s'appelait l'école de majeure de Bayonne. Et ça a changé de nom lors de la fusion, la fameuse grosse fusion Kedge Business School, où ils ont regroupé plein d'écoles sous la même bannière. Donc trois ans de Bac plus 3 à Bayonne, ensuite un Master 2 en commerce international à Bordeaux. Donc, spécialisé vraiment en commerce international, ma volonté, c'était de pouvoir aller commercer à l'étranger.
- Speaker #0
Donc déjà, tu étais dans le négoce, commerce. C'était ton idée. C'était mon idée,
- Speaker #1
oui. Et donc, j'ai pu faire un stage à l'étranger en Espagne, six mois en Espagne, en Cantabrie. Puis, j'ai pu faire aussi la rencontre de beaucoup. Dans la dernière année de master, il y avait presque des étrangers. Il y avait des Chinois, des Canadiens, des Américains, des Mexicains, des Flamands. Non pas des Belges mais des Flamands.
- Speaker #0
J'étais en Belgique la semaine dernière.
- Speaker #1
Ils étaient très intéressants. Et les Français bien sûr. Et donc un Basque, il y avait moi. Et puis ça, ils adoraient à Bordeaux jouer la carte du Basque. Et ça,
- Speaker #0
ça les...
- Speaker #1
Et donc voilà, j'ai fait le master. Et puis après j'ai eu la chance de faire un stage de 6 mois dans l'ancêtre, on va dire l'embryon de tout ça. Donc la société qu'avait lancé un monsieur Pierre Etcheverry. qui, on va dire, était en quelque sorte mon mentor et qui m'a mis le pied à l'étrier. Et c'est comme ça que j'ai démarré dans le business.
- Speaker #0
C'est marrant parce que je pensais hier, en venant, en descendant au Pays Basque, je me disais, tiens, Chalbath, il a fait Kedge. Bordelais qui est au Pays Basque, c'est déjà...
- Speaker #1
Non, ça va, ça va.
- Speaker #0
Non, je plaisante, mais je trouve que c'est dommage qu'il n'y ait pas une vraie école de commerce au Pays Basque, mais une vraie, je veux dire, côté un peu comme... Pompon, Toulouse, Bordeaux. J'y pensais hier. Je me dis tiens, c'est dommage qu'il n'y ait pas une vraie structure. Alors je ne veux pas pénaliser les autres en disant ça, surtout pas, c'est pas l'idée. Mais je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Il y a une telle identité ici qu'on pourrait très bien imaginer. Alors il y en a peut-être sur le Pays Basque Sud, je ne sais pas. Des écoles de commerce sur Bilbao et certainement, forcément.
- Speaker #1
Il y a des belles universités.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a des grosses universités. Pays Basque Sud aussi, c'est quelque chose qui... qui est important dans le parcours et dans l'histoire de l'entreprise ou du groupe. J'imagine qu'on va y revenir peut-être dans le détail plus tard.
- Speaker #0
Vas-y, tu peux commencer à développer là-dessus, parce que je n'ai pas non plus tout noté. C'est vrai que,
- Speaker #1
comme tu l'as dit en préambule, c'est très intéressant. Tu parles de Pays Basque Nord et Pays Basque Sud. Je dirais, pas pour faire le malin, mais à la différence de beaucoup d'entreprises ou d'industriels du Pays Basque Nord, France, quoi, On regarde souvent le marché français, naturel, donc Pays Basque Nord et français, et puis on ne va pas sur le marché sud. Alors il y a des raisons, c'est vrai que les habitudes de consommation, la culture est sensiblement différente. Mais c'est vrai que nous, depuis le départ, avec mon associé ou mes associés, l'idée c'était de pouvoir commercer et faire du business dans le Pays Basque Nord et Sud. Donc on va peut-être revenir après dans le détail sur la partie boisson.
- Speaker #0
On va revenir dans le détail sur tout ça. L'appareil, pour préciser pour nos auditeurs, le Pays Basque Sud, c'est grand comme la Nouvelle-Aquitaine, quasiment. C'est immense par rapport au Pays Basque Nord qui est finalement tout petit. C'est le charme, d'ailleurs, du Pays Basque Nord. C'est qu'on peut se promener de village en village. Je l'ai vu hier en faisant des photos, tous les 5 kilomètres, on a un petit village. C'est en moyenne ça.
- Speaker #1
C'est magnifique. Ça se piaque-batte. Les 7 provinces ne font qu'une. Le Pays Basque, Oui. dans l'ensemble des provinces, incluant Biscayat, Araba, Nafarroa et Guipouscoa, les quatre provinces du Pays Basque Sud. Et nous, dès le départ, notre volonté, c'est de pouvoir commercer et développer nos entreprises sur tout le Pays Basque.
- Speaker #0
Et ça, c'est un challenge. Et bien au-delà, ensuite, on va en reparler, bien sûr. Donc, tu fais tes études à Kedge Business School. On revient là sur les... Parce que moi, ce que je trouve très intéressant dans ce podcast, pour d'ailleurs même voir des jeunes qui vont l'écouter, c'est comment on switch là. Parce que entre l'envie d'entreprendre et entreprendre, il y a quand même... Je prends très souvent malheureusement, je m'en excuse auprès des auditeurs dans ce podcast, l'expression il y a le train qui passe si tu montes dedans ou tu ne montes pas dedans. Mais c'est vrai que c'est ce qui fait souvent bien... C'est ce petit détail qui est énorme, qui fait toute la différence entre ceux qui ont des très bonnes idées et qui les appliquent et ceux qui en ont et qui ne les font pas. Donc, si j'ai bien lu, tu as trois copains, enfin tu as deux copains en l'occurrence, puisqu'il y a toi dans les trois, Bastien et Peyo.
- Speaker #1
J'ai d'autres copains.
- Speaker #0
Oui, mais tu as en l'occurrence deux copains, j'espère. Quoique tu sais, une vie finalement, des vrais copains, on n'en a pas mille. Donc, tu as deux copains, Peyo et Bastien, avec lesquels tu vas décider de te lancer dans cette aventure entrepreneuriale. Comment ça se passe le début ? Ça, c'est super intéressant.
- Speaker #1
Pour reprendre ton point, c'est comment on prend le train, qu'est-ce qui fait que, je dirais, l'opportunité, déjà. Donc c'est d'avoir l'opportunité. Donc moi, j'ai eu cette opportunité. Alors c'est vrai que le projet que m'avait présenté Peyo en 2013, il était assez bancal quand même. Donc il fallait avoir... Je me suis dit, j'y vais, mais c'était... C'était un peu banca.
- Speaker #0
C'était quoi ce premier projet ?
- Speaker #1
Le premier projet, c'était de vendre aux Chinois des vins de Riora, de Bordeaux et des Armagnacs.
- Speaker #0
Donc tu pars avec ta valise, tu vas en Chine.
- Speaker #1
Voilà, tout ce que les Chinois d'ailleurs n'achèteraient pas. Enfin bref, c'était... Donc ouais, mais ce qui m'avait plu, c'était le type, le bonhomme. Et puis l'idée, les idées. Ouais, l'idée, non, le bonhomme. Le bonhomme, d'accord.
- Speaker #0
La personnalité.
- Speaker #1
La personnalité, c'est un sacré bonhomme. D'accord. Pio Echeverri, celui qui m'a fait démarrer et qui est encore là d'ailleurs dans certains projets Il est beaucoup plus âgé que toi ? Oui, il a 70 ans Ah oui,
- Speaker #0
donc c'est pas du tout un copain d'école
- Speaker #1
Non, c'est on va dire une personne, un mentor qui a une capacité à se convaincre et à convaincre les gens assez exceptionnelle d'ailleurs innée je dirais et un vrai charisme Et donc, voilà. il me propose ce projet il faut aller en Chine alors j'avais donc tu le connais il y avait du lien je réponds à une offre de stage d'accord je réponds à une offre de stage qui était d'ailleurs présentée à mon ancienne école de Bayonne on allait chercher un stagiaire pour aller vendre des vins et des armagnacs aux chinois ok d'accord et donc moi je dis bon j'ai connu quelques chinois qui étaient dans mon master j'ai envie de voyager de bouger donc je vais y aller et donc j'ai fait ça avec lui donc première je suis allé donc à Shanghai et puis à deux trois autres villes je ne sais plus lesquelles avec lui au début Et puis ensuite, moi-même, j'allais une semaine, deux semaines, tous les deux, trois mois en Chine, en essayant de vendre des vins de Bordeaux. En fait, c'est des vins de moyenne gamme. Le marché chinois, pour faire rapide, il y a l'entrée de gamme. Il y avait en 2013 et il y a toujours l'entrée de gamme et il y a le très haut de gamme. Et le milieu, d'ailleurs, dans tous les business, le milieu, c'est toujours très dur. Le milieu de gamme, c'est toujours très dur à travailler.
- Speaker #0
Tu sais que dans le tourisme, c'est pareil aujourd'hui. L'entrée de gamme fonctionne, l'autre gamme fonctionne, le milieu de gamme s'effondre.
- Speaker #1
C'est très dur. Je suis allé là-bas, j'ai pu voyager. Grâce à un de mes contacts du master, j'ai fait ma première vente. Ça, c'est cool. Souvent, on dit que les écoles de commerce, c'est hors de prix. C'est vrai que c'est hors de prix. C'est encore plus aujourd'hui. Oui, mais tu achètes un réseau, etc. Ce n'est pas forcément vrai. Dans mon cas, j'ai eu la chance, ça s'est confirmé. Bastien Dufault qui lui était mon... Qui est un ami d'enfance du lycée. Lui, il était commercial dans un autre secteur. Et puis, 2013 à 2015, l'idée, c'était de faire ce négoce, d'en tirer un revenu, un chiffre d'affaires, un revenu, et de pouvoir construire quelque chose en local. Ça, c'était très important.
- Speaker #0
Pour bien préciser, je te coupe trois secondes et demie. En 2013, vous créez Egari.
- Speaker #1
Alors là, ça va être notre nom, mais plus ou moins aussi. D'accord, c'est ça.
- Speaker #0
Qui est une société de négoce, de boisson. Alcoolier plutôt à l'époque. Export. Export, c'est ça. Donc en fait, à titre rigolo, vous commencez presque un peu à l'envers finalement. Vous partez loin alors que vous êtes au Pays Basque.
- Speaker #1
Tout à fait. Notre modèle économique à nous est assez particulier, atypique. Peut-être pour ça aussi que ça a marché. Peut-être non, pas forcément que ça. Mais on a commencé par du négoce en gros à l'export qui nous a... Ça a mis trois ans à démarrer. Ça a été très dur au début. On a même failli abandonner. 2013-2015. Oui, 2013-2016. On a failli abandonner tout parce que c'était chaud. Au même moment, il y avait Xi Jinping, le président, qui était élu et il a mis un coup de rabot parce que c'était n'importe quoi.
- Speaker #0
Il y a ces problématiques qui nous dépassent tous. Le commerce international décide un jour ou l'autre. C'est pire aujourd'hui encore.
- Speaker #1
Donc voilà, on a quand même trouvé... pu trouver une opportunité qui nous a fait jumper en chiffre d'affaires et en résultats. C'est du commerce de bières sur des grandes marques. Et ça, ça nous a fait gagner de l'argent. Et en 2015, on commençait à en gagner à peine.
- Speaker #0
C'était des bières basques là ? Non, C'était des produits industriels. C'est le pur négoce. Il y a de l'investissement au départ de votre part ? Ou financier, je veux dire. Moi,
- Speaker #1
j'ai mis un petit billet, mais rien de fou. Et Payot avait mis un petit peu, mais... Donc là, c'était du commerce. C'était une structure très légère. J'étais seul, j'étais en stage, et puis après j'étais au SMIC.
- Speaker #0
Achat-revente de boissons.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait. Et donc, en parallèle du commerce national, on discute avec... Parce que Peyo était très fan de cidrerie, de choulette, de cidre. Donc il m'a fait rencontrer Agostine Echeverria, qui est notre producteur du cidre coupé là. Ça doit être en 2014-2015. C'est là qu'avec Agustin, au détour d'une conversation d'un déjeuner, il dit « Tiens, tu pourrais commercialiser mon cidre en Pays Basque Nord et en France. » Puis on s'est dit « Tiens, pourquoi pas ? » Mais on ne va pas faire juste commercialiser ta marque.
- Speaker #0
C'est là le switch sur les produits basques.
