- Speaker #0
Libérons-nous de la douleur, podcast du Dr Marc Léveque. ...
- Speaker #1
Heureux d'accueillir un expert du pied et du mouvement, Frédéric Vizeux. C'est un podologue renommé, spécialisé dans la prise en charge de la douleur. Ensemble, on va explorer comment la podologie... peut soulager, prévenir et parfois même transformer le quotidien des personnes douloureuses. Installez-vous bien, enfilez vos semelles si vous en avez et ouvrez bien grand vos oreilles. Bonjour Frédéric.
- Speaker #2
Bonjour Marc.
- Speaker #1
Tu es en sciences du mouvement, ingénieure de recherche clinique, ostéopathe et podologue. Tu es vice-président de la Société française de podologie et membre du conseil d'administration de la Société française d'études et traitements de la douleur. Tu exerces actuellement à l'hôpital d'Asbrooke. Et tu vas répondre à nos questions sur un sujet mal connu, moi le premier, les pieds et la douleur. Je ne parle pas seulement... de la douleur des pieds, mais en quoi nos pieds peuvent aussi générer des douleurs ailleurs que dans nos pieds finalement, ailleurs dans notre organisme. Quelles sont les douleurs les plus fréquentes que tu vois en consultation podologique ? C'est comme ça qu'on dit podologique ?
- Speaker #2
Oui, c'est comme ça que l'on dit. En consultation podologie, on va rencontrer deux types de douleurs. Des douleurs, je dirais, spécifiques du pied, que ce soit des douleurs de talons, que l'on retrouve dans la facie plantaire ou la ponevrosite plantaire, des douleurs de l'avant-pied, les fameuses métatarsalgies. On a aussi des douleurs en lien avec des pathologies inguiales, l'ongle incarné qui est très douloureux et je pense que celui qui a eu un moment dans sa vie un ongle incarné s'en souvient. Et puis, de manière peut-être plus paradoxale, en première intention, on reçoit aussi beaucoup de patients et des douleurs qui sont à distance du pied, que ce soit au niveau du genou, du bassin, du dos. Et quand je parle du dos, on intègre la colonne cervicale. Donc un certain nombre de... de pathologie, de cervicalgie, peuvent être en lien avec des problèmes de pied.
- Speaker #1
Pour revenir sur deux mots que tu as utilisés, parce que facéite plantaire, métatarsalgie, juste une petite explication, facéite et métatarsalgie. Donc facéite plantaire,
- Speaker #2
ça décrit l'inflammation du facia plantaire, c'est-à-dire une membrane aponeurotique qui va venir donner un peu une structure à la morphologie du pied Merci. et qui s'insère principalement au niveau de l'os du talon, qu'on appelle le calcaneum, et qui peut s'inflammer à diverses occasions et pour diverses raisons. Et puis métatarsalgie, on sera plutôt en rapport avec des douleurs des métatarses, c'est-à-dire les cinq petits os de l'avant du pied qui vont donner naissance aux différents orteils.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Donc le talon, les métatarses constituent les principales zones d'appui du pied lorsque le pied est posé au sol.
- Speaker #1
Donc finalement, le fascia, c'est une sorte de gros... tendons plutôt plat c'est ça oui on peut le visualiser de cette manière alors à quel moment un patient qui souffre des pieds ou des jambes d'ailleurs peut être amené à consulter un
- Speaker #2
podologue en réalité dès que la douleur devient répétitive ou qu'elle interfère avec la vie quotidienne comme comme lors de la marche par exemple, les activités sportives, Dans le cadre du travail, il convient d'agir. Et malheureusement, trop de patients attendent un peu trop longtemps que cette douleur se chronicise. Alors qu'une prise en charge précoce pourrait traiter la cause et prévenir une aggravation et ou une installation de ces douleurs.
- Speaker #1
Alors est-ce qu'il y a des petits signes d'alerte finalement qu'il faut repérer pour savoir à quel moment il faut consulter un podologue ?
