- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ma poste diète, le podcast où on donne la parole aux diètes. Je m'appelle Alessia, je suis diète en devenir et je travaille chez Montsuvidiettes, un logiciel pour les diètes. Chaque mois, je pars à la rencontre de diététiciennes et diététiciens passionnés par leur métier pour nous raconter leur histoire et nous partager leurs anecdotes, conseils, difficultés, réussites, questionnements et expériences. Diète en libéral, en hôpital, en clinique, en visio, à temps plein, chacun de mes invités partage ici sa vision de la diète, ses observations, ses coups de gueule, ses épreuves et la réalité du métier. J'espère que ce podcast vous plaira et je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour à tous,
- Speaker #1
je suis ravie de vous retrouver par ici, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on va parler d'un thème qui me tient à cœur. Ce sont les GLP1 et les traitements de l'obésité qui, je trouve, sont vraiment un sujet d'actualité dont on entend souvent parler et où se posent de nombreuses questions. Comment ça fonctionne ? Comment les prendre en charge ? Quels sont les risques ? Quand faut-il arrêter ? Bref, autant de questions qu'on se pose en tant que diète et où on n'a pas souvent le temps d'aller se former, où on ne sait pas vraiment vers quelle source fiable se tourner. C'est là que j'ai eu l'idée de consacrer ce podcast à ce sujet avec... Etienne, qui est le directeur scientifique de chez Aminogram, qui est une société qui commercialise des impédances maîtres connectées. Je pense que certains d'entre vous l'utilisent peut-être déjà ou connaissent déjà peut-être le Biodi Expert. Et pour la petite histoire, en fait, dans mes activités de freelance, je travaille pour cette société en tant que chargée de communication. Et c'est au détour d'un café entre deux pauses avec Etienne, où j'essayais moi-même de comprendre, pour rien vous cacher, le traitement et le fonctionnement des GLP1. que l'idée de ce podcast m'est venue et je me suis dit à Étienne, « Putain, Étienne, est-ce que tu ne voudrais pas qu'on fasse un podcast ensemble comme ça ? » Je pense que ça pourrait aider pas mal de diètes.
- Speaker #0
Donc voilà,
- Speaker #1
j'espère que ce podcast, vous pourrez l'écouter, je ne sais pas, en conduisant, en travaillant ou en cuisinant et qu'il restera accessible dans sa compréhension parce que je voulais vraiment quelque chose de simple, d'accessible, vulgarisé pour vraiment comprendre un petit peu le B.A.B.A. et pour ensuite qu'après vous puissiez étoffer vos connaissances. Voilà, je vous invite donc à découvrir cet échange avec Étienne, qui j'espère vous aidera à mieux comprendre les traitements de l'obésité, et je vous souhaite une bonne écoute.
- Speaker #0
Alors bonjour Étienne, je suis ravie de te recevoir dans cet épisode de Ma Post-Diet.
- Speaker #2
Eh bien merci beaucoup pour l'invitation, c'est un plaisir.
- Speaker #0
Je suis contente que tu aies accepté de parler avec moi de ce sujet d'actualité que sont les traitements contre l'obésité. C'était pour moi important de faire ce podcast parce que je vois vraiment beaucoup de diètes qui se questionnent sur qu'est-ce que c'est exactement, quel est son rôle, comment ça fonctionne. Et je voulais vraiment, dans ce podcast, apporter ton expertise et ton savoir aussi, le fait que tu arrives facilement à vulgariser pour permettre à chacun et chacune de vraiment venir. comprendre les traitements de l'obésité et leurs enjeux. Pour commencer un petit peu ce podcast, je voulais juste que tu te présentes un petit peu, Étienne, qu'on puisse brièvement en savoir un petit peu plus sur toi.
- Speaker #2
Alors, moi, je m'appelle Étienne Gouraud. Donc, de formation, je suis chercheur, chercheur plutôt côté, on va dire, activité physique et santé. Aujourd'hui, en fait, je travaille au sein d'une entreprise. qui s'appelle Aminogramme, qui se spécialise dans la fabrication de dispositifs qui vont évaluer la composition corporelle. Donc c'est vrai qu'on va être beaucoup sur les pathologies avec des déséquilibres de la composition corporelle, dont l'obésité. Et en fait, aujourd'hui, on va dire qu'on le voit. Tu parlais des diététiciennes qui ont beaucoup de questions, mais en fait, je vais être franc, ce n'est pas que ces professionnels-là. Il y a aussi des vrais questionnements chez les médecins. Il y a toujours des questionnements chez les chercheurs parce que... eux, c'est aussi leur rôle de répondre à ces questions. Et donc, en fait, il y a vraiment un intérêt aujourd'hui, sur le terrain, au moins de vulgariser cette question et de bien comprendre quels sont les impacts de ces médicaments, en tout cas, sur la santé de manière générale. Mais ça, je vais dire, c'est plutôt les médecins qui vont s'en occuper. Mais en tout cas, sur la partie nutritionnelle, sur le statut nutritionnel des patients, en fait, quels sont les effets sur la masse grasse, la masse musculaire et comment, on va dire, d'un point de vue Merci. Alors on va en parler, mais de l'activité physique, mais tout autant de la nutrition, on va pouvoir au moins bien prendre en charge ces patients, parce que c'est une thérapie qui semble assez intéressante, qui a des avantages et des inconvénients, mais qui est vraiment toute nouvelle. on pense vraiment, on va dire, à inonder le marché.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi. D'ailleurs, pour commencer, ma première question pour un petit peu resituer, c'est comment fonctionnent, justement, en quelques mots, les traitements contre l'obésité ?
- Speaker #2
Là, si on parle de manière générale, en fait, des traitements contre l'obésité, on parle essentiellement, en fait, de molécules qu'on va appeler des analogues du GLP1, même s'il y a d'autres molécules.
- Speaker #0
Voilà, je voulais te dire, en particulier, on peut citer... puisqu'il y en a quand même plusieurs, les analogues du GLP1.
