- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast MaterniTalk, un podcast qui parle sans tabou de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés toutes et tous plus exceptionnels les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers du groupe. Toutes ces personnalités, elles ont un point en commun, c'est d'être salariés et puis parents, ou en devenir. L'objectif, c'est créer un espace où les salariés hommes et femmes pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parent, tout en découvrant qu'il est possible de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Il y a des parcours qui impressionnent dès qu'on les lit. Grande école, poste stratégique, responsabilité à l'échelle d'une entreprise internationale, c'est le cas de mon invité du jour. Ingénieur de formation, membre du COMEX d'Orange, un homme qui a dirigé, décidé, piloté avec rigueur et excellence. Mais derrière le dirigeant, il y a aussi un père. Un père qui se lève la nuit, qui compose avec les imprévus, qui apprend chaque jour à trouver sa place entre carrière et famille. Dans cet épisode de Materni Talk, nous allons explorer ce double rôle, celui d'un professionnel accompli et celui d'un parent engagé. Celui qui, malgré son parcours prestigieux, se confronte aux mêmes joies, aux mêmes défis et parfois aux mêmes doutes que tous les autres parents. J'ai le plaisir d'interviewer Mickaël Trabiat, CEO d'Orange Wholesale, le conditionnaire global d'infrastructures et des services de connectivité. Bonjour Mickaël.
- Speaker #1
Bonjour Farida.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté cette invitation.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Je suis très très contente de t'accueillir aujourd'hui pour cet épisode. Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, ça va très bien.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Voilà, je suis très heureux, très heureux professionnellement, très heureux à la maison. On va en parler aussi.
- Speaker #0
C'est chouette. En tout cas, j'attendais avec impatience qu'on puisse se rencontrer sur cet épisode. J'ai plein de questions à te poser et je voulais en effet démarrer ce podcast avec une question très simple. Comment décrirais-tu aujourd'hui ton rôle de père au quotidien ?
- Speaker #1
Je pense qu'un rôle de père, c'est un peu comme un rôle de mère. Pour moi, c'est un peu un rôle d'homme orchestre en fait. Il faut être un peu partout, s'occuper de choses très variées, donner à manger, l'éducation, l'école, les habiller, parfois pour les petits. les amener aux activités, les accompagner dans leurs interrogations, dans leur parcours aussi pour les plus grands. Donc voilà, pour moi, c'est un peu un rôle d'homme orchestre.
- Speaker #0
Combien d'enfants as-tu, Mickaël ?
- Speaker #1
J'ai trois enfants, trois garçons de 21, 19 et un petit dernier de 4 ans et demi.
- Speaker #0
Gros challenge, gros gros challenge, on va en parler. Y a-t-il un mot ou une phrase qu'un de tes enfants te dit souvent et qui te fait sourire ?
- Speaker #1
Oui, c'est assez personnel en fait, parce que c'est vrai que mon deuxième fils, c'est une phrase que me répétait souvent mon deuxième fils quand il était plus jeune. On dit souvent aux enfants, on est un peu dans la compétition sur l'amour. Je t'aime fort, encore plus fort. On est arrivé à un moment, il était tout petit, il devait avoir 3 ans, je pense, 3, 4 ans. Il est arrivé avec cette phrase qui est restée, que je trouve à la fois belle et très rigolote. qui est « Moi, je t'aime à la pire folie » .
- Speaker #0
Wow ! On était dans le sommeil. Là, on est sur un très, très haut niveau d'amour.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
J'aimerais savoir, est-ce que tu sens que la parentalité a changé avec l'âge de tes enfants ? Et si oui, comment ?
- Speaker #1
Forcément, parce que les besoins ne sont pas les mêmes. Au début, il faut qu'on s'occupe de tout pour les enfants. Et puis, on est aussi dans un rôle qui est... plus d'éducation, plus éducatif, plus ils grandissent, plus on va les accompagner vers l'âge adulte et on va être dans un rôle qui va être plus un rôle de coach, un rôle aussi de les écouter, de les accompagner, mais c'est assez différent en réalité.
- Speaker #0
Là tu le sens différemment justement le fait d'avoir un petit dernier qui a 4 ans ?
