- Guillaume COUDERT
On a tous connu cette angoisse du premier job, cette impression tenace qu'il existe une trappe secrète, un code que les autres connaîtraient, et pas nous. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Marine Yanez, responsable relations école et université chez BNP Paribas. Chaque année, avec son équipe de Campus Managers, elle rencontre des centaines d'étudiants, tout profil et cursus confondus. Et le constat est sans appel. L'angoisse de faire le mauvais choix est bien réelle, et elle est la même pour tout le monde. Alors pour cet épisode, on a décidé de prendre le contre-pied. Vous n'allez pas entendre un énième catalogue de métiers. À la place, Marine va vous livrer un véritable catalogue de questions. Les vraies questions qu'il faut absolument se poser quand on est encore en école ou en université. Celles qui font baisser l'angoisse et qui font remonter la confiance. On parlera de la façon de s'orienter, mais aussi du fameux droit à l'erreur. Car on va se le dire clairement, non, rien ne se joue définitivement à 23 ans au premier poste. J'espère que vous êtes bien installés pour écouter ce qui va suivre, mais avant d'accueillir Marine comme il se doit...
- Speaker
Jingle !
- Guillaume COUDERT
Bienvenue sur Marque employeur, le podcast qui t'accompagne dans ta vie professionnelle. A travers chaque épisode, tu découvriras plein de conseils pour trouver ta voie et t'épanouir dans ton travail. Je suis Guillaume Coudert et je suis très content de te retrouver pour ce nouvel épisode. Bonjour Marine !
- Marine YANEZ
Bonjour Guillaume.
- Guillaume COUDERT
Je suis très content d'être avec toi aujourd'hui pour parler de pas mal de sujets et surtout pour aider les candidats à trouver un job, à trouver leur job idéal et à bien se positionner sur le monde du travail. Alors, peut-être une petite question pour commencer. Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ? Comment tu t'es retrouvé aujourd'hui au poste de responsable relations école et université chez BNP Paribas ?
- Marine YANEZ
Alors du coup, j'ai 38 ans aujourd'hui, donc ça fait 15 ans que je travaille dans le groupe BNP Paribas. J'ai un cursus académique assez classique, j'ai fait deux années de classe préparatoire et une école de commerce. Et puis, il se trouve qu'en école de commerce, je me suis un peu demandé ce que j'allais pouvoir faire après. J'ai un peu éliminé les matières les unes après les autres et je suis tombée sur la matière RH qui… Faisait beaucoup de sens pour moi et donc j'ai démarré chez BNP Paribas au sein de la salle des marchés et j'étais en charge de sujets RH collectifs pour le métier de la salle des marchés. Je me suis occupée entre autres des programmes talents, de recruter les stagiaires, les alternance qui démarraient tout juste à cette époque et d'accompagner aussi beaucoup les sujets de féminisation de ces métiers qui à l'époque étaient encore très masculins. Et après, au fur et à mesure des 15 années chez BNP Paribas, on a l'opportunité de faire des mobilités. Donc à peu près tous les trois ans, j'ai changé de poste, d'environnement. Et j'ai eu des opportunités très intéressantes de découvrir des nouveaux métiers. J'ai travaillé à la direction de la communication sur les partenariats tennis. J'ai travaillé au sein du cabinet de conseil interne où j'étais en charge de recruter, former, intégrer les consultants. pour la banque et depuis quelques années, je suis à la direction des ressources humaines et aujourd'hui responsable des relations avec les écoles et universités.
- Guillaume COUDERT
Ça fait un parcours sacrément diversifié. Justement, on a pas mal d'étudiants, d'étudiantes, de candidats même au sens large qui justement hésitent à tester plein plein de choses parce qu'ils se disent que finalement sur leur CV, ça va être un petit peu trop dispersé, que les recruteurs vont leur dire non mais attends, tu ne sais pas trop ce que tu veux faire. De ton côté, on ne t'a jamais reproché ça justement d'être trop dispersé, trop diversifié par rapport à ton parcours.
