- Jérémie Mocqué
Il y a des secteurs qui se prêtent un peu plus à l'impayé que d'autres. On paye plus son avocat ou son huissier ou encore son notaire qu'on ne paye dans le BTP. Comment recouvrir de l'argent facilement ? La première chose à faire, c'est de garder une communication avec son client. Parce que la plupart des impayés naissent du fait qu'on n'est pas relancé, qu'on n'a pas le contact.
- Anne-Sophie De Paillerets
Expliquez-moi à vous les huissiers, vous allez chez les gens ? Oui, c'est quand même notre truc, c'est d'aller chez les gens. Donc on signifie... Il n'y a même pas de nom sur la boîte, pas de nom sur Interphone. Tu as des initiales, tu ne sais pas s'il était là il y a six mois, s'il n'a pas encore mis son nom. Donc, on cherche quand même.
- Jérôme Sujkowski
Tu as un DJ code magique pour passer ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui.
- Jérôme Sujkowski
C'est vrai ? Non.
- Anne-Sophie De Paillerets
Si,
- Jérôme Sujkowski
j'adore. C'est vrai ? Et tu peux rentrer dans toutes les...
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, mais ça, ça nous a changé la vie.
- Jérôme Sujkowski
Vous écoutez l'expérience, le podcast Ally Avocats, qui met le droit en mouvement pour faire avancer vos idées. Bonne écoute. Anne-Sophie, Jérémie, bonjour. Merci à tous les deux d'être présents pour ce podcast qu'on a intitulé l'expérience. Voilà, c'est notre série de podcast. Et l'épisode d'aujourd'hui, c'est sur l'impayé. On a fait deux épisodes jusqu'à présent où on avait des Ally Avocats. Ally Avocats, ils sont chiants. Et donc, on s'est dit qu'on allait demander à des gens qui connaissent leur métier. contrairement aux Ally Avocats et surtout qui sont dans la réalité des choses Jérémie tu vas te présenter dans un instant et Anne-Sophie tu vas également te présenter dans un instant j'ai envie de dire vos métiers à tous les deux mais je trouve que c'est mieux que vous vous présentiez tous les deux honneur aux femmes Anne-Sophie vas-y alors moi je m'appelle Anne-Sophie de Pairet je suis huissier
- Anne-Sophie De Paillerets
de justice bientôt commissaire de justice à partir du... Le 1er janvier, on ne dira plus huissier, ça n'existera plus. Et j'adore Ally Avocats, vraiment. Contrairement à ce que tu viens de dire, moi, j'ai l'esprit formidable. Pourquoi ? Parce que ça constitue une bonne partie de ma clientèle. Et donc voilà, comme tout huissier, j'exécute des décisions de justice, mais j'espère qu'on va voir ça plus en détail. Je suis huissier à Paris, j'ai une petite étude dans le 2e arrondissement, avec une clientèle classique. Voilà, tout ce qui est... de plus classique pour un huissier de justice, ce qu'on peut imaginer sur un huissier.
- Jérôme Sujkowski
Et tu es mon huissier de justice d'ailleurs, c'est toi qui exécute les décisions qu'on gagne brillamment pour nos clients.
- Anne-Sophie De Paillerets
Avec grand plaisir.
- Jérôme Sujkowski
Et toi alors, vas-y.
- Jérémie Mocqué
Et donc moi, je suis Jérémie Mocqué, je suis directeur comptable du groupe Electra, qui s'occupe de la recharge rapide de véhicules électriques. C'est une nouvelle activité en France, mais aussi en Europe.
- Jérôme Sujkowski
C'est pour recharger les Tesla, c'est ça ?
- Jérémie Mocqué
Que recharger des Tesla, mais c'est vraiment beaucoup plus large que ça. C'est pour tous les véhicules électriques. Et l'objectif, c'est de faire du fast charging, c'est-à-dire le faire en moins de 20 minutes de 10 à 80 % de batterie remplie. Et on essaie de mailler le plus rapidement possible l'ensemble du territoire européen.
- Jérôme Sujkowski
Ah oui, ça doit être un peu la course en ce moment qui maille le plus vite.
- Jérémie Mocqué
C'est un jeu de stratégie, oui, d'implémentation le plus rapidement possible. de territorialité et après normalement c'est simplement le fait que les personnes passent à l'électrique qui fera que ça fonctionne encore mieux du coup c'est qui vos clients à vous ? aujourd'hui la plus grande partie c'est des particuliers on appelle B2C mais on a aussi merci de vulgariser et l'autre partie B2B je te laisse encore vulgariser business to business absolument sont des entreprises ça peut être des flottes d'entreprises de sociétés des grosses sociétés qui ont des grandes flottes de véhicules notamment électriques du coup et d'autres qui sont des qui ont des activités plus directes comme la livraison et
- Jérôme Sujkowski
qui viennent chez Electra pour recharger leurs véhicules rapidement ok rapproche-toi un tout petit peu du micro s'il te plaît mais sinon au revoir c'est bien, on a ce petit point rouge ce petit bruit on verra si on l'a à la fin sur la post-prod génial c'est très clair et donc tous les deux je vous ai demandé de venir pour qu'on parle d'un sujet qui touche en réalité tout le monde qui touche tant nos clients à nous mais que nous-mêmes Ally Avocats, que toi-même futur commissaire de justice huissier de justice Tu as également ce type de problématique, je sais parce que je ne paye pas toujours tes factures, c'est le sujet de l'impayé. Le sujet de l'impayé, en réalité, vous êtes pareil, le premier podcast pour lequel j'ai fait des petites recherches avant. Et il y a une étude Ausha qui est sortie en 2025 qui nous dit que 97% des entreprises françaises accordent des délais de paiement. à leurs clients. Bon, OK, à la limite, ça peut paraître... C'est une façon commerciale de gérer son business. Mais le délai moyen atteint 49,7 jours, donc quasiment 50 jours. C'est un niveau supérieur à celui observé en Allemagne, où c'est 32 jours pour obtenir un paiement. Et même en Pologne, c'est 46 jours. Donc, en France, on galère vraiment à se faire payer. Et 86% des entreprises françaises déclarent avoir été confrontées à des retards au cours... des 12 derniers mois, et je pense qu'autour de la table là, on a tous fait affaire à des retards de paiement. Vous me confirmez ?
- Jérémie Mocqué
Ah oui, non mais moi avant Electra, je faisais du conseil pendant 10 ans auprès des entreprises. Il n'y a pas une seule entreprise qui n'est pas confrontée à ce sujet. Et par ailleurs là, les chiffres que tu as donnés sont en nette croissance à cause de plein de facteurs qui font que l'impayé devient de plus en plus un sujet. Et que les délais de paiement, ce qu'on appelle le DSO.
- Jérôme Sujkowski
C'est quoi le DSO ?
- Jérémie Mocqué
Le DSO, je ne me souviens plus exactement la chronique, mais en fait, c'est un calcul. Par contre, je connais le calcul. Il dit que c'est en gros les factures que tu as d'impayé sur l'ensemble de ton chiffre d'affaires apporté avec TVA, divisé par le nombre de jours que tu veux calculer, donc en général le mois.
- Jérôme Sujkowski
Ok, et ça te donne quoi comme indicateur ?
- Jérémie Mocqué
Ça te donne un indicateur de la pression de l'impayé ou du temps de paiement.
- Jérôme Sujkowski
Ok.
- Jérémie Mocqué
Et en général, effectivement, la pratique, c'est 30 jours accordés. Et la réalité est toujours un peu plus sombre. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, quand on dit que c'est la deadline ou le jour échu, le paiement ne se fait pas ce jour-là. Il rentre en ligne de compte à partir de ce jour-là. Et après, il y a toutes les mécaniques des services financiers, de validation, de machin, et ça traîne. Et puis là, je pense que le tissu économique français est un peu plus contracté. Donc, il y a moins de cash dans les entreprises. Et ça, c'est un des outils pour améliorer son BFR. C'est de faire peser...
- Jérôme Sujkowski
BFR ?
- Jérémie Mocqué
BFR, c'est le bon besoin en fonds de roulement.
- Jérôme Sujkowski
Donc, la trésor, en fait ?
- Jérémie Mocqué
C'est une équation, pour essayer de vulgariser ça, entre les fournisseurs que tu dois payer et les clients qui doivent te payer. Et donc, l'un dans l'autre, il faut que ça soit égal à zéro.
- Jérôme Sujkowski
Oui, parce que pour pouvoir payer ses fournisseurs, encore Clotilde être payé par ses clients.
- Jérémie Mocqué
Et l'impayé, c'est ça, l'enjeu ? c'est que quand on le subit en général et ça dépend de sa taille on peut le faire subir c'est des stratégies qui sont apportées par des entreprises je parle de tout ce que j'ai pu avoir voir avant c'est à dire mon client ne me paye pas donc je ne peux pas payer mon fournisseur et c'est en gros l'impayé c'est un jeu de confiance et dès qu'il rentre un petit peu et qu'il devient important dans une entreprise ça devient problématique pour plein de raisons
- Jérôme Sujkowski
Oui, dès qu'il y en a un qui brise la chaîne, nécessairement, ça entraîne chez tout le monde. Je le vois, c'est vrai qu'Anne-Sophie, j'ai dit je ne paye pas tes factures, mais je paye tes factures.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ce n'est pas vrai, je ne suis pas le pire,
- Jérôme Sujkowski
on va dire. Voilà, je ne suis pas le pire, mais c'est vrai qu'on peut avoir ce sujet où les factures nous sont adressées à nous, mais en réalité, moi, c'est pour le client, c'est le client, donc je demande au client lui-même de me payer. Et il y a un délai, et après, il y a des jeux de qui veut être la banque de qui, qui fait patienter qui. Et celui qui se retrouve en bout de chaîne, donc en l'occurrence, ça pourrait être Anne-Sophie, c'est celui qui va souvent patienter le plus souvent. Ok, c'est des choses... C'est typiquement ce genre de choses qui nous intéressent. Alors au début, on va être un petit peu plus avec toi, Jérémie, sur les mécanismes de prévention. Et puis ensuite, Anne-Sophie, même si je pense que tu peux intervenir également au niveau de la prévention, mais on va en reparler, on parlera de l'exécution. Le but, c'est de parler. pas du petit impayé, mais en tout cas de l'impayé qu'on peut recouvrer rapidement. C'est-à-dire qu'il y a des procédures qui permettent, soit judiciaires, soit extrajudiciaires, mais qui permettent de recouvrer de l'argent plutôt rapidement. C'est celle-ci qui m'intéresse. L'action au fond devant le tribunal judiciaire qui dure trois ans, on va essayer de ne pas en parler. On fera un autre épisode dédié sur ce sujet. voilà, c'est ces éléments-là qui m'intéressent. Donc, typiquement, comment est-ce qu'on fait pour ne pas avoir d'impayés ? C'est à toi, Jérémie, que je pose la question, parce que c'est un peu ton boulot, non ?
- Jérémie Mocqué
C'est une des composantes de mon boulot, heureusement, ce n'est pas que ça. Mais déjà, avant tout, il faut déterminer dans quel secteur on se situe. Il y a des secteurs qui se prêtent un peu plus à l'impayé que d'autres. On parlait des études. Il faut savoir que... Tu donnais le délai de paiement, alors par exemple sur les zones horaires, normalement la pratique est que tu sois payé juste après la prestation. Donc tu adresses ta facture et tu es recouvré tout de suite. Il y a en général moins de pression sur ces typologies-là. On paye plus son avocat ou son huissier ou encore son notaire qu'on ne paye dans le BTP.
