- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast MaterniTalk, un podcast qui parle sans tabou. de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés toutes et tous plus exceptionnels les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers du groupe. Toutes ces personnalités, elles ont un point en commun, c'est d'être salariés et puis parents ou en devenir. L'objectif, c'est créer un espace où les salariés, hommes et femmes, pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parents, tout en découvrant qu'il est possible de se faire un peu de la même chose. de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aujourd'hui, je reçois une femme qui ne coche pas seulement des cases, elle les redéfinit. Dirigeante engagée. Elle porte chez L'Oréal un sujet devenu essentiel, la diversité, l'équité et l'inclusion. Mon invitée du jour transforme les pratiques, elle challenge les organisations et elle pousse les lignes là où ça résiste encore. Son engagement ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise. Elle est convaincue que l'impact se construit aussi sur le terrain et elle s'investit auprès de plusieurs associations comme Action Enfance, qui l'accompagnent des fratries séparées de leur famille afin qu'elles puissent continuer à grandir ensemble. Une course qui va vous aider. qui résonne particulièrement avec ses valeurs de protection, d'inclusion et de transmission. Elle agit pour une société plus juste, plus ouverte et plus représentative. Une société où chacun peut réellement trouver sa place. Et puis, il y a aussi la femme et la maman, parce que derrière toutes ces responsabilités, il y a un vécu, un parcours de maternité qui ne ressemble pas à tous les autres. Un chemin qui l'a bousculé, qui l'a questionné et même transformé. Le chemin d'une maman qui l'a amené à endosser le rôle de parent. aidant. De cette expérience est née une autre forme d'engagement, plus intime et même plus viscérale. Elle est depuis plus de 23 ans la co-fondatrice et vice-présidente de l'association Autour de Williams, qui est un véritable espace de soutien, de partage et d'action pour accompagner d'autres familles dont l'enfant est touché par le syndrome de Williams et Burrell. Autour de Williams agit avec la forte conviction que personne ne doit avancer seul face à une maladie Transformer ses combats personnels en levier d'impact collectif, c'est l'une de ses forces. Aujourd'hui, on va parler de maternité, de charge mentale, de handicap et puis d'engagement. Et vous allez voir, cet épisode ne laisse pas indifférent. J'ai le plaisir de rencontrer aujourd'hui Alnord Thomas, directrice diversité, équité et inclusion chez L'Oréal France. Bonjour Alnord.
- Speaker #1
Bonjour Farida.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Je vais très bien et toi, comment tu vas ?
- Speaker #0
Très bien, je suis prête. hyper contente de te rencontrer.
- Speaker #1
Moi aussi, ça me fait très plaisir.
- Speaker #0
Super contente que tu aies accepté cette invitation. J'ai envie de démarrer ce podcast avec la question. Tu es maman de quatre enfants, donc comme tu vas me dire trois que tu as fabriquées et une qui est arrivée dans ta vie par bonheur, comment tu fais pour t'organiser ? C'est quoi ton secret ?
- Speaker #1
Effectivement, tu as raison. Avoir une vie professionnelle, une vie personnelle avec des enfants, mais également une vie associative, une vie amicale c'est un tout ça demande de l'organisation Et il faut faire des choix en fait. Il y a des choix que j'ai faits, il y a des renoncements que j'ai faits. Je regarde par exemple peu de films, donc j'essaie de bien les choisir. Voilà, c'est des petits choix comme ça, mais tout est une question d'organisation et j'ai envie de dire quand on veut, on peut.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu dans ta manière de travailler, de diriger, des moments où justement tu as changé cette façon de travailler en étant devenue maman d'une famille nombreuse ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'ai changé ma façon de travailler. Je me suis plutôt adaptée. Je me suis adaptée à mes enfants, aux besoins de mes enfants. Je me suis adaptée à mon travail. Je pense qu'on gagne en qualité, en efficacité. C'est vrai que j'essaye d'optimiser tous les moments. J'essaye de faire de chaque moment avec mes enfants un moment qui soit qualitatif. Et au travail, c'est la même chose. J'essaye vraiment d'être concentrée, focus sur ce que je dois faire, quels sont les résultats que je veux atteindre, que je veux obtenir, quels sont mes objectifs et d'y aller directement.
- Speaker #0
Dans ta vie de tous les jours, qu'est-ce qui est le plus fatigant ? C'est ce que tu fais ou ce que tu devais gérer en parallèle ?
- Speaker #1
Le plus difficile dans ma vie, c'est ce que je dois gérer en parallèle. C'est la charge mentale sur des dossiers qu'il ne faut pas oublier, sur des papiers à remplir. Je n'aime pas l'administratif pour être transparente. Moi non plus. Et donc du coup, le plus difficile pour moi, c'est ce que je n'aime pas. Donc ça va être gérer en parallèle l'administratif, ne pas oublier des rendez-vous, ce genre de choses. Mais c'est anecdotique.
- Speaker #0
Mais justement, concrètement, comment tu gères cette charge mentale entre ton rôle de dirigeante et ta vie de famille nombreuse ? C'est quoi tes tips ? Comment tu as pu gérer les deux, finalement, trouver un équilibre ?