- Speaker #1
On va créer notre marque. C'est là qu'on a créé Coupéla. La première marque de nos marques propriétaires, c'est Coupéla, le Cidre Basque. Et donc ça c'est 2015. Et donc en 2015, je dis à Bastien, qui est un commercial, qui a vachement de talent en commercial et marketing, tiens viens avec nous, tu peux pas gagner beaucoup d'argent, mais on va démarrer un projet, si ça marche, pour t'intéresser au capital, etc. Donc c'est ce qu'on fait. Et donc 2015, il me rejoint dans l'entreprise, tout en continuant le négoce à l'export pour gagner l'argent, et pour avoir de l'argent pour investir. dans la création de Coupéla. Donc là, on crée le cidre basque Coupéla, la marque, le produit aussi. Avec Agustin et Cheverin, nous n'avons pas pris son cidre et on a travaillé un cidre un petit peu différent pour le marché français.
- Speaker #0
C'était votre inspirateur, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est le producteur et c'était le moment...
- Speaker #0
Petite... Excuse-moi, moi, je suis là pour bien clarifier les choses, même si c'est plutôt très clair. Peyo, ton inspirateur au départ, ton mentor, comme tu dis. Il fait quoi, lui, dans la vie, en fait ? Il a une entreprise ?
- Speaker #1
Lui, il était chef d'entreprise par ailleurs, jusqu'à ce qu'il prenne la retraite. Mais il était par ailleurs, il avait des fonctions de direction. Mais dans le même métier ? Non, rien à voir, dans l'industrie.
- Speaker #0
Et pourquoi il t'envoie alors à l'export en stage ?
- Speaker #1
Parce qu'il avait créé cette structure, il avait besoin de quelqu'un, il avait envie de tenter.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
d'accord. Et donc Peyo, il le dit, il avait lui aussi, bien sûr, si ça marchait, il me revendait les parts de la structure. Donc c'est ce qu'on a fait, assez rapidement.
- Speaker #0
D'accord. Cette structure qui est devenue ensuite
- Speaker #1
Egari. Aujourd'hui, c'est Egari Trade.
- Speaker #0
Donc, 2015, coupez-la. J'ai noté que ça voulait dire tonneau en basque, c'est ça ? Je me suis bien enseigné. Coupez-la, je voudrais quand même, si tu le permets, qu'on fasse une petite parenthèse, parce que là, c'est pareil, il faut penser à tous les gens qui vont nous écouter, qui ne sont pas basques. Il faut quand même faire une petite parenthèse sur le cidre basque. Parce que le cidre basque, c'est quoi ? Alors moi, qui ai de la famille en Normandie, j'ai été profondément vexé de voir, je plaisante, bien sûr, que c'est des marins basques en partant avec du cidre sur leur bateau, tu vas me raconter ça, parce que c'était riche en vitamine C et ça permettait de lutter contre les maladies, qui ont fait découvrir en gros le cidre au Normand.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est la légende. Ça c'est la légende, mais qui arrange bien les basques peut-être, je ne sais rien, mais c'est super intéressant. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ? parce que là... Le cidre basque, la tradition, après on va reparler de la cidrerie. C'est un univers phénoménal.
- Speaker #1
C'est incroyable. Déjà, on va dire que c'est quand même un milieu très agricole, le Pays Basque. C'est une zone très rurale et agricole. Ça l'est de moins en moins sur la côte, évidemment, avec l'urbanisation et tout. Mais avant, il y avait dans les fermes, même dans la ferme de mon Aïtachi, de mon grand-père, où dans beaucoup de fermes, ils faisaient leur propre vin, leur propre cidre. La boisson fermentée à base de pommes, le cidre, qui est la boisson la plus commune. L'histoire du cidre est très ancienne au Pays Basque, surtout au Sud, mais au Pays Basque au sens large. D'ailleurs, si on remonte l'histoire, j'ai plus de tête, mais on parle du XIe ou du XIIe siècle. C'est là où il y a l'histoire, comme tu l'as dit, des marins basques, surtout du Sud, de la région de Guipouscoa. c'est surtout le centre, l'épicentre du cidre et de la cidrerie c'est Guipouscoa donc Donosti, San Sebastien capitale, à côté Ashtigarhaga, Hernani cette zone là Ausha, c'est cette taxe là super intéressant et donc là-bas il y avait beaucoup de marins il y avait des marins et ils allaient donc aux quatre coins du monde jusqu'à Terre-Neuve,
- Speaker #0
ils allaient en Islande c'est comme le breton, c'est un voyageur
- Speaker #1
Exactement, ils pêchaient la baleine et dans les cales des bateaux, ils avaient des couplets là, des tonneaux remplis de cidre. Ils en buvaient, selon la légende, 4 litres par jour par marin pour lutter contre le scorbut, ce qui fait quand même une dose assez importante, même si le cidre est peu alcoolisé. C'est comme ça qu'ils auraient transmis la culture du cidre au plus grand nombre. Cette histoire tellement riche, tellement intéressante, tellement la boisson identitaire du Pays Basque, c'est le cidre. Et donc c'est pour ça que nous on voulait démarrer avec le cidre, on a démarré avec le cidre et on a raconté cette histoire au travers de notre marketing et notre packaging. Via Couplard. Via Couplard, deux axes. Et ça racontait l'histoire millénaire extraordinaire du cidre basque, ce pourquoi il a ce goût, il est si particulier, donc comment il est fait. Et aussi travailler le produit pour qu'il soit on va dire plus équilibré. Parce que c'est vrai que le cidre basque il a un côté très vert, très amer, très acide. C'est vrai. C'est vraiment la pomme différente du cidre. D'ailleurs, pour ça, c'est un cidre fermé de Bretagne et de Normandie. Vous prenez la pomme, vous la pressez, et vous la mettez à fermenter, puis vous la embouteillez au bout de quelques mois. C'est un truc hyper naturel. Mais du coup, on a tous les goûts de la pomme. Et donc, il y a par moments des cidres qui sont... très secs. On a beaucoup de tannéens, d'astringence. Il y en a d'autres qui sont plus équilibrés. Nous, on a voulu, avec Oupela, en faire un très équilibré. C'est ce qu'on a dit à Agustin et Cheveria. On va garder cette typicité du chagardot. Chagardoa en basque. Chagardardoa, ça veut dire vin de pomme. C'est plus comme un vin.
- Speaker #0
J'allais te poser la question, mais tu y réponds avant. C'est parfait.
- Speaker #1
On lui a dit qu'il faut que ce soit au recatua, équilibré. On a commencé en 2015 avec un chagardo. avec un marketing à parti pris, de raconter une histoire très forte, et avec un design un petit peu moderne, et un produit équilibré.
- Speaker #0
On va revenir sur tout cet aspect design, marketing, et moi ce qui m'intéresse sur ce fil rouge, c'est de savoir comment on transmet la tradition basque au travers d'un packaging, d'un produit, sans le dénaturer. Parce que ce n'est pas évident, quand tu commences à faire du business, que tu commences à multiplier les produits, etc., de... d'éviter de ne pas se perdre dans la vraie tradition. Parce que je sais que vous êtes quand même, on l'a dit tout à l'heure en préambule de cet épisode, vous êtes très attaché à vos traditions. Et moi, je trouve ça remarquable parce que ça nous permet déjà, j'en ai presque devant moi des paysages et d'avoir des paysages qui ne sont pas dénaturés. Ce qui n'est pas le cas du Pays Basque Sud d'ailleurs. Malheureusement, parfois, je trouve que le Pays Basque Nord est très, très, très préservé. Comment tu fais, dès le début, là, alors là, tu me l'as un peu expliqué, à arriver à faire du business ? sans sortir de ta tradition et de ne pas dénaturer l'héritage. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Oui, le challenge, ça a été pour nous au début, on va dire que le marché, le client potentiel, c'est là, c'est un sujet un peu touchy. Et encore aujourd'hui d'ailleurs, si on prend du recul, c'est en 2015, on est en 2026. Vous allez mettre des éléments sur votre packaging, sur votre communication un petit peu cliché, folklore, parce que finalement le consommateur identifie le Pays Basque à ça. Nous, dès le départ, on a fait des erreurs. Au début, on en a fait quelques-unes et on regrette. Le succès,
- Speaker #0
c'est d'aller d'erreur en erreur.
- Speaker #1
Voilà, ça fait partie du jeu. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, dans nos choix de packaging, de marques, de marques au sens large, l'idée pour nous, c'est de... Bien sûr, on utilise l'image basque pour vendre. C'est clair. Mais on ne veut pas faire du folklore. On ne veut pas faire du too much. Des laobourus dans tous les sens, des piments et des danseurs. J'exagère, mais je caricature. Il faut trouver ce juste milieu. On veut faire quelque chose de très respectueux du territoire.
- Speaker #0
Tu as le consommateur local en plus, qui est très important.
- Speaker #1
Dans notre stratégie aujourd'hui, c'est de cibler avant tout le consommateur local. Bien évidemment qu'on travaille beaucoup plus l'été, parce qu'il y a plus de monde. C'est certain. On a un boom là sur juin, juillet. Ça représente 30% de notre chiffre d'affaires quand même.
- Speaker #0
Le site Coupéla, c'est quoi le pourcentage de ces ventes si on prend les différents créneaux de distribution ?
- Speaker #1
Sur le site Coupéla, on est à, je dirais, plutôt 50-50 aujourd'hui entre le hors-domicile, ce qu'on appelle tout ce qui est café, hôtel, restaurant et la grande distribution, le retail. 50-50, je dirais. Et voilà, donc si on revient au market, à la com, déjà nous, toutes nos communications sont en bilingue, donc aussi bien sur le pack que sur la communication sur les réseaux. Bilingue,
- Speaker #0
français, basque.
- Speaker #1
Oui, français, basque, tout à fait.
- Speaker #0
Soyons très clairs, parce que l'appareil auditeur, si tu veux, qui n'est pas au Pays Basque,
- Speaker #1
autant pour moi,
- Speaker #0
il peut se dire bilingue, français, espagnol.
- Speaker #1
Non, non, non, français, basque, bien sûr. Je dirais même plus basque et français. Non, et alors... Certaines gammes de produits, on n'a pas pu mettre à Noshkala, mais sur nos marques fortes principales, que ce soit Noshkola, Coupela, les bières Balea, c'est Bilen, Abarathia aussi. Et après, notre stratégie à nous aussi, qui est un peu complexe, et dure à gérer, nécessite plus de ressources, c'est d'avoir fait plusieurs marques.
- Speaker #0
Alors on va y revenir, à la création de toutes ces marques.
- Speaker #1
On a pu faire une seule marque et faire plein de boissons dedans, mais ça aurait été bizarre d'avoir du cidre, du cola et des liqueurs. Donc nous, chaque Univers de boisson à sa marque.
- Speaker #0
Ok, Coupéla, donc on est d'accord, c'est ce qui vous fait, le Cidre Coupéla, c'est ce qui vous fait en 2015, à partir de 2015, changer de dimension. Voilà,
- Speaker #1
on démarre avec Coupéla.
- Speaker #0
Vraiment.
- Speaker #1
On va changer de dimension.
- Speaker #0
Quel est l'investissement là ? Pareil, je reparle parce que c'est intéressant, on est dans un podcast un petit peu d'entrepreneuriat. Tu donnes les chiffres que tu as envie de donner, bien sûr, il n'y a aucune obligation, mais c'est un gros investissement au départ, parce que tu dis qu'au départ, quand tu avais démarré en 2013, 2014, ce n'était pas énorme.
- Speaker #1
L'investissement, je ne sais plus comme ça, mais... Je dirais que oui, il a bien fallu 100, 200 000 euros. Donc on va voir les banques,
- Speaker #0
les partenaires ? Non,
- Speaker #1
notre modèle à nous, c'est qu'on a été... Oui, alors bien sûr, on a pu négocier différents prêts. Pas d'endettement,
- Speaker #0
j'ai vu. On en a un peu quand même,
- Speaker #1
suite au rachat surtout. Mais non, le démarrage, pas d'endettement. Mais c'est surtout de l'autofinancement. C'est-à-dire que tous les fruits de l'export, on les réinvestissait en totalité dans le local. Donc dans la création de la marque, dans l'embauche de... de Bastien, ensuite d'une personne à l'administration des ventes, d'un commercial, de logistique, du dépôt. C'est de l'autofinancement. Autofinancement, autofinancement non-stop. Et après, on va dire le premier emprunt, je mets de côté les lignes de crédit court terme, etc. Oui, bien sûr. Pour financer les cyclistes d'exploitation.
