- Speaker #0
Salut tout le monde et bienvenue sur ma banque sans filtre pour un nouveau format vidéo pour parler surtout d'un nouveau sujet un thème crucial un thème essentiel le cyber harcèlement et pour cette question qui est une question aujourd'hui prégnante et qui vous parle j'en suis sûr on a deux invités exceptionnels à qui le sujet tient à coeur pour commencer nous avons timothée avec nous bonjour timothée professeur de physique chimie et créateur de contenus sur le web. Et à tes côtés, nous avons le représentant de l'association CVHS63, c'est Alexis. Bonjour Alexis. Comment vous allez tous les deux ? Ça va bien installé ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
C'est à parler de ce sujet avec nous, qui est un sujet quand même fort, qui est un sujet aussi grave, mais on va essayer de décomplexer tout ça et surtout donner énormément de conseils aujourd'hui autour du cyberharcèlement. Je commence avec toi Alexis. L'association CVHS63, c'est une association auvergnate qui a pour but... justement de lutter contre le harcèlement scolaire. Aujourd'hui, si on devait mettre une définition sur le cyberharcèlement, puisque c'est vraiment le sujet du jour, comment on pourrait le qualifier ?
- Speaker #2
Le cyberharcèlement, c'est tout ce qui est le harcèlement, donc sous toutes ses formes, principalement morale, sexuelle ou même scolaire, via l'Internet. Donc également sous plusieurs formes, donc les réseaux, les forums ou encore les jeux vidéo, qui parlent de plus en plus aux jeunes, qui jouent de plus en plus aux jeux vidéo. qui ont des téléphones de plus en plus jeunes, etc.
- Speaker #0
C'est aussi pour cette raison-là que vous avez décidé de monter l'assaut. Avec un petit collectif, vous êtes une trentaine aujourd'hui. C'est parce que vous avez constaté qu'il y avait de plus en plus de cas et qu'il fallait aussi de plus en plus aider ?
- Speaker #2
C'est ça. Et puis, même au sein de l'association, on est plusieurs victimes de harcèlement, donc moi-même. Et c'est une cause qui me tient à cœur et que moi, j'ai envie d'aider les autres les aider à surveiller à vaincre ce harcèlement, ce fléau et à faire baisser les chiffres en sensibilisant et en témoignant mon histoire pour que plus de personnes se reconnaissent et décident d'en parler pour les aider au maximum.
- Speaker #0
Tu parlais de fléau et de chiffres, moi je vais vous en donner un pour commencer. Selon l'OMS, 11% des enfants sont harcelés chaque année à l'école en France. Et je pense que quand on parle de cyberharcèlement, c'est même plus. Donc voilà, les chiffres sont énormes. et c'est bien qu'on en parle et justement qu'on fasse cette vidéo aujourd'hui. Timothée, en tant que créateur de contenu et surtout professeur de physique-chimie, j'imagine que le harcèlement et le cyberharcèlement, ce sont des sujets aujourd'hui qui te parlent et peut-être auxquels tu es confronté, on aura l'occasion d'y revenir. Peut-être toi, ta définition du cyberharcèlement, ou en tout cas ton point de vue sur cette question.
- Speaker #1
Je dirais presque la même chose. Ce que je rajouterais, c'est que le cyberharcèlement, ça concerne tout le monde, même les adultes. pourquoi est-ce que ça a un impact encore plus important chez les jeunes et chez les enfants, les adolescents c'est parce que ça peut avoir un impact psychologique et émotionnel plus important et ça laisse vraiment des traumatismes aujourd'hui on le sait c'est pour ça que c'est très important d'en parler et je suis content d'être là pour ça aujourd'hui un public en pleine construction et quand on se construit et qu'on se fait face à ce qui s'apparente
- Speaker #0
à du traumatisme à une mauvaise expérience aussi c'est compliqué tout
- Speaker #1
tous les adultes aujourd'hui qui ont dû faire face à du harcèlement, du cyberharcèlement le racontent aujourd'hui il y a vraiment un traumatisme, ça reste ça laisse des traces et c'est pour ça que dès qu'on peut agir le plus tôt possible on va éviter tout ça et d'où l'importance d'en parler
- Speaker #0
Vous parliez de vécu Alexis tout à l'heure, tu nous as dit même moi j'en ai été victime comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #2
Moi j'ai été victime d'harcèlement scolaire, pas de cyberharcèlement parce que Heureusement, de ce côté-là, les téléphones, c'était une autre époque. Donc, moi, c'était beaucoup de harcèlement physique. Et comme beaucoup d'autres enfants, on garde le secret, c'est-à-dire qu'on ne veut pas en parler, soit par garder une part de fierté, soit pour ne pas causer de problèmes à nos parents et ne pas les inquiéter surtout. Et en fait, c'est tout le contraire qu'il faut faire, c'est essayer d'entendre parler. pour que la situation se clarifie. Et moi, j'ai fait ce choix de ne pas en parler pour garder ma part de fierté et ne pas causer de problème parce que j'étais un enfant modèle qui ne cause pas de problème, qui était toujours bon à l'école.
- Speaker #0
Il ne fallait pas faire de vagues en fait ?
- Speaker #2
Non, c'est ça. Il ne fallait pas que je cause des inquiétudes à mes parents et à mon entourage pour ne pas que j'ai des ennuis par la suite ou que même eux, ils aient des ennuis par la suite. Mais j'ai toujours pas décidé d'en parler et c'est quand je suis rentré chez moi un jour avec une égratignure à l'arcade qu'ils ont tout de suite compris que...
- Speaker #0
Ses parents !
- Speaker #2
Voilà, que mes parents, que je suis rentré avec l'arcade ouverte, qu'ils ont compris qu'il se passait quelque chose. à l'école et c'est à ce moment-là qu'après quatre ans à se faire harceler, à ne pas en parler, il y a un moment où quand on n'en parle pas, les nerfs prennent le dessus et c'est là qu'on explose. On explose et on est obligé de tout lâcher parce qu'on est démuni. On est démuni et c'est la forme d'un appel à l'aide. Et chose que beaucoup de jeunes ne veulent pas faire, ils ne veulent pas en parler alors que c'est la meilleure solution. Et que si on garde trop le secret, on se détruit à l'intérieur.
- Speaker #0
Pas faire de vagues, mais est-ce qu'il y avait aussi un sentiment de honte qui faisait que tu n'avais pas envie d'en parler ?
- Speaker #2
C'est ça. La honte, pour moi, c'est... Je me dis, en fait, tu n'as pas le droit de créer des problèmes, donc n'en crée pas. N'en crée pas plus. C'est-à-dire que pour moi, je me faisais harceler, mais je ne voulais pas le dire parce que j'avais quand même des amis qui m'aidaient. Après, comme tout autre enfant à cet âge, quand on est en primaire, on a envie de s'amuser. Moi, je faisais le choix de me cacher sous des blousons, sous des cartables pour me protéger au maximum. Et oui, on va dire que c'est une honte. À l'heure actuelle, moi, je me dis que c'est une honte parce que je n'ai pas pu profiter pleinement de mon enfance à pouvoir jouer avec mes amis lors des récréations, à pouvoir profiter pleinement de ma jeunesse.
- Speaker #0
On te l'a volé ? T'as le sentiment qu'on t'a volé ta jeunesse ?
- Speaker #2
Ma jeunesse, oui. D'un certain sens, on me l'a volée. Et je remercie qu'il n'y ait pas eu les réseaux sociaux parce que je pense que ça aurait été pire. Et le téléphone, entre autres, vis-à-vis du cyberharcèlement, etc. parce que ça aurait été vraiment pire. Parce qu'on va dire que le harcèlement, à l'époque, ça s'arrêtait à l'école. Quand on rentrait chez soi, on était...
- Speaker #0
Un peu protégé.
- Speaker #2
On était protégé, on était dans sa bulle. Et maintenant, c'est qu'il ne s'arrête plus.
- Speaker #0
Alors justement, Tim, toi, les écrans et Internet, tu connais bien, tu crées du contenu. Je n'ai pas cité, mais tu es énormément présent sur les réseaux sociaux. Sur TikTok, je crois 1,7 million d'abonnés. 48 000 aussi abonnés sur YouTube. Enfin, voilà, c'est des chiffres assez énormes, donc tu es très exposé. Est-ce que toi, tu as déjà vécu personnellement des cas de harcèlement ? Alors peut-être quand tu étais jeune, mais même aujourd'hui en tant qu'adulte et créateur de contenu sur le web de cyberharcèlement.
- Speaker #1
Alors, je n'ai jamais vraiment été confronté moi-même. au harcèlement, au cyberharcèlement, mais on en voit partout, malheureusement. Et en vrai, comme tu l'as vraiment justement dit, ça existe depuis très longtemps, le harcèlement. Pourquoi est-ce qu'on en parle beaucoup plus aujourd'hui ? Pourquoi on a l'impression que c'est encore plus influé aujourd'hui ? Parce que l'ère des réseaux sociaux fait que, quand ça commence, ça ne s'arrête jamais. Jusqu'au moment où la victime décide d'en parler. C'est vrai que... c'est vraiment quelque chose qui prend beaucoup d'ampleur et c'est vraiment très difficile pour les victimes de le gérer on en voit partout alors oui c'est vrai que sur les réseaux sociaux je reçois beaucoup de messages de jeunes et même de parents qui se rendent compte mais qui ne savent pas comment aborder le problème
- Speaker #0
Mais ils te contactent toi parce que t'es aussi professeur et que t'es en relation avec des élèves ou c'est parce que t'es un peu vu que t'es très suivi et forcément je pense que t'as ce qu'on va appeler peut-être une fanbase, tu es peut-être une figure, pas d'autorité, mais en tout cas une figure, on sait que les jeunes te suivent et que tu as ce public-là et donc que tu peux faire office un peu de la personne qui sort les bons arguments au bon moment.
