Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans Mama Story, le podcast court qui parle maternité, grossesse, postpartum, sans filtre et sans pression. C'est le compagnon idéal de tes pauses, à écouter avec ton café, entre deux tétés, avant de dormir, sous la douche ou avant ton rendez-vous médical. L'idée ? Partager, informer, déculpabiliser, sans te voler ton temps. Parce qu'on le sait, avant ou après la naissance de bébé, s'accorder une parenthèse, c'est déjà un exploit. Moi c'est Laura, jeune maman, et je te partage mon expérience de la grossesse et de la maternité. J'ai relu mon projet de naissance aujourd'hui. Je crois que je ne l'avais presque jamais relu depuis l'arrivée de ma fille. Et ça m'a fait quelque chose, parce que je suis retombée sur la Laura enceinte, celle qui essayait d'imaginer comment allait se passer son accouchement. Alors aujourd'hui, dans Mama Story, j'ai envie de vous parler de ce fameux projet de naissance. À quoi ça sert ? Est-ce qu'on peut vraiment prévoir ce qu'on va vivre ? Est-ce qu'on ressent ? Quand certaines choses écrites sur ce papier ne se passent pas comme on l'espérait, je vais vous raconter mon expérience sans prétendre qu'elle ressemble à celle de toutes les femmes. Quand j'étais enceinte, j'entendais parler du projet de naissance, surtout sur les réseaux, mais je ne comprenais pas très bien ce qu'on attendait de moi. J'avais l'impression que c'était important, et en même temps je me demandais mais qu'est-ce que je suis censée écrire alors que je n'ai jamais accouché ? Finalement, le préparer tranquillement au fur et à mesure de ma grossesse m'a fait du bien. Je me suis renseignée beaucoup sur internet et sur les réseaux, comment mieux appréhender les étapes de l'accouchement, découvrir ce qui pouvait être proposé et aussi réfléchir à ce que j'aimerais réellement moi. Ce n'était pas un scénario minute par minute, c'était une façon de mettre des mots sur mes souhaits. Plutôt que de vous raconter seulement ce que j'avais écrit, je vais vous en lire quelques passages. Ça me fait vraiment drôle de retrouver les mots de la Laura enceinte. Donc j'avais plusieurs parties. J'avais l'ambiance de la chambre, j'avais écrit écouter ma musique, avoir de la lumière tamisée, être dérangée le moins possible pour rester dans ma bulle, dans notre bulle avec mon conjoint, et qu'on adresse par exemple les questions aussi à mon partenaire. Pour la gestion des contractions, j'avais noté que je voulais recourir aux méthodes de respiration, de méditation, de bain ou douche chaude, de ballon avec la Swiss ball. éventuellement de massage de mon conjoint, voire d'acupression, et surtout d'être libre de mes mouvements, de pouvoir marcher, bouger, et peut-être de recourir à la péridurale, mais vraiment ambulatoire, à faible dose. Je voulais vraiment rester mobile pendant le travail. Et justement, pendant le travail, j'ai noté que j'avais envie d'être informée des interventions avant qu'elles soient posées. d'utiliser uniquement les appareils portatifs pour suivre l'état de bébé, de pouvoir manger, boire, porter si possible mes propres vêtements, éviter la pose de voies veineuses. Et lors de la poussée, autre thématique du projet de naissance, j'ai mis que je voulais garder un éclairage tamisé, pousser dans une position dans laquelle je me sens à l'aise comme le cas de patte ou de côté ou debout, que je masse ou... ou que l'on me masse mon périnée, qu'on applique des compresses chaudes ou chaufferettes, que j'avais prévues, qu'on me laisse pousser selon mes besoins, ou encore qu'on évite les interventions médicales comme les physios, le forceps, les ventouses, etc. Et