- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast MaterniTalk, un podcast qui parle sans tabou de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés toutes et tous plus exceptionnels les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers du groupe, toutes ces personnalités. ils ont un point en commun, c'est d'être salariés et puis parents ou en devenir. L'objectif, c'est créer un espace où les salariés, hommes et femmes, pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parents, tout en découvrant qu'il est possible de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aujourd'hui, on va parler de famille, mais surtout des modèles de famille qui évoluent, qui se réinventent. et qui bouscule parfois encore les cadres établis. Mon invité du jour travaille depuis plus de 20 ans au sein du groupe Orange où il a construit un parcours solide du terrain jusqu'à des fonctions stratégiques. Et pourtant, aujourd'hui c'est une autre aventure qui occupe une place centrale dans sa vie, celle de devenir père. Avec son compagnon, ils ont fait un choix, le choix de l'adoption. Un parcours souvent long, parfois invisible, encore plus lorsqu'on est un couple gay engagé dans un projet de parentalité. Dans cet épisode, on va parler d'attente, de désir d'enfant, de regard des autres, mais aussi de travail, d'équilibre et de ce que ça change concrètement de devenir parent autrement.
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir
- Speaker #0
Rudy Delomare, programme manager-officeur chez Orange Business. Bonjour Rudy.
- Speaker #1
Bonjour Farida.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'être là aujourd'hui avec moi. Avec plaisir. Vraiment, vraiment. contente qu'on puisse prendre ce temps ensemble parce que tu as un parcours qui est à la fois très concret mais surtout profondément humain.
- Speaker #1
Moi je suis flatté que tu m'invites.
- Speaker #0
Je suis hyper contente aussi que tu aies accepté l'invitation parce que tu es, je trouve, dans un moment de ta vie un moment assez particulier entre ton engagement professionnel et ce projet de devenir papa. Et c'est en train de prendre une place immense dans ta vie, j'imagine. Oui, en effet. C'est pas un sujet dont on parle beaucoup dans le cadre du travail et je te remercie encore une fois d'avoir accepté avec beaucoup de simplicité finalement de participer à MaterniTalk sur ce sujet. Et j'ai envie tout simplement de commencer ce podcast avec une question très simple. Aujourd'hui tu es dans une attente de réponses qui va changer, qui peut changer ta vie. Dans quel état d'esprit es-tu ?
- Speaker #1
Je dirais plutôt serein.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Plutôt serein parce que la démarche d'adoption... se fait en plusieurs temps, plusieurs phases. Une première phase où on est sur une enquête sociale avec psychologue et assistante sociale qui nous accompagnent, qui nous évaluent et qui permettent d'avoir l'agrément. Et lorsqu'on a l'agrément, on a cinq ans d'attente. Cinq ans. Cinq ans, oui. Enfin, l'agrément est valable cinq ans. Et donc, l'adoption peut arriver lors de ces cinq premières années. En réalité, il ne se passe jamais rien les deux premières années, qu'on se le dise. Donc, accueillir un enfant les deux premières années, ça ne se fait pas.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi en fait ? Pendant les deux premières années, ça y est, l'administratif est géré. Enfin voilà, c'est fait quoi.
- Speaker #1
Il y a tellement peu d'enfants à adopter que finalement, vu qu'on est classé par ancienneté, on sait que ça ne va jamais arriver les deux premières années.
- Speaker #0
Tu ne passes pas en priorité ou quoi que ce soit. Non.
- Speaker #1
Donc finalement, là je suis, ça fait un an qu'on a l'agrément. Donc je sais que demain, on ne va pas m'appeler.
- Speaker #0
Mais ça tu le sais, on te le dit ?
- Speaker #1
Ah oui, oui, oui, c'est très clair en fait, il n'y a pas d'adoption les deux premières années. Ce qui fait que là je suis assez serein, je sais que je peux partir en vacances tranquille, on ne va pas m'appeler pour me dire qu'on me laisse un enfant à l'adoption. Et pour répondre deuxièmement à ta question, comment je me sens ? Je pense qu'un couple qui adopte est beaucoup moins prêt matériellement à accueillir un enfant, même si on a cinq ans d'attente. Parce qu'un couple qui fait un enfant biologique... voient le ventre grossir au fur et à mesure des mois et des jours même. Et donc, se préparent à l'arrivée d'un nouvel être qui va arriver dans la famille, dans le noyau familial. Nous, un couple qui veut adopter, il va recevoir un courrier parce que la loi dit que c'est par courrier. Alors maintenant, les administrations essaient de faire aussi des mails, mais la loi dit que c'est toujours par courrier. On a informé que 15 jours après, un enfant nous est laissé à l'adoption, accueillir un enfant. Ça se fait en 15 jours. Donc lorsqu'un couple biologique a 9 mois pour se préparer... à plus de chance près, même si on n'est pas toujours prêt à guérir un enfant, un couple qui soit adopté, même s'il a attendu pendant 3 ans, 4 ans, même s'il a renouvelé son agrément, il a attendu peut-être 10 ans et il a 15 jours pour se préparer à la venue de cet enfant. Donc, comment je appréhende ce temps d'attente ?
- Speaker #0
C'est vraiment ce que j'allais te poser. Si je te demande tu deviens parent. Donc là, dans 15 jours, tu deviens parent.
