- Speaker #0
Est-ce que vous ne convertissez pas parce que votre site est moche ? C'est une mauvaise question. La vraie question, c'est est-ce que votre visiteur comprend ce qu'il doit faire quand il arrive sur votre page ? Est-ce qu'il ressent de la confiance ? Est-ce qu'il trouve ce qu'il cherche en moins de 3 secondes ? Parce qu'un site, il peut être beau, très très beau, et quand même ne convertir personne. Aujourd'hui, avec mon invité, on va mettre les mains dans le cambouis. On va parler de l'expérience utilisateur, l'UX, et du design d'interface, l'UI. Alors, non pas comme des concepts d'agence, mais comme des leviers de conversion concrets pour votre business. Bonjour et bienvenue dans Market Step, le podcast qui rend le marketing simple, concret et applicable à votre business, même si vous n'avez jamais mis les pieds dans une école de commerce. Hello Chloé, avant qu'on ne plonge dans l'univers de l'UXI, est-ce que tu peux te présenter, nous dire un petit peu qui tu es, nous parler de ton parcours pour devenir aujourd'hui une experte reconnue dans le monde de l'UXI, et puis surtout ce qui te... passionne dans ton métier ?
- Speaker #1
Enchantée, bonjour à tous. Moi, j'appelle Chloé Walfard. Aujourd'hui, je suis plutôt ce qu'on appelle expérience et product strategiste ou manager design, ça dépend des missions. J'ai commencé avec des études de sociologie et d'anthropologie que j'ai cumulées avec de l'ergonomie cognitive, le tout spécialisé dans les nouvelles technologies. Donc vraiment, mon diplôme a été vraiment focus sur comment les gens, de manière très macro, de manière très micro, utilisent les technologies et comment on peut améliorer les choses pour que ce soit plus facile, plus intuitif pour les utilisateurs finaux. J'ai bossé dans beaucoup de domaines, dans ce qu'on appelle avant l'ergonomie IHM, qui s'est transformée tout doucement dans le monde de l'UX, donc de la user experience. J'ai bossé chez Orange, j'ai bossé chez PSA, maintenant Stellantis, à la conception des code-pieds de voiture. Et je suis assez vite quand même dans ma carrière allée vers du management au sein d'une startup, par exemple, qui s'appelle FinalCAD, où là, j'ai pu construire une équipe. et accompagner les produits dans leur évolution, tout en maintenant, moi, le côté stratégique de mon côté. Et j'ai pu aller encore plus loin chez Intermarché, où j'étais Head of Design. Donc là, le rôle de l'équipe design que je managais, c'était vraiment de proposer à nos utilisateurs finaux une expérience multicanon, c'est-à-dire sur le site web, sur l'application, sur les bornes, quand on va chercher nos courses, etc., que ça soit vraiment fluide du début à la fin et vraiment le plus intuitif possible pour faire ces courses. ensuite j'ai un petit peu évolué sur une partie un tout petit peu plus commerciale donc j'ai rejoint Exalt qui est une boîte de conseils pour laquelle j'ai été Head of Design donc mon rôle dans une boîte de conseils c'était vraiment de faire grossir l'offre en design donc de recruter des designers les plus polyvalents sur un spectre de compétences le plus large possible pour proposer ces compétences là à nos clients et j'intervenais de manière très ponctuelle chez certains clients et tout etc surtout sur du coaching en management design qui est assez... spécifiques avec des designers pour vraiment anticiper l'évolution des métiers et des compétences avec l'arrivée de l'IA, des nouveaux métiers. J'ai fini ça il y a quelques temps maintenant, il y a deux ans, et ça fait un an que je me concentre plutôt maintenant sur la stratégie. J'interviens chez Amadeus en tant qu'expérience stratégiste où là, mon rôle, c'est de proposer toute une stratégie à moyen et long terme pour voir comment fait évoluer l'expérience des ingénieurs chez Amadeus. dans leur quotidien, au travers de leur tooling, au travers des process, au travers de l'automatisation, un maximum de tâches pour eux, pour qu'ils puissent vraiment se concentrer sur leur métier plutôt que subir la complexité des outils des ingénieurs aujourd'hui. Comme tu peux le constater, j'ai fait plein de choses différentes dans beaucoup de domaines différents. C'est ça que j'adore dans mon métier, c'est qu'en fait, c'est des métiers qu'on peut faire passer d'un monde à un autre, donc le monde de l'automobile, le monde de la grande distribution, le monde... du travel avec Amadeus. Et ce qui va moi me plaire, c'est vraiment de trouver l'équilibre entre le business et les impacts, parce qu'on travaille quand même dans des entreprises qui doivent vendre. On vend des produits, on vend des services, on vend des solutions. Mais derrière tout ça, les utilisateurs, ils ont vraiment des besoins réels, des besoins précis. Il faut qu'on réponde de manière la plus facile possible à leurs problématiques, justement pour qu'on puisse faire du business. Et le tout dans des contraintes techniques fortes. Donc c'est vraiment de trouver l'équilibre entre les trois. entre qu'est-ce que l'utilisateur a besoin dans son quotidien, qu'est-ce qu'une marque ou une entreprise vend, et ça va être quoi ses valeurs à mettre en avant et ses produits, le tout dans le respect de contraintes techniques fortes, que ce soit via du dev, mais aussi via des délais, via plein de choses. Vraiment de trouver cet équilibre-là, c'est ça qui m'éclate au quotidien.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour cette belle présentation. Donc, si on peut résumer le point commun à ton parcours, c'est que quelque part, tu facilites les choses. Tu as d'abord facilité les choses pour les utilisateurs. Et aujourd'hui, en fait, tu essayes de reproduire, au moins d'améliorer la vie des personnes, des ingés, etc. Des employés,
- Speaker #1
tout bêtement. C'est parce que les ingénieurs sont aussi des utilisateurs. Il ne faut pas l'oublier.
- Speaker #0
Les premières personnes qui vont utiliser le produit sont aussi celles qui vont le créer. D'où l'intérêt. de se pencher sur leur ressenti et leur façon de l'utiliser, qui d'ailleurs peut aussi de temps en temps différer de l'utilisateur final.
- Speaker #1
Exactement. Il y a plein de monde avant que ce soit disponible pour l'utilisateur final.