- Speaker #2
Oui, donc les douleurs qui sont un petit peu récurrentes et qui progressivement s'accompagnent par une forme de... de migration de cette douleur ou de l'apparition d'une nouvelle douleur un petit peu à distance, des douleurs un petit peu inhabituelles et qui sont récurrentes et qui surtout ne sont pas au plus soulagées par le repos finalement. Donc on peut s'interroger sur l'installation d'un phénomène inflammatoire douloureux. qui s'installent.
- Speaker #1
Et des douleurs quand on est en position debout ou même quand on est en position allongée ? Sur quelle partie du pied ?
- Speaker #2
On va retrouver un certain nombre de douleurs lorsque le pied est en charge ou en semi-charge. En étant assis le pied au sol, on active un petit peu cette zone plantaire. Mais là aussi, de manière paradoxale, on peut retrouver des douleurs de pied au repos, c'est-à-dire allongé au lit le soir et qui évoquent un petit peu ce caractère inflammatoire de la douleur.
- Speaker #1
Après qu'ils aient été en charge une partie de la journée.
- Speaker #2
Oui, classiquement les douleurs de fin de journée, lorsqu'on se met au lit, parfois même les douleurs liées aux premiers appuis le matin quand on se lève, le fait de poser le premier pas au saut du lit, peut aussi être un moment d'expression de cette douleur et donc de manifestation d'un dysfonctionnement au niveau de ce pied.
- Speaker #1
On en parlait en préambule, est-ce qu'on peut vraiment soulager les douleurs de genoux, de hanches, de dos, même tu disais, de rachis cervical par ces semaines ?
- Speaker #2
Oui, et parfois cela peut surprendre un peu les patients. Ajuster l'appui au niveau du pied peut réduire certaines contraintes, notamment au niveau du genou, du bassin ou de la colonne lombaire. On a l'habitude de dire que le genou est... rarement à l'origine de ces douleurs, il est plutôt une zone de souffrance et de focalisation d'une problématique qui survient ailleurs. Le genou ne sera que l'expression d'un déséquilibre, et c'est un peu la même chose au niveau de la colonne cervicale. La colonne cervicale est peu problématique dans la genèse de douleurs, elle subit davantage qu'elle n'est à l'origine de problématiques réelles. Toutes ces zones d'adaptation et de compensation peuvent être améliorées et optimisées suite au repérage, à l'identification et éventuellement à la correction d'un défaut de positionnement du pied au saut.
- Speaker #1
À l'époque où il y avait le service cimetière, on parlait de ces gens qui étaient réformés pour les pieds creux. Déjà, qu'est-ce que c'est un pied creux ? Et ensuite, ça génère quoi de la douleur ? Alors,
- Speaker #2
le pied creux ou le pied plat, c'est une notion orthopédique de la chose. C'est une notion... structurel avec un défaut d'arche plantaire, soit exagéré dans le cadre du pied creux ou diminué dans le cadre du pied plat. Mais finalement, ce pied plat ou ce pied creux, et en l'occurrence ce pied plat, n'est pas forcément problématique sur le plan fonctionnel. Il faut bien comprendre que le motif de réforme lors du service militaire était plus en lien avec le fait que ce pied plat avait tendance à déformer les chaussures. Et que finalement, à la fin du service, on ne peut pas donner les chaussures à un autre soldat incorporé. Donc il y a plutôt un problème économique, plus qu'un problème fonctionnel et de santé lié aux pieds. Meilleure preuve, on parle de pieds plats ethniques, que l'on retrouve dans certaines catégories de la population. populations africaines qui sont, entre guillemets, malgré leurs pieds plats, très performants, notamment dans le cadre des activités sportives. Donc on voit bien que la morphologie du pied n'est pas un critère de performance et de bonne qualité de fonctionnement du pied.
- Speaker #1
D'accord. Et alors, comment on pourra... Comment ça se passe un examen pour quelqu'un qui n'est jamais allé voir un podologue ? Comment ça se passe un examen podologique quand on vient justement pour une douleur ? Qu'est-ce qu'on nous fait ?
