Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode, l'épisode 120, que je vais commencer par une question. Est-ce que... Tu as eu déjà la pensée que comme c'est les vacances, tu allais avoir plus de temps pour faire du sport. Comme c'est le week-end, tu allais avoir plus de possibilités. Comme si les vacances allaient te donner l'énergie, l'envie, comme si le problème c'était le temps. Parce qu'à mes yeux, je crois que le sport n'est presque jamais en fait le vrai sujet, ni le temps. Ce qui se joue dans ce report, dans ce « je ferai du sport demain, quand ce sera les vacances, j'aurai le temps » le temps, quand ce sera le week-end, c'est quelque chose de beaucoup plus large. La difficulté à tenir une promesse envers soi-même, quand personne d'autre n'attend le résultat. A mes yeux, c'est plutôt ça le vrai sujet. Le sport, c'est juste l'endroit le plus visible, parce que c'est quelque chose de mesurable, qu'on va adapter, parce que tout le monde autour de toi va peut-être te demander si tu t'ermises, etc. Mais le mécanisme qui fait que tu remets ta séance à demain, c'est le même mécanisme qui te fait remettre le rendez-vous médical que tu reposes depuis des mois, ou une conversation très importante que tu devrais avoir avec un proche et que tu n'as toujours pas eu. On va donc plutôt creuser ce sujet-là ensemble et en toute bienveillance. Première chose, un cerveau fatigué cherche la récompense la plus rapide, pas la meilleure. Je répète, un cerveau fatigué, épuisé, cherche la récompense la plus rapide, pas la meilleure. Donc, après une journée où tu as géré tes enfants, le travail et les mille détails que personne d'autre ne voit que toi, ton cerveau ne va pas choisir l'effort dont le bénéfice va arriver à la fin de ta séance, c'est-à-dire dans une heure. Ou peut-être même les plus gros bénéfices dans une semaine, dans quinze jours, au bout d'un mois, où tu le verras sur ton corps. Il va choisir ce qui apaise tout de suite. Donc ce n'est pas du tout un manque de volonté, c'est une logique de survie à court terme qui prend le dessus quand les ressources sont basses. C'est pour ça qu'il est vraiment essentiel qu'en première intention, tu gères ton épuisement si c'est le cas, ta fatigue psychologique, émotionnelle si c'est le cas. Et maintenant, je vais te poser la question à toi. Pourquoi tu remets ça à demain ? Ce qui te ferait du bien aujourd'hui ? Question inconfortable et profonde, on est bien d'accord, donc prends deux secondes avec moi pour y réfléchir. Qu'est-ce que tu te réponds, là tout de suite, quand tu te poses cette question pour toi ? Et j'aimerais, s'il te plaît, insister sur un point, parce qu'il change énormément de choses. Ne te crée pas seulement la réponse dans ta tête. S'il te plaît, écris-la. Prends un stylo dans un cahier et note. Ouvre l'application Note de ton portable et inscris-la. Pose la réponse quelque part en dehors de toi et de ton cerveau. Ce qu'on pense dans sa tête reste flou en fait. Quand on l'écrit, ça permet de le rendre plus concret. C'est beaucoup plus puissant et ça t'aide beaucoup plus à évoluer, à transformer ce que tu as écrit en action. Vraiment, tu l'intellectualises beaucoup plus. Donc je t'invite à prendre deux secondes, mettre pause sur cet épisode si jamais, et écrire la réponse. Même si c'est plus ou moins flou ou si tu n'as pas de réponse, écris déjà la question et tu y reviendras plus tard. Deuxième chose. et c'est peut-être quelque chose d'encore un peu plus inconfortable que la question juste d'avant, c'est que le sport te met face à toi-même. C'est un moment où tu es seul avec ton corps, avec toi-même, sans distraction, sans personne à qui donner quoi que ce soit. Et pour une femme qui a désappris à exister pour elle-même, ce moment-là peut être plus dérangeant qu'il n'y paraît. Tu ne fuis pas l'effort, rien à voir. Tu fuis. peut-être le silence que ça t'impose. Tu fuis peut-être la rencontre avec ce que tu peux ressentir dans ton corps quand plus rien ne vient occuper ton esprit. Troisième chose, il y a peut-être aussi de la peur. La peur de tenir. Commencer, c'est facile en fait quand on commence tous les lundis. Ce qui peut faire peur, c'est ce qui vient après. Continuer, ne pas lâcher. Devenir quelqu'un qui tient ses