- Jérôme Sujkowski
Surtout qu'on ne paye pas son avocat quand il a perdu le dossier, c'est sûr. C'est surtout ça le sujet.
- Jérémie Mocqué
Ça ne nous arrive pas parce qu'on ne perd pas de dossier. En général, ça aide. On a confiance, c'est aussi ça. Mais en réalité, ce que j'essaie de dire là, ça dépend des secteurs. y en a qui sont... plus sujets à ça que d'autres, principalement par la composante de l'entreprise. Quand elle achète des biens en amont, elle a besoin de trésorerie en amont, donc on va demander des accomptes, on va faire des choses comme ça, mais après, qu'est-ce qui se passe ? C'est un peu plus compliqué. Puis il y a des entreprises où tout le tissu économique peut disparaître du jour au lendemain par des sous-traitances en rafale. Donc déjà, il faut en premier lieu étudier le domaine dans lequel on est et potentiellement regarder si, vous ou non, il y a une problématique dans le secteur. particulier. On peut dès le départ, dès qu'on sait où on met les pieds quelque part, mettre en place des solutions financières au départ. Je parlais de la compte, ça peut être des dépôts de garantie, ça peut aller encore au-delà en fonction de la taille d'entreprise, ce qu'on appelle des GAPD, des garanties à première demande, c'est-à-dire si on a des gros projets ou des choses comme ça et qu'on voit qu'on ne peut pas faire engager la trésorerie mais on doit se prévaloir d'un risque, on peut demander à l'assurance, la banque, d'en face, de pouvoir, à demande, prendre l'argent dû.
- Jérôme Sujkowski
Attends, explique-moi. Ça veut dire que moi, je suis la société X, la société Y va devoir me payer pour une prestation ou une vente de quelque chose. Et je vais lui dire, je veux une garantie à première demande dans laquelle ta banque à toi, société Y, va dire... je paye comme ça les jeux fermés.
- Jérémie Mocqué
Non, c'est la banque du client à qui on demande de pouvoir rentrer sur le compte de la société à première demande. Mais ce n'est pas toutes les sociétés, donc encore une fois, ça dépend. Si on parle d'une petite société, c'est GAPD déjà, ça coûte de l'argent. Parce que là,
- Jérôme Sujkowski
en l'occurrence, c'est la banque dont tu parles.
- Jérémie Mocqué
Donc elle facture. Elle facture son client. Donc dans la négociation commerciale, ce n'est pas souvent... On le sait très bien au départ, déjà, la première chose, avant qu'il y ait un impayé, il n'y a pas d'impayé, il y a une relation commerciale, et en général, tout se passe très très bien.
- Jérôme Sujkowski
Toujours les meilleurs amis du monde.
- Jérémie Mocqué
Toujours au départ. Et la question, c'est comment, justement, ne pas casser ce lien de confiance qui s'établit en mettant des garanties trop fortes, parce que ce n'est pas comme ça qu'on encourage du business, mais en même temps, en ayant, comme je l'ai dit, en radar, l'activité dans laquelle on est pour mettre en place des éléments. Là, j'en ai cité un, c'est la GAPD. C'est dans, par exemple, les grosses industries de BTP. On va pouvoir activer ces choses-là ou faire des dépôts et cautionnements. Encore une fois, ça coûte de l'argent. Donc, il faut vraiment que ce soit une pratique. Mais tu parlais comment recouvrer, parce que ta question, c'était celle-ci. Comment recouvrer de l'argent facilement ? La première chose à faire, c'est garder une communication avec son client. Parce que la plupart des impayés naissent du fait qu'on n'est pas relancé, qu'on n'a pas de contact. si parfois un coup de fil, un mail, juste une organisation, ça permet d'aller chercher la raison, de comprendre et de mettre en place des mécanismes. La plupart du temps, c'est des oublis ou des problématiques de « je n'ai pas donné ma facture à mon expert comptable, je n'ai pas fait ceci, je n'ai pas fait cela » . Et donc, un simple coup de fil, en général, garantit qu'on passe d'un payé à, en réalité, payé très bientôt.
- Jérôme Sujkowski
Oui, ce que tu veux dire, c'est qu'en réalité... Le fait de l'impayer, c'est un peu bizarre de dire ça, mais ce n'est pas nécessairement toujours de celui de la faute de celui qui doit payer, mais ça peut également être celui de son créancier, donc celui qui attend l'argent, parce qu'en fait, il ne fait pas le travail de relance. Et voilà, il devrait... passer le petit coup de fil, dire « Salut, t'oublies pas ma facture ? » Mais bon, tu sais que c'est pas super agréable, ce genre de conversation.
- Jérémie Mocqué
Mais personne n'a vraiment envie de faire ça, et puis par ailleurs, en France, on a peut-être cette habitude-là, en Allemagne, c'est une pratique qui est absolument pas tolérée. La responsabilité, c'est celle de payer ses factures. Donc logiquement, on n'a pas besoin de faire de relance. Et c'est comme ça, par ailleurs, que se nourrissent la plupart des gens. C'est désagréable d'avoir à appeler, et c'est un coût, par ailleurs, parce qu'il faut mobiliser une personne pour faire cet appel, etc. C'est pour ça que c'est déjà, pour moi, une mesure d'impayé, de prémunition d'impayé, et qu'elle n'est pas gratuite, et qu'elle ne devrait pas exister, mais force est de constater que tous les chiffres que tu donnais, là, la plupart de la résolution de ces chiffres se fait par des appels. Et il faut savoir, plus on communique rapidement, avec une fréquence établie, plus on a de chances d'avoir un retour. Plus le temps passe, évidemment, plus on s'éloigne de la possibilité de recouvrir.
- Jérôme Sujkowski
Parce que tu t'observes en réalité que la facture qui date de 3 mois à 6 mois, plus tu la laisses en plan, plus les gens vont lâcher sur le sujet ?
- Jérémie Mocqué
Je pense que presque humainement, on va avoir tendance à répondre à la personne qui nous sollicite et oublier celle qui s'endort. Donc déjà, il y a un premier biais qui est presque cognitif, c'est « personne ne m'appelle » . C'est quelque part, cette personne n'en a pas grand-chose à faire. À côté de celle qui appelle. C'est pour ça que la première recommandation...
- Jérôme Sujkowski
C'est vrai, ça. Souvent, on file de l'argent à celui qui nous gonfle le plus. Bien évidemment. Celui qui n'arrête pas de nous appeler, toutes les trucs. Et on lui dit, mais lui, il faut vraiment qu'il me lâche, en fait. Et donc, on lui envoie sa facture. Enfin, on paye la facture juste pour que... Donc en fait, tu es en train de me dire qu'il faut harceler les gens. Jeanne, qui était juste avant dans le bureau, avocat de la salle pénale, serait ravie d'entendre ça.
- Jérémie Mocqué
Oui, voilà, comme c'est un podcast avec beaucoup d'avocats, je ne sais pas, parce que le harcèlement gérait sur une technique commerciale qui fait qu'en fait, on fait de son nom une remontée de pile, c'est-à-dire que le dossier monte devant.
- Jérôme Sujkowski
Oui, il y a le sujet que font toutes les petites entreprises, à savoir se créer une boîte mail comptabilité, hâte, nom de la société. et faire envoyer des mails depuis cette boîte mail on l'a tous fait nous on ne le fait plus au cabinet puisqu'on a désormais notre comptabilité mais on a pu le faire il fut un temps moi je tiens un département comptable donc forcément il y a vraiment des gens derrière donc c'est vraiment toi quand il y a marqué truc
- Jérémie Mocqué
de la comptabilité en fait c'est toi c'est pas le dirigeant d'entreprise qui est caché derrière sa boîte mail c'est nous et donc c'est pour ça tout dépend de la taille d'entreprise et on comprend bien qu'un dirigeant seul qui doit relancer. Je pense qu'il y a beaucoup d'auditeurs qui t'écouteront. Espérons déjà.
- Jérôme Sujkowski
Arrêtons cette phrase-là.
- Jérémie Mocqué
Espérons déjà. Mais qui seuls savent que c'est une mobilisation de temps terrible, que c'est à faire et qu'il n'y a que comme ça que ça fonctionne.
- Jérôme Sujkowski
Il y a combien de salariés chez Lectra ?
- Jérémie Mocqué
On est à peu près 260. Ce n'est pas du tout le même sujet chez Lectra, parce que comme je te le disais, chez Lectra, la plupart de nos clients sont du B2B. un B2C, donc en réalité c'est qu'on paye à la charge la plupart de toutes les charges c'est assez c'est pas du tout la même chose quand on est vraiment dans le B2B pur, c'est à dire qu'on a des clients qui sont des entreprises cette histoire de confiance là parce que le client, le consommateur généralement paye à l'achat à l'acte immédiat à la différence de l'entreprise qui a ses délais de paiement dont on parlait, et c'est là qu'elle risque d'en payer beaucoup plus tu vois
- Jérôme Sujkowski
pardon désolé je t'ai coupé mais parce qu'en fait du coup Anne-Sophie là ce qui m'intéresse c'est ton retour en tant que dirigeante d'entreprise parce qu'en fait tu diriges une étude une étude et en fait et ça m'intéresse de savoir voilà t'as également ces problématiques j'imagine le cordonnier est le moins bien chaussé j'aime bien le dire t'as
- Anne-Sophie De Paillerets
une direction comptable Malheureusement, non, mais j'ai des relances d'impayés qui sortent tous les jours de façon automatique. Parce que du coup, on a des chaînages sur relance à un mois, deux mois, trois mois. Et après, normalement, ça sort à l'agenda de la personne qui a facturé et il faut qu'elle appelle. Tout ça, évidemment, c'est la tâche qui est relayée en fin d'après-midi, voire au vendredi après-midi. Quand on n'a pas à faire un podcast. Non, moi, je ne le fais pas. Et donc, il y a une adresse. générique aussi. Moi, j'aime pas relancer mes clients que j'aime bien à qui j'ai une relation personnelle ou historique. Donc effectivement, je me cache parfois derrière une adresse secrétariat ou comptabilité. Mais on se heurte évidemment à l'impayé tous les jours. Et on parlait de temps, à partir de quand on... On considère que ça va être perdu. Moi, quand je reçois des règlements d'une facture d'il y a un an, je dis « Waouh, ça y est, cool ! » Tu l'avais oublié, cette facture, en vrai ? Oui, tu vois que le chaînage, il est interrompu il y a un an. Et donc, moi, je considère que si on n'est pas payé à la fin du premier cycle, on remet un cycle de trois mois. Et après, ça passe là. On perd vraiment une chance de récupérer. Alors, peut-être que c'est un dossier qui va rebondir, donc on va pouvoir se payer sur de l'exécution plus tard. Et puis là aussi, je continue sur ce que tu disais, Jérémie, c'est que ça dépend évidemment de ta clientèle, mais aussi du montant de la facturation. Tu ne vas pas mettre autant d'énergie dans une facture à 50 euros qu'une facture à 500 euros, 5000 euros. Tu ne vas pas y mettre les mêmes formes. Tu ne vas pas te laisser déborder par une facture à 5000 alors que 10 factures à 500, c'est plus compliqué, tu vois. Tout ça, ça rend l'impayé pas facilement abordable. Il faut vraiment réfléchir. ce qu'on souhaite mettre en place. Moi, c'est plein de petits clients, mais j'imagine que si tu as trois grands comptes, tu ne t'abordes pas de la même façon.