- Speaker #1
Comment ça résonne en toi ? Je coupe ce moment et je me tire en fait parce que j'ai plus une seconde. C'est le monde à moi, il faut tout préparer.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Alors bon, clairement, notre entourage est au courant, bien sûr, qu'on fait cette démarche d'adoption. Et tout le monde nous a déjà dit, il ne faut pas s'embêter avec le côté matériel, on vous aidera. Surtout cet aspect, il faut acheter un lit, il faut acheter...
- Speaker #0
Ça c'est fait quoi.
- Speaker #1
Oui, la poussette on l'aura aussi. Enfin voilà, il n'y a pas trop d'inquiétude là-dessus. C'est plutôt le côté émotionnel qu'il faut réussir à gérer parce que c'est un bouleversement qui est colossal.
- Speaker #0
Et justement, aujourd'hui Rudy, tu te sens déjà parent ou pas encore dans ta tête ?
- Speaker #1
Je pense, en fait, à mon avis, si je dis oui, les parents vont dire, mais non, en fait, non, pas du tout. Il n'est pas du tout parent parce qu'il ne se rend pas compte que la nuit, il faut se réveiller. Il ne se rend pas compte qu'il faut veiller sur un petit être nuit et jour, 24 heures sur 24, non-stop. Parce que finalement, mes sœurs qui ont eu des enfants ou mes amis qui ont eu des enfants, le disent, en fait, ils deviennent du jour au lendemain responsables de quelqu'un, en plus d'être responsables de soi-même. Et donc, si je te réponds oui, je pense que c'est un peu faux, mais je pense être prêt à accueillir un enfant et être responsable de cet enfant.
- Speaker #0
À quel moment vous vous êtes dit avec ton compagnon, on veut devenir parent ?
- Speaker #1
Alors, moi, ça fait depuis toujours que je veux être papa, même avant que je me dise homo, parce que dans ma... Dans ma transition, ça s'est fait dans le temps en fait. Ça dépend, chaque personne est différente. Mais en tout cas pour moi, ça s'est passé vers l'âge de mes 25 ans. Avant 25 ans, je ne pigeais pas ce qui se passait dans ma vie. Je ne comprenais pas où j'étais, je ne comprenais pas qui j'étais. Et c'est à 25 ans que ça s'est clarifié pour moi. Mais donc je me suis découvert homo et je me suis assumé en tant que gay vers mes 25 ans en fait. Et à ce moment-là, un petit peu la désillusion parce que de mon point de vue, C'était difficile d'imaginer ma vie avec un garçon et ma vie en tant que parent. Et puis est arrivé en 2015 le mariage pour tous et donc la possibilité de pouvoir adopter. Et là est arrivée du coup cette nouvelle perspective et qui est devenue bien plus tangible pour moi. Ça fait maintenant 11 ans que je suis avec mon mari. Ça fait trois ans qu'on est mariés et on a démarré la démarche de l'adoption juste après notre mariage. Donc ça fait maintenant deux ans et demi à peu de choses près. Mon mari, lui, il attendait à ce qu'on ait une... situation stable. Parce que mon mari est prof à la fac et donc il n'avait pas encore fini sa thèse quand on s'est rencontrés. Il travaillait à Nantes, il travaillait à Clermont-Ferrand.
- Speaker #0
Et même, ça peut peut-être jouer aussi dans la demande, non ? Oui. Après,
- Speaker #1
moi, de mon point de vue, je pense qu'on était déjà un couple bien stable, avec des revenus solides. Et bien que Romain ait des déplacements... à Nantes ou à Clermont, la situation allait s'améliorer parce qu'on savait très bien que sa thèse allait la soutenir et on savait très bien qu'elle allait trouver un poste en région parisienne. Mais du coup, on a quand même voulu attendre la stabilité. On a attendu qu'on soit mariés aussi parce qu'à l'époque, c'était une condition sine qua non pour pouvoir adopter. Ce n'est plus le cas maintenant. Ça fait quelques années que maintenant, c'est plus obligatoire d'être marié. Pour moi, c'était depuis toujours. Je viens d'une famille nombreuse aussi. Je l'avais dit en off.
- Speaker #0
Oui, tu l'as dit.
- Speaker #1
Combien d'enfants ? J'ai trois frères et trois sœurs.
- Speaker #0
On peut dire quand même que tu es un peu formé pour être papa. J'ai deux petites sœurs. J'ai combien de petits, enfin de neveux ?
- Speaker #1
C'est compliqué dans ma famille, mais il y en a une bonne dizaine.
- Speaker #0
Déjà, tu as ce qu'il faut pour les nounous.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Donc, tu es prêt. Pourquoi l'adoption s'est imposée, j'ai failli dire, comme une évidence pour vous ?