- Speaker #1
Alors, tout est millimétré. Honnêtement, un petit peu moins aujourd'hui parce que mes enfants sont beaucoup plus grands. Donc, c'est quand même beaucoup, beaucoup plus facile. Ma priorité, très clairement, c'est ma famille et mes enfants. J'ai toujours mes téléphones portables à côté de moi parce que s'ils ont besoin de moi, s'ils m'appellent, je serai toujours là pour eux. Voilà. Voilà, j'ai envie de dire que c'est un deal, c'est normal, c'est spontané pour moi. En fait, ça me rassure de savoir que s'ils ont besoin de moi, je serai là pour eux. Et une fois qu'on est rassuré, finalement, j'ai envie de dire que tout va bien. Le reste, c'est de l'organisation. Je profite quand même beaucoup du week-end pour organiser ma semaine, on va être honnête, sur les rendez-vous. Et puis, j'ai eu, quand ils étaient plus petits, un soutien énorme. J'ai eu des nounous qui étaient super, qui allaient les chercher à l'école, qui rentraient à la maison. Et j'ai eu beaucoup, beaucoup de chance parce que je n'ai eu que des personnes exceptionnelles. à mes côtés quand il a fallu s'occuper de mes enfants.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'est arrivé à un moment donné de ta vie de te dire, là, c'est trop, là, j'ai trop de pression ? va faire que je me reprenne ou que je fasse autrement. T'es arrivée de craquer ?
- Speaker #1
Ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé de me dire qu'il y en avait trop. Ça m'est arrivé de me dire qu'il fallait faire des choix. Ça m'est arrivé de refuser certains engagements pour lesquels j'avais une envie extrêmement importante mais c'était pas le bon moment. Quand c'est pas le moment, il vaut mieux reporter. Ce qui est très important pour moi, c'est de faire ce que j'ai envie de faire à fond, à 200% et pas à moitié.
- Speaker #0
Et aujourd'hui avec le recul, si c'était à refaire, t'aurais fait les mêmes choix ?
- Speaker #1
Je crois que j'aurais fait les mêmes choix et j'ai aucun regret. Merci.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Aucun regret. Et c'est vraiment là où je suis très heureuse, c'est que je n'ai aucun regret. Dans le temps que j'ai consacré à mes enfants, dans le temps que j'ai consacré à mon travail, dans ce que j'ai pu réaliser, aujourd'hui, je n'ai pas de regret. Et j'ai qu'une envie, c'est de continuer.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu dans ton parcours de parent des décisions difficiles à prendre et qui ont été salvatrices au final ?
- Speaker #1
Pour moi, la décision la plus difficile, qui a été la plus déterminante dans ma carrière, ça a été celle... à la naissance de mon fils aîné de Marius, est-ce que je continue à travailler ? Ou est-ce que je mets ma carrière entre parenthèses pour être à 100% avec mon fils ? Là, ça a été la question la plus difficile et j'ai envie de te dire la plus déterminante dans le reste de ma vie.
- Speaker #0
Comment tu as géré cette période de ta vie ?
- Speaker #1
Ce qui s'est passé, donc juste pour mettre un petit peu de contexte, Marius, mon fils aîné, à l'âge de 3 semaines, j'ai appris qu'il avait une maladie génétique qui était très grave. une maladie génétique qui faisait qu'il aurait besoin de beaucoup plus de soins qu'un autre enfant. On devait attendre une opération à cœur ouvert qui était assez délicate et il fallait qu'il grossissait. Et mon petit mec, quand il est né, il ne faisait que 2,5 kg à terme. Donc, il fallait du temps pour qu'il arrive à ses 10 kg. Et en parallèle, il aurait beaucoup de rééducation parce que dans sa maladie génétique, il avait plein de soins dont il avait besoin et dont il aurait besoin pour grandir le mieux possible. Donc là... Il faut se replacer quand même 23 ans en arrière, je sais que les choses ont beaucoup changé, mais on m'a demandé d'arrêter de travailler. On m'a dit que ce serait mieux d'arrêter de travailler pour m'occuper de mon fils. Parce qu'en tant que maman, je serais la personne la mieux placée pour m'occuper de Marius. Alors ce qui m'a piqué un peu au vif...