- Jérôme Sujkowski
Mais c'est peut-être un sujet, ça aussi. C'est quelque chose auquel, j'avoue, je n'ai jamais réfléchi, mais potentiellement facturer moins, mais plus souvent, pour avoir des petites factures et que pour la personne qui réceptionne, je préfère payer cette... petite facture, ça va aller un peu plus vite et je vais la traiter, plutôt qu'effectivement l'énorme facture à 15-20 000 balles où tu te dis ça va me faire un trou gigantesque dans ma trésor, ok son argent est dû, mais bon moi ça va me faire un trou gigantesque dans ma trésor, alors que si je paye une facture à 5000... Oui mais là on va plutôt vers,
- Anne-Sophie De Paillerets
je ne sais pas toi, peut-être toi en interne aussi, mais on va plutôt vers l'inverse, c'est-à-dire on... On fait des facturations mensuelles qui reprennent tous les frais engagés sur le mois. Donc, c'est des plus grosses factures. Parce que pour le client, c'est plus facile de traiter une facture que d'imputer 50 règlements. Enfin, moi, c'est les demandes que j'ai de la part de mes plus gros clients. C'est de regrouper les règlements pour une facturation. Ils veulent une grosse facture.
- Jérémie Mocqué
Il y a deux choses qui se sont évoquées là, qui sont intéressantes. La première, c'est la fréquence de facturation. évidemment, moins de ta facture, mieux tu te portes, parce que je suis le premier concerné. Ta volumétrie, c'est tout le coût que tu mets en œuvre pour aller la traiter. Et en fait, il faut comprendre qu'à chaque fois que tu prends une facture, il y a les petites mains qui la saisissent, qui la mettent dans un système, qui la reconnaissent, qui la suivent, qui la remettent dans un autre système, qui est la banque, pour faire le paiement, pour ensuite informer le fait que c'est payé ou non. Tout ça a un coût. Donc évidemment, si tu rationalises ce coût, tu te portes bien. Mais comme tu l'as dit...
- Jérôme Sujkowski
Donc toi, tu aurais tendance à réduire ton nombre de factures.
- Jérémie Mocqué
moi j'aurais tendance à, pas du tout mais pour d'autres raisons j'aurais tendance à dire que déjà un, il faut industrialiser ce modèle là parce qu'en fait c'est ça qui coûte cher c'est ce traitement là, donc là il y a la facture électronique qui va par ailleurs peut-être poser un sujet d'impayé pour ceux qui ne se sont pas mis au goût du jour sur ce sujet mais non au contraire parce que tu l'as très justement dit plus tu séquences ton chiffre d'affaires plus tu as de chance de l'avoir Alors après... Un mauvais payeur, qu'il ait 4 ou 5 factures ou 6, ne te paiera pas. Mais par contre, tu vas peut-être mieux encaisser ou avoir un meilleur cash, ou plus disponible, plus rapidement. Et ça, c'est important. Et la deuxième chose, c'est la dépendance économique. Quand tu as 2 ou 3 gros clients, déjà, il y a des règles.
- Jérôme Sujkowski
qui font que normalement tu dois les refuser ou tu dois diversifier ton activité j'ai pris un exemple extra c'est une très bonne chose il y a plein de cabinets d'avocats qui vivent avec un ou deux gros clients parce que c'est ceux qui les font vivre je donne l'exemple des cabinets d'avocats parce que c'est ceux que je connais le plus bien évidemment mais le sujet de la dépendance économique c'est un vrai sujet,
- Jérémie Mocqué
il y a plein de boîtes qui se fondent sur un ou deux clients et quand on vient à avoir justement mais c'est pas pour rien que cette règle existe S'il y a cette règle-là qui dit la dépendance économique est néfaste, peut-être néfaste pour une entreprise, et donc dans les grands groupes, ils appliquent des choses comme ça représente trop. J'ai un exemple en tête, je crois Mercedes. On ne peut pas faire plus de 10% chez Mercedes de part de marché. Au-delà de ça, c'est un KYC, c'est un peu plus compliqué. Parce qu'en réalité, KYC, c'est... C'est chiant, on reparlera chaque fois. En gros, ce sont des mesures. de compréhension de qui est le client à travers la documentation. Oui,
- Jérôme Sujkowski
c'est ça, parce que KYC, c'est Know Your Customer.
- Jérémie Mocqué
Exactement. Et donc, dedans, on va demander plein d'éléments pour essayer de comprendre justement si ou non ce client sera un bon client ou pas. Et dedans, il y a la question dans les grands groupes, notamment là, je citais Mercedes, mais il y en a plein d'autres qui s'assurent que justement, ils n'aient pas de trop grosses dépendances économiques avec ce Clotilde. Pourquoi ? Parce que si ce client ne paye pas,
- Jérôme Sujkowski
t'es mort.
- Jérémie Mocqué
Ça fait mal. Donc évidemment, c'est pour ça que c'est réussi. Mais en même temps,
- Jérôme Sujkowski
si ce client ne paye pas, comme c'est lui qui fait la plupart du temps ton chiffre d'affaires, tu peux également aller voir ta banque en disant « Mais attendez, c'est Mercedes. Mercedes, ils vont bien payer à un moment ou à un autre. Faites-moi une rallonge ou me... » Non, ça ne marche pas ça.
- Jérémie Mocqué
Oui, tu peux le faire, mais déjà ta banque ne va pas réfléchir exactement comme toi en disant « C'est un tissu économique. » Justement, ta banque est là pour rassurer. que ce soit vrai et donc va prendre des sécurités. Va t'inciter, par exemple, justement, à cette garantie. Par ailleurs, c'est elle qui les vend, donc ils seraient peut-être intéressés à te le vendre. Mais donc, tu as des garanties, il y a des systèmes de dépôt, il y a ce fameux KYC, donc connais ton client. Je ne sais pas ce que ça peut donner, connaît ton client. CTC.
- Jérôme Sujkowski
C'est plus classe en anglais quand même. Ils sont forts ces anglo-saxons.
- Jérémie Mocqué
Mais donc, CTC, connaît ton client, ça te permet de savoir aussi quelle mesure prendre. Il y a cette indépendance économique à aller chercher quand même. Il y a cette fréquence de facturation qui peut t'aider dans le cash.
- Jérôme Sujkowski
Ok, c'est intéressant. C'est intéressant tout ça. Donc, on voit qu'il y a différentes manières pour essayer de réduire au maximum son impayé. Tu as donné plusieurs méthodes. Maintenant, qu'est-ce qui se passe quand on a le vrai impayé ? Tu vois, le mec ne paye pas. Une relance de ton service à toi, Jérémie, comptabilité. Deuxième relance, troisième relance. Comment on fait pour débloquer cette situation ? Toi, en pratique, comment ? comment tu fais. Et ensuite, on parlera d'autres pratiques, notamment l'intervention d'Anne-Sophie. À quel moment ? Une fois, deux fois, plusieurs fois, on peut avoir l'intervention d'Anne-Sophie. En tant que QC, c'est des choses qui, je pense, peuvent être intéressantes.
- Jérémie Mocqué
Moi, je peux faire la transition vers Anne-Sophie, parce qu'en réalité, c'est un process qui mène au pire des cas vers Anne-Sophie.
- Jérôme Sujkowski
Au pire des cas. Elle a toujours ce sujet, tu sais.
- Jérémie Mocqué
Alors attention, je ne parle pas du recours à Anne-Sophie, mais ça veut dire que la situation est un peu plus critique. que celle qu'on espère quand on lance ces actions-là. Donc je le disais, la première chose, c'est une bonne communication, c'est d'aller chercher et peut-être même être proactif avant la date d'échéance, de dire...
- Anne-Sophie De Paillerets
Et du coup, juste pour compléter, dans les méthodes mettre en place, tout ce qu'on peut mettre en place en amont, c'est de collecter les bonnes informations. C'était très bête, on se disait envoyer un mail, essayer d'appeler, mais déjà, il faut avoir le bon numéro de téléphone, le bon orthographe du client, enfin voilà, lever un cabis avant avec... plus on a l'information, plus vite on pourra réagir et trouver le bon biais pour attaquer.
- Jérémie Mocqué
Je pense à un mot, ça va pas te plaire.
- Anne-Sophie De Paillerets
Un mail, même un mail.
- Jérôme Sujkowski
Je reprends pas sur le mot mail.
- Jérémie Mocqué
C'est bon pour un mail, mais CRM.
- Jérôme Sujkowski
Ah, un CRM.
- Jérémie Mocqué
Alors, CRM, c'est un Customer Resource Management. Ça sert à, justement, c'est un logiciel qui va consigner toutes les informations dont parlait Anne-Sophie. Et en fait, c'est clé quand tu signes un contrat, on dit déjà Ça, ça va servir pour la suite du process. Mais un contrat, ça doit exister, ça doit être signé. Idéalement,
- Jérôme Sujkowski
c'est pas mal.
- Jérémie Mocqué
Il y a tous Ally Avocats qui écoutent.
- Jérôme Sujkowski
Sachez qu'un contrat oral, ça marche également. En droit, un contrat oral, tu peux avoir un contrat oral. Mais après, tu te retrouves avec des problèmes de preuves à savoir qu'est-ce qu'on a mis dedans. Donc, au final, c'est quand même mieux d'avoir un contrat écrit.
- Jérémie Mocqué
Il est recommandé, mais surtout sur la suite. Parce qu'en général, le problème vient quand il y a un litige. L'impayé, ça en fait partie. C'est un premier faisceau quand même qui amène au litige. C'est donc de bien connaître toutes les informations, comme le disait Diane-Sophie, de son client. Il y a beaucoup de logiciels qui existent, de plus grosses ou moyennes tailles, petites même. Ça peut aller du fichier Excel jusqu'à vraiment des très grosses sociétés qui font ça, éditeurs de logiciels. Et effectivement, ça permet de savoir déjà si on a bien toutes les informations, si on a bien les contrats, la retranscription de ce contrat, comment on le fait. Chaque société aura ses propres conditions. Donc ça, c'est peut-être la première chose pour faire de la relance. Ce que je disais, c'est d'abord en proactivité aller chercher cette communication et quand on n'a pas de réponse à ça, c'est pour ça qu'on a souvent ce petit mot un peu bizarre « sauf erreur de ma part » , c'est parce qu'il existe des erreurs et parfois on n'a pas le bon numéro.
- Jérôme Sujkowski
C'est pas juste pour être désagréable parce que la team « sauf erreur de ma part » , c'est quand même la team la plus désagréable, non ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Tu vois, tu dois facturer Carrefour. ta facture au siège de Carrefour à qui je m'adresse le bon service ou la bonne personne le mail c'est tout bête mais tu te dis ah super pensez aussi à des personnes qui reçoivent des factures qui n'ont absolument rien à voir là-dedans je
- Jérémie Mocqué
ne sais pas quoi en faire juste la balance à la poubelle parfois aussi on a la première personne qui est là qui a signé le contrat, qui était un commercial qui a disparu de la société, qui n'a pas fait le relais donc le service comptabilité n'a pas reçu la facture Donc, elle n'a pas payé. C'est pour ça que c'est important d'avoir ce premier contact et ne pas partir tout de suite dans les chapeaux de roue. L'erreur existe. Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de cas où c'est ça qu'il y a derrière. Et après, pour aller dans le sens de ton histoire, il y a un process à mettre en place, toute une procédure qui dit qu'est-ce que je dois faire et quand. Ça aide à justement se mettre des rendez-vous pour ne pas l'oublier, pour ne pas laisser traîner l'impayé. La première c'est je relance. Je l'ai fait une fois, je le fais une deuxième fois ensuite. passer peut-être par des canaux différents. J'avais essayé le mail, j'avais essayé la poste, je vais essayer autre chose, je vais essayer d'appeler. Donc, c'est tout de suite plus chronophage, mais ça permet souvent d'avoir une réponse. Et après, on peut escalader.