- Speaker #1
Oui parce que moi j'ai les deux à la maison, donc j'ai les très grands et puis un petit petit et les besoins ne sont pas du tout les mêmes et les deux sont en réalité... très enrichissant et c'est pour ça qu'on est parents aussi c'est pour vivre ces moments là exactement être père est ce que ça t'a obligé à accepter de ne pas tout maîtriser alors oui mais je dirais dans la vie des gens maîtrisent pas tout quand même dans le travail quand on est dirigeant d'entreprise il ya des choses sur lesquelles on peut compter sur lesquels des sujets sur lesquels on maîtrise mon maîtrise pas notre environnement et puis même les équipes avec lesquelles on travaille, on peut dire qu'on les maîtrise, mais en réalité pas vraiment. On est là pour les inspirer, on est là pour les guider, mais c'est un collectif qu'il faut bâtir. Donc je dirais, oui, c'est comme dans la vie finalement. Non, on ne maîtrise pas tout, mais c'est comme dans la vie.
- Speaker #0
Je me suis toujours posé la question, si on parle d'enfants autour d'une table de comex, où est-ce que ça reste ? marchant.
- Speaker #1
Alors je pense que c'est un peu comme dans tous les codires, c'est-à-dire qu'on n'en parle pas forcément en collectif quand on est à la réunion du COMEX, par contre dans les échanges qu'on peut avoir en one-to-one, il y a des sujets qui reviennent très souvent parce qu'ils sont importants pour nous, tout simplement. On est des êtres humains comme tout le monde, on est des parents comme tout le monde et on aime bien parler de nos enfants en vrai.
- Speaker #0
Est-ce qu'un homme qui justement sur un... poste aussi stratégique que le tien a le droit parfois d'avouer que c'est trop ou qu'il y a des moments où c'est compliqué.
- Speaker #1
Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas vraiment dans mon tempérament. C'est vrai que moi, je ne suis pas du genre à me plaindre parce que je regarde, je suis plutôt un optimiste de nature. J'ai toujours tendance à regarder le côté positif. Après, on a des challenges comme tout le monde. Des fois, il y a des jours où ça se passe un peu moins bien à la maison, c'est vrai aussi. Ou au travail, ça peut arriver. Mais moi, j'ai toujours tendance à considérer qu'il faut regarder plutôt le positif. Et puis, on a des challenges, on a des difficultés, mais comment est-ce qu'on va les adresser ? Comment est-ce qu'on va apporter des réponses ?
- Speaker #0
Penses-tu que montrer sa vulnérabilité est une force éducative et managériale aussi ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend de ce qu'on appelle vulnérabilité. Je trouve que c'est un terme qui est perçu un peu connoté, un peu effectivement négativement, sous l'angle de faiblesse. En revanche, je pense que ce qui est très positif, ce qui est pour moi une force, c'est d'exprimer le besoin du collectif, le fait qu'on ne va pas y arriver tout seul. Ça, moi, j'y crois beaucoup parce qu'effectivement, c'est vrai à titre personnel en tant que parent, en tant que père, mais aussi dans une équipe. Si on n'embarque pas, que ce soit la famille, ses enfants dans un projet ou ses équipes, on ne peut pas y arriver.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Donc voilà, moi, je ne parlais pas forcément de vulnérabilité, mais je crois que c'est une force de montrer qu'on a besoin des autres.
- Speaker #0
Quelle est la bêtise la plus mémorable que tu as dû gérer cette année avec l'un d'entre eux ? On en a forcément une.
- Speaker #1
Forcément, alors comme j'ai deux grands, heureusement, ils ne font pas trop trop de bêtises. Ça pourrait. Mais les petits, forcément, ça fait quelques bêtises qui sont plutôt mignonnes. En l'occurrence, la dernière bêtise, à l'école, ils ont un système où ils ont tous les jours, ils ont un niveau où ils sont soit en fonction de s'ils ont été sages ou pas. Donc, le plus bas, quand c'est vraiment catastrophique, c'est le storm. Donc, ils sont dans la tempête. C'est vraiment très, très, très mauvais. Ensuite, il y a le rain. Donc, c'est pas bien non plus. Le cloud, donc, il démarre, en fait, dans les nuages. Et puis après, s'ils font des bêtises, ils descendent. Et puis s'ils sont très sages, ils vont monter progressivement dans le sun, le soleil. Et puis après, le summum, c'est le rainbow. C'est l'arc-en-ciel, c'est formidable. Et donc, l'autre jour, le petit dernier, il a fini dans le storm parce qu'il n'a pas été sage. Il a été exclu de l'activité gymnastique. Et donc, voilà, ça, ça. Ça l'a marqué, je pense qu'on a eu une bonne discussion après. Maintenant, il est dans le rainbow tous les jours, en tout cas pour l'instant, donc on va voir, tant que c'est dur.