- Speaker #1
Disons qu'avoir de la visibilité sur les réseaux sociaux, je trouve que c'est aussi l'occasion de partager des valeurs qui, pour moi, sont importantes. Et c'est vrai que je fais souvent des vidéos sur le harcèlement, sur la lutte contre le harcèlement scolaire, le cyberharcèlement, sur l'homophobie, la transphobie, et les gens le savent. Donc c'est vrai qu'ils vont plus facilement, je dirais, m'écrire pour demander des conseils. Et en fait c'est pareil en tant que prof, quand les parents, quand les jeunes vont venir nous en parler, c'est parce qu'il y a une relation de confiance qui s'est mise en place. Je pense que j'ai réussi sur les réseaux sociaux à mettre en place cette relation de confiance avec les personnes qui me suivent. Donc c'est vrai qu'il y en a beaucoup qui m'écrivent sans hésiter. Alors c'est très difficile de pouvoir répondre à tout le monde, mais j'essaye de le faire au maximum.
- Speaker #0
Comment les jeunes t'approchent ? Comment ils abordent la question avec toi ? C'est très frontal ou ils essayent de passer un peu par des subterfuges, des moyens un peu plus subtils pour te faire comprendre qu'ils sont en détresse ?
- Speaker #1
Alors c'est rarement frontal parce que c'est difficile pour eux. d'en parler. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'en tant qu'enseignant, c'est plus difficile qu'on ne le pense de repérer. Un cas de harcèlement parce que, en vrai, on a les élèves une heure, deux heures, trois heures par semaine.
- Speaker #0
Oui, puis t'es prof au lycée, donc c'est des classes de 30 élèves. Oui, 35 élèves.
- Speaker #1
Donc on a notre cours à faire et c'est parfois difficile de se rendre compte, oulala, il y a eu un changement de comportement là. Voilà, c'est quelque chose de difficile. Donc vraiment, en début d'année, moi ce que je dis aux élèves, c'est que c'est entre eux qui peuvent, dans un premier temps, remarquer un cas de harcèlement parce qu'ils sont tout le temps ensemble. Voilà, c'est plus difficile pour les profs. Et souvent, quand ça arrivait, alors je touche du bois, ça ne m'est pas arrivé tant que ça, ou alors ça a été très très vite résolu. Je n'ai pas eu de cas de harcèlement où on a agi trop tard. Souvent, ça va être un ami qui va nous en parler, ou ça va juste être « Monsieur, est-ce que je peux changer de place ? » Alors là, on ouvre le dialogue. Pourquoi ? Voilà pourquoi on se rend compte qu'il y a peut-être quelque chose qui nous a échappé. Ou alors, ça peut aussi être un groupe. La victime toute seule ne va pas oser. Mais avec la force de ses amis, ça va être plus simple pour en discuter à un professeur. Donc, c'est souvent comme ça que ça se passe.
- Speaker #0
Et encore, ce sont des personnes qui sont peut-être déjà entourées, qui ont aussi des groupes d'amis, qui ont peut-être cette force sur laquelle s'asseoir. mais Alexis c'est un peu toi qui interviens avec ton asso dans des collèges, dans des lycées, je pense que tu dois le voir aussi, des jeunes qui sont extrêmement isolés et qui peuvent peut-être pas s'appuyer sur la force du collectif.
- Speaker #2
Ben oui, c'est sûr qu'après, on a tous ses amis, etc. Et même avec ses propres amis, on n'ose pas en parler parce que si c'est du cyber-racialement sur Internet, l'identité de la personne, on peut la connaître ou ne pas la connaître. Et c'est compliqué de... de parler, par exemple, à ses amis d'une personne qu'elle-même ne connaisse pas. Et voilà, c'est quelque chose qui est assez compliqué, même si la meilleure chose, c'est d'en parler. Après, il faut en parler, mais à une personne de confiance, ça peut être n'importe qui. Ça peut être ses parents, ça peut être ses amis, ça peut être l'infirmière, tout le monde.
- Speaker #0
Tout le monde, en tout cas, peut être réceptacle d'écoute. et aussi force d'action parce qu'en fait ce qui est un peu problématique dans ces situations d'harcèlement comme de cyberharcèlement c'est ce qu'on appelle la majorité silencieuse alors que c'est un vrai pouvoir c'est une majorité qui peut agir qui a le pouvoir de faire quelque chose et
- Speaker #1
même avant d'en parler on est tous responsables et c'est ce que j'essaie de dire aux élèves c'est qu'un harcèlement ou un cyberharcèlement pour qu'il ait lieu, il faut qu'il y ait des témoins voilà, si on harcèle quelqu'un mais que tout le monde s'en fout, le harceleur, au bout d'un moment...
- Speaker #0
Il passe à autre chose ?
- Speaker #1
Oui, il passe à autre chose, dans la plupart du temps. Alors que, si ça fait rire d'autres, si d'autres personnes viennent à mettre des commentaires du même style, là, ça va faire continuer le harcèlement et ça va le pousser à continuer davantage. Donc, même avant d'en parler, en fait, on est tous concernés parce qu'on peut tous se dire... Non mais là c'est idiot ce que tu fais en fait ça fait rire personne donc avant ça même on a vraiment tout le monde à sa part de responsabilité
- Speaker #0
Alexis avec CVHS63 donc vous intervenez dans collège, lycée école primaire non peut-être pas ? Si école primaire aussi déjà je pense qu'en fonction des différents publics vous n'abordez pas le sujet de la même manière, vous n'en parlez pas de la même façon quels vont être peut-être un peu les... les moyens ou les premiers mots que vous allez prononcer, les premières choses que vous allez faire quand vous intervenez dans une classe ? Ça va être quoi le premier pas ?
- Speaker #2
Tout d'abord, comme vous l'avez dit, on a une approche différente en fonction du niveau d'études. Par exemple, en primaire, nous, on met en place un escape game pour faire montrer les différentes formes de harcèlement et sous forme de jeu, parce que c'est un public qui a quand même... un peu de mal à se concentrer à long terme. Donc, sous forme de jeu, les élèves de primaire auront plus de facilité à se concentrer et à prendre plaisir justement à aborder ce sujet. Et c'est à partir du vraiment, on a mis la limite CM1, CM2 où on établit le terme du cyberharcèlement parce que les téléphones arrivent généralement à cet âge maintenant. Et c'est là qu'on pose justement cette question de qui a un téléphone portable, etc. C'est là qu'on voit que la majorité, plus de la moitié en ont avec les réseaux sociaux. même si...
- Speaker #0
À 9-10 ans.
- Speaker #2
À 9-10 ans. Moi,
- Speaker #0
j'ai le vieux boomer, mais je trouve que c'est super jeune.
- Speaker #2
C'est super jeune, surtout qu'au niveau des âges, des conditions sur les réseaux sociaux, c'est fixé à 12 ans. Donc, normalement, ces jeunes-là sont censés ne pas avoir les réseaux sociaux pour, d'une part, les protéger, et d'une part, c'est que 12 ans, pourquoi ? Parce que... à... Ils ont fixé à 12 ans l'âge où on est responsable de ses actes, etc. et où on a conscience de ce qu'on fait. Et donc, c'est pour ça qu'après, ça peut être pénalement responsable. Et donc, voilà, c'est que s'il leur arrive quelque chose ou si les auteurs ont l'âge ou pas l'âge, ils sont coupables. Bon, bien sûr, les... Les peines sont différentes en fonction de si l'auteur a moins de 13 ans, a plus de 13 ans, etc.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on ne l'a pas dit, mais on le rappelle quand même, le cyberharcèlement, c'est un délit.
- Speaker #2
Exactement, oui.
- Speaker #0
Ce n'est pas juste une simple infraction, c'est un délit.
- Speaker #2
C'est un délit et les peines sont différentes en fonction de l'âge de l'auteur et de l'âge de la victime. Pour un auteur, par exemple, qui a moins de 13 ans, il y a vraiment des règles qui sont assez spécifiques. Pour un auteur... qui a plus de 13 ans et que la victime a moins de 15 ans, c'est un 18 mois de prison avec 7500 euros d'amende. Et au contraire, pour un auteur qui a plus de 13 ans et que la victime a plus de 15 ans, c'est un an d'emprisonnement et 7500 euros d'amende.
- Speaker #0
Et ça, dans les collèges ou lycées plutôt, tu le dis de manière très frontale ?
- Speaker #2
On le dit très frontal pour vraiment faire voir que les chiffres sont choquants. Et c'est surtout qu'on insiste sur « en fait, c'est vos parents qui vont payer » . Et c'est là que, justement, les visages se disent « en fait, on ne veut pas que nos parents payent, etc. » . Et surtout, quand on aborde aussi la prison, beaucoup d'élèves pensent que les prisons, ça n'existe que pour les élèves, que pour les personnes majeures, que ça n'existe pas les prisons pour enfants. Alors que, bien sûr que si. ça existe et qu'ils sont susceptibles d'y aller s'ils commettent ce délit de cyberharcèlement, voire même de harcèlement scolaire.
- Speaker #0
Tim, même question sur l'approche à adopter. Tu disais tout à l'heure que tu crées du contenu sur les réseaux sociaux. Alors si on va te voir sur les réseaux, tu fais des blagues, tu danses, tu fais beaucoup de choses très good vibes. Justement, quand tu fais ces vidéos autour du cyberharcèlement, du harcèlement scolaire, T'essayes quand même d'avoir une approche un peu plus décomplexée et garder un peu ce personnage-là pour peut-être faire passer ton message sans être dans une gravité totale, où justement, c'est le moment où tes vidéos changent complètement de ton.
- Speaker #1
Ouais, c'est le moment où la vidéo n'est pas très marrante. Et justement, comme c'est du contenu qui n'est pas habituel, les gens s'arrêtent sur ce genre de vidéos. Ils disent « Ah tiens, tu ne me danses pas ! » Voilà, exactement. Non, j'essaye de faire quelque chose de... de plus poignant, pour vraiment donner de l'importance à ce sujet et montrer où ça peut aller si ce n'est pas pris à temps. Donc c'est vraiment... Voilà, je reste sur du contenu très chill, marrant, mais quand il faut aussi dire des choses sérieusement, il faut le dire, et je pense que le harcèlement en fait totalement partie.
- Speaker #0
Et pareil, tu vas utiliser quels mots ? Là, par exemple, Alexis donnait les exemples du délit, des peines d'emprisonnement, des amendes. Toi, tu vas plutôt passer par quels moyens pour évoquer ce sujet ?