- Marine YANEZ
Alors, je n'ai jamais eu de recruteur ou de manager qui s'est interrogé sur la linéarité de mon parcours, mais aussi parce que je pense que j'ai réussi à prendre le recul pour construire un discours et une présentation de mon parcours qui fait sens et qui a une certaine logique, même si, pour être tout à fait honnête, à chacun de mes choix, je me suis beaucoup interrogée en me disant ça, que j'allais disperser mon profil ou mes compétences. Mais je pense que ce qui est important et ce qui a joué dans mon profil, c'est cette capacité à prendre du recul et à construire une histoire aussi autour de mon parcours qui me permet d'associer des compétences RH, des compétences com.
- Guillaume COUDERT
C'est ça, c'est d'être peut-être cohérent justement dans ton parcours, entre les expériences. Est-ce qu'on peut mettre en cohérence toutes les expériences sur son CV ?
- Marine YANEZ
En fait, je pense qu'au-delà de vouloir absolument mettre en cohérence, ce qui est important, c'est d'expliquer ses choix. d'expliquer ses motivations et puis à la fin d'assumer ses décisions parce que du coup, on y reviendra certainement mais moi, je pense qu'il n'y a pas un seul chemin pour arriver à une carrière ou à un métier en particulier mais c'est important de rendre, d'expliquer pourquoi on a fait ces choix, qu'est-ce qui nous a motivés à cet instant et qu'est-ce qu'on en a tiré, qu'est-ce qu'on en a appris pour à la fin construire un parcours un peu plus cohérent.
- Guillaume COUDERT
C'est justement le but de notre épisode, de redonner confiance à nos candidats et candidates, de les booster un petit peu dans leur morale, surtout en cette rentrée. Alors, tu rencontres dans le cadre de tes fonctions beaucoup, beaucoup d'étudiants, des centaines d'étudiants par an. Est-ce qu'il y a des phrases que tu entends régulièrement ? Ou il y a peut-être une phrase que tu entends le plus souvent de la bouche des étudiants, que ce soit en forum ou ailleurs ?
- Marine YANEZ
Alors, j'en dirais deux. La première, c'est plus pour la blague, c'est que j'entends beaucoup, mais parce que je représente BNP Paribas. J'aime la finance, quel métier je peux faire ? Un peu format catalogue. Mais la deuxième, et pour être plus sérieuse, que j'entends très souvent, c'est comment je vais décrocher ce stage ? Comment je vais décrocher ce poste ? Donc, c'est vraiment l'expression de cette inquiétude face à une recette magique qui existerait et auquel on n'aurait pas accès. Et du coup, de l'attente qu'on donne l'ensemble des clés pour y arriver.
- Guillaume COUDERT
Ok. Alors qu'en fait, il n'y a pas forcément de recette magique.
- Marine YANEZ
Non, pas du tout. Ou alors je ne le connais pas non plus moi-même. Mais je pense que si on s'attache à interroger les différents collaborateurs, experts qu'on est amenés à rencontrer tout au long de nos études, on se rendra bien compte que l'ensemble des parcours est fait que d'opportunités, de hasards, de rencontres et pas du tout de chemins tout tracés avec des étapes A, B, C, D qu'il faut prendre les unes après les autres.
- Guillaume COUDERT
C'est vrai qu'on parle beaucoup d'anxiété chez les jeunes, ce sentiment presque de d'angoisse régulièrement. Santé publique France publie un indicateur justement du niveau d'anxiété des jeunes générations. Comment ça se traduit ? Est-ce que tu le constates déjà ? Est-ce que tu constates que les plus jeunes en particulier sont assez anxieux par rapport au monde du travail et comment ça se matérialise ?