- Speaker #0
Alors, si on est un petit peu honnête, il faut quand même se rendre compte que les acronymes, donc UX, User Experience, et UI, User Interface, ce n'est pas un truc qui va forcément parler d'emblée à tout le monde. Si tu devais expliquer simplement en quoi ça consiste, comment tu t'y prends ?
- Speaker #1
Alors, le mot commun dans tout ce que tu viens de dire, c'est le mot design. Qui veut tout et absolument rien dire. Pas de littéralement, ça veut dire conception. Néanmoins, quand on parle de design vis-à-vis de l'utilisateur, c'est assez complexe. Je vais un peu te simplifier vraiment les choses, comme si tu avais 5 ans. Imaginons, tu visites un appartement, voilà, chez tes amis, que tu vas rencontrer, etc. Et là, tu te rends compte que franchement, c'est trop beau, la déco, elle est parfaite, tous les matériaux sont magnifiques, etc. Mais tu te rends compte... que rien n'est à sa place. Le canapé, il n'est pas tourné face à la télé, il n'y a pas de table basse, elle est sur le côté, tu te comprends qu'il n'y a pas d'évier dans la cuisine, etc. Donc, quelque chose qui peut paraître vraiment très beau dès le début, dès que tu vas vouloir l'utiliser, le pratiquer, ça ne va pas marcher. Il va y avoir des problèmes, tu vas te poser des questions, tu vas devoir réfléchir pour faire des choses vraiment très classiques. Et en fait, ça, c'est un problème d'expérience et c'est vraiment l'objectif de la UX UI. donc du monde de l'expérience et du design d'expérience de manière générale. C'est vraiment, il faut dépasser le beau et il faut aller vers l'utilisable. C'est ça qui se passe dans beaucoup d'applis. Et souvent, quand on ne sait pas par où commencer, on commence par le look and feel. Donc, il faut que ce soit beau, il faut que ce soit bien, etc. Mais on ne se pose pas la question de, en fait, l'utilisateur, il a besoin de quoi ? En fait, il a besoin de quoi ? Si je dois résumer, la UI, donc User Interface, comme tu l'as dit, c'est vraiment ce que tu vois. Donc, quels sont les composants utilisés ? SQ l'humain qui va utiliser l'application, il sait utiliser ces composants-là. Ce sont des composants qu'il a l'habitude d'utiliser. Est-ce que le look and feel permet de créer de la confiance parce que je vais reconnaître une image de marque, parce que je vais reconnaître des éléments ? Ça, c'est vraiment la partie UI. C'est vraiment ce qu'on voit, ce que l'utilisateur va voir. Et il y a la partie UX. C'est vraiment ce qu'on vit. Est-ce que l'application, elle répond vraiment à mon besoin ? Est-ce que je vais pouvoir l'utiliser au quotidien ? Est-ce que ça me propose les bonnes informations et les bonnes fonctionnalités au bon moment, etc. ? C'est vraiment l'expérience telle que je vais la ressentir. Donc en fait, c'est un mix de plein de choses, attention. Néanmoins, si l'expérience, en fait, elle ne fonctionne pas et c'est juste beau, ça ne va pas servir à grand-chose et les utilisateurs vont arriver, vont dire c'est beau et vont repartir. C'est vraiment ce qu'on ne veut pas. On veut que les utilisateurs puissent utiliser les produits et les services qu'on propose au maximum que nous, on souhaite qu'ils les utilisent.
- Speaker #0
Ça me fait penser à un mot que tu m'as appris, qui est le mot « affordant » . Est-ce que c'est le mot qui pourrait, quelque part, un peu résumer le besoin auquel tu réponds ?
- Speaker #1
Je trouve que l'affordance, déjà, je vais définir... Pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce que ça veut dire ? L'affordance, c'est une des notions en design d'expérience qui est fondamentale. Surtout quand on va utiliser des objets, que ce soit physiques ou digitaux. C'est le fait, par exemple, quand on est face à une porte avec une poignée, on n'a pas besoin de réfléchir. En fait, notre cerveau, il va tout de suite comprendre comment l'utiliser. Si, par exemple, vous avez une porte avec une poignée classique, rien que par sa forme, votre cerveau, il sait analyser, il ne va pas réfléchir. plus d'une million de fractions de secondes pour dire qu'il faut mettre la main et enclencher la porte. Par exemple, si vous êtes face à une porte qui a une poignée ronde, il y a quand même une chance sur deux que vous n'alliez pas dans le bon sens. Et ça, par exemple, c'est de l'affordance et c'est un problème d'affordance. Ça marche aussi pour des objets digitaux. On le voit beaucoup. Par exemple, vous devez répondre à un questionnaire ou à un formulaire. Et là, soit vous avez à côté des réponses des petits ronds, soit des petits carrés. En fait, votre cerveau sait que quand c'est des petits ronds, il n'y en a qu'un. on commence à des petits carrés, donc des checkbox, il y en a plusieurs. Et c'est des petits objets comme ça que votre cerveau est capable de reconnaître, soit parce qu'il les connaît déjà, soit parce que la forme est tellement explicite qu'en fait c'est facile à utiliser. Alors ça ne peut pas résumer tout ce que je viens de dire sur l'expérience, mais c'est une grosse partie de proposer des choses qui sont compréhensibles facilement sans devoir dépenser de l'énergie à réfléchir à comment ça marche. Donc ça c'est vraiment un levier, c'est ça qui fait que c'est intuitif ou pas. Néanmoins, il y a aussi d'autres problématiques comme l'accessibilité. qui est essentielle aujourd'hui et plein d'autres petits éléments qui vont faire qu'un site web, une application, un service ou ne serait-ce qu'un objet physique soit vraiment facilement utilisable. Il faudra bien ranger la chambre, bien ranger les rayons, est-ce que les oeufs, on les met avec le lait ou pas ? Il y a plein de questions comme ça à se répondre. à se poser déjà nous en tant que concepteurs et en plus à les répondre pour simplifier la vie de nos utilisateurs.
- Speaker #0
Et dans les exemples que tu donnes, c'est hyper intéressant, simplement du fait qu'on associe beaucoup UX, UI au métier du digital. Mais c'est vrai que ce sont des pratiques qui existaient bien avant le digital. Pour faire un petit peu le lien aujourd'hui, parce qu'on a tendance à beaucoup confondre tous les différents métiers qui vont tourner autour du scope, marketing, business, etc. Est-ce qu'un graphiste ou un web designer il est forcément expert en UX ou en UI. La vraie question, finalement, c'est où s'arrête le beau et où commence l'utile ? Est-ce que ce sont des métiers pour toi qui sont différents ou complémentaires ?