- Speaker #1
En tout cas, c'est un modèle qu'on a suivi et on n'a pas suivi un autre modèle. Et on aurait pu choisir le modèle de la GPA, par exemple. Oui, c'est vrai. Donc la GPA, pour ceux qui ne le savent pas, c'est une gestation pour autrui qui n'existe pas en France, qui n'existe a priori pas en Europe, mais qui est autorisée par exemple aux Etats-Unis ou au Canada, où donc une femme porte l'enfant conçu grâce à un nevocyte qui vient d'une autre femme et du sperme de mon mari ou de moi. On n'a pas voulu faire ça parce qu'on n'a pas forcément le souhait d'avoir un enfant qui nous ressemble. ou d'un enfant qui a nos gènes. Ce n'est pas quelque chose d'important pour nous. Et l'adoption a une démarche, une vertu qui est pour nous symbolique. C'est d'accueillir un enfant qui est déjà là et qui a besoin de parents. Parce qu'il faut se rappeler qu'un enfant qu'on adopte, c'est un enfant qui a eu un parcours de vie... Là, on va arriver sur la séquence émotion. Parce qu'en fait, parler de la vie de ces enfants, c'est des vies hyper douloureuses qu'ils ont depuis leur... potentiellement leur naissance, ou peut-être même avant en fait. Donc c'est des enfants qui sont ici et qui n'ont pas de parents, et on cherche pour ces enfants des parents qui sont prêts à ne pas leur apporter leur amour, parce qu'une personne normalement constituée est là pour donner de l'amour à des enfants, mais de la sécurité en fait. Et c'est déjà toute la nuance. Donc déjà, ce qu'il faut comprendre, c'est que l'adoption, on ne cherche pas des enfants pour des parents, on cherche des parents pour des enfants.
- Speaker #0
Et ce raisonnement, tu l'avais justement avant de...
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Non. C'est un raisonnement qui semble logique. Quand je te le dis, je pense que tu dis, bah oui, c'est logique. Mais en fait, quand tu n'es pas confronté, que tu ne te poses pas la question, tu n'as pas ce raisonnement-là. Et du coup... Toute la démarche de l'adoption avec le parcours d'agrément qui est long, ça prend du sens. Et on comprend pourquoi, pour notre situation à nous, on a eu six rendez-vous avec assistantes sociales et psychologues, avec un rapport qui est assez costaud. On passe en commission pour voir si on est capable d'avoir l'agrément ou pas. On se sent un peu jugé. Et en même temps, on se dit que c'est normal parce que ces enfants-là, on ne peut pas les laisser à n'importe qui. Et puis, on a besoin de s'assurer que ça peut matcher le jour où on nous présentera un enfant. il faut que ce match puisse fonctionner. Donc oui, on a décidé de partir sur une adoption parce qu'il y a un acte aussi, c'est un symbole de pouvoir accueillir un enfant qui est déjà ici et qui a besoin de parents qui puissent l'accompagner vers une vie d'adulte un petit peu plus apaisée.
- Speaker #0
Est-ce que ce projet a été simple à construire à deux ? Parce que finalement, vous passez par plein d'entretiens, il y a quand même des profs... procédure ? Est-ce que vous êtes là dans le même tempo tous les deux ? Est-ce qu'il y a de l'incertitude à un moment ? Vous vous sentez comment ?
- Speaker #1
En tout cas, je pense que dans tous les couples, je pense, et de ce que je vois autour de moi, c'est que c'est pas toujours équilibré. Dans le couple, il y en a un qui est plus meneur et l'autre qui est plus suiveur. Mais on était tous les deux moteurs, malgré tout. Mais il y avait quand même une dynamique. J'ai quand même engagé la dynamique. Mais parce que de manière générale, dans mon quotidien, dans ma vie, c'est moi qui engage la dynamique.
- Speaker #0
J'ai aussi envie de... de parler de cette période d'attente. Donc là, c'est la deuxième année.
- Speaker #1
Mais juste avant quand même, cette phase d'évaluation sociale, moi, je l'ai vécue de manière un peu douloureuse. Parce qu'à chaque fin de rendez-vous, je me remettais en cause sur les réponses que j'avais pu apporter. J'avais l'impression qu'il y avait toujours un truc qui clochait dans ce qu'on répondait ou qu'on était à côté de la plaque. Mon mari était beaucoup plus serein. Et du coup, c'est vrai que moi, je suis sorti de ces entretiens toujours en me remettant en cause.
- Speaker #0
Disant t'en as trop dit,
- Speaker #1
pas assez Pas assez prêt Ou que j'ai pas apporté les bonnes réponses
- Speaker #0
Et après je pense qu'il n'y a jamais de bonne réponse Parce qu'en même temps on te demande d'être toi-même Il faut être soi-même Mais on te le dit pas à la fin de l'échange Après les 6 entretiens on te donne pas des indices Mais par exemple quand on te demande Si on vous propose à l'adoption un enfant
- Speaker #1
D'une autre couleur de peau que vous Est-ce que vous êtes prêt à l'accueillir Et comment vous l'accompagnez face à la discrimination Bah si on s'est pas posé la question de poser la question avant, c'est vachement difficile de pouvoir répondre à cette question. On part sur du bon sens, on dit on va l'accompagner, même si nous on n'a pas vécu cette discrimination, on a vécu d'autres discriminations, mais c'est des réponses un peu bateaux. Et donc en fait, on a dû beaucoup se renseigner sur, il y a beaucoup de témoignages de personnes qui étaient d'une autre couleur de peau, d'une autre origine que les parents adoptifs. Il y a beaucoup de témoignages, dans les deux sens d'ailleurs, positifs ou négatifs. Donc on s'est nourri de tout ça pour être plus solide et plus costaud pour les entretiens suivants.
- Speaker #0
Donc il y a vraiment Non. C'est un cheminement, comme une grosse réflexion. C'est pas juste on va devenir parent.