j'avais aussi une partie, si une stimulation est nécessaire, j'aimerais éviter l'ocytocine de synthèse, et plutôt privilégier une méthode comme la marche, le mouvement, le bain, la stimulation des seins. Et après, j'avais le encas de péridurale et le encas de césarienne, qui sont deux particularités que je n'arrivais pas forcément à imaginer, mais j'avais noté quelques petites choses. Et aussi à la naissance de mon bébé, comme le fait d'avoir vraiment mon bébé en peau à peau, d'avoir du calme, de l'intimité jusqu'à la délivrance du placenta, et puis d'allaiter mon bébé. Le fait qu'ils ne reçoivent pas de supplément de préparation lactée à la maternité. Parce que j'avais vraiment, vraiment envie d'allaiter ma fille et d'y arriver. Et en leur lisant, là, je vous avoue que je me rends compte que certaines choses ont bien été possibles. Pendant la nuit, par exemple, on a écouté de la musique en boucle. J'avais fait une playlist pour ce moment que j'ai commencé à écouter pendant la grossesse. Et on l'a écouté en boucle. Maintenant, il y a certaines musiques, là, quand je les entends, je me revois à la maternité. C'est un mélange d'émotions qui sont à la fois joyeuses et d'autres un peu moins. On avait aussi installé la petite veilleuse qu'on nous avait offerte pour ma fille. Et voilà, la lumière, elle est vraiment restée douce. J'ai plutôt eu ce sentiment qu'on nous laissait dans notre bulle. Et ce dont je me souviens, c'est qu'on m'a formé en effet des interventions. Il y a aussi des choses que j'avais écrites et dont je n'ai finalement pas voulu ou que je n'ai pas pu faire. Par exemple, j'avais demandé qu'on adresse les questions à mon partenaire. Et sur le moment, j'étais vraiment contente qu'on me parle directement. J'avais vraiment besoin d'interagir avec le corps médical. J'aurais pu prendre une douche, mais avant d'arriver en salle de travail. Et j'avais vraiment trop mal pour ça. Les contractions étaient déjà bien en place, donc je ne l'ai pas fait. Par contre, j'ai mangé. Avant de partir en salle de travail, j'avais vraiment besoin de manger parce que je n'avais pas envie de me sentir mal. Je ne savais pas pour combien de temps j'en avais. Et j'ai bien fait puisque je suis partie en salle de travail peut-être vers 19h30. Et j'ai accouché le lendemain qu'à 10h. Donc d'ailleurs, le lendemain, je ne suis même pas sûre d'avoir remangé. J'ai vraiment bien fait de manger avant de partir en salle de travail, avant d'appeler le personnel médical. On m'a donné un ballon. dans la salle de travail. Enfin d'ailleurs, non, dans la salle au début quand je suis arrivée en maternité et dans la salle de travail. J'ai pu utiliser le ballon avant d'aller à la salle de travail. Je l'ai beaucoup utilisé pour travailler mon bassin et la mobilité et me détendre. Mais par contre, après en salle de travail, j'ai essayé, j'ai cru que j'allais m'évanouir. J'avais tellement mal et avec la péridurale, c'était trop compliqué. Et les massages, je n'en ai pas ressenti besoin. J'avais aussi prévu mes propres vêtements. J'avais prévu une espèce de chemise de nuit pour femme enceinte que j'aimais beaucoup, dans laquelle je me sentais bien, en coton, manche-course, j'aimais bien. Mais clairement, on m'a expliqué rapidement que la blouse serait plus pratique et que mes affaires risquaient réellement d'être salies, voire abîmées, voire coupées. Et du coup, je l'ai mise et j'ai bien fait. Tout ça, je le raconte parce qu'un projet de naissance, ça peut changer aussi à cause de nous. de ce qu'on ressent le jour J. Et ça, ce n'est pas un problème. Et il y a un point que je veux préciser. J'avais présenté mon projet de