- Speaker #1
Alors, ils sont différents et complémentaires. C'est-à-dire que ce ne sont pas les mêmes métiers. Aujourd'hui, les métiers du graphisme, du content et du web designer vont être plutôt sur l'élaboration du contenu et faire vivre le site. En fait, une fois qu'il est fait, une fois qu'il est au quotidien, faire vivre l'application, etc. Néanmoins, le métier de la UX UI va être plutôt dans la conception et dans l'évolution du site lui-même, pas forcément dans le contenu qu'on va afficher. Donc, c'est vraiment des choses différentes, mais il faut que ça travaille ensemble. Par exemple, un web designer aujourd'hui qui ne va pas se poser des questions sur « Mais l'utilisateur, il a besoin de quoi ? » Et là, est-ce que ce que moi, je suis en train de créer va vraiment répondre et simplifier les choses ? Et aussi, qu'il maîtrise des notions d'accessibilité. ça va être complexe pour lui de proposer à la fin une expérience qui soit vraiment optimisée. Idem pour les graphistes, etc. Et de l'autre côté, côté UX et UI, si le designer ne prend pas en compte comment le content va être géré au quotidien, qui c'est qui va créer quoi, est-ce qu'eux-mêmes, ils ont des besoins futurs pour les types de content qu'ils vont pouvoir mettre en place, du coup, pareil, on ne va pas pouvoir créer, tu l'as dit tout à l'heure, on ne va pas pouvoir créer la bonne... expériences possibles, mais qui soient faciles à renaître et faciles à mettre à disposition. Tu l'as dit tout à l'heure, on n'est pas que sur l'utilisateur final, on est aussi sur qui c'est qui va devoir utiliser le site, tant en interne que pour les utilisateurs. Donc c'est aussi des contraintes à prendre en compte. Dans le monde de la conception d'expérience, on va avoir trois mondes. En gros, si je dois le résumer, le premier, c'est le monde des UX researchers. Donc c'est vraiment ceux qui vont aller voir les clients, comprendre qui sont les clients, c'est quoi leur contexte au quotidien. et de quoi ils ont réellement besoin. Une petite subtilité, c'est qu'en tant que designer, on n'est pas là pour répondre à ce que l'utilisateur veut, on est là pour faire ce que l'utilisateur a besoin. Donc on va devoir aller creuser au travers de pourquoi il dit qu'il a besoin de ça, pourquoi il nous exprime ce besoin-là, qu'est-ce qui se cache derrière. Et en fait, on va aller récolter toutes ces datas-là, on va les analyser, et ensuite on va passer dans l'UX. Donc l'UX, c'est OK, nous, on est une marque, on est un produit, et on propose ça. comment, au travers de ce spectre-là, on va répondre à ça, à leurs besoins réels. Et là, c'est ce qu'on appelle l'idéation. Donc, on va d'abord créer des idées et on va tout doucement aller définir le parcours utilisateur. Donc, l'utilisateur, il a besoin de quelle fonctionnalité et de quelle information quand. Et on va ranger un petit peu tout ça dans l'ordre à travers différents use cases, des plantages à faire. Et c'est qu'à ce moment-là, on va commencer à penser aux interfaces. Et là, on va commencer... Donc ça, c'est la UI qui commence à rentrer en compte au fur et à mesure. Et donc, ça va être choisir les bons composants, choisir les bons éléments, choisir le bon look and feel pour être cohérent avec la marque. Et le tout, bien entendu, au respect, comme je disais en intro, des contraintes techniques, mais aussi des contraintes d'usage et de run, etc. Par exemple, c'est très bien le site d'Intermarché, mais comment on peut optimiser le marketing ? Est-ce qu'on l'a bien pris en compte dans l'expérience qu'on allait pouvoir mettre de la pub à certains endroits du site web, etc. ? Est-ce qu'on peut bien intégrer les bannières ? Est-ce qu'on peut bien intégrer que tous les éléments que les graphistes vont faire, que ce soit les pictos, les photos, les images et tout, soient bien intégrés au bon endroit, dans le bon respect des bonnes règles, etc. Et donc, c'est tout un écosystème qui va se créer autour de l'expérience et où là, il y a vraiment de la grosse collaboration. Après, les mots, selon les défauts d'entreprise, les tailles d'entreprise, etc., ça va vraiment être très différent. Un webdesigner dans une entreprise A va être... très proche d'un métier du X-Designer dans une entreprise B. Donc là, j'ai vraiment pris les mots du DICO, on va dire. Néanmoins, il faut aller beaucoup plus loin. Il faut vraiment aller découper les tâches de chacun de ces métiers-là pour bien comprendre les similitudes et les éléments. Néanmoins, il faut être curieux de tout, s'intéresser à tout et comprendre aussi le métier des autres si jamais on travaille ensemble pour pouvoir vraiment optimiser tout ça et qu'à la fin, l'utilisateur puisse profiter de tout ça vraiment au maximum.
- Speaker #0
Si j'essaye un petit peu de vulgariser... Ça veut dire que dans bon nombre de cas, quand on va faire appel à un graphiste, par exemple quand on a besoin de faire une refonte de site internet, on a sauté une étape en allant voir le graphiste, si en tout cas lui n'a peut-être pas suffisamment de connaissances liées au milieu. de l'entreprise, etc., pour finalement créer ce dont tu parlais, et j'aime beaucoup ce terme-là, un écosystème.