- Speaker #1
Ce que j'essaye de mettre en avant surtout, c'est le déni. Le déni ou les œillères. C'est-à-dire que on sait, mais on ne fait rien. Parce que soit on ne sait pas quoi faire, ou peut-être que ça va me causer du tort aussi. Donc en fait, si le harcèlement et le cyberharcèlement sont aussi répandus aujourd'hui, c'est que malheureusement, on sait que ça existe, mais voilà.
- Speaker #0
Donc tu t'adresses à cette fameuse majorité silencieuse qu'on expliquait tout à l'heure.
- Speaker #1
Je pense que c'est important, parce que peut-être que sans le vouloir, on a été nous aussi un jour cette majorité silencieuse, peut-être qu'on savait quelque chose, mais qu'on n'a rien fait. Et c'est jamais trop tard. Donc voilà, si vraiment j'insiste dessus, parce que c'est important, on a tous un rôle à jouer.
- Speaker #0
Moi, avant de venir ici, là je rentre dans un exemple personnel, avant de venir ici, je me suis dit, est-ce que j'ai déjà été dans cette fameuse majorité ? Et en fait, en réfléchissant, ça a même été pire. C'est-à-dire que j'ai pu avoir des mots durs avec des personnes qui étaient mes propres potes.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Être un peu celui qui intègre un groupe, un autre groupe qui finalement me plaisait pas tant que ça et dans lequel je me sentais pas si bien. Mais parce que ça faisait bien à l'époque, quand t'es au collège, de rentrer dans ce groupe parce que c'est les populaires, c'est les plus drôles, les plus beaux. Et en fait, tu te joues un rôle qui est pas du tout le tien. Et tu te rends compte souvent après, malheureusement.
- Speaker #1
Et ça, c'est très vrai à l'adolescence parce que l'adolescence, c'est un gros changement.
- Speaker #0
On est paumé. Au-delà de la puberté,
- Speaker #1
bien sûr. On va passer du... Le plus important pour nous, c'est la famille, quand on est enfant. Et à l'adolescence, le plus important, c'est les relations sociales. Donc on est prêt à faire beaucoup de choses pour être accepté dans un groupe et parfois avoir un comportement qui peut laisser à désirer. Mais c'est vrai que cette volonté absolue de vouloir faire partie d'un groupe peut pousser les ados à faire des choses... Ils peuvent avoir conscience après coup que ce n'est pas forcément bien ce qu'ils ont fait. Mais ça fait un peu partie de l'évolution et le passage à l'adolescence, c'est aussi ça.
- Speaker #0
Est-ce que chacun, avec vos fonctions et vos responsabilités, vous vous adressez directement aux personnes qui harcèlent ? Parce qu'on parle souvent des victimes, on essaie de les protéger, on essaie de faire en sorte qu'elles parlent, qu'elles ne se sentent pas responsables de ce qui se passe. mais est-ce que vous vous adressez aux personnes qui... elles sont des harceleuses et qui, si elles harcèlent, c'est pas pour rien non plus. Alexis ?
- Speaker #2
Oui, moi, du coup, au sein de l'association, quand on a un cas, nous, on accompagne autant les victimes que les auteurs. C'est-à-dire qu'un auteur, comme vous l'avez dit, ne harcèle pas pour rien. C'est-à-dire que soit il a des problèmes intrafamiliales et que, on va dire, l'école, c'est son défouloir. Parce que... Soit il voit l'un de ses parents se faire frapper, etc. et qu'il est renfermé sur soi-même à la maison et qu'à l'école ce sont des fouloirs. Et c'est où que ce soit par rapport à son comportement, comme l'a dit tout à l'heure Timothée, par rapport aux effets de groupe, où justement on va avoir cet aspect d'être dans un groupe et faire des choses qui sont contraires à lui-même. pour justement avoir obligatoirement cette part de fierté, être accepté et baser des relations sociales assez solides. Donc oui, nous, on accompagne autant l'auteur que la victime pour justement raisonner l'un et l'autre. Parce que souvent aussi, c'est que les élèves harcèlent, mais ça ne rend pas forcément compte autant bien les élèves que par exemple les professeurs, notamment en école primaire où... C'est assez minoré dans le sens où ils sont assez jeunes et c'est souvent associé à de la chamaillerie, ils jouent, etc. Alors que quand c'est de l'harcèlement, quand c'est des violences qui sont répétées, la définition est totalement là, c'est du harcèlement.
- Speaker #0
On a dépassé le stade de la chamaillerie.
- Speaker #2
On a dépassé le stade de la chamaillerie et c'est là qu'il faut intervenir et raisonner chacun. toutes les personnes, il faut leur dire là il y a un cas de harcèlement, il faut aller voir la victime, l'auteur, les professeurs de faire un point sur la situation et sur vraiment la définition de base du harcèlement.
- Speaker #0
Et toi Timothée, tu arrives à parler directement avec les harceleurs, à pouvoir agir à ton niveau ?
- Speaker #1
Oui, alors au mois de novembre, chaque année, il y a la journée de lutte contre le harcèlement scolaire et Et... C'est très bien parce que c'est en train vraiment d'arriver maintenant à l'établissement scolaire où on peut consacrer la journée entière à faire des activités de lutte contre le harcèlement scolaire.
- Speaker #0
J'ai l'impression que le sujet est moins tabou aussi aujourd'hui, parce que tu le disais tout à l'heure, beaucoup plus de cas, le cyberharcèlement, tout le monde peut malheureusement en être victime aujourd'hui. Donc j'ai l'impression que les paroles aussi dans l'autre sens se libèrent et que le sujet est un peu plus libéré.
- Speaker #1
Bien sûr, l'école l'a beaucoup plus pris en considération en tout cas. De toute façon, c'est sans appel. On sait très bien les conséquences. Il y a tous les chiffres, on ne peut plus passer à côté. Moi,
- Speaker #0
il y a 20 ans, on ne parlait pas de harcèlement à l'école. Le mot, en tout cas, n'était pas employé.
- Speaker #1
On voit qu'on est dans une transition, parce qu'on dit les choses franchement. Il y a beaucoup de parents aujourd'hui, ou d'enfants, qui pendant longtemps, même encore aujourd'hui, n'ont plus confiance à l'école. Parce qu'ils ont un peu cette pensée que l'école les a mis de côté, l'école n'a pas été là pour eux. J'ai voulu en parler à des profs, mais ils n'ont rien fait. Ça, je le reçois vraiment beaucoup. Et ce qui rend la parole encore plus difficile aujourd'hui, même si les choses changent, et j'en suis très content, on va toujours avoir ce... Les victimes, dans leur tête, vont toujours avoir ce petit côté, mais si je peux en parler à mon prof, il ne fera rien. Ou alors les parents. Non mais moi, quand j'étais élève, ils n'ont jamais été là pour moi. Pourquoi ça change aujourd'hui ? Donc c'est vraiment important de montrer que les choses changent, que le sujet est pris en considération, qu'il y a des choses qui sont mises en place dans l'établissement scolaire, des interventions d'associations aussi, pour vraiment montrer que l'école est aussi là pour repérer ce genre de situation.
- Speaker #0
Et tu as déjà confronté un élève qui harcèle ? T'es déjà arrivé ?
- Speaker #1
J'ai déjà dû faire face à du harcèlement, oui, tout à fait. Donc, comme je l'ai dit, j'ai eu la chance que l'élève soit venu m'en parler rapidement. C'était du cyberharcèlement.
- Speaker #0
L'élève qui a été harcelé ?
- Speaker #1
Qui a été harcelé. D'accord. Et elle avait imprimé les messages qu'elle recevait.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc, elle a eu un courage énorme de faire ça. Elle l'a fait avec une amie à elle. Et donc, on a tout de suite pu en parler à la hiérarchie. Les harceleurs ont été convoqués et le problème a pu être résolu très rapidement. Et tout s'est très bien terminé. Ils se sont excusés. Ils ne pensaient pas que c'était allé si loin, que ça lui avait fait autant de mal. C'est un peu l'effet boule de neige. Parce qu'on envoie un message pas très sympa. C'est bon, elle en a eu qu'un. Mais non, parce qu'en fait, elle en a reçu dix autres avant dans la journée. Mais on n'est pas au courant.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est arrivé à ces harceleurs ? Est-ce qu'ils ont eu des sanctions ? Est-ce qu'il y a eu, je ne sais pas, en tout cas, une punition exemplaire ? Est-ce qu'au contraire, on n'est pas dans la punition, mais on est plus dans le dialogue ? Comment on gère le cas ?
- Speaker #1
Alors, je pense que quand c'est pris comme ça assez tôt, je ne pense pas qu'il faille aller dans la sanction, mais plus dans la pédagogie. Essayer d'ouvrir le dialogue, de faire comprendre pourquoi est-ce que... On arrive au stade du harcèlement et c'est beaucoup plus efficace. Il y a différentes pédagogies qui sont mises en place pour que les harceleurs prennent conscience par eux-mêmes qu'ils sont allés trop loin. Et en vrai, ça marche. C'est vraiment quelque chose de très efficace, bien plus qu'une sanction en réalité.
- Speaker #0
T'en penses quoi, Alexis ?
- Speaker #2
Bah oui, c'est sûr que... Si un cas de harcèlement est pris de plus en plus tôt, il faut aller dans la période pédagogique à parler, à sensibiliser et à montrer que ce qu'il a fait, ce n'est pas bien, etc. Toujours aller dans le raisonnement de la personne.
- Speaker #0
Mais comment on fait concrètement ? Parce que j'ai l'impression que si on dit juste « ce n'est pas bien ce que tu as fait » , ça ne va pas suffire pour qu'il n'y ait pas de récidive.
- Speaker #2
Non, c'est sûr. Il faut aller dans le sens où montrer que la victime a souffert quand même. comprendre pourquoi il a fait ça, savoir l'origine des messages ou du harcèlement en lui-même. Et surtout, après, avoir une pédagogie dans le sens où lui montrer que ce qu'il a fait, il n'y a peut-être pas eu de conséquences directes, peut-être que c'est psychologique envers la victime. Il faut la raisonner et que c'est que s'il continue, il sera pénalement responsable et donc coupable pénalement. Et donc je pense que c'est ça aussi qu'il faut montrer, c'est que c'est les chiffres, c'est les données qu'on a et les peines encourues. Et c'est là que je pense que les auteurs se rendent compte que ce qu'ils font, ça peut être vraiment pénalement responsable et faire un court circuit dans leur tête en disant « Merde, moi je ne veux pas aller en prison, avoir 7500 euros d'amende, etc. » Et c'est là qu'ils voient, en fait, qu'ils se rendent compte de ce qu'ils font.
