Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, on va parler d'un truc qui se dit rarement à voix haute parce que même le formuler, ça peut provoquer comme un malaise. Se prendre en charge, soit vraiment. Je vais te dire déjà ce que j'entends très régulièrement en consultation et d'ailleurs, c'est... Quelque chose que j'ai entendu dans ma dernière consultation. Beaucoup de femmes, des hommes aussi, mais principalement des femmes, qui vont me dire « j'aimerais vraiment prendre soin de moi, mais avec les enfants, ou alors avec le boulot, ou l'accumulation des deux, tout ça, tout ça. » Et voilà, trois petits points, la phrase ne se termine pas. Elles n'ont pas besoin de la finir, parce qu'en fait je la connais cette phrase, elle veut tout dire, je l'ai aussi dit. Et ce que cette phrase cache en fait, c'est pas pas spécialement forcément un manque de temps, c'est une croyance très profonde, très tenace. Qui dit que se prioriser, soit, c'est prendre quelque chose aux autres, que c'est comme une forme d'égoïsme déguisée en bien-être ? On va voir plusieurs parties. La première, prendre soin de toi, n'est pas un luxe, c'est une condition. Je vais commencer par te décrire quelque chose et tu vas me dire si tu te reconnais. C'est la fin de journée. T'as tout géré aujourd'hui, le travail, les enfants, le matin, le drive, les mails, une dispute peut-être même à désamorcer, un problème administratif, une facture EDF, etc. qui t'a pris une heure de plus que prévu. Et là, il y a ce moment où tout le monde est casé. Les enfants ont lit, ou alors en tout cas, le tunnel du soir est fini. Tout se pose, ça se calme enfin. Et au lieu de ressentir quelque chose qui ressemble à du soulagement, Tu ressens un vide, une fatigue qui n'est pas seulement physique, mais quelque chose de creux en toi, dans ta poitrine, dans ton ventre, dans ton plexus solaire. Et du coup, tu manges. Pas parce que t'as faim, mais parce que c'est le seul truc que tu peux faire, pour toi, à ce moment précis. Et que, qui fait que tu ne demandes rien à personne aussi, que tu peux te débrouiller seule. C'est même pas en fait une question de rapport à la nourriture, en tout cas pas vraiment. C'est la réponse d'un système nerveux qui est en dette depuis des semaines, des mois, des années, des dizaines d'années, parce que le dizaine d'années, c'est le cas chez beaucoup, beaucoup de mes patientes, qui cherchent quelque chose pour équilibrer la balance. Parce qu'en fait, un cerveau épuisé, il ne peut pas choisir à long terme, il ne peut pas. Pas parce qu'il est faible, non pas non plus parce qu'il manque de discipline, parce que ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. Un cerveau sous stress chronique. Il cherche ce qui est là, là, là, maintenant, accessible, là, tout de suite. Et toi, bah, vu que t'es jamais là pour toi dans ta journée, le matin pour te préparer, essayer la course, bah en fait, le soir ou en fin de journée, tu trouves une petite échappatoire, un petit moment, et ton cerveau, il prend ce qu'il trouve. Alors que prendre soin de toi en amont, c'est pas te faire plaisir en plus du reste, c'est réduire cette dette-là. Le but, il est là, déjà dans un premier temps, c'est réduire cette dette-là. C'est donner à ton système quelque chose avant qu'il soit dans ce mode urgence. Parce que quand tu attends d'être à plat pour y penser, c'est beaucoup plus dur, beaucoup plus long. Autre chose, ce n'est jamais trop tard. C'est pas parce que ça fait 20 ans que tu t'oublies, que tu en as peut-être du coup 50 actuellement, que tu dois te dire « ouais bah c'est bon, c'est trop tard, c'est foutu » . Ce n'est jamais trop tard. Et surtout, tu mérites. de repasser dans tes priorités premières. Ça ne doit plus être une question. Ça doit redevenir un automatisme. Comme quand ça l'était quand tu étais jeune, en tout cas j'espère. Et si même à ce moment-là ça ne l'était pas, ce sera peut-être une redécouverte. N'attends pas d'être encore plus à plat pour faire quelque chose. Les décisions se prennent déjà ailleurs, donc dans un endroit de toi qui n'a du coup plus vraiment le choix. Ensuite, je referme cette partie-là. Et je te laisse méditer. Deuxième partie, ce que tu transmets quand tu sacrifies. Maintenant, on