- Speaker #0
J'aimerais en fait qu'on parle justement de ce parcours d'excellence que tu as et justement de ta vie de famille. Quand on vient des grandes écoles, est-ce qu'on projette malgré soi une exigence particulière sur ses enfants ?
- Speaker #1
Si je veux être honnête, oui. Là,
- Speaker #0
on est en plein parcours suple. Ça a démarré en janvier, j'y suis pas encore pour moi.
- Speaker #1
J'en ai fait deux, des parcours suples. Donc oui, la réponse est oui, forcément. on projette... on projette de l'ambition parce qu'on a envie et je pense que peu importe qu'on ait fait les grandes écoles ou pas, finalement on a toute envie que nos enfants réussissent. On a tous envie qu'ils soient heureux, on a tous envie d'avoir le meilleur pour eux. C'est vrai qu'avoir fait les grandes écoles, c'est aussi un exemple, mais en tout cas c'est dans la famille. Les enfants le voient, le savent. Et donc oui, ça projette forcément une ambition pour les enfants.
- Speaker #0
Et ça ne met pas la pression, justement ?
- Speaker #1
Moi j'essaye de ne pas mettre la pression, disons pas dans le sens où Tu dois faire comme moi, tu dois faire les grandes écoles. Ce que j'attends d'eux, c'est finalement qu'ils réussissent le mieux dans la voie qu'ils choisissent. Il se trouve que les deux grands, ils ont pris plutôt une voie proche de la mienne, donc plutôt des études d'ingénieur, mais je ne les ai pas forcées du tout. Et au contraire, je dirais, moi je les ai plutôt questionnées en disant « Est-ce que c'est vraiment ça que tu veux faire ? » Parce qu'en fait, moi je ne crois pas qu'on peut réussir dans un domaine dans lequel on n'est pas heureux, dans lequel on n'a pas envie de travailler fondamentalement. Et donc pour moi, c'était très important que mes enfants choisissent une voie dans laquelle ils pourront s'épanouir demain.
- Speaker #0
Comment tu parles d'échecs à tes enfants, toi qui as eu un parcours quand même très réussi, comment on en parle ?
- Speaker #1
Des échecs, on peut tous en avoir et heureusement dans la vie. Pour moi, ce qui est important et la manière dont j'en parle avec eux, c'est finalement de savoir ce qu'ils en ont retenu, ce qu'ils en ont appris et qu'est-ce qu'ils vont faire différemment demain. Donc c'est vraiment mon moto et voilà que ce soit un... Donc là, ils sont en plein. Il y en a un qui a eu des concours blancs, par exemple, avec des résultats qui étaient... dans une matière, peut-être moins bon dans une autre. Et donc voilà, on se questionne en disant qu'est-ce qui ne s'est pas bien passé ? Qu'est-ce que tu n'as pas compris ? Et comment on peut adresser ça ensemble ?
- Speaker #0
Tu as été expatrié à un moment en Belgique, toujours dans ton expérience au sein du groupe Orange. Est-ce que c'était un choix de carrière ou un choix de famille ?
- Speaker #1
D'abord un choix de carrière, bien sûr, parce qu'on m'a proposé le poste de patron d'Orange en Belgique. Et c'est un très beau poste avec beaucoup d'enjeux et qui me passionnait. Mais c'était aussi un choix de famille. Déjà, on est parti en famille. Je n'aurais pas imaginé autrement. Ma femme m'a accompagné. Les enfants étaient là. Les deux grands, le petit n'était pas encore là. Et à la fin, c'est une expérience familiale.