- Anne-Sophie De Paillerets
Et d'ailleurs, toi, c'est... Non, mais c'est intéressant, parce que dans les canaux que tu donnes, je sais que nous... Alors, tu vois, il y a la lettre... de mise en demeure de la société. Puis souvent, la société, quand ça ne marche pas, elle se dit, je vais payer un avocat pour qu'il n'y ait ni plus ni moins que son entête et que ça fasse très peur l'entête d'avocat. Et quelquefois, ça ne fonctionne pas. La personne en face n'en a rien à faire. Et donc, nous, une des solutions qu'on préconise à nos clients, c'est notamment de faire appel à Anne-Sophie, parce que toi, Anne-Sophie, ce n'est pas ton rôle premier d'être facteur, mais en soi, tu vas faire de la remise en main propre aux personnes concernés, enfin acquis au destinataire de ces mises en demeure. Donc en gros, mise en demeure d'avocat et je vais te voir Anne-Sophie, je vais te dire est-ce que tu peux...
- Jérôme Sujkowski
Comme tu disais, c'est l'escalade, on n'est pas obligé tout de suite d'aller bloquer les comptes, tu vois, on peut faire une mise en demeure par mail, ça ne marche pas. Après, il ne faut pas perdre trop de temps, il faut toujours faire attention à ne pas trop trop s'éloigner. Et sachant que l'enjeu, c'est quand même de... garder le contact, de le reprendre pour savoir, essayer de comprendre si c'est juste un oubli, si c'est pas la facture est orientée, ou s'il y a une vraie volonté de... Enfin, pas moyen de payer. Et donc oui, ce qu'on peut faire, c'est effectivement une mise en demeure avec l'entête de l'huissier. Donc c'est déjà, en théorie, et encore... On en parlait, on ne sait pas, il y a des gens qui n'ont plus peur de l'huissier ou qui n'ont pas peur de l'huissier. Il y a des gens, moi je reçois une lettre d'huissier, en tant qu'huissier je dis « Oh là là, j'ai oublié de payer les 50 pour 1,25€ à l'hôpital, au secours ! » Je fais tout de suite la carte. Il y a des gens, tu peux les relancer 10 fois pour 10 000€ ou 500€ ou n'importe quoi, ça glisse sur eux. Ça dépend aussi des stratégies qu'ils ont mis en place en interne. Cette facture-là, on la perdra dans deux mois, quoi qu'il arrive. Mais voilà, ce qu'on peut faire aussi, c'est l'acte du huissier. Là, c'est un clair du huissier qui se déplace. Souvent, ça fait un peu plus peur. En tout cas, ça interpelle parce que là, on dit qu'il engage un peu plus de frais puisque c'est quand même un coup quand le huissier ou son clair se déplace. Et ça formalise. Là, il y a quand même Marianne, en gros, avec une signature officielle. On invoque la République et tout ça.
- Anne-Sophie De Paillerets
C'est la version polie de la patte de baseball. Parce que t'es claire de notaire, il se déplace pas avec une batte de baseball. De judicie, pardon. Il se déplace pas avec une batte de baseball, non.
- Jérôme Sujkowski
Pas à ce moment-là.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok. Non,
- Jérôme Sujkowski
non. Mais voilà, ça c'est le tap ultime. Je pense avoir la bascule. Si le mec, il répond pas à la sommation payée, là, il envoie clairement un signal. Ça sert à rien d'attendre encore 15 jours. Enfin, ça dépend, c'est le télécom qui laisse pour régler. Mais là, la situation, elle est quand même pas mal obérée.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok. Et alors... Ça coûte combien ? Parce qu'en fait, c'est un sujet... Je te dis, nous, souvent, on fait appel à tes services et juste pour envoyer un clair de notaire, parce qu'en fait, on s'aperçoit que... J'y suis toujours. Parce qu'on s'aperçoit... J'ai un ami qui est clair de notaire. On s'aperçoit qu'en fait, ça a un effet vraiment psychologique sur le destinataire, parce qu'effectivement, il y a ce truc, on sonne à sa porte... On vient le chercher chez lui.
- Jérôme Sujkowski
On parle au gardien, on parle au salarié.
- Anne-Sophie De Paillerets
Tu fais ça aussi ? Pourquoi tu parles au...
- Jérôme Sujkowski
C'est du shame, c'est ça, tu veux le balancer ? On va revenir aux bases de la signification. J'ai un client, petite anecdote, pour qui je fais un gros contentieux. Et puis un jour, on fait une réunion, c'est le big boss et tout, il a un service contentieux, il y a 25 personnes. Et puis il me regarde et dit, je ne comprends pas, clairement expliquez-moi à vous les huissiers, vous allez chez les gens ? Tu vois... et donc là tu m'as fait waouh oui c'est quand même notre truc c'est d'aller chez les gens donc on signifie et donc si je veux signifier cabinet Ally Avocats voilà je cherche si j'ai sûrement pas de l'adresse tu peux signifier contre moi alors que je suis ton client t'as pas ces sujets non mais tu pourrais en vrai non il y a peut-être un petit conflit d'intérêt je sais pas
- Anne-Sophie De Paillerets
Non mais parce que nous c'est sûr qu'on pourrait pas en tant qu'avocat mais...
- Jérôme Sujkowski
Non mais oui, j'avais clairement pas...
- Anne-Sophie De Paillerets
Non mais c'est intéressant, je sais pas.
- Jérôme Sujkowski
Non non oui.
- Anne-Sophie De Paillerets
C'est pour savoir si quand tu viens sonner chez moi, que je sache si c'est pour boire un verre ou si c'est pour me remettre un acte.
- Jérôme Sujkowski
Ce sera que pour boire un verre. Ou je te remettrai les actes que j'ai délivrés pour toi. Mais en tout cas de cause, si un confrère vient pour signifier un acte à Ally Avocats... on a l'adresse, mais il faut aussi être sûr qu'il est bien là, donc on cherche les éléments. Si t'as pas ton nom sur la boîte, parce qu'il y a des gens qui sont experts en ça aussi, pas de nom sur la boîte, pas de nom sur Interphone, t'as des initiales, tu sais pas s'il était là il y a six mois, s'il n'a pas encore mis son nom, donc on cherche quand même le bout de l'œil.
- Anne-Sophie De Paillerets
Faire un DJ Code Magique pour passer ?
- Jérôme Sujkowski
Ouais.
- Anne-Sophie De Paillerets
C'est vrai ? Non.
- Jérôme Sujkowski
Si.
- Anne-Sophie De Paillerets
J'adore. Et tu peux rentrer dans toutes les...
- Jérôme Sujkowski
Comme les facteurs. Non mais oui, ça, ça nous a changé la vie parce que on a quand même tous les... 99,99% des immeubles parisiens. Après, là, on a une problématique parisienne. Je ne te dis pas que dans le milieu rural, ça se passe comme ça. C'est le podcast,
- Anne-Sophie De Paillerets
c'est un truc très urbain. Pour ça, racontez.
- Jérôme Sujkowski
Je pense qu'il n'y a plus beaucoup d'immeubles parisiens qui ne sont pas équipés d'un, voire de deux Digicode. Et donc, c'était devenu... extrêmement compliqué pour les huissiers. Extrêmement compliqué.
- Anne-Sophie De Paillerets
Donc, tu as un super DJ pass.
- Jérôme Sujkowski
Oui, ça a été... Bref, je te l'avais courte. On a maintenant un pass universel.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok, génial.
- Jérôme Sujkowski
Chouette, ouais. Donc, maintenant, je peux chercher... Pour les problèmes d'ex et tout ça. Essayer de parler aux gardiens, parler aux voisins qui disent « Ah oui, il y a des Ally Avocats, c'est ceux qui font du bruit là. Le rooftop. Surtout Paris, ils font des grosses fêtes. » ok ouais mais en vrai c'est intéressant parce qu'en fait le gardien après il va parler à l'autre voisin je vous laisse la vie de passage je vous l'ordonnerai tu vois voilà ça fait un peu de name and shame de savoir qu'il y en a qui ont horreur de ça oui vous êtes passé chez moi vous avez parlé à la gardienne bah oui bah on va aller réagir avant donc
- Anne-Sophie De Paillerets
c'est des boucles d'oreilles qui font du break lesquelles tu joues il n'y a aucun problème donc voilà on va sur ce premier acte et combien il coûte ?
- Jérôme Sujkowski
c'est comme... C'est un acte qui rentre dans le monopole des huissiers. Ça, c'est la tarification hors monopole, monopole. Et donc, tous les actes sont tarifés dans le code de commerce. Donc, on applique un coefficient, un droit fixe. Mais le plus important pour vous, c'est qu'il y a un émolument, enfin un droit proportionnel à la créance. Donc, si cette première soumission, c'est pour réclamer 1 000 euros, ça va faire à peu près 60 euros pour l'huissier. Si on réclame 100 000 euros, ça va être 500 euros. Mais tout ça, c'est tarifé. Ce ne sera pas à la tête de Jérôme Tchouchkoski. Tu vas rentrer le montant dans le logiciel qui va me dire, voilà, c'est ça, ça, ça, ça fait tant. Et quel que soit l'injustice que tu veux aller voir, ce sera le même coût.
- Anne-Sophie De Paillerets
Attends, mais ça m'intéresse parce que cet acte-là, en soi, il n'est pas... Alors, j'allais utiliser un terme barbare juridique, à savoir exécutoire, mais... En soi, le fait que tu viennes me remettre cette lettre de mise en demeure, comment tu appelles ça ? C'est quoi ce que tu me remets ?
- Jérôme Sujkowski
Sommation de payé.
- Anne-Sophie De Paillerets
Cette sommation de payé. Je la paye, je ne la paye pas, ça ne passe rien.
- Jérôme Sujkowski
Le coût de l'acte ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Non, mais je veux dire...
- Jérôme Sujkowski
Ou la somme que je ferais... La somme, en fait,
- Anne-Sophie De Paillerets
tu ne peux pas les saisir sur mes comptes juste avec ta sommation de payé ?
- Jérôme Sujkowski
Non.
- Anne-Sophie De Paillerets
D'accord.
- Jérôme Sujkowski
On est encore en phase amiable.
- Anne-Sophie De Paillerets
On est encore en phase amiable.
- Jérémie Mocqué
Justement, avant ça, parce que moi, c'est côté entreprise, avant de savoir justement à qui on confie sa créance, pour savoir si... quel recours on va avoir, on va essayer d'étudier ça pour savoir si on le fait en masse ou si on le fait plutôt ciblé. Là, ce dont on parle depuis tout à l'heure, c'est aller directement voir la personne. Évidemment, c'est réservé en général à des gros montants et c'est ciblé. Donc, il y a une grande différence et qu'effectivement, on peut considérer que c'est juste un commandement à payer, mais sans titre exécutoire. Ça peut se faire par logiciel, par email, etc. Ou des personnes qui font des appels sans avoir la marque de l'entreprise pour toi.
- Anne-Sophie De Paillerets
Un cabinet de recouvrement de créances ?
