- Speaker #0
Musique Musique Musique Aujourd'hui dans l'étincelle, je reçois les deux fondatrices de Jaillot, une startup au service de la mode seconde main qui fête cette année son sixième anniversaire. Quand on parle de startup aujourd'hui, on parle souvent de croissance fulgurante, de levée de fonds, de success story spectaculaire. Mais même si le succès est au rendez-vous, la réalité de beaucoup d'entreprises est tout autre. Des débuts comme on peut, avec les moyens du bord, de la manutention, des stocks, du système D, loin des BP parfaits, parfois du brouillard. Des journées très opérationnelles, des doutes, des peurs. Merci. C'est précisément pour ça que j'avais envie de cette conversation. Parce qu'au fond, cet épisode ne parle pas seulement de seconde main et d'entrepreneuriat, il parle de ce qui fait qu'on se lève le matin avec l'énergie d'en découdre, si vous me permettez de filer la métaphore. Mes invités se connaissent depuis l'âge de 11 ans. Elles sont meilleures amies et associées. En les rencontrant la première fois, j'ai eu l'impression qu'elles étaient taillées l'une pour l'autre avec une relation sur mesure pour ce projet. Toutes deux avaient en commun la passion pour le produit. Aurélie vient des achats Sephora puis marketing opérationnel chez Clarins. tandis que Joy a œuvré pendant 16 ans au développement retail chez Elke Bennett. Ensemble, elles ont construit Jaio, entreprise de 30 personnes aujourd'hui, dans un secteur devenu ultra concurrentiel sans venir de la tech. Dans cette conversation, nous allons tisser un échange en tirant quelques fils choisis avec soin. D'abord, la promesse Jaio, bien sûr. Ensuite, ce que signifie vraiment la résilience entrepreneuriale, leur rapport au temps long. L'arrière boutique, c'est-à-dire le vrai quotidien derrière une plateforme de seconde main. L'impact réel de la mode sur notre société, l'IA bien sûr, mais aussi et surtout le lien humain, l'amitié, l'importance de la vision et ce qui nourrit encore profondément l'énergie de ce duo de feu aujourd'hui. Bienvenue Joy et Aurélie.
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Alors elles ont un micro pour deux donc ça va être challenging mais ça les empêche de parler en même temps. Alors qu'est-ce que ça vous évoque cette intro ?
- Speaker #1
C'est parfait, c'est bien résumé. Donc on a... plein de choses à vous raconter.
- Speaker #0
C'est complet.
- Speaker #2
Alors installez-vous bien, faites-vous un café, on en a pour un petit bout de temps, on a plein de choses à vous raconter.
- Speaker #0
C'est parti. Alors, en fait, j'ai d'abord envie de casser un peu immédiatement le fantasme de la start-up cool, même si honnêtement, tout est là. Le loft, les deux chiens qui accompagnent nos cofondatrices au quotidien, l'équipe super sympa, la machine à café, la machine à bulles, enfin bref, tout est là. Des fringues. à ne plus savoir qu'en faire. Et d'ailleurs, j'en étais moi-même victime. On vous racontera ça un peu dans les backstage. Alors, ce qu'on entend par plateforme de seconde main, en fait, ça évoque un business très digital. Alors, votre quotidien réel, j'ai envie de vous demander, il ressemble à quoi ?
- Speaker #1
Le quotidien réel, il est un tout petit peu moins glamour que ce qu'on a l'impression qu'on vit tous les jours. Alors, on arrive dans un, comme tu le dis, dans un lieu où c'est le dressing de rêve de chaque femme. Parce qu'on a 25 000 pièces ici, des trésors qui arrivent tous les jours. Donc ça, c'est le côté vraiment super sympa et job de rêve, on peut le dire. N'est-ce pas Joy ?
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #1
Et après, on a l'autre côté de la médaille qui est que notre quotidien, c'est très, très, très, très opérationnel, comme tu le dis. Alors en gros, on a créé Jio pour ne pas s'occuper de vendre nos vêtements. Et en fait, on en reçoit tous les jours et on ne fait que ça. Voilà, donc bon. Aujourd'hui, on est essentiellement happé par tout ce qui est logistique. Enfin, on est un peu la succursale de chronopost tous les jours.
- Speaker #2
Il y a plein de plateformes différentes de seconde main et toutes avec des business models très différents. Nous, on est sur un... On a volontairement choisi le business model du dépôt-vente et on ne sous-traite rien. Chacune des opérations est réalisée en interne. Tous les produits arrivent chez nous parce que c'était notre volonté de contrôler toute la chaîne, parce qu'on est aussi des fans de mode et des folles de fringues. Et donc, c'était aussi ce qui nous faisait plaisir tous les jours de recevoir plein, plein de cartons. Mais du coup, clairement, on a beaucoup d'opérations, beaucoup de process. Ce n'est pas la start-up où vous arrivez en flex office. Ici, c'est beaucoup de staff, des grands bureaux, des studios photos, des portants partout, des cintres. Il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis, de porter des cartons, de re-remplir des cartons, de remettre sur cintres, de redéfaire des cintres. Ce n'est pas juste un petit laptop en mode digital nomade.
- Speaker #0
Très bien. Et alors tout ça pour quelles promesses, Jaillot ?
- Speaker #1
On veut que la cliente puisse vider son dressing sans avoir rien à faire. Donc la promesse c'est enlever tous les freins, que ce soit pour revendre ses vêtements ou que ce soit pour acheter de la seconde main. Nous ce qu'on veut c'est que ce soit simple, qu'il y ait du plaisir à consommer mieux sans qu'il n'y ait aucune contrainte finalement. Donc ce qu'on fait c'est qu'on enlève absolument toutes les contraintes pour que revendre se fasse en cinq minutes chrono et acheter de la seconde main se fasse avec le même plaisir que d'acheter du neuf.
- Speaker #0
Donc vous avez compris toute l'importance de l'expérience client et c'est le zéro friction en fait que vous allez chercher, ça c'est votre promesse dans ce parcours du combattant que peut être parfois la revente pour celles qui l'ont déjà fait mais maintenant il y a une professionnalisation de ceux qui achètent qui font que maintenant ils veulent n'importe quelle dimension de combien mesure l'avait sur l'épaule, etc. Donc, c'est la promesse de 10 allers-retours par lead potentiel sur sa vente et surtout un besoin de réactivité. C'est vraiment aussi ce qui m'a frappée dans l'accélération de ce marché et ce qui a fait qu'au final, en en parlant à ma belle-sœur, elle m'a dit « Mais pense à Jaillot ! Jaillot va enlever tous tes problèmes ! » Et l'épisode est arrivé comme ça. Alors, quand je suis venue vous voir dans vos bureaux stock, j'ai effectivement été très frappée par le côté concret du métier. Il y avait même ce que vous appelez le « t'es » toboggan artisanal, c'est par là qu'arrivent les vêtements et c'est un toboggan en carton où tombent les vêtements. Donc c'est des vêtements, c'est des volumes, c'est des colis, c'est de la manutention. Est-ce que ça vous l'aviez sous-estimé au départ ?
- Speaker #2
Oui, oui, oui. Moi, je l'avais anticipé parce que je viens de la mode et que je sais ce que c'est que de recevoir des dizaines de cartons tous les jours et de faire des livraisons et des transferts, etc. Et que les débuts de l'aventure, c'était le studio photo dans mon salon et le stockage dans ma chambre de bonne. Mais c'est aussi, enfin moi, c'est ce que j'aime et c'est un plaisir pour moi. Plus j'en ai autour de moi, plus je suis heureuse en fait. Ça ne me fait pas du tout peur d'avoir 50 cartons qui arrivent. D'accord. Au contraire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Ce qui n'est pas du tout mon cas. Mais on est très différentes, heureusement, et du coup, très, très complémentaires.
- Speaker #0
Alors, on sent l'enthousiasme. Je me permets de creuser un peu. J'ai un bon ami qui s'appelle Olivier Apton, avec qui j'ai enregistré un épisode sur le luxe et qui s'intéresse beaucoup à la seconde main. Il est chez Alix Partners, donc il accompagne beaucoup de marques de luxe qui s'intéressent elles-mêmes à l'internalisation du modèle. Et en fait, il dit que cette économie qui représente 50 milliards d'euros et 10% de croissance, c'est-à-dire trois fois plus que les marques de neuf, il y a aussi très peu de plateformes qui sont profitables. Alors moi, j'avais envie de parler avec vous de ça, c'est-à-dire que derrière, effectivement, cette merveille de montagne de vêtements, vous faites de l'achat, vous faites de la revente. Il y a énormément d'opérations entre temps, d'acheminements, etc. Est-ce que vous êtes rentable ? est-ce que vous trouvez que c'est un business difficile ?
