Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à... à plus de paix, de liberté, de légèreté, alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi, nous voilà aujourd'hui dans un nouvel épisode où nous allons parler de la sensation de faim et surtout de comment faire pour la retrouver. Je me souviens d'une femme que j'ai eue en consultation pas plus tard qu'hier pour une première consultation et qui m'a dit, tu sais avec cette voix, cette petite voix là à faible volume, qu'ont les gens quand ils pensent que ce qu'ils vont dire... et honteux. Ouvrez les guillemets, je ne sais plus si j'ai faim, je ne ressens plus mes sensations alimentaires. Comme si, en fait, ne plus entendre son propre corps était une défaillance personnelle. Et bien sûr, ce n'en est pas une. Après des années de régime, de comptage de calories, des cases à cocher, d'aliments interdits, autorisés, de faim ignoré parce que c'est pas encore l'heure, parce qu'il faut souffrir pour maigrir, le lien avec les signaux du corps ne disparaît pas. Et en plus, est même vu comme un ennemi de la perte de poids. Comme si ces sensations étaient un ennemi, donc du coup elles sont mises en veille. le corps apprend à ne plus déranger Parce qu'en fait, on lui a si souvent répondu non, tu ne dois pas avoir faim, ce n'est pas le moment, nanana, et bien en fait, un jour, on ne l'entend plus très bien. Et ce n'est pas parce que le corps ne parle plus, c'est parce qu'on a appris à ne plus l'écouter. Et c'est fondamentalement différent et c'est fondamentalement aussi réversible. Ce qui se passe quand tu suis un régime restrictif, n'importe lequel, d'accord, c'est que tu remplaces une autorité intérieure par une autorité extérieure. Tu arrêtes de te demander si tu as faim. Tu demandes plutôt si c'est l'heure, si tu as le droit, si ça rentre dans des cases. Et chaque fois que ton corps envoie un signal et que tu ne lui réponds pas parce que le livre, le plan alimentaire dit que ce n'est pas encore l'heure, parce que tu as déjà mangé assez, parce que cette envie-là, elle n'est pas au programme, il réessaie, il réessaie encore, encore, et à force de ne pas être entendu, eh bien il parle de moins en moins fort. Pas parce qu'il abandonne. mais en fait parce qu'il apprend. Il apprend que ces signaux ne servent à rien puisque personne n'y répond. Alors, au fur et à mesure, il choisit de réduire le volume. Et toi, tu te retrouves donc des mois, des années, même peut-être plus tard, à table à essayer de savoir, à te demander si tu as faim. Et en fait, tu ne sais plus. Pas parce que tu es cassé, mais parce qu'en fait, on t'a demandé systématiquement de ne pas écouter cette sensation. Les approches restrictives, donc, elles brouillent le signal. Elles mettent entre toi et ton corps une couche de règles tellement épaisse que le corps finit par parler très très très doucement et qu'en fait, tu ne l'entends plus dans le bruit des obligations, de la fatigue, des règles alimentaires, de tout ce que tu portes en fait. Donc toi, tu es là, à table, à te demander Si cette envie, c'est plutôt une vraie faim, ou c'est une faim émotionnelle, ou si c'est qu'une envie, et en fait, tu ne sais plus, tu culpabilises de ne pas savoir, et cette incertitude, elle pèse souvent plus lourd que n'importe quel repas. La bonne nouvelle ! Une vraie, pas le genre qu'on lance pour relativiser, celle que vraiment, c'est que, pardon, c'est vraiment que les signaux sont toujours là. Ils sont juste sous plein de couches, sous plein d'années de non-écoute. Le corps n'abandonne pas, ton corps n'abandonne pas, il attend. Il a cette patience qu'a l'eau. Tu sais, une rivière, elle lutte pas contre les rochers qui la font dévier. Elle les contourne lentement, avec une confiance tranquille dans sa propre direction. Ton corps, et oui je t'assure, ton corps, il a exactement cette qualité-là. Il sait où il va, même quand tu ne lui fais pas spécialement confiance, même quand tu l'as contourné pendant très longtemps. Le truc là, c'est retrouver le fil, c'est que ça se fait pas en un repas, ça se fait ni en une semaine. Ça commence par quelque chose de plus simple et qu'on néglige je trouve beaucoup trop. C'est la curiosité. Oui, pas