- Jérémie Mocqué
Il y en a beaucoup. Beaucoup font ça. Certains le font très bien, d'autres vraiment...
- Anne-Sophie De Paillerets
Ça marche bien, les cabinets de recouvrement de créances ? Oui, parce qu'en réalité... Tu vois, nous, en tant qu'avocat, on travaille peu avec eux, puisqu'on se dit que c'est un peu notre boulot. Tu vois, moi, recouvrer de la créance, j'en fais pour des clients. Donc, on va... Pas trop souvent l'intérêt des cabinets de recouvrement de créances, et donc ça m'intéresse d'avoir ton...
- Jérémie Mocqué
Alors ça peut être très intéressant quand vous avez beaucoup de mouvements. Pardon. Un des mouvements... Enfin, vous avez beaucoup de petites factures. Il faut savoir que quand vous passez en impayé et qu'on passe de la phase « j'essaie de te contacter pour que tu payes ta facture » à « je confie ça à quelqu'un d'autre » , il y a un truc qui se passe en général, qu'on pourrait appliquer au départ, qui est « je mets 40 euros... » forfaitaire directement et j'applique des pénalités. Ce qui fait que parfois, une créance de 10 euros, 20 euros, 30 euros, 100 euros, passe à 140 plus les frais, donc tout de suite, c'est un peu plus embêtant. Pourquoi il y a ça ? Parce que, je l'ai dit tout à l'heure, il y a des coûts cachés à ces opérations-là. Donc l'idée, c'est que, forfaitairement parlant, on laisse les entreprises facturer ces éléments-là pour le faire. Donc quand, en général, on fait appel à des... à des entreprises extérieures pour régler ces problèmes-là, c'est eux qui activent ces Clotilde. Donc soit on le fait en entreprise, soit on le fait déjà dessus. Et ils se rémunèrent dessus. Et eux, ils font des pourcentages dessus. Donc pour eux, c'est très intéressant quand ils font de la masse, parce qu'en réalité, ils vont faire des grands tirs globaux ou avoir, comment dire... rationaliser leurs coûts parce qu'il y a un agent qui appelle pour plein de sociétés et donc eux ils voient leur compte, donc ça c'est intéressant c'est pas du tout le même travail que ce que fait Anne-Sophie qui elle se déplace et qui envoie quelqu'un donc là on attend et on espère que ça a un coût beaucoup plus fort et effectivement souvent les retours sont un peu plus on se fait quand même un peu chatouiller quand il y a quelqu'un qui vient nous demander à la porte la facture c'est tout de suite beaucoup plus inconfortable
- Anne-Sophie De Paillerets
Anne-Sophie tu voulais dire quelque chose ?
- Jérôme Sujkowski
Ce que je veux dire, c'est que les huissiers font ça aussi. Moi, j'ai la possibilité dans mon logiciel, mais comme du coup tous mes confrères, d'intégrer un fichier Excel ou CSV. Et ça me rentre automatiquement. L'informaticien fait les ponts. Et puis, on se décide ensemble. Qu'est-ce qu'on fait ? On fait d'abord un SMS. S'il n'y a pas de réponse, donc pas de règlement, pas d'interruption du chaînage, on fait un mail, un deuxième mail. Puis, ça génère une lettre automatique. Tout ça, on peut le personnaliser. Et pareil, on est en découpe. ou forfaitaires. Les huissiers sont capables de l'industrialiser aussi avec l'entête de l'huissier. C'est pour ça que moi-même, je ne vois pas trop l'utilité des sociétés de recommandation à part qu'elles se servent au passage.
- Anne-Sophie De Paillerets
Mais on les aime beaucoup. C'est intéressant. C'est vrai que c'est des acteurs qu'on voit et je ne savais même pas que tu faisais ça. que tu pouvais faire ça.
- Jérôme Sujkowski
Je ne sais pas ce que je recherche exactement comme clientèle, mais j'ai des confrères qui le font. Ils font du recouvrement de masse. Nous, pareil, on ne fait pas du recouvrement de masse. Ça dépend du temps.
- Jérémie Mocqué
Ça dépend de la volonté de l'huissier. C'est un peu moins connu que l'huissier fasse ça. Par ailleurs, c'est recommandé de prendre plutôt l'huissier là-dessus parce qu'il y a un truc un peu... Un peu bête, c'est quand on donne un dossier, on a envie qu'il soit suivi jusqu'au bout. Et donc, si on passe par une société qui fait ce type de prestations, et qu'ensuite, on est obligé de repasser par un huissier, c'est souvent plus contraignant. Et puis, il faut repasser le dossier, etc. Là où on peut y trouver un intérêt de passer par cette société-là, c'est quand elles sont très technologiques et qu'elles viennent aller directement se connecter à votre CRM ou directement à votre logiciel de facturation pour ne pas mobiliser vos équipes en interne et venir... documentés eux-mêmes via un process qui est plutôt déjà scripté on va dire envoyer tout ça en masse pour vous sans action alors ça c'est le Graal pour ensuite pouvoir communiquer ça à un huissier désigné.
- Anne-Sophie De Paillerets
Là vous avez une chaîne géniale d'un pays entre guillemets, si l'impayé est génial c'est génial ça c'est trop bon c'est ton gain de pain est-ce que toi Jérémie euh L'injonction de payer, c'est quelque chose que tu connais et ou que tu pratiques. Et peut-être avant même que je te pose la question, peut-être qu'Anne-Sophie, tu peux nous expliquer ce que c'est, ou moi je peux le faire.
- Jérôme Sujkowski
L'injonction de payer ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Ouais.
- Jérôme Sujkowski
C'est une procédure rapide, non contradictoire. Non contradictoire,
- Anne-Sophie De Paillerets
ça veut dire quoi ?
- Jérôme Sujkowski
Ça veut dire que ça nous permet d'obtenir un titre exécutoire, donc une décision de justice, la même valeur que la justice. sans passer devant le juge. C'est-à-dire que ce sera quand même un juge, mais il n'y aura pas de débat contradictoire, donc pas obligé de se faire représenter, d'aller à une audience. Le juge va statuer juste sur les pièces qu'on va lui transmettre. D'où l'importance de... Donc ça se présente sous forme de requête, très simplement rédigée, avec des pièces. Et évidemment, c'est la qualité des pièces qui va déterminer si le juge, juste à la lecture des pièces, s'il considère que, oui, il met son tampon, il signe. où il estime qu'il faut un débat contradictoire, dans ces cas-là, il va falloir convoquer les parties et se faire représenter à une audience ultérieure. Donc là, on perd du temps. C'est une procédure rapide et non contradictoire sur pièce.
- Anne-Sophie De Paillerets
L'avantage d'une telle procédure, c'est déjà qu'on envoie sa requête en ligne. Toi, tu le fais pour... Parce que nous, on le fait aussi pour nos clients, mais les commissaires de justice peuvent le faire. Ah bien sûr,
- Jérôme Sujkowski
oui.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok, génial. Ça ne coûte pas cher, ça coûte 57 euros. Oui, c'est ça, 57 euros. Donc, ce n'est rien du tout pour le créancier, ou du moins, c'est pour une créance de plus de 50 euros.
- Jérôme Sujkowski
Oui, c'est ça. Non, mais là, on ne va pas, on déconseille quand même.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ça peut valoir.
- Jérôme Sujkowski
C'est une question de principe, mais on ne va pas en nipper. On en avait parlé, il faut en interne se dire, où est-ce qu'on met nos seuils ? On fait de l'amiable jusqu'à 1000, au-dessus de 1000 on considère qu'on peut partir en IP, et puis si c'est rejeté, tant pis. C'est ça, parce que moi j'ai des... En fonction de la typologie de notre clientèle, mettre le curseur.
- Anne-Sophie De Paillerets
Parce que IP, quand tu dis IP, c'est pour un jour que son payé, pas de problème. Mais oui, moi j'ai des clients qui me disent, en dessous de tel montant, j'y vais pas. Toi, il y a des montants auxquels tu ne vas pas, ou tu dis, je laisserai tomber. Sachant qu'il ne va pas me le dire.
- Jérémie Mocqué
Je peux très bien le dire, mais encore une fois, je ne suis pas forcément concerné par l'entreprise actuelle. Néanmoins, il faut se dire une chose. Jusqu'à présent, on parle de coups d'acte ou de choses comme ça. Moi, j'aime bien rapporter aussi à tout le travail que ça représente pour l'entrepreneur. On disait qu'il faut qu'il travaille le samedi soir peut-être pour aller organiser comment appeler son client. Quand on est une plus grosse entreprise ou même une moyenne entreprise, on va solliciter son comptable ou son assistant ou je ne sais qui pour aller appeler absolument le client et faire ça. Tout ça, c'est un temps qui est très long et qui coûte de l'argent. Quand quelqu'un fait ça, il n'est pas occupé à faire autre chose. Je vous parlais de logiciels ou de personnes qui viennent dessus. Il faut quand même suivre ces trucs, les monitorer. Un impayé, le mieux qu'il puisse vivre, c'est de ne pas exister. Donc l'idée, c'est déjà d'essayer de chiffrer ça, combien de temps je passe, et en réalité, c'est ça qui va définir le process.
- Anne-Sophie De Paillerets
Toi, tu es capable, peut-être pas justement pour l'écran vu que c'est en B2C, mais en tout cas, selon toi, quelqu'un qui aurait le même job que toi, plutôt en B2B, il devrait être capable de savoir combien lui coûte un impayé.
- Jérémie Mocqué
Il faudrait faire le calcul. Selon moi, c'est la meilleure façon d'éclairer une décision de quand j'y vais, quand j'y vais pas. C'est de le chiffrer. Parce que si vous dites que c'est 50 euros que l'acte est à 17, on a envie d'y aller. Sauf que si ça a coûté beaucoup plus cher, finalement elle est déjà morte. 50 euros, ça ne se regarde pas. Néanmoins, et là c'est là qu'il y a un sujet, on ne peut pas, fiscalement parlant, éteindre une créance comme ça parce qu'on l'a décidé. Il faut démontrer. des choses, administration fiscale, pour récupérer des TVA parfois, ou pour éteindre la créance définitivement. Et donc ça, ça nécessite d'avoir des certificats d'irrecouvrabilité, et pour ça, et là, Lucie le dira mieux que moi, mais il y a des faisceaux de preuves à démontrer, et donc ça, c'est forcément à mettre en place. Donc l'idée, et c'est pour ça qu'on disait, pourquoi passer par telle ou telle société pour faire ces choses-là ? Pour moi, un des grâles, c'est le certificat d'irrecouvrabilité. Il doit être donné à la fin.
- Anne-Sophie De Paillerets
Il est donné par qui, le certificat d'irréprochable ?
- Jérémie Mocqué
Je ne suis pas un grand spécialiste de qui. Je sais que les huissiers peuvent le faire. Je pense que c'est des personnes qui ont peut-être dépositaires d'un droit.
- Jérôme Sujkowski
À part les huissiers, je ne vois pas qui d'autre.
- Jérémie Mocqué
Moi non plus. Non, mais pour le coup... Non,
- Jérôme Sujkowski
je ne sais pas. Parce que les sous-traitants de gouvernement ne peuvent pas. Ou si, sinon, elles le récupèrent aux huissiers. Oui,
- Anne-Sophie De Paillerets
c'est ça.
