Speaker #0Bienvenue sur le podcast Manger en Paix. Je suis Charlène Béraud, diététicienne, nutritionniste et hypnopraticienne avec une approche très globale. Et ma mission est simple, rendre aux gens la joie d'habiter leur corps. Ici, on parlera donc de la vie de la personne. bien évidemment du corps, de nos comportements alimentaires et de l'estime de soi, sans pression et sans violence. Ce podcast, c'est comme un chemin, un chemin où chaque épisode t'aide à avancer vers une relation plus douce avec toi-même, à ton rythme, à toi. Si tu es là, c'est que tu aspires à plus de paix, de liberté, de légèreté. Alors bienvenue, respire un bon coup, tu es au bon endroit. Bonjour à toi et bienvenue dans ce nouvel épisode où aujourd'hui, je vais te parler d'un truc qu'on nous nomme jamais vraiment alors que beaucoup d'entre vous, d'entre nous, on le vit au quotidien. C'est le fait d'éviter les miroirs. J'ai choisi, j'ai eu l'envie plutôt d'aborder ce sujet parce qu'hier, une patiente m'a dit, ouvrez les guillemets, j'ai osé montrer mon corps comme ça. Elle venait de se voir en fait dans la glace, dans les miroirs chez son kiné pour sa première séance et vraiment, cette phrase, elle m'est restée. Parce que j'ai ressenti extrêmement profondément tout le poids de ce que ça lui a coûté de faire cette première séance chez le kiné et de voir son corps dans le miroir en même temps. On va revenir sur cette phrase dans un premier temps. J'ai osé montrer mon corps comme ça au monde, aux gens. Oser, c'est le verbe qu'elle a utilisé. On ose faire. Un truc quand il y a un danger derrière, non ? On n'ose pas se verser un verre d'eau, parce qu'on n'utilise pas le verbe oser généralement quand on se sert un verre d'eau. Il n'y a pas de danger. Il n'y a pas de... Il n'y a pas de danger. On ose sauter en parachute. On ose prendre la parole devant un public. On ose dire à quelqu'un qu'on l'aime. Alors ? Si ma patiente a utilisé ce verbe, j'ai osé montrer mon corps comme ça. Ça veut dire que si voir son propre corps demande d'oser, ça veut dire qu'à un moment, ton cerveau, il a classé que montrer ton corps, c'est dans la même case, dans la même catégorie que sauter en parachute. Et je sais que ça, beaucoup d'entre vous le ressentent, et c'est pour ça que je suis ravie. de faire cet épisode uniquement sur le sujet du miroir et de l'évitement des miroirs et des conséquences. Et de commencer à avancer, à s'en servir comme un moteur et non comme un frein. Parce que je sais que beaucoup de vous évitent les miroirs dans votre maison, dans les couloirs, dans les cabines d'essayage, vont se fixer seulement sur leur visage. que certaines... D'entre vous ont même retiré les miroirs de chez elles ou peut-être même les recouverts d'un bout de tissu comme dans les maisons en deuil. Alors, on va commencer avec pourquoi on fait ça. Pourquoi le cerveau se met en mode évitement face à son propre reflet ? C'est donc maintenant le moment où je vais commencer à t'expliquer pourquoi ça arrive. Comme ça, ça commence déjà à enlever une partie de la honte. L'évitement, en l'occurrence donc là, du miroir, ça a une fonction précise, c'est-à-dire baisser l'angoisse que tu ressens à l'instant T sur le moment précis, présent. Tu évites le miroir, ton cœur ralentit, la boule au ventre disparaît, tu te sens un petit peu mieux dans la seconde, relâchement. Le souci, c'est que ce soulagement immédiat, il a un prix caché, il confirme. à ton cerveau que le miroir était bien dangereux, puisque tu l'as fui et que ça t'a fait du bien de le fuir. Résultat, la prochaine fois, ton cerveau va te pousser à éviter encore plus fort et recommencer l'expérience encore et encore. C'est du coup en fait exactement le même mécanisme qu'une phobie. Tu évites l'avion, tu te sens soulagé, t'as peur de l'avion. Par contre, elle, elle grandit au lieu de diminuer. Parce que tu n'as jamais eu l'occasion de vérifier que rien de grave n'allait se passer. Le miroir, c'est pareil. Chaque fois que tu l'évites, tu ne donnes jamais à ton cerveau la preuve que te voir, ce n'est pas dangereux. L'évitement te protège à très court terme et en même temps entretient la peur à long terme. Précision hyper importante, on est bien d'accord qu'il n'y a aucune culpabilité à avoir là-dedans. Parce que ton cerveau, il fait exactement ce dont pourquoi il est conçu, c'est-à-dire te protéger d'un danger qu'il a appris à repérer. Peu importe en fait que ce danger soit vraiment vraiment vrai réel