- Speaker #1
Exactement. Alors, maintenant, comme les mots aujourd'hui, ça veut tout et rien dire, je le disais à l'instant, donc derrière graphiste, il peut se cacher plein de choses. Peut-être que, comme tu l'as dit, c'est des mots très complexes, le monde de l'expérience, etc. Si on prend un graphiste, mais qui ne va faire que du beau, je le disais en intro, ça ne va pas marcher. Donc, en fait, il faut que le graphiste, il aille s'intéresser à « mais pourquoi on fait ça ? » Qu'est-ce que l'utilisateur va avoir besoin ? Pareil pour le webdesigner, ça va être la même question. Est-ce que le webdesigner et le graphiste se posent des bonnes questions ? D'aller comprendre, vous, en tant que boîte, qu'est-ce que vous êtes et qu'est-ce que vous devez faire, qu'est-ce que vous proposez, et les utilisateurs, ils ont besoin de quoi ? Et de faire se rencontrer les deux. En fait, les titres, ce n'est pas grave, c'est vraiment ça qui va compter. C'est vraiment d'aller comprendre qui sont les utilisateurs, comment on y répond et qu'est-ce qu'on leur propose derrière. C'était juste faire du beau. On va peut-être louper un truc, on va peut-être louper une manière de vendre quelque chose, on va peut-être louper des problèmes d'accessibilité, on va peut-être louper plein de choses. Et c'est là où, en fait, ces métiers-là doivent se poser ces questions-là. C'est pour ça qu'on va aller regarder. On va dire, OK, comment on va s'assurer qu'on répond bien à ça ?
- Speaker #0
C'est une transition très naturelle, justement, pour le point suivant. Admettons que tu es un patron de PME, de TPE, les symptômes qui vont te faire dire, OK, là, j'ai un problème du X. Est-ce que c'est parce que, par exemple, tu ne vends pas ? Est-ce que c'est parce que les gens partent trop vite du site ? Tu parlais à très juste titre de data. Ça veut dire que toi, tu es capable d'analyser ces datas. Comment tu vas concrètement pouvoir donner des petits insights que nos auditeurs vont pouvoir aller chercher peut-être demain dans leurs données et puis d'essayer de se poser la question, est-ce qu'on peut améliorer quelque chose du côté UX UI ?
- Speaker #1
Alors oui, complètement. Les symptômes, ils sont toujours difficiles à analyser. C'est une très belle question. Plus on avance aussi et plus on s'améliore à l'identification des symptômes. Mais oui, il y a un côté de pourquoi on ne vend pas. En fait, tu l'as identifié. En fait, déjà, est-ce que les gens viennent sur notre site ou pas ? Et c'est là où, du coup, avec le marketing, c'est important de travailler. Est-ce que les gens viennent ou pas ? Est-ce qu'ils restent ou pas ? Exactement. Est-ce qu'ils viennent ? Ou il y a peut-être juste une question de... C'est clair ce que je vends. Est-ce que c'est compréhensible par quelqu'un d'autre que moi-même ? etc. Il y a, est-ce que je reste ou pas sur le site ? Est-ce que si j'arrive, j'ai compris, j'arrive, je clique, mais je repars en moins de 30 secondes, c'est peut-être qu'il y a un problème aussi. Et est-ce que je mets des choses dans mon panier, mais combien de tâches je fais et où est-ce que je m'en vais ? Et est-ce qu'à la fin, je crante ou pas, c'est-à-dire en achetant le service ou en contactant quelqu'un, peu importe le sujet. Néanmoins, c'est ça. C'est vraiment le, est-ce que déjà les gens ils arrivent ? Qu'est-ce qu'ils font sur le site ? Et est-ce qu'ils font ce que moi j'ai besoin qu'ils fassent sur le site ? Et... Est-ce qu'ils passent à l'action, du coup, à l'achat ? Et est-ce qu'ils reviennent aussi ? Donc en fait, à chaque fois qu'il y a des problématiques, ça peut être expliqué par le design, mais pas que. C'est pour ça qu'il faut travailler en collaboration avec tout le monde, surtout le marketing, ça va être très très fort. Il faut qu'on travaille ensemble sur ces éléments-là. Mais il y a un test extrêmement simple pour comprendre des problématiques du X. Surtout quand on se lance, on vient de créer son entreprise, on ne sait pas trop par où commencer là-dedans, parce qu'on a une idée, on a un produit, on vend un service. La meilleure chose quand on crée une sonne application ou sonne service, c'est d'aller le faire tester. C'est-à-dire, on le met dans notre élément digital, dans la main de nos proches qui ne sont jamais allés, ou de nos voisins ou de nos amis un peu plus éloignés. Et là, on a dit, voilà, imaginons, tu veux acheter tel type d'article, comment tu fais ? Et là, juste vous observez, vous ne dites rien, en fait, et vous voyez directement quelles questions il se pose. Où est-ce qu'il va cliquer ? Est-ce qu'il a compris ou pas là où vous vouliez l'amener ? Est-ce que le bouton, il est visible ? Est-ce que ça marche tout bêtement ? Des fois, le bouton, il ne marche juste pas. Et du coup, les gens, ils s'en vont aussi vite qu'ils sont arrivés, etc. Donc ça, c'est vraiment les éléments qui vont vous aider à voir la réalité qu'il y a derrière. C'est très compliqué pour le monde de l'expérience. Tu connais en marketing parce que quand on est chef d'entreprise, on a une vision, on a envie que tout le monde réponde à cette vision. Et du coup, nos métiers, nous, c'est de se confronter cette vision-là à la réalité. Et ça marche aussi, du coup. les éléments digitaux ou pas, que ce soit des produits physiques ou autres, de bien comprendre que quelqu'un d'extérieur à moi va comprendre ça. Il faut penser que 100% des gens vont penser différemment que moi, alors que naturellement c'est un biais cognitif, on a tendance à croire que 70% de la population va penser comme moi. Pas du tout, c'est 100% qui pensent différemment que de vous. Et donc c'est ce genre d'éléments-là qu'il faut aller voir, il faut aller comprendre et c'est ça les symptômes. Et là, vous savez, si vous devez appeler C'est juste que l'image de marque n'est pas assez bien. Tournez-vous plutôt vers un... graphiste classique. Si c'est plutôt du marketing parce que les gens n'arrivent pas au bon endroit, ou ils ne comprennent pas ce qu'on vend, on va plutôt être sur du marketing. Si c'est vraiment, les gens ne savent pas utiliser le site, ne savent pas aller là où on veut les amener, on va plutôt être dans le monde de l'UXUI.