- Speaker #1
Et c'est en ça où je te disais en introduction qu'on était moins prêts de manière un peu matérielle si j'ose dire. Mais d'un point de vue, on se pose des questions que des couples biologiques ne se posent pas.
- Speaker #0
Mais parce que tu savais que côté administratif, qu'il y aurait beaucoup d'exigences. Avant de démarrer,
- Speaker #1
notre expérience à nous montre qu'on n'a pas eu de questions pièges. Mais on discute avec beaucoup de personnes qui sont dans la même démarche que nous Et certaines ont des questions pièges Et nos situations de couple de garçons En tout cas, encore une fois, pour nous On n'a pas été confrontés à une discrimination quelconque A aucun moment C'est tellement compliqué de pouvoir adopter Que l'une des premières étapes C'est de participer à une réunion d'information Que le département, parce que c'est géré par les départements Que le département organise Et très clairement, la tonalité de cette réunion C'est, si vous n'êtes pas prêts, vous n'y allez pas Ils ne le disent pas comme ça clairement Mais ils montrent toutes les difficultés Que le parcours laisse A chaque étape Et avec une fin Qui est une capacité A pouvoir accueillir un enfant Qui est assez faible Si je prends l'exemple de mon département Il y a 250 dossiers en attente Pour pouvoir accueillir un enfant Il y a eu 15 adoptions l'an dernier On voit tout de suite le ratio Et on voit que c'est potentiellement difficile De pouvoir accueillir un enfant
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est le plus difficile dans cette phase aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tu parles de la phase d'attente ? Oui. C'est un peu la solitude. C'est qu'une fois que les rendez-vous sont faits et que le dossier est passé en commission et qu'on a l'agrément, on a reçu le courrier et maintenant, vous vous débrouillez, vous vous attendez. Grosso modo, ça se passe comme ça. Et tous les ans, il faut faire un petit courrier pour dire coucou, on est là, on est toujours moteur dans notre démarche de vouloir adopter. Nous, on a pris le sujet un petit peu sens inverse. Ok, on ne nous accompagne pas, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut être inactif.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et donc, on continue à lire, on continue à s'intéresser, parce qu'il y a quand même beaucoup d'interventions de spécialistes, de psychologues, qui s'intéressent à la notion d'adoption, mais on s'intéresse aussi, de manière générale, à comment on devient parent.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
On s'intéresse au cycle de croissance de l'enfant, à ses besoins en fonction des âges. Alors, ce qui est vachement bien, c'est que ma petite sœur a une petite, elle a maintenant un an et demi. Et on la voit régulièrement et on voit du coup la progression. Et c'est vachement intéressant parce que du coup, on se projette aussi en se disant, ah bah tu vois, si à l'adoption, on accueille un enfant de six mois, on voit à l'étape de Léandra, on voit qu'elle a besoin de ça à ce moment-là. Donc on se prépare, mais du coup, c'est de manière autonome. On se prépare à l'accueil d'un enfant et on se prépare à l'adoption, qui sont deux choses complémentaires. Et puis ensuite, on a l'association, on peut en parler. C'est l'association EFA. qui est une association départementale. Il y a des associations dans chaque département qui nous accompagnent dans cette phase d'attente. Dans notre département, ils parlent d'apéro de l'attente. C'est un moment d'échange avec toutes les personnes qui sont comme nous en attente. C'est le moment où on discute de nos doutes. On partage exactement. C'est toujours un moment très convivial. Ça rythme, ça jalonne un petit peu ce moment d'attente. D'ailleurs, c'est intéressant parce que même l'assistance sociale a dit que c'est le moment d'en profiter.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Ben... profitez de faire des grands voyages profitez de voir vos amis profitez d'avoir une vie encore sans enfant parce que le jour où l'enfant est là potentiellement ce sera plus difficile de pouvoir faire tout ça après tu passes dans le gang des parents tu vis l'histoire et moi je suis sûr qu'on peut continuer à voyager, continuer à profiter avec les enfants peut-être que c'est pas pareil, peut-être qu'on est fatigué qu'on a pas envie de faire la même chose mais je pense qu'on peut le faire aussi mais c'est possible,
- Speaker #0
on est vivant vraiment il y a un petit temps mais je peux pas t'en dire trop mais je laisserai les autres t'en parler en même temps tu as les formateurs parmi tes frères et soeurs donc je pense que tu as pris des notes moi j'ai envie de savoir si justement si tu en parles facilement au travail c'est une très bonne question je ne sais pas si tu te souviens mais quand tu es venu me voir pour me proposer cette interview je
- Speaker #1