- Speaker #2
Voilà, parce qu'après, aujourd'hui, en fait, notamment sur, on va dire, les traitements médicamenteux contre l'obésité en elle-même, c'est-à-dire l'excès de masse grasse, c'est vraiment aujourd'hui les analogues du GLP1 qui sont les plus présents, même si on commence à voir arriver d'autres molécules qui sont proches ou qui vont venir en combinaison avec ces molécules, dans le sens où, en fait, à la base, les traitements de l'obésité, si on ne traitait pas forcément l'obésité en tant que pathologie en elle-même, ... mais plutôt les complications liées, c'est-à-dire l'hypertension, le diabète, etc. Historiquement, la prise en charge de l'obésité, c'est plutôt une prise en charge par le mode de vie. Donc c'était ça, et qui est parfois compliqué à mettre en place, que ce soit des deux versants activité physique, nutrition. Et en fait, les analogues du GLP1 proposaient, en premier lieu, puis tout le reste, proposaient une alternative, et en fait, comment ? On va dire, pour expliquer rapidement comment ils fonctionnent, en tout cas pour parler de ces analogues-là, il faut définir un peu déjà ce qu'est GLP1. donc GLP1 c'est une molécule que notre corps sécrète de manière naturelle au niveau de l'intestin, ça veut dire glucagon like peptide 1, et en fait on la sécrète surtout au moment où on mange. Et elle va avoir un rôle soit sur l'intestin pour faciliter la digestion, en limitant on va dire les mouvements de l'intestin pour que le bol alimentaire reste, pour lui laisser le temps de digérer, et en fait au niveau central, donc au niveau de notre cerveau, ça va baisser notre sensation de faim. Donc vraiment c'est un signe normal de notre corps pour indiquer que, en fait il faut arrêter de manger. On n'a plus besoin de manger, en fait. Et l'idée des analogues du GLP1, pour rentrer directement un peu dans le vif du sujet, c'est que comme on va augmenter l'effet de cette molécule en donnant des molécules qui vont activer les mêmes endroits, en fait, c'est des patients qui, déjà, vont avoir beaucoup moins faim qu'avant, vont avoir aussi une motilité intestinale qui va être moindre, ce qui fait que, du coup, le bol alimentaire va moins se déplacer et on va avoir encore plus de sensations de satiété. On va moins manger en quantité. et c'est surtout ça l'effet, c'est que En fait, les patients vont avoir un apport calorique qui est moindre. Et donc, à ce moment-là, si on a un apport calorique qui est moindre, s'il y a une prise en charge adaptée, bien sûr, à côté, et ça, on va en reparler de laquelle, et bien, en fait, dans un premier temps, on va avoir surtout, comme le but recherché, c'est une baisse de masse grasse. Donc là, on est vraiment sur cette partie-là, on va dire, plutôt sur le statut nutritionnel. Mais si je vais rentrer un peu aussi plus dans le détail aussi médical, il y a un gros avantage, c'est qu'on voit que ces médicaments, en plus de la perte de poids, et surtout la perte de masse grasse, ils vont en fait avoir une action plutôt bénéfique dans le cas du diabète de type 2 et sur les complications cardiovasculaires.
- Speaker #0
Mais du coup, par rapport à ce que tu disais précédemment, est-ce que ça a un impact sur la glycémie et la digestion en même temps ? Oui, c'est lié, tu me diras, mais...
- Speaker #2
Alors, effectivement, sur la glycémie, on va dire de manière indirecte, dans le sens où ça favorise le métabolisme de l'insuline. En fait... Pour faire un peu l'historique, je pense que beaucoup de gens ont entendu parler de ces médicaments au début, surtout par rapport à ce qui s'est passé aux Etats-Unis avec l'osampic. Et en fait, il faut bien savoir qu'il y a eu un scandale au niveau de l'osampic. C'est que l'osampic, à la base, c'est un médicament qui est adapté aux personnes diabétiques de type 2, justement pour réguler cette glycémie. Et qu'en fait, on s'est rendu compte qu'il y avait aussi des bénéfices au niveau de la perte de poids et que les nouvelles molécules qui... qui sortent ont plutôt une posologie et des dosages qui sont plutôt adaptés à de la perte de poids. Et aussi favoriser le métabolisme de l'insuline. Donc en fait, il y a aussi tout un... On va dire, l'idée, un des avantages de ces médicaments, c'est que ça recrée un environnement physiologique qui va favoriser le bon fonctionnement métabolique. A la fois sur la régulation de la glycémie, mais aussi, on va dire, sur l'apport alimentaire.
- Speaker #0
C'est marrant parce que c'est exactement la question que j'allais te poser. En fait, c'était... comment, justement, Ozempic imite le GLP1 ? Parce que moi, j'avais la sensation que ça imitait le GLP1.
- Speaker #2
Alors, en fait, effectivement, c'est peut-être quelque chose que j'aurais dû préciser avant. Parce qu'en fait, quand on parle d'analogue du GLP1, c'est valable, on va dire, pour la plupart des médicaments qui ont des actions thérapeutiques ou même psychotropes, c'est qu'en général, c'est des molécules dont la structure est très proche de l'hormone. Pour en citer quelques-unes, par exemple, c'est le cémaglutide, le lyraglutide et d'autres molécules qui sont des anélogues du GLP1. En fait, elles n'ont pas une structure identique à cette molécule-là, mais elles ont des... structures très proches. Donc en fait, ce qu'ils vont faire, c'est qu'elles vont pouvoir se fixer sur le récepteur spécifique au GLP1. Et en fait, le fait qu'elles se fixent à ce récepteur pour le tissu, c'est un signal qu'il faut activer. Et pourquoi ? Peut-être expliquer rapidement pourquoi on n'administre pas la molécule. C'est qu'il y a souvent deux raisons. C'est soit en termes de stabilité, de stockage. Parfois, notre molécule, en fait, elle est très difficile soit à produire, soit à stocker. Donc c'est quelque chose de purement... Voilà, c'est bête de payer un médicament très cher pour qu'au final, quand on le prenne, la molécule soit dégradée et il n'y ait plus d'action. Ou alors, parfois, dans certaines molécules, comme notre corps est bien fait, si on fait trop de GLP-1, notre corps a déjà des systèmes qui vont le dégrader pour éviter qu'il y en ait trop. Donc c'est un risque que la molécule soit dégradée avant d'avoir une action thérapeutique. Donc on essaie d'outrepasser ça et d'arriver jusqu'au récepteur. pour recréer le signal en plus grande quantité que le GLP1 seul créerait.
- Speaker #0
Donc quand tu veux dire administrer, c'est-à-dire que pour moi, je rentre dans des questions bateau, parce que je pense qu'on a des auditeurs un peu de tous niveaux, et notamment des BTSI qui n'ont pas toutes les connaissances en anatomie et en biologie. Quand tu dis administrer, c'est-à-dire qu'on n'administre pas la molécule GLP1 en elle-même ?
- Speaker #2
C'est ça. C'est pour ça que c'est un peu un abus de langage de dire les GLP1.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #2
c'est ça que je veux expliquer, c'est qu'on n'administre pas le GLP1 en lui-même. C'est pour ça qu'on parle d'analogue du GLP1. C'est en fait, on administre des molécules qui sont proches d'un point de vue structure, mais qui vont avoir le même effet. En fait, c'est ça l'intérêt, parce qu'à ce moment-là, on va pouvoir augmenter cet effet normal qui ne pourrait pas être fait seulement par une sécrétion naturelle de la molécule GLP1.