- Speaker #0
Ce sont les médecins qui t'ont donné ce conseil ? Non,
- Speaker #1
c'était une assistante sociale à l'époque de l'hôpital, mais elle était convaincue. Il n'y a pas de reproche vis-à-vis de cette personne. Elle m'a dit ce qu'elle pensait être le mieux. à ce moment-là, sauf que pour moi, ce n'était pas du tout la bonne solution. Ce n'était vraiment pas ce qui me convenait. Et puis, ça n'a jamais été demandé au papa de Marius. Mais encore une fois, au contraire, j'ai presque envie de lui dire merci parce qu'elle m'a aidée à prendre la décision. En fait, ça m'a un peu piqué la vie. Je me suis dit, mince, je suis vraiment tombée bas. C'est-à-dire que je venais d'apprendre que Marius avait une maladie génétique. Déjà, je n'étais pas très bien. C'était un euphémisme. J'étais vraiment mal, triste, inquiète, tout ce qu'on veut. Et je me dis, en plus, on me retire ce que j'aime, on me retire mon travail. Quelque part au travers du travail, c'est ma vie sociale, c'est mon indépendance, c'est ma liberté. Et là, très très vite, mais quand je dis très très vite, je pense que c'est dans l'heure, c'était évident, que mon souhait de vie, c'était être heureuse pour mon fils. Ce que je voulais, c'était que Mariusse ait une maman heureuse. Et pour être heureuse, j'avais besoin de mon travail parce que c'est tout un lieu où je m'épanouis, un lieu que j'aime. Moi j'aime le travail, j'aime aller travailler, j'aime faire bouger les lignes. A l'époque, je n'étais pas du tout dans les sujets d'aujourd'hui, j'étais dans le conseil. Mais c'était un plaisir tous les matins d'aller travailler. Et donc ma décision a été d'avoir pour Marius une maman heureuse et ça passait par le travail. Donc très vite, le choix a été fait.
- Speaker #0
C'est ce qui t'a donné envie de créer justement cette association autour des Williams ?
- Speaker #1
Alors c'est encore autre chose qui m'a donné envie de créer autour des Williams. J'ai eu une chance incroyable dans ma vie. C'est que j'ai toujours eu plein de personnes, plein d'amis extraordinaires. Et tout au long du diagnostic, tout au long des premières années de Marius, les années les plus difficiles, j'ai eu... des amis, j'ai eu du monde autour de moi, du monde pour m'accompagner. Quand j'avais besoin de craquer, quand j'avais besoin de pleurer, quand c'était trop dur, j'avais toujours l'épaule d'une amie ou d'un ami à mes côtés. Quand j'avais envie d'aller faire la fête pour célébrer la vie, parce qu'il y avait une super nouvelle, et bien là aussi, j'avais toujours du monde pour célébrer. Et je me suis dit qu'il y avait une chance incroyable, parce que toutes ces personnes m'aidaient à aller de l'avant. C'était dur, Marius avait déjà beaucoup de séances de rééducation, il y avait toute la lourdeur administrative. C'était aussi très compliqué d'imaginer que mon fils ne serait pas l'enfant que j'avais imaginé, que Marie serait une déficience intellectuelle, qu'il n'allait peut-être pas savoir lire, peut-être pas écrire. Tout ça, à l'époque, je ne savais pas ce qu'allait devenir Marie. Mais le tableau était quand même assez sombre. Et donc, il y avait toujours quelqu'un pour me redonner un petit peu de lumière, d'envie, de soutien. Et j'ai créé cette association pour plusieurs raisons. J'ai créé déjà parce que j'ai rencontré une personne extraordinaire qui s'appelle François, François de Oliveira, qui était un autre papa avec un enfant qui avait le même syndrome que Marius, qui a le syndrome de Williams. Et François... m'aider à comprendre ce qui allait se passer, m'aider à comprendre la génétique, m'aider à comprendre comment allait se passer l'opération à cœur ouvert de Marius. Il m'accompagnait beaucoup et je me suis dit tous les deux, je suis sûre qu'on peut faire des belles choses et surtout ensemble, on avait un point commun, c'est qu'on voulait laisser personne seul. Et donc on a créé cette association pour deux raisons principales. La première, c'était de laisser aucune famille seule, isolée. Nous, on a vu la chance d'avoir des soutiens et on voulait transmettre ça à d'autres personnes qui n'auraient peut-être pas cette chance-là. Et la deuxième chose qui était importante pour nous, c'était de mieux comprendre ce qu'était le syndrome de Williams, mieux comprendre ce que c'était qu'avoir un enfant en situation de handicap, mieux comprendre cette pathologie pour pouvoir encourager la recherche médicale et essayer d'améliorer leurs conditions de vie et leur espérance de vie. On a très vite créé un site internet, on a regroupé les informations, on a très vite été chercher... des subventions. La première rentrée d'argent, je m'en souviendrai toute ma vie, j'étais tellement heureuse et tellement fière. On était partis faire Fort Boyard pour l'association. C'était extraordinaire. Au bout d'un an, on avait réuni des personnalités et ça avait donné un peu de notoriété et cette notoriété, ça a fait que des familles sont venues nous retrouver. On a pu collectivement faire des actions de vente de muguets, de tombolades. Toutes les actions sont essentielles pour rentrer des fonds et pour après les redistribuer à la recherche.
- Speaker #0
A quel moment dans ton parcours de parent tu as pris peut-être conscience de ce rôle de parent aidant ? Est-ce qu'à un moment donné ça a fait tilt dans ton esprit de te dire là j'ai un nouveau rôle encore ? Je suis maman mais maman aidante.
- Speaker #1
Je crois que j'en ai pris conscience très tardivement, peut-être il y a 3-4 ans.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Parce que pour moi j'étais maman.
- Speaker #0
Simplement ?