- Speaker #1
Et on le voit, leur réaction. Quand ils sont convoqués, quand on en parle, on sent. Ça se voit si c'est vraiment... S'il y a un regret de leur part.
- Speaker #0
Généralement, ils arrivent soit tête baissée, soit de manière très fière.
- Speaker #1
Ou même, des fois, vraiment en mode « Non, j'ai jamais harcelé personne. » Mais non mais c'est pas du harcèlement ça. Ou alors il y en a qui peuvent même se mettre à pleurer. vraiment, on se dit bon ok Il n'avait pas conscience de ce qu'il faisait. Donc c'est vrai que la réaction aussi, quand ils sont devant le fait accompli, ça a beaucoup joué aussi sur notre façon d'agir.
- Speaker #0
Alexis, est-ce qu'il y a une histoire qui t'a particulièrement marqué ? Un jeune que tu as pu suivre ? Une situation que tu as dû gérer, notamment avec l'association ? Alors oui, il y a des cas qui sont assez divers. On passe de tout et vraiment d'un cas assez simple à un cas assez compliqué. Bien sûr, au niveau du cyberharcèlement, on n'a pas vraiment encore eu, parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses qui sont mises en place sur les réseaux sociaux, sur Internet, etc. notamment vis-à-vis des réseaux sociaux, on peut maintenant se mettre en compte privé, c'est-à-dire avoir seulement des gens qu'on connaît dans ses amis. On peut signaler des publications, signaler des utilisateurs, etc. Il ne faut surtout pas répondre aux messages qu'on reçoit qui sont haineux, qui sont abusifs, etc. Parce qu'au contraire, ça peut... peut engendrer la situation.
- Speaker #1
Premier conseil, jouer peut-être un peu la carte de l'indifférence.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. Essayer de ne pas répondre parce que sinon la situation va dégénérer et au contraire, ça va être pire après. Et au contraire, aussi, c'est que s'il y a vraiment un cas de cyberharcèlement, il y a des sites qui sont faits, il y a des sites de recensement de dépôts de... de cyberharcèlement qui y sont faits pour. Il y a également le 30-18 qui sont à l'écoute 24h sur 24 et ça, c'est un très gros plus.
- Speaker #1
On va le répéter plusieurs fois ce numéro jusqu'à la fin de cette vidéo et de ce podcast. C'est 30-18, c'est le numéro unique pour les victimes, pour toutes les personnes qui sont victimes de harcèlement. Vous pouvez appeler et être écouté et suivi.
- Speaker #0
Et c'est que surtout, c'est un numéro gratuit. Donc, c'est que chacun peut euh... peut appeler, ça peut être anonyme également.
- Speaker #1
Ça peut être aussi bien les victimes que les témoins.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Surtout que les témoins peuvent être également responsables. C'est-à-dire que si l'auteur harcèle une victime et qu'à côté, il y a des témoins qui filment, qui rigolent, etc., c'est une assistance à personne en danger, donc justement pénalement responsable également. parce qu'ils n'ont rien fait pour... arranger la situation et au contraire aider la victime, au contraire ils encouragent l'auteur à poursuivre ce qu'il fait et donc à continuer la situation de harcèlement sans voir que derrière il y a une victime qui est démunie et qui va va perdre confiance en elle, qui va totalement être à bout psychologiquement et mentalement.
- Speaker #1
Et puis s'il y a des photos, des vidéos, des enregistrements qui ensuite apparaissent sur la toile, enfin ça exacerbe aussi le... Là, on passe pour le coup aussi du harcèlement au cyberharcèlement. C'est ça, exactement. Ça prend une autre dimension.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça prend une autre dimension. On a ouvert 2025 avec une actu qui était assez forte. Et je pense que Tim, en tant que créateur de contenu, tu n'as pas pu rater ça. Un procès, celui d'Ultia, qui est une streameuse, qui justement a fait part de cyberharcèlement dont elle a été victime et qui a décidé d'attaquer en justice les personnes qui l'ont attaqué sur les réseaux sociaux. Est-ce que justement d'avoir des figures comme ça, des figures qui parlent à des jeunes et qui prennent position et qui pour le coup s'engagent et ont vraiment une action concrète vis-à-vis des harceleurs, ça peut changer la donne ?
- Speaker #2
Bien sûr, surtout chez les jeunes. Quand ils suivent un influenceur, c'est un peu comme un modèle. Donc si les créateurs de contenu aujourd'hui prennent la parole sur ce sujet... Si eux-mêmes osent en parler, s'ils sont victimes eux-mêmes du cyberharcèlement, et expliquent ce qu'ils mettent en place pour y faire face, ça va forcément aider les jeunes aussi à le faire. Donc ça, je trouve que c'est vraiment positif.
- Speaker #1
Et sachant qu'on parle aux jeunes, il y a énormément de streamers, d'influenceurs, de créateurs de contenu, de youtubeurs qui sont des victimes de cyberharcèlement, qui en prennent, passez-moi l'expression, mais plein la gueule. Et entre guillemets, vous n'êtes pas tout seul. Donc si toutes les paroles commencent à se libérer... Il y a des chances que les choses aillent un peu mieux. C'est important.
- Speaker #2
C'est pareil chez les adultes. Quand on regarde sur les réseaux sociaux, je trouve que le pire, c'est vraiment sur X, anciennement Twitter, quand on voit un commentaire avec une centaine de commentaires pour redire la même chose, et quand on essaye de s'expliquer et que ça surenchère derrière, l'impact que ça peut avoir sur un adulte, alors imaginez un seul instant l'impact que ça peut avoir sur un enfant ou sur un ado.
- Speaker #1
X, ce n'est pas le meilleur endroit pour débattre. Je préfère le dire. Refermons peut-être cette parenthèse. Alors justement, ce qui m'amène quand même à poser cette question. Je la pose à toi Tim, je peux la poser à Alexis aussi, mais je vais être très naïf. Est-ce que les réseaux sociaux, c'est le diable ? Est-ce que c'est le pire ?
- Speaker #2
Moi, c'est ce que je dis en général. En vrai, tout ce que l'homme a inventé, il y a des points positifs et négatifs. Et les réseaux sociaux, je trouve qu'il y a vraiment énormément de points positifs. J'y serais pas. J'y serais pas. Et ça ne se serait jamais développé autant qu'on... qu'on l'utilise aujourd'hui. Mais il y a des dérives. Et il faut s'en protéger. Il faut s'en protéger, il faut apprendre à vivre avec dans certaines circonstances. Et c'est vrai que quand j'ai commencé les réseaux, j'étais un peu naïf aussi. Je me suis dit, je vais faire des vidéos marrantes.
- Speaker #1
Ça fait combien de temps que tu as démarré tes vidéos ? Ça va faire 5 ans.
- Speaker #2
2019 ?
- Speaker #1
2020.
- Speaker #2
J'ai commencé pendant le confinement. et dès que je recevais un commentaire négatif j'expliquais non mais t'as mal compris, c'est ça que je voulais dire et en fait je voyais que ça servait à rien parce que vraiment quand on essaye de s'expliquer en fait les gens ils ont vraiment une idée et puis ils veulent pas en démordre et au début ça me faisait beaucoup de peine en vrai d'avoir des remarques négatives parce que c'était absolument pas ce que je voulais enfin je voulais faire rire, je voulais apporter la bonne humeur donc je comprenais pas qu'on puisse venir critiquer mes vidéos Merci. Et finalement après j'ai appris à gérer ça, parce qu'en vrai ça met un coup au moral quand ça arrive. Et aujourd'hui je m'en fous.
- Speaker #1
On arrive à s'en détacher ?
- Speaker #2
Ah oui, vraiment. Ça demande du travail sur soi quand même. Et vraiment, je me dis qu'aujourd'hui en fait, je ne peux pas laisser mon moral dépendre de gens que je ne connais pas, et qui ne comptent pas pour moi.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Le jour où mes parents, ou mes meilleurs amis... commenceront à critiquer ce que je fais. Là,
- Speaker #1
peut-être que ça va me toucher.
- Speaker #2
Mais sinon, on n'en finit pas et on termine en hibernation.
- Speaker #1
Moi, je vais vous partager une expérience que j'ai eue il n'y a pas très longtemps parce que je fais des vidéos comme celle-ci avec d'autres personnes pour d'autres projets. Et en fait, on m'a souvent prêté, ce n'est pas un compliment que je me lance, mais on m'a souvent prêté des traits de Leonardo DiCaprio. On m'a dit que physiquement, je ressemblais à un p****. peu de manière lointaine à Leonardo DiCaprio. Et du coup, je fais une vidéo comme celle-ci, qui est postée, je crois, en réel sur TikTok. Et là, il y a juste un commentaire. Il y a plein de commentaires sur la vidéo, sur le sujet trop bien, l'invité génial, etc. Et il y a un commentaire sur moi. L'internaute n'a même pas pris le temps de faire une phrase. Il a juste marqué « Leonardo DiCapri-Gro » . Et là, moi, j'ai vu ça. Et au début, on n'a pas osé me le montrer parce que je n'ai pas TikTok. Et donc, je ne pouvais pas accéder à ce commentaire-là. On ne m'a pas osé me le Je l'ai montré au début, j'ai fait bah... montre-moi ce qu'il en est. Et moi, quand j'ai vu ça, j'ai éclaté de rire. J'ai failli mettre en dessous, mais bravo pour le génie, parce que il fallait la trouver, celle-ci. Mais je m'en suis détaché, parce que si tu commences à prendre tout à ton compte, t'en finis plus. Et dans ce cas-là, tu rentres dans une spirale négative, infernelle. Après, je ne sais pas comment, Alexis, en tout cas, quand on est jeune, c'est peut-être plus compliqué, mais le détachement, c'est aussi peut-être quelque chose à prendre en compte.
- Speaker #0
Quand on est jeune, et comme moi qui ai été victime de harcèlement, c'est sûr que Pardon, recevoir un commentaire. comme toi tu as reçu, moi je vais avoir tendance à prendre le premier degré, c'est-à-dire à le prendre directement au sérieux. Et je vais me dire, ça me blesse énormément, parce qu'étant victime de harcèlement, la confiance en soi est très basse. Et pour la regagner, c'est énormément difficile.