- Speaker #0
Donc, une fois qu'on a injecté cet analogue, qu'est-ce qui se passe ? exactement dans le corps. Comment le processus... La dernière fois, on a eu une discussion, donc pour la petite anecdote, on travaille dans les mêmes bureaux. Et la dernière fois, quand on a eu cette discussion sur les GLP1, je crois que tu es la personne qui m'a le mieux expliqué justement le procédé. Est-ce que tu peux me réexpliquer le procédé exact de tout le parcours du GLP1, le processus qu'il effectue sur le corps ?
- Speaker #2
En fait, le GLP1, Si on parle vraiment de la molécule GLP1 en elle-même, c'est une molécule qui est produite localement au niveau de notre intestin. Et sa sécrétion, elle est stimulée par l'arrivée du bol alimentaire dans l'intestin. À ce moment-là, ça veut dire qu'on est en train de manger. Notre intestin, soit il se distend, soit il y a beaucoup de choses qui se passent dans l'intestin au moment de la digestion. Et en fait, certains de ces signaux vont induire la sécrétion de GLP1 par les cellules de l'intestin. soit va y avoir une action locale c'est à dire que votre Le GLP-1, en fait, il va sortir de la cellule de l'intestin, puis il va se fixer sur ces cellules-là directement pour dire localement à ces cellules, en fait, il faut limiter la motilité de l'intestin. En général, ça, c'est ça aussi, souvent, qui peut provoquer parfois des sentiments d'inconfort quand on est stressé intestinaux, c'est le fait que l'intestin, il bouge trop vite et c'est trop compliqué pour la digestion. Après, ce GLP-1 qui est sécrété, il peut aussi passer dans le sang et à ce moment-là, en fait, il va agir comme n'importe quelle hormone. Il va aller à des endroits, notamment, il va se fixer sur les cellules bêta du pancréas qui va gérer ce qui va générer toute l'action pro-hypoglycémiante. Le but, c'est de faire baisser la glycémie via le métabolisme de l'insuline. Et sa principale action, c'est surtout qu'il va remonter au niveau du cerveau, notamment au niveau des centres de régulation de la faim. Alors, par respect pour tous les neurobiologistes qui tomberaient sur ce podcast, je ne vais pas citer la structure parce que j'en suis incapable, ce n'est pas ma formation. Mais en tout cas, c'est sur les centres de régulation de la faim, ce qui fait que ça va créer la sensation. la satiété. En fait, comme d'autres molécules que peut-être nos auditeurs connaissent, par exemple comme la gréline ou des choses comme ça, qui jouent sur les sensations de faim, là, c'est vraiment pareil. Et l'idée, c'est plutôt que ça, c'est vraiment le système naturel. Et en fait, quand on fait l'administration, le but, c'est d'avoir des doses de GLP1, en tout cas, de molécules qui y ressemblent pour induire ces effets-là, mais de manière beaucoup plus importante que si on avait une sécrétion de GLP1 naturelle, en fait, par notre bol alimentaire.
- Speaker #0
Ok. Et donc là... j'ai mon sentiment de satiété qui est finalement augmenté.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Donc là j'ai mon sentiment de satiété qui est augmenté. Si je grossis, je vais être très grossière, attention. Si je grossis la chose, ok j'ai mon sentiment de satiété, c'est merveilleux, j'ai vraiment moins faim, je ressens moins la faim. Ça va être quoi les modifications corporelles qui vont être liées ? Parce qu'une fois que j'ai ce sentiment de satiété, on pourrait se dire, enfin le patient va se dire c'est merveilleux, j'ai perdu poids, j'ai moins faim, c'est trop bien.
- Speaker #2
Effectivement, c'est ça en fait le mécanisme de base surtout en tout cas ce qu'on veut chercher sur la perte de poids c'est de dire bah voilà j'ai un apport alimentaire qui est moindre, et donc du coup, à ce moment-là, je perds du poids. C'est ça qu'on cherche. Le problème, c'est que là, à partir de ce moment-là, on arrive, entre guillemets, dans l'importance de la prise en charge, etc. C'est que perdre du poids en baissant son apport calorique, c'est simple. Moi, c'est ce que je dis souvent en rigolant aux gens, le meilleur des régimes, c'est d'arrêter de manger. En fait, si vous voulez perdre du poids de la manière la plus efficace possible, le plus vite possible, c'est arrêter de manger. par contre il y a de grandes chances que vous perdiez un peu n'importe quoi Ça, on l'a vu, on en parle aussi pour les régimes yo-yo, etc. En fait, aujourd'hui, je sais à qui je parle, on est vraiment dans l'idée, après, à partir de ce moment-là, et c'est là où la prise en charge derrière va devenir importante, c'est que, ok, on arrive à des patients qui vont moins manger. Ils vont moins manger et potentiellement, ils vont moins manger et c'est des patients qui bougent moins aussi. Donc après, oui, ils vont perdre du poids, mais la question qui va être importante, c'est surtout qu'est-ce qu'ils perdent. Est-ce qu'ils vont perdre de la masse grasse et est-ce qu'ils vont perdre de la masse musculaire ? Comme on peut le voir sur des régimes très hypocaloriques, très déséquilibrés. Et c'est là où, en fait, je ne sais pas si on va aborder maintenant ce truc-là, mais c'est là où, on va dire, la prise en charge sur le mode de vie va devenir importante en complément de cette thérapie médicamenteuse.
- Speaker #0
Tu sais un petit peu de ce que tu as pu étudier ? Parce que souvent, j'entends que c'est vraiment, on se concentre sur la masse musculaire, que c'est ce qui est le plus... perdu, en fait, finalement, durant le traitement ?
- Speaker #2
Alors, ça, c'est si on ne fait pas attention, oui. Ça veut dire qu'aujourd'hui, c'est pas majoritaire, mais en fait, dans ce qu'on voit dans la littérature, il y a environ 30 à 40% de la perte de poids liée de la masse musculaire. C'est-à-dire que si, par exemple, une personne perd, grâce à des ayocs du GLP1, 15 kilos, il va perdre environ 6 à 7 kilos de masse musculaire et le reste, ça risque d'être de la masse grasse. Donc, effectivement, ça, c'est si... Là encore, je prends des pertes de poids qui ne sont pas très importantes, mais quand on a des patients qui ont des pertes de poids très importantes, on peut monter jusqu'à 50 à 60% de cette perte de poids. C'est pour ça qu'on va se fixer sur la masse musculaire, parce que c'est là où il y a le plus de risques. Après, pour expliquer pourquoi on dit souvent à des gens qui sont dans la partie diététique-nutrition, il faut maintenir la masse musculaire. Mais peu de gens comprennent pourquoi il faut la maintenir. Et il ne faut pas oublier le rôle principal de notre muscle. qui est de nous faire bouger. Alors, c'est vrai que quand on est, on va dire, léger ou en bonne santé, on n'a pas l'impression que ça peut être limitant. Mais il faut se rendre compte que si moi, par exemple, demain, je mettais à quelqu'un de 60 kg un sac à dos de 15 kg et que je lui demandais de monter des escaliers, il fatiguerait extrêmement vite. Et ça le gênerait énormément dans les activités de la vie de tous les jours. Et donc, en fait, l'idée, c'est que si nos patients atteints d'obésité, qu'on met sous analogue du GLP1, ils perdent beaucoup de masse musculaire. en fait, ils vont être encore plus limités dans leur capacité à effectuer des activités de la vie quotidienne. Et donc, du coup, c'est en plus, ça va créer l'anxiété, la dépression, l'isolement social, enfin, plein, plein, plein, plein de choses à côté, plein de sensations désagréables. Et en fait, ça peut créer une fragilité qu'on va retrouver chez d'autres patients. Et l'idée, c'est vraiment ça. C'est que pourquoi on dit qu'il faut maintenir la masse musculaire ? C'est qu'on veut maintenir la capacité des gens à pouvoir effectuer la vie. les activités de la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Mais c'est parce que la perte de poids est si rapide qu'il y a cet effet-là qui se crée ?