- Speaker #2
On commence toujours par un interrogatoire approfondi. concernant la nature de la douleur, le contexte, les activités pratiquées, les antécédents médicaux, chirurgicaux. Ensuite, on va évaluer la posture d'un point de vue statique. c'est-à-dire l'alignement des différentes structures articulaires, la répartition des pressions au sol sous les deux pieds.
- Speaker #1
Comment on fait ça pour la répartition des structures ?
- Speaker #2
Plusieurs techniques et technologies possibles. La plus classique, c'est le fameux podoscope, le miroir incliné à 45 degrés qui permet aux podologues et de manière générale aux cliniciens d'observer la plante du pied. Mais on a aussi actuellement des outils plus modernes de podométrie, c'est-à-dire des nappes de pression, qui permettent à la fois de mesurer et de localiser les zones de pression présentes sous le pied. On a aussi des systèmes qui nous permettent de mesurer la position de la zone de pression. et les paramètres de déplacement du centre de pression plantaire, c'est-à-dire le point d'application de la force qui va s'opposer à la force de gravité qui s'applique au niveau du centre de gravité de l'individu. Avec cette technologie, on est en capacité de mesurer, de quantifier et d'assurer le suivi de ces paramètres podométriques. liées à la répartition des pressions sous les pieds. Ensuite, on a d'autres indicateurs comme l'usure des chaussures, qui est un critère intéressant à envisager et qui va nous apprendre beaucoup d'éléments sur la façon dont le pied se comporte au quotidien, lors de la marche notamment. Et puis on va terminer l'examen clinique par une évaluation de la marche, pied chaussé ou pied nu en fonction des demandes, pour observer et analyser le comportement du pied à la marche.
- Speaker #1
Alors puisqu'on parlait des chaussures, par exemple les... Alors, qui nous renseigne un petit peu l'usure de la chaussure, qui nous renseigne sur l'usage du conflit de notre pied, les talons, les hauts talons, est-ce que ça peut aussi être pour voyeur de douleurs, ça, à long terme ?
- Speaker #2
Oui, les hauts talons vont, à un moment ou à un autre, potentiellement générer des douleurs, notamment au niveau de l'avant du pied, par modification de la répartition des pressions plantaires. mais aussi plus à distance au niveau du dos, notamment en favorisant une adaptation de cette posture du rachis avec une majoration de la courbure lombaire, une augmentation des tensions musculaires au niveau du dos, notamment puisque le haut talon va tendre à... à faire tomber un petit peu la personne vers l'avant. Les muscles qui sont derrière vont devoir augmenter un petit peu leur activité pour empêcher cette chute. Et il est vrai qu'à terme, ça peut générer un certain nombre de douleurs. Donc le conseil, c'est de ne pas porter des hauts talons de manière trop importante et de manière régulière et d'alterner en réalité la hauteur de ces talons. c'est encore la meilleure façon de... d'habituer le corps à s'adapter aux différentes variations.
- Speaker #1
Alors quand on parle podologie, on pense bien sûr semelles. Quelle est justement la différence entre les semelles de confort qu'on peut trouver en pharmacie et puis les orthèses, comme ça qu'on dit, les orthèses plantaires, qui sont faites sur mesure ?
- Speaker #2
Les semelles dites standards ou classiques, disponibles en pharmacie ou dans certaines enseignes de magasins de sport, sont des semelles standards qui vont surtout axer leur action sur des notions d'amortissement et d'absorption des vibrations liées à l'impact du pied au sol. aucun cas spécialisé ni personnalisé par rapport à l'individu. L'orthèse plantaire qui est réalisée par un podologue fait suite à un examen clinique approfondi et qui va permettre de répondre à des à des dysfonctionnements ou à des troubles morphologiques, morphostatiques de ce pied. Donc d'un côté quelque chose qui est non personnalisé, standardisé, et de l'autre côté une réponse thérapeutique à un examen clinique précis de l'individu.
- Speaker #1
Alors on l'abordait tout à l'heure avec les chaussures au talon, est-ce qu'il y a des erreurs de posture ? ou même des talons qui peuvent être de nature à aggraver ces douleurs.
