Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix, je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans cet épisode où on va parler de comparaison. De ce truc qui arrive sans prévenir, sans qu'on l'invite, et qui peut défaire en 3 secondes ce qu'on a mis des semaines à construire. Et je veux vraiment qu'on aille dans cet épisode au fond du sujet, pas juste arrêter de se comparer entre guillemets. Mais parce qu'en fait, ce conseil, franchement, dans tous les cas, il est inutile. On va parler plus de biologie, il y aura une partie de neurosciences et d'une idée aussi que j'ai trouvée dans un livre que j'écoute en ce moment et qui a changé quelque chose. En tout cas, pour moi, elle m'a aidée à évoluer personnellement sur ce sujet. Donc, tu l'as regardé, peut-être une amie, peut-être une photo. Que tu faisais défiler là, genre sur les réseaux, quelqu'un au bureau, dans la salle de sport, dans la rue, dans ta famille, enfin bon. Et en tout cas, en quelques secondes, sans que tu l'aies décidé, on est bien d'accord, sans que tu n'aies rien demandé, quelque chose en toi a fait le calcul. Elle, là. Toi, là. Elle avance. Toi, tu stagnes. Elle, elle y arrive. Toi, pas encore. La comparaison de plein de choses en tout cas. Et je veux qu'on s'arrête déjà là. une seconde sur ça. Parce que ce réflexe, c'est pas de la jalousie, c'est même pas vraiment déjà quelque chose que tu choisis de faire. C'est vraiment automatique, c'est câblé dans nos cerveaux et je trouve qu'en fait, c'est vraiment vraiment dévastateur. Si on revient du coup là, avant sur la perte de poids, on t'a vendu l'idée d'une équation simple que si quelqu'un y arrive, C'est que toi aussi tu peux y arriver, au même rythme, de la même façon, avec les mêmes efforts, qu'il suffit entre guillemets de vouloir le truc, faire la chose assez fort. Et cette idée, on est bien d'accord qu'elle est complètement fausse. Profondément fausse et elle vous a coûté déjà beaucoup d'énergie, un effet yo-yo avec votre poids, mental, estime, confiance en soi, etc. Laisse-moi donc te montrer ce qu'on ne met jamais dans la balance quand on se compare. Déjà, Premier point, ton histoire de restriction d'abord, parce que chaque régime que tu as pu faire, malheureusement il a laissé une trace, une trace biologique, parce que ton métabolisme il a appris du coup à se défendre, à stocker peut-être un peu plus, à dépenser moins, parce qu'il a vécu des périodes de famine répétées, qu'on appelle dans le langage courant des régimes, et c'est pas une métaphore ça, c'est vraiment, c'est physiologique. La femme à qui tu te compares n'a peut-être... jamais mis son corps dans cet état de restriction, dans cet état d'alerte. Donc en fait, déjà, son point de départ, c'est pas le tien. Deuxième plan, deuxième point, pardon, le cortisol. Le stress chronique, celui de la charge mentale, des nuits courtes si tu as des enfants en bas âge ou pour x ou y raison, si tu as peut-être déjà pas un bon sommeil de base, des journées où tu donnes sans jamais récupérer vraiment, ça c'est des choses qui maintiennent ton taux de cortisol élevé. Et un taux de cortisol élevé, ça favorise le stockage. Ça peut en partie bloquer les mécanismes de la satiété. Tu n'as pas moins de volonté qu'elle, donc tu as juste un système hormonal qui est dans un état d'urgence permanent. Et ça, c'est très différent. Perso, je sais que je suis encore un petit peu là-dedans. Et qu'en fait, c'est vraiment la naissance de mon deuxième enfant qui l'a déclenché. et même si ça va mille fois mieux et que je sais que ça a diminué, je pense qu'il y a encore un peu cet état d'alerte. Je referme ma parenthèse. Troisième point, ton microbiote. Les bactéries de ton intestin, elles sont propres à toi. Et je sais que ça peut sembler loin du sujet de la perte