de l'obéissance, j'ai bien dit de la curiosité. Du coup, ce que je viens t'invite à faire dès ton prochain repas, c'est quand tu vas t'asseoir pour manger, avant de commencer, pose-toi une question. sans jugement. Est-ce qu'il y a quelque chose dans mon ventre en ce moment ? Est-ce que je ressens une sensation ? Un signal de faim ou de tension, de vide, de plénitude ? Le but là c'est pas de décider si t'as le droit de manger ou pas, c'est juste pour noter, juste pour commencer à écouter, à observer. C'est pas un outil de contrôle, c'est un geste de réconciliation. Ce que j'avais envie de te dire là, dans cet épisode, c'est que ne plus entendre ton corps, c'est en fait la conséquence logique de ce qu'on t'a demandé de faire pendant des années avec tous ces régimes. Donc c'est pas du tout une preuve que tu es cassé ou incapable, c'est que tu as besoin de réapprendre à t'écouter. Et ça, ça commence par des petits gestes. qui semblent au final presque dérisoires, mais en fait, ils ne le sont pas du tout. Concrètement, encore en tout cas, un peu plus concrètement, voilà ce que je te propose de faire. Trois moments. Juste trois moments avant, pendant et après le repas. Que tu peux commencer à essayer d'habiter, à essayer d'être à ton rythme, un repas à la fin, tranquillou. Il y en a qui seront peut-être plus faciles, ce sera peut-être plus facile le midi parce que c'est tranquille. Ou à l'inverse, le soir, parce que tu manges tranquille et t'es pas en famille, ou c'est plus facile pour t'en rendre en famille, peu importe. Mais en tout cas, tente d'être dans le moment présent, donc déjà avant de manger. Juste avant peut-être déjà de t'asseoir, ou au moment de commencer le repas, quand il va être déjà peut-être devant toi, au moment où tu vas te servir, peut-être encore un petit peu avant et poser une main sur ton ventre. Et là, le but c'est pas d'évaluer, le but c'est pas de décider. C'est juste pour signaler que tu es là. Demande-toi est-ce qu'il y a quelque chose ici, en ce moment, une sensation, une texture, quelque chose qui peut ressembler à de la faim ou à autre chose. Tu n'as pas au débat à savoir à y répondre, tu as juste à te poser la question. Ça prend 5 secondes, 10 max. Ensuite, pendant le repas, au milieu du repas, fais une pause de... Allez ! 20 secondes, idéalement. Repose ta fourchette. Repose ton buste, ton dos sur le dossier de la chaise. Respire. Prends une respiration. Et repose-toi à la même question qu'avant. Est-ce que j'ai l'impression de ressentir encore de la faim ? Est-ce que mon corps, mon estomac veut continuer ? Et encore une fois, pas de bonne réponse. Ou pas de réponse, c'est ok. Juste de la... curiosité. L'idée, c'est vraiment de recréer en fait un canal de communication, pas de le contrôler. Et ensuite, après, quand t'as fini, avant de te lever, une dernière fois, demande-toi avec curiosité et bienveillance, comment tu te sens. Pas bien ? Mal ? Trop ? Pas assez ? Juste comment je me sens ? Et si des mots arrivent, tu les laisses venir, peu importe ce qu'ils sont. Et si rien n'arrive, et ben c'est ok, c'est tout, c'est bien aussi, c'est tout, c'est tout, t'es ok. Trois pauses, potentiellement du coup trois respirations, trois fois vingt secondes, trois questions sans exigence de réponse juste. Alors je sais ce que tu as déjà commencé à penser, au début tu vas peut-être trouver que ça te dérange plus que ça t'apaise. Si c'est le cas... c'est normal, c'est ok. Parce qu'en fait, c'est un muscle que tu n'as plus utilisé depuis longtemps. Et du coup, il met du temps à se réveiller un peu, tu vois, sans douleur. Peut-être que tu vas aussi oublier à certains moments, parce que tu vas être pris dans le quotidien, tu vas peut-être même manger en mode pilote automatique, parce que tu n'as pas de souvenirs, et tu auras oublié de te demander, et c'est ok. Et tu vas essayer de ne pas ajouter une couche de jugement sur tout ça. S'il te plaît, tant qu'à faire. Si c'est le cas, s'il y a un oubli, tu recommences au prochain repas, sans bilan, sans score, pas de soucis, tu feras le mieux, enfin, non, pas tu feras mieux, laisse, c'est moi qui ai dit des bêtises. Tu tenteras l'expérience la prochaine fois. Et tu peux