Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi dans ce nouvel épisode où aujourd'hui je veux te parler de ce qui se passe dans ton corps, concrètement, chimiquement, au niveau cellulaire quand tu manges, avec la peur de grossir. Cet épisode a été créé grâce à une patiente qui avait vraiment le besoin de comprendre chimiquement, mécaniquement, Tout ce qui se passe. Et je sais que ça va être très utile, donc c'est pour ça que, au lieu de lui répondre à elle, j'ai décidé d'en faire un épisode de podcast. Parce que cette peur, tu la normalises souvent. Tu manges un gâteau et en même temps, tu calcules, tu te projettes. Tu t'imagines déjà avec du poids en plus demain matin. Et quelque part, dans un coin de ta tête, tu espères peut-être que, si tu fais assez attention, si tu culpabilises suffisamment, ça compensera. Mais ce que je vais te montrer là maintenant, c'est que cette peur, ce stress que tu ressens pendant que tu manges, il fait exactement le contraire de ce que tu veux. Pas métaphoriquement, chimiquement, physiologiquement, il y a des études dessus, les liens seront en description. Installe-toi parce que tu vas entendre des choses qui vont te bousculer et j'espère changer quelque chose de très fort en toi à partir de maintenant. Commence déjà par imaginer ça. T'es en train de manger, un repas que tu considères entre guillemets interdit, ou en tout cas qui est trop pour toi, ou à une heure qui ne te convient pas, ou tout ça en même temps. Et dans ta tête, la pensée arrive, je vais grossir, ça va pas le faire, oh non mon dieu, de la culpabilité, alors peut-être pas formelle exactement comme ça, peut-être que c'est aussi déjà juste une sensation, une tension dans le ventre, une petite voix qui fait déjà le calcul dans ta tête. Ce que tu vis à ce moment-là, c'est une réponse au stress. Pas un stress imaginaire, pas dans ta tête, c'est un stress réel avec de vraies réactions biologiques. Et pour comprendre ce qui se passe, il faut d'abord qu'on parle une seconde du système nerveux. En mode simplifié, t'inquiète. Ton corps, il a deux modes. Un mode danger, qu'on appelle le système nerveux sympathique, le fameux combat-fuite. Et un mode, on va dire du coup, repos-digestion. Là, ça va être le système parasympathique qui va être en marche. Ces deux modes ne peuvent pas tourner à plein régime en même temps. C'est une loi du corps, c'est pas un choix, c'est comme ça, point barre. Quand tu manges avec de la peur, avec de la culpabilité, de l'anxiété, ton cerveau lit la situation comme une menace, du coup. Et donc, il bascule vers le mode danger. Ça veut dire qu'il redirige toutes les ressources de ton corps vers les muscles, le cœur, le cerveau. Et donc, il coupe les ressources vers la digestion. Parce que si t'es en danger, généralement ça veut dire que, ça c'est vraiment le cerveau reptilien qui parle, si t'es en danger, digérer un repas, c'est pas trop la priorité à ce moment-là. Et ce que les scientifiques ont pu montrer, notamment dans la revue publiée, je lis par Nutrients, En 2020 et reprise par le PMC, c'est que le stress active l'axe dit hypothalamo-hypophysio-surrénalien. Dis-toi juste en fait qu'en gros que s'active la chaîne de commandement qui déclenche la production du cortisol. Et simultanément, le système nerveux sympathique du coup prend le dessus. Le résultat direct c'est que la digestion ralentit, les sécrétions digestives diminuent. le sang se détourne de l'intestin. Donc en clair, tu peux manger les meilleurs aliments du monde. Si tu les manges avec de la peur, ton corps ne va pas les assimiler de la même façon. On continue. Donc ton corps est en mode danger. Et il produit du coup du cortisol. Le cortisol, c'est pas le méchant de l'histoire. C'est une hormone vitale. Elle existe pour nous protéger. Je peux vous dire qu'avant, quand on était dans la forêt, en chasseur-cueilleur, qu'il y avait des ours, des guépards ou je ne sais quoi, heureusement qu'elle était là, sinon nous, on n'existerait pas. Mais il n'y a plus d'ours au coin de la rue. Et quand elle est libérée de manière surtout chronique, et pas particulièrement au moment du repas, elle fait des choses précises dans notre corps. La première chose, elle augmente le taux de sucre dans le sang. Parce que ton corps croit que tu as besoin d'énergie rapidement pour fuir ou te