- Speaker #1
Oui, clairement, c'est un business difficile parce que si on veut faire les choses bien, et c'est ce qu'on veut faire, ça coûte cher. Nous, on a fait le choix, comme l'a dit Joy, d'internaliser la totalité du process de A à Z. Ça veut dire qu'il y a des personnes qui sont là, ça veut dire qu'on a des bureaux où il faut garder les pièces, ça veut dire qu'il faut gérer absolument Toutes les opérations, ça nous tient extrêmement à cœur d'avoir un service client aussi internalisé parce que pour nous, la relation client est primordiale. Donc tout ça, effectivement, ça coûte de l'argent. On n'a pas que des petits robots et de l'IA qui répond. Des agents un peu partout. Voilà, on a des vraies personnes qui prennent leur téléphone, qui répondent aux mails, etc. Tout ça, ça fait qu'aujourd'hui, on n'est pas encore rentable. Nous, ça fait six ans qu'on existe. Là, on n'y est pas loin. On n'est pas loin, vraiment pas loin. Mais on ne l'est pas encore. Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de sociétés qui, malheureusement, n'ont pas pu tenir du fait de cette équation économique qui n'est quand même pas la plus facile, effectivement.
- Speaker #0
Est-ce que, avant de te poser la question suivante, juste un point d'éclaircissement, parce que je pense que ça intéresse énormément l'audience d'avoir un peu les coulisses. Quand vous donnez à Jaillot, vous déposez vos vêtements, en fait, il y a une vraie personne, effectivement, que j'ai vue dans les bureaux, qui va évaluer. Donc, il y a un panel de marques, en fait, grosso modo, toutes les marques premium, fashion, luxe accessible, on va dire, et luxe. Ça, c'est ce que vous référencez. Et elle, avec son expertise, ses yeux, l'évaluation de l'état, est-ce qu'il y a de la demande, etc. En fait, elle fait son propre algorithme dans sa tête et c'est elle qui va fixer le prix d'achat. Donc, en fait, c'est un métier qui est quasiment, qui est encore très humain. Et là, pour le coup, cette étape-là, je ne vois pas très bien comment est-ce qu'elle pourrait être remplacée un jour. Moi, ça m'emmène vers la question qui est comment est-ce que quand d'autres ont échoué, vous, vous avez trouvé quelle clé, en fait, celle que vous ? Vous ne me donnerez pas votre recette secrète, j'imagine bien. Mais voilà, quelles sont les choses qui ont été incontournables pour arriver à s'en sortir ?
- Speaker #1
Juste par rapport au prix, on travaille là-dessus justement parce que là, on a un système internalisé. Nous, on a beaucoup travaillé quand même sur toute la partie tech qui est pareille et internalisée et propre à notre métier parce que c'est extrêmement spécifique. Sur le pricing, on a un outil qu'on a développé qui nous permet de donner un prix en fonction de la cote du marché et en fonction de nos historiques de vente également. Puisque maintenant, vu qu'on a six ans d'historique, on commence à avoir quand même pas mal de data. Donc ça, ça permet de pricer au mieux l'article.
- Speaker #2
Mais ensuite, évidemment, il y a beaucoup d'humains. Il y aura encore toujours beaucoup d'humains dans les années à venir puisque c'est une personne qui ouvre la porte, qui déballe le colis, qui va aller vérifier l'état, qui va vérifier qu'il n'y a pas de filtreries, de trous, de tâches. Ça, ça ne peut pas être remplacé par un robot de main qui va mettre une étiquette, qui va la mettre sur le mannequin, qui va la prendre en photo, etc.
- Speaker #0
Jusqu'aux humanoïdes.
- Speaker #2
Jusqu'aux humanoïdes. Mais ça ne sera pas l'année prochaine, je pense, en tout cas, pour... pour nous. Comment on y arrive de plein de manières ? Déjà, il faut... Déjà, en contrôlant entièrement toutes nos opérations. Quand on n'a pas à sous-traiter, c'est quand même des coûts en moins. Et nous, on est très métier, on est avec les équipes en permanence. On a nos équipes tech qui sont aussi à côté et qui vont faire des vies-ma-vie avec nos équipes opérationnelles pour voir... tout le temps qu'est-ce qu'ils peuvent améliorer, comment est-ce qu'on peut gagner quelques millième de seconde sur toute cette chaîne d'opération. Pour nous, c'est vraiment un travail en continu qu'on améliore en permanence. Et c'est aussi en faisant une vraie sélection, c'est-à-dire qu'on n'accepte pas toutes les marques. Il y a des marques qui ne sont pas désirables et que donc on ne prend pas parce qu'on ne les vend pas. Si on rentre un article en stock et qu'au bout du bout on ne le vend pas, on aura perdu de l'argent. C'est en priceant au bon prix, parce que si l'article est au bon prix, il va se vendre. S'il se vend, on gagne de l'argent, la déposante gagne de l'argent. C'est aussi en acceptant uniquement des marques premium et luxe. On a vu des sociétés qui n'ont pas réussi. parce qu'elles ne prenaient que des marques premium et donc elles avaient un prix moyen qui était trop faible et qui ne permettait pas du coup de dégager une marge. Nous, on a un prix moyen qui est supérieur, qui est aujourd'hui à 130 euros et qui nous permet d'absorber tous ces coûts fixes.
- Speaker #0
Oui. Alors la data, là-dedans, j'imagine qu'elle est absolument clé. En fait, c'est quand même un métier. C'est un métier de relationnel, mais c'est un métier de data aussi. Vous avez une base de clients de combien de personnes aujourd'hui ? Et c'est quoi vos gros enjeux sur cet aspect-là ?
- Speaker #1
On a des milliers d'utilisatrices actives avec beaucoup de repeat. Ce qui est vraiment un super indicateur pour nous, c'est que depuis le démarrage, c'est essentiellement du bouche à oreille. Depuis le début de l'aventure avec Joy, on a fonctionné deux ans sur fond propre. Enfin, on avait... Avec très peu de fonds, parce que malheureusement, oui, on n'a pas de fonds.
- Speaker #0
Avec l'autorisation de découvert du banquier, du coup, nous pouvons... Voilà, voilà,
- Speaker #1
voilà, non, on a fait un petit emprunt, que je rembourse encore jusqu'à la fin de l'année. Et du coup, on dépense très très peu en marketing depuis le démarrage. Donc on a la chance de fonctionner avec énormément de bouche à oreille et de repeat. Donc les utilisatrices, une fois qu'elles nous connaissent, elles sont fidèles. Il y a juste le petit frein au démarrage. Est-ce que j'y vais ? Est-ce que j'y vais pas ? Une fois qu'elles y vont, c'est devenu un jeu. Nous, on a des clientes qui nous disent j'ai un bout de mon placard. Je range les pièces. Une fois que j'ai suffisamment, je vous appelle. En deux heures, j'ai un coursier. Je vous donne les pièces, etc. C'est super et c'est vraiment ça qu'on veut faire depuis le démarrage.
- Speaker #0
Génial. Le point de tension, c'est quoi ? C'est les marges, c'est les stocks, c'est l'acquisition client, c'est la logistique, c'est tout en même temps. C'est quoi le point le plus compliqué en fait ?
- Speaker #1
Ce n'est pas le plus compliqué, mais c'est l'enjeu numéro un, on va dire. C'est le sourcing. C'est-à-dire qu'en gros, si on a les bonnes pièces qui sont au bon prix, on va les vendre. Donc ça, c'est sûr. Maintenant, il faut les récupérer.
- Speaker #0
Il faut les bonnes pièces et suffisamment de pièces quand même. Donc, il y a un enjeu volume et valeur coûtée. Exactement. Voilà.
- Speaker #1
Et donc, pour avoir les bonnes pièces, il faut qu'on soit connu. Donc, c'est un enjeu de notoriété. Et donc là, c'est parfait. On va se mettre typiquement. Mais c'est vrai qu'on n'a pas les budgets de Vinted pour faire des pubs sur le journal de 20 heures, malheureusement, on aimerait bien.
- Speaker #0
Ni pour nous harceler, mais ça c'est super, ça va vous aider dans la société.
- Speaker #1
Mais du coup, on fait comme on peut.
- Speaker #0
Il y a un moment où vous vous êtes demandé si votre modèle serait rentable un jour, dans ces 6 ans-là, est-ce qu'il y a eu un petit coup de mou ?
- Speaker #1
C'est les investisseurs surtout qui nous le demandent tous les mois. C'est quand, c'est quand, c'est quand.
- Speaker #0
En fait, les investisseurs, oui, c'est leur métier de vous demander mais vous, est-ce que vous avez à un moment, est-ce que vous vous êtes dit « Waouh, ça va être chaud » .