- Speaker #1
Exactement, j'étais simplement maman. Ce qui était important pour moi c'était que Marius soit entouré. des meilleures personnes pour lui. Moi, je n'avais pas la patience, honnêtement, de l'emmener faire ses 10 séances de rééducation par semaine. Entre plusieurs séances de kiné, d'orthophonie, d'ergothérapie, de psychomotricité, etc. Pour moi, ça, c'était très difficile. Parce que j'avais l'impression, justement, de perdre ce rôle de maman quand il était petit. Et moi, je voulais vraiment être la maman de Marius. Et à l'époque, il y a une personne qui était sa nounou, qui allait chercher à la sortie de la crèche et qui... m'accompagnait sur ses rendez-vous. C'est ce que je dis, moi j'ai eu beaucoup de chance, j'ai rencontré que des personnes exceptionnelles dans ma vie. Donc à la crèche, ils avaient mis en place tout un protocole pour qu'une partie des soins de Marius soit prise sur le temps de la crèche. Après, ça a été pris sur le temps de son école maternelle, ça a été pris sur le temps de l'école primaire. Ça n'a jamais été facile, il a fallu bien sûr expliquer, ça a toujours été un parcours du combattant. Mais en expliquant les choses, je suis tombée sur des personnes qui ont été... aidante pour moi dans la mise en place de la rééducation de Marius. Ce qui faisait que Marius, sur mon temps de maman, j'étais sa maman. J'étais sa maman pour jouer avec lui. Évidemment, j'avais toujours une petite musique derrière qui me disait « si tu fais ça, tu vas aller te rééduquer, si tu travailles tout ce qui était la sphère orale. » Je ne connais pas bien les mots, mais il fallait que je rééduque parce que Marius était dans l'incapacité totale de manger des morceaux. Et à un moment, il fallait qu'il apprenne à manger des morceaux. Donc je savais aussi progressivement que j'allais le rééduquer en jouant avec lui. Donc il y avait toujours cette petite musique en tête de rééducation, mais j'étais avant tout sa maman à lui faire des câlins, à lui lire des histoires, à lui faire écouter des comptines ou à lui chanter, mais je chante très très faux, le pauvre. Mais c'était ça qui était vraiment important pour moi, c'était de construire cette relation ensemble et d'avancer ensemble.
- Speaker #0
Est-ce que justement... Devenir maman a changé ton regard sur l'inclusion.
- Speaker #1
Ça m'a appris plusieurs choses. Je ne sais pas si ça a changé mon regard sur l'inclusion. Ça m'a surtout appris la patience. Je ne suis pas du tout patiente. Et avec des enfants, et a fortiori avec Marius, j'ai vraiment appris la patience, l'écoute. Me dire aussi que ce n'était pas à mon rythme, mais à leur rythme.
- Speaker #0
Et ça, c'était dur au début pour moi. Oui, c'est ça. Et comment tu as fait justement pour...
- Speaker #1
Oh ben, ils ne m'ont pas laissé le choix.
- Speaker #0
On est assez agile en fait.
- Speaker #1
On est assez agile. Et puis, oui, pour Marius, vraiment la patience. Puis des moments, j'ai des petits moments de découragement. c'est assez drôle parce que les petits moments de découragement, c'est par exemple, c'est dur quand on voit tous les enfants qui ont allé 12, 14, 18 mois et qui marchent, et qu'on voit son enfant qui ne marche pas. Et on se dit, quand est-ce que ça va venir ? Et du coup, il les a fait, il devait avoir 27 mois. Évidemment, là, c'est des larmes de joie. C'est aussi ce qui m'a beaucoup aidée, c'est tous les médecins. Parce qu'autant je pouvais tout ce qui était kiné, tout ce qui était rééducation, je l'ai délégué, autant tous les rendez-vous à l'hôpital, Tous les rendez-vous liés à la santé de Marius, ça c'était pas possible de le déléguer, c'était à moi de les faire, c'était essentiel pour moi de bien comprendre en fait. J'avais besoin d'être là, j'avais besoin d'être avec Marius, j'avais besoin qu'on fasse équipe avec les professeurs qu'on rencontrait. Et aussi, on a toujours été là pour donner, même dans les moments les plus compliqués, les plus difficiles, les plus durs, toujours une petite note d'espoir, ou toujours un petit mot qui aide à repartir, à rebondir, à tenir debout, à se lever le matin.
- Speaker #0
Si tu devais donner un conseil ? Justement aux femmes, aux parents qui eux aussi vivent une situation justement de parents aidants, ont un enfant avec un handicap, qu'est-ce que tu pourrais leur donner comme conseil ?