- Speaker #1
C'est qu'elle est basse parce qu'elle a été bousillée ?
- Speaker #0
Elle a été énormément bousillée, et donc on a peur de prendre des décisions, on a peur d'avoir du second degré. Chose que maintenant, aujourd'hui, on doit avoir. Chacun rit, chacun utilise ses propres blagues, etc. qui peuvent parfois être incomprises, mal comprises, etc. Et donc, moi, c'est le problème que j'ai, comme beaucoup d'autres. Mais j'ai envie de dire qu'avec les réseaux sociaux, il y a aussi, on va dire, un peu des sauveurs. C'est-à-dire, comme Tim, beaucoup de personnes me suivent, moi le premier, et ça permet de se reconnaître. en ces personnes, à se dire lui, peut-être qu'il n'a pas vécu indirectement, mais il montre que tout est possible, que tout peut être réparé, à regagner confiance en soi, à voir qu'il y a de l'espoir. Et que voir dans ces vidéos qu'il sourit, qu'il partage le bonheur, etc., inconsciemment, derrière, nous, on se dit qu'on se sent en sécurité avec ce genre de personnes. C'est-à-dire qu'on va petit à petit essayer de regagner confiance en soi, à se dire que la vie est belle, qu'on s'en fout des autres. Et à essayer de se concentrer sur soi-même, ses amis, ses proches, ceux qu'on connaît et les autres, les laisser de côté. Ça, c'est quelque chose qu'il faut que chacun apprenne. C'est de laisser les autres de côté et de concentrer sur soi. Moi, le premier, je veux que je ne prends pas assez soin de moi. Je préfère prendre soin des autres, qu'ils soient bien dans leur peau, etc. Et moi, je passe après. Alors que très clairement, ça doit être l'inverse. On doit se protéger. Le premier, on doit être bien dans sa peau le premier et faut se blinder. C'est ça, faut se donner la capacité d'être bien soi-même. Et c'est quelque chose qui est essentiel. Et je pense que d'un côté, les réseaux sociaux, c'est fait pour ça. C'est d'avoir son petit côté de je regarde les vidéos, je me sens bien. Il y a des personnes qui sont très très bien sur les réseaux sociaux. qui nous amène du réconfort, qui trouve les mots justes, surtout, qui nous encourage dans la vie, qui encourage le fait de prendre plaisir à faire des choses, à faire ses projets, à faire tout. Et c'est ça qui est plutôt bien dans le côté réseaux sociaux. Bien sûr, comme l'a dit Timothée tout à l'heure, il y a du bien,
- Speaker #1
il y a du négatif.
- Speaker #0
C'est jamais tout noir, tout blanc. C'est-à-dire que les réseaux sociaux, le téléphone, en général, C'est très bien du côté social, mais de l'autre côté, c'est à travers un écran, tout est plus facile. On ne connaît pas la personne, je lui ai envoyé un petit message.
- Speaker #1
L'anonymat, ça fait énormément de choses.
- Speaker #0
C'est ça. J'ai envoyé un petit message méchant, c'est pas grave, je ne le connais pas. Jamais il ne pourra me retrouver. C'est toujours plus facile derrière un écran que dans la vie réelle.
- Speaker #1
Tant qu'on parle réseau social, on vous invite bien sûr à laisser vos avis et vos commentaires sous nos vidéos. pour vous exprimer aussi sur le sujet, nous dire ce que vous en pensez. Et puis, si vos messages sont haineux ou méchants, pas de doute qu'il y aura une petite modération dessus. Tout à l'heure, on parlait un peu des enfants, forcément. On parlait un peu des parents aussi. Alexis, est-ce qu'avec CVHS 63, l'association Verniat, qui lutte contre le harcèlement scolaire, on le rappelle, vous accompagnez aussi les parents, vous les éduquez quelque part, notamment sur la question du cyberharcèlement, parce qu'il y a certains parents, j'imagine, qui sont dépassés. face à la puissance et la vitesse des réseaux ?
- Speaker #0
C'est sûr, les parents, quand on fait des interventions, on fait beaucoup d'interventions auprès des parents d'élèves, et donc on aborde également le cyberharcèlement, et c'est là qu'on voit que, on se rend compte que plusieurs parents, ils mettent quand même des restrictions sur les téléphones de leurs enfants, c'est-à-dire un contrôle parental. Et ça, je trouve ça que c'est plutôt pas mal.
- Speaker #1
C'est une bonne première étape en tout cas.
- Speaker #0
C'est une bonne première étape parce qu'ils ont au moins un contrôle sur leurs enfants et à les protéger. Et après, c'est sûr que quand on leur parle des chiffres, quand on leur parle de ce que peut causer le harcèlement et le cyberharcèlement, c'est là qu'ils se rendent compte qu'en fait, bien souvent, ils ne connaissent pas assez le sujet. du harcèlement et du cyberharcèlement. C'est-à-dire qu'il faut revoir les définitions, les différentes formes, les peines encourues, les conséquences, etc. Et pourtant,
- Speaker #1
on arrive de plus en plus dans une époque où les parents ont grandi avec les réseaux sociaux. Ça y est, là, on y arrive.
- Speaker #0
C'est ça. Là,
- Speaker #1
les parents, oui.
- Speaker #0
C'est sûr que, d'un côté, dans leur jeunesse, ils n'avaient pas les téléphones portables et il faut qu'ils évoluent avec leur temps. Et leurs enfants, ce qui est très compliqué à l'heure actuelle, c'est de se dire que les parents n'auront pas envie de restreindre leur enfant et de les blesser. C'est-à-dire que maintenant, les téléphones arrivent de plus en plus jeunes au niveau du CM1, CM2. Si votre enfant va venir vous voir en disant « tous mes amis ont un téléphone, pourquoi pas moi ? » , c'est compliqué de se dire… tous tes amis en ont un, pourquoi pas toi de trouver les mots justes de pourquoi alors qu'il y a des parents qui sont assez, qui restent les pieds sur terre et qui voient justement le côté sombre on va dire des téléphones réseaux sociaux et c'est ça qui montre que chacun fait ce qu'il veut avec leurs enfants, avec eux-mêmes. Et après, bien sûr, je comprends au niveau du collège, tout le monde a un téléphone parce que les parents, ils sont plus rassurés quand leur enfant rentre du collège, etc. Mais c'est assez... C'est blessant de dire à son enfant quand même « T'as pas de téléphone ou t'as pas de réseaux sociaux parce que je te protège en fait. » Et au contraire, l'enfant, il peut avoir aussi...
- Speaker #1
Déjà de l'incompréhension.
- Speaker #0
De l'incompréhension. Et il peut se dire « En fait, je suis pas libre avec vous parce que vous me privez des choses que tout le monde a. »
- Speaker #2
Vous êtes les pires parents du monde.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est ça, exactement.
- Speaker #2
Pression sociale en vrai, pour les parents aussi du coup.
- Speaker #0
Ben oui. C'est ça, c'est très compliqué. C'est très, très compliqué.
- Speaker #1
Alors justement, les parents, tout à l'heure, Tim, tu me disais que d'un côté, il y avait un sentiment un peu de défiance aujourd'hui vis-à-vis des professeurs, mais que tu avais énormément de parents qui t'écrivaient en tant que créateur de contenu. Du coup, toi, c'est bien parce que tu peux te placer un peu sur les deux échelles pour leur parler.
- Speaker #2
Oui, mais c'était aussi l'un de mes objectifs sur les réseaux sociaux. En fait, c'était de montrer que les profs, c'est des humains comme tout le monde. On ne dort pas dans notre salle de classe et on vit la même chose que tout le monde. J'ai vraiment pour vocation que les gens aient confiance à nouveau envers les enseignants. Parce que l'école, c'est quand même quelque chose d'incroyable. On donne nos propres enfants à des gens qu'on ne connaît pas pour faire une partie de leur éducation. C'est quand même fou. Donc il faut avoir confiance en eux, sinon ça ne marche plus.
- Speaker #1
En tout cas, à la base, c'est plus pour leur donner un peu les enfants pour qu'ils fassent une partie de leur instruction. Là, tu as utilisé le mot éducation, ce qui est encore différent de l'instruction.
- Speaker #2
C'est différent. L'instruction, bien sûr, et l'éducation aussi, parce que c'est à l'école qu'on apprend à vivre ensemble quand même. Donc c'est important aussi. Mais en tout cas, pour que ça fonctionne, il faut qu'il y ait la confiance des parents envers l'équipe pédagogique. Donc c'est important, et à travers les réseaux sociaux, j'essaye de montrer ça. Donc, voilà. Mais il y a toujours, si vous voulez, il y a toujours des enseignants vers qui on peut se tourner dans l'établissement scolaire où les parents osent plus facilement se tourner que d'autres. Et le plus important, c'est qu'ils en trouvent au moins un.
- Speaker #1
Et justement, les enseignants aujourd'hui, on l'a un peu touché du doigt tout à l'heure cette question, mais est-ce qu'ils ont suffisamment de possibilités ou de moyens pour créer un environnement sûr et sécurisé en classe ? Pour pouvoir aborder cette question.
- Speaker #2
On essaye. Non, aujourd'hui, pour parler du harcèlement, je vous donne un autre chiffre. 63% des profs pensent ne pas avoir les outils nécessaires pour y faire face.
- Speaker #1
C'est quoi des outils ?
- Speaker #2
Ils savent à quoi faire. Même s'ils sont au courant, même s'ils observent un changement de comportement. même dans la sensibilisation, il y a des profs qui ne se sentent pas capables de faire ça, parce que c'est quand même un sujet grave. Et on peut ne pas forcément être à l'aise pour en parler avec les élèves, ne pas être à l'aise pour faire une activité dessus. Donc là, ça demande une déformation, ça demande... Il y en a aujourd'hui des formations ? Il y a des formations aujourd'hui qui sont proposées aux enseignants. Il y a des nouveaux protocoles qui sont mis en place dans tous les établissements. établissements scolaires pour faire face. Et ce qui est très intéressant dans les nouveaux protocoles aussi, c'est qu'on fait intervenir les élèves. Les élèves aussi sont acteurs de la lutte contre le harcèlement. Et ça, je trouve que c'est très bien parce qu'il y a aussi la barrière de l'âge et de la hiérarchie qui font parfois que les jeunes vont pas forcément oser parler à un prof parce que c'est un prof. Alors que quand on a des référents qui peuvent être nos potes, ça sera peut-être plus simple. Donc les élèves ont aussi totalement leur place pour lutter contre le harcèlement.