- Speaker #0
Il y a toute entreprise obligatoirement pour vivre au quotidien.
- Speaker #1
Mais je dirais pour le rachat du chocolat et du pressort du PVA, c'était en 2019 où on a fait un petit emprunt pour acheter ces structures.
- Speaker #0
Alors là pareil, on va bien repréciser les choses. On a parlé de la création de la société en 2013, donc la création de la marque Coupé-Lard en 2015 et ce vrai lancement avec ce produit phare qui est le cidre basque. On reviendra tout à l'heure sur la consommation et la façon dont ils se consomment avec la cidrerie. Parce que ça c'est quand même pour quelqu'un qui n'est pas basque et qui arrive au Pays Basque, j'ai presque envie de dire que c'est un passage obligé. d'aller dans une cidrerie, faire le repas cidrerie, tout ça on va en reparler parce que c'est super intéressant et là en termes touristiques purement justement. Ensuite donc à partir de 2015, vous avez, si j'ai bien compris tu peux me contredire, tu en as totalement le droit, vous avez deux axes de développement, c'est de la création de nouvelles marques en interne et du rachat de marques en externe, c'est un peu ça.
- Speaker #1
c'est pas tant hum Le rachat de marque, c'était prématuré à l'époque. On avait démarré avec Coupéla, on allait voir les clients avec Coupéla. On a étoffé la gamme Coupéla avec de nouvelles références. On nous a demandé un cidre plus doux.
- Speaker #0
Il y a plusieurs gammes de Coupéla ?
- Speaker #1
Oui, on a eu une demande du marché très clairement pour un cidre plus doux. Au Pays Basque, on ne fait pas de cidre doux. Mais on a trouvé un producteur en Pays Basque Sud, en Navarre, qui pouvait nous faire un cidre demi-sec. Il reste du sucre. mais moins qu'un doux. Donc là, on a lancé le demi-sec, c'est l'étiquette bleue, notamment, qui est un de nos best-sellers, qui là, on est sur un cidre fabriqué au Pays Basque, mais qui a un goût qui est, on va dire, plus commercial, plus dans les mœurs de consommation de tous les jours. Parce que le Chagardot, c'est vrai que les moments de consommation du Chagardot, ils ne sont pas... Il n'y en a pas tous les jours. Il faut créer le moment. Tu ne prends pas au petit-déjeuner. Il y a un vrai travail à faire. Tu ne prends pas le dessert, etc.
- Speaker #0
Ce n'est pas comme la Guinée, ce que les Irlandais boivent le matin, à midi et le soir.
- Speaker #1
Donc voilà ça. Et puis voilà, ensuite il y a l'opportunité. Encore une fois, l'opportunité en 2019. L'entreprise, la vie entrepreneuriale, s'est faite d'opportunités. Vous les prenez ou vous ne les prenez pas. Bon, par moment, il faut les créer évidemment. Mais là, en 2019, on nous propose de reprendre donc le chocolat basque. donc c'est deux jeunes qui avaient créé ça qu'on a sur la table là Valentin et Pierre qui avaient créé ça on dit Euskola Euskola et Ricocola, donc cola du Pays Basque ok d'accord tout simplement donc ils fabriquaient ça à Bardos tout comme ils fabriquaient le pressor du Pays Basque sur le même site, ils avaient été assez ingénieux c'est une petite entreprise mais à deux ils avaient développé le truc et ils fabriquaient aussi des jus de fruits pressés de la pomme sur place et du kiwi et donc ils fabriquaient la gamme de jus de fruits le pressor du Pays Basque que vous avez ici Ok.
- Speaker #0
Donc là, vous rachetez la marque ? Tu rachètes la marque ou tu rachètes l'entreprise ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
On rachète l'entreprise et donc la fabrication. On va de l'aval vers l'amont. C'est-à-dire qu'on était juste... On distribuait, on avait créé une marque. Maintenant, on devient fabricant. Ça, c'est important. Notre volonté dès le départ, c'est de fabriquer aussi. On n'est pas juste un commercialisateur de marques.
- Speaker #0
Et là, tu le fabriques aussi.
- Speaker #1
Non, on fait fabriquer. Tu fais fabriquer ?
- Speaker #0
Oui, c'est après quand vous rachetez l'usine que vous commencez vraiment à fabriquer. En 2019,
- Speaker #1
on rachète ça et en 2019, on commence à fabriquer. Donc, nous-mêmes. Donc, il y a cet apprentissage aussi de la fabrication.
- Speaker #0
C'est un autre univers, oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et voilà, le modèle qu'on a gardé aussi, c'est d'avoir... C'est là que ça démarre un petit peu, parce que d'ailleurs, il y a beaucoup d'entités qui se gardent différentes entités. Il y a une entité qui fabrique, il y a une entité qui commercialise. Puis, il y a une entité qui négocie, qui fait du négoce en gros à l'export. C'est pour ça qu'il y a plusieurs sociétés.
- Speaker #0
Et il y a une holding ensuite.
- Speaker #1
Et alors voilà, en 2019 aussi, Dans le cas du rachat, il y a création de la holding pour un petit peu gérer ça.
- Speaker #0
Qui s'appelle la holding ?
- Speaker #1
Aritsa.
- Speaker #0
Aritsa, c'est un gênoté.
- Speaker #1
En 2019, on crée Aritsa. Et puis, deux ans après, trois ans après, je ne sais plus exactement, il y a Christophe qui nous rejoint. Et l'idée, c'est de structurer tout ça, de créer une identité groupe Aritsa. D'accord.
- Speaker #0
Alors là, pareil, pour remettre tout ça bien dans l'ordre, 2015 coupé là, 2018, vous avez créé également la marque Balea.
- Speaker #1
Alors voilà, oui. Avant ça, on créait...
- Speaker #0
Une bière artisanale biologique.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. On crée Balea, donc une bière bio. L'idée c'était de s'engouffrer dans ce créneau de la bière artisanale locale qui était naissant et qui était en train de tout exploser. Et on crée aussi la sangria Loreac, les fleurs en basque. Une gamme de sangria pétillante, un petit peu originale.
- Speaker #0
Tous ces produits, la baléa, Loreac, alors Coupéla tu m'as un peu répondu, on les trouve certains en grande distribution ou pas du tout ?
- Speaker #1
Oui tout à fait, ils sont tous en grande distribution.
- Speaker #0
Ah oui tous, même le cidre ?
- Speaker #1
Oui, oui, tout. on est assez présent c'est pas que l'ancien HR on est présent dans toute la grande distribution que ce soit hypermarché, supermarché magasin de proximité, épicerie on est assez présent vous avez également j'ai vu un site web tout à fait on a un site web e-commerce et Gary Shop et aussi ce que je voulais dire ce qui est important dans notre identité ce qu'on veut faire c'est fabriquer toutes nos boissons au Pays Basque elles sont toutes fabriquées au Pays Basque elles ne sont pas toutes fabriquées par nous ça on s'en cache pas, mais elles sont toutes fabriquées au Pays Basque.
- Speaker #0
Avec des salariés basques.
- Speaker #1
Pas que, mais...
- Speaker #0
Autant que possible. Et qui apprennent le basque, on va en reparler.
- Speaker #1
Oui, on pourrait aussi, il y en a qui le font, et encore aujourd'hui, d'ailleurs, on voit qu'on est concurrencés par des boissons qui utilisent l'image basque, mais qui sont faites en dehors du Pays Basque. Que ce soit en France ou en Espagne. Et ça, nous, on ne fait pas. Parce que... pour nous, ça c'est carton rouge.
- Speaker #0
Vous avez des valeurs et vous y tenez.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est des valeurs, mais c'est un moindre des choses en fait. Si on dit une image basque, il faut que ce soit fait au Pays Basque.
- Speaker #0
Mais c'est marrant, l'autre soir, il y avait une émission sur la Corse, qui est un autre territoire à forte authenticité. Il y avait ce problème des saucissons corse. Je crois que c'est un problème partout finalement. C'est un vrai problème. Il y a beaucoup de problèmes là-dessus au Pays Basque ? Il y en a quelques-uns. Ils sont tapés sur quiconque particulièrement.
- Speaker #1
Il y en a encore récemment qui se lancent. Mais voilà, c'est comme ça. Disons qu'il y en a qui profitent de l'image basque pour vendre. Et derrière, il n'y a rien. Ce n'est pas solide, mais tôt ou tard, ça se sait. Et bon, on n'est pas inquiets. Nous, on utilise l'image basque. On communique beaucoup sur le pays basque, sur l'identité, sur la culture, sur la langue. C'est vrai qu'on n'a pas parlé aussi, mais... La priorité pour nous, c'est le produit aussi. C'est ce qu'il y a dedans. On travaille beaucoup pour faire des choses de qualité. Parce que si ça ne serait pas bon, on n'en vendrait pas du tout. Le 1, c'est la qualité du produit.
- Speaker #0
Le consommateur, il l'ouvre, il le goûte, il le boit. Et si ça ne lui plaît pas, il ne l'en rachète pas.
- Speaker #1
Le 1, c'est la qualité du produit. La qualité et la répétibilité du produit. C'est-à-dire avoir une constance. C'est la clé. Et parfois, ce n'est pas facile. Ça nécessite beaucoup d'investissement matériel. humain et aussi il faut du temps bien sûr il faut du temps et après la 2 c'est de raconter des histoires, chaque marque chaque univers a son histoire et avoir une histoire qui est cohérente,
- Speaker #0
qui tient la route alors j'aimerais qu'on parle quand même de l'ouche-cola parce que c'est quand même c'est toujours très drôle ces colas régionaux oui si il y a le braise-cola qui est d'ailleurs le plus gros je crois après le coca-cola en France c'est ça ? alors moi je voulais que tu me parles de ça parce que C'est toujours très mystérieux, déjà le Coca-Cola, on ne sait pas trop ce qu'il y a dedans, on ne l'a jamais su, c'est comme le Big Mac avec la sauce. Mais le au chocolat, sans rentrer bien sûr dans les secrets défenses, c'est quoi la fabrication de chocolat ? Est-ce qu'il a le même goût ? Je ne l'ai pas goûté personnellement que le Coca-Cola, est-ce que c'est différent ? Dis-moi un peu, ça m'intéresse.
- Speaker #1
Bien sûr, ce qui a été réalisé, déjà la recette de l'au chocolat, on ne l'a pas touchée. Ceux qui l'ont créé en 2018-2019, ceux qui en ont racheté l'entreprise, avaient créé cette recette et on ne l'a pas dénaturée. C'est important.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce qu'on trouvait que c'était cohérent. En fait, ils ont fait un goût qui se rapproche de Coca-Cola.
- Speaker #0
C'est de toute façon l'idée.
- Speaker #1
Oui, mais c'est vrai que dans le monde du cola, il y a Coca-Cola. Il y a Pepsi. On peut dire des marques ? Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est trop tard maintenant.
- Speaker #0
On les a dites.
- Speaker #1
On dit plutôt les tiennes. Disons que dans cet univers-là, il y a deux marques mondiales, mondialisées. De toute façon, on les connaît, ce n'est pas secret. Et ils ont quand même des goûts très différents. Ce n'est pas pareil, les deux. Et je pense qu'on pense que le consommateur, quand il consomme ce cola, il s'attend à avoir ce goût proche de... de la grande marque. On a quand même essayé de se rapprocher au maximum du truc. Surtout, le parti pris qu'on a fait récemment, c'est qu'on a baissé le sucre. Coca-Cola, il a autour de 11 grammes de sucre. Nous, on est à 8 grammes de sucre.
- Speaker #0
C'est une question que je voulais te poser.
- Speaker #1
C'est dans une démarche surtout d'avoir un produit qualitatif qui répond au moment de plaisir. Malgré tout, quand on boit un soda, on veut boire du sucre. Donc si vous enlevez le sucre, il n'y a plus d'intérêt.
- Speaker #0
Oui, il ne faut pas du chocolat zéro ?