- Speaker #2
Dans l'idée, en fait, c'est beaucoup plus qu'à la fois il y a une perte de poids qui est rapide, mais c'est surtout aussi qu'il y a un apport en protéines qui est en fait insuffisant. De manière générale, c'est ça. En fait, c'est que l'apport en protéines est insuffisant. On est en train de se poser la question de savoir si cette perte de masse musculaire est un effet secondaire des traitements. ou alors un apport en protéines qui est insuffisant. Pour l'instant, tout nous laisse à penser dans la littérature, au niveau des prises en charge et des données qui sortent, que c'est plutôt qu'il y a un apport protéique qui est insuffisant. Oui, il y aura une perte de masse musculaire, mais qui sera plus liée au fait que, comme il y a une perte de poids général, il n'y a pas un besoin d'une masse musculaire si importante. On va dire qu'on va rééquilibrer la masse musculaire au regard du poids. Mais actuellement, on est vraiment sur une idée, un peu comme dans le cas de la chirurgie bariatrique. en fait c'est plutôt qu'on a un apport en protéines qui est totalement insuffisant. Et en fait, ça, c'est quelque chose aussi qu'on oublie un peu, parce que quand on pense réserve, on a tendance à penser aux réserves de glycogène et aux lipides pour les réserves énergétiques. Mais en fait, notre corps a besoin de protéines pour fonctionner. Toutes les molécules qui assurent son fonctionnement sont dans protéines. Et si jamais on ne lui apporte pas suffisamment d'acide aminé pour refaire ces protéines-là, en fait, il va aller chercher dans sa principale réserve, que sont les muscles. Et donc, en fait, on va, pour continuer à assurer le fonctionnement du corps, En fait, le corps va aller chercher les acides aminés là où il en a besoin, là où il peut en avoir plutôt, c'est dans les muscles.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure de la chirurgie bariatrique. J'ai beaucoup de diètes qui se posent la question et qui se disent... D'ailleurs, j'ai un peu les deux échos. J'en ai qui me disent que c'est trop bien parce que c'est moins invasif. J'en ai d'autres qui me disent mais pas du tout, au contraire, au moins l'opération te permet de... Voilà, c'est situé, c'est une opération, tandis que le traitement, parce qu'on va y venir par la suite, des contre-indications et de tout ce que ça enclenche aussi derrière, comme effet secondaire. Mais j'ai aussi le versant de dire non, pas du tout, c'est hyper intrusif, c'est à vie, le traitement est à vie, écouteux, etc.
- Speaker #2
Il y a un réel débat. entre guillemets, aujourd'hui, au sein, on va dire, surtout de la communauté médicale par rapport à ça, parce qu'effectivement, il y a, on va dire, comme toute intervention, que ce soit médicamenteuse ou chirurgicale, elles ont leurs avantages et les inconvénients. Aujourd'hui, il faut se rendre compte que si une chirurgie n'a plus les mêmes, on va dire, les mêmes procédures qu'il y a 15-20 ans, quand vraiment on commençait, c'est des procédures qui sont beaucoup plus sécurisées, avec beaucoup moins d'effets secondaires, etc. Et je pense que c'est surtout ce qui a bien... bien mieux fonctionner. C'est aussi qu'il y a beaucoup de protocoles de préhabilitation où, avant la chirurgie bariatrique, on va préparer le patient d'un point de vue prise en charge nutritionnelle, prise en charge par l'activité physique, au niveau psychologique, en fait, dans une vraie idée qu'on ne va pas laisser le patient seul après son opération. On va faire du suivi, on va continuer à les suivre toute leur vie parce que l'idée, c'est vraiment aussi qu'après l'opération, Il y a un maintien justement de cette modification du mode de vie pour maintenir en tout cas en partie cette perte de poids, parce qu'en fait on voit que les courbes de perte de poids entre les deux interventions sont très très similaires. Aujourd'hui au niveau du GLP-1, effectivement le gros avantage, enfin des analogues du GLP-1, le gros avantage c'est qu'effectivement c'est pas invasif, ça comporte moins de risques qu'une opération, parce que quoi qu'on en dise une opération chirurgicale, ça comporte des risques. Le souci aujourd'hui avec les analogues du GLP1, c'est qu'en termes de prescription, un médecin généraliste peut prescrire des analogues du GLP1. Il n'est pas formé, il n'y a pas les structures pour accompagner efficacement tous ces patients. Il n'y a pas autant un suivi pluridisciplinaire qui va prendre un ou une endocrinologue pour la partie purement médicamenteuse ou plutôt médicale de base, un ou une diététicienne, un ou une APA ou un ou une psychologue, qui a vraiment toute cette prise en charge très englobante. pluridisciplinaire. Et en fait, on arrive vraiment dans cette chose-là où on revient, alors là, c'est mon avis personnel, on revient un peu à la situation du début de la chirurgie bariatrique où on opérait les patients et après, ils partaient dans la nature et on ne savait pas quoi faire. Là, on est un peu dans ce cadre-là qui est un peu compliqué, sauf que comme c'est un traitement médicamenteux, c'est un peu plus simple à gérer qu'une opération. Le souci, c'est que pour l'instant, et là, c'est plus mon avis personnel, c'est un positionnement qui a été publié dans l'American Journal of Clinical Nutrition. sur toutes les sociétés américaines de nutrition, d'APA, d'endocrinologie, etc., sur les analogues du GLP-1, qui pointaient que la principale limite à l'heure actuelle, notamment quand il n'y avait pas toute cette prise en charge par le mode de vie, c'est qu'on maintenait les patients sous le GLP-1, que si on arrêtait le traitement, ils reprenaient du poids, ils reprenaient beaucoup plus, et que la principale sortie du traitement, ce n'était pas tant les effets secondaires, c'était le coût du traitement, parce que c'est un traitement aujourd'hui qui n'est pas remboursé. Et en fait... Pour donner une idée, en tout cas en France, on est aux alentours entre 4000 et 5000 euros l'année de traitement. Donc c'est un coût réellement non négligeable et qu'aujourd'hui, qui n'est pas remboursé en plus, qui n'est pas remboursé par la sécu, et que les mutuelles pour l'instant ont un peu, ne remboursent pas forcément. Donc ça limite son impact. C'est une des principales limites aujourd'hui. S'il n'y a pas de vraie prise en charge à côté, ce qui peut être le cas pour énormément de patients, en fait, ils vont arrêter le traitement, ils vont reprendre parce que de toute façon, en fait, comme... on a créé artificiellement de la satiété et qu'on n'aura pas réappris à bien manger, en fait, ils ont les mêmes habitudes alimentaires, sauf qu'ils mangent un peu moins.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Effectivement, c'est une des plus grosses problématiques. En tout cas, ce que j'entends, et moi, de mon point de vue personnel, c'est qu'effectivement, au moment où ils arrêtent, il n'y a pas d'éducation vraiment nutritionnelle qui s'est faite. Et donc, du coup, finalement, le patient est perdu et retourne en fait dans... dans ses habitudes. Et puis oui, effectivement, le coup, tu fais bien d'en parler. Moi, surtout, ce qui m'inquiète, c'est d'aller à la facilité et finalement, pas avoir un parcours de soins vraiment qui tend vers quelque chose de plus vertueux. Mais avant de... Surtout, avant de parler du prix, moi, ce qui m'interroge, c'est que tu disais qu'il n'y a pas tant d'effets secondaires que ça.