ou non. En tout cas qu'il soit dangereux pour ta survie. Parce que ce n'est pas le cas, par contre, pour ton mental, pour ton ressenti, on est bien d'accord que c'est un autre délire. On en discutera juste après. Avant de zoomer un petit peu plus et justement de détailler ça après, j'aimerais d'abord zoomer sur le mécanisme en lui-même et précisément dans un contexte particulier. Où je trouve où justement ce mécanisme peut devenir un peu vicieux. C'est la salle de sport. Ou justement, comme chez ma patiente, chez le kiné. Ce sont des lieux qui sont censés te faire du bien. Où tu vas justement pour te donner un moyen supplémentaire d'avancer vers ce que tu veux pour toi, pour ton corps. Sauf que dans les salles de sport, il y a des miroirs partout. Et voir son corps actuel dans ce miroir-là, entouré d'autres corps, ça peut être extrêmement douloureux. J'en parlais il y a... pas si longtemps que ça justement sur Instagram. Et du coup, la solution la plus simple dans l'instant, c'est de ne pas y aller. Et nombreux d'entre vous sur Instagram avaient justement répondu ça au sondage que du coup, voilà, en fait, ils sont allés trois fois et après ciao parce que c'était trop difficile. Et on est bien d'accord que ça n'a rien à voir avec un manque de motivation, pas du tout. C'est ton cerveau qui a fait ce qu'il sait faire de mieux, t'épargner une douleur immédiate, même si ça te coûte Merci. Quelque chose sur la durée. Alors, si tu as arrêté d'aller à la salle de sport et que tu culpabilises pour ça, commence plutôt par te demander si ce n'est pas le miroir que tu fuis avant de te dire que tu manques de volonté. Parce que ce n'est déjà pas le même problème, ce n'est déjà pas le même sujet. Maintenant, je reviens à ma patiente. Donc non, se voir dans ce miroir ne l'a pas tué. Mais par contre, ça lui a fait extrêmement mal. Physiquement, il y avait un nœud dans le ventre qui n'est pas parti. Mentalement, il y avait cette voix qui a commenté chaque centimètre de son corps de manière très critique et très jugeante, tu t'en doutes. Émotionnellement, il y a une tristesse qui la suivait encore le lendemain lors de notre consultation. Et sur le moment, ça ne l'a donc pas motivé à continuer. et c'est à la même plutôt... découragée parce qu'elle a été envahie, submergée d'émotions physiques, mentales et émotionnelles très douloureuses. Dans de très rares cas, ça peut déclencher un déclic magique, mais on est bien d'accord que c'est extrêmement rare. Pour autant, je vais te donner trois outils et un bonus, on va dire, donc quatre outils, pour que cette douleur-là, tu tentes qu'elle ne te bloque pas complètement. pour qu'elles ne se transforment pas en évitement dental et pour que tu puisses retrouver un peu d'entrain plutôt que de subir, subir cette douleur en boucle. Le premier, c'est de reprendre la main sur le timing. Je m'explique. Un miroir qu'on croise par hasard, c'est le miroir qu'on subit. C'est la douleur qui frappe le plus fort, en tout cas qui fait le plus mal selon moi. Si tu sais que tu vas devoir... aller chez le kiné, à la salle de sport, aller en magasin et donc dans une cabine des sillages, tu peux peut-être déjà décider par toi-même du moment et surtout de la durée avant d'y aller. Je m'explique. Peut-être là, je vais aller chez le kiné, je prends l'exemple de ma patiente, je vais me regarder 5 secondes dans le miroir, pas plus. Tu comptes et paf, tu détournes le regard. Ce n'est pas du tout de la lâcheté, c'est au contraire, de la reprise. de monopole, de... Ah, je ne trouve pas mon mot ! Du contexte, de la situation, on va dire c'est toi qui pilote l'exposition de ton corps au lieu de laisser ton regard tomber dessus. Ça, c'est déjà une première chose pour redevenir maître. Voilà, c'était le mot que je voulais dire. La deuxième chose, c'est de te donner un poids d'ancrage. La deuxième chose, c'est de te donner un point d'ancrage avant d'affronter ce moment-là. Une respiration profonde, peut-être une main posée sur ton cœur si cela peut t'aider à t'apaiser, et une phrase que tu te dis à toi-même. Comme du type, je suis en sécurité, même si c'est horrible. Je suis en sécurité, même si c'est horrible. C'est quelque chose que je travaille notamment en hypnose avec certaines de mes patientes, c'est-à-dire créer un endroit sécurisant, stable, le plus serein possible en toi, sur lequel tu vas pouvoir te poser avant, pendant et après, dans cette situation, mais aussi dans plein d'autres. pour qu'en fait, ton corps n'associe pas systématiquement le miroir à un danger, à un gros problème, sans issue. Donc toi, sans passer par les séances d'hypnozavique, tu peux déjà peut-être l'expérimenter en tentant de fermer les yeux, de prendre une à trois respirations profondes, mais genre vraiment une à trois vraies respirations. Tu inspires par le népart dans trois secondes, tu retiens une seconde, tu expires pendant... 