de poids, mais le microbiote va influencer directement la façon dont tu vas assimiler ce que tu manges, dont tu gères l'inflammation, dont tu vas réguler tes émotions. Deux femmes qui mangent exactement la même chose n'ont aussi pas forcément les mêmes résultats parce que, d'une part, leurs microbiotes sont aussi différents. C'est exactement comme ton empreinte digitale. On n'a pas tous les mêmes... Enfin, il n'y a pas un microbiote qui est le même. Même le cas des jumeaux des jumelles, je crois. Ça d'ailleurs, parenthèse, je ne sais pas. Question à vérifier. Je suis en train de me demander. Quatrième point, je crois. Les hormones. Ton cycle, ta thyroïde. Une femme qui va être en phase de pré-ménopause. Une autre en postpartum. Une autre sous contraceptif hormonal depuis 10 ans. Une qui n'a jamais pris de contraceptif, zéro pilule toute sa vie. Elles n'ont pas toutes le même terrain. leur âme. corps va répondre différemment du coup aux mêmes efforts. C'est ni juste ni injuste, c'est biologique, c'est... c'est comme ça. Et un point cinquième qu'on a déjà un petit peu effleuré au-dessus, c'est le sommeil. Deux nuits de mauvaise qualité peuvent suffire à déjà augmenter significativement la gréline, qui est donc l'hormone de la faim, et à diminuer la leptine. qui est celle de la satiété. Donc, on est d'accord que quand on a des enfants bas âge, déjà, c'est normal qu'on ait plus envie de manger et des plus grosses quantités. Les compulsions du lendemain d'une mauvaise nuit, ce n'est pas du tout un manque de contrôle. C'est ton cerveau qui est épuisé, qui cherche de l'énergie rapidement. C'est neurobiologique. Et ça, pareil, perso, je l'ai vécu et c'est normal et j'étais OK avec ça. Je savais que c'était ça pendant cette phase et c'est OK. Dernier point, ton histoire émotionnelle, on va dire. La façon dont tu as aussi appris à réguler tes émotions ou à ne pas les réguler depuis l'enfance, ça aussi, c'est quelque chose qui a laissé une empreinte, des empreintes dans ton système nerveux. Ces empreintes, elles vont donc influencer ta façon de manger, de te consoler, de te nourrir. Elles ne disparaissent pas parce qu'une autre femme a la chance, entre guillemets, de ne pas les avoir. Là, je sors d'une consultation où elle me disait qu'elle avait eu une discussion avec sa sœur où leur mère leur disait « tu dois finir ton assiette, tu dois finir ton assiette » . Je pense à une autre hier, qui est beaucoup plus âgée, qui a la soixantaine d'années, où ses parents sont des ressortissants de guerre. Ben oui, là c'est pareil, tu manges. Et elle me disait que mettre un bon repas sur la table, les aliments doudous, des gâteaux, du sucre, c'était une manière de montrer à quel point on aime la personne. Tout ça s'ajoute, ton histoire émotionnelle va aussi énormément avoir un impact. Et ce que je veux dire, c'est que tu ne peux pas te comparer à quelqu'un, tu te compares en fait à un... Ouais, tu ne peux pas te comparer à quelqu'un, tu te compares à un contexte entier que tu ne vois pas. Je crois que c'est ça qui est vraiment important déjà de clarifier. Deuxième partie, je veux vraiment te parler de ce que la comparaison fait concrètement à ton cerveau. Parce que c'est ça aussi qui est vraiment intéressant, et tu vas voir quand même assez cruel. Quand ton cerveau enregistre une comparaison des favorables, toi versus elle, toi qui n'avance pas versus elle qui avance, il active les mêmes zones que celles qui traitent la douleur physique, le cortex. Je crois que c'est quoi son nom ? Je ne sais plus. Bref, en tout cas, c'est la même zone, c'est cortex machin machin, bref, je ne sais plus. En fait, c'est la même région qui s'allume que quand tu te brûles la main. La comparaison, elle est là. Donc en fait, ça fait mal. Et comme toute douleur, elle