- Speaker #1
Les établissements scolaires sont demandeurs ou pas d'avoir des interventions comme les associations, comme CVHS 63 fait, pour venir évoquer des sujets face auxquels ils ne sont peut-être pas suffisamment armés ?
- Speaker #0
Oui, énormément, parce que depuis récemment, il y a le programme FAR, le programme qui a été instauré dans chaque établissement scolaire pour lutter contre le harcèlement scolaire. Et également, il y a des groupes. ambassadeurs lycéens, ambassadeurs collégiens également, qui visent justement à ce que ce soit des élèves qui interviennent dans les différentes classes pour sensibiliser au harcèlement. Donc, ils sont eux-mêmes formés, qui connaissent le sujet, qui peuvent savoir comment remédier à un cas de harcèlement, comment le dénoncer, comment accompagner la victime, comment raisonner l'auteur, etc.
- Speaker #1
Comment on devient ambassadeur ? C'est un vote comme les délégués de classe ? Pas du tout,
- Speaker #0
c'est du volontariat. Moi-même, j'ai été ambassadeur lycéen, donc c'est celui qui veut rentrer dans ce groupe. Il va. On n'oblige personne à y aller. On va dire que c'est un plus parce qu'au contraire, moi, ça m'a aidé. Moi, ça m'a vraiment aidé parce que je suis arrivé en seconde comme une chenille, à être démuni, vraiment démuni. Et quand j'ai entendu parler de ce groupe, ça a été une révélation. Pour moi, je me suis dit que je vais pouvoir aider les autres. Faire voir que même moi ce que j'ai vécu, je ne veux pas que les autres vivent ce que j'ai vécu. Et donc les aider au max. Et petit à petit, à ne pas parler de mon histoire, j'en parlais petit à petit. Maintenant, je n'ai plus de facettes, j'en parle à cœur ouvert. Et c'est vrai qu'à la fin de ma seconde, à la fin de ma terminale, je suis devenu un papillon. Parce que ça m'a permis de me libérer, de prendre la parole. d'avoir de gagner confiance en moi parce que partager son histoire à des gens qu'on connaît pas c'est quand même assez compliqué et ça permet aussi de que des gens se reconnaissent à travers mon histoire de dire bah il a vécu peut-être quelque chose qui est assez similaire à moi et bah j'ai plus allé avoir de facilité à aller me confier à cette personne et à trouver des solutions et c'est vrai que d'avoir une parole de jeune à jeune, c'est percutant. Ils ont plus de facilité à venir nous parler parce qu'on va être plus compréhensibles. Je ne dis pas qu'ils auront peur vis-à-vis des adultes, mais ils seront plus dans la confiance et dans la sérénité. C'est-à-dire qu'ils auront peur d'aller voir un adulte par peur d'être jugé, par peur de ne pas les comprendre ou par toute autre crainte de l'adulte.
- Speaker #1
Oui, parce que là, tout à l'heure, on disait, le professeur, c'est quand même une figure d'autorité. Le professeur, c'est l'adulte dans la classe. Le créateur de contenu, j'ai l'impression que c'est un peu différent. Quand on s'expose sur le web, tout ça, on ne se dit pas, tiens, c'est un adulte qui est en face de moi. Ça peut être mon pote, ça peut être mon confident, ça peut être mon meilleur ami.
- Speaker #2
Exactement. C'est plus facile. Et en vrai, c'est ça qui est bien. C'est que la parole est plus libérée. Donc, il peut aussi y avoir des avantages. Les gens vont venir nous parler plus facilement. Donc non, pour ça, c'est très bien. Oui, c'est mieux qu'être dans une salle de classe.
- Speaker #1
Du coup, tu invites tous les profs de France à faire des TikTok ?
- Speaker #2
Ah ben bien sûr ! Je ne vais pas dire le contraire. Non, mais c'est très bien. Et puis, j'invite même tous les profs à comprendre l'intérêt que ça peut avoir d'être sur les réseaux sociaux aussi. Non, bien sûr, je ne dirai jamais à tous les profs de le faire. Parce qu'on a aussi tous notre façon de faire qui est différente. Et il n'y en a pas une qui est mieux qu'une autre. Il faut juste prendre celle qui nous convient le plus et les réseaux sociaux peuvent en faire partie.
- Speaker #1
On en a très peu parlé. Je pense qu'il y a des réponses évidentes et puis certaines moins. Et c'est ça qui m'intéresse aussi. Quelles sont les conséquences chez les jeunes qui sont victimes de harcèlement ? Des conséquences que chacun, l'un et l'autre, dans vos salles de classe, sur les réseaux, avec les interventions que vous avez pu observer chez les jeunes qui sont victimes de harcèlement ?
- Speaker #0
Il y a énormément de conséquences possibles. que ce soit aussi bien mentalement que physiquement. C'est-à-dire que ça peut être une dépression, ça peut être un décrochage scolaire, donc ne plus vouloir aller en cours, faire l'école à la maison, etc. Des troubles psychologiques et émotionnels. Pour certains, ça peut être aussi de la scarification, parce que c'est notre seul moyen. de se faire du mal parce qu'on arrive soit on n'arrive pas à en parler et c'est le seul moyen de ressentir la douleur et de se dire c'est mon seul échappatoire on se sent blessé donc on se blesse c'est ça exactement après ça peut être un changement de comportement quelqu'un qui change de comportement du jour au lendemain chose qui se voit assez qui se remarque pas trop Ça peut être le changement de notes au sein de l'école, c'est-à-dire qu'un élève qui s'est harcelé, il peut passer d'une très bonne moyenne à une très basse moyenne. Donc là, on va se poser la question. Ou au contraire, ça peut être l'inverse, c'est-à-dire que quelqu'un qui se fait harceler va bosser à fond, trouver son refuge dans les cours et donc avoir une meilleure moyenne. Et c'est là où les professeurs... et ils se rendent pas forcément compte, c'est qu'ils se disent bah il a écouté mes conseils il bosse mieux et donc il a une meilleure moyenne et on voit pas la face cachée en fait et donc voilà alors que Se réfléchir dans les cours, c'est un très bon moyen aussi, parce qu'il se dit, soit c'est ma dernière année, et je vise tout pour avoir mon orientation que je veux, l'école que je veux, etc. Donc il va tout faire pour quitter cette classe, quitter l'établissement,
- Speaker #1
choisir l'université de son choix.
- Speaker #0
Exactement. Et après, malheureusement, dans le pire des cas, c'est le suicide, avec les incitations au suicide, que ce soit... en direct ou par message. Donc, on essaye d'éviter au max. C'est pour ça qu'il faut en parler le plus tôt possible pour éviter d'en arriver là. Parce que c'est quelque chose qui est de plus en plus récurrent. Et sur les réseaux sociaux et même sur Internet, on en voit de plus en plus des jeunes qui se suicident à cause du harcèlement scolaire et du cyberharcèlement.
- Speaker #1
Je ne sais pas si tu as d'autres arguments ou d'autres conséquences à rajouter, Tim. Alexis a déjà été complet.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il a été complet. Moi, je trouve que ça fait aussi partie d'une des dérives des réseaux sociaux. C'est qu'une victime qui tombe sur une vidéo sur les réseaux sociaux pour parler de scarification, de suicide par exemple, il a de fortes chances de tomber. sur beaucoup de ce genre de vidéos avec l'algorithme. Et ça, ça a été dénoncé par les parents récemment, qu'en fait, l'algorithme, parfois, pouvait pousser, finalement, les jeunes à l'acte parce que leur fil d'actualité, il n'y a que ça. Et ça, c'est un peu une dérive. Alors, il y a des choses qui ont été modifiées dans les algorithmes, justement, pour y faire face et faire attention à ces cas particuliers qui peuvent être dramatiques.
- Speaker #1
Moi, je suis sûr que dans mon algorithme, là, je vais avoir plein de vidéos de physique-chimie ces prochains jours après avoir préparé cette interview. Mais ça,
- Speaker #2
c'est bien, ça.
- Speaker #1
Ça, c'est bien. Alexis, tout à l'heure, en introduction, pour présenter CVHS 63, tu parlais de jeux, et notamment de jeux vidéo. Comment on peut utiliser à la fois le jeu, le jeu vidéo qui sont aujourd'hui dans le quotidien des jeunes, on ne passe pas à côté aujourd'hui, pour sensibiliser, pour pouvoir faire de la prévention autour du harcèlement ?
- Speaker #0
Après, au niveau des jeux vidéo, c'est assez compliqué de faire un jeu vidéo basé sur le harcèlement, etc. Après, bien sûr, dans tout jeu vidéo, il y a les conditions où on les accepte, souvent sans les lire, bien sûr, parce qu'on a la flemme. Mais dans chaque condition, c'est marqué que si on est victime de harcèlement, de cyberharcèlement. on peut le dénoncer, etc., on peut signaler. Après, les jeux vidéo, comme les réseaux sociaux, il y a du bien, il y a du contre. Forcément, ça crée des liens. On ne peut pas le cacher, ça crée des liens, on prend du plaisir, c'est notre échappatoire. Mais derrière, il y a tout ce qui est les jeux en ligne, où on peut tomber sur n'importe qui. On peut faire des jeux en vocaux, donc pareil, tomber sur n'importe qui. tomber sur quelqu'un qui a venu nous insulter parce qu'on a fait quelque chose qui ne lui convenait pas ou autre. Et donc là, c'est la phase comme tout. Il y a une phase sombre à tout.
- Speaker #1
Et puis c'est en fonction des jeux. Il y a certaines communautés qui sont de véritables safe places, où tout se passe très bien, c'est très sain. Et il y a d'autres jeux, on ne va pas citer de noms, mais où les communautés sont un peu plus toxiques. Ça dépend du jeu aussi.
- Speaker #2
Et le théâtre, c'est bien aussi, pour lutter contre le harcèlement.