- Speaker #1
On fait le chocolat sans sucre. Ah, vous le faites aussi ? Oui, mais dans le sans sucre, vous remplacez la sensation de sucre par un édulcorant. Donc l'attendu, c'est quand même d'avoir ce côté sucrosité. Donc on a réduit le sucre, mais on a réussi quand même à avoir quelque chose qui est très bien en qualité. Et ça, c'est vraiment une réussite de nos équipes de production et de commerce marketing. Ça, on est assez fiers. Et surtout que voilà, du coup, quand vous buvez notre cola, le chocolat... notre cola local, ou que les enfants en boivent, il y a moins de sucre. Et ça, sur le long terme, pour la santé du consommateur, la santé des gens, c'est positif.
- Speaker #0
Tu sais combien il y a de colas locaux en France ? Non. Braise, il est connu.
- Speaker #1
Braise, il y a surtout Braise.
- Speaker #0
Il y a le Corse. Il y en a en Corse.
- Speaker #1
Je crois qu'il y en a en Normandie aussi.
- Speaker #0
D'accord. Vous faites combien de bouteilles ? Vous ne vous rendez pas au Chcola ? Au
- Speaker #1
Chcola, on est à plus de 300 000 bouteilles. Ça reste petit. Mais là, on est en train de changer de dimension avec notamment l'ouverture du Pays Basque Sud. C'est ce que je disais en préambule. Cette volonté de nous asseoir sur le territoire.
- Speaker #0
Et puis là, c'est en plus en totale cohérence.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Alors ensuite, j'ai noté également que vous avez créé une marque qui s'appelle Arima, des petits glacés. Vous avez pas mal également dans vos produits de ce qu'on appelle des softs en anglais, des produits sans alcool. Oui. Donc du jus de pomme. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus sur ces produits sans alcool ? Bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr. On a une gamme de produits avec alcool et sans alcool. Les principales références du sans alcool, donc on a la gamme de jus de fruits pressoirs du Pays Basque et au chocolat.
- Speaker #0
Que vous aviez racheté.
- Speaker #1
Voilà, qu'on a racheté. Donc dans le pressoir du Pays Basque, c'est la pomme et le kiwi qui est pressé ici. Ayer.
- Speaker #0
Kiwi des Landes ?
- Speaker #1
Kiwi des Landes et pommes du sud-ouest. D'accord.
- Speaker #0
On va sur du kiwi local.
- Speaker #1
Pommes sud-ouest parce qu'on n'a pas la pro en pommes locales suffisantes.
- Speaker #0
Vous complétez quoi en fait ?
- Speaker #1
Et surtout aussi la pomme qui est recherchée sur ces jus c'est la pomme à table.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc c'est les variétés pink, granny, fudge etc. Alors que la pomme locale ici c'est plutôt des variétés de pommes à cidre, pommes à couteau. Donc c'est d'autres variétés qui sont plus... plus confidentiels et surtout qui n'ont pas le même goût. Ce sont des pommes beaucoup moins sucrées. Et donc voilà, on a le presseur du Pays-Bas, qu'on n'a pas loin de 10 références en 100% pur jus. Ce sont des jus qui sont 100% pur jus. Puis on a trois références en pétillant, donc avec adjonction de CO2. Donc on a orange mandarine pétillant, on a pomme pétillant, et on a notre nouveauté de l'année dernière, le yuzu pétillant, qui est une espèce de citronnade pétillante. Et là, la particularité... Ça, c'est notre hyno de l'année dernière. La particularité, c'est que le yuzu, il est du village. Il est d'ailleurs.
- Speaker #0
Le yuzu d'ailleurs.
- Speaker #1
Ça fait.
- Speaker #0
Excellent.
- Speaker #1
C'est Soulignac qui a planté du yuzu en face de l'église au village, qui nous vend son yuzu.
- Speaker #0
Et vous avez là aussi un site web. En parlant, la petite parenthèse, pressoir-pays-bas.com, dans le descriptif du podcast, de l'épisode, sur les plateformes de podcast, puisque je rappelle que ce podcast est diffusé sur toutes les plateformes de podcast, ainsi que sur YouTube, Apple Podcast, Amazon Podcast. podcast, Deezer, Spotify. On mettra les liens vers les différents sites. OK,
- Speaker #1
cool.
- Speaker #0
Comme ça, si ça intéresse des personnes d'aller un peu plus loin dans la découverte des produits, on mettra les liens.
- Speaker #1
Voilà, pour ce qui est soda, on va dire sans sucre, on a ça. Bien sûr, on a aussi des boissons qui sont dans l'air du temps comme la ginger beer, par exemple.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
on a ginger beer, on a aussi ce genre de boissons qui sont on va dire des des dérivés de bières sans alcool. On a une bière sans alcool, dans nos gammes de bières, on a Balea, et Balea la baleine qui est notre première marque de bières. On a la sans alcool, la Guitaria, qui est une référence où vous avez... On peut appeler une bière sans alcool si elle est en dessous de 1,2 TAV. Et donc on est à 0,5-0,6, qu'on catégorise sans alcool, et on est en train d'en vendre énormément.
- Speaker #0
D'ailleurs, moi qui vais souvent dans les pays d'Europe du Nord, et notamment en Suède, ma fille vivant en Suède, En Suède, l'alcool est géré par l'État. Oui. C'est des magasins d'État. Et tu ne trouves... effectivement en supermarché que les bières qui font effectivement ce degré d'alcool de 1 là uniquement. Les autres, c'est en magasin d'état, ouvert de telle heure à telle heure et avec carte d'identité présentée. Je ne sais pas si on arrivera un jour en France à ça, ce n'est pas forcément terrible non plus, mais bon, il y a quand même une tendance vers le moins d'alcool. Oui,
- Speaker #1
mais de toute façon, la tendance vers le moins d'alcool, elle est réelle. Les nouvelles générations consomment beaucoup moins d'alcool.
- Speaker #0
Comment d'ailleurs, tiens, alors tu vois, ça c'est une question Donc je vais... pas noté, mais c'est tout le charme de cet échange, c'est comment vous travaillez, vous, cette... Parce que là, on parle de soda, on parle de bière, on parle de cidre, on parle forcément quand même un petit peu de calories, automatiquement. Comment vous travaillez cet aspect ? Je dirais, les gens aujourd'hui, on est d'accord, vont quand même de plus en plus vers une vie la plus saine possible, autant que possible. Pas tous, malheureusement, mais la plupart, quand même. Essayez de faire attention. Comment vous travaillez, vous, ces tendances-là ? C'est une préoccupation pour vous ? C'est un sujet ? Ces tendances de L-C, Vicenne, dans les produits ?
- Speaker #1
Oui, on a lancé justement la gamme Arima. Arima, c'est l'âme en basque, avec un style un petit peu zen, japonisant.
- Speaker #0
Super 30 éditions, j'allais t'en parler. Fantastique.
- Speaker #1
Donc ça, c'est notre gamme, on va dire L-C. Et donc, c'est un sujet très intéressant si on parle business, parce que justement, on entend beaucoup, le L-C, il faut moins de sucre et tout ça. Mais pour le coup, nous on avait lancé au début d'Alima, je le dis, on l'avait fait sans sucre, infusion de feuilles de stevia, enfin zéro sucre, infusion de feuilles de stevia, infusion de thé, et voilà, c'était un produit qui était hyper healthy pour le coup. Mais pour le coup...
- Speaker #0
Mais trop !
- Speaker #1
Trop ! Ça manquait de sucre. Au goût, c'est ça, c'est un vrai sujet. Et donc, on a changé la recette l'année dernière.
- Speaker #0
Parce qu'il faut que ça soit bon comme produit.
- Speaker #1
On a mis un tout petit peu de sucre. Rien du tout, on a mis 2 grammes, c'est que dalle. Donc ça peut être, c'est d'ailleurs dans la législation, considéré comme légèrement sucré. Légèrement sucré. Légèrement sucré.
- Speaker #0
Légèrement sucré.
- Speaker #1
Et donc on est ça, et bien évidemment, parce que de toute façon le sucre à la fin, c'est bon le sucre, c'est juste l'abus du sucre qui est mauvais pour la santé. Donc si on boit avec modération, tout comme l'alcool, tout se passe bien.
- Speaker #0
Non, non, mais on est tout à fait d'accord. Il faut pas non plus tomber dans les excès du LSI, je ne mange plus de viande. Bien sûr. Je pense qu'il faut tout consommer avec modération, autant que possible.
- Speaker #1
C'est comme tout, c'est les extrêmes, les difficultés qui sont problématiques.
- Speaker #0
Je crois qu'on est dans une période où on va beaucoup en parler. Dans les mois qui viennent, ce matin, on écoutait une émission à la radio en venant te voir. Bref, ça devient très compliqué. La nuance, c'est de moins en moins de ce monde. c'est un gros problème et d'ailleurs en plus c'est ce qui plaît aux gens bizarrement avec les réseaux sociaux les gens aiment ce côté noir et blanc je suis pour, je suis contre il n'y a plus trop ce juste milieu ça devient assez pénible si tu es nuancé, tu es hors jeu j'ai vu qu'en 2020 également vous aviez, alors ça ça m'intéresse parce que vous avez créé une marque de vin à Malour j'ai tout tout noté hein Amalour, ça m'intéresse parce qu'au Pays Basque, ça permet aussi de faire un petit lien avec le tourisme. Il y a les fameux vins d'Iroulegui, Vignobes d'Iroulegui. Alors les Vignobes d'Iroulegui, c'est pareil pour nos auditeurs qui ne connaissent pas le Pays Basque. Moi, j'ai beaucoup d'amis qui, quand je viens au Pays Basque, me disent qu'il faudrait que tu me donnes des bons trucs. Le Vignobes d'Iroulegui, il est autour de Saint-Jean-Pied-de-Port, c'est ça. Saint-Etienne-de-Baïgory, c'est ça. Je ne me trompe pas trop. Donc c'est intéressant. C'est des vins d'Iroulegui ? Alors,
- Speaker #1
Amalour, c'est la terre-mer. Là, c'est pareil. Comme je disais, on veut à chaque fois raconter une histoire. Une histoire qui lie le produit au terroir, au territoire, au Pays Basque. Donc là, Amalour, terre-mer. Et l'idée, c'était de faire la seule gamme transfrontalière qui existe entre la Basse-Navarre. Moi, je ne suis pas à Navarra, ici, on est en Basse-Navarre. C'est en Pied-de-Port, on va dire que c'est la capitale. On est à la limite, c'est ça, là ? On est à l'entrée.
- Speaker #0
On est à l'entrée, d'accord. On est à la frontière.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Là-bas, c'est pareil. et du coup Basse Navarre donc c'est un peu de port et après il y a la Navarre donc de l'autre côté Pampelune qui est 10 fois plus grande bien sûr il y a un gros vignoble donc en Navarre appellation d'origine c'est deux appellations d'origine donc l'une Nihirulegui et l'autre Navarre et nous à Malour l'idée c'est d'avoir une marque transfrontalière donc on a Nihirulegui et on a l'AOP Navarre côté sud 20 bio hein en 20 bio ouais tout à fait en 20 bio C'est intéressant parce que c'est des vignobles qui sont sur chacun des territoires, assez proches mais totalement différents. Les rouleguis, le relief, la culture, c'est des petites parcelles, c'est très pentu, c'est des vins qui sont, on va dire, moyen de gamme, plus haut de gamme. Là-bas, la navarre, c'est plat, ça envoie, c'est des grosses cultures. C'est assez intéressant, la marque est transfrontalière, mais les positionnements des vins sont assez différents. On est sur le sud de Navarre, on est sur un vin que vous allez acheter 6,50 euros en magasin, qui est un vin de Navarre jeune, frais, bon, rigolo, sympa. Et l'autre, le Hirolégui, on est plus sur un vin qu'il faut garder un peu plus, qui a plus de tannin, plus de corps.
- Speaker #0
On est en 40 degrés dans les Hirolégui, 14 ?
- Speaker #1
Ouais, 13h30-14h.
- Speaker #0
C'est le problème des vins du Sud maintenant, c'est que c'est difficile de garder les degrés. Avec le réchauffement climatique, c'est compliqué.
- Speaker #1
Non, mais c'est clair. Le réchauffement climatique va amener beaucoup de... D'ailleurs, ça va aider le monde du vin, parce qu'aujourd'hui, c'est triste à dire malheureusement, mais il y a beaucoup trop de vin par rapport à la consommation. Donc le réchauffement climatique, de toute façon, va...
- Speaker #0
va faire une sélection naturelle, c'est ce que tu veux dire.