va parler de la femme qui a des enfants. Parce que c'est souvent là que tu as une culpabilité très forte. Je fais ça pour eux, non mais c'est eux d'abord, Et en soi, c'est vrai, surtout pour les nouveaux-nés, si on ne s'en occupe plus, ça ne fonctionne plus, on est bien d'accord, ça ne va pas. Mais quand ils commencent à grandir, et grandir, pour moi... C'est à partir d'un an, un an et demi, clairement, à partir de là, et plus tu grandis, plus l'enfant grandit, pardon, entre guillemets, plus ça augmente. Qu'est-ce qu'il voit, lui, ton enfant ou tes enfants ? Si on regarde ce qu'ils voient, eux, ils voient une femme qui se dépêche, qui va manger debout, ou qui saute un repas, ou qui va avoir une pulsion, qui dit « moi ça ira, c'est pas grave plus tard » . Ils voient une femme qui est toujours là. pour tout le monde, mais qui n'est jamais là pour elle. Et ce qu'ils apprennent de ça inconsciemment, c'est que c'est peut-être ça être adulte, ou c'est peut-être ça d'être mère, c'est peut-être ça d'être responsable, c'est s'oublier. On transmet un modèle et ce modèle-là, une fille qui le regarde depuis ses 5 ans, elle a de grandes chances de finir par l'incarner quand elle aussi, elle sera adulte maman. Elle va trouver ça normal de se faire passer en dernier. Elle va croire que prendre soin d'elle, c'est accessoire. Et on est bien d'accord que ce n'est pas ce que tu veux pour tes enfants. C'est peut-être d'ailleurs ce que toi tu as déjà reproduit en voyant ta maman. La vraie transmission, celle qui protège vraiment l'enfant, à mes yeux, ce n'est pas le sacrifice. C'est que ton enfant te voit te choisir toi, de voir que c'est déjà possible, de voir ce que c'est un modèle d'adulte, de voir ce que c'est un modèle de mère. Je te laisse méditer aussi sur ce sujet. Partie 3. La confusion entre prendre soin de toi et d'y prioriser les autres. Je veux te démontrer ça, parce que je pense que ça c'est quand même un vrai bon blocage. Se prendre en charge ne signifie pas que les autres passent après. Ce n'est pas forcément un déclassement, ça n'a pas à l'être. Ce n'est pas moi d'abord, vous ensuite. Ce n'est pas de l'indifférence, c'est une co-existence. Parce que ce que j'observe sur vent, c'est que beaucoup de femmes ont appris à fonctionner en mode binaire. Soit je m'occupe des autres, soit je m'occupe de moi. Et ça, à titre personnel, je suis encore un petit peu là-dedans et je travaille d'ailleurs beaucoup sur ce point-là. Comme si en fait les deux ne pouvaient pas coexister ensemble, dans la même journée, dans la même vie. Comme si je ne pouvais pas prendre soin de moi, mais en même temps prendre soin des autres. Passer que mes enfants, mon mari en famille, on passe un moment de qualité, moi aussi. Que c'est soit les autres, soit moi. Et cette logique, je crois qu'elle vient de quelque part, elle vient de ce qu'on leur a appris sur ce que doit être une bonne mère. Une bonne épouse, une bonne collègue, elle vient d'une culture qui valorise vraiment, je crois, le don de soi, et qui regarde de travers celle qui va oser dire « j'ai besoin de quelque chose pour moi » . Prendre soin de toi, c'est aussi, je pense, du coup, sortir de ce monde binaire. Ce n'est pas prendre à quelqu'un d'autre quelque chose pour toi, c'est te reconnaître en tant que personne, en tant qu'individu, toi, comme quelqu'un qui a aussi comme... toute personne sur Terre des besoins légitimes. Ça, c'était la partie 3. Partie 4. Ce que ça coûte vraiment de ne pas s'occuper de soi. Écoute bien parce que ça, c'est hyper important. Tu le sais, mais je veux que tu le saches vraiment, vraiment. Je veux qu'on soit honnête, donc, sur le coût réel. Pas le coût moral, mais déjà vraiment un coût concret, méga global. Tu as peut-être arrêté de compter les fois où tu t'es dit « ça ira » , alors que ça n'allait pas. Les repas avalés sans fin, les soirées à grignoter sans avoir réellement faim, mais avec quelque chose dans la gorge, une méga pression, quelque chose d'indéfinissable, cette fatigue accumulée aussi qui rend tout plus dur, ces sensations horribles et peut-être les irritations qui s'amplifient parce que t'as plus de marche, parce que t'en peux plus, les projets que tu remets encore à plus tard, et au final l'envie s'éteint