Speaker #0Dans chaque jeu vidéo, tu as croisé des centaines de personnages, ou pire, tu les as tués sans même te poser la moindre question. Ce podcast se pose les questions à ta place. Bonjour à tous et bienvenue dans Ma Vie de PNJ, le podcast qui donne enfin la parole à ceux qu'on a oubliés. Dans chaque épisode, je redonne une voix, une histoire et un prénom aux oubliés des jeux vidéo pour qu'ils puissent enfin prendre leur revanche. Aujourd'hui je vais vous parler de Patricia. Patricia avait 34 ans, architecte d'intérieur célibataire, ses aspirations avoir 50 000 simflouz en banque. Elle était domiciliée dans une jolie maison qu'elle s'était fait construire elle-même dans un quartier résidentiel paisible. Aux pelouses, étrangement parfaites. Pour comprendre Patricia, il faut comprendre le monde dans lequel elle vivait. Un monde en apparence tout à fait normal. Les gens allaient au boulot, les gens faisaient les courses. Ils tombaient amoureux, se mariaient, avaient des enfants. C'était une vie de banlieue ordinaire, avec ses joies et ses petits soucis du quotidien. Sauf que dans ce monde, il y avait quelque chose d'étrange. Quelque chose que personne ne disait à voix haute, mais que tout le monde sentait. Une présence. Une force invisible. Omnipotente, qui semblait tout observer depuis un point situé quelque part dans le ciel. Une force qui parfois prenait le contrôle, qui faisait que vous vous retrouviez soudain à danser dans votre cuisine, sans savoir vraiment pourquoi. Une force qui vous faisait construire un mur au milieu de votre salon sans raison, qui vous faisait acheter du jour au lendemain 63 flamants roses en plastique pour votre jardin. Les habitants appelaient cette force le regard. Personne ne savait d'où venait le regard. Personne ne savait ce qu'il voulait. On savait juste qu'il existait, qu'il était capricieux et qu'il valait mieux ne pas attirer son attention. Patricia, elle, n'avait pas peur du regard. Patricia croyait qu'elle avait une chance, une belle carrière, une jolie maison. Et même, dernier luxe, une piscine qu'elle s'était faite installer dans son jardin pour célébrer sa promotion. Patricia adorait sa piscine. C'était son moment à elle. Tous les soirs après le boulot, elle enfilait son maillot, elle plongeait, elle faisait quelques longueurs. profitait de ce moment. Patricia croyait que la piscine, c'était son havre de paix. Mais Patricia se trompait. C'était un mardi soir, 19h12. Patricia rentre du travail, elle salue son frigo, car oui, elle salue son frigo, c'est une habitude, ne posez pas de questions. Elle parle deux minutes à un voisin qui passait par là, va aux toilettes, se prépare à manger, la routine. Puis elle décide d'aller piquer une tête. Elle enfile son maillot. Elle sort dans le jardin, plonge dans la piscine, commence à faire ses longueurs. C'est à ce moment précis, à ce moment, que le regard s'est posé sur elle. Patricia a senti un picotement dans la nuque. Cette sensation que tous les habitants connaissaient. Une sensation qu'on était observé, qu'on n'était plus tout à fait maître de soi. Elle a essayé de l'ignorer. Elle a continué ses longueurs. Allez, retour, allez, retour. Et puis, au bout de quelques minutes, sans qu'elle ne comprenne pourquoi, elle a vu l'échelle. disparaître. L'échelle de sa propre piscine disparut, plus rien, comme si elle n'avait jamais existé. Patricia a fait le tour de la piscine. Trois, quatre, cinq fois. Une heure, deux heures, trois heures. Elle ne comprenait pas. Elle commençait à fatiguer, à avoir faim, à avoir froid. Au-dessus de sa tête, son humeur, qu'elle sentait comme tous les habitants sentaient la leur, basculait tout doucement. Du calme à l'inquiétude, de l'inquiétude à la panique, de la panique au désespoir. Patricia a hurlé. Elle a appelé à l'aide, elle a fait des grands gestes désespérés vers le ciel, vers ce ciel où elle savait maintenant... qu'il était là. Mais il n'a rien fait. Patricia est morte d'épuisement dans sa propre piscine un mardi soir, sous le regard d'une entité dont elle ne saurait jamais le nom. Plusieurs voisins ont voulu témoigner. Tout d'abord, Henri, son voisin de palier.
Speaker #0Il faut comprendre quelque chose sur le monde de Patricia. Les gens y vivent, ils y construisent des maisons, des familles, des projets. Ils s'aiment, ils croient que leur vie leur appartient. Et la plupart du temps c'est vrai, la plupart du temps seulement. Car le regard n'est jamais loin. Parfois, sans qu'on sache pourquoi, sans qu'on sache quand, le regard se pose sur quelqu'un. Et ce quelqu'un devient pour quelques minutes ou quelques heures le divertissement d'une force qui dépasse toute compréhension. Patricia n'avait rien fait de mal, elle avait bien rangé sa maison, elle payait ses factures, elle nourrissait son chat, disait bonjour à ses voisins, elle voulait juste se baigner. Et un mardi soir, le regard s'est posé sur elle, et le regard a décidé que sa baignade serait sa dernière. Patricia n'a jamais su pourquoi, Patricia n'a jamais su que là-haut, quelque part, on la regardait. Qu'on mangeait peut-être des chips en attendant qu'elle s'épuise, qu'on trouvait ça peut-être amusant même. Si Patricia avait su... Peut-être qu'elle aurait construit sa piscine ailleurs. Mais on ne sait jamais. C'est ça le tragique des habitants de ce monde. Ils ne savent jamais. Repose en paix Patricia. L'échelle est revenue. Le lendemain matin. Comme si de rien n'était. Mais c'était trop tard. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si tu as aimé, le mieux que tu puisses faire c'est 3 choses. T'abonner, laisser une note et partager à une personne. C'est gratuit, ça te prend 10 secondes. Et ça change tout pour moi. Merci encore. A dans deux semaines.