- Speaker #2
En fait, là, c'est plus... Comment dire ? Quand on regarde le nombre d'effets secondaires différents. En fait, ils ne sont pas nombreux. Mais par contre, leur fréquence est très importante. Les principaux effets secondaires des médicaments, c'est essentiellement les nausées, des diarrhées, des problèmes intestinaux. Il me semble que, justement, dans cet article dont je parlais au niveau des Etats-Unis, c'était à peu près 47% des patients qui décrétaient avoir ce type d'effets secondaires. On voit que les effets secondaires les plus fréquents, et c'est là où je vais apporter une nuance aussi, et pour revenir sur justement ce qui s'est passé avec l'osampique, c'est que les effets secondaires les plus fréquents, c'est essentiellement des effets secondaires qui restent au regard de la sécurité du patient, qui restent bénins. Après, pour la qualité de vie du patient, ce n'est pas qu'ils minimisent, parce que je pense qu'avoir des nausées tout le temps, ça ne m'est jamais vraiment arrivé, donc c'est pour ça que je dis je pense, mais ça doit être... extrêmement désagréable, ça doit vraiment impacter. Donc pour l'instant, de ce qu'on voit, c'est que c'est des médicaments plutôt sécurisants, c'est-à-dire qu'ils ne vont pas être dangereux pour la vie du patient, mais il y a des effets secondaires qui restent, on va dire, bénins dans le sens de la dangerosité, mais qui restent assez fréquents. Après, je vais être franc, c'est quand on parle d'un point de vue purement pharmacologique, très souvent, quand on vous prescrit 10 médicaments, dans les 10 médicaments, il y en a 5 ou 6 qui sont là pour vous limiter les effets secondaires des autres médicaments. Ça, c'est vraiment pas pour... pour, on va dire, taper sur les médecins, etc. C'est vraiment quelque chose qu'on apprend en pharmaco, où en fait, à partir du moment où il y a trois médicaments qui sont administrés, on ne peut pas prévoir, etc. Et en général, à partir du moment où ils administrent trois à quatre médicaments pour traiter, en fait, ça crée des effets secondaires et on prescrit d'autres médicaments pour limiter les effets secondaires. Par exemple, avec le GLP-1, de plus en plus, on voit des antinose et eux qui sont prescrits pour limiter les effets secondaires. Donc on se retrouve avec des patients derrière qui doivent prendre énormément de médicaments. Donc c'est pour ça. Mais après là, pourquoi je disais c'est dans un cadre médical, c'est que quand on regarde énormément d'effets secondaires qui sont reportés sur les réseaux, on se rend compte que c'est des gens en fait qui n'ont pas de prescription et qui en fait ont réussi à avoir de l'osampic sur Internet et qui l'ont pris un peu comme ça. Donc sans suivi médical, sans posologie, sans rien. Donc potentiellement, il y a des surdosages. Il y a des gens qui peuvent mal réagir, mais du coup, c'est pour ça qu'il y a un suivi médical. qu'en général aussi, si on doit reparler de la prise en charge médicamenteuse, en fait, on ne donne pas la dose maximale de ces médicaments dès le début, on fait un mois de montée progressive pour le corps. Donc si on prend le début, et après on peut penser aussi qu'il y a des gens sous prescription, en fait, ils prennent plus que les doses qu'on leur a dit. Donc en fait, ce n'est pas pour minimiser, parce que comme tout médicament, il y a des risques, mais en fait, il faut faire attention aussi que parfois il y a des gens, soit ils le prennent hors prescription médicale, comme on pourrait parler de dopage dans certains endroits, etc. Soit c'est des gens qui prennent... qui sont sous prescription médicale, mais qui prennent plus que ce qui leur est prescrit. Comme parfois, il y a des gens, on leur prescrit un Doliprane et ils en prennent trois parce qu'ils considèrent qu'ils ont trop mal.
- Speaker #0
Mais d'ailleurs, c'est quoi ? Est-ce que tu sais justement à quel moment un médecin peut prescrire ce traitement ?
- Speaker #2
Alors, pour l'instant, c'est une info à revérifier parce que c'est vrai que l'AMM change. Moi, la dernière fois que j'ai vu au niveau des AMM, où j'en ai entendu parler, c'était surtout au moment où... les prescriptions, on va dire les changements de mode de vie avaient été testés et n'étaient pas efficaces. C'est-à-dire qu'on arrivait dans une impasse thérapeutique et la seule prise en charge nutritionnelle et par l'activité physique ne suffisait plus. Donc en général et parfois pour des gens qui ne seraient pas éligibles à un parcours de chirurgie bariatrique.
- Speaker #0
Il faut quand même être en obésité, obésité morbide ?
- Speaker #2
Alors il faut quand même être en obésité. C'est-à-dire que dans tous les cas, c'est pour des patients en obésité. C'est-à-dire que si vous êtes en surpoids et que vous voulez faire du GLP1 En fait, vous êtes hors prescription. Et là, potentiellement, on peut... En fait, pourquoi ? Et là, on parlait d'effets secondaires importants. Il peut y avoir des effets secondaires importants parce que les doses utilisées sont des doses qui sont faites pour des personnes en obésité, avec leur poids. Comme on le dit, c'est vraiment un médicament contre l'obésité. C'est un traitement contre l'obésité. Sachant que ça, c'est vrai qu'on n'en a pas parlé avant, mais maintenant, l'obésité est considérée comme une pathologie à part entière.