naissance avant l'accouchement au sage-femme que j'avais vu lors du rendez-vous de pré-accouchement, je ne sais plus, peut-être un mois avant le terme ou quelque chose comme ça. Mais le jour même, je n'ai pas du tout souvenir qu'on l'ait repris avec moi. Moi, je l'avais. Je l'ai même affiché dans la salle de naissance. Je ne sais même pas si les personnes qui m'ont accouché l'avaient lu. J'aurais sincèrement aimé qu'on prenne quelques minutes pour vérifier ensemble ce qui comptait pour moi, ce qui était possible à ce moment-là, qu'on en discute calmement. Et il n'y a pas eu ça. Quand je suis arrivée le soir, j'ai eu une sage-femme qui m'a accompagnée la nuit. J'ai trouvé vraiment super. Ça s'est très bien passé, j'étais en confiance totale avec cette femme. Et malheureusement, sa garde a s'est terminée. Et je n'avais toujours pas accouché. Donc elle m'a saluée, elle est rentrée chez elle. Et là, deux autres sages-femmes m'ont pris le relais. Et j'ai senti une vraie différence dans la façon dont ça se passait. C'est avec elles que j'ai vécu les moments où je ne me suis pas vraiment sentie écoutée sur ma position et sur mes souhaits. J'avais envie, très très envie même, de rester mobile. En théorie, j'avais le droit de me lever, mais avec la douleur, la fatigue et la péridurale, je ne me sentais pas capable de le faire toute seule, ni avec mon conjoint. J'aurais eu besoin qu'on m'aide vraiment à essayer. qu'on m'aide réellement. La période durelle, elle était présentée comme ambulatoire ou à faible dose. Moi, dans les faits, je vous avoue, je me suis retrouvée couchée. Je me suis même endormie plusieurs fois. J'étais tellement fatiguée la nuit. J'ai passé beaucoup, beaucoup de temps allongée sur cette table. Et au moment de la poussée, on nous a même demandé d'éteindre la musique. On a rallumé la lumière. J'ai trouvé ça vraiment dommage et très frustrant. Dans mon projet, j'avais écrit ce que je... voulait si possible conserver cette ambiance et essayer de pousser autrement que sur le dos, sur le côté accroupi, dans une autre position qui me conviendrait. Et clairement les femmes qui m'ont accouchée, quand je leur en ai parlé, elles m'ont dit avant, non non mais un accouchement c'est sur le dos, c'est comme ça que ça se passe, c'est la meilleure position possible. Et moi je leur ai dit mais c'est bizarre, c'est pas du tout ce que je lis depuis le début de la grossesse, que ce soit dans des vidéos, sur les réseaux dans des livres, c'est pas du tout ce que j'ai compris. Et moi, elles m'ont affirmé, limite par A plus B, que non, non, c'était pas vrai. Et qu'en effet, la position la meilleure pour tout le monde, c'était d'être allongée et que c'était très bien comme ça. Donc, j'ai vraiment senti, en fait, que je n'avais pas trop le choix. Et puis, c'est vrai que j'ai eu le sentiment, en fait, que mes souhaits, ils n'avaient pas eu vraiment de place. Et puis, quand on est en train d'accoucher et qu'on veut que tout se passe bien pour son bébé et soi-même, c'est vrai qu'on ne se voit pas trop contredire les personnes qui s'occupent de nous. Ça nous semble presque impossible finalement. Donc je ne peux pas dire aujourd'hui qu'une autre position aurait vraiment changé la suite de mon accouchement. Mais c'est vrai que c'est une question qui me... qui reste en moi. J'ai l'impression qu'il y a quand même quelque chose qui n'est pas normal dans ça, en fait, dans ce choix de la position. Et dans mon projet, j'avais aussi demandé d'éviter, si possible, le cytocine de synthèse et de privilégier le mouvement ou la douche avant d'en arriver là, par exemple. Finalement, pendant ce travail, on m'en a administrée. Et