Speaker #0Vous avez un dossier à rendre demain matin, il est déjà 18h, et en plus, vous avez l'anniversaire de votre ancien collègue ce soir. Vous savez, celui avec lequel vous n'avez que de bons souvenirs. Alors bon, autant aller vite. Vous ouvrez ChatGPT, vous tapez quelque chose dans le genre « Fais-moi une stratégie de communication pour mon client » , un prompt vague, vite fait, balancé comme ça là en 10 secondes. Et là, une réponse arrive, structurée, bien mise en forme, en PDF même. Elle est pas belle la vie ? Alors, de loin, ça semble ok. Vous n'avez pas vraiment le temps de tout relire en détail de toute façon. Ce serait dommage de rater la Piaweb. Alors, vous envoyez ça à votre client et là, surprise, il vous répond qu'il ne comprend rien, que vous êtes complètement à côté de son besoin, que le document, en fait, il ne tient pas compte de son secteur, de sa cible ou encore de ses contraintes budgétaires. Bref, c'est la cata. Et vous, vous êtes là, à l'anniversaire de votre pote, avec votre verre à la main et votre téléphone qui vibre. Voilà, c'est le parfait exemple. de ce qu'un marketeur qui sait vraiment utiliser l'IA ne ferait tout simplement jamais. Bonjour et bienvenue dans Market Step, le podcast qui rend le marketing simple, concret et applicable à votre business, même si vous n'avez jamais mis les pieds dans une école de commerce. Aujourd'hui, on plonge dans un sujet qui fait beaucoup parler en ce moment, l'IA ou autrement dit l'intelligence artificielle. Et je vais vous dire tout de suite la couleur. Je ne suis pas là pour vous faire une leçon de tech. ni pour vous vendre un outil miracle. Je suis plutôt là pour vous parler d'une réalité que j'observe tous les jours. L'IA, quand elle est mal utilisée, elle peut faire autant de dégâts que lorsqu'on ne l'utilise pas du tout. Alors, installez-vous, on est parti. Partie 1, démystifier l'IA. C'est quoi concrètement ? Avant d'aller plus loin, on va peser les bases. Parce que pour bien utiliser un outil, il faut un minimum comprendre comment il fonctionne. Pas besoin d'être ingénieur, juste quand même avoir... quelques repères. L'IA, donc intelligence artificielle, c'est un terme très large qui désigne des systèmes capables d'accomplir des tâches qui normalement nécessitent l'intelligence humaine. Analyser, comprendre, générer du contenu. Ce qui nous intéresse ici, eh bien, c'est une sous-catégorie bien précise. Ce qu'on appelle les LLM, les Large Language Model, ou en français, les grands modèles de langage. Mais un LLM, c'est quoi ? Eh bien, c'est un programme qui a été entraîné sur des milliards de textes. Des articles, des livres, des sites web, des conversations. À force d'analyser tout ça, il a appris à prédire, à construire du texte cohérent, à répondre à des questions, à reformuler des idées. Chad GPT, Claude, Gemini, ce sont tous des LLM, des moteurs différents mais qui fonctionnent sur le même principe. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'un LLM ne pense pas. Il ne comprend pas. Il prédit. Il génère la suite la plus probable d'un texte en fonction de ce qu'il a appris. C'est bluffant, mais ce n'est pas magique. Et c'est pour ça... qu'il a besoin de vous. Partie 2, le petit lexique qu'on va utiliser aujourd'hui. Quelques termes que vous allez entendre partout et qu'il vaut mieux avoir bien en tête. Le prompt, c'est l'instruction que vous donnez à l'IA. C'est votre commande, votre question, votre demande. Un bon prompt, il se doit d'être précis, contextualisé et orienté résultat. Un mauvais prompt, c'est vague, sans contexte et sans direction, mais on y reviendra. Le RAG, ou bien Retrieval Augmented Generation, c'est un concept qui est un petit peu plus avancé, mais très concrets. L'idée, c'est d'alimenter votre IA avec vos propres documents, votre charte de marque, vos anciens contenus, vos études clients, vos briefings, pour qu'elle génère des réponses cohérentes avec votre réalité, pas juste avec ce qu'elle a appris de manière générale. En clair, vous lui donnez le contexte, elle s'en sert pour travailler. Les hallucinations, c'est le terme technique pour désigner les moments où l'IA invente des informations, des chiffres qui n'existent pas. des sources qui n'ont jamais existé, des faits complètement faux, mais présentés avec un aplomb déconcertant. Alors oui, ça arrive, et beaucoup plus souvent qu'on ne le pense. L'automatisation, c'est l'idée de déléguer à l'IA des tâches répétitives. Reformulation, synthèse, tri d'informations, première version de contenu, pour libérer votre temps sur ce qui demande vraiment votre cerveau, votre expertise. Alors voilà pour les bases, maintenant parlons