t'ai dit quelque chose, je t'ai dit je veux y réfléchir parce que concrètement au tout début j'en parlais très ouvertement et comme je suis maintenant beaucoup plus ouvert aussi à l'idée de dire que je suis en couple avec un garçon, que je suis marié à Romain, que je vis très bien et que pour moi, c'est totalement naturel de pouvoir en parler. Bon, je m'écarte un petit peu, mais je reviens du coup sur le sujet qui est est-ce que j'en parle librement au boulot ? La réponse, c'est oui, mais. Parce que j'en ai beaucoup parlé et de manière très sympathique, les personnes à qui j'en ai parlé reviennent vers moi régulièrement en disant alors t'en es où ? Alors t'en es où ? Mais les amis, il ne se passe rien aujourd'hui. Il ne se passe rien semaine après semaine. Il ne se passe rien mois après mois. Il ne se passe rien. année après année. C'est hyper long comme process. Me demander toutes les semaines, à l'heure où tu en es où, ça n'a pas changé depuis la semaine dernière. Mais je crois que je t'ai posé la question depuis la semaine dernière. Oui, exactement. Et c'est hyper sympa. C'est hyper sympa de poser la question. Donc déjà, premièrement, il y a ces questions qui reviennent régulièrement et on se dit mais en fait, j'ai rien à raconter parce qu'il s'est rien passé dans notre vie. Et le deuxième élément de réponse qui fait que normalement j'en parle un peu moins mais je pense que c'est important de passer ces messages donc j'ai accepté de faire cette interview avec toi. Imagine dans 5 ans, j'ai pas réussi à adopter. Est-ce que je vais le vivre comme un échec ? ou est-ce que ça va me renforcer pour repartir sur un deuxième agrément alors qu'autour de moi, beaucoup de personnes savent que je me suis lancé dans cette démarche-là avec mon mari. Ça pourrait montrer une sorte d'échec et c'est quelque chose d'hyper intime. On pourrait peut-être nous juger aussi de dire peut-être qu'ils ne sont pas prêts à accueillir un enfant et je n'aimerais pas pouvoir intégrer dans la tête de certaines personnes qu'on n'a pas réussi à adopter parce qu'on a un couple de deux garçons. Et donc si la question c'est est-ce que j'en parle librement au boulot, j'aimerais pouvoir continuer à en parler librement à mon management. Parce que je pense que c'est quelque chose d'important, parce que le jour, encore une fois, où on m'appelle parce qu'on nous laisse un enfant à l'adoption, je dis bye bye au boulot tout de suite. Il n'y a pas d'autre priorité pour moi.
- Speaker #0
Bien sûr. Et tu l'annonces comment ce projet d'adoption ?
- Speaker #1
J'ai la chance d'avoir un management qui était hyper ouvert et puis je m'entendais hyper bien avec mon management et donc je l'ai clairement dit. voilà, en disant, ben, voilà, deux tours d'un d'un... d'une bilatte, les réunions hebdomadaires, j'en ai profité pour lui dire que j'étais en démarche d'adoption avec mon mari. C'est très personnel, mais que ça ne changeait rien au boulot, au jour le jour, parce que ça n'implique pas de rendez-vous, ça n'implique pas tout de suite une indisponibilité. Mais le jour où un enfant nous est proposé à l'adoption, là, je ne serais plus dispo pendant quelques semaines, quelques mois.
- Speaker #0
L'annonce a été difficile pour toi ? Ou tu as eu à la préparer ? C'était quelque chose d'assez spontané pour toi ? Tu as eu besoin de le dire à ce moment-là ?
- Speaker #1
Au moment où on avait fini, en tout cas je l'ai annoncé au moment où on avait fini les entretiens et où je sentais que l'agrément on allait l'avoir.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que le groupe dans lequel tu travailles comprend vraiment ce que représente un parcours d'adoption ?
- Speaker #1
C'est difficile de savoir parce qu'il y a d'autres personnes dans le groupe. groupe qui ont déjà adopté. J'ai déjà discuté avec elles. Peut-être qu'elles vont s'en reconnaître d'ailleurs si elles écoutent cette interview. Et je pense qu'elles ont bien vécu cette démarche d'adoption. La question que je me pose, c'est qu'est-ce qui se passe lorsqu'on n'est pas là pendant 3, 4, 5 mois ? Alors que je suis un homme, donc je n'ai pas accouché. Généralement, c'est les mamans qui restent plus longtemps absentes du fait du congé maternité. Qu'est-ce qui se passe quand c'est un homme qui s'absente autant ? J'en sais rien, j'en sais rien. En tout cas... Ça ne me fait pas peur du tout. En fait, ce que je veux te dire, c'est que le plus gros projet dans ma vie pour moi, c'est l'accueil d'un enfant. Ce sera la plus grande réussite dans ma vie. Donc quel que soit le job que je peux avoir, quel que soit le succès professionnel que je peux avoir, en fait, pour moi, le plus beau projet qu'on peut avoir dans une vie, c'est d'accueillir un enfant.
- Speaker #0
Tu as raison. Comment tu concilies aujourd'hui ce projet très prenant avec ton travail ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, il n'est pas prenant d'un point de vue temporel. il est prenant d'un point de vue plutôt psychologique et cheminement de pensée il l'a peut-être été avec tous les entretiens ça c'est hyper intéressant tous les entretiens on les a fait moi j'ai posé des congés pour pouvoir faire ces entretiens parce que ça se passe en journée et puis en fait on a des rendez-vous médicaux avant ces entretiens sociaux tout ça je l'ai pris sur des jours ça mobilise quand même beaucoup de temps je peux pas dire combien de temps ça a pris parce que j'ai pas fait le compte mais ça prend oui euh On a eu six rendez-vous au total, plus des rendez-vous médicaux avant. Bon, t'imagines un petit peu ce que ça peut faire en termes de RTT ou de congés payés.