déclenche une réponse de stress. Donc, cortisol, adrénaline, corps en mode survie. Ce qui crée exactement les conditions biologiques qui rendent la perte de poids. Plus difficile. Est-ce que du coup tu vois ce cercle vicieux qu'enclenche neurobiologiquement la comparaison ? Donc la comparaison, elle ne motive pas, elle te sabote chimiquement. C'est quand même dingue. Et il y a aussi quelque chose qui est encore plus pervers là-dedans, c'est les réseaux sociaux. Je ne sais pas s'ils ont été conçus intentionnellement, délibérément. pour activer en boucle ce circuit ou pas, mais ce qui est sûr, c'est que chaque photo que tu vas faire défiler, chaque transformation avant-après que tu vas voir, chaque corps différent du tien, peut déclencher une micro-comparaison, et donc une micro-douleur, et donc une micro-dose de cortisol, et ça, bah, des dizaines, voire des centaines de fois par jour. Donc, c'est vraiment pas une question de force mentale. Ce n'est... Pas un manque de caractère, un manque de motivation. C'est un système qui exploite un biais cognitif aussi vieux que l'espèce humaine. Et on y est exposé des heures et des heures par jour. Ensuite, j'aimerais te raconter quelque chose. Ça, c'est une image qui m'est venue ces derniers jours et en fait, elle me reste. Je te propose d'imaginer une forêt. Des chênes, des boulots, des pans, des êtres. Chacun pousse à son rythme. Chacun a besoin d'un sol un peu différent, d'une exposition au soleil, à la lumière différente. d'une quantité d'eau différente. Je crois que le chêne, Jean, il met... Je crois que le chêne, c'est ça, il met genre 100 ans à vraiment devenir ce qu'il est, quoi. Vous voyez, un vrai chêne, quoi. Alors que le boulot, il pousse super vite. Maintenant, imagine un chêne de 10 ans, du coup, qui regarde un boulot de 10 ans. Le boulot, lui, il est déjà haut. Il est déjà visible, il est déjà, du coup, impressionnant. Mais le chêne, lui, il est encore... Il est assez trapu, il est encore assez petit, il est en train de construire seulement ses racines en profondeur, là où en plus on ne voit rien. Mais si on revient 50 ans après, le chêne, lui, il sera encore là. Parce que le chêne, il ne pousse pas moins bien, il pousse autrement. Il pousse d'abord dans les profondeurs, dans ce qu'on ne voit pas. Et donc, pour comparer au corps, ton corps en fait, il n'est pas en retard. Il est en train de construire quelque chose de plus profond. que ce qu'on voit. Et te comparer à un boulot quand t'es un chêne, c'est te demander d'être une autre espèce en fait. Et c'est pas possible, tu peux pas. Tu ne peux pas le faire. Tu vois ce que je veux dire ? C'est vraiment... En fait, on compare des choses qui sont incomparables. On se compare entre nous alors que c'est... On peut pas en fait. Il y a trop de différences. Bah, tout ce que j'ai dit avant. La dernière chose que je voulais parler, c'est de ce livre. que je suis en train d'écouter là, que j'adore vraiment vraiment, Avoir le courage de ne pas être aimé de Kishimi et Koga. C'est un livre de philosophie avec une discussion en fait basée sur la psychologie d'Alfred Adler qui est un contemporain un peu de Freud, qui est beaucoup moins connu, genre moi je ne le connaissais pas avant ce livre, mais par contre à mon sens... beaucoup plus utile pour ce sujet-là. Donc Adler propose quelque chose, je trouve, d'assez tranché, d'assez radical. Il dit que toute souffrance qui vient de la comparaison vient d'un seul endroit. On a transformé sa vie en compétition. On s'est mis sur une échelle, en haut, en bas, devant, derrière, peu importe, et on passe son énergie à regarder où les autres se trouvent sur cette échelle. Plutôt que d'avancer sur notre propre chemin, sur notre propre échelle. Et cette échelle, ce chemin, pour sortir de là, c'est pas