- Speaker #1
C'est sûr que ce n'est pas facile. Clairement, ce n'est pas facile. Et s'il y a un truc qui n'est pas facile, c'est ça. C'est vraiment ça. C'est-à-dire que de courir après... L'argent, c'est le truc qui n'est vraiment pas simple. Et c'est le truc qui nous fait des nœuds au cerveau régulièrement avec Joy. S'il y en avait un en top of the list, ce serait vraiment celui-là. Mais écoute, nous, on est très confiantes. On se dit qu'on va y arriver. Il n'y a pas de raison. Donc, on fait tout pour. Après,
- Speaker #0
voilà. Alors vous êtes née en 2016 c'était quand même la grande époque 2017-2018 2020 vous êtes née en 2020 qui était quand même la grande époque des séries A, des espèces de com autour de à qui fera la plus grosse levée de fonds Honnêtement, l'entrepreneuriat est devenu... très en vogue à partir de 2016, 2017 et 2020, c'était encore beaucoup le cas. Comment est-ce que vous avez vécu ça ? Est-ce que ça n'a jamais été votre modèle ? Est-ce qu'il y a des moments où vous vous êtes dit, peut-être qu'on manque d'ambition, peut-être qu'on ne va pas assez vite, ou alors comment je le vis d'aller à mon rythme ? Est-ce que ça vous a questionné, ou au contraire, est-ce que ça vous a renforcé dans la conviction que vous faisiez les choses à votre façon, et que c'était comme ça et pas autrement ? Le micro se passe devant moi. J'adore, j'ai la meilleure réponse des deux.
- Speaker #2
Je ne sais pas si tu as la meilleure réponse des deux. Je pense que le business des levées de fonds, des énormes séries A avec des méga-valos et des très grosses croissances, ça marche pour certains business models, pas forcément dans le retail, pas forcément dans la mode, pas forcément dans un business avec beaucoup d'opérations. Je crois qu'on ne s'est jamais trop vraiment posé la question. Nous, on est très comme ça. On fait un truc, on y croit à bloc, on est très, très résiliente. On adore ce qu'on fait. Et Aurélie, comme moi, on est des personnes un peu têtues. Et on n'aime pas... Enfin, voilà, on est sûr de notre truc, quoi. Et on y va. Et en fait, juste on y va, quoi. Et voilà, nous, on a fait une levée de fonds en 2022. sans vraiment connaître personne, en envoyant des centaines de messages sur LinkedIn à des gens qui avaient mis « investisseur » dans leur profil. On a juste tapé « investisseur » dans la barre de recherche, en disant « voilà, on est Aurélie et Joy, on a un super business dans la seconde main, dans la mode. Si vous voulez, on serait ravis d'échanger avec vous. » Mais on ne s'est pas dit « nous aussi, on va faire une levée et aller lever 50 millions. » Non. On avait notre business, on croyait en notre business, on y croit toujours. On s'est dit on va faire ça et c'est parti.
- Speaker #1
Je pense aussi que c'est... Alors on n'arrête pas de nous dire ça, je ne sais pas si c'est vrai, mais je pense que c'est quand même un peu vrai. C'est qu'on est deux femmes et du coup, par rapport à ça, on a vraiment la tête sur les épaules. C'est-à-dire qu'on ne va pas aller vendre, survendre. Un truc en disant ok dans six mois on te fait 40 millions, non nous on a un BP alors oui qui est quand même challenging mais ambitieux mais on n'est pas du style à raconter des trucs qu'on ne croit pas qui vont arriver. Donc ce qui fait que volontairement aussi on y allait à ce rythme parce qu'on s'est dit le bon moment pour lever c'était au bout de deux ans. On a relevé ensuite derrière. Mais en fait, on ne voyait pas arriver avec une société qui fait zéro et dire, vas-y, fais-nous un gros chèque, on va y aller. En fait, ce n'est pas notre nature.
- Speaker #0
Je crois que les investisseurs adorent... Enfin, pardon, je ne veux pas tomber dans des débats de genre, mais les investisseurs ont quand même un biais positif vis-à-vis de ces duos d'entrepreneuses pour cette raison. Donc, c'est chouette. Et puis en fait, ce que j'entends aussi là-dedans, c'est que vous êtes profondément respecté par rapport à vos personnalités. Et ça, je pense que c'est important. Après, néanmoins, j'imagine que c'est encore une fois pas facile tous les jours. On se prend des trains un peu toute la journée qu'on n'avait pas prévu. Est-ce que vous vous êtes dit un jour, en choisissant l'entrepreneuriat, j'ai quand même choisi une voie moins facile que d'autres ? Pas du tout.
- Speaker #2
C'est sûr. C'est clairement moins facile. Je pense qu'Aurélie comme moi, on pourrait être salarié d'un grand groupe, avoir des RTT, des jours d'arrêt maladie, de congé maternité, de je ne sais quoi, des participations et d'intéressements.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que votre qualité de vie a trinqué en fait ? C'est ça que tu veux dire par là ? Non,
- Speaker #2
je pense que justement notre qualité de vie est 100 fois meilleure. Je pense que c'est beaucoup plus challenging, c'est beaucoup moins sécurisant, mais c'est clairement 100 fois plus drôle et 100 fois plus excitant. Et parfois je m'énerve et je dis franchement à refaire je ne le ferai pas. Et en fait ce n'est pas vrai et à refaire je le ferai 100 fois. Parce que tous les matins j'arrive, je vais retrouver ma copine, je vais rigoler. je vais aller résoudre 50 000 problèmes. Je n'ai pas un boss qui va me dire, non, ne fais pas ça, ne fais pas ça. Il faut organiser 17 réunions avec je ne sais qui pour décider. C'est beaucoup plus stimulant, beaucoup plus motivant, beaucoup plus intéressant. Mais ce n'est pas du tout sécurisant. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Mais c'est aussi ça qui rend les choses intéressantes.
- Speaker #0
Oui. Alors, est-ce qu'il y a aujourd'hui, au bout de six ans, de plus en plus de fierté ? Ou alors... Aussi un peu une conscience d'une vulnérabilité parce que le marché change, parce que c'est clairement pas facile en ce moment économiquement. C'est quoi votre regard ?
- Speaker #1
Les deux. On a tenu six ans encore jusqu'à aujourd'hui, on est encore là. Donc ça c'est une immense fierté. Je dirais,
- Speaker #0
vous renvoyez plus qu'on a tenu six ans. Moi, j'ai l'impression d'une énergie qui se décuple. Ah, mais tout le temps, en fait, tout le temps.
- Speaker #1
Mais si on fait le bilan, là, aujourd'hui, on est là et ça fait six ans. Et donc, ça, c'est une immense fierté. Et je pense qu'on ne se le dit pas assez, vraiment. En fait, là, on le dit, mais on ne se le dit pas tous les jours. Donc, ça, c'est une très grande fierté. Après, clairement, il y a des phases dans le business. Alors au début, on y va à fond, on n'a rien à perdre, ça fait deux ans qu'on y va, on a des super croissants, c'est génial, les années d'après, c'est tout le temps comme ça. Et après, ce qui se passe, c'est que oui, là, on rentre dans un stade où c'est vrai, le contexte est très compliqué, mais est-ce qu'il a été simple ? Est-ce qu'il a été simple ? Non,
- Speaker #0
en 2020, vous avez lancé un plan Covid en fait, non ? Oui, voilà, donc en fait,
- Speaker #1
il y a toujours un truc, il y a toujours un truc. Donc finalement, et oui, je pense qu'effectivement, Jay et moi, on est ultra résilientes. Et donc, on fait avec le contexte. Et à un moment, ça force aussi à pousser les portes. à se dépasser et à se dire ok, mais on ne va pas s'arrêter là. De toute façon, ça n'ira pas mieux l'année prochaine. Donc, on y va.
- Speaker #2
De toute façon, il n'y a pas de bon moment. C'est comme tout dans la vie. Il n'y a pas de bon moment pour faire un enfant. Franchement, le bon moment, c'est quand tu as envie. C'est tout. Nous, on avait envie de monter une boîte. On l'a fait.
- Speaker #0
On a un peu compris le mindset. Donc, ça me plaît bien. Alors justement, on va parler de vous deux, de mindset, d'amitié, parce que moi j'ai quand même... Alors oui, il y a ce duo de copines, mais il y a aussi... Enfin d'amis même, vraiment. Mais il y a aussi, je sens, un tandem, un tandem très solide, très mature sur certaines choses que vous avez pu évoquer quand on a préparé l'épisode. Vous vous connaissez depuis l'âge de 11 ans. Avec le temps. Vous trouvez que votre duo, vous diriez qu'il est devenu plutôt une force ? Est-ce que c'est un refuge parfois ? Est-ce que c'est un miroir ? Comment vous le vivez ? Comment ça a évolué ? Comment vous regardez ça ?
- Speaker #1
Franchement, je trouve que c'est le meilleur truc. On l'a fait, c'est vrai, comme ça, sur un peu un coup de tête.
- Speaker #0
Tu peux me redire comment vous vous êtes décidée ?