- Speaker #0
Et puis même des moments de préparation, si peut-être tu as eu besoin juste de te poser.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et donc, la loi a changé depuis peu. Et donc, maintenant, il y a des temps de préparation qui sont prévus par la loi. Et que l'employeur est obligé de libérer ce temps au couple qu'il souhaite adopter. Et je trouve ça... Mais en fait, je ne me suis pas posé la question parce que pour moi, c'était une démarche personnelle. Ce qui n'avait pas d'impact pour le boulot. Mais en fait, avec le recul, tu dis mais c'est totalement logique que la loi prévoit des moments comme ça où on libère le salarié. Et du coup, nous, on a concilié en effet le travail avec ces rendez-vous à travers nos jours de congé. Et pour les phases de préparation, en fait, c'était le soir qu'on se discutait de tout ça. On lisait des bouquins. On regardait des reportages. D'ailleurs, je conseille un film qui s'appelle Pupille, d'ailleurs qui est ressorti il n'y a pas longtemps à la télé. C'est un film magnifique et qui donne bien le parcours d'une adoption en France. Donc oui, et ça, ça se passait le soir en fait. C'était nos sujets de discussion et d'ailleurs, c'est toujours nos sujets de discussion. Et pour notre organisation personnelle, on s'est créé un groupe WhatsApp où on se partage des articles qu'on a pu lire. C'est notre organisation.
- Speaker #0
Est-ce que ça impacte ta... Ta concentration, ton énergie, ta manière de travailler ?
- Speaker #1
Non, en revanche, je prends conscience de la difficulté d'être opé à 100% au boulot quand on est parent. Je me projette davantage, je me dis, mais si je ne réussis pas à faire mes nuits entières ? Parce que j'ai besoin de dormir, il y a des personnes qui peuvent tenir 3 heures, moi j'ai besoin de 7-8 heures de sommeil, d'autres 3 heures ça suffit, mais non, moi j'ai besoin de 7-8 heures de sommeil. comment on peut être OP quand on est parent d'enfants en bas âge qui a été malade pendant la nuit ou n'a pas fait ça.
- Speaker #0
Je peux te répondre si tu veux.
- Speaker #1
C'est plutôt que je me projette davantage maintenant. Et je me dis en effet, il faut vraiment être warrior pour pouvoir tenir à la fois sa vie de parent et sa vie professionnelle.
- Speaker #0
Il y a plein de conseils, mais je pense que sur les précédents podcasts, tu trouveras les différents conseils. pour ces moments-là, qui ne durent pas longtemps, mais qui sont intenses, mais je pense que... En tout cas, c'est mon avis. Je pense qu'on arrive à s'adapter, bizarrement. Moi qui suis une grosse dormeuse aussi, on s'adapte. Voilà, ces petits moments qui passent, on les fait. Est-ce que ce parcours t'a déjà transformé, même avant l'arrivée d'un enfant ?
- Speaker #1
Avec ce parcours, en fait, on devient des préparants. Parce qu'on se pose des questions qu'on ne se posait pas du tout avant. Et maintenant qu'on a l'agrément et qu'on est en phase d'attente, et vu qu'on veut être actif pendant cette attente, ce qu'on fait régulièrement, c'est quand même... On cave des choses dans les couples. ou chez les parents en fait, ou chez les enfants qu'on voit déjà dans notre entourage. Des choses qu'on ne captait pas avant en fait. C'est difficile à dire parce que c'est peu descriptible, mais c'est comment les parents ont donné soin à un enfant. Quelque chose qu'on n'aurait pas du tout regardé avant. Et c'est en ça où je dis que c'est préparant, c'est qu'en fait on se prépare, mais à notre manière en fait, parce qu'encore une fois, c'est pas la même préparation. Tu peux reposer ta question ?
- Speaker #0
Est-ce que ce parcours t'a déjà transformé même avant l'arrivée d'un enfant ?
- Speaker #1
C'est une question difficile, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'introspection dans ces rendez-vous. C'est plutôt, dans les rendez-vous qu'on a eus, et puis même dans notre démarche qu'on fait là personnellement, il n'y a pas forcément d'introspection, c'est plutôt des moments où on présente notre parcours de vie, donc enfant jusqu'à maintenant, comment on s'est rencontrés, notre relation. de couple, notre noyau familial, notre écosystème et puis notre projet d'adoption. Et les descriptifs et les rapports fournis par l'assistante sociale et les psychologues font preuve de psychologie, mais c'est des choses qu'on connaît déjà de nous. Ce qui nous rassure d'ailleurs, parce que ça veut dire que l'enquête sociale reflète ce qu'on est vraiment. Le point que je peux peut-être souligner, c'est la partie stabilité. Parce que je pense que pour accueillir un enfant qui a été abandonné, je pense qu'il faut être solide. parce que déjà accueillir un enfant c'est pas simple et accueillir un enfant qui a été abandonné c'est là encore moins parce que ce qui nous a été régulièrement expliqué c'est que cet enfant il n'a pas son noyau principal qui n'existe pas il n'a pas de figure d'attache et donc il faut créer cet attachement et se créer cet attachement ça prend des mois, ça prend des années peut-être que ça se fera jamais, ça existe il y a des modèles, des exemples où ça s'est jamais fait on croise les doigts et on touche du bois pour que ça se passe bien, en tout cas on met tout de notre côté pour qu'on se prépare en tout cas on s'intéresse à tout ça, à tous ces sujets et pour essayer de comprendre pourquoi ça n'a pas pris dans ces différents exemples et donc je pense qu'il faut être solide déjà personnellement, solide dans le couple et solide dans sa vie vie pro, vie perso en fait et aujourd'hui on est dans une étape de notre vie où on est bien avec nos familles, on est bien avec qui on est, on assume totalement notre relation d'homme marié euh... de notre entourage, dans notre quartier. On n'a aucun mal-être avec ça. Donc je pense qu'on est prêts à accueillir un enfant qui aura besoin de cette sécurité et de cet attachement.