- Speaker #1
En quelque sorte, je parlais avec un producteur de vin, c'est ce qu'il me disait. C'est très triste à dire, parce qu'il y a beaucoup qui vont perdre leur business, etc. Mais malheureusement, de toute façon, le problème, il y a deux variables qui sont difficiles. C'est la consommation des jeunes, qui ne consomment plus de vin. Pour changer ça, c'est chaud. Et là, il y a le changement climatique qui va poser un gros problème sur les cultures, et notamment le vin.
- Speaker #0
C'est marrant, j'entendais dire, excuse-moi, je te fais parenthèse, mais qui correspond pile-boile à ce que tu viens de dire. C'est que j'entendais une émission il n'y a pas longtemps où on disait, il y a 30 ans, quand tu étais invité chez des amis à Paris ou dans les grandes villes, tu amenais une bonne bouteille de vin. Maintenant, tu peux amener une bonne bouteille de bière. Avant, il y a 20-30 ans, tu faisais ça, tu étais ringard. Tu étais même limite... Bon, tu vois ce que je veux dire. Tu n'étais pas dans le coup du tout, du tout. Ce n'était pas terrible. Maintenant, ça se fait beaucoup. Ça se fait beaucoup. Il y a beaucoup de... Alors toi, tu es... dans la bière basse, mais c'est vrai que les brasseries, les micro-brasseries en France, c'est hyper riche le territoire en brasserie, même en Dordogne, d'où je viens, on a énormément de petites brasseries. Mais c'est vrai que le vin baisse, et le vin bordelais en souffre beaucoup d'ailleurs.
- Speaker #1
Structurellement.
- Speaker #0
Il y a le Bourgogne, on parlait tout à l'heure en très haut de gamme, le Bourgogne lui a choisi le très haut de gamme, donc tout fonctionne très bien, mais le Bordeaux qui a fait du moyen et du bas... Ils ont de gros soucis sur pas mal de produits.
- Speaker #1
Ok. J'ai vu également, pour compléter vraiment la gamme,
- Speaker #0
vous avez en 2022 créé ou racheté les établissements Lapourdi avec une gamme de gin, rhum et whisky.
- Speaker #1
Ça, c'est une création de marque aussi.
- Speaker #0
Ah oui, c'est une création.
- Speaker #1
La marque s'appelle l'établissement Lapourdi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que là, on raconte un petit peu... le storytelling autour des comptoirs qu'on pouvait trouver à l'étranger, qui allaient chercher des épices, une histoire encore autour de la mer. C'est beaucoup lié au Pays Basque. Et là, l'idée, c'était de créer une gamme d'alcool fort du Pays Basque. Donc la distillerie, c'est Hacha, qui est basée à Amurio. Amurio, c'est en Araba, à côté de Vitoria-Gasteiz. Et c'est la plus ancienne distillerie d'Espagne. donc la distillerie Hacha. On est allé les voir, on a dit voilà on a un projet de création d'une marque, d'une gamme de produits, vous allez nous aider à élaborer les recettes. On a fait un London Dry Gin, donc très très très bon, très style sec. On a fait un rhum à base de mélasse, et qui est un rhum on va dire, rhum vieux, donc il a trois ans et c'est un rhum qui est assez sucré mais équilibré, et après on a un whisky. Au début, on avait fait un whisky blend, maintenant c'est un whisky single malt, avec malt du Pays Basque.
- Speaker #0
Toujours local.
- Speaker #1
On essaye. Ce n'est pas toujours possible, mais on essaye d'avoir la matière première ou la matière sèche la plus locale possible. Vous avez dit Pacharan chez vous aussi ? On a lancé Pacharan et Mante, qui sont des liqueurs tendances, assez à la mode.
- Speaker #0
C'est comme les Limoncello en Italie, c'est des liqueurs sucrés. C'est des boissons sympas, festives, on va dire. Plutôt après repas, frais, glacés.
- Speaker #1
Ou même aux fêtes. Par exemple, aux fêtes de Bayonne, ça en consomme énormément.
- Speaker #0
Ça, j'ai vu, c'est 2024, je crois, le patch à l'année. C'est ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
OK. Alors après, pour terminer, on arrive à la fin de la liste des produits. Après, on va revenir un petit peu sur la production et la philosophie autour de tout ça. Déjà, avant de terminer sur les marques, j'ai vu qu'il y a Brew Up que vous avez créé à Anglette. C'est quoi Brew Up ?
- Speaker #1
Alors non, voilà. Non, là, c'est autre chose. C'est un magasin. L'année dernière, on nous a présenté, il y a une brasserie d'asparin qui s'appelle Bobosbier, qui est une brasserie historique de 2006. D'ailleurs, on a fêté les 20 ans. Et donc, c'était une première brasserie artisanale du Pays Basque avec Ackerbelt. C'était les deux premières.
- Speaker #0
Oui, que je connais.
- Speaker #1
Et donc, Bobosbier, le propriétaire de l'entreprise, nous a dit qu'il avait des difficultés et qu'il souhaitait céder l'entreprise. Et donc, on s'est mis d'accord pour lui reprendre l'entreprise. Dans le package de l'entreprise, il y avait la brasserie à Asparin, l'outil de fabrication à Asparin, et le brew pub, le restaurant-brasserie à Anglette. C'est à Anglette au niveau de la zone commerciale, là où il y a Décathlon, Mont-Siné, etc. C'est là-bas, c'est un restaurant et un bar à bière, où la bière est fabriquée sur place. C'est donc un brew pub. On a repris ça l'année dernière, en avril 2025. Donc c'est un lieu de restauration, un lieu de consommation de nos bières qui est basé à Anglette.
- Speaker #0
Ok, alors on va revenir après sur l'acidrerie à Bayonne. Oui. J'ai vu également en 2026, au Latou.
- Speaker #1
Oui, récemment on a fait l'acquisition de la gamme au Latou.
- Speaker #0
Comment ? Attends... Comment vous faites tout ça ? Comment ça marche ? Vous êtes combien aujourd'hui dans l'ensemble de l'entreprise ?
- Speaker #1
L'ensemble du groupe ? Toutes les entreprises confondues, on est 60. Avec les saisonniers, on monte peut-être à 75 l'été. Mais sur la partie fabrication, ici à Ayer, on est 15. Ici, Biour, ils sont 5. Et après, Egari et Dariac, le site de Bayonne et d'Asparin, qui sont qui est l'entreprise de distribution des boissons, de marketing, de commerce, e-commerce, etc. Là, ils sont 20. Et après, il y a Egari Trade slash Mugalari, deux entités qui font du négoce, en gros, à l'export, qui est la principale société en termes de volume, de chiffre d'affaires. Là, ils sont 7. Et après, il y a la cidrerie. Oui, c'est vrai qu'il y a la cidrerie, donc à Bayonne, là, on est 7. Et le brewpub anglais, ils sont 5.
- Speaker #0
Comment ça se gère tout ça ? Vous êtes à la direction ? Il y a toujours toi ?
- Speaker #1
Il y a moi, il y a Christophe qui nous a rejoints en 2022, qui nous a rejoints pour justement organiser tout ça. Parce que vous êtes obligés d'être très structurés. Oui, avant c'était un peu bim bam boum. Oui,
- Speaker #0
parce qu'il prend les décisions pour Arima, les évolutions à Malour. Les patcharans, il y a tous ces produits. Il faut que ça soit très structuré quand même derrière.
- Speaker #1
On a mis en place la structuration à partir de 2022. Bastien Dufault, qui est mon associé sur la distribution, lui est monté directeur général de la partie. C'est lui qui chapeaute le business day to day. Avec moi, bien sûr, les décisions stratégiques. Mais il s'occupe de la partie distribution. Egari Trade. C'est plutôt Christophe qui suivait là depuis trois ans et je vais reprendre, parce qu'on a notre projet, je vais reprendre le sujet. Et après, moi, je m'occupe en direct de la gestion de la fabrique. Et ici, sur Biour, j'ai mis Pio Echeverri, celui avec qui j'ai démarré. C'est la mission la plus difficile, Biour. Donc, il a voulu s'y coller. On va revenir à Biour. On l'a mis dessus. Et donc, voilà, on a structuré. Après, il y a les équipes. C'est vrai qu'on n'a pas parlé encore de... il y a les gens qui travaillent avec chez nous. Oui,
- Speaker #0
vas-y, ça peut être l'occasion.
- Speaker #1
On a des femmes et des hommes vraiment de qualité et de niveau. Vraiment. À tous les postes d'ailleurs, que ce soit à la compta, à l'administration des ventes, au marketing, au commerce. On a vraiment des cadors.
- Speaker #0
C'est quoi pour toi le poste le plus stratégique pour toi dans l'entreprise ? Le poste le plus stratégique, la partie la plus... Tout est important. Tout va ensemble.
- Speaker #1
Mais voilà, tout, tout. Mais on a même des opérateurs ici, ils sont vraiment super, super engagés. Je veux dire, vous savez, la production, ça ne se passe jamais comme prévu. Donc, vous lancez une production, il y a une panne, il y a une casse-mâche, il y a un truc, il faut faire des heures en plus, ils sont là, ils sont présents. Il y a eu la canicule, tout le monde a eu peur, etc. Il fait très chaud dans le dépôt, dans l'usine. En haut, il fait très, très chaud. Donc, ils sont venus travailler la nuit. Enfin, ils ont été très volontaires.
- Speaker #0
On produit 24 heures sur 24 ?
- Speaker #1
Non. Non, non, non. Non, on produit de 7 à 19h.
- Speaker #0
D'accord. D'ailleurs, on a raté un épisode. On est un petit peu dans le désordre malgré tout. En 2023, vous avez créé Eragine Fabrica, ici, à Ayer. Vous avez repris Elicacho, c'est ça ?
- Speaker #1
La reprise de Chocolat, c'est en 2019. C'est ça. L'entreprise s'appelait Elicacho. Dès qu'on a repris, on a vu le site de Bardot, c'était trop petit. C'était tout petit. Donc, on a... pu solliciter l'agglomération qui nous a donné l'opportunité d'acquérir un terrain ici à Ayer. Comme en préambule je disais, j'ai la chance de pouvoir avoir mon entreprise dans mon village.
- Speaker #0
C'est fantastique. C'est un retour aux sources, ça n'est jamais parti très très loin.
- Speaker #1
Il faut remercier l'agglomération, l'agglo Pays Basque qui nous a permis ça, qui nous a donné l'opportunité d'eux. Et après bien sûr on a investi beaucoup, beaucoup plus que ce qu'on devait.
- Speaker #0
C'est votre plus gros investissement ça non ?
- Speaker #1
Oui, on a plus de 3 millions d'euros.
- Speaker #0
Et vous produisez tout au même endroit ici ? La production est centralisée ? Tout ce que vous produisez ? Tout ce qu'on produit, c'est là.
- Speaker #1
On ne fait pas toutes nos marques ici. Les liqueurs, le cidre basque, c'est fait encore chez nos partenaires. Donc ici,
- Speaker #0
vous produisez quoi ? Ici,
- Speaker #1
c'est le cola et ses dérivés, donc limonade, tonique, thé, thé glacé, ce qu'on appelle l'Oshkoti. On a aussi l'Irandia et le Limoy. qui sont une espèce de... Je ne sais pas si vous allez en Pays Basque Sud, quand vous buvez dans les grands verres, il y a le casque narandra, qui est assez connu ici. Oui, le casque, c'est connu. C'est équivalent.
- Speaker #0
Un peu comme le Fanta. Oui, exactement, le Fanta.
- Speaker #1
Dérivé, soda, on va dire. Près dans la gamme, près-soir du Pays Basque, tout ce qui est jus de fruits.
- Speaker #0
Mon fils qui nous écoute adore le Fanta.
- Speaker #1
Voilà, tu as le Fanta basque, local. Et donc dérivé, jus de fruits. Ensuite, on a les infusions, Arima, tout ce qui est infusion, bénéfices santé. On a la gamme de bières avec différentes marques de bières. Donc Balea, Abarathia, la bière autonome basque, Bob's Beer, depuis la reprise l'année dernière. Et aussi une gamme qu'on fabrique qui est Amodio. Donc Amodio, on va dire Surf Lifestyle, qui est une gamme qui... Donc tout ça,
- Speaker #0
c'est là, là ?
- Speaker #1
Tout ça, c'est fabriqué ici.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
Loreac, Sangria, cocktail sans alcool. On a fait un cocktail sans alcool, Spritz sans alcool et on a fait un Spritz Loreac. C'est un cocktail prêt à boire.