- Speaker #0
J'aime beaucoup ce que tu dis parce que finalement, que ce soit en UXUI ou en marketing, on est un petit peu confronté à une problématique qui va au-delà de la technique de nos métiers, mais à savoir exploiter les différents... les problématiques liées au biais cognitif et effectivement c'est quelque chose que je rencontre dans mon quotidien par exemple j'aime aussi beaucoup travailler avec des personnes qui sont seules sur leur business c'est très intéressant mais la limite peut-être dans la réflexion parfois c'est que quand il n'y a pas quelqu'un pour te contredire ou pour te donner une autre vision pour te faire prendre un autre poids de mesure quelque part il peut t'enfermer sur ce que toi tu visualises mais ce qui n'est pas forcément la façon dont la personne acquit ton produit ou ton offre se destinent vers les choses. Et effectivement, au-delà de la technique, il y a déjà ce premier point à travailler. Comment, toi, tu t'intègres à une équipe marketing ? Est-ce que vous croisez, on va dire, un petit peu les datas ? Est-ce que vous vous identifiez ensemble d'une problématique et vous allez chercher à la résoudre ? C'est quoi un petit peu le cheminement de l'UXUI avec le marketing ?
- Speaker #1
J'aimerais qu'on soit dans un meilleur monde là-dessus, parce qu'hélas, aujourd'hui, les équipes sont opposées. alors qu'on devrait vraiment travailler ensemble. Où on travaille, on n'est pas du tout connecté. Et là, pour moi, il y a un vrai manque dans le monde du digital. Plus on fluidifie entre l'IA, entre les questions qu'on se pose, etc., plus la fluidité entre les rôles vraiment s'étiole, plus on devrait travailler ensemble. On devrait vraiment se faire compléter ces deux dynamiques-là. Donc, c'est toujours très compliqué d'y aller parce qu'on a tous des stéréotypes sur les métiers des autres. on a tous des... des éléments, on a tous nos propres méthodes. Néanmoins, moi, je suis très partisane de, on est censé être une équipe au profit, du coup, d'un produit ou d'un service et comment on s'assure de bien représenter l'utilisateur final ou le client final et on va lui vendre la meilleure chose pour lui et de la meilleure manière possible, en fait. C'est ça, la réalité derrière. Donc, il faut qu'on trouve l'équilibre. Donc, c'est lié, mais c'est toujours très difficile de s'intégrer. Moi, ce que je fais, j'ai un principe qui est fondamental, c'est un peu de data, c'est toujours de la bonne data. Si on n'a pas de data, comme je l'ai dit en intro, si on ne sait pas qui sont nos utilisateurs et de quoi ils ont besoin, c'est compliqué. En marketing, on est plutôt où sont les clients ? Je vais jouer un peu sur le stéréotype aussi dans l'autre sens. Où sont les clients ? Moi, je suis là, c'est qui ? Et du coup, ils ont besoin de quoi ? C'est bien de mixer les deux. Si le marketing a le temps d'aller faire des études, moi, je vais juste rajouter mes questions dans l'étude. histoire qu'on ait une étude globale. Et vice-versa. C'est déjà fait aussi d'intégrer à une étude de user research des contraintes marketing pour être sûr qu'on ait vraiment la vision end-to-end et qu'on réponde au travers d'une étude à plusieurs enjeux. Ça, c'est important. Par exemple, tu parlais des datas sur ces éléments-là. Après, ça marche vraiment partout. Je l'ai dit précédemment sur plein de choses. Par exemple, quand on construit un site web, Si on ne parle pas du tout aux équipes marketing, on ne sait pas ce qu'ils ont en tête, comment ils vont vouloir vendre l'offre, comment ils vont vouloir mettre en avant certaines choses. Du coup, le site web, il a beau être beau, il a beau être utilisable, il a beau répondre à ce que les utilisateurs ont besoin, si ça ne répond pas aux enjeux du marketing, on a loupé un coche et on a loupé un gros problème. Et vice-versa. Tout n'est que marketing. Je prends un exemple très basique. Design vs marketing, c'est l'utilisation des landing pages, par exemple pour des offres ou des produits. je sais qu'elle est très très classique c'est une approche extrêmement classique en marketing et moi en tant qu'utilisateur qui est là en mode oui mais l'utilisateur il faut qu'il aille acheter du coup sur le site principal c'est est-ce qu'on peut travailler cette landing page ensemble pour s'assurer déjà qu'elle répond à la cohérence du site web dans son ensemble parce que si l'utilisateur les boutons sur la landing page ils sont verts mais que d'habitude chez Intermarché les boutons ils sont noirs ou rouges il va être perdu il va croire qu'il est dans une autre marque il va pas comprendre alors qu'il mais imaginons même il y a marqué Intermarché en gros il ne va pas comprendre où est-ce qu'il est, où est-ce qu'il atterrit. Et ça, c'est vraiment des logiques d'ergonomie cognitive, donc que le marketing peut profiter, au contraire, pour que ça soit beaucoup plus impactant et beaucoup plus lié à ça. Et aussi, le fait que cette landing page, elle doit être intégrée dans un site web avec le bandeau, avec les bons éléments, que derrière, on enclenche l'expérience et que de cette landing page sur laquelle le trafic arrive, on renvoie vers l'expérience principale pour vraiment optimiser la vente et pas juste s'informer sur ça. Et comment on optimise tout ça ? Et bien ça, c'est que de la collaboration avec une équipe marketing et une équipe design et une équipe produit aussi, etc. qui vont faire que ça marche bien.
- Speaker #0
Plus de collaboration finalement.
- Speaker #1
C'est ça. Moi, je vise vraiment sur la collaboration et je pense que c'est essentiel, surtout aujourd'hui, pour émixer les datas et optimiser ça parce qu'on est quand même dans des enjeux. très très fort en termes de de coûts investis pour réaliser un produit donc autant qu'on travaille ensemble et vraiment qu'on optimise après il y a des enjeux voilà je l'ai parlé sur la landing page mais si on fait une pub incroyable et qu'à la fin l'utilisateur il arrive au mauvais endroit et qu'il comprend pas où est-ce qu'il arrive qu'est-ce qu'il doit faire boum design du coup il est pas bon derrière on a pas assez collaboré et le marketing a beau faire des choses extrêmement bien ça va pas marcher mais comme je disais imaginons on a un super Merci. produit avec une expérience bien pensée, mais que la campagne derrière, en fait, elle n'optimise pas ça et on ne parle pas de la même langage et on ne vend pas les mêmes valeurs sur le site web que sur la campagne. Derrière, c'est l'utilisateur qui ne reste pas et qu'on ne va pas optimiser. Toujours, en disant des gros mots, la limite, le marketing, pour moi, on s'assure qu'on vienne et qu'on arrive à vendre, que le client vienne et arrive à vendre. Là où l'UX, c'est surtout rester et convertir. Donc, c'est vraiment une collaboration extrêmement forte. qu'il faut aller chercher aujourd'hui entre les deux métiers.