- Speaker #1
En fait, ça s'est fait, mais en un déjeuner, ou déjeuner toutes les deux. Il se trouve que les planètes étaient alignées, puisque moi, je venais de quitter un job qui ne me plaisait pas du tout. Joy avait aussi envie d'autre chose. On déjeune, j'avais fait un vide-grenier la veille, où je m'étais pris une tornade sur la figure, donc je n'avais absolument rien vendu. J'étais repartie avec tous mes vêtements mouillés. Et donc, je raconte ça à Joy. Et je lui dis, mais franchement, quelle galère de revendre ses vêtements, c'est pas possible et tout ça. On se dit, tiens, mais ça n'existe pas un service qu'il ferait pour toi. Et hop, et on regarde sur Internet, ça n'existait pas. Et puis, à la fin du déjeuner, on se dit, viens, on y va. Et voilà. En fait, on s'est lancé comme ça.
- Speaker #0
Ça n'existait pas, mais vous avez eu le temps de regarder quand même aux US. Oui,
- Speaker #1
alors ça existait aux États-Unis. Ça existait aux États-Unis. Ça n'existait pas en France. The Will. The Will. Will, Will. Oui. Donc, du coup, et qui d'ailleurs cartonnaient, puisqu'ils étaient cotés en bourse, etc. Donc, pas encore rentable à l'époque, exactement. Et donc, du coup, on s'est dit, go, viens, on y va, franchement. Donc ça, c'était en 2019. La seconde main, c'était vraiment pas encore ce que c'était actuellement.
- Speaker #0
Votre amitié à l'époque, puisqu'on parle de... Donc elle était là, vous étiez hyper amie, copine. Ah ben, on passait nos...
- Speaker #1
Depuis 11 ans, en gros, on passe notre vie ensemble.
- Speaker #0
Mais vous n'aviez jamais bossé ensemble.
- Speaker #1
Non, on n'a pas bossé ensemble.
- Speaker #0
Du jour au lendemain. Vous voilà quand même au quotidien.
- Speaker #1
Oui, mais c'est génial. Franchement, en fait, on dirait que c'est taillé sur mesure. Effectivement, on n'aime pas les mêmes choses. Donc, du coup, il n'y a absolument pas de débat sur qui fait quoi. Ça se fait ultra naturellement. C'est sûr que d'être deux, ça change tout. Parce qu'on ne va pas se mentir, il y a quand même des moments où tu as des... Tu as des gros doutes, tu te fais des insomnies. Joyce, sa spécialité, c'est le vendredi soir, elle m'appelle. Et elle me fait sa grosse crise de la semaine. Je lui dis, mais ce n'est pas possible, elle est insupportable. Le vendredi, le vendredi.
- Speaker #0
C'est bien en même temps.
- Speaker #1
Elle lâche son sac. Du coup, elle me stresse. Moi, je passe un mauvais week-end.
- Speaker #0
alors qu'elle, elle se ressource voilà, voilà on comprend comment ça marche ça y est,
- Speaker #1
c'est l'équilibre non, non, mais c'est on rigole et ça c'est le meilleur truc du monde on est totalement aligné et ça c'est sans le vouloir ça se calcule pas c'est qu'on est Merci. totalement aligné sur ce qu'on veut, où on veut aller, etc. Au niveau des tâches, c'est bien clair qui aime faire quoi. Et là, on ne se marche pas dessus. Donc, du coup, c'est une énorme force. C'est une énorme force. Donc,
- Speaker #0
il y en a une des deux qui aime se taper la compta, tout ça.
- Speaker #1
Aimer, je ne pense pas. Mais ça va.
- Speaker #0
Mais aimer suffisamment l'autre pour le faire, c'est ça ? Ça va.
- Speaker #1
Un jour, on lui trouvera quelqu'un qui lui fasse, mais on ne peut pas encore.
- Speaker #0
Oui. D'accord. Et du coup, très concrètement quand même, quand il y a eu un coup dur, vous pouvez me livrer un moment où cette amitié a été la clé ? Et une énorme ressource pour passer ce coup dur, vous avez ça en tête ou pas ?
- Speaker #1
Mais tout le temps en fait.
- Speaker #0
Il n'y a pas eu un moment ?
- Speaker #1
Les gros moments c'est quand on arrive, que le compte bancaire est dans le rouge et qu'on se dit ok, comment on va faire ? On se dit ok, on va trouver une solution, etc. Mais c'est sûr que si on n'était pas dans cette configuration-là, C'est tous les jours finalement parce que tu vois il y a bon parfois personne a un faillible, tu fais des petites erreurs sur des choses et tout ça. Enfin on se connaît tellement bien qu'en fait on va jamais se lancer la pierre pour quoi que ce soit, on va toujours être en mode solution. On trouve des... enfin on est toujours en mode solution. Et ça c'est... C'est la clé, parce que si on trouve des problèmes et qu'on ne trouve pas de solution, on n'avance pas.
- Speaker #0
Génial. Alors, on va s'intéresser un peu plus largement à la seconde main. La seconde main, c'est une révolution réelle. C'est un nouveau réflexe de consommation, même je pense qu'on peut se dire ça. Les chiffres, on les a donnés tout à l'heure, 50 milliards d'euros, c'est quand même énorme. Un business en croissance à deux chiffres, c'est aussi extrêmement précieux dans les mondes dans lesquels nous évoluons. On a vu passer finalement cette seconde main d'un marché de niche à une norme culturelle. A l'inverse, les enseignes de mode ferment, en tout cas souffrent. Au Cahiers, encore hier, 2000 emplois supprimés en France. Qu'est-ce que ça raconte de notre époque ? Je l'ai un peu rajouté celle-là, parce que c'est vrai qu'il y a un sujet en plus hier d'actualité qui est arrivé. Mais toutes les anciennes retails dans la rue, on voit que c'est en souffrance. Donc pour vous, c'est quoi le... En fait, vous avez quand même besoin de cette désirabilité des marques au départ pour pouvoir vous-même exister. Donc qu'est-ce que ça dit sur l'époque ?
- Speaker #1
C'est vrai que depuis le démarrage, depuis 2020, on a vraiment assisté à une mutation du secteur. Autant la seconde main avant 2020, je dirais que c'était encore quelque chose qui était un peu caché. On n'avait pas tellement envie de dire qu'on avait acheté une pièce en seconde main, etc. Aujourd'hui, si tu arrives à dire j'ai déniché ça et toi, tu ne l'auras pas parce que c'est unique. Et en plus, je ne te dis pas combien je l'ai payé, mais j'ai fait une méga affaire. C'est clairement une fierté. Donc ça, il y a des acteurs comme Vinted qui ont beaucoup participé à ce changement. C'est carrément une évangélisation de la seconde main. Après, c'est vrai que ça part un peu dans tous les sens, parce qu'il y a ces crises continues dont on a parlé. C'est vrai qu'aujourd'hui, le secteur est quand même... un peu compliqué, il y a le luxe qui a vécu des années d'embellie incroyable. D'excès en prix. Voilà. Et donc peut-être, à part le phénomène d'ultra fast fashion qui se développe, mais du fait des petits prix, je pense que c'est un peu un recentrage. D'accord,
- Speaker #0
un rééquilibrage. Vous voyez ça plutôt comme un mouvement de balancier. Voilà.
- Speaker #1
Je pense que... Tout le monde a des enjeux financiers qui sont très compliqués et que du coup, les gens se redirigent un peu vers les options qu'ils ont. Alors évidemment, nous, ça ne nous fait absolument pas plaisir ces fermetures de toutes ces sociétés qu'on consommait nous-mêmes avant J.O. Après, oui, je pense que c'est un recentrage et après, il faut vraiment continuer ce travail de dire arrêtez de consommer l'ultra fast fashion. Le vrai ennemi, il est là parce qu'en fait, le vrai ennemi, il est là.
- Speaker #0
Vous et des business comme les vôtres et ceux des marques, c'est des business qui se valorisent l'un l'autre. Exactement. Nous,
- Speaker #1
on a besoin d'eux.
- Speaker #0
Et eux ont de plus en plus besoin de vous parce que ça leur donne une cote de désirabilité. Au final, c'est ce que disaient les marques. C'est pour ça que parfois, elles internalisent. Mais ça leur donne plein d'informations sur où est-ce qu'on est leur marque au niveau de la désirabilité.
- Speaker #2
Ça peut aussi favoriser l'achat. Je vais peut-être m'acheter très certainement plus facilement une robe chez Maj ou Sandro ou Cézanne parce que je me dis... Oh ! finalement, si je n'en veux plus, je vais pouvoir la revendre très facilement.
- Speaker #0
Oui, et à l'inverse, tu as pu acheter tes premiers escarpins Saint-Laurent chez Jaillot et puis peut-être qu'un jour,
- Speaker #2
tu vas rentrer dans une marque par la seconde main et puis peut-être que plus tard, quand tu es moyen de le permettre, tu vas aller te l'acheter en neuf parce que ça te fait vraiment plaisir de l'avoir comme ci, comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que vous échangez en direct avec les marques que vous revendez ? Pas encore. Non,
- Speaker #1
mais on aimerait bien le... Enfin, ça,
- Speaker #2
ça va être un des sujets qu'on aimerait bien discuter avec certaines marques.
- Speaker #1
On pense qu'il y a des choses à faire ensemble.
- Speaker #2
Si vous nous écoutez...
- Speaker #1
Nous sommes...