- Jérémie Mocqué
potentiellement c'est ce qu'elles font elles t'en profitent pour prendre l'ordre bien sûr je pense que c'est ce qui se fait en réalité et que si t'as ces certificats là alors que t'as pas mettre en face et donc tu vas pouvoir recouvrer ta TVA donc là oui après il y a des mécanismes de TVA qui fonctionnent en fonction de la typologie d'entreprise mais je
- Anne-Sophie De Paillerets
vais pas rentrer sur ce terrain là non surtout que ça va être le troisième épisode où on parle de droit fiscal alors que le premier épisode était dédié au droit fiscal certes avec un avocat fiscaliste on a fait un Ah ah ah un épisode sur le droit pénal en entreprise Eva pour la fiscalité donc là en fait les auditeurs, les trois personnes qui nous écoutent elles vont dire j'en peux plus des droits fiscaux ça va pour moi donc pour revenir à ça quel est le montant de la créance,
- Jérémie Mocqué
il faut juste calculer qui fait quoi, combien de fois en combien de temps et je mets un taux horaire devant vous saurez votre réponse et puis il faut rajouter un petit buffer parce qu'en réalité il faut une petite marge Ouais. qui nous permet de dire oui mais le temps de collecter ça plus le temps d'y penser finalement ça coûte tant mais à la fin il faut quand même un certificat de recouvrabilité au mieux qu'on peut voilà ma recommandation sur cette partie là ce
- Anne-Sophie De Paillerets
qui est intéressant quand même avec l'injonction de payer c'est que comme tu le disais Anne-Sophie pour peu que ton dossier soit suffisamment solide donc que tu aies récupéré les preuves et tout ça Les juges ne sont pas super regardants sur le sujet. Tu peux avoir une décision plus ou moins rapide. Ça dépend du tribunal que tu saisis. Alors, moi, je vois à Paris, ils sont un peu longs. Là, j'avais une demande d'un injonction de payer à Reims. J'ai eu une réponse en deux semaines. J'ai trouvé ça incroyable. Et ensuite, la procédure, c'est quoi ? C'est que tu as un titre exécutoire que Ken Sochi va aller signifier.
- Jérôme Sujkowski
Voilà.
- Anne-Sophie De Paillerets
Donc... Là, il faut savoir que tu factures des frais de signification, ce qui est tout à fait normal, mais donc ça vient en plus des 57 euros.
- Jérôme Sujkowski
Et tout ça, c'est chargé, tout est mis à la charge du débiteur. Alors certes, si on ne recouvre pas, la charge finale, elle sera sur le client, sur mon client, le créancier. Mais tout ça, ça vient s'ajouter à la facture impayée.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, et ce qui est intéressant, c'est que le débiteur, celui qui doit l'argent, il a un délai d'un mois pour faire opposition. S'il fait opposition à cette injonction de payer, eh bien on part dans un schéma classique de procès, au fond, que je passe et que je raconterai dans un autre dossier. mais en fait... ils ne font pas toujours opposition les débiteurs, pour plein de raisons. Des fois, ils n'y croient pas, des fois, ils pensent qu'on ne va pas aller au bout, et ainsi de suite. Des fois,
- Jérôme Sujkowski
ils continuent à faire l'autruche.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ils continuent à faire l'autruche, ouais, exactement. La fameuse phobie administrative qui peut arriver. Non, mais vraiment, moi, je m'aperçois qu'en fait, les ingénieurs sont payés. Au début, j'étais un peu contre, et finalement, je m'aperçois que ça coûte pas si cher que ça, pour, en gros, ça permet de jouer, et on se dit, potentiellement, ça peut... ça peut fonctionner. Et après, du coup, on a un titre exécutoire au bout de ce fameux délai d'un mois. C'est un peu chiant, il faut demander un certificat de non-appel, c'est un peu chiant. Mais une fois qu'on a atteint tout ce truc, on a cette fameuse décision de justice et on va pouvoir la faire exécuter. Et donc, aller prendre l'argent directement, c'est ça, faire exécuter une décision.
- Jérôme Sujkowski
C'est ça. Ça veut dire quoi ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Tu débarques et tu te dis, je prends l'ordinateur ?
- Jérôme Sujkowski
Alors... On va commencer par le plus efficace qui donnerait un bon indice. On va interroger le fichier des comptes bancaires si on n'a pas l'information des coordonnées bancaires du débiteur. Ça, c'est instantané. Avant, il fallait envoyer un recommandé avec une copie de la décision. On attendait deux, trois mois. On relançait le FICOBA.
- Anne-Sophie De Paillerets
Fichier des comptes bancaires. On a peur de mes relances.
- Jérôme Sujkowski
Je l'ai vu. et là maintenant c'est un clic dans le logiciel et le lendemain toutes les banques qui ont des comptes ouverts au nom du débiteur apparaissent dans le logiciel et on peut de la même façon maintenant c'est complètement dématérialisé lancer des saisies simultanées sur toutes les banques qui détiennent des comptes on peut sélectionner aussi et donc ça Il va... Le lendemain, on a l'état des comptes.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ça marche qu'avec les banques en France ? Oui. Ok.
- Jérôme Sujkowski
Il y a une circonsale en France. Oui,
- Anne-Sophie De Paillerets
une circonsale en France. Donc la Deutsche Bank qui sera en France, ça marche. Je ne sais pas pourquoi j'ai pris les Allemands d'ailleurs. Donc voilà,
- Jérôme Sujkowski
ça te donne un compte à zéro ou débit à moins 50. Ou ça peut te donner aussi des belles surprises. Tu as une facture de 4000 euros à payer et tu vois, il y a 90 000 euros sur le compte. Le mec, clairement, il n'a pas... Oui, du jouet. En tout cas, on va commencer par faire une saisie. Je pense que 99,99% des huissiers commencent par interroger le fichier des comptes bancaires et une saisie attribution.
- Anne-Sophie De Paillerets
Et les banques, elles jouent le jeu ?
- Jérôme Sujkowski
Elles sont obligées.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok. De toute façon, elles s'en foutent, les banques. Ça ne leur change rien.
- Jérôme Sujkowski
Ah bah oui. Réponse sur le champ.
- Anne-Sophie De Paillerets
Il y a même une loi qui les contraigne à donner ces informations librement. Oui,
- Jérôme Sujkowski
sinon elles peuvent être elles-mêmes.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok. Ok, très bien. Parce qu'on ne le fera jamais.
- Jérôme Sujkowski
mais de toute façon elles répondent sur le champ ok donc t'as pas ce type de sujet et derrière donc tu vas saisir non à partir du moment où on fait la saisie la banque elle met de côté la somme qu'on a réclamée donc la valeur enfin ce qu'il y avait sur la condamnation l'injouison payée plus les frais plus les frais à venir on provisionne les frais à venir pour aller jusqu'au terme de la procédure de saisie attribution puisqu'on parle de cette procédure là Et puis voilà, on déroule le délai d'opposition.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ah, parce qu'on peut faire opposition à une saisie d'attribution ?
- Jérôme Sujkowski
On peut contester une saisie d'attribution. Nous, on a un délai de 8 jours. Alors là, ça va être un peu technique, mais je vais faire rapide. On a un délai de 8 jours pour dénoncer. C'est-à-dire qu'on retourne chez Ally Avocats pour dire « Ah, on a fait une saisie sur votre compte ! »
- Anne-Sophie De Paillerets
Et moi, je peux faire quoi ? Et donc là,
- Jérôme Sujkowski
tu as l'acte de Lucier, qui s'appelle « dénonciation de saisie d'attribution » , qui t'informe que tu as un mois à compter de ce jour. Donc, du jour où Lucier se présente. La date de l'issue du délai était bien indiquée en gros. On t'indique devant quelle juridiction tu peux contester, comment tu dois le faire. Tu dois signer devant le GECS, il faut que tu prennes un avocat, c'est un peu compliqué. Et voilà, à l'issue de ce délai de contestation d'un mois, l'huissier n'a pas été informé d'une contestation, parce que c'est pareil, il y a un formalisme pour la contestation. Et donc on émet à la banque un certificat de non-contestation. et la banque nous reverse les fonds. Et on reverse au client et tout le monde est content.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok, ouais. Donc en fait, la procédure qui est censée être rapide, elle n'est quand même pas assez rapide que ça. Parce qu'elle va faire la demande et t'attends...
- Jérôme Sujkowski
Sur l'échelle temps de la justice, moi je suis très rapide.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ouais, mais en fait, au final, il se passe trois mois. Minimum.
- Jérôme Sujkowski
Ah oui.
- Anne-Sophie De Paillerets
Minimum. Entre le moment où le client dit « Vas-y, on lance une injonction payée. » Le moment où j'ai une décision du juge, et je la fais signifier, et j'ai le délai d'opposition...
- Jérôme Sujkowski
C'est sûr que tu as le temps de planter ta boîte, si c'est une grosse créance que tu attends. Oui, mais de toute façon, si tu vas au fond tout de suite, c'est pareil, c'est encore plus long le délai.
- Anne-Sophie De Paillerets
Tu as raison.
- Jérôme Sujkowski
Ce que je viens de te dire, c'est le plus rapide en termes d'exécution.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, mais moi, tu vois, j'ai un client pour lequel on a fait une injonction de payer en pensant que ça passerait... Ça passerait plutôt bien. On parle d'un gros montant de 70 000, 80 000 balles. La personne a fait opposition. On est reparti devant le tribunal. Et là, les tribunaux, pour des raisons que je ne saurais...
- Jérôme Sujkowski
Autre podcast.
- Anne-Sophie De Paillerets
On en est à trois ans de procédure. J'ai fait ma requête en injonction de payer en 2022. J'ai plaidé le dossier en 2025. Ce n'était toujours pas ma décision de justice. Mais bon, c'est effectivement quelque chose à avoir en tête. Il y a ce jeu de, est-ce qu'il va faire opposition, est-ce qu'il ne va pas faire opposition ? S'il ne fait pas opposition dans le meilleur des mondes, on se dit, en trois mois, je peux recouvrer ma créance. Sinon, on part dans des trucs où là, effectivement, le chef d'entreprise ou le directeur comptable va se dire, en fait On lâche, on lui dit tu payes 50%, on n'en parle plus. Il faut que ta décision soit prise avant. Il faut que tu aies décidé ? Oui,
- Jérémie Mocqué
je pense que réellement, c'est pour ça que je disais le procès est clé dans cette affaire, parce qu'en réalité ça va prémunir de ce genre de choses ou d'un épuisement quelconque. Moi tu me demandais est-ce que j'ai déjà vécu une injonction de payer ? Oui, il y a longtemps. Et j'en garde un souvenir qui m'a permis de t'affirmer ce que je viens de te dire. C'est-à-dire qu'il faut absolument se prémunir de ça et savoir si ou non ça vaut le coup. Il y a une façon très simple, c'est que vous dites 3 ans, 80 000 euros, ok, je l'emprunte, c'est combien ? Parce qu'on parlait d'un coût caché, on parle d'un coût humain, parce qu'en réalité, ça fatigue tout le monde, cette affaire. Il y a beaucoup de gens qui sont mobilisés, quand même. Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire. Oui, bien sûr, mais ça se réfléchit. Il faut savoir dans quelles conditions on y va. Donc on parlait du montant, on parlait aussi de ça. on peut lâcher plus rapidement, parce qu'en fait, ça peut coûter moins cher de lâcher maintenant, dans certaines conditions, que de continuer à s'acharner sur un mort.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, et puis c'est connu, il y a des sociétés, où on a des clients qui font volontairement de l'impayé pour faire baisser la facture. Ils font de la... Ah oui ? Bah ouais, on a des clients qui font ça.