- Speaker #1
Alors c'est toujours très difficile en fait de donner un conseil parce que chaque situation est différente et chaque situation est unique. Mais si je revenais un petit peu en arrière, j'aurais envie de leur dire l'importance de se faire confiance, l'important d'écouter son enfant. Moi, Marius, on ne connaissait pas bien son syndrome. On pensait qu'il ne saurait ni lire ni écrire. Aujourd'hui, il sait lire, il sait écrire. Je suis extrêmement fière de la personne que mon fils est devenu. Alors évidemment, il ne fera jamais exactement la même chose que d'autres. Mais Marius, il a toute sa place dans la fratrie. Marius, ses frères et soeurs s'entendent très, très bien. Il nous a tous fait grandir différemment. Et je suis très fière de dire à mon fils, je suis fière de toi. Ça, c'est vraiment important. Donc, si j'avais un conseil à dire, c'est... C'est dur, il y a beaucoup plus d'obstacles, c'est sûr qu'un enfant qui va grandir, je ne dis pas le mot normalement, mais qui va grandir plus naturellement on va dire, qui va avoir moins d'obstacles, mais il faut aussi s'écouter en tant que parent, il ne faut pas s'oublier, ne pas s'oublier parce qu'on a tendance à s'oublier, penser à soi, penser à ce qui nous fait du bien. Trouver un petit peu de répit, regarder si c'est aller faire une heure de sport, si c'est aller faire du dessin, si c'est aller au cinéma. Trouver ce petit temps pour soi. C'est extrêmement important parce que prendre soin de soi, ça va nous aider à prendre soin des autres. On ne peut pas prendre soin des autres si on n'arrive pas à prendre soin de soi. Donc ça, ça me semble très important. Et puis, il y a aussi un autre sujet dont on parle très peu, qui est assez tabou. Tout à l'heure, on parlait de l'adolescence. Alors, on ne s'ennuie jamais dans les périodes d'adolescence. Mais quand on a un enfant en situation de handicap, ce n'est pas du tout la même chose d'avoir un enfant petit, surtout quand il y a un... Une déficience intellectuelle, un petit bébé et un petit qu'on va aider à grandir, et puis après un adolescent et un adulte. Et souvent je vois des mamans qui craquent, moi ça a été une période qui a été difficile de voir mon fils grandir et devenir adulte, et devenir adulte dans son corps, mais... mais dans sa tête finalement, beaucoup moins. Et donc voilà, ne pas hésiter aussi à aller chercher de l'aide quand on en a besoin. Ça je pense que c'est important.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que la culpabilité à ce moment-là, elle se pose un peu plus fort ?
- Speaker #1
À ce moment-là, mais elle peut aussi se poser au moment du diagnostic, donc en général plus jeune. Mais ce qui est important, voilà, on peut avoir ce sentiment de culpabilité, mais en fait, c'est la vie. Personne n'y est pour rien. C'est comme ça. On a chacun notre vie. Et ce qui est important, j'ai envie de dire, c'est un peu comme un jeu de cartes. Donc après, il faut jouer avec. Il faut se faire le plus de plaisir et donner le plus de plaisir autour de nous.
- Speaker #0
Est-ce que ta vie personnelle a influencé tes combats professionnels ou l'inverse ?
- Speaker #1
Évidemment, en fait, je te mentirais si je te dirais l'inverse. Je ne suis pas sûre que si je n'avais pas eu l'histoire avec Marius, je serais aujourd'hui directrice de diversité, équité, inclusion. J'aurais certainement fait d'autres choses. J'ai toujours été très engagée, bien avant la naissance de Marius. Pour moi, j'ai fait du droit médical pour indemniser les victimes. Je voulais être sapeur-pompier volontaire. J'ai toujours été... À Paris, c'était compliqué. À l'époque, c'était militaire. Je ne sais pas si c'est possible aujourd'hui, mais à l'époque, ce n'était pas possible. En tous les cas, j'ai toujours été très engagée. J'ai été très engagée, notamment une bonne partie de ma vie, sur l'affaire du sang contaminé et l'indemnisation des victimes. Mais évidemment que Marius a changé ma vie parce que j'ai découvert tout un autre monde, un monde parallèle, le monde du handicap, le monde des hôpitaux, le monde des enfants malades. Donc, ça a complètement changé ma vie. Mais surtout, ça m'a fait faire de magnifiques rencontres. J'ai fait des rencontres incroyables dans tout cet univers qui m'a donné envie de porter les sujets parce que ce monde... Tous ensemble, inclusif, il est tellement plus beau que ça m'a donné, voilà, j'ai envie de dire, ça m'a presque donné des ailes et de l'élan pour le faire.
- Speaker #0
Justement, est-ce que tu as une personne ou une expérience ou même un moment qui a changé ta façon de voir ton rôle de femme, de mère, mais aussi de leader ? Est-ce que tu as une espèce d'inspiration comme ça, quelqu'un qui te...
- Speaker #1
Alors là, j'ai tellement de femmes qui m'ont inspirée dans ma vie. Il y a une personne, c'est souvent elle que je pense parce qu'elle m'a aussi tendu la main. qui m'a beaucoup inspirée, c'est Alexia Laroche-Hubert. Alexia, ça a été la première marraine de l'association. On s'est rencontrées, Marius devait avoir six mois, elle était déjà toute seule avec sa fille, le papa de sa fille était décédé. Et donc on a beaucoup échangé toutes les deux sur notre vie de maman, sur les difficultés de la vie, sur la résilience, sur comment rebondir. Et je l'ai toujours admirée, cette femme d'affaires, avec toujours un coup d'œil, d'avance, qui voilà, c'est une femme que j'admire.