- Speaker #0
Vous êtes incroyable. On innove beaucoup. Vous avez une créativité de fou.
- Speaker #1
On innove beaucoup, on a beaucoup lancé de produits.
- Speaker #0
Le Pays Basque en bouteille, je trouve que l'épisode portera bien son nom. Parce que c'est toutes les boissons du Pays Basque.
- Speaker #1
Tout est fabriqué ici, à Ayer. Cet investissement est un investissement très important que nous avons fait. L'idée c'était de monter une usine, d'avoir un outil de fabrication capacitaire. et durable. On a un outil qui est quand même...
- Speaker #0
Combien de bouteilles par an vous sortez ? 3,5 millions. 3,5 millions. Et vous êtes... On peut imaginer que c'est un outil qui sera à taille suffisante pour de nombreuses années ou il peut être très vite dépassé ?
- Speaker #1
Dépassé, non, mais saturé. Pas dépassé, mais saturé. Il faudra investir... Il faudra faire des investissements assez lourds. Si on veut vraiment... Mais on a de quoi en revenir. Mais l'idée, c'est pas de produire... On ne veut pas faire du très gros volume à bas prix, etc. maintenant c'est de Il fallait qu'on ait une taille critique. Cette année, on n'est pas loin de l'avoir, on est bien. Vous faites quoi comme chiffre d'affaires ? Il faut qu'on stabilise et qu'on soit très régulier dans les produits. Et qu'on soit à fond, à focus qualité hygiène. Et ça, c'est vraiment notre target. On a déjà cette année, par exemple, fait la certification ISO 22000. Donc il y a une super certification pour une usine aussi petite que la nôtre.
- Speaker #0
Qui correspond à quoi l'ISO 22000 ?
- Speaker #1
L'ISO 22000, c'est des standards de qualité et de durabilité et d'environnement assez élevés.
- Speaker #0
Alors oui, on va arriver là-dessus.
- Speaker #1
Et c'est, on va dire, avant l'IFS ou le BRIC, c'est vraiment le niveau élevé. Et ça, c'est nos équipes qualité et technique. Ils ont bossé comme des fous pour avoir ça. Et ça, c'est une réussite extraordinaire. Mais voilà, fabriquer des produits de qualité, avoir une équipe. Une vraie équipe. Soudé là, depuis que j'ai mis Nicolas, qui est le responsable de production, on a vraiment le sentiment de fédérer, d'avoir une équipe. Comme je disais tout à l'heure, ça c'est très important. Et d'ailleurs, c'est une de nos forces aussi sur les autres structures. On a vraiment des équipes qui travaillent ensemble et qui sont motivées, dynamiques et qui performent. Et ça, c'est très important.
- Speaker #0
Et puis, vous faites vraiment vivre l'économie locale.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai parce que quand on a repris Elicaccio, donc le chocolat. En 2019, il n'y avait pas de salariés. Maintenant, il y en a 15 en haut et 4 ici. Enfin, 5 avec P, on va dire 19 salariés. On a créé l'AIR.
- Speaker #0
Je te parlais de chiffre d'affaires. Vous faites quoi ? 40 millions de chiffre d'affaires à peu près en cumulé ? J'ai lu ça quelque part. Je ne sais pas si c'est vrai ou pas.
- Speaker #1
En cumulé, on est autour des 45-49. Mais on va dire consolidé, parce qu'il y a beaucoup d'intersociétés, on est à 31 millions.
- Speaker #0
D'accord, ok. Ah oui, d'accord, ok. Alors, on va parler donc de... d'environnement et de RSE, responsabilité sociale et environnementale. Alors, je sais que c'est quand même un sujet... Alors là, on enregistre dans les locaux de Biour. Alors, on va reparler de Biour dans quelques minutes. Biour, c'est donc du recyclage. Pour faire simple, très large, on va détailler ça. Mais je sais que tu as, et vous avez au niveau de l'entreprise, une grosse volonté à ce niveau-là, environnement RSE. Alors ça se traduit comment ? Alors moi j'ai noté deux trois trucs mais on va quand même rentrer un peu dans le détail parce que c'est tendance, c'est super intéressant, c'est vraiment une vraie problématique d'aujourd'hui. Donc on commence par quoi ? Alors moi j'avais envie de commencer par le social, le basque. Le basque c'est quoi ? C'est une obligation quand on est chez toi ou c'est une sollicitation importante ou c'est un plus ? C'est quoi ? Il faut parler basque ?
- Speaker #1
On ne peut pas obliger les personnes. On n'est pas des dictateurs. On a, donc, bien sûr, des préférences pour les bascophones. Si on peut en recruter... On va dire que le premier critère, c'est quand même la compétence. La compétence par rapport au poste donné, la compétence et l'attitude et le savoir-être, on va dire. Bien sûr, ensuite, si la personne est bascophone, c'est un plus. on va dire Je préfère être clair, parce que sinon les auditeurs, surtout ceux qui ne sont pas d'ici, vont dire c'est qui celui-là ? Si jamais il y a des candidats qui veulent travailler chez nous, qui ont la compétence, ça passe en premier.
- Speaker #0
Mais justement, vous leur donnez l'opportunité ensuite d'apprendre le basque.
- Speaker #1
Et donc, chez nous, on a un super prof, Chabi, qui fait des cours en entreprise pendant le temps de travail.
- Speaker #0
C'est important de le souligner.
- Speaker #1
Oui, c'est important de le souligner. C'est un effort de l'entreprise. Au-delà de l'aspect financier, c'est financé pour partie, mais pas en totalité. par les opcos, mais voilà, ça fait partie de notre ADN, on donne l'opportunité d'apprendre le basque. On a des réussites extraordinaires, on a par exemple un Lotte Garronnet qui ne savait pas un mot de basque et ça fait 4 ans qu'il prend des cours et il parle basque, il comprend, c'est incroyable. On a des basques, des gens de Bayonne qui n'avaient pas l'opportunité, qui savaient quelques mots, qui ont un niveau qui arrive à avoir maintenant même des... Il y a des concours, etc. Et ils ont des résultats. C'est chouette. C'est chouette. Et puis, c'est une formation continue. C'est ça. On le fait aussi parce que c'est notre devoir en tant qu'entreprise de le faire. Encore plus nous, puisque nous, on utilise l'image basse quand même pour vendre. Donc, pour moi, c'est la moindre des choses.
- Speaker #0
Oui, c'est en cohérence, on va dire, avec votre écosystème.
- Speaker #1
Soyez en cohérence.
- Speaker #0
Est-ce que c'est un acte politique tout ça ? Toute cette production, cette volonté de produire local, de l'identité, le basque ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un acte politique, oui. Ce n'est pas forcément désagréable de dire ça. On va dire la politique au sens...
- Speaker #0
Noble du terme.
- Speaker #1
Oui, parce que la politique au sens métier, comme les politiques d'aujourd'hui, mais au sens noble, c'est important. De toute façon, c'est cohérent. Le mot cohérent, je pense que c'est plus simple. Aujourd'hui, on passe la plupart de notre temps en entreprise. Les gens, aujourd'hui, veulent du sens. Ils veulent du sens, quand même. Et donc, si vous passez du temps en entreprise et qu'en plus l'entreprise vous donne du sens, vous donne l'opportunité de s'extraire.
- Speaker #0
Les jeunes notamment recherchent ça.
- Speaker #1
Les jeunes encore plus, mais on dit souvent les jeunes, ils ne veulent plus travailler, ils veulent du sens. Non, non, ils veulent les deux. Ils veulent travailler avec du sens. Les anciens et les moyens aussi. Nous, notre rôle en tant qu'entreprise, c'est de donner ça. Bien sûr, le rôle du salarié, c'est de donner aussi du travail, de la performance, du sérieux, du respect. Sinon, ça ne marche pas.
- Speaker #0
beaucoup de valeur sur la démarche RSE j'ai noté beaucoup de choses vous avez vraiment beaucoup de créneaux d'action alors déjà il y a des panneaux solaires sur vos locaux c'est ça, vous avez de la gestion de l'eau vous avez une volonté de réduction des déchets avec le recyclage alors voilà on peut parler de tout ça,
- Speaker #1
je ne sais pas dans quel sens oui bien sûr dans notre industrie même dans les activités de négoce ou de distribution mais surtout là ici sur le site industriel on a beaucoup investi Pour économiser l'électricité, l'énergie au sens large, l'eau.
- Speaker #0
Vous consommez beaucoup ?
- Speaker #1
On consomme pas mal. Après, ça n'a rien à voir avec notre métier de l'agroalimentaire. L'essentiel de l'eau, c'est dans les boissons. Il y a beaucoup d'eau dans nos boissons. Dans la bière ou dans le soda, il y a beaucoup d'eau. Mais on consomme quand même pas mal d'eau. Moi, ça me fait mal au cœur. Dans le RSE, vous savez, il faut en faire. Oui, il y a le green washing qui est après derrière. De façon très factuelle. Mais concrètement, comment on réduit l'utilisation ? Très factuelle. Vous pourrez la visiter ensemble après si vous voulez. Quand on fabrique, on nettoie, donc on rejette de l'eau au sol. Aujourd'hui, on est en train de rejeter de l'eau potable. Ça, ça fait mal au cœur. Donc nous, ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, l'eau qu'on utilise pour faire un nettoyage des sols et des machines, des convoyeurs, etc., c'est l'eau qui est recyclée sur site.
- Speaker #0
Donc vous avez une unité de recyclage sur le site ? Voilà,
- Speaker #1
on a mis une unité de recyclage, tout à fait. On a mis une cuve d'attente d'eau sale et une cuve d'eau propre. Et au milieu, entre l'eau sale et l'eau propre, il y a une machine qui va faire différents traitements, je ne vais pas rentrer dans le taille, mais différents traitements à l'eau, qui va la rendre toute propre, limite consommable. Aujourd'hui, d'ailleurs ça c'est intéressant, la France n'autorise pas à un industriel d'utiliser l'eau retraitée.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On ne peut pas. ailleurs dans d'autres pays d'Europe on peut c'est des sujets aussi si on veut réduire la consommation d'eau au sens macro des évolutions stratégiques et plutôt pratiques finalement on ne la met pas dans le contenant dans la bouteille on ne le met pas dedans ça c'est l'eau potable qu'on utilise on n'utilise pas cette eau non plus pour rincer parce qu'avant dans une bouteille on rince l'intérieur de la bouteille donc là on utilise toujours l'eau potable pour ça mais techniquement au niveau caractéristique avec une analyse on pourrait même utiliser cette eau tellement elle est propre, l'eau recyclée Merci. Mais l'eau recyclée, elle revient, en fait, c'est un circuit fermé où elle revient dans les machines, parce que nos machines consomment beaucoup d'eau aussi. L'embouteilleuse, pour refroidir, pour la pompe à vide et pour refroidir les moteurs, utilise beaucoup d'eau. Le tunnel de pasteurisation utilise beaucoup d'eau pour pasteuriser le produit. C'est en ce sens-là. Donc l'eau, on a une action sur l'eau. On est en train de la mesurer, de la quantifier, puisqu'elle est récente.
- Speaker #0
Vous êtes vraiment dans le circulaire sur tous les sujets, en fait. Et après,
- Speaker #1
il y a les déchets. Bon, évidemment, plastique, carton, bois, on trie tout. ça nécessite beaucoup plus de place et de travail pour les gars mais on le fait et c'est bien rien ne se perd ça a du sens et surtout notre principale démarche pour l'environnement pour le RSE, l'upcycling ça a été le projet Biour
- Speaker #0
Biour c'est ce fameux verre Biour c'est une entreprise qu'on a créé à 3 ans maintenant
- Speaker #1
Biour, redonner vie, transformer redonner vie Biour ça veut dire transformer redonner vie donc l'idée de Biour c'était de prendre nos coproduits. Vous savez, quand on fabrique le jus de pomme, qu'on presse la pomme, on extrait le jus. Il nous reste la peau, les pépins. Et donc ça, on le donnait à un agriculteur qui donnait à manger aux bovins.
- Speaker #0
Ce qui était déjà pas mal.
- Speaker #1
Ce qui était déjà bien. Mais voilà, maintenant, on essaie. Avec le projet Biour, on veut revaloriser ça, ce coproduit. Le coproduit issu du pressage et le coproduit issu du brassage. Donc la céréale mouillée. Et donc Biour va chercher et trouve des débouchés, c'est déjà le cas. Par exemple, ce bachot, ce verre, qu'on peut trouver dans les fêtes de village ou dans les fêtes plus grosses comme Bayonne ou autres. Enfin, on n'a pas encore été choisi par Bayonne, on espère l'être l'année prochaine.