- Jérémie Mocqué
Il y en a qui organisent même leur propre insolvabilité.
- Anne-Sophie De Paillerets
Alors ça, pour le coup, c'est interdit. C'est interdit. Enfin, tu vas me dire, comme ne pas payer sa facture, c'est interdit. Oui,
- Jérémie Mocqué
mais en réalité... qu'on se le dise. Chez les particuliers, on peut se faire embêter, mais on voit que finalement, il n'y a pas tant qu'ils se font embêter. Et puis pour les entreprises, dans les secteurs qu'on peut cibler, on voit bien qu'en rafale, certaines personnes créent des entreprises, puis les liquides, puis en recré, puis les liquides, c'est toujours les mêmes dirigeants, et il n'y a pas forcément d'interdiction de gestion qui sont prononcées. Donc ça continue, ça marche, et il y a des récidivistes.
- Anne-Sophie De Paillerets
Sur l'interdiction de gestion, on pourrait. le podcast sur la responsabilité pénale en entreprise, on en parlait justement.
- Jérémie Mocqué
J'adore. Mais voilà, il y en a qui s'organisent comme ça. Et donc, on parlait de ça à un moment donné dans les process. Peut-être un peu loupé cette partie-là, mais il faut toujours screener où est, où en est le client. Ça, c'est un truc tout le temps super important. Et que ce soit effectivement du côté du vicier qui quelque part sera... Pour être percutant, pas perdre de temps, et pour sa propre efficacité, d'aller le chercher. Mais pour la décision d'entreprise, pour savoir go, no go, il faut absolument se poser tout le temps la question, où est-ce qu'il en est ? On s'aperçoit que l'établissement a été fermé deux semaines après avoir déposé le truc. Oui, c'est ça,
- Anne-Sophie De Paillerets
la boîte qui a déposé le bilan, qui est en procédure collective, on sait que quasiment,
- Jérémie Mocqué
on va devoir s'asseoir sur sa créance. La question, là, que nous, en tant qu'entreprise, on se pose toujours, c'est de savoir si oui ou non, on va plus loin dans le process, quel impact ça peut avoir sur mes comptes. quel impact financier j'entrevois et quelle décision je prends maintenant. Et donc ça, c'est des choses qui s'éclairent dès le départ. Je ne pense pas que ce soit au bout de trois ans qu'on se dise, bon, on va lâcher, ce n'est pas grave. On a mis, il y a deux burn-out dans l'entreprise. Il y a une personne qui est partie à cause de ça. Il y a quatre huissiers qui ont été mandatés alors que l'entreprise était fermée. Enfin, allée fermée, pas la peine. Et puis d'autres fois où c'est presque... Ça devient presque personnel.
- Anne-Sophie De Paillerets
On a des clients qui disent on y va. Je ne veux rien lâcher. J'ai un dossier avec Anne-Sophie. Je crois qu'on en est à la quatrième ou cinquième saisie parce qu'à chaque fois, on ne récupère pas tout l'argent sur les comptes. Il doit rester 1700 balles à récupérer sur les comptes. Je dis aux clients, on continue. Vous ne lâchez pas. Vous ne lâchez pas. Et donc, je dis à Anso, allez, nouvelle saisie, on ne lâche pas, Anso. Mais voilà, donc c'est intéressant. Oui, il y a effectivement la façon. Puis, il y a des dirigeants d'entreprise qui vont dire, moi, par principe, ma facture, c'est mon montant. Je refuse de lâcher 20%, 30% dessus pour me faire payer plus rapidement. Alors que, comme je le disais il y a un instant, il y a des chefs d'entreprise qui disent, t'inquiète, on ne paye pas, comme ça, on va obtenir une restaure de 20%. Ils préféreront toujours lâcher 20% plutôt qu'aller en justice. Mais c'est un espèce de pari. Les deux s'entendent.
- Jérôme Sujkowski
Tu as un petit outil quand même. Je pense que tu l'as déjà utilisé, Jérôme. Quand tu as un client qui paraît solvable et tu sens qu'il va te la jouer à l'envers, tu peux faire une saisie conservatoire.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui. Là,
- Jérôme Sujkowski
il n'est pas prévenu. Tu demandes donc un offre au juge d'autoriser, il faut autoriser lui-ci à interroger les comptes bancaires et à pratiquer une saisie sur les comptes bancaires. Là, ça te donnera tout de suite aussi l'idée de ce qu'on continue ou on continue pas, si tout est à zéro ou c'est fermé, on le saura. Mais ça peut être aussi un outil quand tu sens qu'il y a un petit péril, ça va mal se passer si le montant est conséquent.
- Anne-Sophie De Paillerets
Tu fais des saisies conservatoires, tu peux en faire ? Non, je veux dire, il n'y a pas besoin de passer par un avocat pour en faire ?
- Jérôme Sujkowski
Ah bah il faut déposer la requête ? Non mais je le ferai pas.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok, ouais, parce que nous on en fait, mais effectivement derrière c'est toi évidemment qui exécute, mais t'as entièrement raison, c'est un moyen qui est plutôt pas mal, le seul problème c'est que ça coûte un peu d'argent.
- Jérôme Sujkowski
Tu veux dire que l'avocat ça coûte de l'argent ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, mais un peu.
- Jérôme Sujkowski
Parce que nous c'est pas cher.
- Jérémie Mocqué
C'est intéressant quand il y a un business en cours. Ouais. Parce qu'on parle de ça depuis tout à l'heure, mais en réalité on est d'accord que... En amiable, on n'a pas décidé d'arrêter le business avec le client.
- Jérôme Sujkowski
Ah oui, c'est ça. C'est vrai que c'est sous-jacent à tout ce qu'on dit. Mais quand on sent qu'il y a un litige,
- Jérémie Mocqué
on arrête la relation commerciale. On sait qu'on va plus loin en général. C'est au moment où on passe à l'huissier. En tout cas, quand on passe en huissier contentieux. Parce qu'il y a ce que tu disais Anne-Sophie avant, l'huissier amiable. Et le conservatoire, c'est quand j'ai des grands doutes, mais que je ne peux pas me permettre de couper le business avec ce Clotilde. et que je ne veux pas trop l'écorcher, effectivement, c'est un peu la mesure sous-marin. Ça coûte cher, mais parfois, ça peut sauver une relation. Donc, quand on n'en est pas sûr, en réalité, ou quand on a un faisceau qui dit l'inverse de... qu'on a le sentiment que c'est l'inverse de ce qui se passe, ça peut être intéressant d'aller sonder ça. Mais bon, effectivement, ça coûte un peu d'argent, et encore une fois, moi, je vois... J'imaginais l'entonnoir, vraiment, au départ. J'ai un montant, plus je vais, puis ça moindrit parce que le temps passe et parce que les actions sont importantes. Donc si on veut mettre au plein milieu de cet entonnoir une conservatoire, pareil, ça s'organise. Il faut bien y penser.
- Anne-Sophie De Paillerets
Et puis il faut connaître aussi les critères parce que nous, quand on va devant le juge, c'est pareil, c'est non contradictoire, donc on n'a pas la personne en face. face à nous, parce qu'évidemment, sinon ce ne serait pas conservatoire, il n'y aurait pas l'effet de surprise. Mais donc, on va devant le juge et on lui dit, bon, lui, il y a un risque qu'il ne me paye pas. Et le juge, systématiquement, il va dire, mais attendez, c'est une mesure qui est non contradictoire. Donc, en fait, c'est un peu des pouvoirs exceptionnels que vous me demandez de mettre en œuvre. Démontrez-moi qu'il y a un vrai risque sur votre créance. Et le fait que votre débiteur n'est pas payé depuis trois mois, quatre mois, ce n'est pas suffisant. Donc, il me faut d'autres éléments. Donc, des fois, on... On va chercher sur les réseaux sociaux des personnes qui se plaignent également de cette entreprise. Ou bien on va sur Papers ou Société.com ou je ne sais quoi pour voir la baisse du chiffre d'affaires. En disant, vous voyez, c'est quand même un peu chaud pour cette entreprise. Il y a un vrai risque. On voit qu'elle ne va pas bien. Mais donc, il y a tout ça à mettre en œuvre. Et c'est vrai que si c'est un grand compte, entre guillemets, qui ne te paye pas, En fait, la saisie conservatoire va être un peu plus dure à obtenir devant le juge. Donc, c'est des éléments à prendre en compte. Encore une fois, dans le process qu'on doit décider, c'est un process décisionnel, celui dont je vous parlais, mais il doit être documenté tout au long. Il ne s'agit pas de le faire à vie.
- Jérémie Mocqué
Et toi,
- Anne-Sophie De Paillerets
tu as des procédures impayées.
- Jérémie Mocqué
Tu veux dire des procédures qui permettent de dire quoi faire à un moment ? Oui,
- Anne-Sophie De Paillerets
tu as un espace de playbook.
- Jérémie Mocqué
Absolument.
- Anne-Sophie De Paillerets
J'ai utilisé un anglicisme.
- Jérémie Mocqué
Eh bien, voilà. Là, je me sens bien. Un peu rassuré. Oui, globalement... Quand tu as prévu que ta facture est à 30 jours, tu dois normalement à 28 envoyer un petit rappel. Parfois, c'est apprécié, parfois pas du tout. Il faut savoir le désactiver ou pas. Ensuite, tu as une partie, j'ai dépassé mon délai. C'est un peu ce que je te disais. Ça, c'est la bonne pratique. Ce n'est pas forcément ce que tu peux envoyer un SMS à certains clients, d'autres en e-mail. Tu l'as défini au préalable. Pareil, ça ne s'invente pas. tu as une deuxième campagne de relance passé 15 jours, admettons, je dis ça, ça peut être vraiment, ça dépend des secteurs, et si tu n'as pas de retour sur ça, alors tu passes à l'étape supérieure, c'est le coup de téléphone. Si tu n'as pas ça, tu passes en amiable externe, c'est encore une fois un exemple, puis tu vas sur de la procédure plus contentieuse, entre guillemets, et là, en réalité, c'est à ce moment-là qu'il y a une rupture de relation commerciale.
- Anne-Sophie De Paillerets
Juste, Anne-Sophie, parce qu'on est un poil vite sur les mesures de saisie, on a dit tu vas saisir sur le compte, mais tu peux faire autre chose ?
- Jérôme Sujkowski
Oui.
- Anne-Sophie De Paillerets
C'est vrai ? Parce qu'admettons le compte en banque qui se trouverait à l'étranger, ou bien il n'y a pas d'argent tout simplement sur les comptes, il y a pas mal de sociétés qui savent jouer avec ça, et comme par hasard, les comptes sont vides. Il y a d'autres moyens de se faire payer ?
- Jérôme Sujkowski
Il y a ce qu'on appelle la saisie-vente. On va saisir des biens mobiliers. N'importe quoi. Là, tu vas prendre la voiture de l'entreprise. J'ai saisi une maison d'édition, par exemple, à Paris. J'ai saisi tout ce qu'il y avait dans la maison. C'était un local, on va dire. C'était bien, mais ce n'était pas bien. J'avais une grosse créance à 100 000 euros. Et puis finalement, en cherchant un peu, on a trouvé le stockage qui était près de Orléans. On a saisi le stock de 500 000 livres.
- Anne-Sophie De Paillerets
Et tu revends les livres ?
- Jérôme Sujkowski
Du coup, il paye. Parce que le stock, il est saisi. Donc lui, c'est fin du... Fin de son business.