- Speaker #0
Ok, c'est noté. On redonnera les petites coordonnées LinkedIn, pas les 06, parce que sinon, tout le monde va vous demander des codes promo. Mais il y a une petite surprise en fin d'épisode pour ceux qui écoutent bien jusqu'au bout. Alors... Ces clientes, qui sont-elles aujourd'hui ?
- Speaker #1
Les clientes, nos clientes.
- Speaker #0
À part moi.
- Speaker #1
Moi, je suis gold.
- Speaker #0
Dès la première fois, j'ai ramené mes 39 pièces. Je suis trop contente.
- Speaker #1
Les clientes, on a deux clientes qui ne sont pas forcément les mêmes. On a la cliente qui va vendre ses vêtements. Donc là, qui va être un peu comme toi, la cliente cible. Pardon,
- Speaker #0
mais tu es l'archétype, tu es la caricature de la cliente.
- Speaker #1
Tu pourrais être notre persona, oui, tout à fait. Cliente qui a un vestiaire, qui n'a pas le temps de s'en occuper du fait de son activité professionnelle, qui est maman, qui a autre chose à faire que de revendre ses vêtements.
- Speaker #0
Active urbaine.
- Speaker #1
Active urbaine qui... C'est très grande métropole,
- Speaker #0
c'est très grande ville ? Oui,
- Speaker #1
la Vendée, c'est plutôt quand même très citadin. Chez nous.
- Speaker #0
Le manque de temps est bien le pain point principal. Clairement,
- Speaker #1
numéro un. Manque de temps, manque d'envie. Il y a un carton qui traîne dans la chambre et qui ne part jamais. Donc voilà. Mais après,
- Speaker #0
avec une amplitude d'âge ? C'est large quand même ?
- Speaker #1
Je dirais entre 40 et 60 pour la vendeuse. Il faut quand même qu'elle ait des pièces, parce que nous, étant donné qu'on ne prend pas de fast fashion, il faut quand même qu'elle ait des pièces à revendre qui correspondent. Donc c'est vrai que ça peut commencer à 30, 35, mais le cœur de cible, je dirais que c'est 40, 60. Pour l'acheteuse, c'est beaucoup plus large. Beaucoup plus large parce que l'ambition numéro une, c'est de faire des bonnes affaires, de s'acheter des pièces qui sont peut-être de meilleure qualité. Et clairement, chez nous, on peut acheter un jean qui va être le même prix qu'un jean chez Zara. Et que tu pourras revendre par la suite si tu n'en veux plus. Donc là, c'est beaucoup plus large. Là, il n'y a pas d'histoire de citadin, pas citadin. Voilà enfin on a des clientes qui sont à partir de 25 ans jusqu'à 65 ans c'est beaucoup plus large.
- Speaker #0
Donc l'achat est un super canal d'acquisition en fait parce que tu peux rentrer par l'achat et tu as une plus grosse masse de personnes. Exactement. Alors est-ce que dans ce que vous sentez au-delà de la bonne affaire ? que viennent chercher les clientes ou d'arrondir les fins de mois ou de pouvoir se réoffrir des pièces. Est-ce que vous sentez dans cette seconde main, de leur part, une recherche de sens, une recherche de sobriété émotionnelle ? Non,
- Speaker #1
pas du tout ! Non, c'est la petite cerise sur le gâteau, mais clairement, ce n'est pas le... Non, non, non. L'acheteuse, elle achète parce qu'elle veut se faire plaisir et elle veut un peu upgrader son dressing en s'offrant des belles marques. qu'elles ne peuvent pas forcément s'acheter en neuf, parce que clairement, nous, on a une décote qui est entre 50 et moins 80 % du prix neuf. Donc, tu peux vraiment te faire plaisir avec des belles marques et de la qualité. Et pour la vendeuse, au lieu de jeter ce qu'elle faisait la plupart, ou donner, elle remet dans le circuit. Et donc, ça, c'est le driver numéro un. Et en plus, elle leur fait une cagnotte pour... se racheter des choses derrière.
- Speaker #0
Il y a vraiment une gamification de la seconde main.
- Speaker #2
La vendeuse, elle veut faire de la place dans ses placards pour en racheter d'autres.
- Speaker #0
Et c'est toute la clé du succès et toute la magie aussi de Jaillot, c'est que c'est vertueux, mais qu'en fait, là où vous allez chercher le client, c'est le côté... En fait, vous êtes désirable pour le client. C'est un plaisir. Et c'est ça qui fait que du coup ça marche et qu'on a envie d'y revenir en fait.
- Speaker #2
C'est nos deux mots qui reviennent tout le temps, c'est ça. Notre objectif depuis le départ c'était qu'on devienne un réflexe dans la tête des gens avec ces deux mots qui sont plaisir et simplicité. C'est-à-dire que c'est tellement simple que je me prends même pas la tête, je ne réfléchis pas, pof j'envoie chez Jayo et hop je rachète. parce que j'ai envie de me faire plaisir.
- Speaker #0
Alors, on va se parler un peu des plateformes du marché globalement. C'est une très bonne nouvelle qu'il y ait des concurrents parce que j'en ai fait les frais, j'en ai pas eu assez. Moi, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille dans ma marque de vélo, d'accessoires vélo. Mais là, vous, vous avez quand même des sacrés concurrents face à vous. Il y a aussi un marché qui évolue beaucoup avec l'IA. J'avais envie d'en parler. Et puis, il y a le côté quand même très humain qui reste. Alors, David et Goliath. Il y a plusieurs Goliath. Est-ce qu'il y a un peu un sentiment de vertige face à ça ? Vous m'avez déjà un peu dit que vous fonciez, que vous faisiez votre truc. Mais bon, j'imagine quand même que ça fait partie du champ de vision, en tout cas du vendredi soir de Joy. Non,
- Speaker #2
non. Les deux Goyates, du coup, c'est Vinted et Vestiaire Collective. Alors non, on ne les a jamais vues comme des concurrents. On ne s'est jamais dit que ce sont des concurrents. C'est une des plateformes qui ont participé à l'évangélisation de la seconde main. Mais pour nous, c'est surtout et avant tout des partenaires. En fait, on est partenaire de ces deux plateformes et on se sert de leur trafic pour aller écouler le stock qui nous est confié depuis le départ, depuis vraiment mes day one. Nous, on est un vendeur professionnel sur Vestiaire Collective. Et les produits qui nous sont confiés, ils sont mis en ligne sur notre site et aussi sur Vestiaire Collective. Parce qu'on savait que de toute façon, la bataille David contre Goliath, elle était perdue d'avance, qu'on n'aura jamais le trafic qu'ont ces deux sites. Donc, plutôt que d'aller se battre contre eux, on s'est dit on va s'allier à eux et on va devenir partenaire et on va aller écouler le stock qui nous est confié chez eux. C'est des plateformes auxquelles on parle. Tous les jours, j'en reçois un mail de SCR Collective. On a des accounts managers, on échange avec eux, on est sous contrat avec eux.
- Speaker #0
Vous êtes sous contrat avec eux.
- Speaker #2
Toutes les mises en ligne, elles sont de manière totalement automatisée. Ce n'était pas le cas au début, mais aujourd'hui, c'est totalement automatisé. Pour nous, dans notre tête, ce ne sont pas des concurrents. C'est des partenaires.
- Speaker #0
C'est un channel, en fait, de plus.
- Speaker #2
C'est exactement ça. C'est un canal de distribution de plus et un canal de distribution extraordinaire puisqu'il réunit des milliards de personnes. Oui,
- Speaker #0
donc en fait, c'est un canal d'acquisition aussi pour vous parce qu'effectivement, quand t'achètes, ça m'est arrivé un vêtement sur Jio, la spécificité, enfin sur Vinted, la spécificité, c'est que ce vêtement Jio n'est pas négociable, il me semble. Enfin, moi, en tout cas, je n'avais pas pu le négocier. Mais c'est bien des sans-piliers Jio. Et donc on sait, on se dit tiens, qu'est-ce que c'est que ce truc, la pièce est belle, en plus c'est sympa, c'est juste prix, je devrais aller regarder.
- Speaker #2
Exactement, on n'est pas en marque blanche sur ces plateformes, il y a notre logo, c'est bien indiqué qu'on est un vendeur professionnel. On a beaucoup de clients qui du coup vont nous découvrir grâce à ces plateformes. Je me souviens, c'était en 2021, on a vendu un truc via notre site, sur lequel on ne devait vraiment pas avoir beaucoup de visiteurs à l'époque, à Los Angeles. Mais moi, j'étais comme une folle. J'ai cherché sur Google la fille et je lui ai parlé en disant « je suis trop fière d'envoyer une commande à LA » . Et en fait, elle nous avait connues via VCR Collective. Donc pour nous, c'est un canal de distribution, c'est aussi de la notoriété en fait. C'est comme ça qu'on va se faire découvrir. On va aussi recruter des déposantes via ces sites parce qu'elles vont dire « ah mais c'est génial, mais vous êtes un des beaux ventes, je peux vous confier des pièces » .