- Speaker #0
C'est une faute juste très intéressante, là on dévie un peu, mais à mon sens, par exemple, c'est là où aujourd'hui un head of marketing, c'est quelqu'un qui doit avoir des connaissances qui sortent de son domaine de prédilection pour être capable, que ce soit avec les devs, avec les équipes UXU, d'aller communiquer, c'est quelqu'un qui va être capable de faire le lion. Parce que oui, pour avoir collaboré sur des projets, quand les différentes équipes ne se parlent pas, et encore là, tu vois, on est dans une branche qui normalement devrait... communiquer UX marketing. Par exemple, quand on voit avec les équipes de vente qui sont censées, quelque part, confirmer ou infirmer les messages de vente du marketing, il y a effectivement beaucoup de problèmes. J'ai quand même aussi l'impression que c'est quand même très français dans notre façon de beaucoup segmenter, en tout cas par rapport à la partie marketing sales. Là où nos amis anglo-saxons, eux, ils ne vont pas voir ça comme deux trucs différents, mais plutôt, c'est la même chose, c'est de la vente. Je ne sais pas. À l'étranger, comment est perçu justement toi, ton rôle dans les équipes ?
- Speaker #1
Maintenant, on est plutôt rattaché à l'équipe produit et tech. Donc en général, il y a vraiment la triptyque CDO, donc avec le design, CPO avec le produit et CTO avec la tech. Marketing, sales et en effet, c'est deux mondes à côté. Tu viens de mettre le point sur quelque chose qui est essentiel pour moi et surtout en tant que Head of Design, mon rôle, c'était de m'assurer que les équipes collaboraient au bon moment, pas trop tard, pas trop tôt non plus. Pour moi, c'est le rôle. de tous les head-off, CDO, CMO, etc., c'est de s'assurer de la collaboration et qu'il n'est pas au détriment de chacun des équipes et de guerre de territoire, parce qu'on tombe beaucoup là-dedans, je trouve, encore aujourd'hui, en France principalement, mais quand même de manière générale ailleurs. Comment, justement, on fait collaborer des équipes pour être vraiment au maximum des capacités d'un produit ou d'une solution ?
- Speaker #0
Petite question. on se doute bien que parfois il y a des problèmes de communication dans ta carrière c'est quoi l'erreur de conception que tu vois le plus souvent et tu lèves les yeux au ciel et tu te dis mais non mais en fait ça ça ne se fait pas et en plus de ça c'est un truc peut-être que certains de nos éditeurs font alors que ça peut être corrigé mais en
- Speaker #1
quelques clics pour moi ce qui me fait le plus briller très honnêtement c'est le manque de cohérence on en parle sur la collaboration entre toutes les équipes mais est-ce que je suis cohérent du début à la fin de mon expérience et mon expérience elle est pas que juste sur un produit, elle est à partir du moment où mon utilisateur y pense à moi. C'est pour ça qu'on veut vraiment collaborer sur l'au-delà du produit, du design et des interfaces. C'est pour ça qu'on va collaborer avec le marketing de manière extrêmement forte. J'en parlais. Est-ce que la pub, elle est cohérente au site web quand j'arrive ? Est-ce que c'est la même chose ? On l'a tous vu sur les réseaux sociaux, c'est une mode d'Internet. C'est les pubs pour les jeux qui montrent un jeu A et quand on télécharge le jeu, c'est pas le même jeu. Ça, en termes d'expérientiel, c'est non, juste non.
- Speaker #0
J'adore l'exemple parce qu'on a beaucoup vu ça avec des YouTubeurs qui faisaient de la pub pour certains jeux. Et puis, en fait, quand tu télécharges le jeu, effectivement, ça n'a rien à voir. Et donc, du coup, ça fait quoi ? Ça fait un utilisateur déçu. Ça pourrit tes annotations, tes avis utilisateurs, etc. Et donc, c'est très mauvais pour vendre.
- Speaker #1
Oui, et puis en même temps, ça fait monter les téléchargements. Donc, les big boss, ils sont contents. Mais les gens, ils ne restent pas et ils ne convertissent pas sur l'appli. tous les problèmes qu'il faut qu'on gère en tant que designer, etc.
- Speaker #0
Mais comme sur les jeux, comme ça, on est souvent sur du free-to-play. Si tu veux que les gens achètent, effectivement, il faut qu'ils restent. Et si ça ne leur plaît pas, ils ne vont pas rester, donc ils ne vont pas dépenser des sous. Et même s'ils passent un peu de temps, ça ne va pas forcément être suffisamment rémunérateur. Mais ouais, c'est un super exemple qui n'y avait pas du tout pensé, tu vois.
- Speaker #1
Et les questions de lead aussi, tout bêtement, en fait. Plus les gens y allaient sur un jeu, plus ils vont voir des cubes. Ça induit. Ah, mais c'est trop bien, il y a plein de gens qui téléchargent notre appli. Cool.
- Speaker #0
On passe à, ouais mais non, mais pas du tout en fait, parce que même ça a des impacts négatifs sur le business derrière. Je pense qu'ils l'ont fait pour de bonnes raisons. À moyen et long terme, c'est des choses qui comptent. Donc du moins, ce que je fais aujourd'hui, qui est vraiment entre tout ça, pour essayer de trouver les bonnes solutions derrière. Mais oui, donc le manque de cohérence, je le disais, et c'est fini, l'accessibilité. En fait, on est en 2026, l'accessibilité, c'est intransigeant. J'ai tous nos utilisateurs aujourd'hui, donc des contrastes qui soient bien visibles par tout le monde, c'est la base de la base. Et après, des choses qui sont accessibles, c'est-à-dire... utilisable dans d'autres conditions parce que tout le monde, en fait, n'a pas des yeux parfaits, des mains qui permettent d'utiliser l'application de la manière la plus standard possible. C'est quelque chose qui est essentiel aujourd'hui si on veut que ce soit au maximum utilisé.
- Speaker #1
Mais c'est d'ailleurs aujourd'hui aussi des points par rapport notamment au référencement, etc., qui sont mis en avant par Google. Quand tu parles des contrats, c'est-à-dire qu'on évite de mettre un jaune très pâle sur un vert pastel, par exemple.