- Speaker #0
Oui, effectivement. Je dirais que... Aujourd'hui, c'est quoi un petit peu les questionnements qui restent encore autour de ces traitements ? C'est de savoir un petit peu quel va être l'impact. On voit aussi qu'il y a de la pub qui a été faite aux États-Unis par Serena Williams, comme si c'était vraiment le remède miracle. Moi, de mon point de vue, je me dis, mais on n'a tellement pas encore assez de recul. Je n'ai pas la date exacte de la sortie de ce traitement, mais je me dis quand même qu'on a assez de recul pour en prendre. promouvoir la...
- Speaker #2
Alors, il faut bien comprendre qu'au niveau des Etats-Unis, on a une réglementation au niveau médicaments, etc., qui n'est pas du tout la même qu'en France. Il faut comprendre qu'en France, la prescription de médicaments est cadrée par l'autorisation de mise sur le marché, donc l'AMM, qui cadre le type de patient, les conditions, les doses, etc. En France, à voir si on doit prendre des sportives, c'est une grande sportive française, une championne française, qui promeut L'utilisation des analogues du GLP-1 comme ça, déjà, en fait, on ne peut pas faire de pub pour les médicaments sous prescription. Donc déjà, ça, en France, entre guillemets, je pense qu'il faut faire la part des choses entre ce qui se passe aux États-Unis, qui est très spécifique à la situation étatsunienne, et en tout cas, nous, ce qu'on a en France et a fortiori en Europe, où là, on est vraiment dans un cas... médical, de prescriptions médicales. Le risque, c'est plutôt que des médecins, notamment, peut-être qui sont moins formés à ces questions-là, comme les généralistes, fassent des prescriptions à tort ou des prescriptions, on va dire, sur des patients qui seraient peut-être un peu trop insistants pour avoir ce type de médicaments. À ce moment-là, le problème, c'est que ça engage le médecin en tant que médecin. Donc, c'est là la difficulté. Ça, c'est une première chose où il faut se rendre compte qu'on n'est pas dans le même cadre juridique. Après, par rapport au recul, en fait, je pense que c'est un peu comme tout traitement. C'est-à-dire qu'on va être dans une phase qu'on appelle pharmacovigilance, où on regarde un peu, que pour l'instant, on a des données qui, je pense, selon moi, cadrent suffisamment bien pour que ça soit quelque chose qui soit sécurisé. Après, il y a des vraies questions qui se posent, de toute façon, comme on en discutait sur les effets sur la composition corporelle, sur la santé des patients, sur combien de temps, quand est-ce qu'on arrête, est-ce qu'on maintient la vie, est-ce que c'est tenable pour les patients s'il n'y a pas de remboursement ? Ça, c'est des vraies questions qui sont en cours. Et après, pour l'instant, de ce qu'on voit, en tout cas, par rapport à ces questions-là, c'est que quand il y a une prise en charge nutritionnelle et par l'activité physique, je mets vraiment les deux côte à côte, parce que pour moi, c'est complémentaire. On a un maintien de cette masse musculaire, on a vraiment une perte de masse grasse, et que les patients chez qui, après, on va arrêter, parce que le but, c'est vraiment d'un, de faire une induction de perte de masse corporelle, chez les patients, en tout cas, qui en ont perdu suffisamment, En tout cas, on a un maintien du poids. On a un maintien du poids et on recommence à arriver dans un moment où l'environnement physiologique est un peu plus stable. Et en tout cas, c'est des personnes qui, d'un point de vue métabolique et cardiovasculaire, vont être un peu plus sains. Donc l'idée pour l'instant, on est vraiment par rapport à ça. Et au niveau du recul, en fait, il faut imaginer que là, on a vraiment l'autorisation de mise sur le marché. est là, mais on a aujourd'hui une vingtaine d'études qui ont été effectuées, qui montrent les effets, qui montrent à peu près... On a une bonne idée de ce qui se passe. En tout cas, pendant qu'on donne le médicament, pour l'instant, les questions, c'est plutôt la prise en charge à côté.
- Speaker #0
Oui, mais là, le système de remboursement des soins ne va pas être la même, encore une fois. Probablement, je veux dire, s'il doit y avoir une diète, un coach sportif, ou du moins, je pense que c'est toujours pareil. Peut-être que ça rentre dans le parcours de soins en France qui est... pas encore suffisamment armé ou développé pour ça ?
- Speaker #2
Ça, après, au niveau nutritionnel, il me semble que c'est un peu plus simple. Parce que prise en charge d'obésité, ça peut être plus simple. En tout cas, au niveau APA, c'est un poil plus compliqué la prescription parce que théoriquement, on ne peut pas prescrire de l'APA pour ça. On peut potentiellement prescrire des séances au début. Mais l'idéal, en fait, c'est plutôt, si on parle de l'activité physique, un peu le combat, en tout cas, qu'il y a du côté des gens de l'APA, c'est qu'en fait, l'idée, ce n'est pas tant qu'on veut suivre le patient pendant des années, c'est plutôt qu'on veut au moins avoir le patient quelques mois pour bien lui apprendre comment faire de l'activité physique, lui redonner confiance dans ça, et que derrière, en fait, il puisse faire déjà une activité physique qui lui plaît. Je pense que de la même manière que la nutrition, dans l'activité physique, il y a un vrai versant psychologique et de plaisir. plaisir dans l'activité physique qu'il a fait, une activité physique qui soit adaptée aussi à ses contraintes et à sa... on va dire à ses objectifs, et qu'après, en fait, au bout d'un moment, ça soit quelqu'un qui ait pris des habitudes, qui ait suffisamment de connaissances, en fait, pour pouvoir être autonome après dans sa pratique. Ou en tout cas, pouvoir se renseigner par lui-même pour pouvoir après peut-être adapter sa pratique, etc. Donc là, c'est ça qui semble compliqué, mais effectivement, dans le cadre de la... On rentre peut-être dans un autre débat qui est l'inclusivité des personnes en obésité dans l'activité physique et les milieux sportifs, qui reste pour moi la principale limite à l'heure actuelle. Et je comprends tout à fait que quand on est en obésité, on n'a pas envie de mettre la pied dans une salle de sport. Je vais peut-être me faire des ennemis en disant ça, mais il faut se rendre compte que oui, déjà, il y a un truc tout bête. Une personne en obésité ne passe pas les portiques de sécurité dans une salle de sport. Donc si vous voulez qu'elle rentre, il faut déjà avoir... pour qu'elle puisse physiquement rentrer dedans.
