Speaker #0Aujourd'hui, on change un petit peu de registre. On ne va pas parler de framework ni de stratégie à déployer, mais on va parler d'un métier, de mon métier, et plus spécifiquement du poste de chargé responsable comme marketing, car c'est probablement par là que vous aussi, vous commencerez. Si je fais cet épisode, c'est parce que j'ai des retours réguliers de personnes qui me demandent « Steph, je veux baisser dans le marketing ou la com, mais en fait, c'est quoi la réalité ? Qu'est-ce qu'on fait dans ce métier ? » Ou encore récemment « Ma fille veut faire des études de communication, qu'est-ce que t'en penses ? » Alors aujourd'hui, oui. Le sujet, il s'adresse particulièrement aux étudiants, lycéens qui cherchent leur voie, tout comme aux personnes en reconversion qui veulent changer de cap. C'est une thématique qui compte vraiment beaucoup pour moi. Et honnêtement, ce qui me manquait quand j'ai commencé, c'est que quelqu'un me dise tout simplement la vérité. Pas un discours LinkedIn poli. Non, non, la vraie vie. Ça aurait pu m'éviter quelques désillusions. Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de déconstruire des clichés et de parler du quotidien en chargé de com ou de market. En TPE, PME,
Bonjour et bienvenue dans le Market Stef, le podcast qui rend le marketing simple, concret et applicable à votre business, même si vous n'avez jamais mis les pieds dans une école de commerce.
Partie 1, un poste, 1000 visages.
La première chose à comprendre, c'est que le titre chargé de marketing ou responsable communication ne veut pas dire la même chose d'une entreprise à l'autre. En PME industrielle par exemple, tu vas peut-être passer tes journées sur des fiches produits, des catalogues papiers et des salons professionnels. Alors qu'en startup tech, ce sera plutôt du growth, hacking, des campagnes paid et du contenu digital. Dans une association, tu vas gérer les réseaux, les relations presse et les événements. C'est le même métier, mais les tâches sont différentes et les angles et besoins peuvent eux aussi énormément varier. En clair, le poste, il est ultra versatile. Et c'est à double tranchant. D'un côté, c'est ce qui rend le métier passionnant. Chaque entreprise, chaque secteur a ses codes, ses enjeux, ses audiences. Tu apprends en permanence. Mais de l'autre, ça veut dire qu'il n'a pas non plus une fiche de poste standard. Et quand tu es en entretien ou en reconversion, tu ne peux pas juste dire « Ah oui, oui, j'ai fait ça là-bas, donc ça se transfère automatiquement ici. » Non, il faut savoir s'adapter et vite, de préférence. Souvent, sans filet. Si tu fouilles un petit peu au niveau des expériences sur LinkedIn de tes contacts, tu verras que de nombreux communicants, marketeurs, officient souvent un petit peu entre guillemets dans des niches, dans une branche bien définie, comme le sport ou le tourisme. Tout simplement parce que ça prend du temps de s'acculturer à un domaine Merci. et par conséquent, d'en maîtriser les différentes subtilités.
Partie 2, la polyvalence. Ton meilleur ami et ton pire ennemi.
Parlons compétences. Parce que là, il y a un mythe à déconstruire. Le chargé de com ou marketing en TPE, PME n'est pas un spécialiste. C'est un généraliste qui touche un petit peu à tout. Concrètement, dans une semaine, tu peux te retrouver à rédiger des posts LinkedIn et Facebook, vérifier un graphisme externe, analyser des stats Google Analytics, préparer un stand pour un salon, relire un devis pour l'impression d'une plaquette. Mettre à jour le site web, répondre à un journaliste qui veut un communiqué de presse, et j'oublie tout ce qui est mail, réunion, et les demandes de dernière minute de tes collègues ou de ta direction qui a juste une petite idée, un vendredi soir à 17h59, oui, c'est du éclat. Ça demande une vraie polyvalence, du digital au print, de la création de contenu à la gestion de projet, de l'analytique à l'opérationnel. Mais, et c'est vraiment très important, polyvalent, attention. Ça ne veut pas dire omniscient. Tu n'as pas besoin d'être un graphiste pro, développeur web ou expert SEO. Par contre, tu dois avoir des bases solides dans ces domaines. Assez pour comprendre ce qu'on te dit, pour briefer correctement des prestats, pour ne pas te faire enfumer et pour savoir ce qui est réaliste ou ne l'est pas. Cela doit entre autres te permettre de définir ou de gérer des budgets. Avoir une idée de ce que les actions te coûtent en ressources temps et argent. C'est vraiment très important. Si tu ne sais pas lire une heatmap ou que tu confonds une balise H1 avec un titre sur Canva, tu risques de vite être à la ramasse. Les bases, eh bien ça c'est un truc qui est non négociable.
Partie 3, plusieurs casquettes, une seule tête.