doucement. Ça je l'ai vraiment vécu, cette phrase. J'en peux plus, Enfin, je me suis sentie m'éteindre à petit feu. Et vraiment, j'ai perdu pendant un temps ma créativité à fond. Et je sais que c'est ton cas aussi. Si tu es toujours là à écouter cet épisode, c'est sûr que c'est ton cas. Et puis, il y a ce truc aussi, tu sais, vraiment silencieux, plus difficile à nommer. C'est la distance avec toi-même. Tu t'éloignes de ce que tu veux, de ce que tu ressens profondément. Parce que c'est comme si... T'en approcher demanderait de l'énergie que tu n'as plus. Du coup... Tu vis à la surface de manière à peu près efficace, mode pilotage automatique, présente pour tout le monde, mais totalement absente pour toi. Et ça, c'est vraiment pas rien. Ce n'est pas supportable indéfiniment. À un moment, le corps parle, il va parler, et il va du coup parler méga fort. Méga compulsion, épuisement profond, colère qui déborde, dépression, burn-out, les larmes qui viennent sans prévenir, H24. Des signaux qui vont monter crescendo au fur et à mesure. C'est ça, ça coûte vraiment de ne pas s'occuper de soi. Cinquième partie, se sentir légitime avant de se sentir prête. Ça je pense que c'est un piège classique, mais vraiment méga classique à fond que j'entends au moins une fois par jour. et que je suis sûre que j'utilise encore sans me rendre compte. Ouvrez les guillemets. Je commencerai à m'occuper de moi quand... Non, Non, Quand les enfants seront plus grands. Quand le projet sera terminé. Quand j'aurai plus d'énergie. Quand ce problème sera réglé. Quand j'aurai déménagé. Quand machin, Le bon moment n'arrive jamais, ou alors mal, très rarement, parce que les conditions ne vivent... ne se simplifie pas magiquement, il y aura toujours quelque chose. C'est comme, il n'y a pas de bon moment pour commencer une perte de poids. J'en ai plein, enfin plein, non, pas une majorité, mais j'ai certains patients qui prennent un premier rendez-vous en plein mois de juillet et tous à chaque fois ils vont me dire, c'était peut-être pas le bon moment. Bien sûr que si, c'était le bon moment parce que tu te sentais prête, parce que tu as décidé que ça l'était. Et peu importe que ça soit début octobre, début janvier ou début août, c'est le bon moment. Ce qui doit précéder, ce n'est pas d'être prête, c'est de se sentir légitime. Être prête, ce n'est pas un état dans lequel on entre, c'est une décision qu'on prend dans un état imparfait, dans le désordre, même dans la fatigue, avec les doutes. Et je crois que la légitimité, ça ne se prouve pas. On n'a pas à mériter de prendre soin de soi. On n'a pas à avoir souffert suffisamment, ou tout essayé, ou atteint un certain niveau d'épuisement, pour enfin avoir le doigt de... avoir le droit, pardon, de prendre soin de soi. Bullshit ! Le droit, il est là. Tu as le droit là, maintenant, tout de suite, peu importe la situation dans laquelle tu es. Et il n'y a pas de oui-mais. La question, c'est, est-ce que tu vas choisir de le prendre maintenant, ce temps, pour toi ? Même dans une situation compliquée. Je me permets une première, une petite aparté. Si tu as déjà écouté mes podcasts, tu le sais. J'ai fait... dépression postpartum, burn-out parental, un peu les deux, un peu flou, peu importe en soi. Et je me dis, ouais, mais non, je suis là-dedans, j'ai pas le choix, c'est comme ça, je serre les dents et j'avance. Oui et non. Oui et non, bien sûr, je suis obligée d'avancer, mais il y a une chose que je n'ai pas faite, et que j'aurais dû faire, et qui aurait pu m'aider à aller mieux bien plus tôt, c'est de demander de l'aide. Pour justement prendre plus de temps pour moi et me soigner. Et je sais que j'ai attendu, entre guillemets, un peu trop, mais personne n'est parfait. Partie 6. La différence entre, justement, on va y aller, entre attendre et créer les conditions. Attendre, c'est passif, c'est surveiller le ciel en espérant que le bon moment tombe comme une fenêtre de météo, genre ça y est, la pluie s'arrête, il y a le rayonnement de soleil, je sors. Mais ce qu'il faut, c'est créer les conditions. Ça, ça c'est cool, ça c'est différent. C'est regarder ta semaine et dire où est-ce qu'il y a un créneau, même petit, même... imparfait que je peux sanctuariser pour moi. Pas