- Speaker #0
Parce qu'au final, vous êtes présente sur combien de plateformes ? Donc il y a Jaillot. avec le site jaillot.fr et après donc Vinted alors Vinted,
- Speaker #2
Vestiaire Collective Place des Tendances La Redoute, Le Bon Coin Ebay, Jolie Closette Vintage Bar J'en oublie, j'en oublie.
- Speaker #0
On ne l'est pas obligé. En tout, 14, c'est ça 14 ?
- Speaker #2
On fait des ventes aussi régulièrement sur des plateformes type Choose, Bazaar Chic, Toasty. On est aussi présent en physique avec les Galeries Lafayette à Haussmann et à Toulouse. Donc nous, on s'est toujours dit… Ah oui,
- Speaker #0
vous avez des shop in shop. On a aussi des shop in shop. Vous avez déjà à Paris le…
- Speaker #2
Les Galeries Lafayette.
- Speaker #0
Avec un très beau Shopping Shop qui fait combien de 100 mètres carrés Canon Oui donc on comprend Cette complémentarité Et finalement du coup Vous avez des relations B2B Avec l'ensemble de ces channels Et ce sont des partenaires au même titre Ce sont des intermédiaires en fait C'est un peu le business vendor sur... Voilà, vous êtes une...
- Speaker #2
Exactement. Il y aura toujours de toute façon des gens qui auront envie de vendre eux-mêmes et qui iront sur Vinted et c'est très bien. Et puis, il y en aura toujours qui n'auront pas envie et qui nous découvriront peut-être via Vinted et qui viendront vers nous.
- Speaker #0
Oui, oui. Un business seconde main, mais plusieurs finalement aux expériences proposées aux clients finales. Ok. Alors, on va te parler un peu de l'intelligence artificielle qui occupe absolument toutes les conversations. Il n'y a pas une journée sans que... Voilà. Moi, en arrivant ici, je me suis dit, ce qui est certain, c'est que ça a dû toucher quand même pas mal d'endroits de votre business. Je trouve qu'on découvre toujours que ça touche des endroits qu'on n'avait pas forcément imaginés. Donc j'aimerais bien que vous alliez là-dessus. Certes, rapidement, ce qui a changé, ce qui évolue à cause de ça, mais surtout, ce que vous n'aviez pas forcément anticipé et ce qui peut être bien, et là où ça vous aide, pour aussi voir les côtés positifs de la médaille, parce que je trouve qu'il y a... Voilà, beaucoup de peur. Donc, aidez-moi à redorer le blason.
- Speaker #1
Moi, je trouve que c'est absolument génial. Ça fait gagner un temps fou. Et c'est très, très, très utile. Donc, nous, honnêtement, c'est plus une aide qu'autre chose. Et moi, je le vois un peu comme ça. Je pense qu'il faut revoir un peu sa façon de travailler, sa façon de réfléchir. mais Moi, ça ne me fait absolument pas peur, c'est juste quand il y avait Internet, c'est pareil. On paraît vieux quand on dit ça,
- Speaker #0
mais c'est un peu pareil.
- Speaker #1
Il a fallu repenser sa façon de travailler. Concrètement,
- Speaker #0
est-ce qu'il y a des postes qui ont disparu chez vous suite à l'arrivée de l'IA ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ou des postes de coups, c'est sûr, de shooting, j'imagine, quand même.
- Speaker #1
En fait, ça nous aide. Alors, nous, le truc, c'est qu'on n'a que six ans d'expérience, ce qui est très... peu finalement. Donc aujourd'hui, on continue à changer notre façon de travailler vraiment au quotidien et à s'améliorer. Et donc l'IA vient s'intégrer naturellement dans cette évolution de nos process. C'est pas comme si on avait 20 ans de travail derrière nous et que du coup on venait casser. Voilà, on a encore des équipes qui sont quand même pas énormes. On est 30 personnes, ce qui est beaucoup à notre échelle, mais ce qui n'est pas énorme relativement. Donc du coup, l'IA pour nous, c'est un vrai plus pour l'enregistrement des pièces. On l'a dit tout à l'heure, l'outil de pricing, ça c'est une vraie aide. Sur les photos, on a intégré aussi un studio photo avec l'IA, qui vient en fait rajouter de... de la qualité et du descriptif complémentaire qu'on ne pouvait pas faire à la main. Sur toute la partie, je pense, toute la partie tech, les développeurs cèdent énormément, évidemment, de l'IA. Et puis nous, au quotidien, on l'utilise tout le temps. Donc, ça fait gagner énormément de temps.
- Speaker #0
Et comment est-ce que vous avez accès à la formation, à l'information de ce qui évolue ? Et jusqu'où vous allez ? Je ne sais pas, je pense qu'il y a tellement de choses. Il y a le chat, il y a le close, il y a OpenClo, il y a les agents. En fait, ça, vous faites comment concrètement ?
- Speaker #1
Honnêtement, c'est notre CTO qui nous fait des updates réguliers parce qu'il est à fond dessus et du coup, il nous tient au courant dessus.
- Speaker #2
On a fait faire aussi, il y a un an peut-être maintenant déjà, une formation. pour l'ensemble des équipes sur l'IA, une formation très très généraliste, mais pour vraiment inciter tout le monde à utiliser l'IA dans leurs tâches quotidiennes, mais aussi dans leur vie personnelle. Vous étiez contente de cette formation ? Hyper contente.
- Speaker #0
Tu veux citer l'organisme par lequel tu es passée ou pas ?
- Speaker #2
Oui, c'est Cléo Académie, qui est venue dans nos bureaux et qui a vraiment formé l'équipe. Ce n'était vraiment pas que pour telle tâche ou telle tâche. C'était aussi pour, je n'en sais rien, tu vois, s'approprier l'intelligence artificielle, s'en aider au quotidien. Parce que ça fait peur, en fait, si tu ne sais pas, si tu en as juste entendu parler comme ça, d'aller passer le pas. Donc, avoir quelqu'un qui vienne chez nous pendant deux heures, qui donne des cas très pratiques, de tiens, voilà, vous cherchez des billets d'avion, l'IA va faire ça pour vous. vous cherchez quoi dîner ce soir ? Est-ce que vous avez dans votre frigo ? L'IA va faire ça pour vous. Ça les a aidés à passer le cap. Et je pense qu'aujourd'hui, la quasi-totalité de nos équipes utilisent l'IA pour tout.
- Speaker #1
Le truc, c'est de savoir l'utiliser, mais après, de garder cette partie. On va se dire, ce n'est pas argent comptant. Quand il y a une réponse ou quelque chose qui sort de l'air, il faut toujours re-challenger derrière. Et ça, c'est le truc, je pense qu'aujourd'hui, il faut savoir faire parce que si on prend copier-coller, ça, ça ne marche pas. Donc, il y a quand même encore cette part d'intelligence qu'il faut garder, heureusement.
- Speaker #0
On regarde critique, heureusement. Génial. Est-ce que si on... Est-ce qu'il y a une partie quand même que vous refusez de perdre ? C'est-à-dire que vous pourriez faire avec l'IA, mais que volontairement vous gardez ? J'en sais rien, il y a une plume entre vous deux extraordinaire sur les newsletters et vous vous dites non ça c'est chasse gardée, ça sera jamais mieux fait par l'IA, alors que ça pourrait être fait plus vite, voilà ce genre de choses. Est-ce qu'il y a... Les choses irremplaçables, en fait, finalement.
- Speaker #1
C'est un peu dans tout au quotidien. C'est-à-dire qu'en fait, je pense que... C'est moi qui fais les newsletters. Les newsletters, je les écris, je mets de...
- Speaker #0
lien clairement mais enfin moi je suis un peu trop perfectionniste je pense ce matin on a reçu une newsletter disant il fait hyper j'avais pas la température en live de la part de joy donc la tenue en blanc donc elle nous avait préparé tout le truc. Donc ouais je vois que tu es là.
- Speaker #1
Donc en fait je vais avoir un premier truc qui aide clairement parce que écrire deux newsletters par semaine ou toutes les autres mails ou tout ça, ça aide d'avoir un petit fil de démarrage mais après je réécris derrière enfin voilà et c'est un peu je pense le cas dans tout tu vois sur le pricing par exemple des articles ça nous donne une tendance mais après on ne pourra jamais remplacer l'expertise humaine qui dit cette pièce là je l'ai déjà eu à 6 mois je sais qu'on l'a vendue à tel prix et bien c'est ça le bon prix donc tu dégrossis exactement encore
- Speaker #2
plus dans la mode tu as quand même vraiment un oeil, une sensibilité tu vas utiliser l'IA pour faire des photos de contenu mais le look c'est quand même un humain qui va le créer pour être pour être sûr que ça nous plaise. dans les newsletters, les produits qu'on va mettre en avant, on ne confiera pas ça à une IA qui va aller piocher au pif des robes blanches. Non, il faut qu'il y ait l'œil de l'humain, en l'occurrence d'Aurélie derrière, pour aller choisir les robes blanches qui vraiment nous représentent, qu'on a envie de mettre en avant. Mais là encore,
- Speaker #0
tu peux dégrossir parce que tu peux chercher les robes en lin, en coton, en machin.