- Marine YANEZ
Alors du coup, sur le premier point, je trouve qu'il est important de noter c'est que quand il s'agit d'orientation, l'anxiété, l'angoisse, elle a toujours existé. Moi, ça fait 15 ans que je travaille quasiment au contact de... de ces populations-là, et j'ai toujours noté cette anxiété, cette angoisse, même quand le marché du travail était très florissant post-2020. Donc je pense que c'est aussi assez inhérent à cette position d'étudiant où le champ des possibles est assez phénoménal, donc très vertigineux, où on a l'impression, comme on se le disait, qu'il y a une trappe secrète qu'on ne connaît pas et qu'il va falloir trouver cette clé. et qu'on ne voit, et encore plus à l'heure des réseaux sociaux, que des exemples de réussite qui sont présentés. Ça,
- Guillaume COUDERT
c'est hyper anxiogène, en fait, de voir constamment des gens qui sont à Bali, qui gagnent des milliers d'euros en s'amusant, mais ce n'est clairement pas la norme, en fait.
- Marine YANEZ
En fait, moi, ce que je dis toujours, c'est que sur LinkedIn, ce que vous allez voir, c'est le poste de « j'ai décroché tel job » . Mais jamais on voit les 42 entretiens ratés, les candidatures refusées, le changement d'orientation en deuxième année. Et donc, du coup, forcément... On ne voit pas le chemin et les virages qui ont été pris pour mener jusque là. Et pour revenir sur l'anxiété des jeunes, moi, je pense quand même qu'en effet, je partage tout à fait le sentiment ambiant qu'on est dans un environnement où on fait face à des crises politiques, financières, climatiques, géopolitiques. Moi, je dis toujours, c'est quand même très compliqué d'être enthousiaste en ayant 20 ans à cette période-là. Et donc, c'est à nous aussi, les entreprises, de rassurer et de redonner. La joie, quoi.
- Guillaume COUDERT
Face à un profil anxieux, on essaie de rassurer. Et c'est le rôle, effectivement, des marque employeur que de rassurer. Alors, comment on rassure, justement, en tant que responsable aux relations école et université ? Comment on rassure ces candidats anxieux ?
- Marine YANEZ
Alors, déjà, moi, je trouve que ce qui est important, c'est de donner les opportunités d'aller à la rencontre concrète des collaborateurs, des experts, aussi des RH, d'avoir cette chance-là de poser toutes les questions, d'avoir des réponses. Et moi, ce que je dis toujours, c'est déjà... un, le choix que vous faites maintenant, il ne détermine pas les 45 prochaines années de votre vie pro. Donc, on se rassure sur ce fait-là. C'est qu'on aura le droit de, entre guillemets, se tromper, en tout cas de changer d'avis et de changer de direction. Et puis, je pense que c'est un peu vertigineux de voir le haut de la montagne. Et donc, essayons de penser à c'est quoi la prochaine étape ? C'est quoi le prochain pas ? avant de se dire, je veux tout de suite être directeur commercial de telle entité.
- Guillaume COUDERT
C'est ça, on y va step by step. Et vraiment, il y a une phrase que tu dis, c'est hyper important de le noter et de revenir dessus. Ce ne sont pas les choix qu'on fait aujourd'hui qui vont déterminer toute notre carrière, toute notre vie professionnelle. Donc, on peut avoir 22, 23, 24 ans, faire un choix aujourd'hui et potentiellement en changer d'ici 2, 3 ans, voire même plus.
- Marine YANEZ
Exactement. Et puis, en plus, comme on se dit qu'il n'y a pas une seule voie, un seul chemin pour mener à tel ou tel métier, En fait, voilà... Donc libérons-nous de cette pression-là et tentons, en tout cas, ce qui est important, c'est d'aller vers ce qui nous plaît, ce qui nous intéresse, ce qui va nous faire nous lever le matin quand même.
- Guillaume COUDERT
En tout cas, c'est hyper rassurant parce que c'est vrai qu'on est quand même dans un contexte assez particulier où tu as des intentions d'embauche qui sont quand même particulièrement en baisse. Il y a toujours cet écart de salaire entre les femmes et les hommes en début de carrière. Il y a aussi une diminution des aides à l'embauche des apprentis en licencié master. C'est quand même assez compliqué actuellement, il faut le dire, le contexte. et pas non plus hyper favorable à nos candidats. Alors justement, dans ce contexte-là, toi, ce que tu prônes en particulier, ce n'est pas forcément de réfléchir à un catalogue de métiers qui nous sera accessible, mais plutôt de réfléchir pour soi-même à des questions, à des questions peut-être existentielles, à se questionner en fait régulièrement. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?