aussi te dire, c'est vraiment aussi simple que ça ? Parce que moi, je sens que ça ne va pas le faire. Puis je ne comprends pas, je ne vois pas, ça a l'air trop beau ou trop petit. Il n'y a pas de tout ça. Dis-toi simplement, en fait, que pour te reconnecter à cette sensation, tu n'as besoin justement d'aucun outil. Tu n'as pas besoin forcément d'application, même si l'application que j'utilise avec mes patients en suivi diète peut aider. Bonsoir. Tu n'as besoin d'aucun plan, de rien de particulier. En fait, tu as besoin de toi. Potentiellement, une main sur ton ventre pour t'aider et de temps, en fait, de pleine conscience pendant 20 secondes. Ça peut paraître pas grand-chose, ça peut paraître anodin parce que ce que tu réentraînes là, en fait, c'est quelque chose que des années d'automatisme ont recouvert couche après couche. Ça se défait pas en un repas. Donc oui, ça peut demander, comme je disais, voilà, c'est un muscle, t'as pas travaillé pendant des mois, parce que justement, tu t'es fait opérer, t'as eu un plâtre, quand tu dois de nouveau le recontracter, c'est un peu dur au départ. C'est normal, il a besoin de se réentraider. Et du coup, ce qui va se passer entre temps, ça va être des repas imparfaits. Des repas remplis d'expérience. Et c'est ok, et c'est d'ailleurs sur ça que je veux peut-être insister. Ce n'est pas en le faisant bien que ça revient. C'est en fait en le faisant bien. tout court, point, final. Même distraitement, même en oubliant à mi-chemin, même à moitié, même en posant la question sans entendre la réponse, même les jours où tu te connais à ton ventre et ce que tu trouves là, c'est peut-être de l'anxiété ou c'est un vide ou c'est rien du tout, tu te poses la question quand même. Et c'est ça le plus important. Parce que c'est vraiment la répétition du geste, pas sa perfection qui va créer, recréer ce canal. C'est un peu comme un sentier dans une forêt. Il se trace à force de passer dessus, pas à force de bien marcher. On s'en fout de ta démarche, si elle est élégante ou non, par exemple. Ce n'est pas ça qui va faire que le sentier va se créer dans la forêt. C'est à force d'être passé, même à parfaitement, même comme un bourrin. Alors, même si au début, ça te semble dérisoire, même si tu finis ton repas en te demandant si tu as vraiment fait quelque chose, oui. La réponse est oui. Tu as fait quelque chose. Tu as interrompu l'automatisme et c'est déjà ça. Et c'est déjà donc beaucoup plus que rien. Voilà. Ce que je voulais te laisser dans cet épisode, ce n'est pas en fait une méthode de plus. C'est juste le fait, la conviction que ton corps n'est pas devenu silencieux parce qu'il t'a abandonné. Il est devenu silencieux parce qu'on lui a demandé de se taire. Encore et encore et encore, jusqu'à ce qu'il apprenne à ne plus déranger. Et ce qui a été appris, bien évidemment, peut se désapprendre. Doucement, à condolition de lui redonner de l'espace. Pas forcément beaucoup d'espace, mais déjà juste un peu, juste assez pour qu'il sache qu'il peut recommencer à parler. Donc pour cette semaine, une seule chose. Choisis déjà peut-être un repas par jour, un seul, celui qui est peut-être le plus évident au vu de ta situation, de ta vie, celui où tu penses que tu auras le plus de calme, même si le calme, on est d'accord que c'est quelque chose de relatif, en tout cas le plus calme peut-être des trois, et essaie ces trois pauses, avant, pendant et après, sans attente, sans bilan, juste pour voir ce qui est là. Et si tu oublies, tu recommences après le lendemain, ton corps il n'est pas pressé, il t'attend. Ok ? N'hésite pas à me faire un retour, ce sera avec grand plaisir, surtout pour mes patients bien évidemment, vous n'oubliez pas de venir en discuter avec moi en consultation. Et n'hésite pas à enregistrer cet épisode si tu veux le réécouter, à le partager, à t'abonner si ce n'est pas encore fait, à laisser 5 étoiles et un commentaire si ce n'est pas encore fait sur la plateforme d'écoute sur laquelle tu m'écoutes, notamment Spotify. et Apple Podcasts, où là, on peut laisser des commentaires. Et je te remercie de m'avoir écoutée jusqu'au bout, et je te retrouve lundi prochain pour un nouvel épisode. Merci, à bientôt !