- Speaker #0
C'est basic fit, le truc qui tourne.
- Speaker #2
Oui, voilà.
- Speaker #0
Je ne peux pas te dire que ça passe. Je suis d'accord avec toi. Donc effectivement, comme tu disais, je reviens là-dessus parce que c'est ce que j'entends souvent, on ne sait pas vraiment la durée du traitement, jusqu'à quand on doit pouvoir le maintenir, à quel moment on l'arrête. Et surtout, s'il n'y a pas ce parcours de soins-là, je trouve que ça complexifie grandement la prise en charge. Et tu disais aussi, une chose essentielle, c'est que d'après les études que tu as pu voir jusqu'à présent, On l'arrête. et en ayant eu quand même un parcours de soins, il y a un maintien du poids qui a été perdu.
- Speaker #2
C'est ça. En fait, on arrive à peu près aujourd'hui sur des... Si on prend des gens qui n'ont eu aucun suivi à côté de leur prise en charge GLP1, ils reprennent le poids qu'ils ont perdu et souvent, ils en gagnent après. Par contre, ce qu'on voit, c'est que pour les personnes qui ont à côté une prise en charge par l'activité physique et par la nutrition... Alors ça, c'est dans les essais cliniques, donc ça pose des vrais... C'est pour ça que je disais que ça... On est dans un moment de structuration aussi. Il faut se rendre compte qu'on est vraiment dans un moment de structuration du parcours de soins avec ces thérapies. On se rend compte qu'en fait, on a la même... On a les mêmes réponses qu'avec la chirurgie bariatrique, c'est-à-dire qu'il y a une perte rapide et après une légère reprise, mais avec un poids et un maintien qui restent... plus bas que le poids de départ. Comme je disais, on est dans une vraie structuration où aujourd'hui, même dans la communauté médicale, il y a des médecins qui disent, et d'autres professionnels qui disent, non, non, il faut que le GLP-1 soit une vraie, soit juste une induction, la perte de masse grasse, et que derrière, il y a vraiment une prise en charge sur le mode de vie pour limiter l'utilisation de ce médicament, notamment par toutes les limites qu'on a expliquées d'effets secondaires et de coûts pour le patient. D'autres médecins qui sont plutôt sur un discours. L'obésité est une pathologie chronique. Comme toutes les pathologies chroniques, ça c'est un médicament contre l'obésité. Donc comme toutes les pathologies chroniques, on les maintiendra à vie sous ce médicament, si ça doit faire maintenir leur poids bas. Donc pour l'instant, on est dans un réel... Il n'y a pas de réponse précise. Moi, mon avis personnel est plutôt la première, c'est-à-dire que ça doit être une induction de la perte de masse grasse, avec un suivi... Moi, l'activité physique, je comprends tout à fait, mais au moins un suivi nutritionnel, dans un premier temps, pour qu'en fait, il y a des apports qui soient équilibrés, qu'on réapprenne à bien manger, parce que, je vais être franc, c'est peut-être plus intéressant que les patients qui sont sous analogue du GLP1 et un suivi sur leur apport alimentaire, vraiment sur la partie nutritionnelle, et parfois un apport psychologique pour régler des choses aussi, parce qu'on sait que l'obésité, il y a vraiment un versant psychologique fort. Parce qu'en fait, si je prends moi de ma vision plutôt à pas, ça va créer un terreau fertile, entre guillemets, pour que la personne, après, derrière, aille faire l'activité physique spontanément et aille chercher des professionnels de l'activité physique. Donc, à minima, au moins avoir ça.
- Speaker #0
Tu veux dire, en fait, c'est un tremplin, parce que finalement, quand ils vont perdre du poids, ils vont quand même pouvoir un peu plus se déplacer, bouger un peu plus. Voilà. Oui, c'est une transition vers du mieux. Et oui, effectivement, oui. Mais bon, toujours est-il que je pense que dans les années à venir, ce qui va jouer, c'est... Je pense qu'il va y avoir de façon de test différent. C'est ceux qui vont être encadrés, ceux qui ne vont pas l'être. Je pense qu'il y aura effectivement toujours du mieux sur ceux qui vont être encadrés, mais à terme, voire de façon générale, qu'ils fonctionnent le mieux, et pour savoir à quel moment, finalement, l'arrêter dans le parcours de soins. Peut-être. Juste dans le rapport à l'alimentation, peut-être que ce sera surtout ça qui va déterminer la chose.
- Speaker #2
Pour l'instant, de ce qu'on voit dans les études, c'est qu'à partir d'un an de traitement, on a vraiment un plateau. En fait, pour l'instant, on a des études de suivi sur deux ans et à partir d'un an, on a un maintien plateau. Et il y a des gens qui disent qu'au-delà de deux ans, ça ne sert à rien. On pourrait même se dire peut-être qu'on « sécurise » . Après ça, c'est vraiment des débats. On sécurise la perte de poids en mettant par exemple sous un an, au moins un an, et au bout d'un an, en fonction de la personne, de sa psychologie, de choses comme ça, de tout le travail aussi qui est fait peut-être à côté, on baisse le traitement, mais comme on peut le faire pour d'autres choses, pour d'autres traitements, ou on l'arrête pour plutôt continuer sur la partie mode de vie. Ça, c'est des choses qui sont à déterminer, sachant qu'après, si on parle vraiment sur de la partie purement prise en charge, en fait, l'idée, c'est comme la chirurgie bariatrique, ça va être de maintenir la masse musculaire. Donc, déjà, réapprendre à manger, réapprendre un équilibre alimentaire, si on parle côté nutrition, de manière très générale. Surtout, essayer de maximiser l'apport en protéines. On parle souvent de 1,5 g, 1,6 g. par soit 1 kg de masse non grasse par jour, soit 1,6 g par, il me semble, ses poids correspondant à un IMC de 22,5 par jour. Pourquoi ? Parce que si on prend quelqu'un qui fait 120 kg, ça va être difficile de manger plus de 200 g de protéines alors qu'on a des sensations de satiété, etc.