- Anne-Sophie De Paillerets
Donc là, il trouve de la rade.
- Jérôme Sujkowski
Là, il l'a trouvé.
- Anne-Sophie De Paillerets
Mais en théorie, tu pourrais aller vendre...
- Jérôme Sujkowski
Mais c'était prévu. On avait retiré... Là, il ne nous croyait pas. On avait d'abord saisi ce qu'il y avait à la boutique historique. Et donc, je suis venue avec le commissaire Prézor. On a tout empaqueté. Et puis, il était là. Oui, ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave.
- Anne-Sophie De Paillerets
Attends, mais ça existe vraiment ce truc ? Du coup, je vais dans le commissaire-priseur et je vais acheter moins cher ? Bien sûr ! Et je peux faire des bonnes affaires ?
- Jérôme Sujkowski
Ça, c'est les anciens commissaires-priseurs judiciaires. C'est-à-dire qu'ils accompagnaient les huissiers pour retirer et mettre en vente ce qui était saisi, ce qu'on avait mis sous main de justice.
- Anne-Sophie De Paillerets
Je trouve où ça ? C'est super bon plan.
- Jérémie Mocqué
Je crois même qu'il y a une série américaine qui... où les mecs vont justement chercher des box abandonnées après il y a vraiment j'ai vu déjà ça des gens qui sont très intéressés de voitures et qui vont justement voir absolument où sont les saisies parce qu'il y a des véhicules exactement
- Anne-Sophie De Paillerets
à Paris c'est particulier parce qu'on saisit pas les voitures parce qu'il y en a pas tout le monde prend un vélo il y a que des vélos électriques tu saisis les vélos électriques ?
- Jérôme Sujkowski
ben oui Maintenant, c'est des problématiques qu'il y a en province. Oui, ils saisissent les véhicules, ils mettent des sabots. Parce que t'as la maison, t'as la voiture devant. Mais nous, vas-y, va retrouver une voiture à Paris. Dans un parking. Après, tu te dis au garagiste, il fallait chercher la voiture au cinquième sous-sol. Bon, bref. Mais donc, on parlait de ce qu'on peut vendre. Oui, donc pareil, il y a plein de délais à purger. Entre le moment où on vient, on fait l'inventaire de tout le mobilier ou tout le stock. Tout. ce qu'on trouve, les vélos, tout ce qui pourrait avoir une valeur marchande. Et puis, et puis, à un moment, c'est le commissaire-préseur qui vient, le judiciaire, qui vient, qui retire. Oui,
- Anne-Sophie De Paillerets
mais du coup, moi, qui vais acheter une voiture moins chère, je ne sais pas.
- Jérôme Sujkowski
Il faut que tu t'inscrives sur toutes les plateformes. Ah, il y a des plateformes qui existent. On est obligé de publier à 20 ans. D'accord.
- Anne-Sophie De Paillerets
Donc je fais quoi ? Je tape commissaire priseur sur Google pour savoir où trouver ça ?
- Jérôme Sujkowski
Non, pour les plateformes de voitures. Ah, il y a des plateformes aussi ? Oui, ils ne font que des ventes de voitures. Tu as, je ne sais pas, 300 voitures qui sont écoulées dans la plage. Oui,
- Anne-Sophie De Paillerets
mais les bijoux et tout ça, je me...
- Jérôme Sujkowski
Ça, c'est Droho, par exemple, à Paris.
- Anne-Sophie De Paillerets
D'accord. Ok.
- Jérôme Sujkowski
Et donc, pour la petite histoire, on a rapidement parlé de huissier slash commissaire de justice. Donc, la dernière réforme de 2023 qui a fusionné... Pourquoi on devient commissaire de justice ? Parce qu'on a fusionné la profession des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires. Donc eux, ils avaient deux casquettes, judiciaire et volontaire. Donc c'est toutes les ventes qu'ils font parce qu'on leur apporte volontairement des bijoux. Et en judiciaire, c'est parce que nous, huissiers, on saisit des bijoux. Et donc maintenant, on peut, nous, huissiers, vendre, aller jusqu'à la vente. Donc par exemple, je t'avais dit, j'ai vendu une licence 4. une licence de taxi, tout ça, ça se saisit.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ah bah oui.
- Jérémie Mocqué
Je préférais le histoire des livres, là. Licence 4,
- Anne-Sophie De Paillerets
t'aimes pas ?
- Jérôme Sujkowski
T'aimes pas saisir la licence 4 ?
- Jérémie Mocqué
Non, mais en fait, je me suis vu dans 500 000 livres. T'as dit 500 000 livres ?
- Jérôme Sujkowski
Ouais, je pense, au moins, je sais pas. On a demandé, c'était pas moi, c'était une consœur, c'était Orléans, de sortir l'état du stock.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ouais, 500 000 livres.
- Jérôme Sujkowski
Donc il y avait, je sais pas combien d'états.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oui, mais en fait, je ne t'ai pas baladé avec. Tu as juste dit interdit de les vendre.
- Jérôme Sujkowski
Ah oui, non. En fait, la personne, là, on a saisi entre les mains du stockage. Et lui, il est gardien. Donc, il a interdit. Ça, c'est du pénal après. S'il s'en sépare, c'est du pénal.
- Anne-Sophie De Paillerets
OK. Oui, ce n'est pas toi qui es venue avec une grosse remorque récupérer les 500 000. Non, non, non.
- Jérôme Sujkowski
Le détournement devient saisi. C'est du pénal.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ah ouais. OK. Bon, c'est... Non, mais je trouve ça passionnant. Oui. Je trouve ça passionnant.
- Jérémie Mocqué
Ce sont des choses qui ne nous donnent pas envie non plus d'avoir de l'impayé.
- Anne-Sophie De Paillerets
On verra l'année prochaine, on refera l'épisode et on mettra l'étude à jour. Merci beaucoup parce qu'on arrive à la fin de l'épisode, mais j'ai trouvé ça passionnant. J'espère que les gens qui nous écoutent également. Si vous avez trois conseils à donner à celui qui veut recouvrir un impayé ou à celui qui ne veut pas... payer, vous prenez le cas que vous voulez. Moi, je suis avocat, je défends les bons,
- Jérémie Mocqué
je défends les gentils et les méchants.
- Anne-Sophie De Paillerets
Donc, il n'y a pas de problème. Mais c'est les clients que je préfère. Ça serait quoi vos trois conseils ?
- Jérémie Mocqué
Pour être cohérent, je dirais communiquer en premier lieu. C'est vraiment important d'aller chercher l'information et de ne pas laisser mourir sa créance. C'est comme ça que naissent vraiment les impayés durs. Le deuxième, c'est de mettre en place ce fameux C'est de prendre du temps et de mettre en place cette procédure. Ça aide à la décision et ça permet de savoir comment réagir et de peut-être un peu dédramatiser cette chose et savoir comment le traiter. Et le troisième, c'est de s'entourer tout simplement pour savoir à partir de quel moment on ne met plus les mains dans ce sujet-là parce qu'on l'externalise et on passe à autre chose et on prend plutôt du conseil ou on prend plutôt de l'information qu'on matérialise. Parce que je disais, il y avait besoin de matérialiser dans la procédure.
- Anne-Sophie De Paillerets
Ok. Anne-Sophie,
- Jérôme Sujkowski
des conseils ?
- Anne-Sophie De Paillerets
Comment échapper à la...
- Jérôme Sujkowski
Non, pas du tout, pas du tout. Comment échapper ? Mentir dès le début, dans les mauvaises informations, mauvaises adresses mail, mauvais... Non, parce qu'après, nous, c'est compliqué, c'est d'essayer de recouper, de retrouver les informations, de trouver un interlocuteur, juste reprendre le contact, parce que souvent, même parfois, je te disais, on parlait de saisie, saisie-vente, donc on se déplace. Et c'est le moment où, en fait, les trois quarts du temps, ça n'a pas de valeur ou c'est pas terrible ou ça ne vaut pas le coup de faire déplacer un commissaire priseur, de stocker, enfin, je dis commissaire priseur, mais commissaire de justice, stocker, assurer, mettre en vente. Ça ne couvre pas. La valeur marchande est insuffisante pour courir tous les frais que ça générait. Mais l'idée, c'est de reprendre contact, de dire mais on peut trouver peut-être un échéancier. c'est compliqué pendant 6 mois on va mettre des échéances faibles et puis dans 6 mois on refait un point Voilà, donc c'est, moi je dirais vraiment la collecte des informations du début et des bons documents. On parlait d'un contrat signé, de bons livraisons, d'un devis pareil signé, de compiler les échanges mail, où il y a des demandes de délai. Voilà, et puis c'est après, effectivement, bien choisir son effort. Enfin, c'est pas se disperser, choisir les créances. Et puis éliminer tout ce qui va être chronophage et de toute façon irrecourable à terme. Et s'entourer des bonnes personnes, des bons Ally Avocats, évidemment. Et des bons officiers.
- Anne-Sophie De Paillerets
Évidemment. Ok, génial. Merci beaucoup. J'ai un petit jeu que je fais avec les autres invités, mais qui sont plus des Ally Avocats. C'est de leur demander finalement, au final, c'est quoi votre article de code ou votre jurisprudence ou votre adage latin préféré. Vous avez le droit de me dire que... Alors toi Anne-Sophie, un peu moins, parce que t'es quand même une professionnelle du droit, je suis désolé. Mais Jérémie, est-ce qu'il y a un article de Code qui te parle ?
- Jérémie Mocqué
Alors là j'ai un article en tête, mais c'est pas le bon, parce que ce sera du fiscal, et de la TVA, et en plus européenne.
- Anne-Sophie De Paillerets
Oh là là,
- Jérémie Mocqué
on va pas y aller. On va pas y aller, ça n'a aucun rapport. Ce sera nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Oui. Et celui-là, il est intéressant parce qu'en réalité, je le disais, un payé, c'est un cercle. Et donc, il faut bien payer ses fournisseurs pour qu'on soit payé. C'est un cercle. Donc voilà,
- Anne-Sophie De Paillerets
Nemo Auditur en latin. C'est le début de la locution latine, mais on dit toujours Nemo Auditur. Anne-Sophie ?
- Jérôme Sujkowski
Moi, il y a plein d'articles que j'adore. On va faire un article du Code civil bien simple, mais que j'aime bien, parce que je trouve que ça représente bien comme je suis et pourquoi je fais ce que je fais comme métier. C'est que chacun doit assumer ses responsabilités. C'est un article du Code civil 1240 sur la responsabilité civile. Je crois que c'était dans le Code 804. On ne se dérobe pas, chacun doit assumer ses responsabilités, quelles qu'elles soient.
- Anne-Sophie De Paillerets
Génial.
- Jérôme Sujkowski
Je vous renvoie à l'article 1240.
- Anne-Sophie De Paillerets
On mettra le lien dans la description. Prenez-le tous par cœur. Du podcast en même temps, 1240, c'est un des fondamentaux pour toutes les études en droit. T'as raison. Merci à tous les deux. C'était un plaisir. J'espère que c'était également un plaisir pour vous déjà et pour ceux qui nous ont écoutés. et puis peut-être qu'on refait un épisode l'année prochaine pour savoir si l'impayé va mieux en France et puis pour voir si il y a d'autres propres impayés et s'il y a d'autres procédures à
- Jérôme Sujkowski
mettre en place merci à tous les deux merci bien merci d'avoir écouté l'expérience si cet épisode vous a plu abonnez-vous et partagez-le autour de vous à très vite pour un nouvel épisode Musique