du vrai sujet. Partie 3, pourquoi je fais cet épisode ? Si je fais cet épisode aujourd'hui, c'est parce que depuis quelques mois, sur LinkedIn, sur TikTok, sur YouTube, partout, on est absolument inondé de contenus du type « les 5 pompes magiques pour multiplier votre chiffre d'affaires » ou « comment l'IA va remplacer votre équipe marketing en 3 clics » . Et franchement, ça commence à me poser problème. Pas parce que l'IA ce n'est pas bien, alors au contraire. C'est un outil que je trouve absolument incroyable, et je l'utilise moi-même tous les jours, et ce, maintenant depuis des années. Mais parce que derrière ces contenus très bien packagés, Il y a souvent un message implicite qui dit, eh bien, vous n'avez pas besoin de savoir faire les choses, l'IA le fera pour vous. Et c'est là où, pour moi, ça devient vraiment dangereux. Parce que si vous ne savez pas ce qu'il fait, un bon brief client, vous ne saurez pas si ce que l'IA vous a produit est un bon brief client. Si vous ne comprenez pas les bases d'une stratégie de contenu, vous ne saurez pas si la stratégie que l'IA vous a pondue tient la route ou pas du tout. Et vous allez soit utiliser ça pour vous, soit essayer de renvoyer ça à votre client. Et on va retomber dans l'histoire du début de cet épisode. L'IA amplifie ce que vous êtes. Si vous avez un bon niveau, alors elle va vous rendre encore meilleur. Mais si vous avez des lacunes, en revanche, elle va... également les amplifier. C'est aussi simple que ça. Partie 4. Maîtriser votre sujet avant de maîtriser l'outil. Voilà le premier secret des marketeurs qui utilisent bien l'IA. Ils maîtrisent leur sujet. Ils savent ce qu'est un bon contenu, une bonne stratégie et un bon message. Et c'est précisément parce qu'ils savent ça qu'ils savent utiliser l'IA efficacement. Alors, ça se traduit comment concrètement ? Par le prompt, justement, un marketeur qui sait ce qu'il va... Donné à l'IA, un marketeur qui sait ce qu'il fait va donner à l'IA tout le contexte nécessaire. Il ne va pas dire « fais-moi un post LinkedIn » . Il va dire « je suis consultant en marketing pour des TPE dans le secteur du bâtiment. Je m'adresse à des dirigeants de 40 à 55 ans. Mon objectif est de générer de la confiance et de montrer mon expertise. Voici mon ton habituel, voilà un exemple de contenu que j'ai déjà produit. Génèrement, trois variantes, deux postes autour de tel sujet. Vous voyez un petit peu la différence ? L'IA, elle ne sait pas qui vous êtes. Elle ne sait pas non plus qui est votre client. Elle ne connaît pas votre marché. C'est vous qui devez lui donner tout ça. Et plus vous lui donnez de qualité en entrée, donc ce qu'on appelle l'input, plus vous obtenez de la qualité en sortie l'output. La règle numéro 1, avant de prompter, c'est de penser. Posez-vous les mêmes questions que vous vous poseriez si vous brifiez un stagiaire ultra compétent mais qui n'a aucun contexte sur votre business. Partie 5, l'IA comme copilote, pas... comme pilote automatique. Le deuxième secret, c'est la posture. Et c'est peut-être le plus important. Les marketeurs qui s'en sortent le mieux avec l'IA ne lui demandent pas de faire leur travail à leur place. Ils lui demandent de les aider à aller plus vite, plus loin et à tester plus d'options. Voici quelques exemples très concrets de ce que ça veut dire. Tester des angles et des idées. Plutôt que de passer deux heures à chercher l'angle parfait pour un contenu, vous demandez à l'IA de vous générer dix angles différents pour un même sujet. Vous lisez, vous ressentez et vous choisissez celui qui vous parle. Ensuite, vous écrivez, vous, avec votre voix. Faire des maquettes et des premières versions. L'IA, elle est excellente pour briser la page blanche. Vous lui demandez une première version d'un email, d'un post, d'un brief. Ce n'est pas le produit fini, mais c'est le brouillon sur lequel vous allez travailler. La valeur, elle est dans la retouche, dans ce que vous ajoutez, dans ce que vous enlevez. Analysez et synthétisez. Vous avez un rapport de 40 pages. à lire avant une réunion client. Vous le collez dans l'IA. Vous lui demandez d'en extraire les 5 points clés et les 3 opportunités marketing. Vous gagnez du temps, mais vous relisez. Brainstormez vos objets d'email et vos titres. Au lieu de sécher 20 minutes sur un objet d'email, vous en demandez 15 variantes à l'IA, vous en gardez 2 ou 3 qui sonnent juste, vous les affinez. Même logique pour les titres de vos contenus. Organisez votre note de podcast ou de réunion. Vous avez une heure d'entretien client enregistrée ? Eh bien, vous faites transcrire, vous collez dans l'IA Vous lui demandez d'en extraire les besoins à