- Marine YANEZ
En fait, je pense que quand il s'agit d'orientation, on est très focus quel métier ? quel métier je vais faire, quel métier est possible après mon cursus académique, après mon parcours d'études. Et je pense qu'on peut démarrer autrement avec une grille de réflexion assez simple et qu'on adapte au fur et à mesure. On ne se pose pas les mêmes questions à 18 ans quand on va choisir sa première année de licence qu'à la fin de ses études quand on décide de la spécialité de sa deuxième année de master, par exemple. Mais en tout cas, je pense que c'est important de s'interroger sur Ben exactement, qu'est-ce qui nous plaît ? C'est des questions qui peuvent paraître très bêtes, mais quelles sont les matières qui me plaisent particulièrement à l'école ? Et pourquoi ? Qu'est-ce qui me plaît dans les maths ? Qu'est-ce qui me plaît dans l'histoire ? Quels sont les problèmes que j'aime résoudre, les activités sur lesquelles je perds la notion du temps ? Et c'est des trucs un peu… En tout cas, à 18-19 ans, c'est assez simple. C'est OK, j'aime organiser les vacances. Mais pourquoi ? Parce que j'aime anticiper, structurer, planifier, organiser. parce que j'aime négocier les tarifs ou convaincre mes proches d'une destination. Essayer de prendre du recul sur notre quotidien en tant que jeune pour apprendre à mieux se connaître.
- Guillaume COUDERT
En fait, tu te poses une question à toi-même et tu essayes d'y répondre par le biais de tes propres expériences. Dès le plus jeune âge, en fait, tu parlais de 17-18 ans.
- Marine YANEZ
Exactement.
- Guillaume COUDERT
À n'importe quel âge, on peut se poser des questions pour essayer de réorienter son parcours professionnel.
- Marine YANEZ
Oui, et puis surtout, je trouve que ça nous permet de réfléchir en termes de compétences. qu'est-ce que j'aime faire, qu'est-ce que je sais faire, plutôt que quel est le métier vers lequel je vais aller. Et puis après, en effet, au fur et à mesure de nos études, on va aller un peu plus loin et un peu plus concrètement dans comment j'aime travailler, est-ce que c'est en équipe, est-ce que c'est plutôt seul, avec quel niveau d'expertise ou de technicité. On peut faire évoluer les questions qu'on se pose.
- Guillaume COUDERT
Et toi, à titre personnel, justement, tout au long de ton parcours, alors chez BNP Paribas et puis même avant, j'imagine que tu as fait tout comme... Tout comme moi, des stages de fin d'études, peut-être de alternance ou autre. Quelles questions tu t'es posées justement tout au long de ton parcours ?
- Marine YANEZ
Alors du coup, je ne suis pas forcément un très bon exemple. J'aurais bien aimé avoir ce podcast à l'époque. Moi, je me suis beaucoup questionnée sur qu'est-ce que je ne voulais pas. Quels étaient les red flags de ma vie pro ? Et donc, quels étaient les environnements dans lesquels je ne voulais pas aller ? Les façons de travailler vers lesquelles je ne voulais pas aller ? C'est comme ça que je me suis retrouvée sur des sujets people RH, en faisant un peu... le ménage dans ce qui me plaisait moins. Et après, moi, j'accorde beaucoup, beaucoup d'importance à l'environnement de travail. Qui vont être mes collègues ? Qui vont être mes interlocuteurs, mes managers ? Je suis très attentive à ça. Et qu'est-ce que je vais y apprendre ?
- Guillaume COUDERT
Ok. Alors donc ça, ça nous permet de nous préparer globalement, le fait de se poser des questions, d'y répondre par le biais de nos expériences. On parle un peu avec le cœur. Et ça nous aide, du coup, dans le cadre des entretiens, des futurs entretiens qu'on va être amenés à passer avec les RH.