- Speaker #0
Par exemple, oui.
- Speaker #1
Quand on a sa marque, ses couleurs, on peut passer à côté de trucs qui pourtant sont aussi évidents que le nez au milieu. de la figure.
- Speaker #0
Oui, et puis ça nous enlève des parts de marché, tout bêtement, parce que rien que le daltonisme, c'est quand même 10% de la population française. Donc, on s'enlève vraiment beaucoup de gens à un market potentiel, ce qui est dommage pour juste une question de contraste derrière.
- Speaker #1
J'espère effectivement que ce chiffre, on fera réfléchir. Maintenant que je pense qu'on arrive un peu près à définir dans les grandes lignes ce que tu fais, peut-être quelque chose aussi qui peut aider les gens un peu mieux à se projeter, c'est un petit peu le côté entre guillemets stack technique sur les outils que tu vas utiliser. Déjà, tu parlais data, des sites. Donc, ma question, c'est est-ce qu'en UX, UI, comme dans le marketing, on va beaucoup s'appuyer sur les données de la Google Search Console, de Google Analytics et après, derrière, les outils qu'on va utiliser. On est beaucoup sur des outils comme Figma, la suite Adobe. En fait, avec quoi vous travaillez ?
- Speaker #0
Alors, en research, il y a beaucoup de méthodologies différentes. Mais en effet, il y a les analytics. On va utiliser les mêmes, que ça parte de Google Analytics, Content Square, peu importe ce qui est disponible. Après, des logiciels vraiment sur la recherche. pour aller faire des tests utilisateurs, des interviews, etc., comme par exemple Dovetail, qui aident vraiment à optimiser l'analyse, par exemple. On va utiliser aussi des repositories de data pour aller s'assurer que toutes les datas qu'on récolte vont au même endroit. Donc ça, c'est vraiment sur la partie research, même si un Word, un Excel, à un moment donné, ça fait le taf aussi quand on n'a pas le choix. Mais le non négociable absolu, c'est Figma. Figma, c'est le cœur du métier d'un UX UI. Ça nous permet de tout faire, vraiment des... de la réflexion avec des ateliers sur Figma, qui est une sous-partie de Figma. À Figma, là, on va pouvoir commencer à designer, commencer à utiliser les bons composants de la marque, ce qu'on appelle un design system. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on va refaire une interface, on ne va pas repeindre toute la chambre. On va réutiliser toujours les mêmes composants. Ils sont documentés, ils sont réutilisés par le développeur derrière. Donc, plutôt que le développeur redéveloppe à chaque fois tout, on va utiliser le même composant, exactement dans les mêmes conditions, etc. Et du coup, c'est deux semaines, je mets des temps au hasard, deux semaines à refaire une page en design et du coup un mois à la développer. On part sur le composant, il est dans ces conditions-là, avec ces tokens-là, ces éléments-là. C'est déjà développé au bon endroit, etc. dans les pages. En fait, on est vraiment sur une optimisation avec les développeurs. Et ça, Figma permet de faire tout ça, permet d'optimiser tant la relation avec les devs que le design lui-même, Figma. non négociables. Tout ce qui est Adobe, ça fait référence aux graphistes. Moi, par exemple, je ne sais pas utiliser toute la suite Adobe. Je ne l'ai jamais utilisée dans ma carrière. Néanmoins, je travaille souvent avec des graphistes qui les utilisent, illustrateurs ou autres, selon le besoin.
- Speaker #1
Il y a aujourd'hui une bonne interconnectivité entre les deux outils.
- Speaker #0
Oui, c'est travaillé pour.
- Speaker #1
Apparemment, des outils. Par rapport à ton métier, alors sans forcément rentrer dans le détail, de savoir si ChatGPT est mieux que Cloud, puisque ça change toutes les deux semaines et demie. Comment tu intègres l'IA à ton workflow ? Aujourd'hui, tu mets encore des réserves par rapport à l'utilisation de cet outil-là dans ton travail.
- Speaker #0
Un bon designer aujourd'hui, c'est un designer qui sait utiliser l'IA. Que ce soit Figma Make, qui est l'IA intégrée à Figma, qui est exceptionnelle, parce que ça nous permet d'aller beaucoup plus vite sur l'idéation, sur plein de choses. L'IA, comme je le parlais, de l'analyse de data en research, etc. De s'assurer que tous nos composants soient vraiment en UI, que tous les composants soient bien rangés de la bonne manière, avec la bonne documentation, l'IA à fond. Moi, je suis un peu plus sur le niveau stratégique. Donc, c'est comment ça me permet vraiment d'avoir un assistant qui me permet de réfléchir. Des fois, d'aller un petit peu plus loin sur ma réflexion. C'est vraiment quelque chose que j'utilise dans mon quotidien, perso pro, pro majoritairement. Et comment on l'utilise ? La question aujourd'hui, c'est comprendre comment ça marche. Qu'est-ce que je vais pouvoir aller lui demander ? Qu'est-ce que je vais pouvoir aller automatiser ? Où sont les limites aussi ? Donc, c'est d'être conscient des limites, autant qu'être conscient de là où je peux aller et de l'utiliser. Vraiment, allez-y à fond, amusez-vous avec, vous trouverez vous-même votre propre niveau. Il n'y a pas de limite à tout ça, au contraire, c'est vraiment essentiel de savoir utiliser ça. Je reprends une casquette vraiment de Head of Design à ce moment-là. En fait, ça fait plus de 15 ans que je fais ce métier-là, ça fait 15 ans qu'on court partout pour essayer d'aller tout faire, du end-to-end de notre métier, et on n'a jamais le temps de vraiment se poser des questions, de vraiment aller faire les choses telles que nous on veut le faire. L'IA, avec le même nombre de personnes, c'est pas de réduire le nombre de personnes, c'est d'avoir le temps d'aller faire. de la bonne UX, de créer la bonne expérience pour nos utilisateurs. Donc ça nous permet de gagner du temps sur certaines tâches, ça nous permet d'être réinvestis pour faire vraiment du bon design, de repositionner les choses, le temps utilisé au bon endroit, plutôt que le passé comme à l'époque, aller faire vraiment du pixel perfect sur chacun des éléments, etc. Ça permet de nous simplifier ça. Et du coup, plutôt que de se poser la question sur est-ce que le pixel est au bon endroit, c'est est-ce que j'ai bien utilisé le bon composant pour répondre à ce que là on est en série de créer.