pour être productive, pas pour cocher une case bien nette, mais vraiment genre pour toi, parce que tu le décides. Parce que tu te fais passer number one, en top de ta liste. Créer les conditions, ça peut d'abord vouloir dire avoir une conversation inconfortable aussi. Soyons honnêtes, avec monsieur, avec peut-être ses parents pour demander de l'aide. Oser téléphoner à la crèche et augmenter le temps de guerre du mercredi. Moi par exemple, ça je l'ai repoussé à fond. C'était hyper dur pour moi. Parce que ça me signifie... Dans mon inconscient, dans mon truc, ça voulait dire que je suis une mauvaise mère. Et heureusement, j'ai une de mes super copines qui me dit « Mais Charlène, tais-toi quoi et fonce ! » Enfin bref, on a discuté et à force j'ai pu le mettre en place. Ça peut être aussi dire à quelqu'un dans ta vie que t'as besoin de quelque chose. Dire non aussi à une demande. Il y a ça aussi. Renoncer à une perfection qui te coûte trop. Haha, ça aussi. C'est pas toujours confortable, mais c'est là que commence vraiment le truc. Donc n'oublie pas la différence pour ce point 7 partie 6 là, la différence entre attendre les conditions soi-disant un peu idéales, ta fenêtre là, et les créer, même imparfaitement, parce que d'ailleurs au départ ce sera imparfait, c'est sûr, c'est obligé. Partie 7, tenir une petite promesse envers toi-même. Je vais finir sur ça, sur du concret, parce que je pourrais te parler d'écoute de soi et de légitimité je pense pendant des heures. Mais si tu repars avec cet épisode sans quelque chose à poser, ce sera déjà super, une très belle idée. Voilà ce que je te propose, une promesse, pas un programme, pas un engagement de trois mois, une promesse. Quelque chose que tu peux tenir aujourd'hui, genre vraiment aujourd'hui, même si tu m'écoutes dans ton lit, aujourd'hui. Quelque chose pour toi seul, qui peut durer même une minute, qui n'a aucune utilité pour les autres. Bon, je ne vais pas assister sans ton téléphone. Fermer une porte et aller dans ta jambe pendant 10 minutes, même si c'est le brouhaha, même pendant une minute. Ça peut être dormir, faire la sieste sans culpabiliser. Ça peut être commencer quelque chose qui traîne dans ta tête, un projet, un appel peut-être, un premier pas dans quelque chose. Ça peut être oser demander de l'aide, envoyer un message à quelqu'un, oser te réserver un resto avec tes copines. Aller chercher tes enfants dix minutes plus tard s'ils sont à la crèche. Oser téléphoner comme moi à la crèche pour dire « en fait, j'aimerais augmenter le temps de garde » . Et d'ailleurs, ça me fait penser aussi à une autre priorité, te prioriser toi au lieu de l'argent. Ça, c'est quelque chose que je vous avoue, je suis fière de toujours faire. L'argent ne passera jamais avant mon bien-être et ma santé. Jamais, jamais, jamais. Et j'espère... ou je souhaite que tu t'estimes suffisamment pour que ça soit aussi le cas. En tout cas, trouve une promesse, une minute pour toi, de qualité, pour que tu te prouves à toi-même que tu comptes, que ta parole envers toi-même, elle a de la valeur. Parce que la confiance en soi, elle ne se construit pas dans les grandes décisions. Elle se construit justement dans les petites actions tenues de manière régulière, une après l'autre. Se prendre en charge pour terminer n'est pas l'opposé de prendre soin des autres. C'est la condition pour que cet amour que tu donnes soit soutenable, durable, vrai et pas juste épuisant. Tu n'as pas à te prouver que tu souffres assez pour mériter de te choisir. Tu peux commencer maintenant, imparfaitement, avec ce que tu as, avec ton contexte, avec ta vie. Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout. Au plaisir d'échanger ensemble sur Instagram, vraiment, vraiment ou... en consultation pour mes passions. C'est toujours un énorme, énorme plaisir d'échanger avec vous. J'avoue que c'est surtout mes passions qui osent. Donc en consultation sur mes épisodes de podcast, j'adore ça. N'hésite pas à l'envoyer à une amie. Mais s'inquiète-toi, allez un commentaire sur Apple Podcast ou tout ça. Je n'en ai plus depuis super longtemps et ça me ferait très très chaud au cœur et très plaisir si tu ne l'as pas encore fait. Et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.