- Speaker #0
Tu as organisé des talks où des collaborateurs ont témoigné sur des handicaps invisibles devant plus de 900 personnes, devant des membres du COMEX. Qu'est-ce que ça change réellement dans une entreprise quand la parole devient publique ?
- Speaker #1
En entreprise, quand la parole se libère, ce qui est important pour moi, c'est que chacun puisse parler de sa vie. Je ne dis pas « doivent en parler » , c'est seulement si on a envie. De libérer la parole. Si, par exemple, parce qu'on est en situation de handicap et qu'on a un traitement, ou qu'on est malade, tout simplement, et qu'on a un traitement qui fait qu'on ne va pas dormir la nuit, qu'on va avoir des changements d'humeur, pouvoir en parler, ça peut également faciliter le travail tous ensemble. Ça peut être également, moi, je trouve que c'est insupportable de voir... Le lundi matin, quand on est tous en train de parler de notre week-end, de voir des personnes qui vont cacher, qui vont utiliser le mot « ami » plutôt que dire « mon mari » , « ma femme » , parce qu'ils veulent cacher tout simplement leur orientation sexuelle. Pour moi, ce n'est pas possible. Ce qui est important, c'est qu'on se sente toutes et tous à l'aise là où on travaille et qu'on puisse en parler librement. C'est ça qui est important dans le fait de libérer la parole et si on vient vraiment sur le talk du handicap. Pour moi, en parallèle, ça peut également presque sauver des vies. C'est-à-dire, je pense qu'il y a une personne épileptique qui va le cacher. Le jour où elle fait une crise d'épilepsie, c'est tellement plus simple si ses collègues savent comment réagir, tout simplement. Donc voilà, je trouve que c'est extrêmement important. Et surtout, je crois profondément en un monde où tout ça ne va pas avoir d'impact dans la carrière professionnelle. Alors je sais que malheureusement, ce n'est pas le cas dans toutes les entreprises, mais je trouve qu'on progresse, ou en tous les cas, je veux y croire.
- Speaker #0
Tu as porté de fabuleux projets. Et merci pour ça. Je parle de stop, je parle aussi de stand-up ou aimer sans abuser. Pourquoi ces sujets restent encore si difficiles à faire évoluer dans les faits ? Et tu as réussi en plus à rassembler plus de 300 entreprises sur le sujet stop.
- Speaker #1
Sur Stop le sexy, c'est une très très belle aventure et c'est une très belle aventure collective. C'est important de se le dire parce que je suis convaincue que tous ensemble, on est beaucoup plus fort et qu'il n'y a pas de concurrence. On a fait ça. J'ai fait ça avec Anne-Sophie Béraud, je fais ça avec Morgane Rical, qui sont toutes les deux chez Accor et chez Y, avec Brigitte Grézy, qui est l'experte sur le sujet. C'est vraiment parti de nous quatre, avec cette même envie, comme on parlait tout à l'heure autour des Williams avec François, et maintenant on est très très nombreux et plein de personnes sont engagées. Sur Stop, ça a été la même chose. Comment on l'identifie ce sexisme ? Comment on l'éradique ? 8 femmes sur 10 en 2025 sont victimes de sexisme d'ordinaire en entreprise. 4 hommes sur 10. C'est 8 femmes de trop, 4 hommes de trop. Ce n'est pas possible de continuer ainsi. Et à la base, il faut comprendre ce que c'est le sexisme. Il faut comprendre ce que c'est pour pouvoir l'éradiquer. Tant qu'on n'a pas sensibilisé, informé, on n'y arrivera pas. Et donc ce collectif, il part d'un simple constat de ensemble, on partage nos bonnes pratiques, plutôt que tout réinventer, partageons et allons plus vite, plus loin ensemble. Donc ça c'est très important. Et les deux autres points que tu mentionnais, stand-up, donc pour lutter contre le harcèlement de rue, C'est une initiative de la marque L'Oréal Paris avec la Fondation des Femmes. C'est une très très très belle initiative à partir d'une formation sur les 5D pour savoir comment réagir quand je suis victime ou témoin de sexisme, notamment dans les lieux publics, sans me mettre en danger. Et du coup, j'en profite pour faire un petit peu de pub parce que j'invite tout le monde, mais tout le monde à suivre cette formation. Je l'ai suivie. Il y a un avant et un après. C'est-à-dire qu'avant, si j'assistais à une scène, avec une femme qui se fait embêter par exemple dans le bus, dans cette situation, ou dans une salle de sport, dans une salle de sport je réagirais peut-être plus facilement, mais dans un lieu public, j'aurais peut-être hésité à intervenir. Aujourd'hui j'ai suivi cette formation, je sais intervenir, j'ai aucun doute, j'interviens. Je ne veux pas en dire plus, je veux laisser cette petite part de mystère sur le comment, pour que tout le monde aille suivre cette formation stand-up qui est vraiment très bien. Et puis, aimer sans abuser, c'est porté chez nous par Yves Saint Laurent Beauté. Il y a un film qui est magnifique, si vous tapez sur Google, sur Internet dans tous les cas, et met sans abuser le film, vous allez voir, c'est magnifique. Il permet d'identifier neuf signes qui vont montrer qu'une relation est abusive. Comment cette relation est abusive ? Et c'est aussi des réponses aux jeunes et aux moins jeunes pour savoir si la relation est saine ou si elle est abusive, pour se protéger en fait. Et je trouve que c'est deux causes qui sont extrêmement belles et extrêmement importantes.