- Speaker #1
J'adore ta réponse et surtout l'idée de connaître aussi les limites de l'outil. Je pense qu'on s'en sert de la même façon, fenêtre ouverte avec mon IA du moment et qui vient m'assister, m'aider. Alors, je ne demande pas de faire mon travail, mais par contre, une fois que je sens que j'arrive à la limite de ma réflexion, je lui donne les tenants, les aboutissants. Et puis, de temps en temps, ça permet d'avoir un regard extérieur, un petit peu comme un assistant, comme un stagiaire. C'est toujours hyper intéressant.
- Speaker #0
Par contre, attention, je me permets quand même, ça ne remplacera jamais les interactions avec les collègues et avec les autres humains. Donc voilà, c'est toujours trouver l'équilibre et de là où ça apporte des choses et là où au contraire ça n'en apporte pas. Et ça risque plutôt de nous faire halluciner en reprenant un mot de l'IA sur certaines choses, mais on ne remplace pas certaines choses. Néanmoins, ça optimise à fond.
- Speaker #1
Je pense que quel que soit le secteur, de toute façon, l'IA va pouvoir effectivement avoir ce rôle-là d'assistant. Mais si tu maîtrises de ton côté ton sujet, parce que tu parles de l'hallucination, donc les hallucinations, c'est quand ils vont sortir des réponses qui n'existent tout simplement pas. C'est quand même important quand on les utilise d'avoir déjà un socle de connaissances, de ne pas s'intéresser à elles. Si tu avais une baguette magique et que tu devais donner trois conseils universels, ça reprend un peu finalement à ce que tu as dit tout au cours de l'épisode, applicable à n'importe quel projet digital, c'est-à-dire du site vitrine au site e-commerce en passant par une app, eh bien quels seraient les trois conseils pépites de Chloé ?
- Speaker #0
Déjà la première pour moi c'est toujours de se poser des questions. Si on ne se pose pas assez de questions, c'est qu'on a loupé un truc. La deuxième question principale c'est... est-ce que ce que je suis en train de proposer, ça répond au problème ou pas ? En fait, c'est bête, mais on se pose assez peu cette question-là aujourd'hui dans nos métiers. Et je pense que c'est la question principale. Et comment je m'assure que ça réponde bien au problème ? Et comment je m'assure que ça va répondre au problème pour aussi d'autres gens que moi ? Que je disais, l'expérience, le fait de tout prendre en compte. Le conseil, au-delà de se poser des questions, c'est vraiment toujours, toujours, toujours, toujours penser au end-to-end. On a tendance à croire que l'expérience d'une application, ça commence sur une application. Non, non, ça commence dès que quelqu'un... sur un réseau social qui voit la pub pour ce besoin-là. C'est comment je me sens quand je reçois mon colis parce que j'ai acheté quelque chose, quelles sont les émotions que je vais déclencher quand je vousve mon colis, quand je vais porter les vêtements que j'ai achetés, etc. Et ça, c'est le end-to-end, et ça, c'est le end-to-end qu'il faut viser pour vraiment s'assurer qu'à chaque moment, on ait optimisé ce qu'on a besoin d'optimiser et on va aller vraiment loin du problème. se poser la question de, est-ce que là, on ne loupe pas quelque chose ? Est-ce que là, on peut faire mieux ? Est-ce que là, il y a des choses qui ne se passent pas bien qu'il faut qu'on améliore ? Et ça marche pour absolument tout, qu'on soit en marketing, en UX, en dev, qu'on soit PM ou autre chose, c'est vraiment essentiel aujourd'hui de se poser ces questions.
- Speaker #1
Un grand merci Chloé pour t'avoir apporté énormément de valeur dans le sens où, je pense que tu donnes des conseils qui sont très éloignés de la technique mais qui justement sont applicables. Tu invites à explorer les bonnes pistes de réflexion. Puis tu as aussi réussi quand même plutôt à bien vulgariser toi dans ma carrière, qui m'a beaucoup sensibilisé à ce métier, parce que finalement, à l'époque où j'ai fait mes études, on me parlait un petit peu plus du côté design, mais ce n'était pas encore très bien intégré UX8. Je pense qu'aujourd'hui, c'est vraiment au cœur de beaucoup de réflexions. Et quand ça ne l'est pas, c'est souvent une problématique qui fait que beaucoup sur les sites web, etc., tu peux aussi observer un manque de performance.
- Speaker #0
Ce que je trouve dommage, c'est que dans les formations, que ce soit en design, il n'y ait pas assez justement de liens avec le marketing et les autres métiers. Et vice versa, quand même, quand on fait des études de marketing, on ne nous ouvre pas assez les chakras à la compréhension de ces métiers-là et de leur impact. Pour justement, d'une, pouvoir ouvrir les opportunités de carrière à tout le monde. Comme je vous disais, on est de plus en plus fluide entre les métiers. Et où il faut savoir collaborer tout bêtement avec les autres métiers qui ne sont pas les nôtres. Et donc, c'est ça un peu mon mot de la fin. C'est vraiment... Il faut collaborer. Il y a beaucoup de choses qui se passent entre tout ça. Et c'est vraiment la collaboration et la mise en commun qui va faire en sorte qu'à la fin, ce n'est pas l'utilisateur qui sera l'aidé, ni les entreprises.
- Speaker #1
Super mot de la fin. Une dernière petite question. Si aujourd'hui, quelqu'un veut faire appel à tes services ou suivre ton actualité, est-ce qu'on peut te retrouver sur les réseaux sociaux, LinkedIn, Instagram ?
- Speaker #0
LinkedIn, principalement. Je reste à votre dispo pour des conseils ou des échanges. Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Je mettrai le lien vers ton LinkedIn dans la description de cet épisode. Encore une fois, un grand merci à toi. Et puis, écoute, peut-être à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté MarketStem. Si cet épisode vous a été utile, partagez-le à un entrepreneur qui en a besoin. Et n'hésitez pas à vous abonner pour être informé des prochains épisodes. Je vous dis à dans deux semaines. On se retrouvera pour un épisode un peu plus chill qui parlera du poste de chargé de com et de marketing dans une TPE ou une PME. À bientôt.