- Speaker #0
Gros marché.
- Speaker #1
Gros marché, oui. Je ne sais pas combien de verres passent. Un paquet, oui. Mais l'idée de ce verre, c'est qu'il a 30% de coproduits. Vous réduisez de 30% le plastique.
- Speaker #0
Excuse-moi, je finis. Parenthèse, on reste sur les 30% le plastique, n'oublie pas ton baïon, c'est les fêtes de baïon dont on parlait aussi. Oui, les fêtes de baïon.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Oui, pardon, les fêtes de baïon. Et ça, on fait aussi de la farine. Parce qu'en fait, ce coproduit qui est là-haut, à Héraguine, à 100 mètres, comme je disais, il descend ici. Pour le coup, l'upcycling n'est pas plus proche. Ah oui, on ne peut pas faire plus court. L'empreinte carbone est faible. On le prend ici, on le represse pour le rendre plus sec. On le sèche, puis on le micronise. La micronisation, on le transforme en poudre. Cette poudre-là, il y a des minotiers, comme Eche, Moulin de Soules, et ensuite des boulangeries. Par exemple, la boulangerie de Laonce, ici juste à côté, qui fabrique un pain, le pain du brasseur, pain à base de drèche. Ça, c'est hyper intéressant aussi. La drèche qu'on fabrique ici pour faire le pain, elle a beaucoup de protéines, elle a peu de sucre et elle amène un goût à notre cidrerie à Bayonne. Avec le menu de la cidrerie, le menu charrotégui, le menu traditionnel, c'est le pain du brasseur. Excellent. Et après, on a d'autres débouchés qu'on essaie d'ouvrir mais ça va prendre beaucoup de temps. C'est de créer des super ingrédients pour des industriels qui vont venir le mettre dans leur recette de confiture, de brioche. Mais ça, c'est très dur parce qu'il y a beaucoup de barrières à l'entrée. Quand un industriel est habitué à utiliser une matière depuis toujours qui n'est pas chère, même si c'est dans l'air du temps, il faut être plus éco-friendly, clean label, etc. Ça prend du temps.
- Speaker #0
Là, ce qui est super intéressant, c'est qu'on parle tellement de greenwashing. Là, on est vraiment dans du très concret. Et ça, c'est super intéressant. Parce que l'écologie qu'on nous vend souvent, même au niveau politique, d'ailleurs, on mélange tout en fait. Ce qui est intéressant en plus, c'est que j'en parlais l'autre jour justement lors de l'interview de la distillerie de Lort en Dordogne. L'écologie, ce n'est pas forcément négatif, on va tous mourir dans d'atroces souffrances. C'est aussi de savoir comment on fait, quelles solutions on trouve pour vivre mieux. Et pour bien sûr préserver nos territoires, mais surtout trouver des vraies solutions. Et l'économie et l'industrie et l'investissement ne sont pas forcément incompatibles avec une gestion écologique des choses.
- Speaker #1
Non mais pas du tout, mais ça c'est cette vision radicale.
- Speaker #0
Oui mais tu vois c'est intéressant.
- Speaker #1
C'est comme l'avion, aujourd'hui on dit il ne faut plus que vous preniez l'avion. Il y a des gens qui, moi je vais dans les aéroports de temps en temps, c'est blindé.
- Speaker #0
Les gens ils en viennent voyager,
- Speaker #1
c'est pas en privant qu'on va y arriver.
- Speaker #0
Les premiers navigateurs basques, portugais, le commerce a commencé comme ça, la volonté de l'homme a toujours été de voyager.
- Speaker #1
Ça par exemple ce sont des pots 100% compostables. C'est 100% végétal.
- Speaker #0
Non, non. Et alors Biour, moi je crois que ça fait partie de votre groupe ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Je pensais que c'était une entreprise indépendante. Au début,
- Speaker #1
c'était Matin, Éper et Péyou qui avaient créé. Puis après, on est rentré dedans. Mais voilà. Donc Biour, c'est une entreprise qui aujourd'hui n'a pas de viabilité économique. Donc on investit chaque année dedans. Parce que c'est bien tout ça. L'upcycling, les coproduits revalorisés. Mais ça reste un business naissant. même si on entend on veut mais dans les actes donc on espère y arriver enclencher sa troisième année quand même on espère enclencher l'année prochaine on a quand même des mecs, des jeunes c'est beaucoup de jeunes et Peyo qui les drive et ils bossent comme des fous ils essaient de trouver des bouchers et toi là-dedans chez Biour tu as quel rôle ? moi je suis Je participe aux réunions quand ils me le demandent. Imminence,
- Speaker #0
enfin pas imminence, mais matière grise quoi, t'apportes tes idées. Non,
- Speaker #1
en restant plus modeste, moi quand ils me demandent de l'aide, j'aide et on finance. Et tu donnes ton avis aussi je suppose. On finance.
- Speaker #0
Tu peux avoir de très très bonnes idées je crois.
- Speaker #1
Avec la holding on finance, c'est bien ça. Mais c'est notre petite pépite aujourd'hui. qui va peut-être réussir de grandes choses ou peut-être mourir. C'est vrai, il y a une chance. Ça ne marche pas.
- Speaker #0
De toute façon, quand on crée des entreprises, quand on les développe, il y a une chance qu'elles meurent parfois.
- Speaker #1
On est sur des métiers plus traditionnels, fabriquer des boissons, commercialiser des boissons, faire du négoce, plus traditionnel. Mais voilà, ce qu'on gagne sur les autres structures, on l'investit dans ça parce que ça, c'est l'avenir. Et on y croit vraiment beaucoup. Et donc, on espère avoir ce petit coup de pouce du destin qui arrive à un moment donné quand on croit aux choses pour que ça démarre vraiment.
- Speaker #0
J'avais noté, tu vois, d'une marque Merci. à un écosystème, mais vous avez créé un vrai écosystème. Création, production, distribution, recyclage, c'est génial. Enfin, je me permets de te le dire, ça fait toujours bien d'entendre des commentaires positifs. C'est l'ambition. C'est vraiment un vrai écosystème.
- Speaker #1
C'était d'intégrer verticalement les différents métiers.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, Egari, c'est quoi alors ?
- Speaker #1
Egari Trade, c'est le négoce.
- Speaker #0
C'est le négoce.
- Speaker #1
On continue à faire beaucoup de négoce. Là, on a diversifié les marchés. On fait du négoce en Europe, en Espagne.
- Speaker #0
C'est ça, faire voyager le Pays Basque. C'était mon sujet suivant. C'est pile dedans. Et après, on parlera de couper là rapidement, de la cicatrerie, je veux dire. Faire voyager le Pays Basque. Vous en êtes où là-dessus ? Oui, justement, sur l'export, le négoce international, le regard des consommateurs étrangers, le transport du Pays Basque à l'étranger. Dis-moi un peu, vous êtes dans quel pays ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Sur les Garnes Basques, c'est très difficile. On a une commerciale qui fait ça. Quasiment à plein temps. On est présent, on a un petit débouché en Angleterre. Je ne compte pas l'Espagne et le Pays Basque Sud, parce que comme j'ai dit, c'est notre marché naturel. C'est presque chez vous. Hollande, Belgique, un petit peu en Belgique. On a Norvège, on a eu gagné un tender.
- Speaker #0
Quel produit que vous exportez ?
- Speaker #1
Surtout cidre coupé là. L'Oléac un petit peu.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais voilà, Amalour un petit peu. Et Japon, on a eu fait des belles ventes de citres au Japon. Ça s'est un petit peu calmé. Mais voilà, aux Etats-Unis, on a un client en Floride qui nous commande régulièrement. Mais voilà, c'est quand même assez difficile d'exporter les boissons basques qui sont quand même très niches. Déjà ici, c'est niche, que ce soit en Pays Basque Nord ou en France. Alors dans des pays lointains, ça l'est encore plus.
- Speaker #0
J'avais une question, est-ce qu'il n'y a pas le risque à trop se développer de perdre son identité ? En grossissant vraiment ? Oui, bien sûr. Il faut être hyper vigilant là-dessus.
- Speaker #1
Oui, mais plus on veut faire de volume, plus on peut faire des erreurs de qualité, etc. Bien sûr. Déjà, nous ici, localement, comme on fait beaucoup de boissons différentes, pour on va dire les locaux, les puristes, les très locaux, on est vu comme trop gros. Oui, oui. Mets ! On sera toujours le trop gros de quelqu'un.
- Speaker #0
Il y a toujours cette problématique de prendre trop de place auprès de certains.
- Speaker #1
Nous, on sait ce qu'on fait. On essaie de l'expliquer au maximum.
- Speaker #0
Il y a des jaloux aussi.
- Speaker #1
Oui, mais après, il y a les jaloux. On sait ce qu'on fait. On a des équipes. On veut faire de la qualité constante. Vous êtes cohérent avec vous-même.
- Speaker #0
C'est ce que tu disais tout à l'heure comme terme. C'est ça qui est important. Vous n'avez rien à vous reprocher dans la façon dont vous procédez. En tous les cas, c'est ce qu'on peut ressentir.
- Speaker #1
Et c'est là où c'est intéressant, parce qu'il y a beaucoup de clients à nous, on va dire, mais CHR n'est pas que grande distribution, qui nous suivent depuis plus de 10 ans maintenant. Et c'est quand même marrant, parce qu'on est en 2026, ils font nos produits, et puis là, aujourd'hui, on leur présente un produit, un simili, un simili à notre produit, qui n'est même pas fait ici, et ils questionnent pas. Ils rentrent le produit. Il y a encore de la pédagogie à faire. Et ça, c'est très différent ici de la Bretagne, par exemple. Vous parliez de Bryce Cola. Bryce Cola, il a réussi à s'imposer et à être devant Coca-Cola en termes de volume.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
Parce que le client, il achète du breton. Il achète du local. Le local, d'ailleurs, le local achète du local.
- Speaker #0
Mais là, on devrait être pareil au Pays Basque. Il y a la même identité. Elle est même, j'ai presque envie de dire, plus forte encore. enfin je sais pas si on peut comparer mais pas assez,
- Speaker #1
malheureusement pas assez peut-être parce qu'il y a aussi trop d'extra locaux au Pays Masque un peu de ça aussi non mais il y a une dilution sur la côte notamment le tourisme est sur la côte les gens extérieurs consomment presque plus
- Speaker #0
de boissons locales que peut-être certains locaux bon il faut consommer alors moi je ne consomme pas de coca déjà donc ça va être difficile pour moi de consommer des loups au chocolat mais il faut consommer au chocolat maintenant il est intéressant que l'on parle un peu de tourisme quand même, puisque nous, c'est notre vocation dans ce podcast, c'est les voies du tourisme. Même si, comme on disait, le tourisme transpire toujours, tu vas vendre tes produits, les produits de ta cidrerie, de tes sites, tes bières, etc., qui ont une telle identité basse que tu es fort susceptible de les vendre à beaucoup de gens de passage au Pays Basque, voire des gens qui vont l'acheter en dehors du Pays Basque. Mais parlons de Coupéla, de cette cidrerie, et quand on parle de cidrerie, il faut que tu m'expliques un petit peu où est-ce qu'elle se situe. Qu'est-ce que c'est qu'une cidrerie ? Parce que là, pour le coup, quelqu'un qui n'est pas du Pays Basque ne sait absolument pas ce que c'est qu'une cidrerie. Moi-même, je ne savais pas il y a 20 ans quand je suis venu pour la première fois. Je pense que c'est un passage obligé pour toute personne qui vient au Pays Basque, ça c'est mon avis. Et le tchotch, la tradition du tchotch.
- Speaker #1
Tout à fait, donc la cidrerie basque, c'est l'endroit où est fabriqué le cidre. mais pas que, parce qu'il y a des cidreries qui ont le tolare, qui ont le pressoir, mais d'autres pas. Mais on va dire au sens plus facile à comprendre du terme, c'est l'endroit où est fabriqué le cidre et où consommer le cidre sur place, avec une offre de restauration, avec un menu unique, qui est composé de différents plats. Ça commence par la chistora, la saucisse un peu piquante, rouge là, l'omelette à la morue, la morue, la côte de bœuf, ce qu'on appelle la chuleta. La côte de bœuf, la grosse côte de bœuf faite à la braise. Et puis le dessert avec le fromage de brebis et les noix. Et pâte de coin et gâteau. Confiture de cerise ? Non, pâte de coin.