promesses envers elle-même. Tant que tu ne commences pas vraiment, tu ne prends pas le risque de te prouver à toi-même, une fois plus que tu abandonnes. Reporter, dans ce sens-là, c'est pas du tout de la paresse, ça peut être une forme... de protection. Ça peut être une forme de te garder dans cette zone de confort qui, on est d'accord, pourtant très limitante pour toi. Mais en même temps, ça, je l'ai répété déjà plein de fois, l'être humain préfère rester dans sa zone de confort qui est pourtant moins bénéfique pour ton évolution personnelle que sortir de cette zone de confort qui va te permettre de t'épanouir. Maintenant, regarde où ce même mécanisme tourne aussi dans ta vie. Et peut-être même de manière tellement discrète que tu le remarques pas totalement. Je prends cet exemple parce que ça m'a marqué de la part d'une copine un rendez-vous médical que tu repousses depuis des mois. J'ai une de mes copines qui n'est pas allée chez le kiné alors qu'elle devait y aller pour son poignet. Mais elle le repousse, elle l'a repoussé, elle l'a repoussé. Peut-être qu'à ce jour-là, on n'en a pas rediscuté, mais elle l'a encore repoussé parce qu'elle bosse, parce qu'elle a ses deux garçons à s'occuper. E Je peux dire ça, mais en fait, ça me revient totalement à moi. Je vais bien chez le kiné en ce moment trois fois par semaine pour la rééducation de mon genou. Par contre, je sais que j'ai aussi totalement besoin de refaire une rééducation du périnée. Mais pour le moment, elle est en stand-by. Elle est en stand-by parce qu'elle n'est pas kata. Pour autant, elle est nécessaire. Mais je sais que j'attends d'avoir une séance de kiné en moins pour du coup la remplacer par du kiné du périnée. Mais vous voyez, c'est aussi encore un exemple. Ça peut être aussi le projet personnel dont tu parles depuis des années sans au final l'avoir vraiment commencé. Ça peut être aussi le moment de repos que tu ne t'accordes qu'une fois que tout le monde aura été servi, nourri, rassuré, endormi. Ça peut être aussi une conversation importante que tu remets à plus tard parce que le moment n'est entre guillemets jamais le bon. Ça peut être ces vacances, ce temps pour toi que tu aurais terriblement besoin mais que tu reportes parce que... Et bien là, au final, l'enfant est malade parce qu'au final, là, tu as une deadline au niveau du boulot, parce qu'on t'a donné tel dossier en plus à faire, etc. Et toi, tu finis toujours par passer en dernier. Et si on revient aux vacances, puisqu'on a commencé par ce sujet, combien de choses attendent les vacances pour être faites dans ta tête ? Le sport peut-être ? Le rangement de telle partie de ta maison ? Le temps pour toi ? L'appel à cet ami que tu n'as pas eu au téléphone depuis très longtemps ? Comme si les vacances étaient une version de toi plus disponible, peut-être plus généreuse envers toi-même. Alors qu'en vrai, cette version de toi, si elle ne sait pas se rendre disponible pour toi-même aujourd'hui, je crois qu'elle a peu de chances de l'être dans 15 jours quand tu seras en terrasse, en vacances. Oui, les vacances nous accordent globalement un peu plus de temps, mais faut-il encore l'utiliser pour soi, se prioriser ? Et là, la procrastination du sport peut devenir un miroir. Elle peut raconter très précisément la place que tu t'autorises à prendre dans ta propre vie au quotidien. J'essaye moi aussi, comme tout le monde, de me demander ce que je protège vraiment quand je remets à plus tard un truc qui, pour autant, me ferait du bien. Et je n'ai pas toujours la réponse tout de suite, mais en tout cas, je m'interroge. Je continue de m'interroger. et de noter des potentielles réponses avec des points d'interrogation. Et du coup, ma dernière question pour toi, ça va être ça. La prochaine fois que tu remets à demain ou aux vacances, en tout cas quelque chose qui pourrait te faire du bien aujourd'hui, qu'est-ce que tu es réellement en train de protéger ? Tu as le droit de ne pas savoir, ça prend du temps, c'est tout un processus. Et c'est ok, mais pour autant, je pense que c'est une bonne réflexion à avoir pour soi, pour s'aider. à évoluer pour avancer sur ce magnifique chemin. Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout et à lundi prochain pour un nouvel épisode.