- Speaker #1
Justement j'allais y venir parce que toi depuis peu alors on le rappelle tu crées du contenu sur tes comptes Team THC sur les réseaux sociaux mais tu t'es lancé en seule en scène ça y est tu as monté ton spectacle d'humour depuis 2024 est-ce que c'est justement un spectacle dans lequel tu abordes ces questions ?
- Speaker #2
Oui bien sûr, ça me paraissait évident, c'est vraiment je voulais que ça soit un spectacle qui me ressemble aussi et c'est une occasion supplémentaire pour en parler donc c'est important
- Speaker #1
Et on peut en parler avec humour ?
- Speaker #2
On peut en parler avec humour, bien sûr. On peut en parler avec humour, et c'est ce que je fais sur scène. C'est un spectacle d'humour, mais avec des sujets importants. Et je pense que ça fait réfléchir aussi. Et c'est ça qui est bien avec l'humour, c'est qu'on est capable de faire passer plein de messages, même des messages sérieux.
- Speaker #1
Ça passe mieux peut-être qu'en parler avec gravité. Alors je pense que des fois, avoir de la gravité et poser les choses, ça a du bon. Mais est-ce que justement, le humour permet d'extérioriser ?
- Speaker #2
Oui, c'est bien de le faire différemment.
- Speaker #0
Et quand les gens viennent voir un spectacle d'humour, ils n'ont pas envie de ressortir en pleurant. Ou alors en pleurant de rire. Mais sinon, c'est aussi bien de le faire avec humour. Mais même avec les élèves, justement, pendant cette journée au mois de novembre de lutte contre le harcèlement scolaire, je fais du théâtre avec les élèves. Et en fait, je les mets en situation. Ça veut dire que je leur donne des rôles de harceleurs, de harcelés. Ils font un petit sketch. Et puis après, on fait un débat. Alors, est-ce que c'est du harcèlement ? Qu'est-ce qui se passe ? À quel moment ça drape ? Et les élèves prennent vraiment conscience, à ce moment-là, de certaines situations qu'eux ont peut-être déjà vécues, en tant que victime, en tant que témoin, ou même en se disant « Ah mais attends, j'ai fait ça la semaine dernière, j'aurais peut-être pas dû. » Donc en fait, ça les fait réfléchir, soit consciemment ou inconsciemment, soit ils nous le disent, soit ils ne nous le disent pas. C'est ce que je me dis à chaque fois dans ce genre d'intervention. Moi, j'ai planté ma petite graine. Un jour, un jour, ça va pousser.
- Speaker #1
Mais juste le fait de se mettre dans la peau d'eux. C'est vraiment de jouer ce rôle-là et de se dire « Ok, là, je comprends mieux le point de vue de l'autre. » Ou « J'ai mis un mot sur moi, ce que je fais. » Exactement. Peut-être qui je suis.
- Speaker #0
Je l'ai fait il y a trois ans pour la première fois. Je me suis dit « Bon, je vais essayer. » Je n'étais pas très sûr. comment je vais gérer ça en classe Donc je les prends en demi-groupe. Et ça a très bien marché. Du moins, très bien. J'ai réussi l'année d'après. C'était super. Et je me suis dit, il faut vraiment que je le fasse chaque année. Parce qu'en fait, c'est vraiment très, très bien. Et les élèves sont très impliqués dans l'activité. Donc c'est vraiment intéressant.
- Speaker #1
Tu n'as jamais eu de cas d'élèves qui, justement, t'ont dit, non, je ne veux pas le faire pour x ou y raison, mais peut-être parce qu'ils se sentaient déjà concernés et qu'ils avaient peur peut-être d'être confrontés à une réalité ?
- Speaker #0
C'est vrai que ça n'a pas arrivé. j'ai jamais eu d'élèves qui ont refusé de le faire après bon dans un travail de groupe il y en a toujours qui sont plus ou moins investis ouais mais par contre je pense que c'est aussi un outil qui permet d'ouvrir la parole que ce soit à la fin du cours ou plus tard dans l'année moi c'est la question que je pose à Alexis en fait on passe par le jeu c'est
- Speaker #1
un autre type de jeu mais c'est toujours le jeu et j'ai l'impression que jouer jouer à un rôle jouer à quelque chose jouer faire société parce qu'on parle de jeu de société c'est pas pour rien jouer en société, ça permet d'avoir du poids.
- Speaker #0
C'est très efficace, bien sûr.
- Speaker #1
Ça permet d'avoir du poids. On va plus ou moins commencer à arriver sur la fin de cet échange ensemble, et là j'aimerais qu'on passe un petit peu à des conseils pratiques. Chacun, j'aimerais que vous me donniez trois conseils que vous pouvez aujourd'hui donner aux jeunes victimes de harcèlement, ou alors aussi aux jeunes qui sont coupables de harcèlement aujourd'hui. J'aime pas trop ce mot coupable, mais en tout cas responsable. parce qu'il y a peut-être des jeunes qui ne se sentent pas coupables. C'est pour ça que je préfère peut-être le mot responsable. Mais voilà, trois conseils chacun que vous avez envie de donner ici, aujourd'hui, et d'avoir ce poids pour finir d'échanger sur ce sujet. Alexis ?
- Speaker #2
Je pense que le premier conseil pour les victimes, c'est de parler. Parce que c'est la parole qui est encore trop silencieuse. les chiffres en parlent, c'est qu'on peut multiplier le chiffre facilement par 5 voire même plus parce que des gens en parlent pas. Donc en parler à une personne de confiance c'est vraiment la solution clé. Après au niveau du cyber harcèlement, c'est plutôt bloquer les contenus et faire des signalements. Pierre Descartes faire vraiment une dénonciation.
- Speaker #1
Dénonciation, ça veut dire faire un dépôt de plainte en gendarmerie ? Oui,
- Speaker #2
ou signaler les faits de cyberharcèlement. Il y a un site internet du coup en lien avec la gendarmerie, c'est internet-signalement.gouv.fr où justement là, il recensit tous les cas de cyberharcèlement.
- Speaker #1
Et CVHS63, vous bossez aussi avec la gendarmerie ?
- Speaker #2
Oui. On bosse avec la gendarmerie et on est en lien avec le 38 également.
- Speaker #1
Ok, donc ça vous permet d'avoir aussi, déjà de la crédibilité en tant qu'association, mais du poids et des vraies réponses à apporter aux victimes.
- Speaker #2
Exactement. Et après, je dirais le dernier point, c'est d'accompagner les victimes et de raisonner les auteurs. C'est-à-dire de ne pas participer et au contraire, raisonner les deux côtés et l'accompagnement.
- Speaker #1
Comment moi, si je suis demain témoin, que j'ai envie d'aider cette personne, de l'accompagner, je peux réussir à trouver les mots justes ? Parce que j'ai l'impression que parfois, on a envie de parler. Et c'est compliqué d'avoir les bons mots, les bonnes phrases, ou en tout cas, avoir la bonne approche, pour que la victime écoute et prenne conscience. Alors après, c'est peut-être pas le rôle de tous les accompagnants que de faire prendre conscience. Ah, mais comment je trouve les mots justes ?
- Speaker #2
Non, c'est sûr, tout le monde n'a pas la même conscience. Après, pour un témoin, c'est toujours compliqué de trouver les mots justes. Mais il faut montrer qu'on est là pour la victime. Il faut montrer qu'elle n'est pas toute seule. Il faut montrer qu'elle a quelqu'un sur qui se reposer et avoir confiance. Et donc, la mettre à l'aise, surtout. C'est-à-dire dire que tu n'es pas responsable de ce qui t'arrive. Ce n'est pas à cause de toi. C'est ça. Beaucoup d'élèves se disent « je me suis fait harceler » . Non, tu t'es fait harceler. C'est pas la même chose. C'est une petite subtilité. Et en fait, c'est que la victime, elle se dit, c'est de ma faute, en fait. C'est de ma faute si je suis harcelé. Alors que pas du tout. Ça n'a pas été demandé. Et comme on l'a dit précisément, c'est que ça peut arriver à tout le monde. Donc, c'est ça qui est... Il n'y a pas de personne type qui peut être victime.
- Speaker #0
Ne pas être dans le jugement. C'est très important. Inconsciemment, des fois, on le fait. Quand on veut prendre soin de quelqu'un... Alors soit on va être dans le jugement un peu, ou alors on va absolument vouloir trouver des réponses à des questions. Alors qu'en fait, ça marche avec nos amis aussi. Des fois, ils ont juste besoin de se confier. Donc juste la question, comment tu te sens ? Juste ça, ça peut ouvrir le dialogue. Et voilà, c'est souvent des jeunes qui ont besoin de parler, qui ont besoin d'avoir une oreille attentive. donc c'est très important juste de laisser parler écouter.
- Speaker #1
Ouais mais c'est vrai que des fois on a envie de, je parle même pas que de harcèlement mais même à nos amis qui ont besoin de se confier ou quoi que ce soit ou notre famille, on dit ouais mais t'aurais peut-être dû faire comme ça, ah non mais t'aurais pas dû alors que c'est pas ce qu'on a envie d'entendre à cet instant T. Donc ça c'est le premier conseil que tu donnerais, ne pas être dangereux en tout cas ça c'est pour ceux qui accompagnent ou les témoins Exactement,
- Speaker #0
c'est très important je vais être obligé de redire un conseil identique c'est d'oser parler pour les victimes c'est vraiment primordial parce que sans ça c'est pas toujours facile de s'en rendre compte donc vraiment parler à un ami à un proche, à une personne de confiance vraiment, peu importe mais ne restez pas fermés sur vous-même parce que ça ne pourra jamais s'arranger comme ça
- Speaker #1
Moi je me mets à la place peut-être de jeunes qui nous écoutent, qui nous regardent et qui se disent Ils sont bien mignons, oui, mais moi, je ne sais pas comment faire pour en parler. C'est bien de dire oser en parler, mais je ne sais pas à qui me confier. Je ne sais pas comment faire. Je ne sais pas quel mot utiliser. Je ne sais pas par quoi commencer. Je ne sais pas si je dois tout dire. Bref, je ne sais pas. Je ne sais pas s'il y a un bon moyen, en tout cas, pour démarrer la conversation.