battre. Alors il sort du sucre en réserve et il en met dans ton sang. Sauf que là... T'es pas en train de fuir dans la forêt parce qu'il y a un ours, t'es assise à table. Ce sucre, il ne sert donc à rien. Alors le corps produit de l'insuline pour gérer cet excédent de sucre qui a été mis dans ton sang. Et quand il y a trop d'insuline, trop souvent, les cellules commencent à ne plus y répondre correctement, parce qu'elles sont épuisées, ça les fatigue. C'est ce qu'on appelle... La résistance à l'insuline, et ça c'est un des premiers mécanismes qui favorisent le stockage des graisses. Une étude publiée dans le PMC, Stress, Cortisol and Obesity, a montré que des niveaux de cortisol chroniquement élevés sont prédictifs de prise de poids à long terme. Et pas n'importe où, principalement au niveau abdominal. Pourquoi le ventre ? Parce que la graisse viscérale, donc celle qui s'installe autour, entre de nos organes, contient environ 4 fois plus de récepteurs au cortisol que la graisse en surface, c'est-à-dire celle des hanches par exemple. Le cortisol la cible directement. Il y a littéralement une affinité chimique entre le cortisol et le ventre, la graisse viscérale entre nos organes. au niveau du ventre. Deuxième chose que fait le cortisol, il peut activer ce qu'on appelle des pré-adipocytes, des cellules graisseuses dormantes dans le tissu adipeux. Ces cellules qui ne faisaient rien et que le cortisol en fait vient réveiller pour en faire de vraies cellules graisseuses. Ce n'est pas moi qui le dit, ça c'est vraiment la biochimie basique que j'ai pu trouver, la publier dans plusieurs études de nutrition clinique. Troisième chose, malheureusement, le cortisol peut venir dégrader le muscle pour produire de l'énergie d'urgence. On est toujours dans ce mode survie. Le cortisol peut aller donc piocher dans les protéines musculaires et moins de muscles, c'est un métabolisme qui ralentit. Et un métabolisme plus lent, c'est plus de facilité à stocker et moins de facilité à dépenser. Ça, quand on en vient à ce stade, c'est vraiment un stress très haut et pendant très très très très très longtemps. Très très très longtemps, ça veut dire plus d'un an. Donc, quand tu manges avec stress et peur de grossir, que tu produis du coup du cortisol en boucle, ton corps stocke davantage. Surtout au ventre, il crée potentiellement de nouvelles cellules graisseuses au niveau de ton ventre et peut, à la longue, venir ralentir ton métabolisme en piochant des muscles. C'est exactement le contraire de ce que tu espères. En te punissant, en te flagellant mentalement, en te disant « Ah, faut pas bien, faut pas manger ça, je vais grossir, nanananananana » Ensuite, parce que j'ai loin d'avoir fini. Maintenant, je veux te parler d'un phénomène que tu connais, probablement sous le nom de son opposé, le placebo. Pour petit rappel très court, l'effet placebo, c'est quand tu prends un médicament inactif, tu crois qu'il va t'aider, et ton corps produit une réponse positive réelle. Moi, je trouve ça dingue. Ton cerveau donc anticipe quelque chose de bien et il met le corps en ordre de marche pour que ce bien-être arrive. L'effet nocebo, c'est exactement l'inverse. Tu t'attends à quelque chose de négatif et ton corps le crée. Il y a une étude qui me frappe. A chaque fois que je pense d'ailleurs à ça, à cet effet nocebo, là, c'est celle des participants qui ont reçu qui ont consommé le même coca. Ils ont consommé exactement le même Coca-Cola. Mais, à la moitié des participants, on a dit que c'était une boisson light. Et à l'autre moitié, on a dit que c'était le coca normal, le basique, sucré normalement. Assieds-vous si ce n'est pas le cas. Résultat, les glycémies, c'est-à-dire le taux de sucre dans le sang de tous les participants, ont varié. J'ai bien dit ça, on variait en fonction de ce que les gens croyaient avoir bu. en fonction de ce qu'ils ont vraiment bu, c'est-à-dire ceux qui ont bu le coca normal et le coca light. Non, leur taux de sucre dans le sang a varié en fonction de ce qu'ils croyaient avoir bu. Moi, je trouve que c'est dingue. Leur corps répondait à leur croyance, pas à la réalité du contenu du coca. C'est dingue. Ça veut dire que quand tu manges un aliment, En te disant « ça va me faire grossir, c'est mauvais pour moi, j'aurais pas dû » , tu modifies réellement la réponse physiologique