- Speaker #2
Oui, les erreurs dans le choix ou l'adaptation des chaussures peuvent coûter cher. De manière générale, on s'aperçoit par exemple qu'en pathologie sportive, la première cause de souffrance chez le sportif, c'est un mauvais chaussage. Soit une chaussure qui n'est pas tout à fait adaptée à la morphologie du patient, du sportif, ou qui est mal ajustée, mal adaptée. Des chaussures parfois un peu trop serrées, un peu trop étroites, ou une découpe qui ne respecte pas tout à fait l'anatomie du pied des patients. Donc il y a certains critères à respecter dans le choix d'une bonne chaussure. Et je tiens à préciser que la qualité de la chaussure n'est pas en relation avec l'importance du prix que va coûter cette chaussure. Il n'y a pas de lien entre le prix de la chaussure et sa qualité.
- Speaker #1
D'accord. Vaut mieux une chaussure, si on hésite entre deux pointures, trop étroite ou trop large ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. Je dirais qu'il vaut mieux être un petit peu plus large que trop étroit parce que les contraintes vont être un peu plus compliquées. Néanmoins, lorsque la chaussure est trop large, elle favorise aussi un étalement et un effondrement du pied et peut contribuer également à terme à son inefficience. Donc restons sur l'adage de trouver la bonne chaussure à son pied, reste la meilleure chose à faire.
- Speaker #1
Alors tu as abordé le sport, notamment je pense à ceux qui courent la course à pied. Alors déjà il y a quelques mots qui reviennent souvent à ma consultation, le fait que les patients qui ont des lombalgies disent « j'ai arrêté de courir pour pas » . On est d'accord que ce n'est pas une contre-indication courir pour la lombalgie, mais qu'elle, à ses patients... ou même tout simplement ces patients qui courent régulièrement, qu'est-ce que tu leur donnes comme conseil dans le choix de leurs chaussures de sport ?
- Speaker #2
Alors, le conseil dans le choix des chaussures de sport doit se faire en fonction... de la pratique. Il y a une différence entre la course sur route et la course nature, les trails ou ces choses qui permettent d'exercer sur des terrains très instables, très variés. Donc avec une chaussure qui va répondre à ces impératifs-là. Encore une fois, il faut une chaussure qui soit parfaitement adaptée à la fois à la morphologie du pied, mais aussi à son fonctionnement. Et là, l'investigation podologique, l'examen clinique podologique dynamique, parfois réalisé sur tapis de course ou des systèmes vidéo, apporte une aide précieuse quant à la bonne... Bon choix de la chaussure. Certains magasins de sport sont également de bons conseils pour apporter un certain nombre d'éléments dans le choix de la chaussure. Mais inévitablement, une mauvaise chaussure va entraver à la fois la performance dans la pratique du sport, mais expose aussi le sportif à des blessures.
- Speaker #1
Pour revenir un petit peu sur le terrain vraiment de la pathologie, quand on s'intéresse à la douleur, il y a quand même des pathologies qui reviennent, donc c'est le diabète, le pied diabétique. J'aimerais bien que tu nous en dises un mot. Et puis, on en parlait juste avant de débuter, c'est le mortum, le fameux névrome de mortum. Peut-être si on pouvait commencer par ça, parce qu'on entend souvent dans nos consultations des patients qui ont des douleurs plantaires, qui nous parlent de ce névrome de Morton, qu'on opère d'ailleurs, je crois. Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
- Speaker #2
Le névrome de Morton, c'est une véritable entité pathologique qui correspond globalement à une tumefaction d'une petite fibre nerveuse située dans l'espace entre les métatarses. un espace qui n'est pas extensible, qui est limité par l'os, qui va être fermé par les structures aponeurotiques et musculaires. Et donc, bien évidemment, quand le nerf présente une tumefaction, à un moment donné, il est un petit peu à l'étroit dans cet espace. Et lorsqu'on rajoute des phénomènes de compression, notamment par le port des chaussures ou par la mise en charge du pied, l'honneur va se manifester par la... l'arrivée de douleurs au niveau du pied. La réponse à ce névrome de Morton est classiquement chirurgicale. Il faut que le chirurgien intervienne pour libérer un petit peu cet espace et enlever ce névrome. Néanmoins, sur le plan clinique, c'est une entité pathologique qui est extrêmement rare et l'on retrouve davantage ce que l'on va appeler un syndrome de Morton, c'est-à-dire un ensemble de signes. et de symptômes cliniques qui font évoquer un névrome de Morton, mais il n'y a pas ce névrome de Morton.