5 secondes. Et genre vraiment tu expires par la bouche parce que ça, trop de fois je ne vois pas les gens expirer vraiment. Et en même temps, tu peux te dire une phrase qui te parle avant cette exposition au miroir. Comme je suis en sécurité même si c'est horrible. Je suis en sécurité mais ce n'est qu'un miroir. Je suis en sécurité mais mon corps reste entier. Il y a plein de possibilités. Et la troisième. c'est de se séparer de ce que tu ressens, de ce que tu es. Je répète, c'est séparer ce que tu ressens sur le moment d'envoi le miroir de ce que tu es. De ne pas fusionner avec. Parce qu'après un moment difficile devant un miroir, la tentation qui n'est pas cool du tout et qu'on fait tous de manière automatique, c'est de se dire « je suis nul, je n'y arriverai jamais » . Et ça, c'est non. balaye-moi ça de ta tête. Essaye plutôt de nommer la chose telle qu'elle est. Je viens de vivre un moment horrible. Ce moment était horriblement douloureux. Je ressens énormément de tristesse, de colère par ce que je me suis vu dans le miroir. Ce n'est pas la même phrase et on est d'accord que ce n'est pas du tout qu'une question de vocabulaire parce que dans la première enferme, en fait, tu... t'enferme dans une identité, dans tu es le problème. Alors que dans la deuxième, tu décris le contexte, l'instant qui se passe sans t'inclure totalement, entièrement dans le problème, dans la situation difficile. Et ça, crois-moi, c'est hyper important. Et si jamais tu t'englobes au départ dans cette phrase, dans ce problème, reformule dès que tu en prends conscience, même si c'est une demi-heure de deux jours après. Et si jamais c'est hyper dur de reformuler, tu peux m'écrire sur Instagram, on en discute en consultation, ou si jamais, peut-être tu utilises Elia, tu demandes à ChatGPT, à Claude de peut-être reformuler pour toi cette phrase pour ne pas t'inclure entièrement dedans et défusionner. C'est le terme entre guillemets comportemental qu'on utilise. Ne pas fusionner, ne pas te fusionner avec le problème, mais simplement... Le citer tel qu'il est. Je vis, je viens de vivre un moment extrêmement douloureux face à mon miroir. Mais ce n'est pas je suis le problème, je suis horrible devant mon miroir. C'est subtil, mais c'est hyper important et intéressant. C'est super important et très utile pour prendre un petit peu de recul. Dernière chose, le quatrième point, le petit bonus que trop de gens sous-estiment, c'est l'outil. de l'écriture. Écris. N'hésite pas à écrire ce moment difficile. Pose-le sur le papier, ouvre une note sur ton portable, et paf, tu la supprimes après. Pour t'éviter, pour t'aider à arrêter de ressasser en boucle dans ta tête cette scène qui te fait souffrir, et du coup tu te fais ressouffrir encore, encore, et encore, et encore. Vraiment, l'écriture, je ne cesserai de le dire, c'est la meilleure thérapie gratuite de tous les temps. A titre perso, je l'utilise beaucoup. Je l'ai notamment encore utilisée hier soir parce que pour diverses raisons, moralement, ça n'allait pas spécialement. Et elle m'a aidée encore une fois. Donc vraiment, ose. Et je sais, on a souvent... Oui, mais moi, ce n'est pas pour moi l'écriture. Test. Franchement, tu t'écris de la manière dont tu veux. Juste, tu déposes sur le papier toutes les phrases que tu te dis en boucle dans ta tête. Tu les poses sur le papier, sur une note et... tu supprimes parce qu'en fait, ressasser dans la tête, même si tu le conscientises, en fait, ça ne t'aide pas. Ça ne t'aide pas et ça continue en boucle et ça tourne encore et encore. Donc, n'hésite pas à tester aucune. personne qui a vraiment testé cet outil m'a dit que ça ne l'a pas aidé. Ça aide forcément un petit peu à un certain niveau. Voilà, je vais te laisser là-dessus. J'espère que cet épisode aura pu t'être utile. N'hésite pas à le partager à une personne qui, tu sais, qui a beaucoup de mal avec les miroirs, qui est dans l'évitement. Prends soin de toi, fais ton mieux avec l'énergie que tu as aujourd'hui et je te dis à lundi prochain pour un nouvel épisode.