- Speaker #0
Vous l'avez vécu comment ?
- Speaker #1
Déjà, on change d'environnement. On change de maison, accessoirement. En Paris, on est dans des appartements. En Belgique, on a la chance d'avoir un peu plus de place. Une maison, un jardin. C'est un autre cadre de vie. C'est le lycée international, même si c'est la Belgique, c'est un autre pays. Ils sont au lycée français en l'occurrence. C'est un changement d'amis pour les enfants, un changement de relation. Pour moi, c'était une expérience extraordinaire. Je pense qu'elle a été enrichissante aussi pour mes enfants. Et voilà, je le revivrai avec grand plaisir. Je referai le même choix 100 fois si on me reposait la question.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'elle a changé pour toi dans ta manière d'être père, cette expérience ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si elle a changé... en tant que tel l'expatriation, la manière d'être père. Ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas le même père aujourd'hui que j'étais il y a 20 ans, quand j'ai mon premier enfant, mon premier fils, il y a 21 ans. Mais parce qu'on apprend de ses enfants aussi, on apprend de ses erreurs aussi. Parfois, en tant que parent, on n'a pas toutes les recettes. Il n'y a pas de mode de loi,
- Speaker #0
comme on dit.
- Speaker #1
Mais voilà, le fait d'être... d'être parti en Belgique dans un environnement aussi plus ouvert, avec plus de responsabilités. Ça m'a aussi appris à les responsabiliser davantage. Ils prenaient le bus scolaire pour aller à l'école, par exemple. C'était quelque chose de nouveau. Et puis, de rencontrer, d'élargir son horizon, d'être ouvert à l'autre. Il y avait aussi beaucoup de nationalités différentes dans le lycée où ils allaient. Donc, c'était très enrichissant de ce point de vue-là.
- Speaker #0
Tes enfants ont apprécié cette expérience ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Je crois qu'ils étaient très heureux. Mais après, voilà, toutes les bonnes choses ont une femme. Donc, on est rentrés à Paris. Et puis maintenant, voilà, les études supérieures, c'est autre chose.
- Speaker #0
Une autre histoire encore. Si tu devais résumer ton approche de la parentalité en une seule phrase, quelle serait-elle ?
- Speaker #1
Pour moi, si je devais le résumer simplement, je dirais que l'amour d'un... père ou d'une mère, c'est pas de modeler son enfant à son image ou à l'image qu'on voudrait, mais c'est vraiment de le guider pour devenir un adulte épanoui, en fait. Et pour moi, c'est vraiment ça le plus important. À la fin, on doit les lâcher. C'est ça, être parent aussi.
- Speaker #0
Je peux même pas encore y penser.
- Speaker #1
Oui, ça peut être dur, mais en même temps, c'est pour ça aussi qu'on fait des enfants. C'est aussi ce qu'on a ressenti, nous, quand on est... On a quitté le nid familial. Et pour moi, c'est très, très important. Finalement, c'est ça le but pour moi. C'est de les amener à être autonomes, à être indépendants, à être épanouis. Et c'est ça l'approche d'un parent.
- Speaker #0
Absolument. Je te rejoins totalement. J'ai envie de parler d'organisation. Et puis des choix que tu as pu faire, en effet, professionnellement aussi. Quand on a un agenda qui peut être, en tout cas, chargé. Je vais dire ça, tu es très chargé, j'imagine. Comment on reste, n'est-ce pas ? Comment on reste un père présent autrement que physiquement ?
- Speaker #1
On est déjà présent physiquement quand même. Et on s'attache à garder du temps pour ses enfants le soir, le week-end. Moi j'essaye de ne pas faire trop de déplacements, et notamment de déplacements longs. Quand j'ai la possibilité, je fais souvent des déplacements dans la journée. Par exemple, je pars le matin, je rentre le soir. À l'international, c'est un peu moins possible. Mais voilà, il faut être présent physiquement, c'est important. Et puis bon... On s'appelle, on s'envoie des messages. Moi, j'ai mon fils aîné qui m'appelle très régulièrement pour me raconter sa journée. Il a besoin d'échanger, c'est très bien. Le deuxième, il est plus WhatsApp. Donc,
- Speaker #0
on a fait chaque son mode d'étoile,
- Speaker #1
chacun son mode de communication, finalement.