je me souviens que j'en ai reçu pendant plusieurs heures, pendant 4 heures, exactement. On m'avait dit que ce sera pendant 3 heures et par contre... Si au bout de trois heures, vous n'accouchez pas, il va falloir qu'on passe à un step supérieur. Je n'ai pas bien compris sur le moment ce qui allait se passer, mais j'ai un peu stressé. Ça m'a fait stresser sur le moment. Et bien évidemment qu'au bout de trois heures, du coup, il n'y avait rien, puisque le stress n'aide pas à accoucher, à se sentir dans les bonnes conditions pour accueillir son enfant. Et donc, on m'en a mis une heure de plus et puis on en est enfin arrivé. Mais je vous avoue que j'aurais aimé qu'on m'explique davantage cette décision et qu'on reparle de ce que j'avais écrit. là aujourd'hui je me pose encore des questions sur ces effets et puis sur l'hémorragie que j'ai vécue ensuite car j'ai eu une hémorragie grave donc je peux pas dire si l'un a causé l'autre mais moi j'avais demandé à éviter la voie véneuse aussi sauf nécessité liée à la péridurale et en fait j'en ai eu une et je l'ai gardée plusieurs jours, j'ai eu très très mal à la main, je ne pouvais pas utiliser ma main gauche pendant 48 heures j'ai eu cette hémorragie grave à la naissance de ma fille et du coup où... Là, je vous avoue, beaucoup de choses que j'avais imaginées, notamment les premiers instants avec elle aussi, n'ont simplement pas pu se passer comme prévu. Par contre, j'ai pu allaiter ma fille. Elle a aussi reçu un tout petit peu de préparation lactée pendant que je devais être transfusée et ce, deux fois de suite. Donc voilà, je ne suis pas prête aujourd'hui à raconter toute la phase hémorragie grave et tout ce qui a entouré mon accouchement. Ce sera sûrement pour un autre épisode, un autre jour. Alors, est-ce que mon projet de naissance a été inutile ? Non. Le relire me rappelle qu'une partie a été respectée, qu'une autre a changé, parce que moi-même, je ne voulais plus la même chose, et surtout qu'une autre ne s'est pas passée comme je l'espérais. Je trouve que ça vaut toujours la peine d'en écrire un. Il m'a permis clairement de comprendre davantage l'accouchement, de savoir ce qui comptait pour moi. Mais oui, j'aurais voulu qu'au moment du relu entre les équipes, les personnes qui m'accompagnaient prennent connaissance réellement de ce projet et en parlent avec moi, prennent le temps. Quelques minutes pour reprendre mes souhaits, m'expliquer ce qui était possible, ce qui ne l'était pas ou plus, et pourquoi, que je puisse comprendre un peu mieux tout ça. Je ne me souviens pas d'avoir eu cet échange, et c'est ce qui me manque beaucoup aujourd'hui. Donc voilà, si tu es enceinte, que tu prépares le tien, tu n'as pas besoin de rédiger l'accouchement parfait, tu peux simplement écrire... tes souhaits, tes questions surtout, et en parler avec l'équipe qui te suit. Et si tu changes d'avis le jour J, tu en as le droit. Et si tu ressens le besoin d'en parler, n'hésite pas et essaye réellement de demander ce droit à la parole et ce temps d'échange. Moi, ce qui compte aujourd'hui, c'est de pouvoir participer aux décisions autant que la situation te permet et de se sentir réellement entendue. Donc j'espère que cet épisode t'aidera à poser tes questions et à dire ce qui compte pour toi. On se retrouve bientôt dans Mama Story. Prenez soin de vous. Merci d'avoir écouté cet épisode de Mama Story. Si ce moment t'a parlé, si tu t'es reconnu ou que ça t'a simplement fait du bien, n'hésite pas à t'abonner, à partager autour de toi ou à commenter. On se retrouve très vite pour continuer à raconter la maternité avec douceur, vérité et sans pression. À bientôt.