- Speaker #0
Absolument. d'où te vient cet engagement ? C'est incroyable. Tous ces projets, toutes ces actions, cette énergie positive de pouvoir rassembler le monde. Comment ? D'où ça te vient ? Comment tu fais ?
- Speaker #1
J'aime ça. En fait, je n'ai aucun mérite. Vraiment, j'aime ça. Je suis plutôt très créative, j'ai plutôt beaucoup d'idées. Et quand j'aime, j'y vais à fond. Et donc sur Stop au sexisme, c'était une évidence. Et ce qui est incroyable, c'est qu'on a vraiment noué une relation de confiance qui fait qu'on avait envie d'avancer et d'avancer ensemble et de faire grossir ce collectif. Donc j'ai envie de te dire, c'est naturel.
- Speaker #0
T'es plutôt une maman cool ou une maman qui cadre ?
- Speaker #1
Non, je suis plutôt une maman très très cool. Et mes enfants te diraient que je suis même une maman poule. Ils se moquent de moi.
- Speaker #0
C'est vrai ? T'as un petit pseudo ou pas ?
- Speaker #1
Non, j'en ai pas. Non, ils vont plutôt se moquer de moi parce que j'ai besoin d'être rassurée. En fait, j'ai besoin de savoir qu'ils vont bien et ça, ils le savent. Et je suis plutôt une maman très calin.
- Speaker #0
Est-ce que tu es plutôt une team agenda millimétrée ou tu es... ou un pro total ?
- Speaker #1
Alors ça c'est très compliqué de te répondre parce qu'il faut que j'ai un agenda millimétré, ça c'est la base d'accord ? Mais après, et là je salue mon équipe vraiment, je suis plutôt dans l'impro total. Tu vois c'est un peu un mix des deux, c'est-à-dire qu'après c'est eux qui sont en train aussi de rattraper. mon agenda, toujours, mais alors, mais vraiment, je le dis, mais ultra gentiment, avec le sourire et j'ai une chance de folie de les avoir.
- Speaker #0
Alors moi, je suis miste tout doux. Il y a des fois des tout doux que je refais, donc des tout doux bis, ça n'a plus aucun sens. T'es plutôt tout doux liste ou t'as tout dans la tête ? J'ai les deux.
- Speaker #1
C'est-à-dire que j'écris, j'écris, j'écris, mais après je perds mon papier, donc j'ai tout dans la tête aussi.
- Speaker #0
Et alors du coup, c'est vrai que la période de la petite enfance et reste une période tendue pour beaucoup de parents, entre la crèche, la nounou, l'organisation. Toi, tu étais plutôt en mode zen ou en mode survie ? Moi, plutôt en mode survie, je le dis, j'assume. Moi aussi. Non,
- Speaker #1
non, j'étais vraiment, vraiment en mode survie. Ça a été... J'ai eu quand même des années très compliquées. Donc, j'avais Marius et très vite, j'ai eu son petit frère.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ils n'étaient pas du tout calés sur le sommeil. Alors, ce que je n'ai pas dit, c'est que dans le syndrome de Marius, en fait, dans les trois premières années, ils ne dorment pas. Marius n'a pas dormi plus de deux heures d'affilée pendant trois ans. C'est un supplice, c'est une torture et moi je suis une grosse dormeuse. Il a commencé à peu près à dormir quand son frère est né. Inutile de dire que là, j'en pouvais vraiment pas. Donc non, ça a été très compliqué pour moi. Très compliqué aussi de me dire comment je vais réussir à concilier les deux. Comment je vais réussir à faire en sorte que son frère ne souffre pas du handicap de Marius. comment Simeon va pouvoir... Avoir toute sa place. Bon, avec le recul, j'en souris parce qu'il a bien pris toute sa place. Et c'est tant mieux et c'est parfait. Mais non, ça a été la course entre la crèche, la nounou après la crèche, la rééducation de Marius. Parce que même si je ne faisais pas les séances de rééducation, je les organisais, je m'assurais qu'il y avait des professionnels avec qui on avait la même vision. Et puis voilà, ce sont des enfants. On a la varicelle, la grippe, le rhume. Enfin voilà, on a tout et il faut aller travailler en même temps. Donc non, la petite enfance reste pour moi, dans tout ce qui est organisation, assez difficile. Très difficile et une très grosse fatigue.
- Speaker #0
Et est-ce qu'on peut parler du mobile ? Alors ça, c'est quand même le sujet sensible pour tous les parents qui ont des ados, ceux qui vont en avoir. L'âge de l'adolescence démarre, je pense qu'on peut dire 10-11 ans déjà. On est déjà sur un bon petit niveau. Est-ce que le sujet du... portable est un sujet que tu abordes avec tes enfants ? Est-ce que c'est un sujet critique ? Est-ce que tu les sensibilises ?