exprimer, les objections, les opportunités, et bam, vous avez une synthèse exploitable en 5 minutes. Dans tous ces cas, c'est vous qui guidez, c'est vous qui devez valider, c'est vous qui décidez. L'IA fait le travail de préparation et de déblayage. Vous faites le travail de jugement. Et c'est précisément là que réside votre valeur. Partie 6, donnez-lui votre contexte. La puissance du RAI. On va aller un cran plus loin. Parce que l'un des problèmes les plus fréquents que j'observe, c'est que les gens utilisent l'IA de manière générique. Ils lui posent des questions sans lui donner leur contexte. Un peu comme parfois on le veut faire sur Google. Et du coup, ils obtiennent des réponses qui sont génériques. Des réponses qui pourraient s'adresser à n'importe qui dans n'importe quel secteur. La vraie magie, elle arrive quand vous alimentez l'IA avec vos propres données. Vos documents, vos anciens contenus, votre charte éditoriale, vos personnes à clients, vos résultats de campagnes passées. C'est le principe, en fait, du RAG que je vous évoquais tout à l'heure. Vous ne lui demandez plus de travailler dans le vide. vous lui donnez votre contexte pour qu'elle travaille dedans. Un exemple concret. Eh bien, vous lui collez votre charte de marque et vous lui dites, en respectant ce ton et ses valeurs, génère-moi une série de 5 posts LinkedIn pour le mois de juin. Exemple concret. Vous lui collez votre charte de marque et vous lui dites, en respectant ce ton et ses valeurs, génère-moi une série de 5 posts LinkedIn pour le mois de juin. Le résultat sera infiniment plus aligné avec votre identité qu'un prompt balancé sans contexte. Autre exemple. Vous avez fait... 10 entretiens clients au cours des 6 derniers mois. Vous compilez vos notes, vous les donnez à l'IA et vous lui demandez d'identifier les trois grandes douleurs récurrentes de vos clients et de vous suggérer des angles de contenu qui y répondent directement. Là, vous avez une stratégie éditoriale ancrée dans la réalité de votre marché, pas dans la réalité de ce qu'il y a pense être votre marché. Partie 7, l'outil importe peu. La technique, si. Dernier point, et c'est celui qui me tient le plus à cœur. Beaucoup de gens passent un temps fou à débattre de quel outil est le meilleur. C'est GPT ou Claude ? Gemini ou Mistral ? Est-ce que la version payante vaut vraiment la peine ? Je vais vous dire quelque chose, c'est une mauvaise question. Parce que ces outils évoluent à une vitesse folle. Ce qui a été vrai il y a 6 mois, ne l'est plus forcément aujourd'hui. Alors investir énormément d'énergie dans la maîtrise technique d'un outil en particulier, c'est un peu comme apprendre à conduire uniquement sur une voiture spécifique. Quand vous en changez, vous êtes perdu. Ce qui ne change pas, c'est la technique, la façon de construire un bon prompt, la façon de structurer votre contexte. La façon d'évaluer un output. La façon d'itérer pour obtenir ce dont vous avez besoin. Ça, c'est une compétence transférable. Quel que soit l'outil que vous utilisez demain, si vous maîtrisez ses fondamentaux, vous saurez vous adapter. Donc testez les outils, oui. Trouvez celui avec lequel vous êtes le plus à l'aise. Mais investissez votre énergie dans la compréhension de la mécanique, pas dans la maîtrise d'une interface en particulier. Et surtout, et je reviens à ce que je disais depuis le début, maintenez votre expertise métier. Liane va... pas remplacer le marketeur qui sait ce qu'il fait. Elle va l'amplifier. Mais elle va facilement noyer celui qui lui délègue sa réflexion sans en avoir les moyens pour la contrôler. Voilà pour cet épisode. En résumé, l'IA est un outil extraordinaire à condition de l'utiliser comme un copilote et pas comme un pilote automatique. Maîtrisez votre sujet, construisez vos promptes avec soin, alimentez l'IA avec votre contexte et gardez toujours la main sur ce qui sort. Ce n'est pas la question... de quel outil vous utilisez qui fera la différence. C'est la qualité de votre réflexion avant, pendant et après. Alors, si cet épisode vous a permis de voir les choses différemment ou de prendre un petit peu de recul sur votre utilisation de l'IA, alors mon travail est fait. Et si vous connaissez un entrepreneur qui balance des promptes dans le vide en espérant des miracles, et bien surtout, partagez-lui cet épisode. Ça pourrait vraiment lui rendre service. Merci d'avoir écouté Marketster. Si cet épisode vous a été utile, partagez-le à un entrepreneur qui en a besoin. Et n'hésitez pas à vous abonner pour être informé des prochains épisodes. Je vous dis à dans deux semaines. On se retrouvera pour parler d'un canal que j'adore, l'emailing.