- Speaker #0
C'est difficile parce que chaque cas va être différent. En réalité, soit on a, je ne sais pas moi, son meilleur ami à qui on dit tout. Voilà, vraiment, on dit tout. et bien allez, on y va, il est aussi là pour ça, pas que pour partager les bons moments. Si on a une super relation avec ses parents, on peut en parler à ses parents. Si on préfère en parler à un inconnu, il y en a qui sont beaucoup plus à l'aise pour en parler à un inconnu, le 38 il est là pour ça aussi. Non, je n'ose pas du tout en parler à mon entourage, mais par contre, si j'avais quelqu'un que je ne connais pas, lui au moins je suis sûr qu'il ne me jugera pas.
- Speaker #1
Qui est derrière le combiné qu'on appelle le 30-18 ? C'est qui qu'on a au téléphone ?
- Speaker #0
Alors, il y a des standardistes qui vont nous rediriger. Et après, on peut être amené à parler avec un psychologue, des psychiatres aussi. Tout dépend de la raison pour laquelle on appelle.
- Speaker #1
Donc là, oser en parler, ne pas être dans le jugement. Et le troisième conseil ?
- Speaker #0
Et le troisième conseil, j'ai envie de le donner aux parents. Oui,
- Speaker #1
important.
- Speaker #0
J'ai envie de le donner aux parents parce que... c'est les premiers qui pourront le plus facilement observer un changement de comportement chez leurs enfants. Le moindre signe, mieux vaut trop s'inquiéter que pas du tout. Et un outil qu'ils ont à leur disposition, c'est l'école. Donc vraiment, j'invite tous les parents à vraiment être investis dans... dans la scolarité de leur enfant. C'est très important. J'entends beaucoup de parents dire « Non, mais Pou, il a des bonnes notes, tout se passe bien, je le laisse faire. » C'est très bien si tout se passe bien, mais ça n'empêche pas d'être investi malgré tout. C'est comme ça aussi qu'on pourra intervenir, échanger avec les parents, quand il y a des réunions avec les parents. C'est aussi des moments importants et qui permettent de mettre en place des choses qui pourront nous faire intervenir rapidement.
- Speaker #1
Tu parlais des notes du bulletin scolaire tout à l'heure, Alexis. Est-ce qu'il existe d'autres signes avant-coureurs qui pourraient un peu mettre en alerte les parents ? Je ne sais pas, par exemple, un enfant qui ne raconterait pas ses journées le soir.
- Speaker #0
Voilà, ça c'est un premier signe. Alors, ça peut être difficile en fonction de l'âge, parce que parfois, à trois ans, en maternelle, c'était bien la journée. Ou même à douze ans.
- Speaker #1
Même à douze ans, des fois, on n'a pas envie de tout dire.
- Speaker #0
On n'a pas envie de tout dire. Mais si habituellement, l'enfant le faisait, et que petit à petit, il ne le fait plus du tout, Là, ça peut s'interroger. Comme tu l'as dit tout à l'heure aussi, plus envie d'aller à l'école. Mais vraiment, plus envie du tout. Ah ouais, non mais là, j'ai carrément la boule au ventre. Non mais, j'arrête d'aller à l'école. Tout ça, c'est aussi des signes. L'appétit. L'appétit, bien sûr. Les notes. Tout ça, c'est des signes qui sont importants. L'isolement aussi. C'est bizarre parce que... Tu allais souvent voir tes potes et maintenant tu restes souvent dans ta chambre. J'ai plus envie d'aller au sport,
- Speaker #2
j'ai plus envie de sortir. Tout ça,
- Speaker #0
c'est des signes auxquels il faut être attentif.
- Speaker #2
Quelqu'un, par exemple, qui va écouter beaucoup de musique assis au lit dans sa chambre ou encore quelqu'un qui va se mettre à faire des activités artistiques, à beaucoup dessiner, à beaucoup peindre, etc. Ça va être peut-être pour eux une sorte d'évasion. à se dire, je veux utiliser cet art pour me libérer, etc. Et comme vous l'aviez évoqué tout à l'heure, pour dénoncer le harcèlement, quelque chose qui peut être très courant aussi chez les élèves victimes, c'est l'écriture. L'écriture, s'il ne veut pas en parler, l'écriture, c'est quelque chose qui va beaucoup parler aussi pour l'élève victime, parce qu'il va se dire, la parole, ça ne sort pas. Alors qu'à l'écrit... ça sort, ça vient tout seul et je peux passer par là, ça peut être ma porte de sortie
- Speaker #1
Vous invitez à le faire ?
- Speaker #2
Moi vraiment j'invite à le faire parce que parler ça peut être très compliqué parce qu'on a peur du jugement alors qu'écrire on va dire que on peut déposer soit une lettre n'importe quand, on n'a pas de moment opportun à se dire là j'y vais, là j'y vais pas On y va quand on le sent et qu'on n'est pas obligé de rester face à face avec la personne avec qui on veut en discuter. C'est-à-dire qu'on peut dire « tiens, il faut que tu lis ça, mais je préfère rester dans ma chambre » . Ils préfèrent faire confiance à la personne. et voir après ce qu'il en est.
- Speaker #1
Je me dis qu'écrire, ça peut être aussi la bonne solution pour communiquer avec ses parents. Des fois, on n'a pas envie d'aller à la chose frontalement. Peut-être juste écrivez une lettre, entre guillemets, à vos parents ou un petit mot ou quelque chose comme ça. Et même ça, forcément, après verbaliser, mais déjà, ça peut être la première approche.
- Speaker #0
C'est très efficace.
- Speaker #1
C'est compliqué, il faut passer le cap.
- Speaker #0
On peut l'écrire sans la donner. Juste le fait d'écrire, ça permet aussi d'extérioriser. ça pose des mots,
- Speaker #1
ça permet de mieux comprendre ses sentiments ses émotions, sa colère, sa rancœur ses joies n'hésitez pas à écrire même si vous êtes bien dans votre vie c'est très efficace,
- Speaker #0
c'est un peu l'idée d'un journal intime en réalité un journal intime ça permet aussi de poser des mots sur ses émotions et c'est aussi ce qui nous permet d'évoluer et de grandir petit conseil,
- Speaker #1
les journaux intimes ne sont pas réservés qu'aux filles Si vous êtes un garçon, vous pouvez avoir un journal intime. Non mais parce que ça fait très girly de dire on fait un journal intime. Il n'y a pas de genre pour un journal intime. Tout le monde peut en écrire. Et on vous invite bien sûr à le faire. Tout à l'heure, on parlait des parents. Ça m'a fait penser à une anecdote qui m'est arrivée aussi. Quand j'étais en cinquième, j'étais victime de raquettes. mais sur une journée, heureusement je croise les doigts j'en ai pas eu pendant 4 ans comme t'as pu vivre Alexis de harcèlement ou quoi que ce soit mais sur une journée et je suis rentré le soir et mes parents ont tout de suite compris qu'il y a un truc qui s'était mal passé dans ma journée et en plus ils trouvaient que la personne qui m'avait raquetté c'était un pote à moi quelqu'un avec qui je m'entendais bien mais qui parlait fait de groupe ça s'était passé malheureusement comme ça et mon père a pris le taureau par les cornes et est tout de suite allé voir ses parents pour pouvoir échanger sur le sujet et mettre les choses à plat En nous confrontant, j'y suis allé avec lui et il y avait ses parents, le jeune qui était là aussi. Ma question est, est-ce que c'est la chose à faire ? Est-ce que ça peut être le bon exemple ?
- Speaker #0
Est-ce que ça a été efficace ?
- Speaker #1
Moi, après, il n'y a plus de raquettes de mon côté.
- Speaker #0
Après, comme je disais, chaque situation est différente. Mais c'est vrai que si on remarque tout de suite et qu'on va discuter avec les parents, on agit en... en toute responsabilité.
- Speaker #1
Est-ce qu'il faut agir directement ? Il ne faut pas hésiter, c'est ça ?
- Speaker #0
Plus c'est rapidement, plus c'est tôt, plus ça serait efficace. Alors après, il y a agir, agir.
- Speaker #1
C'est ce que tu disais en fonction des situations.
- Speaker #0
Quoi, il t'a fait ça ? Attends, je vais lui casser la gueule. Non.
- Speaker #1
Il ne faut pas faire justice soi-même non plus.
- Speaker #0
Mais par contre, discuter avec les parents, avec les autres parents, oui, bien sûr. Et puis ça montre aussi... que les parents sont là pour nous. Donc, c'est très rassurant pour l'enfant aussi.
- Speaker #1
Ce n'est pas en mode, oh non, c'est bon, ça va passer.
- Speaker #0
Exactement. On ne s'en passe seul. Ça peut être bénéfique, bien sûr.
- Speaker #1
On ne s'en passe seul. Eh bien, écoutez, je pense qu'on a quand même fait plus ou moins le tour. De toute façon, on peut continuer à vous retrouver sur le terrain, comme CVHS 63, beaucoup d'établissements, école primaire, collège, lycée. Et j'imagine que s'il y a des établissements, peut-être, qui nous regardent ou nous écoutent. qui sont intéressés peuvent vous contacter pour vous intervenir sur l'Auvergne ?
- Speaker #2
Oui, on a même des réseaux sociaux pour nous suivre. Donc c'est VHS63 sur Instagram et Facebook. Et on a aussi des mails. Donc on peut être apte à être contacté, à vous répondre et à intervenir. Parce qu'on va dire que la clé aussi, c'est de se sensibiliser. Et rien de mieux. de parler de ce sujet d'oser en parler surtout et de faire libérer les paroles et puis
- Speaker #1
Timothée on te retrouve sur tes réseaux en plus de ta salle de classe mais bon tout le monde va parler dans ta salle de classe donc du coup tes réseaux c'est timthc on te retrouve sur tiktok sur youtube sur insta j'en oublie j'imagine c'est déjà pas mal et puis sur scène aussi avec ton spectacle où on parle notamment de harcèlement scolaire et cyber harcèlement merci à vous deux pour ces échanges ces échanges enrichissants, n'oubliez pas parler de ces sujets c'est essentiel et on vous redonne ce numéro le 3018 qui est un numéro unique pour toutes les victimes ou témoins de harcèlement et cyber harcèlement, essentiel pour créer un environnement sûr et sécurisé dans la vie et en ligne. On se retrouve très bientôt pour une nouvelle vidéo, n'oubliez pas de vous abonner, de partager sur vos réseaux sociaux et moi je vous dis à la prochaine