de ton corps à cet aliment. Alors pas à 100%, pas à toi seul, faut quand même mettre les points sur les i, tout doux tout doux, mais de façon mesurable quand même, comme avec cet exemple du coca normal et du coca light qui a eu un impact sur la glycémie. Des chercheurs en neurosciences ont appelé ça Merci. La réponse anticipatoire. Ton cerveau prépare le corps à ce qu'il croit qu'il va arriver. Alors, si tu crois que tu vas grossir, il se met en mode stockage. Si tu manges de façon sereine, il se met en mode normal, c'est-à-dire assimilation et régulation. Ça, ce n'est pas de la pensée positive. C'est de la neurobiologie. Et c'est encore un argument supplémentaire pour que tu oses te lâcher la crape. C'est vraiment ça l'objectif de ce podcast. Ensuite, détaillons maintenant ce qu'il se passe dans ton intestin quand tu manges en étant stressé. L'intestin, souvent tu sais, on l'appelle le deuxième cerveau. Et c'est pas juste une métaphore jolie pour un article de magazine Bien-être, etc. C'est une vraie réalité anatomique. L'intestin, il contient 500 millions de neurones, il communique en permanence avec le cerveau via le nerf vague. Le nerf vague, c'est un long nerf qui relie le cerveau au ventre et qui transporte des signaux dans les deux sens. Donc, quand tu es stressé, le tonus vagal de ton nerf, c'est-à-dire la force de la connexion par ce nerf vague, elle va diminuer. Et avec lui, du coup, qu'est-ce qui va diminuer ? Tout le mécanisme digestif qui va lui, du coup, se dérégler. Les enzymes digestifs sont moins bien sécrétés, le mouvement naturel des intestins, le péristaltisme, j'avais envie de caler ce mot pour mon égo, c'est pourri. La muqueuse qui tapisse ton intestin, celle qui est censée sélectionner ce qui passe et ce qui ne passe pas dans ton sang, elle devient plus perméable. Plus perméable, ça veut dire que des fragments qui ne devraient pas passer, passent quand même. Par exemple, des fragments, ça peut être des bactéries. Et quand ils arrivent, ces bactéries, dans la circulation sanguine, là, qu'est-ce qui s'affole ? Ton système immunitaire. Logique, il déclenche une inflammation. Pas une inflammation dramatique ni visible, juste une petite inflammation de fond chronique et silencieuse. Et cette inflammation de fond, elle est associée, dans la littérature scientifique, à la résistance à l'insuline. L'insuline, pardon. au trouble de l'humeur, à la fatigue chronique et à la prise de poids. Ensuite, une revue scientifique publiée dans le Pi, MC Toujours en 2020, a justement mis ça en évidence. Le stress chronique crée une dysbiose. Le stress chronique crée une dysbiose, c'est-à-dire un déséquilibre dans ta flore intestinale. Elle altère la barrière intestinale, avec des conséquences directes sur la façon dont sont absorbées tes nutriments. et sur le niveau de l'inflammation systémique dans ton corps. Il y a aussi quelque chose de plus concret que je voulais te partager, c'est qu'une étude a comparé l'absorption de nutriments chez des personnes en train d'écouter activement une conversation, donc une situation où tu es distrait, peut-être avec une légère tension mentale, VS des personnes au repos, totalement chill, détendu, en vacances, au calme. Résultat, les personnes distraites ont absorbé moins de nutriments de la même boisson, de la même quantité. S'il te plaît, tu te rends compte ? Même boisson, corps différent, parce que l'état différait. Ce que tu ressens à l'intérieur pendant que tu manges, change ce que ton corps fait de ce que tu manges. Ça aussi, c'est dingue, Ensuite, dernier mécanisme dont je veux te parler, c'est celui des radicaux libres. Les radicaux libres, c'est des petites particules instables qui se baladent dans tout ton corps et qui, à leur passage, peuvent endommager les cellules. Seules, s'il n'y en a pas beaucoup, on s'en fiche, ça ne fait pas grand-chose, on en a tous, tout est ok, c'est normal, pas de problème. Mais, en grande quantité, et surtout en permanence, elles peuvent s'accumuler et là, le résultat, c'est un peu moins jojo parce que ces particules, ton corps en produit naturellement, y compris pendant la digestion normale, ça n'a pas de souci, mais... Ce qui augmente leur production de façon significative, c'est l'état de stress. Notamment parce que dans des états d'anxiété et de peur, le cerveau produit des