- Marine YANEZ
Ah ouais, complètement. Moi, je trouve que ça permet déjà d'être soit sûr, entre guillemets, de ce vers quoi on va et de pourquoi on postule à telle ou telle offre. Et in fine, face aux recruteurs, face aux managers, ça permet d'expliquer les choix et les orientations qu'on a prises, d'expliquer ses motivations. Et ça nous permet aussi, je pense, de montrer de la curiosité, donc de questionner quel va être l'environnement dans lequel on va évoluer sur ce poste. Quelles sont les compétences qu'on va y développer ? Ça permet, je trouve, d'être un vrai marqueur de curiosité et d'ouverture d'esprit.
- Guillaume COUDERT
Ça, j'imagine que c'est rassurant, mais cette fois-ci pour les RH, pour les recruteurs qu'on rencontre. Alors, c'est vrai qu'on peut se poser pas mal de questions, mais on n'a pas forcément les réponses. Les réponses ne sont pas forcément... Alors, elles sont souvent en nous, les réponses, mais c'est quand même parfois difficile d'aller les chercher. Ça peut peut-être être plus simple d'aller les chercher ailleurs. Est-ce qu'il y a des endroits, des sites Internet, des plateformes diverses et variées, des réseaux sociaux sur lesquels on peut aller chercher des infos, justement, pour répondre à ces questions ?
- Marine YANEZ
C'est sûr que moi, j'aurais tendance à dire « Démarrons avec une feuille et un stylo » , mais ça peut être assez vertigineux. Je pense qu'on peut aussi…
- Guillaume COUDERT
Surtout qu'on n'écrit plus trop en ce moment. La feuille et le stylo, on n'est plus sur le smartphone.
- Marine YANEZ
On va éviter de parler à son IA pour répondre. Non, mais après, on peut aussi en profiter pour interroger ses proches, les camarades de promo avec qui on a potentiellement fait des sujets d'équipe. On peut aussi en profiter pour interroger nos profs. Et puis après, on a plein d'occasions de rencontrer… des experts, des collaborateurs en fonction et donc faire le maximum de ces opportunités-là en ligne, en présentiel, via les salons étudiants, via les forums dans les écoles, les présentations métiers. C'est vraiment une mine d'or d'informations. Et puis après, une fois qu'on a travaillé un projet un peu plus précis, franchement, LinkedIn, c'est génial pour ça, d'aller trouver la personne qui occupe le poste qui nous intéresse pour poser des questions, pour découvrir aussi. les différents parcours que ces personnes ont suivis. Je trouve que ça reste très riche.
- Guillaume COUDERT
C'est tout l'intérêt d'une fonction comme la tienne, responsable des relations école et université chez BNP Paribas, c'est de rendre accessible justement tout un tas de réponses aux candidats, candidates, étudiants en particulier, qui se posent beaucoup de questions. Alors, je vais te poser une question, c'est de vrai qu'il n'y a pas forcément une question piège, mais j'aimerais bien savoir s'il y a un mauvais choix, s'il y a vraiment... Ouais... Quelque chose qu'il ne faut absolument pas faire, des questions à surtout pas se poser. Est-ce qu'il y a des mauvais choix à faire dans sa carrière ou pas ?
- Marine YANEZ
Franchement, j'aurais du mal à répondre oui à cette question. Honnêtement, je pense que même un trou dans un CV, il faut l'assumer. Je pense qu'encore une fois, on revient un peu au début de notre échange. Tout est une question de quel est le recul que je prends sur les décisions que j'ai prises, les choix que j'ai faits et comment est-ce que je… J'aime bien l'image un peu communication de raconter une histoire, c'est quelle est l'histoire que je raconte sur mon parcours et sur les obstacles ou les… ou les choix auxquels j'ai dû faire face et comment je le rends cohérent, compréhensible. Mais pour moi, il n'y a pas de mauvais choix.
- Guillaume COUDERT
En fait, il n'y a rien de mieux que le naturel. Tu dis de raconter une histoire, c'est finalement de parler comme on parlerait à un ami, à une amie, à la terrasse d'un café. C'est un peu ça l'idée. Alors évidemment, avec tout le respect qu'on doit.
- Marine YANEZ
Un niveau de langage.