- Speaker #0
As-tu mis en place des rituels familiaux non négociables ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas très rituel, moi. Moi, je ne suis pas très rituel, parce que pour moi, ce qui est important, C'est plus finalement les valeurs que le... que le rituel en tant que tel. Ce qu'on garde, et encore avec les grands, 21, 19, pour l'instant, on fait encore les vacances en famille. Donc ça, je trouve ça très sympa. Et c'est des moments privilégiés avec les trois et avec mon épouse aussi.
- Speaker #0
De se retrouver. Qui est-ce qui gère vraiment la logistique familiale quand tu portes de responsabilités stratégiques ?
- Speaker #1
Alors, mon épouse est médecin, elle fait des gardes aussi à l'hôpital, donc forcément on se partage un peu la logistique. Après, si je veux être honnête, je pense qu'elle en fait un peu plus que moi. Mais bon, chacun dans le domaine qui nous convient aussi, ou dans lequel on est le plus à l'aise. Par exemple, moi j'aime bien le côté... Je suis assez à l'aise dans le côté éducatif, dans le côté scolaire, donc c'est plutôt moi qui vais gérer ce genre de... de sujets. J'aime beaucoup accompagner mes enfants sur leurs devoirs. Même les plus grands, je trouve ça très intéressant. Puis voilà, sur d'autres dimensions, les courses ou d'autres sujets, moi, c'est moins mon truc. Habiller les enfants, c'est pas mon truc non plus. Je suis très très mauvais.
- Speaker #0
Chacun son vol. Y a-t-il des moments où, justement, ta carrière et puis la famille sont peut-être entrées frontalement en conflit ? qu'il a fallu peut-être prendre des décisions ?
- Speaker #1
Alors, j'ai eu la chance que non. Ou alors peut-être que je n'ai pas pris les décisions ou j'ai pris les décisions pour éviter que ce soit le cas. Mais je pense qu'on ne peut conseiller à personne de sacrifier sa famille pour sa carrière.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà renoncé à une opportunité professionnelle pour justement préserver ton équilibre familial ?
- Speaker #1
Renoncer, peut-être pas, parce que ce n'est pas arrivé à ce niveau-là. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a des opportunités que je ne regarde pas. parce qu'elles sont notamment dans des pays pour lesquels je sais que j'aurais du mal à amener ma famille.
- Speaker #0
Que dirais-tu à un dirigeant qui pense que parler de parentalité affaiblit son leadership ?
- Speaker #1
Je pense que si je suis là ici aujourd'hui, c'est bien. Parce que je pense que ça n'est pas le cas. Je pense qu'un dirigeant, finalement, ce n'est pas un chef. Quand on est à ce niveau de responsabilité ou à tous les niveaux, finalement, on a besoin d'inspirer nos... collaborateur, inspirer les équipes qui travaillent avec nous. Et ça, ça se fait par de l'authenticité.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Par du vrai. Et finalement, la parentalité, ça fait partie de qui on est, ça fait partie de nous, ça fait partie de cette authenticité. Et donc voilà, ça ne veut pas dire qu'on en parle tous les jours et qu'on étale notre vie privée en permanence. Mais je pense que c'est important de pouvoir montrer différentes facettes de sa personnalité, de donner à voir qui on est vraiment.
- Speaker #0
J'aime beaucoup cette réponse, Mickaël. Quinze ans après tes premiers enfants, te voilà de nouveau papa d'un petit qui a quatre ans. Et demi. Quatre ans et demi.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Comment vis-tu ce retour dans la petite enfance ?
- Speaker #1
C'est extraordinaire. Je le recommande à tout le monde. C'est vrai que quand on est jeune, moi j'ai eu les deux premiers assez jeunes finalement. Et puis deux rapprochés, ce n'est pas évident. Non. Les sportifs, il faut de l'organisation. C'est sportif. Et puis deux garçons, ça peut être un peu dur aussi. Oui,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Donc, il y a de l'organisation. Et puis, voilà, on est jeunes, on ne connaît pas tout. On se pose des questions, on ne fait pas tout forcément très bien. Avoir un troisième enfant 15 ans après, beaucoup m'ont dit, mais t'es quoi ? De te replonger là-dedans, c'est incroyable, j'aurais jamais fait ça. En réalité, c'est beaucoup plus facile. On a l'expérience des deux premiers, on est beaucoup plus zen.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et puis on est quatre adultes à la maison finalement pour s'occuper du petit. Donc il y a plein d'avantages. Et puis ça nous rajeunit, ça remet de la dynamique à la maison. Et ça, ça n'a pas de prix.