- Speaker #0
Justement, j'ai envie de parler du regard des autres. Parce que c'est vrai qu'on n'en parle pas. J'ai l'impression que c'est un sujet tabou. Mais malgré tout, c'est malheureusement la réalité aussi. Est-ce que tu sens que ton parcours est perçu différemment parce que vous êtes un couple gay ? Ou que tu as l'impression de devoir expliquer davantage ? Donc concrètement,
- Speaker #1
dans le cadre du parcours d'adoption, la phase d'agrément, lorsqu'on a fait l'enquête sociale, on nous a posé la question. On nous a posé la question de comment vous allez accompagner votre enfant lorsqu'il va comprendre qu'il n'y a pas de maman et qu'il y a deux papas. Donc ça c'est une question, et c'est légitime de se poser la question parce que cet enfant va nous poser la question un jour. Si ça ne vient pas naturellement, l'école va lui amener cette question. Et donc je pense que les enfants... peuvent être protégés si les parents sont bienveillants. Et à l'école, on sait que notre futur enfant sera confronté à cette... J'aimerais bien qu'elle soit confrontée à la bienveillance, mais on le sait, la société est faite ainsi. Un jour, notre enfant rentrera de l'école en se disant « Mais je ne comprends pas pourquoi moi je n'ai pas de maman. Je ne comprends pas pourquoi moi j'ai une couleur de peau différente de la vôtre. » Peut-être refermer la parenthèse et je vais revenir à ta question qui est « Est-ce que ça implique forcément une différence ? »
- Speaker #0
En fait, ma question, c'était de se dire, est-ce que tu as parfois l'impression de devoir expliquer davantage votre projet d'adoption ?
- Speaker #1
Et on nous a posé la question aussi de, et pourquoi vous ne faites pas une GPA ? Pourquoi vous ne faites pas une GPA, finalement ?
- Speaker #0
Mais ça, c'est qui ? C'est ton entourage ? Enfin, je veux dire, c'est...
- Speaker #1
Même, nous, on ne l'a pas eu, la question, on ne l'a pas eu directement par l'assistance sociale, mais d'autres couples nous ont témoigné ça. Voilà, en disant, et pourquoi vous ne faites pas une GPA ? Vous pourriez très bien faire une GPA. Comme les couples hétéros. qui peuvent faire une PMA, finalement. Bref, la question est posée.
- Speaker #0
Ça crée un doute, après, dans votre projet ?
- Speaker #1
Non, parce que nous, on est très clairs sur le... Je le disais tout à l'heure. Nous, on souhaite accueillir un enfant qui est déjà là et qui a besoin de ce soutien et de cette sécurité et de l'attachement qu'on pourrait lui apporter.
- Speaker #0
Ces questions, pour toi, tu les classes dans de l'injonction ?
- Speaker #1
Je pense que c'est bien aussi de nous poser la question parce qu'il ne faut quand même pas être totalement inconscient ou insouciant. La société est faite ainsi. et on le voit encore maintenant il y a des actes homophobes assez forts un peu partout tout le temps dans les faits divers, dans les actus bon c'est quand même pas très joyeux on a dû expliquer comment on allait faire face à ces questions qu'on pourrait avoir mais de manière générale même là aujourd'hui dans notre vie de personne homosexuelle on est parfois confronté quand même à cette réalité et par exemple on s'attend aussi à ce que Lorsqu'on devra peut-être passer à l'hôpital un soir parce que notre enfant a 42 fièvres, ils vont peut-être se demander, elle est où la mère ? Il n'y a pas de maman. Il y a deux papas.
- Speaker #0
Vous êtes prêts à ça aussi ? Vous en parlez aussi de ces sujets ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Tu regardes les autres.
- Speaker #1
Ce qui est aussi important dans l'adoption, je ne sais pas si tu veux l'évoquer maintenant ou après, c'est une pochette surprise à un enfant que tu adoptes. Parce que... Les antécédents médicaux de cet enfant, ils sont peut-être même inexistants parce que tu ne connais pas tout ce qui est l'hérédité de cet enfant et de sa famille. Et donc, on a discuté avec un couple qui a adopté il n'y a pas longtemps. Ils demandent. L'enfant était malade, il devait aller à l'hôpital régulièrement. Et les médecins demandaient, est-ce que vous savez s'il y avait des maladies dans la famille ? On n'en sait rien. On ne sait pas si la femme qui a porté cet enfant, est-ce qu'elle était malade ? Est-ce qu'elle a bu de l'alcool pendant sa grossesse ? Est-ce qu'elle a fait attention pendant sa grossesse ? Est-ce que c'était une grossesse suivie ? On n'en sait rien. Si elle a voulu nous dire des choses, tant mieux. Mais c'est le projet de surprise, cet enfant. Et c'est un point hyper important. C'est pour ça qu'à ta question, qu'on est prêt, mais pour moi, il y a une confrontation des deux. Quand on a un désir d'enfant, il faut être prêt à la queue d'un enfant adopté avec cette particularité, parce qu'on n'a pas les antécédents. Et encore plus quand on est un couple beau, parce qu'il faut se préparer aussi à ces éventualités qui est pourquoi cet enfant a deux papas.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui tu arrives à te projeter dans votre vie ? vie avec un enfant.