- Guillaume COUDERT
Exactement, j'imagine qu'on ne va pas parler avec autant de... de sympathie ou le côté amical, évidemment, on va l'oublier avec le recruteur. Quoique, parfois, il peut y avoir des entretiens qui se passent bien. Mais justement, par rapport aux recruteurs, j'ai le retour de candidats qui me disent « Ouais, moi, j'ai quand même plutôt peur des recruteurs. J'ai peur de commettre une bourde, de dire n'importe quoi. J'ai peur de me griller en entretien. J'ai peur qu'ils me trouvent trop laxiste, etc. » Ils flippent quand même, les candidats, lorsqu'ils arrivent en entretien. Comment ça se passe, du coup, pour justement essayer de redescendre un peu d'un niveau, se déstresser ? Est-ce qu'on doit engager une… conversation avec le recruteur potentiellement ?
- Marine YANEZ
Après, je pense que le stress, il est aussi lié à l'enjeu. Donc, c'est normal d'arriver dans l'exercice préparé et prenant la hauteur. Et d'ailleurs, moi, je vais dire aussi, le doute, l'incertitude, ce n'est pas un manque de compétence. Je pense qu'on est dans une société où on peut assumer nos doutes. Moi, je suis quelqu'un qui exprime extrêmement facilement mes interrogations, mes doutes. Et je pense que c'est aussi montrer une capacité de s'interroger, de prendre du recul, aussi de curiosité et d'ouverture d'esprit, parce que quand on doute, du coup, le champ des possibles, il reste ouvert. Et voilà, après, on entretient. Tout est une question de juste milieu, entre, en effet, la posture très laxiste, très décontractée, et puis la posture un peu trop assertive et très sûre de soi, avec une seule idée en tête et on n'en dérogera pas. Je pense que... Ce qui est important, c'est de rester naturel. On a aussi envie d'être recruté pour qui on est vraiment et pas pour l'image qu'on a représentée pendant une heure en entretien.
- Guillaume COUDERT
J'aime bien ce que tu dis sur le doute. Ça me fait penser justement à cette psychothérapeute, psychologue qui s'appelle Christelle Petit-Colin, qui a écrit beaucoup de bouquins, notamment « Je pense trop, je pense mieux » . Je ne sais pas si tu connais ces bouquins. Mais en gros, ce qu'elle dit, c'est que le doute est synonyme d'intelligence. À partir du moment où tu te poses beaucoup de questions, que tu doutes de tout et même de toi-même, Ça prouve que t'es justement intelligent à partir du moment où tu te poses beaucoup de questions. Voilà, t'as un cerveau qui est plutôt, je veux dire, qui fonctionne bien, à l'inverse de personnes qui ne douteraient de rien. Et les personnes qui ne doutent de rien, a priori, ce sont les plus bêtes.
- Marine YANEZ
Ok.
- Guillaume COUDERT
Voilà, en tout cas, j'ai trouvé ça assez... En tout cas,
- Marine YANEZ
moi, j'invite à assumer ces doutes, à capitaliser dessus pour poser des questions, rester curieux. C'est ça,
- Guillaume COUDERT
la curiosité, c'est une vraie qualité. On va le voir peut-être tout à l'heure si on parle un petit peu d'IA, mais clairement, ouais. la curiosité, une vraie belle qualité à mettre en avant.
- Marine YANEZ
Et face à l'IA, le doute aussi est très fort. Oui,
- Guillaume COUDERT
parlons-en dès maintenant de l'IA justement, parce que l'IA, c'est quand même quelque chose qui, d'un côté, fait peur. En tout cas, on ne sait pas trop quelle sauce on va être mangé dans les prochaines années avec l'IA. On ne sait pas si nos métiers vont disparaître ou si certains métiers vont disparaître et d'autres vont apparaître. En tant que candidat, qu'est-ce que tu peux dire justement aux candidats aujourd'hui par rapport à l'IA ? Est-ce qu'on sait d'ailleurs ce qui va émerger dans les années à venir, si les métiers vont perdurer ou pas ?
