- Speaker #0
Salut à tous, bienvenue dans mon podcast. Je vous propose que nous rentrions ici dans l'intimité des des acteurs du tourisme régional et de leurs magnifiques régions et territoires. Découvrons leur histoire, leurs sites touristiques, leur fonctionnement, mais aussi les coulisses de leur activité, les anecdotes, voire même les détails croustillants, car il y en a. Bienvenue dans les voies du tourisme.
- Speaker #1
Mais oui, c'est ça. Je suis parti au Mozambique, à Keliman, la capitale de Zambésie, où j'ai géré une mission humanitaire qui était une assez grosse mission pour MSF France. C'est peut-être super formateur. Oui. Il y a plein de choses qui sont formateurs. L'expatriation, l'Afrique, le déniaisement vis-à-vis de l'humanitaire. Parce que quand t'arrives, tu crois que... Moi, j'avais été scout. Je suis venu pour aider le monde. Puis t'arrives, t'es quand une sorte d'expat que les gens ne voient pas du tout avec le même regard que toi tu as sur toi-même tu es un peu candide par rapport à ça tu t'apprends vite à redescendre et heureusement parce que sinon c'est pas possible et c'était vraiment formateur mais d'ailleurs c'était beaucoup trop jeune j'étais beaucoup trop jeune pour partir c'est très dangereux de partir aussi tôt que ça mais moi ça m'a beaucoup formé, j'ai appris plein de trucs Je vais... vécu des expériences extraordinaires, donc oui, vraiment, je suis ravi de l'avoir fait. Maintenant, je ne sais pas ce que je conseille à tout le monde de partir dans l'humanitaire. C'est un truc très compliqué à vivre.
- Speaker #0
J'ai une amie qui est partie là-dedans pendant quelques années et qui a fait une césure, une sorte de césure à 30 et quelques années, et qui en est revenue assez vite parce qu'elle avait beaucoup d'idéaux et elle a été assez déçue de plein de choses. Donc bon, je ne sais pas, on n'a pas forcément... Forcément,
- Speaker #1
quand tu idéalises quelque chose et que tu l'as dit idéalisent beaucoup. L'humanitaire, c'est quelque chose de très idéalisé. Forcément, la déception ne peut être que plus grande. Moi, je n'ai pas été déçu de le faire ni de la société pour laquelle je l'ai fait. C'est des gens super, c'est une expérience super. Mais je ne suis pas sûr que pour aider les gens à mieux vivre, il faut leur amener des médicaments, créer des hôpitaux et déstructurer leur système de santé. Pour moi, il vaut mieux les aider à se construire que de les aider à
- Speaker #0
D'ailleurs, il y a eu une anecdote que tu as racontée où tu dis qu'en fait tu as eu un petit problème avec Médecins Sans Frontières.
- Speaker #1
Avec Médecins Sans Frontières, j'ai eu plein de soucis parce qu'on n'était pas alignés sur plein de choses.
- Speaker #0
Ça c'est quoi ? Je ne sais plus en tête l'anecdote. Tu as redistribué de la nourriture, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
par exemple, il y a une fois, on arrivait sur une zone de crise qui était un district où personne n'avait été depuis 16 ans. où les gens mourraient de faim. On a réussi à ouvrir la route pour y aller. Ça s'appelait Morumbala. Et on arrive, tout le monde mort de faim. Je préviens tout de suite le siège. Tout de suite, comme on pouvait à l'époque. C'est-à-dire par radio, en code, etc. Il n'y avait pas de portable. Il n'y avait pas de téléphone, il n'y avait rien. Mais finalement, pour expliquer la situation, on me dit qu'il faut absolument ouvrir un centre de nutrition pour les enfants. Puisque c'est la mission de MSF. Et puis les autres, ils feront leur part du job. Ils nourriront les parents. En fait là on n'avait pas le temps de... si on nourrissait les enfants alors que les parents meurent de faim, ça ne sert à rien.
- Speaker #0
Il fallait sortir des règles établies.