- Speaker #1
Névrome de Morton qu'on peut voir avec quel examen ? Par exemple l'IRM, l'échographie ?
- Speaker #2
Alors, en premier lieu une échographie, et puis une IRM dans un deuxième temps, et si besoin. Mais parfois le chirurgien a des surprises en ouvrant... Le névrome a régressé, voire disparu. C'est toujours difficile et délicat d'opérer en première intention ce névrome.
- Speaker #1
Parce que tu dis entre chaque métatarsin, ça veut dire qu'il peut y en avoir même plusieurs à plusieurs endroits ?
- Speaker #2
Oui. Classiquement, on est plutôt dans le premier ou le deuxième espace, mais en pratique...
- Speaker #1
Donc le gros orteil, c'est ça ?
- Speaker #2
Entre le gros orteil et le deuxième orteil, voire entre le deuxième et le troisième orteil, mais en pratique, on peut avoir la même pathologie. dans les autres espaces.
- Speaker #1
Donc la chirurgie, ce n'est pas forcément le traitement, les semelles aussi ont leur place ?
- Speaker #2
Oui, les semelles vont avoir leur place en modifiant les rapports de charge de l'avant-pied au sol et en apportant un petit peu d'espace. aux fibres nerveuses par des éléments d'appui rétrocapital, c'est-à-dire en arrière des têtes métatarsiennes qui vont permettre d'ouvrir un petit peu ces espaces mécaniquement par le jeu de la semelle, mais aussi de manière plus générale en modifiant les espaces. le pas ou la foulée des patients. Le deuxième critère, c'est bien évidemment la chaussure, et encore une fois, le choix de la chaussure qui va aggraver la situation lorsque la chaussure est un peu trop étroite et mal adaptée, ou au contraire apporter un soulagement avec une chaussure un petit peu plus large et moins... moins contraignante au niveau de cet avant-pied.
- Speaker #1
Et quand on marche pieds nus, c'est bon ça ?
- Speaker #2
Alors quand on marche pieds nus, moi je pense que c'est une bonne chose, parce que naturellement on est fait pour marcher pieds nus, la chaussure est initialement un élément de société, qui nous est imposé par la vie en société, qui a un rôle de protection, bien sûr. qui a aussi un rôle de performance, on le voit au travers des activités sportives, mais en première intention, la marche devrait se faire pieds nus, si on veut respecter un petit peu ces différentes structures.
- Speaker #1
Allons du pied. Il y a peut-être aussi, on n'en a pas parlé, est-ce qu'il y a une indication pour les infiltrations dans le syndrome de Morton ?
- Speaker #2
Oui, il peut y avoir une indication. d'infiltration parce que cette huméfaction peut aussi être d'ordre inflammatoire et l'infiltration peut aider à moduler un peu ce phénomène inflammatoire et puis apporter un soulagement. Tout ça va être une réponse finalement à un faisceau d'arguments et de symptômes cliniques pris de concert entre le podologue, le médecin et éventuellement le... Le chirurgien orthopédiste si besoin.
- Speaker #1
Alors, abordons le diabète, notamment la neuropathie diabétique. C'est quand même vraiment une pathologie du diabétique les problèmes de pieds ?