- Marine YANEZ
Alors bon... Moi, je n'ai pas plus la réponse que toi ou que d'autres. En tout cas, ce que je vois, c'est que c'est une question que tout le monde se pose, et les entreprises incluses, les écoles et les universités qui forment les étudiants, les étudiants, leurs parents, c'est vraiment une question de fond dans notre société. La seule chose auquel je crois à ce stade, parce qu'on parle beaucoup de qu'est-ce que l'IA va faire sur les métiers de junior, comment est-ce qu'on va apprendre des métiers si on ne fait plus les tâches... C'est ça, parce que l'IA, en fait,
- Guillaume COUDERT
c'est déjà le métier de junior, en gros.
- Marine YANEZ
Et donc, moi, en tout cas, ce que je crois, et c'est une conviction vraiment personnelle, c'est que j'espère que ça va remettre l'humain au centre et typiquement, le rôle du tuteur de stage, du tuteur d'apprentissage va reprendre toute son ampleur dans la transmission d'un métier, d'une expertise, d'un sachant, un débutant, tout au long de nos vies pro.
- Guillaume COUDERT
On va vraiment pouvoir se concentrer sur la valeur ajoutée qu'on peut apporter en tant qu'humain. C'est-à-dire que l'IA va être notre exécutant, on va manager notre IA, c'est ça. Et nous, on va pouvoir se concentrer sur des choses à plus forte valeur ajoutée, peut-être un peu plus s'épanouir professionnellement.
- Marine YANEZ
Et puis surtout en s'attachant à transmettre. Parce que du coup, clairement, on va continuer à intégrer des juniors et des jeunes diplômés dans nos métiers. Et donc, c'est comment est-ce qu'on leur apprend les façons de faire. les techniques, les outils.
- Guillaume COUDERT
J'imagine qu'il y a de bons usages et de mauvais usages de l'IA, un peu comme tout, un peu comme les réseaux sociaux, un peu comme tout. Donc, plutôt rassurant, en tout cas, tout ce que tu nous dis. Et je n'en attendais pas moins de toi, j'avoue. Alors, peut-être, j'ai quand même deux, trois dernières questions. Alors, on parle pas mal du diplôme et les entreprises mettent pourtant en avant tout ce qui est soft skills, compétences comportementales, compétences humaines, etc. Est-ce que le diplôme a toujours sa place ? Est-ce qu'il a toujours sa place sur un CV ? Ou est-ce qu'à l'inverse, ça ne sert plus à grand-chose ?
- Marine YANEZ
Pour moi, la question, en tout cas la réponse, elle se fait en deux temps. Quand on est étudiant, futur jeune diplômé, honnêtement, je pense qu'il faut rester cohérent par rapport à ce qu'on étudie et les choix de stage ou d'apprentissage qu'on fait. Ça, c'est clair. C'est quand même compliqué d'aller chercher un job en finance quand on étudie du marketing. Il faut être quand même assez honnête là-dessus. Ça paraît logique, un stage, un apprentissage, ça vient valider des acquis théoriques sur le terrain. Donc, pour le coup, je pense qu'il faut rester cohérent là-dessus. Après, c'est vraiment, je parle sur l'intitulé du diplôme. Après, c'est sûr qu'une fois qu'on a acquis 5-10 ans d'expérience… À la fin, ce qui compte, et d'ailleurs, on le voit en entretien, le recruteur ou le manager, il va surtout s'atteler à comprendre les missions, les compétences qu'on a développées tout au long de notre carrière et pas forcément ce qu'on a étudié à l'école.
- Guillaume COUDERT
C'est ça, oui. C'est ce qui va être important, ce sont les expériences, etc. J'imagine qu'il y a des gens qui réussissent avec et sans diplôme, mais ça peut quand même rassurer peut-être sur certains métiers, certains métiers techniques potentiellement d'ailleurs. OK. Alors, il nous reste quelques petites... minutes, est-ce que de ton côté, Marine, tu aurais des conseils justement à donner à nos candidats, candidates qui écoutent l'épisode aujourd'hui, justement peut-être pour les rassurer, peut-être revenir sur ce sujet, un peu des questions à se poser. Voilà, c'est un peu la carte blanche là sur les quelques dernières minutes.