- Speaker #0
Il n'y a pas de confiture de cerise. C'est le menu traditionnel. Et durant ce menu,
- Speaker #1
vous avez un grand verre. Et vous allez vous servir directement au tchotch, le cidre. Dans la salle de fermentation. Là où est fabriqué le cidre, vous allez vous servir directement au cuve. Ça, c'est ça, la cidrerie basse. Tout le long du menu.
- Speaker #0
Il faut qu'on vienne faire des photos du tchotch. Peut-être je vais en parler avec toi offline après.
- Speaker #1
Et ça, c'est vraiment culturel. C'est extraordinaire en termes de qualité. C'est des produits qui sont simples, de la ferme, et qui mettent en exergue le cidre. Et vous allez vous balader de cuve en cuve, et vous servez le cidre, et le propriétaire de la cidrerie, il dit tchotch. Ça veut dire qu'on ouvre le tonneau.
- Speaker #0
Et là, pour qu'ils aient des auditeurs, il y a un jet long. Une cuve en inox.
- Speaker #1
Et il y a toute une technique pour remplir le verre. Vous remplissez le verre à trois quarts. Pas que ça éclabousse trop, mais que ça éclabousse quand même pour créer de l'effervescence parce que le cidre est sec.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et ça amène, ça oxygénise le liquide. Et voilà, après, vous ne devez pas remplir beaucoup le verre et vous devez boire cul sec. Et puis, passez à l'autre cuve. Repartir vous asseoir, manger, etc. Ça chante, ça se croise, ça crée de l'interaction. C'est vraiment un moment... Vous êtes un peu déconnecté de la vie de tous les jours et vous passez un moment culinaire incroyable et un super moment dans l'atmosphère, dans l'ambiance. Souvent, ça chante, ça gueule, ça crie, il y a du bruit. C'est vraiment la fête. Nous, on a ouvert ça à Bayonne. On a une cidrerie à l'entrée de Bayonne.
- Speaker #0
Coupez la Chagardoteguia.
- Speaker #1
On a ouvert ça en 2024. Pas de souci, on a ouvert ça en 2024. On retrouve cette expérience, cette atmosphère. On a vraiment voulu recréer ça. Menu à 44 euros. Grande table longue également. Grande table longue, menu à 44 euros, la côte de bœuf cuite comme il faut. C'est super.
- Speaker #0
Ce qu'il faut que nos auditeurs comprennent, et je les encourage tous, s'ils viennent aux Pays-Bas, c'est qu'à aller dans une historie, et autant que possible chez Coupé-la à Bayonne. Mais j'en connais d'autres qui sont très sympas aussi, donc je ne veux pas leur faire d'offense parce que je les connais en plus très bien. Mais moi, ce que je trouve extraordinaire, comme tu dis, dans une historie, moi qui adore la convivialité, c'est cette table où tu t'assoies à côté des voisins. On est tous sur des bancs ou équivalents et on mange ensemble. Et c'est vrai qu'il fait souvent très chaud parce que la toile, la tienne, elle est moderne et grande. Mais souvent, il fait très chaud parce qu'il y a beaucoup de calories dans la salle, parce que tout le monde en plus bouge et mange. Ils mangent très, très bien. C'est des super bons produits, franchement. Alors, je dirais presque le seul commentaire que je ferais, c'est le prix. Parce qu'une cidrerie, ça reste malgré tout un menu souvent un peu cher, mais un peu cher, pas parce qu'il est cher, mais parce que tu as les produits en face, en fait. Tu as un gros repas.
- Speaker #1
À 44 euros, avoir tout ce que tu as à manger. Oui, tout à fait. C'est ce que je disais. Tu as des restaurants où à 44 euros,
- Speaker #0
tu as à peine une cote de bœuf. Ce que je voulais te dire, c'est le prix en lui-même. 44 euros pour certaines personnes, ça peut paraître... Non, bien sûr. C'est ce que je voulais dire. Par rapport à ce que tu manges, ce n'est pas cher. Non, ce n'est pas cher. C'est ça que je voulais dire.
- Speaker #1
Tu as des menus allégés aussi. Tu as un menu sans la viande qui est moins cher. Tu as un menu qu'a le poisson. Non,
- Speaker #0
mais le rapport qualité-prix est exceptionnel.
- Speaker #1
Et à notre cidrerie, elle est ouverte du mardi au dimanche midi. Donc du mardi au vendredi midi, le midi vous avez un plat du jour ou des plats combinés. Et puis le menu cidrerie commence le vendredi soir, samedi midi, samedi soir, dimanche midi.
- Speaker #0
Ah oui d'accord.
- Speaker #1
Tout l'année, toute l'année ouverte.
- Speaker #2
Avant d'arriver à notre conclusion, qu'est-ce que tu aimerais...
- Speaker #0
faire dans les dix prochaines années ? Parce que là, vous avez des... Quels sont les axes ? Quels sont tes, parce que c'est les tiens qui m'intéressent, quels sont tes axes, tes idées, tes axes de développement dans les cinq à dix ans qui viennent ?
- Speaker #1
On a un axe principal au niveau de la boisson, c'est de développer le format consigné, puisque un de nos axes principaux, c'est le Pays Basque Sud. Aujourd'hui, on est quand même assez présent dans le Pays Basque Nord. Et là, depuis l'année dernière, on est en train de développer fort le Pays Basque Sud. Donc on a mis une équipe en place, on a créé une société en Pays Basque Sud à Hachetigaraga, avec Kémili, Oyer, Igor qui s'occupent de ça. Donc commercialisation surtout du cola. Aujourd'hui, ce qu'ils prennent là-bas, c'est le cola au chocolat. Mais aussi, on va un petit peu balayer les bières, le cidre un peu moins, parce qu'il y a déjà des cidres présents. Mais voilà, nos axes, c'est vraiment aller chercher du volume sur le Pays Basque Sud, sur la gamme cola, soda. rentrer en grande distribution au Pays Basque Sud. On n'y est pas encore. Et pour pouvoir développer, je reviens au point précédent, pour pouvoir développer le Pays Basque Sud, il faudra qu'on puisse développer le format consignable, donc des caisses et des bouteilles qu'on peut nettoyer, laver et réutiliser. C'est dans notre démarche circularité aussi très importante. Donc ça, on est dessus, au fond. Par exemple, notre bière Baléa en 75 cl, c'était une des premières bières ici locales qui est consignée. C'est-à-dire que vous l'achetez dans certains supermarchés, sur la côte, même à l'intérieur, et vous pouvez ramener la bouteille avant de déconcerter.
- Speaker #0
On n'a pas parlé, tu fais bien d'en parler maintenant, on a oublié cet aspect-là. Ça,
- Speaker #1
c'est un axe. Et après, un axe au niveau, on va dire, que Biur est un devenir et que Biur fonctionne, et qu'on puisse devenir un des leaders de la revalorisation des coproduits en France et en Europe, avec Biur. Ça, c'est un de nos axes forts. Et c'est ambitieux.
- Speaker #0
En France et en Europe, c'est ambitieux.
- Speaker #1
Oui, mais on est ambitieux. et après sur la la la Nos gammes, continuer leur développement, faire des bons produits, que nos consommateurs apprécient le produit, ce qu'on est, et continuent à nous suivre, parce que c'est le client qui est très important, que nos collaborateurs continuent à adhérer à ce qu'on représente.
- Speaker #0
Et avoir plaisir à travailler.
- Speaker #1
Et avoir plaisir à travailler ici, et voilà. Et puis continuer à être passionné par ce qu'on fait. Pour l'instant, ça va.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu rêves encore de créer ?
- Speaker #1
Oui, il y en a plein de choses. On ne va pas dire tout de suite.
- Speaker #0
Non, parce qu'il ne faut pas parler à la concurrence potentielle. La bouteille dont tu es le plus fier, il y en a une ou dont tu es vraiment qui...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, toutes ?
- Speaker #1
La bouteille au sens...
- Speaker #0
Au niveau du design, du graphisme... Ah, du design. Voir même du produit, ça peut être un ensemble.
- Speaker #1
La canette. Celle-là, parce qu'avec Bastien, mon associé, ce n'était pas forcément la favorite de notre équipe de communication. C'est nous qui avons poussé pour ça et on est très fiers.
- Speaker #0
Si tu devais recommencer demain, tu ferais différemment ?
- Speaker #1
Oh là là, ça c'est une question. Je ne sais pas. Non.
- Speaker #0
Non ? Quelle a été ta plus grosse erreur d'entrepreneur ?
- Speaker #1
La plus grosse ? Trop faire confiance.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Encore récemment.
- Speaker #0
D'accord. Et ta plus grande fierté ? Non,
- Speaker #1
parce qu'il faut faire confiance. À un moment donné, il faut faire confiance. On prend des risques et puis des fois ça marche, des fois ça ne marche pas.
- Speaker #0
Ta plus grande fierté ?
- Speaker #1
d'avoir pu installer les entreprises au village à Ayr.
- Speaker #0
Oui, ça c'est chouette. Moi je trouve ça formidable. Moi je trouve ça génial. Tu es dans ton petit village. On voit presque, là on voit du bureau, si on se penche, je pense qu'on voit presque le village à droite et puis ton entreprise à gauche. Non, non, mais on n'est pas loin. La rencontre qui a changé ton parcours ?
- Speaker #1
Pierre Etcheverry. P.O. Etcheverry.
- Speaker #0
P.O. Etcheverry. Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut entreprendre aujourd'hui ?
- Speaker #1
De se lancer, d'y aller, de foncer. Et puis voilà, bien sûr ça marche pas du premier coup. Quand ça marche pas, on a un peu la tête à l'envers, on broie du noir. Mais voilà, des jours c'est négatif, des jours c'est... Quand il y a l'euphorie, quand on a des journées où on réussit tout, on est trop content, se dire qu'il y a un autre jour qui arrive où ce sera plus dur, garder foi.
- Speaker #0
J'ai une question que je pose à tous mes invités à la fin de l'épisode. Si tu pouvais parler au Chabalt d'octobre 2013, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Vas-y, continue, Ausha.
- Speaker #0
Oui, parce qu'au début, en plus, on est tous pareil. Ça peut être forcément facile.
- Speaker #1
C'était dur.
- Speaker #0
Quand on crée parfois un produit, on est le seul à y croire, en fait. Oui, oui, oui. En plus, tu as beaucoup de gens qui te disent, ça ne marchera pas. Tu as toujours les gens sympas. Ah bon ? Non, mais ton truc, ça ne marchera jamais.
- Speaker #1
Non, il y en a un qui nous a dit, ça ne marchera jamais, le cidre. Pas qu'un, d'ailleurs.
- Speaker #0
C'est pas mal, ces gens-là, moi, je trouve, parfois. Quand on a un peu de caractère, c'est des gens qui te font du bien.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Ils croient te faire du mal et souvent ils te font du bien.
- Speaker #1
C'est comme les sportifs de haut niveau, les Libron James & Co, c'est ce qu'ils disent. Aujourd'hui, tous ces haters, tous ces gens qui n'ont que du négatif, c'est leur fuel. C'est ce qui les motive. Mais non, nous, on ne va pas exagérer. Il y en a quelques-uns qui nous ont dit que ça ne marcherait pas, beaucoup. Mais il y en a aussi beaucoup qui nous ont encouragé et soutenu depuis le début, que ce soit nos familles, nos premiers salariés, les consommateurs. Si on est cohérent, si on est honnête, si on ne triche pas, il n'y a pas de raison que ça ne marche pas.
- Speaker #0
Le Pays Basque en un mot ?
- Speaker #1
Autonome.
- Speaker #0
Super conclusion ! Merci beaucoup, Chabal, pour cet entretien, qui était très riche, comme d'habitude, très intéressant. J'espère que tous les auditeurs qui seront là à la fin de l'épisode l'auront... Enfin, s'ils sont là à la fin de l'épisode, comme je dis à chaque fois, c'est déjà ça les intéresser. Parce qu'on les a coupés avant. Mais tu sais, maintenant, les épisodes de podcast, on peut les écouter en plusieurs fois. Merci beaucoup, bonne journée, et puis on se retrouve très prochainement pour d'autres rencontres fort instructives et riches au Pays basque. Merci à toi.