- Speaker #1
Alors bon, très souvent, et d'ailleurs ce n'est pas du tout un secret si d'autres personnes connaissent l'humanitaire, ils l'ont déjà vécu, Dans les centres de nutrition de mes 500 frontières, les familles gardent toujours un enfant malnutri, de façon à toucher leur dotation pour nourrir les autres enfants et le reste de la famille. Donc tu vois, ce genre de situation, et qui ne sont pas du tout... Tout le monde est au courant que ça marche comme ça. et moi elle ne me satisfait pas et à l'époque j'ai dû prendre en main la distribution alimentaire parce qu'on était pendant les fêtes de Noël et que les fêtes de Noël dans l'humanitaire les gens rentrent chez eux aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse parce que les ONG c'est des expats à part MSF malheureusement il n'y a pas de trêve pour la faim en l'occurrence en plus à cette période c'était super important d'aller vite parce qu'après il fallait qu'ils replantent Enfin bon, bref, il fallait... le faire tout de suite et c'était à noël ou pas les msf évidemment vous faites vous sont de nutrition et puis les autres c'est les autres g de faire je suis désolé j'étais d'accord avec eux. Et c'est arrivé sur pas mal de sujets comme ça. Mais en fait, c'est normal, chacun a sa notion.
- Speaker #0
Et puis au-delà de l'affichage, quand même, il y a des problèmes concrets qui... Je veux dire, on idéalise un petit peu ces structures-là, mais elles sont parfois un petit peu dépassées, je pense, dans leur fonctionnement, par l'urgence du terrain, non ?
- Speaker #1
Oui...
- Speaker #0
Peut-être trop fonctionnarisées, enfin... Non, pas forcément,
- Speaker #1
parce que là en l'occurrence j'étais pas d'accord et j'ai fait ce que j'ai voulu. Personne n'est venu me dire je te mets un avertot. Même s'ils avaient voulu ça aurait été compliqué. En plus t'es bénévole. C'est moi qui étais responsable de la sécurité du site, donc personne n'allait... Mais non, ils te laissent un peu de liberté. Mais bon, c'est un univers professionnel. différent de ce qu'on pourrait croire. Ce n'est pas juste des gens plein de bonne volonté, c'est un business, avec des règles. Moi, ces règles, je n'étais pas forcément d'accord avec. Et je n'étais surtout pas d'accord pour que ça soit un business. C'est pour ça que j'ai assez rapidement, dès que j'ai quitté mon statut de bénévole, parce qu'au bout de plus d'un an, tu ne peux plus être bénévole au bout d'un moment.
- Speaker #0
Soit tu t'engages,
- Speaker #1
soit tu travailles pour quelqu'un d'autre. Mais il y a plein d'ING qui voulaient m'embaucher, mais comme salarié, et créer de l'emploi. Parce que l'emploi c'est de la dignité, un salaire ensuite c'est redistribué plusieurs fois à des sous-traitants, à des prestataires, l'argent tourne beaucoup plus vite que si tu distribues.
- Speaker #0
C'est de la valeur travail et emploi, elle ressort tout le temps dans ton parcours.
- Speaker #1
De créer de l'emploi c'était vraiment chez MSF, c'est ce que j'avais beaucoup fait, et là aussi un petit peu à l'insu du plein gré de mon siège. mais mais je trouvais que c'est ça qui crée de la richesse donc pour moi quand je suis parti du mozambique je m'étais dit mais il faut que je peux faire n'importe quoi même fabriquer des t-shirts ou des coca cola mais pour donner du du sens, donner du travail à des gens. Et le travail, c'est du sens, et c'est de la vie.
- Speaker #0
Tu avais quel âge à cette époque-là ? Le texte humanitaire, c'est début des années 90, c'est quoi ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est 90, exactement. Donc, j'avais 24 ans. C'est ça,
- Speaker #0
le même âge que moi.
- Speaker #1
Très très jeune pour faire ça.
- Speaker #0
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