Ce qui découle directement de cette polyvalence, c'est la multiplication des rôles. Mais alors, concrètement, une journée type, ça ressemble à quoi ? Eh bien le matin, t'es créateur de contenu. T'écris, tu filmes, tu mets en forme. L'après-midi, bam, tu bascules sur la casquette chef de projet. Tu coordonnes l'agence web, le photographe. le prestataire print, tu gères les délais, les retours et les ajustements. Et entre les deux, tu es aussi un petit peu community manager, analyse, stratège et parfois même commercial, parce que tu as besoin de vendre ta vision en interne. Ce rôle de chef de projet, on n'en parle pas assez quand on présente ce métier. Pourtant, c'est souvent là que ça se joue. Car savoir gérer des prestataires externes, comprendre leurs contraintes, maintenir un cap créatif cohérent, tout en respectant les délais et les budgets, c'est une compétence à part entière. Dans mes expériences professionnelles, j'ai pu croiser des profils qui sont très différents, mais qui étaient toujours en fait complémentaires. Tu vas avoir celui du stratège, qui anticipe, pense, réfléchit, qui va côtoyer le profil plus technique, qui lui optimisera les détails d'une campagne ad ou d'une campagne de mail. Le tout, c'est de connaître ses forces et ses faiblesses, pour surtout ne pas gaspiller son temps. Savoir quand et quoi déléguer pour toujours rester efficace.
Partie 4, incarner une marque, pas te raconter.
Voilà quelque chose qu'on t'explique rarement avant d'entrer dans le métier et qui demande un vrai effort d'adaptation au début du mois. Quand tu travailles pour une entreprise, tu ne parles plus en ton nom, tu incarnes une marque, tu deviens le porte-voix d'une entité qui a ses propres valeurs, propres positionnements, son ton. et ses audiences. Et ça, eh bien, ce n'est pas toujours naturel. Surtout si tu as l'habitude de créer du contenu personnel ou si tu as une forte personnalité créative. Concrètement, tu peux trouver une idée géniale, un angle qui va être super original et devoir l'adapter, voire même mettre ton idée de côté parce qu'elle ne correspond tout simplement pas au ton de la marque. Tu peux avoir envie d'être cash et direct alors que l'entreprise a une communication plus institutionnelle. Ce travail d'effacement, pas de soi au sens créatif, mais plutôt de ton égo créatif, C'est quelque chose qu'on développe avec l'expérience. Au début, il faut savoir que c'est effectivement parfois frustrant. Mais avec le temps, tu apprends à trouver de la satisfaction dans le fait de faire parler une marque mieux qu'elle ne saurait elle-même le faire. Et c'est là que le métier devient vraiment intéressant.
Partie 5, le défi humain, être compris dans ce qu'on fait.
On arrive à un sujet qui fâche, mais qui est bien réel. Le défi humain du métier. Parce que le marketing et la communication, c'est souvent mal compris en interne. Et c'est... particulièrement visible en TPE et PME. C'est tout aussi vrai dans les plus grandes entreprises. Paradoxalement, les équipes qui vont être plus grandes, et parfois il va y avoir moins d'interactions entre les services. Le commercial peut, et bien, ne jamais rencontrer les équipes marketing. Alors oui, je sais que c'est un petit peu fou, mais ça aussi, je l'ai vécu. T'as aussi des directions qui confondent le marketing et la publicité. Des commerciaux qui pensent que ton rôle, c'est de faire des beaux visuels sur les réseaux ou pour leur rendez-vous client. Des collègues qui te demandent de juste refaire le logo vite fait. ou qui pensent que tu fais juste des posts sur les réseaux et que le reste du temps, tu ne fais que scroller dans le vide. Il y a souvent une incompréhension profonde sur ce que tu fais réellement. Comme ton travail de fond, les analyses de marché, les audits de contenu, la stratégie de positionnement, la veille concurrentielle. Tout ça, ça a l'air un petit peu invisible. Ça prend du temps, ça ne se voit pas directement dans les résultats à court terme et ça peut donner l'impression de devoir justifier son rôle lors des réunions avec un dirigeant qui, lui, parfois, s'attend plus à des chiffres. Tout bêtement comme le rendrait un commercial lors de son reporting. La communication interne sur ta propre valeur ajoutée, c'est une compétence à développer. Et personne ne t'apprend ça à l'école. Alors garde-le en tête quelque part. Tu verras, il se peut qu'un jour, ça te sert.
Partie 6. Comprendre les enjeux commerciaux.
Un autre point qu'on sous-estime, le marketing sans lien avec le commerce, ça ne sert à rien. En PME, tu travailles souvent aux côtés d'une équipe commerciale. Parfois un seul commercial. ou parfois encore directement avec le dirigeant qui fait les deux. Et pour que ton travail ait de l'impact, tu dois comprendre comment se vend le produit ou le service. Quelles sont les objections récurrentes des prospects ? Quel est le cycle de vente ? Quels sont les arguments qui font mouche sur le terrain ? Sans ça, tu risques de produire des contenus qui peut-être seront beaux, mais qui ne convertiront pas. Tu lanceras peut-être des campagnes qui vont générer de la visibilité, mais sur lesquelles il y aura zéro lit qualifié. Le chargé de com ou de marketing qui comprend les enjeux commerciaux, c'est celui qui crée... le plus de valeur. Et c'est aussi le profil qui a le plus de crédibilité en interne.