- Speaker #2
Oui, la principale problématique ponologique du diabète c'est la diminution voire la perte de sensibilité au niveau de la tête. au niveau de la plante du pied. C'est-à-dire que nous sommes face à des patients qui ne sentent plus ce qui se passe sous leurs pieds avec un risque majeur de blessure, soit indirectement par des modifications de pression et donc des zones d'hyperpression qui vont se créer. soit directement par des corps étrangers qui peuvent se situer dans la chaussure ou à même le sol et qui vont blesser le pied du patient sans que celui-ci ne s'en aperçoive. Donc il y a des mesures préventives nécessaires et obligatoires à mettre en place, notamment au travers d'un bilan podologique pris en charge par les organismes sociaux dans le cadre du dépistage et de la prévention de la neuropathie diabétique. de toujours bien vérifier l'intérieur de ses chaussures avant de les enfiler, de vérifier la température de l'eau. Quand on prend un bain, il y a des risques de brûlure, etc. Et puis, là aussi, bien adapter le chaussage pour éviter de créer des zones d'hyperpression et de favoriser la survenue d'un malperfort implantaire où les conséquences peuvent être dramatiques et aller jusqu'à l'amputation parfois.
- Speaker #1
Rappelons en fait que ce défaut de sensibilité, il y a une atteinte des nerfs, ces mêmes nerfs qui sont finalement atteints parce que les petits vaisseaux qui sont autour des nerfs avec la pathologie diabétique sont atteints et donc ils finissent par mourir et donc avec eux la perte de sensibilité.
- Speaker #2
Exactement, donc le problème il est double, j'ai une perte de sensibilité et je ne ressens pas la douleur non plus provoquée par une blessure. Et dans un deuxième temps, la neuropathie diabétique peut être source de douleurs. localisé au niveau du pied ou ailleurs. Donc il faut prendre en considération ce paramètre-là également. Et dans ces contextes, la podologie a un rôle essentiel à jouer, à la fois en matière de prévention, on en a parlé, mais aussi en matière de prise en charge, avec la possibilité de réaliser des semelles dites de décharge, pour justement diminuer les zones d'hyperpression et de faciliter, favoriser la cicatrisation de cette zone. Dans les zones perforées, le tout peut être accompagné par des gestes plus de pédicurie, de soins du mal perforant avec un débridage de plaies et des actions de prévention en lien avec ces plaies.
- Speaker #1
Un dernier conseil pour nos éditeurs qui vivent avec ces douleurs de pied, ou même des membres inférieurs, qu'est-ce qu'on peut leur suggérer ? Bien sûr, j'ai compris quand même, consultez un podologue. Qu'est-ce qui finalement devrait, outre les douleurs, les inciter à... aller voir le podologue ?
- Speaker #2
Bien évidemment, il ne faut jamais sous-estimer une douleur, notamment au niveau des pieds ou des membres inférieurs. Elle peut indiquer un déséquilibre qui peut être corrigé. Et plus l'intervention est précoce, plus la prise en charge sera efficace et facilitée. Il faut s'interroger aussi sur des troubles de posture avec des tensions musculaires qui s'installent et qui deviennent récurrentes. Parfois, le travail sous la plante du pied par l'apport d'une information sensorielle va entraîner une modification de la régulation du tonus musculaire et donc modifier un petit peu le comportement de la personne debout. Finalement, dans notre société, dans nos sociétés modernes... Beaucoup de douleurs ou de pathologies sont liées à la difficulté à se tenir debout et la podologie peut apporter une réponse assez problématique de l'homme debout qui va se mettre en mouvement. Donc le podologue et la podologie prend une place importante dans la prise en charge de l'homme douloureux en mouvement. Je terminerai en disant que nous sommes conçus pour vivre debout, et malheureusement nous sommes dans une société qui nous condamne à vivre assis au travers de nos activités quotidiennes, qu'elles soient scolaires, professionnelles. Donc mettons-nous debout, dans de bonnes conditions, bougeons, et en cas de difficulté, ne pas hésiter précocement à consulter un professionnel du pied et du mouvement, que sont les podologues.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Frédéric Vizeux. C'est vrai que la sédentarité qui souffre sur nos sociétés, elle a aussi tout son lot de douleurs chroniques. Merci, bien sûr, pour cet éclairage, parce que c'est finalement un domaine et une spécialité qu'on connaît mal, la podologie. Merci de nous avoir éclairés sur ce monde des pieds. Merci, Marc, et prenez soin de vos pieds.