- Marine YANEZ
Après, on a moins été dans le détail des questions, mais voilà, moi je... Je recrute régulièrement pour les métiers financiers et bancaires. Et typiquement, et ça peut se transposer à plein d'autres secteurs d'activité, on peut aller plus loin dans les types de questions qu'on va se poser une fois qu'on est en master de finance. Et ça fait le lien avec la première question qui est « Quelles sont les phrases que tu entends souvent ? » Et j'entends beaucoup « J'aime la finance, j'adore la finance, mais qu'est-ce que je peux faire ? » Et moi, je retourne toujours la question en disant « Moi, je ne suis pas un catalogue de métiers, je ne vais pas savoir répondre à la place de l'étudiant, mais du coup, je leur pose des questions. » Ok, t'aimes la finance, très bien. Mais alors, du coup, tu aimes la finance parce que tu aimes travailler avec des clients sur des sujets financiers ou tu veux travailler au service d'une entreprise et donc plutôt dans des directions financières ? Si c'est avec des clients, OK, mais quel type de clients ? Est-ce que tu préfères accompagner des particuliers, des grandes entreprises, des startups, des institutions ? Et avec quel type de service ou à quel type de problématique tu veux pouvoir répondre ? Plutôt investissement, développement, financement ? Et puis après, dans quel environnement ? Est-ce que c'est plutôt un environnement international que tu recherches, dans une grande équipe ? D'aller un peu au bout de ces questions. Et à la fin, je trouve que déjà, ça te donne plusieurs pistes de métier. Et donc, ce n'est pas négligeable en termes d'intérêt. Et puis, ça t'ouvre l'esprit sur plein de métiers qu'on ne connaît pas forcément dans le milieu bancaire et financier. Et donc, ça maintient un étudiant curieux, ouvert d'esprit, qui ne va pas juste dire, moi, je ne veux faire que tel métier, et puis le reste ne m'intéresse pas.
- Guillaume COUDERT
Oui, c'est presque un travail de psy, en fait, ou de maïotique. Je crois que c'est Socrate qui parlait de maïotique, le fait de poser plein de questions pour aboutir justement à sa propre solution. Je trouve ça hyper rassurant, en tout cas, presque apaisant en tant que candidat. Ça me donnerait presque envie de reprendre mes études pour découvrir tous ces métiers. Alors, où est-ce qu'on découvre les métiers de BNP Paribas, justement ?
- Marine YANEZ
Du coup, nous, tout au long de l'année, avec mon équipe, on est sur les chemins des écoles et universités. Donc, tout au long de l'année, dans vos établissements, on vient à vos rencontres régulièrement. On a aussi notre site carrière qui est bien complet, à la fois sur les différentes opportunités, stages, alternance, VIE, gradués de programme, tous ces mots qu'on entend et sur lesquels on peut se renseigner en termes concrets. On a aussi beaucoup de présentations de nos métiers. Sur LinkedIn, on a pas mal aussi de témoignages de nos collaborateurs. On parle de 300 métiers dans le groupe.
- Guillaume COUDERT
Il y a beaucoup de gens qui s'expriment sur LinkedIn à propos de leurs métiers. Donc, ça permet aussi de découvrir ce qu'ils font au quotidien.
- Marine YANEZ
Et puis, sur des métiers qu'on ne connaît pas forcément en tant qu'étudiants. Donc, c'est assez intéressant de regarder.
- Guillaume COUDERT
OK, top. Ça fait beaucoup, beaucoup de ressources. On va aller regarder tout ça. Un grand merci encore, Marine. Et puis, voilà. je balance un petit message au candidat n'hésitez pas à postuler à vous rendre sur le site carrière de BNP Paribas sur les réseaux sociaux et sur les forums merci beaucoup Marine merci 3, 2, 1 Marque employeur c'est fini pour aujourd'hui merci d'avoir écouté cet épisode j'espère évidemment qu'il t'a plu si tel est le cas n'hésite pas à t'abonner pour ne pas louper le prochain à bientôt