Partie 7, la veille, où ? Comment rester dans le game ?
Le marketing évolue vite, très vite. Ce qui marchait il y a deux ans sur Instagram est probablement mort aujourd'hui. L'IA a bouleversé la création de contenu. Le SEO, il se reconfigure petit à petit avec les moteurs génératifs. TikTok a changé les codes de la vidéo courte. Et tout ça, eh bien, ça ne s'arrête pas. Donc, pour rester pertinent dans ce métier, La veille active, ce n'est pas optionnel. Ce n'est pas le petit bonus sympa du vendredi soir. C'est une vraie part du job. Et ça demande de la curiosité. De l'intérêt sincère pour ce qui se passe dans le secteur. Si tu arrives dans ce métier juste pour avoir un titre sur ton CV, tu vas vite te retrouver dépassé. Si tu veux durer et performer, il faut être passionné, ou tout du moins rigoureux. C'est le genre de personne qui consomme naturellement du contenu sur les tendances marketing, qui suit des créateurs, qui testent des outils pour le plaisir, eh bien, bienvenue à la maison. Tu n'es pas prêt de t'ennuyer. Après plus de 10 ans dans ce domaine, je trouve encore et encore de nouvelles portes à pousser, des sujets à explorer, et j'adore ça.
Partie 8, on en compte la réalité du marché de l'emploi.
On va être honnête, le marché du marketing et de la communication, c'est un marché tendu. Une offre d'emploi pour un poste junior peut recevoir plusieurs centaines de candidatures. Et les profils, eh bien, ils sont souvent solides. Ce sont des gens avec de l'expérience, plusieurs stages à l'heure active, un portfolio bien ficelé. Donc si tu es en train de te former ou de te reconvertir, sache que tu as besoin de te démarquer. Et ça passe par ta capacité à montrer ce que tu sais faire. Pas juste à lister des compétences sur un CV style bullet point. Un book, des projets personnels, un compte où tu testes des choses, une présence en ligne qui montre que tu es dans le game. Eh bien, c'est ça qui fait toute la différence. Le mastodon d'une grande école, tout seul, eh bien, mais ça risque finalement aujourd'hui d'être un peu léger dans le sens où tu risques de te retrouver noyé dans la masse. La résilience aussi, eh bien, c'est une compétence du métier. Car avant de décrocher ton premier poste, tu vas peut-être envoyer 50, 60 candidatures pour avoir... 3, 4, peut-être 5 entretiens. C'est la norme. Et une fois en poste, les projets qui ne se voient pas, les efforts qui n'aboutissent pas, les idées qu'on refuse, ce sera probablement un petit peu ton quotidien. Alors, savoir garder le cap, malgré ça, c'est ce qui distingue les gens qui durent dans ce métier de ceux qui lâchent au bout de deux ans.
Partie 9, s'entourer pour ne pas s'isoler. Le dernier point, et je pense que c'est un point qu'on néglige énormément. En TPE-PME, tu es souvent seul à ton poste. Il n'y a pas d'équipe marketing autour de toi. T'es à toi tout seul le service marketing ou communication. Et ça, ça peut vite être pesant. Pas de collègues pour challenger tes idées. Pas de père pour te dire si ta campagne tient la route. Pas non plus de directeur artistique pour te donner un regard extérieur. Donc se constituer un réseau de professionnels du secteur, sache que c'est vital pour toi. Pas juste pour l'aspect networking au sens commercial du terme, mais vraiment pour avoir des gens avec qui parler boulot, tester des idées, s'inspirer et parfois juste ventiler. Des communautés en ligne, des événements locaux, des masterminds informels, ça existe et ça change vraiment la donne quand t'es solo dans ta boîte. Et paradoxalement, c'est souvent ces échanges extérieurs qui nourrissent le plus ton travail au quotidien.
Outro & Conclusion
Voilà, c'était une plongée dans le quotidien du chargé de com ou marketing en TPE, PME. Un métier polyvalent, simulant, parfois ingrat, mais qui a un vrai impact quand tu le fais bien. Un métier qui demande de la curiosité, de la résilience et... une capacité à t'effacer derrière une marque, et bien pour mieux la faire briller. Si t'es en train de te demander si c'est fait pour toi, pose-toi une question simple. Est-ce que j'aime comprendre pourquoi les gens achètent ? Pourquoi certains messages fonctionnent et d'autres pas ? Si la réponse, c'est oui, et bien tu es probablement au bon endroit. Et toi, est-ce qu'il y a des aspects du métier dont tu aurais voulu entendre parler et que je n'ai pas abordé aujourd'hui ? Dis-le-moi en commentaire, et ça pourrait être l'occasion d'un futur épisode. Prends bien soin de toi, n'hésite pas à m'envoyer tes questions en DM, Et je te retrouve dans 15 jours pour le prochain épisode.