- Speaker #1
C'est ce qui me fait le plus peur d'ailleurs. Je me projette un peu trop. Là, on fait des travaux à la maison et on fait des travaux parce que justement on veut que notre chambre soit celle soit à côté de la chambre de l'enfant. On est pas là On casse des murs On est pas là A faire déjà la décoration de la chambre On est pas du tout là dedans On se projette déjà beaucoup En se disant mais en fait il faut que Il faut qu'on ait un terrain propice Un cocon prêt à accueillir Un enfant Et donc oui on se projette énormément Et pareil on réfléchit Actuellement le soir on parle pas mal de nos vacances On se projette aussi en disant qu'on pourrait aller là-bas avec notre enfant. On adorait faire ça avec notre enfant. On se projette pas mal là-dessus.
- Speaker #0
C'est hyper positif,
- Speaker #1
c'est chouette. On se projette aussi sur notre rythme de vie. Parce que mon mari a des oreilles qui sont un petit peu plus flexibles. Mais on a envie d'avoir une certaine égalité dans la charge et les moments qu'on veut passer avec notre enfant. Et donc on a déjà dit que c'était moi qui déposais l'ensemble matin à l'école ou à la crèche. Et c'était lui qui le récupérait le soir. Voilà, on a déjà approché des choses comme ça.
- Speaker #0
Je trouve ça chouette. Avec ton vécu, ton expérience, enfant d'une famille nombreuse, est-ce que tu imagines quel type de parent tu seras ?
- Speaker #1
Ah ouais, c'est marrant parce que le week-end dernier, mon mari m'a dit « Ah, je suis sûr que toi tu seras un parent laxiste. Mais toi tu seras un père qui va tout laisser faire. » En disant « Mais c'est pas grave ! » En fait, je sais pas. Je sais pas parce que moi j'ai vu mes parents qui ont changé d'éducation en fonction des enfants. Ils s'adaptent. Oui, et surtout, je pense que tu as des valeurs que tu veux, enfin, tu as des règles que tu voudrais édicter et garder dans la façon dont tu veux faire grandir ton enfant. Entre le premier et le deuxième, à mon avis, c'est déjà plus la même chose. Et donc moi, je n'ai pas envie de me mettre de règles tout de suite en me disant, moi, je vais être comme ça, ou moi, je vais être un papa cool, ou je vais être un papa qui met des règles, etc. j'en sais rien en fait j'en sais rien et et Mon mari pense que je vais être trop cool. Moi, je ne sais pas. Je pense que je suis capable de mettre des règles. Mais pour mettre des règles, je trouve ça un petit peu idiot. Je pense que ça dépend aussi de l'enfant.
- Speaker #0
Si c'est quoi, on se fait mener par le bout du nid pour les enfants. De toute façon, on n'a plus aucune personnalité.
- Speaker #1
Mais j'avoue que, par exemple, j'ai ma petite nièce là. En fait, dès que tu lui dis quelque chose un petit peu sec... Elle est là à faire un sourire jusqu'aux oreilles. C'est mort. Du fond,
- Speaker #0
ça y est, c'est mort.
- Speaker #1
Du fond, voilà.
- Speaker #0
C'est ce qui t'attend. Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui démarre un parcours d'adoption aujourd'hui ?
- Speaker #1
Que c'est un super projet.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et que je pourrais lui donner plein de conseils. Oui. Plein de lectures intéressantes. Que je suis là s'il a besoin d'aide. Qu'on est là, parce qu'on est tous les deux à pouvoir aider. Et que c'est un super parcours qui va peut-être un petit peu remuer. parce qu'il y a des questions auxquelles on n'a pas envie forcément de répondre. Pourtant, il faut y répondre. Ça remue un petit peu, mais c'est un super projet. Et je l'encourage à persévérer.
- Speaker #0
Donc, si tu devais résumer ce moment de vie en une phrase, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Que l'adoption, c'est beaucoup d'attentes pour beaucoup d'incertitudes. Mais il faut y croire et il faut être hyper moteur parce que personne ne sera moteur à notre place.
- Speaker #0
J'aime beaucoup. Merci, Rudy, pour ta confiance et pour ce partage. aussi sincère. Merci beaucoup pour tes mots. J'ai envie de te souhaiter une très très belle suite dans ce parcours. Si t'as besoin d'une tata, je suis là. Et surtout que cette attente, qu'elle laisse bientôt place à une rencontre dans votre vie qui changera tout.
- Speaker #1
C'est hyper sympa.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi Farida.
- Speaker #0
En attendant le prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton open space et surtout, déculpabilise. On est là, on est ensemble et on fait surtout de notre mieux parce que la parentalité en entreprise, Ce n'est pas un détail dans un CV, c'est une expérience à part entière qui est pleine de défis, de fierté et parfois même de doute. Alors viens rejoindre la conversation et si tu as envie, prends le micro, à de vous entendre partager votre expérience. A bientôt !