- Speaker #2
Ça va juste te permettre d'être plus productif, mais évidemment qu'il faut l'œil derrière. et la sensibilité humaine. Et alors,
- Speaker #0
tu as dit un mot qui m'intéresse, tu as dit productif. Mon épisode qui paraît demain avec Jérémy Lemery, qui a écrit pas mal de bouquins sur les changements systémiques de la société, dont forcément l'intelligence artificielle, et un livre qui s'appelle 2040, sur l'économie à venir, l'économie quaternaire, qui est passionnant, je vous invite à écouter demain, me disait, en fait, finalement, quand on interroge les gens sur est-ce que finalement l'intelligence artificielle leur a permis de libérer du temps concret pour faire d'autres choses, des hobbies, etc. La réponse est non. On produit juste plus. Est-ce que ça, c'est un ressenti ? C'est-à-dire qu'au final, gain de productivité, non. On fait juste, on passe plus de temps à itérer plus de fois, à essayer de faire mieux. Est-ce que c'est un ressenti que vous partagez ?
- Speaker #1
Je crois que ça peut arriver. Ça peut arriver. C'est-à-dire qu'en gros, je pense que oui, du coup, tu changes ta façon de travailler. Je pense qu'effectivement, parfois, tu prendrais juste cinq minutes pour réfléchir à ton mail et tu vas l'écrire. Finalement, peut-être que tu gagnerais plus de temps que de demander, réitérer, et éterrer, et éterrer. Oui, clairement. Et même,
- Speaker #0
je pense au shooting, parce que les mails, c'est une chose, mais les shootings, tu vas produire du coup beaucoup plus de prises de vue, le close-up va être plus précis, j'en sais rien. Les shootings, on les fait pas avec l'IA.
- Speaker #1
Les shootings, on les fait nous. Parce que ça, pour le coup, moi, je suis pas satisfaite du résultat. Non, je trouve que ça fait encore trop... Faux, quoi. Et nous, on aime le vrai.
- Speaker #0
C'est peut-être certaines choses qui sont irremplaçables, mais le vrai, ça restera toujours vrai. OK. On va revenir un peu à vous et clôturer par une partie un peu plus personnelle. Je reviens à l'attaque, mais je suis désolée, je ne partirai pas sans cette réponse. Je voudrais que vous me parliez d'un échec. Parce que j'ai devant moi des entrepreneurs, c'est vrai, ça fait hyper envie. Mais voilà, quand même, je pense que ça serait bien et ça fait du bien aux gens d'entendre que justement, on peut avoir un grand sourire même si on a vécu des trucs pas drôles.
- Speaker #2
Il y a un gros blanc. Non mais parce qu'on n'a pas eu un énorme échec. Il y a plein de trucs durs en fait, et c'est à entreprendre.
- Speaker #0
Alors le truc qui a été le plus dur pour toi, même si ce n'est pas un gros, le truc qui t'a touché profondément, où tu t'es dit « Waouh, ce vendredi soir-là... » Yvette Ardos.
- Speaker #2
Non, j'ai pas eu un vendredi soir Ardos. J'ai eu 52 vendredis soirs Ardos l'année dernière. Et en même temps, j'ai eu 52 vendredis soirs géniaux. C'est pas ni tout noir ni tout blanc. C'est juste dur tout le temps et en même temps, c'est excitant tout le temps. Du coup, l'entrepreneuriat, c'est vraiment un marathon. Et ça demande une résilience de malade. Parce qu'en fait, c'est... c'est des échecs, tu en as 30 dans ta semaine et en même temps, tu as 30 réussites. Alors un échec, ça va être, je ne sais pas, une cliente qui va être pour une raison X ou Y, peut-être d'ailleurs qui n'a rien à voir avec toi, mais parce qu'elle a passé une mauvaise journée et que toi, tu es un service client avec une vraie personne qui répond au téléphone derrière et pas un chat de botte et elle va se lâcher sur toi et toi, tu as juste voulu donner le meilleur et elle, elle n'est pas contente. Du coup, moi, ça me brûle. brise le cœur, tu vois, quand on n'arrive pas à satisfaire une cliente, ça me brise et je ne vais pas en arrière pendant deux jours, alors qu'en fait, bon, ben, voilà, c'est la vie d'une entreprise. Donc, dans un sens, je le vis comme un échec, parce que je me dis, ben, elle n'est pas satisfaite de notre service. Et en même temps, dans ma journée, j'ai aussi eu 150 autres clientes qui étaient très heureuses, sauf qu'elles ne me l'ont pas forcément toutes dit, parce que tu ne prends pas ton téléphone pour appeler et dire, ah, vraiment, vous êtes formidables. On en a, d'ailleurs, de temps en temps, Quand ça ne va pas, je les appelle et elles me disent des trucs. me disent des mots d'amour et ça me fait plaisir.
- Speaker #0
Ce que j'entends, c'est que finalement, un peu comme un enfant à qui tu dirais un an, mais alors tes échecs de combien de fois tu es tombé par terre avant de réussir à marcher, il te regarderait en te disant de quoi tu me parles. En fait, ça se muscle. C'est-à-dire que tu as gardé ça. Tu es prêt à tomber et à rebondir.
- Speaker #2
Oui, tu sais que de toute façon, tu te relèveras. Alors, nous, on a fait plusieurs levées de fonds, plusieurs bridges. Alors, le premier, c'était très difficile. 2
- Speaker #0
c'était toujours très difficile mais peut-être un peu moins et voilà tu te construis là dessus on est très comme ça on apprend en marchant ok alors on apprend en marchant quel conseil est ce que justement vous auriez envie de donner à quelqu'un qui fait quelle impression d'avancer lentement dans ce qui fait et de ne pas réussir assez vite, parce qu'on a cette impatience.
- Speaker #1
Juste pour rebondir sur cette phrase, je pense que moi, je trouve que le truc le plus compliqué, et ce n'est pas un échec, mais le truc le plus compliqué, c'est que oui, on a l'impression que ça va aller très vite quand tu te lances dans l'entrepreneuriat, alors qu'en réalité... En tout cas, dans notre cas, je pense qu'il y a des business où ça va super vite. Dans notre cas, ça ne va pas vite. Après, encore une fois, tout est relatif.
- Speaker #0
On se parle de croissance à deux chiffres sur votre business, par exemple, ou pas ? Oui,
- Speaker #1
on a eu des super belles croissances depuis le démarrage. Et ça, c'est génial. mais on se disait mais enfin On a toujours l'impression que ça va aller vite, qu'on va se faire... On a été lauréate du réseau entreprendant. Donc on a côtoyé plein d'entrepreneurs qui ont des business qui fonctionnent très bien. Certains qui font plusieurs millions, des dizaines de millions à l'année. Tu vois, quand tu les regardes comme ça, tu te dis, nous on aimerait bien aussi être là. Merci. Et on se dit, c'est carrément atteignable. Mais en fait, ça prend du temps.
- Speaker #0
Ça prend du temps. Surtout avec votre modèle de bouche à oreille. Et en même temps, c'est la solidité du modèle qui va faire que vous ne passez pas des années. C'est ça.
- Speaker #1
Et en fait, le truc qui est un peu fatigant, entre guillemets, c'est qu'on n'a pas de sous. Qu'il faut faire toujours système D. Et que parfois, on aimerait bien mettre un coup de boost et se dire, on y va. parce qu'on sait qu'en soi... On aurait de quoi, on a des tonnes d'idées.
- Speaker #0
Ça s'étudie, parce que si vous avez un très bon repeat, honnêtement, ça vaut le... Enfin bon, je vais être juste à ma... Il y a des gens mieux placés que moi qui pourront vous... Mais en tous les cas, ça semble légitime. Un appel aux investisseurs. Mais bon, après, il faut accepter de se diminuer, etc. C'est d'autres choses. Voilà, c'est... C'est d'autres choix. Avant de passer dans la petite question de fin, qu'est-ce que cette aventure a révélé de vous-même que vous ignoriez totalement il y a six ans ?
- Speaker #1
Qu'on en est capable. Non, mais franchement, le truc, tu te lances. C'est un peu, tu te dis, bon, allez, j'y vais. C'est vraiment comme si tu avais un ruban noir sur les yeux. C'est « vas-y ! »
- Speaker #0
Tu tiens la main de ta copine. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et du coup, le truc, c'est qu'il faut quand même avoir une sacrée dose d'insouciance pour y aller comme ça. Parce que quand je regarde…
- Speaker #0
Vous aviez quel âge, respectivement, l'une et l'autre, quand vous vous êtes lancée ?
- Speaker #1
Là, moi, j'ai 45 ans. Dieu, il y a la 44.