- Speaker #0
C'est du bonheur. Comment as-tu géré justement ce moment de te remettre dans les couches, dans les bilouons, dans les réveils nocturnes ? Parce que justement, on n'en parle pas les réveils nocturnes.
- Speaker #1
Ça en fait partie.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
On n'a pas tellement le choix. Quand il y a des bouts qui arrivent, on ne se pose pas vraiment cette question. et puis... Il y a tellement de bonheur, il y a tellement de sourire que finalement, ça passe assez vite. Alors oui, c'est vrai, il faut changer les couches, il faut se réveiller la nuit. Mais je crois qu'on est aussi beaucoup plus zen sur la manière de le faire. On est plus efficace aussi, peut-être. Je pense en tout cas, pour moi, c'est le cas. Et on gère sans doute mieux cette partie-là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es senti tiraillé entre l'énergie nécessaire pour le... petit, dernier, et l'attention à donner aux grands ?
- Speaker #1
L'avantage, c'est qu'il y a tellement d'écarts que finalement, il n'y a pas de compétition entre les grands et le petit. Autant, il peut y en avoir, et je l'ai eu avec les deux grands qui étaient rapprochés, où là, il y a un peu de concurrence pour l'attention des parents, ça c'est vrai. Autant, là, non, c'est vraiment très différent. Il faut savoir écouter les deux, ce ne sont pas les mêmes besoins du tout. Donc les grands le comprennent très bien et on a des échanges et on garde beaucoup de proximité. Moi, je suis un papa poule en fait, en vrai. Donc je garde beaucoup de proximité avec mes trois enfants et d'ailleurs les deux grands. Je suis toujours à la maison, donc voilà.
- Speaker #0
Est-ce que justement le fait d'avoir ce petit bonhomme t'a fait revoir ta manière d'organiser ton temps ou de déléguer peut-être certaines tâches ?
- Speaker #1
Alors, forcément, quand il y a un petit bout qui débarque, ça prend un peu de temps et ça nécessite un peu d'organisation et de logistique un peu différentes. Donc déléguer, oui, moi j'adore déléguer. Je trouve ça formidable quand on peut. et c'est vrai que les deux grands par exemple ils nous aident sur certains cas pour garder le petit de temps en temps quand on en a besoin pour aller faire une petite course d'appoint de temps en temps donc oui il faut savoir déveiller, c'est très important et ça contribue à l'équilibre de tout le monde et ça responsabilise les grands aussi, c'est bien aussi pour eux
- Speaker #0
Moi j'ai la question de la fin finalement et cette question je la pose vraiment à tous mes invités Quel est le message que tu aimerais adresser à une jeune femme ou à un homme qui se demande si il ou elle pourra concilier. ambitions professionnelles et vie de famille ?
- Speaker #1
Moi, j'ai un message assez simple qui est finalement de dire, lancez-vous, n'ayez pas peur.
- Speaker #0
Tout va bien se passer.
- Speaker #1
Mais oui, et puis, ce qui est certain, c'est que si on ne se lance pas, on ne le fera jamais.
- Speaker #0
Et bien, voilà. Donc, vous avez le mot de la fin, lancez-vous, et effectivement, c'est donc possible. Merci beaucoup, Michael.
- Speaker #1
Merci, Farid.
- Speaker #0
Merci beaucoup. En attendant, le... prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton open space et surtout déculpabilise. On est là, on est ensemble et on fait surtout de notre mieux parce que la parentalité en entreprise, ce n'est pas un détail dans un CV. Une expérience à part entière pleine de défis, de fierté et parfois même de doute. Alors viens rejoindre la conversation et si tu as envie, prends le micro. A de vous entendre partager votre expérience. A bientôt.