catécholamines, adrénaline et la noradrénaline. Et le métabolisme de ces substances génère justement davantage de radicaux libres. Et encore là, sur une revue publiée dans le PMC en 2014, Le résultat a établi une corrélation très claire entre les états d'anxiété et le stress oxydatif, c'est-à-dire ce déséquilibre entre les radicaux libres et la capacité du corps à les neutraliser. Ce stress oxydatif chronique abîme les mitochondries, c'est-à-dire les producteurs d'énergie, qui se nourrissent de l'inflammation, ce qui peut fragiliser les mécanismes de régulation. métaboliques. En clair, manger avec de la peur, de la culpabilité de manière répétée, j'insiste sur répétée, ça a de fortes chances de créer un terrain d'inflammation et d'oxydation qui fatigue le corps de l'intérieur et progressivement, encore une fois, on est toujours sur le long terme, contribue au même dérèglement métabolique qu'on observe chez les personnes qui ont du mal à réguler leur poids. C'est pas une faiblesse. Ce n'est pas du tout un manque de volonté, c'est de la chimie. Pourquoi je te dis tout ça ? Je ne suis pas en train de te dire que si tu manges sereinement, tout va se régler magiquement. Je suis en train de te dire non. Je ne suis pas non plus en train de te faire une promesse magique. Ce serait trop simple, mange sereinement et tout va bien, bisous, ours, etc. Ce que je veux faire, ce que je veux dire, le but de cet objectif, c'est vraiment retourner cette croyance qui coûte. Trop cher, la croyance que la culpabilité protège ou n'aggrave rien ou n'influence pas ton poids ou notamment ton ventre là qui est gonflé, tu sais pas pourquoi. Je sais que beaucoup se punissent au moment où ils mangent et que en gros ça va limiter les dégâts parce qu'après ça va s'arrêter. C'est une logique qui semble presque avoir du sens, comme si la peur servait de garde-fou, mais ce que la science montre... C'est que cette peur, ce stress, cette tension au moment du repas, ça participe au problème que vous voulez empêcher. Le cortisol monte, le stockage augmente, la digestion se fige et l'inflammation chronique souterraine un peu s'installe. Et le pire, c'est qu'en fait c'est un cercle vicieux. T'as peur de grossir, tu manges du coup en stressant, le stress favorise le stockage, gros raccourci mais j'ai tout détaillé avant. Tu te sens moins bien dans ton corps, t'as encore plus peur de grossir, et en fait cette boucle, elle ne tient pas parce que tu manques de volonté, elle tient parce que t'as jamais eu les clés pour t'en sentir, parce que t'as peur d'oser te lâcher la crape. Donc ce que je veux te dire là, c'est que la façon dont tu vis le moment de ton repas compte beaucoup. Elle compte biochimiquement, elle compte pour ton système nerveux. pour tes enzymes digestifs, pour tes hormones, pour ta flore intestinale. Ce n'est pas une question de spiritualité ou de pensée magique, c'est une question physiologique. Alors si tu te bats avec la nourriture, que tu manges avec cette tension permanente, avec ce bruit de fond dans ta tête qui dit que tu fais mal avec ces pensées où tu te flagelles à fond, je veux que tu saches que ce bruit de fond, il n'est pas neutre. Il te coûte quelque chose. Pas moralement, pas chimiquement. Donc, ose te lâcher la grappe. Et si tu peux, dès maintenant, travailler sur ça, c'est vraiment important. Ce n'est pas que ce que tu mets dans ton assiette. L'état dans lequel tu t'assoies devant elle compte beaucoup. Et peut-être que si tu es justement là encore à m'écouter, c'est parce qu'une partie de toi commence. à sentir que quelque chose doit changer, genre vraiment, que le problème c'est pas ce que tu manges mais dans la relation que tu as avec toi-même au moment de manger, avant et après, et peut-être tout au long de la journée. C'est là que c'est important, c'est là que tout commence, et c'est là que je travaille avec chaque personne que j'accompagne. Si tu veux qu'on en parle, tu sais où me trouver. Maintenant, je te laisse digérer tout ça, réécouter ça. Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout. Merci pour ta confiance. N'hésite pas à partager cet épisode pour le diffuser. C'est un message tellement important. Abonne-toi si ce n'est pas déjà fait. Mets des étoiles, like, partage ce podcast. Et je te dis à lundi prochain pour un nouvel épisode. A bientôt.