arrête de te comparer, parce que ça c'est une injonction de plus, et les injonctions c'est tout ce que ça donne, pas grand chose. Le chemin, c'est de changer d'axe. C'est passer d'un chemin d'une échelle verticale à l'horizontale. Ce n'est plus se demander, est-ce que j'avance ? plus vite qu'elle, mais plutôt se demander est-ce que j'avance dans la direction qui est juste pour moi ? Je continue un peu là-dedans. La seule comparaison qui a du sens, c'est toi hier et toi aujourd'hui. Pas elle hier et toi aujourd'hui. C'est toi, tes points de départ à toi, ton contexte à toi, tes obstacles à toi. On se... recentre sur soi, de l'autocentrage. Est-ce que tu finis un repas un peu plus souvent avec moins de culpabilité qu'il y a trois mois ? Est-ce que tu reconnais parfois la différence entre la faim et l'envie de manger comparée à il y a trois semaines ? Est-ce que ton corps te parle et tu commences à l'entendre même un peu ? Ça, ce sont des indicateurs. Pas les siens. Et Adler... va aussi dire autre chose que je trouve génial, c'est, il dit que le besoin de reconnaissance, d'être vu, d'être validé, d'être approuvé, c'est ce qui nous empêche le plus d'avancer. C'est ce qui nous enchaîne très profondément. Et que notre liberté, que la liberté, commence au moment où on accepte de ne pas... pas être comprise par tout le monde, de ne pas être au même endroit. que tout le monde. D'exister tel qu'on est profondément, sans avoir à justifier son rythme. Tu n'as pas à expliquer pourquoi tu avances comme tu avances. Tu n'as pas à te défendre d'être là où tu en es. Je pense d'ailleurs que je vais lire, acheter le livre, au moins un livre d'Alfred Adler, parce que vraiment là, ce livre inspiré de sa pratique et de sa philosophie, je le trouve génial. Je reviens au sujet de la comparaison. La comparaison ne te donnera jamais l'énergie de changer, d'évoluer. Elle ne fait que te rappeler à quel point tu te crois en toi sur une course que tu n'as pas choisi de courir. Quand j'ai vu cette métaphore, cette phrase, je me suis dit je la prends, elle est trop géniale et du coup j'ai même envie de te la redire. La comparaison ne te donnera jamais l'énergie de changer. Elle ne fait que te rappeler à quel point tu crois, tu te crois en retard sur une course, que tu n'as pas choisi de courir. C'est ce que j'essaie de faire dans mon cabinet, dans ce podcast, dans tout ce que je partage. C'est t'aider à quitter cette course-là. Pas pour renoncer à évoluer, pas du tout, on est d'accord, mais pour évoluer dans la bonne direction, pour toi, sur ta direction à toi, sur ton chemin à toi. Et si tu sens que la comparaison... Elle prend vraiment trop de place en ce moment, qu'elle s'invite beaucoup trop dans tes repas, dans tes matins, dans le regard que tu poses sur toi face au miroir. Alors peut-être que tu peux réécouter encore cet épisode. Et en attendant, la prochaine fois que tu te regardes dans le miroir avec un regard trop haut, où tu te compares aux autres, où tu regardes quelqu'un et qu'il y a un calcul qui se fait tout seul dans ta tête, essaie juste de te demander. Et bah, dans quel sol elle pousse ? Si c'est plutôt un chêne ou un boulot. Et toi, dans quel sol tu es ? Tu pousses. Et ça, c'est une très grosse différence. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. J'espère que le rythme de ce podcast était bon. C'est vrai que quand c'est un sujet qui me tient très à cœur, j'ai l'impression que je parle plus vite et que j'articule moins bien. Je suis navrée si ça a été le cas. N'hésite pas à la réécouter, adapter la vitesse, je suppose que de tout meilleur. Si elle n'était pas bonne, tu l'as fait. Et je te dis à lundi prochain pour un nouvel épisode de podcast. Merci de m'avoir écoutée. N'hésite pas à commenter, partager cet épisode. Et à bientôt !