- Speaker #1
Alors, évidemment, c'est un sujet extrêmement important. C'est un sujet où je les sensibilise, c'est un sujet où je leur parle. Mais finalement, aujourd'hui, je touche du bois, c'est pas un sujet pour mes enfants. Dans le sens où Marius, je fais réguler, Simeon, il se régule tout seul. Et il va même checker un peu ce que fait Marius, donc s'il y a un souci, il va me le dire, même si moi, je check aussi.
- Speaker #0
Donc il y a un œil qui n'a pas de sans frère.
- Speaker #1
Et je sais que Victoria, la quatrième, celle que je n'ai pas fabriquée, mais qui fait intégralement partie de ma vie et qui a une place complètement à part et très importante dans ma vie, va aussi checker et n'est pas accro aux réseaux sociaux. Et ma petite dernière, elle n'a pas les réseaux sociaux, elle a 13 ans, elle ne les a pas. par contre tu vois c'est un peu le mode inversé c'est à dire que moi j'ai tendance à être accro et c'est eux qui me disent non maman tu peux poser ton téléphone donc j'essaie de le faire pour eux donc c'est plutôt l'inverse aujourd'hui c'est un peu incroyable mais c'est plutôt moi qui ai du mal à me réguler toute seule est-ce que tu as déjà ressenti le syndrome de l'imposteur dans ton parcours ?
- Speaker #0
même à un aussi haut niveau de responsabilité.
- Speaker #1
Non, non, mais je ne sais pas, je te l'ai dit tout de suite, je n'ai pas un haut niveau de responsabilité, et en plus, c'est vraiment quelque chose de collectif, mais le syndrome de l'imposteur, je crois qu'il m'aura suivi toute ma vie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Toute ma vie.
- Speaker #0
Et comment tu fais, justement, pour le régler, le réguler ?
- Speaker #1
Je ne sais pas trop, je me fais violence. J'essaye de me faire violence, mais... Parfois, on me dit que j'ai de la confiance en toi, mais pas du tout. En fait, je doute en permanence.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
En permanence, tout le temps.
- Speaker #0
Tout le temps.
- Speaker #1
Donc, je me remets en question. Je me pose des questions. Et après, ce que j'essaye de me dire... C'est que dès que je prends une décision qui va être conforme à mes valeurs, qui va être conforme à moi, peut-être que ce ne sera pas la bonne, mais ce sera la mienne et je serai ok avec elle, parce qu'elle sera conforme à ce que je pense. Le plus important pour moi, c'est vraiment les valeurs.
- Speaker #0
On arrive à la fin du podcast. J'ai une question. La question de la fin que je pose à tous mes invités, c'est quel message fort aimerais-tu adresser à une jeune femme ou à un jeune homme qui se demande si elle ou il pourra un jour concilier ambition professionnelle et vie familiale ?
- Speaker #1
Alors, en fait, je fais lien avec ce que tu viens de dire. Et tu vois, si je revenais avec des années en arrière, je me dirais mais fais-toi confiance. J'ai tellement souffert de ce manque de confiance. Donc, la première chose que je dirais à un jeune, c'est fais-toi confiance et confiance en toi. Fais les choses comme tu les sens, fais les choses comme tu es toi, soit authentique, soit vrai, ne te cache pas. C'est vraiment ça que j'aurais envie de donner comme conseil. Et sur la vie, conciliation, vie privée, vie pro, moi, je suis tellement heureuse d'avoir fait les deux. Je suis tellement heureuse d'avoir une famille nombreuse, je suis tellement heureuse d'avoir ces enfants à mes côtés et je suis tellement heureuse tous les matins de venir travailler. Donc oui, c'est possible, c'est une bonne organisation, même quand on n'est pas très organisé. C'est des choix, c'est d'aller aussi, je pense, directement là où il faut aller et de privilégier ce qu'on a envie de privilégier. Mais le plus important, c'est de s'écouter et de se faire confiance.
- Speaker #0
Le message de la fin, c'est écouter, se faire confiance. Alors, vous n'avez plus qu'à appliquer. arrêtez le syndrome de l'imposteur, faites-vous confiance. Merci beaucoup Anne-Laure, merci pour cet instant, pour cet échange. Et on se dit à bientôt pour un prochain épisode. C'est des vraies masterclass, je vous avais prévenu.
- Speaker #1
Un grand merci à toi, c'était un vrai plaisir.
- Speaker #0
Merci Anne-Laure, à très bientôt. En attendant le prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton open space et surtout déculpabilise, on est là, on est ensemble et on fait surtout de notre mieux. parce que la parentalité en entreprise, ce n'est pas un détail dans un CV. C'est une expérience à part entière qui est pleine de défis, de fierté et parfois même de doute. Alors viens rejoindre la conversation et si tu as envie, prends le micro. A de vous entendre partager votre expérience. A bientôt.