- Speaker #0
Vous n'étiez pas la vingtaine la flotte au fusil ?
- Speaker #1
Non, on a chacune deux enfants. D'accord. Voilà. D'ailleurs, on nous disait, parce que quand tu as 20 ans, c'est facile, en fait. Tu vis encore chez papa, chez maman. Tu n'as pas besoin de salaire. Tu n'as pas de famille, etc. Nous, on a quand même une famille. Il faut y aller. Donc, on y est allé et c'est en fait, comme Joy, je regrette, mais pas une minute, parce qu'en fait, c'est hyper, hyper, hyper intéressant au quotidien. C'est des bons moments. J'ai appris, mais plus que jamais en six ans, même si j'ai appris beaucoup de choses par le passé. Mais c'est ultra complet. Et donc, alors... Effectivement, le salaire à la fin du mois, il serait mieux avec plus de zéro. On ne va pas se mentir. Mais en tout cas, intellectuellement, c'est juste une aventure extraordinaire.
- Speaker #0
Les yeux pétillent, il faut venir que c'est vrai, ce n'est pas de la pub. On termine par ma petite question qui a l'air de rien comme ça, mais qui est hyper importante pour moi. Qui aimeriez-vous entendre au micro d'Étincelle ?
- Speaker #2
Des centaines de personnes. Nous, on s'est beaucoup appuyé sur... D'ailleurs, je vais répondre sur la question d'avant, qu'est-ce que j'ai appris. Moi, j'étais plutôt, pas renfermée, mais pas forcément à aller tout le temps vers les gens. Et quand tu montes un business, en fait, tu n'as pas trop d'autres choix que de prendre ton téléphone... que d'aller frapper aux portes, que s'ils ne répondent pas à la porte, passer par la fenêtre et l'autre fenêtre et la caméra. Donc, j'ai appris à oser, et ça c'est vraiment pour moi... Ça c'est vrai ! Elle me tape à chaque fois, elle me tape le bras comme ça. À aller voir les gens, à s'entourer. Plus on est nombreux, plus on va vite. Et donc, à aller voir. Je ne sais pas, telle personne que tu croises dans une soirée que tu adores, tu as envie de récupérer son dressing. Telle personne qui peut potentiellement rentrer parmi tes investisseurs, etc.
- Speaker #0
Le monde devient un monde d'opportunités, en fait. Absolument. Ce n'est pas opportuniste, mais c'est d'opportunités. Oui, de portes que tu peux ouvrir.
- Speaker #2
C'est génial parce que tu reparles à des gens que tu n'as pas côtoyés depuis 20 ans parce que tu dis, elle travaille là, elle peut m'aider. En fait, tu te refais des copines. Tu découvres des nouvelles copines parce que du coup, tu t'inscris à plein de réseaux féminins. Nous, on vend des vêtements pour femmes, donc c'est vrai qu'on est plutôt très axé sur le réseau féminin.
- Speaker #0
Vous êtes dans quel réseau ? Des réseaux entrepreneurs, vous l'étiez ?
- Speaker #2
Des réseaux d'entrepreneurs, on est chez Band of Sisters, on a été chez Roller Coaster. On a plein de réseaux différents de femmes et puis c'est vrai qu'on est assez girl power et tout. C'est notre business qui veut ça aussi. C'est un business de bouche à oreille. Donc, on est obligé d'aller parler de nom et voilà. Donc, du coup, ce qui est génial dans cette aventure, c'est aussi qu'on a rencontré plein, plein de gens. On s'est fait plein de copines. Et on a découvert du coup énormément d'entrepreneuses fabuleuses qui ont construit des business top. Je pense par exemple à... à Clémentine des Petits Prodiges, qui est une marque de beauté top. Qui d'autre,
- Speaker #1
Aurélie ? Je ne sais pas si tu l'as déjà interviewée ou pas, mais on a une personne qu'on a rencontrée notamment via She's Mercedes, dont on a été aussi lauréate, qui s'appelle Nathalie Bala.
- Speaker #0
Oui, la redoute. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Alors... Pour être passionnante, elle est passionnante.
- Speaker #0
Elle est sur ma liste à fond. Voilà. OK, génial. Vous me faites une intro, les filles.
- Speaker #1
Voilà. All right. Donc, pour le coup, on a pas mal discuté, discuté ensemble. Et c'est quelqu'un qui est totalement, l'inspiration même.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Donc là, tu peux y aller.
- Speaker #0
J'adore. Alors, on termine. C'est la dernière. Ce qui vous donnera profondément envie de vous lever encore demain matin. Après demain matin, et même après après demain matin, même si on est samedi ou dimanche. Samedi et dimanche, je ne me jève pas. Un petit croissant peut-être te donnera un petit peu.
- Speaker #2
Ah bah tout, moi je suis hyper fière de ce qu'on a construit. Je pense qu'on a construit le business de nos rêves, l'équipe de nos rêves, les bureaux de nos rêves. Et c'est un plaisir d'arriver tous les matins dans ces bureaux, de retrouver ma copine. de retrouver mon équipe que j'adore. Et en plus, chez nous, tous les jours, c'est une nouvelle surprise. C'est un peu l'atelier du Père Noël. On a quand même des coursiers qui arrivent toute la journée avec des sacs remplis de vêtements. On ne sait pas ce qu'il y a dedans. Donc tous les jours, c'est la nouvelle découverte. Voilà.
- Speaker #0
OK, donc que ça continue. Que ça continue,
- Speaker #2
que ça grandit.
- Speaker #0
On se l'est encore dit, je pense il y a deux, trois jours,
- Speaker #1
un truc comme ça, on se disait... ça ne peut pas s'arrêter ça ne peut pas s'arrêter donc non, on va tout donner pour que ça ne s'arrête pas et on compte sur vous pour participer à l'aventure parce qu'en fait chaque personne qui intervient, c'est ça aussi le truc qui est vraiment sympa c'est qu'on a une jeune entreprise française, voilà et donc chaque personne met sa pierre à l'édifice Et d'ailleurs,
- Speaker #0
nous avons un petit cadeau pour vous, pour celles qui ont écouté l'épisode jusqu'au bout. Oui, si vous êtes encore là. Si vous êtes encore là.
- Speaker #1
Donc, on vous offre moins 15% sur toute votre commande sur jio.fr avec le code L'ÉTINCELLE15. Voilà, allez-y.
- Speaker #0
Et c'est valable combien de temps on fait ça ? Vous, vous allez diffuser, je pense, d'ici 15 jours. Donc, je ne sais pas, ça serait bien jusqu'à fin juin.
- Speaker #1
Oui, jusqu'au 30 juin.
- Speaker #0
Allez, jusqu'au 30 juin, c'est parti.
- Speaker #1
30 juin, minuit, l'étincelle 15. Faites-vous plaisir.
- Speaker #0
Génial. Merci les filles, infiniment.
- Speaker #1
Merci à toi et merci à vous. Ça nous a fait trop plaisir de passer ce moment ensemble.
- Speaker #0
Génial, à bientôt.
- Speaker #1
Ciao.
- Speaker #0
Voilà, c'est sur ces mots que se termine cet épisode. Et je dois vous avouer quelque chose, quand j'ai raccroché ce micro, j'avais exactement ce sentiment que j'essaie de capturer à chaque fois dans l'étincelle. Ce mélange de « waouh, c'est pas si simple que ça en a l'air » et en même temps, « mais regardez ce qu'on peut construire quand on y croit vraiment » . Aurélie et Joy n'ont pas une success story parfaite à vendre, elles ont quelque chose de bien plus précieux, une aventure vraie. Avec les cartons, les vendredis soirs de doute, les stress de trésorerie et quand même toujours l'envie de se lever le lendemain matin. Alors ce qui m'a le plus frappé dans cet échange, c'est ça, c'est la résilience. La résilience, ce n'est pas un grand discours. C'est vraiment 52 vendredis soirs difficiles et 52 lundis matins avec l'envie d'en écoudre. Alors si vous êtes en train de construire quelque chose, peu importe l'échelle, peu importe le secteur, je vous offre cette phrase que Joy a lissée presque en passant. Il n'y a pas de bon moment, le bon moment. c'est quand t'as envie, gardez-la. Si cet épisode vous a parlé, la meilleure façon de le dire, c'est de le partager à quelqu'un qui en a besoin aujourd'hui, une amie qui doute, une collègue qui hésite, ou juste quelqu'un qui aime la mode et qui a un carton qui traîne dans son couloir depuis 6 mois. Et si vous voulez passer à l'action côté dressing, vous avez jusqu'au 30 juin pour profiter de moins 15% sur Jio.fr avec le code L'ÉTINCELLE15. Elle mérite votre soutien sincèrement. Alors merci à Aurélie et Joy d'avoir ouvert les portes, vraiment toutes les portes de leur aventure. Merci à vous d'être encore là, à cette seconde de l'épisode. Vous faites partie de ce qui donne envie de continuer. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode. Et d'ici là, prenez soin de ceux qui vous étincellent. A bientôt. Ciao.