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord avec toi. Et c'est pour ça, d'ailleurs, je fais un petit aparté. Donc, toi, tu travailles chez Amniogramme. Et moi, d'ailleurs, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés, puisque j'ai aussi une casquette chez Obiodi dans la communication. C'est là aussi où joue un peu le rôle de l'impédance maître dans l'accompagnement des pensions. Après,
- Speaker #2
ça, effectivement, c'est l'idée. C'est plus que si on parle, dans ce contexte-là, de bio-impédance maîtrise et d'évaluation de la composition corporelle, c'est plus que c'est un outil qui va permettre le suivi soit pour tous les professionnels de faire le suivi pour contrôler que notre prise en charge fonctionne bien. C'est pour ça que je parle spontanément de kilogramme de masse non grasse, mais c'est ce qu'on voit. C'est pour ça aussi que je parlais pour des gens qui ne seraient pas forcément équipés, parce que le but, ce n'est pas non plus de dire « équipez-vous » , même si ça reste très utile selon moi pour énormément de métiers. surtout si on veut contrôler ce qu'on fait. Mais c'est plutôt l'idée de dire que d'un point de vue nutritionnel, c'est à la fois recréer un équilibre alimentaire pour faciliter la perte de masse grasse, etc., remettre aussi un environnement physiologique et métabolique qui fonctionne bien, par des apports qui soient équilibrés, et aussi surtout maximiser l'apport en protéines pour essayer de maintenir la masse musculaire. Mais dans l'autre sens, pour moi, si je parlais d'activité physique, il faudrait que ça soit aussi complémenté par l'activité physique, soit une activité physique plutôt aérobie. Donc aérobie, c'est plutôt ce qu'on désigne par en endurance. Donc en endurance, plutôt de la marche, course à pied, de façon progressive, course à pied. Si certains veulent natation, même si ça peut être compliqué. Mais voilà où le but, ça va être de encore potentialiser cette perte de masse grasse qui doivent être associées à des exercices de résistance, donc plutôt musculation, musculation, renforcement musculaire, où là le but, ça va être de maintenir la masse musculaire au maximum. Donc vraiment, c'était plutôt pour, dans l'idée, au moins donner les deux grands axes dans lesquels on peut se placer en tant que professionnel par rapport à ça, dans l'idée, pour moi, je vais dire, de maintenir cette masse musculaire et d'essayer de maximiser la perte de masse grasse chez ces patients.
- Speaker #0
Oui, donc tu dirais que c'est un peu les deux choses à retenir, c'est finalement maintenir la masse musculaire, donc en ayant un apport de protéines suffisant, essayer d'avoir... une activité physique, en tout cas les pousser à avoir une activité physique.
- Speaker #2
C'est ça. Pour moi, c'est ça. Et comme on en discutait tout à l'heure, je rajouterais aussi le versant psychologique et tout, parce que je pense que en tout cas, nous deux, on est convaincus. Je pense qu'il y a beaucoup de gens dans l'auditoire qui sont convaincus qu'en fait... Je parlais de versant psychologique, l'adhérence à une prise en charge, qu'elle soit par l'activité physique ou la nutrition, ça passe aussi par soit le plaisir qu'on tire à manger, parce que le repas reste un moment social, et dans l'activité physique, la meilleure activité physique pour nous, c'est l'activité physique qui nous fait plaisir. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin, en fait, pour avoir des bénéfices de l'activité physique, surtout de fréquence dans cette activité. Pour faire rapidement, il vaut mieux s'entraîner trois fois de manière un peu modérée que s'éclater une fois la salle dans la semaine. Pour parler un peu trivialement, c'est ça. Pour moi, ça a plus d'intérêt, par exemple, si vous commencez la course à pied, que vous courez six minutes, vous marchez une minute et vous recourez six minutes et vous faites ça pendant 50 minutes, plutôt que d'essayer de courir en tenant, tenant, tenant et que vous n'ayez couru que 15 minutes. C'est clair.
- Speaker #0
En fait, c'est ça. Alors, petite question de fin. Étienne, est-ce que tu... Il y a un endroit, enfin en tout cas, il y a une ressource où on peut, où les diètes peuvent se référer pour se tenir au courant, justement, un petit peu de l'évolution des traitements de l'obésité.
- Speaker #2
Pour moi, je pense qu'après, si des personnes sont motivées, c'est la littérature scientifique avec PubMed, mais là, c'est vraiment, je parle pour les plus motivés. Sinon, je pense qu'il ne faut pas hésiter à suivre des réseaux comme le réseau Force, qui est un réseau, en fait... Alors, peut-être que certains connaissent plutôt dans le cancer le réseau NACR, mais du coup, le réseau Force, qui est un réseau, en fait, qui regroupe les CSO, les médecins, les professionnels qui vont suivre, des personnes en obésité, donc qui sont là aussi, du coup, pour apporter de la connaissance. Après, je pense qu'aussi, en fait, ça peut être suivre... ce qui peut se passer au niveau de l'HAS, etc. Donc, c'est plutôt suivre les autorités, voilà, potentiellement. Ça va plutôt être ça, mais je pense qu'effectivement, des réseaux comme le Réseau Force, où il y a vraiment beaucoup de gens qui travaillent sur ces questions-là, qui font aussi de la pédagogie, peuvent m'aider pour les personnes qui sont en tout cas anglophones, de ne pas hésiter à suivre aussi ce qui se passe au niveau de la European Association on the Study of Obesity. Donc le ASO. Et alors, je ne sais pas exactement, il me semble, parce qu'ils ont différents noms, mais on va dire la Société Française d'Obésité, donc la Société Française qui va gérer en fait toutes les études sur l'obésité. Voilà. Qui sont qu'elle est la société scientifique qui souvent font aussi des choses sur l'éducation, sur ces questions-là. Voilà. En attendant qu'il y ait des vraies recommandations sur ces questions-là.
- Speaker #0
Oui, je pense que ça sera à terme. En tout cas, merci, Etienne. On peut te retrouver sur LinkedIn en tapant ton nom, Etienne Gouraud, si éventuellement nos auditeurs ont des questions.
- Speaker #2
Et au cas où aussi, on parlait de ressources documentaires, je vais faire un peu de pub dans le cadre de la prise en charge aussi en diététique sur pas mal de pathologies. On organise des webinaires qui sont disponibles gratuitement sur la chaîne YouTube de l'Aminogram Academy. notamment où il y a des choses sur l'obésité, il y a eu des choses sur des suivis chirurgiques, bariatriques, etc. Où là, on se focalise plutôt sur l'évaluation de la composition corporelle. Mais l'idée, c'est justement, ça peut peut-être donner des informations aussi, parce qu'on essaie d'inviter des médecins, des diététiciens nutritionnistes, etc. Donc voilà, pour qu'il y ait des infos sur ces questions. Et parfois, ça peut être soit très composition corporelle, soit aussi, mais aussi vraiment des informations générales. Donc là, nous, on essaie aussi à notre... à notre échelle, d'essayer de vulgariser ces questions et de passer l'information parce qu'on sait que c'est très important aujourd'hui.
- Speaker #0
Super. En tout cas, merci beaucoup, Étienne, et peut-être à une prochaine fois, sur un autre thème ou de nouveau sur le GLP1 quand on en saura plus. Mais voilà, en tout cas, merci pour ta présence.
- Speaker #2
Avec plaisir. En tout cas, merci pour l'invitation, encore une fois. Si ça peut aider des gens, en tout cas, c'est le principal. C'est surtout ça, l'important.