- Speaker #0
Bienvenue sur mon podcast MaterniTalk, un podcast qui parle sans tabou de parentalité, de boulot, de biberon, de charge mentale, parfois dans cet ordre et parfois tout en même temps. Je vous emmène à la rencontre de salariés, toutes et tous plus exceptionnels les unes que les autres, évoluant sur les différents métiers du groupe. Toutes ces personnalités, eh bien, elles ont un point en commun, c'est d'être salarié et puis parent ou en devenir. L'objectif, c'est créer un espace où les salariés...
- Speaker #1
hommes et femmes pourront s'identifier et se sentir soutenus dans leur parcours de parents, tout en découvrant qu'il est possible de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'avoir eu seconde l'invité de marque, Christelle Péchier. Christelle est directrice du marché au sein de Range France.
- Speaker #0
Bonjour Christelle.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté l'invitation. J'ai eu beaucoup de retours de personnes qui m'ont dit « Ce serait bien que tu invites Christelle, on aurait bien à en savoir un peu plus sur elle. » J'ai plein de questions à te poser. J'aimerais aborder des sujets qui vont concerner finalement tes choix professionnels en lien avec ta famille. Déjà, est-ce que tu as des enfants et quel âge ils ont ?
- Speaker #1
J'ai deux magnifiques enfants, ce sont les miens, moi. J'ai deux enfants, un qui a bientôt 22 ans et une qui vient d'avoir 20 ans.
- Speaker #0
Ok, donc ce sont des jeunes adultes. J'aimerais qu'on aborde le sujet du choix des postes finalement. quand on devient comme ça parent, qu'on évolue au sein d'un groupe, on choisit finalement des projets professionnels. On a une grosse réflexion là-dessus. À quel moment de ta carrière as-tu choisi un poste en fonction de ta vie de famille et non l'inverse ?
- Speaker #1
En fait, ce n'est jamais exactement arrivé comme ça.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, c'est plus intuitif. Ce n'est pas aussi calculé que ce que tu as l'air de... Enfin, ce que je sous-entends en fait dans la façon dont tu présentes la question. C'est en fait des opportunités ou des envies de bouger. C'est plutôt des envies de bouger. et des opportunités qui se présentent ou que je vais chercher à des moments de vie donnés. Et je ne me suis jamais dit, mais vraiment jamais, tiens, ce job-là, ce n'est pas le job que je recherche à ce moment-là. Ça ne colle pas. Parce qu'en fait, à chaque fois que je voulais bouger, que je visais des évolutions, elles étaient assez naturellement alignées avec ce que j'étais en capacité de prendre ou ce que j'avais envie de faire à ce moment-là. Et c'est assez instinctif, en fait. Je n'ai pas calculé le plan. Ça s'est organisé assez naturellement.
- Speaker #0
Donc ça s'est toujours présenté, même au bout. Peut-être au bon moment ? Est-ce qu'il y a eu des moments où, par rapport à ta vie familiale, tu t'es dit là, c'est peut-être pas le moment ? Non,
- Speaker #1
je ne me suis jamais dit ça. Par contre, après avoir changé, j'ai pu me dire, wow, là quand même j'ai pris cher et c'était le saut, le changement était important. Il y a un gros investissement sur un laps de temps donné quand on change de job. Et encore, mais je n'ai jamais vécu ça comme quelque chose de compliqué.
- Speaker #0
Justement, comment on peut savoir concrètement qu'un poste, je ne dirais pas que c'est un mauvais choix, mais que ce n'était pas forcément le bon, même si sur le papier il l'est. À quel moment tu te rends compte de ça ? Est-ce que ça t'est déjà arrivé ?
- Speaker #1
Il y a des postes où on m'avait un peu survendu le truc et on avait un peu maquillé la mariée pour qu'elle soit très belle et très appétissante. Et puis après, il y a un principe de réalité. Et puis après, il y a ce qu'on fait du job. Donc, je dirais que de ma perception sur la partie évolution professionnelle, il y a ce qu'on nous vend. Donc... On se vend nous-mêmes. Le futur patron vend ce qu'il a à vendre. Et donc, du coup, chacun a aussi envie d'entendre ce qu'il a envie d'entendre. Donc, on a forcément déjà un biais de compréhension de ce qu'est le job au vu de nos expériences passées. Et on n'a pas forcément une maîtrise complète du périmètre, du contexte du futur job. Et donc, quand on arrive, on a quand même des fois une petite révélation de pans qu'on n'avait pas bien perçu, qu'on n'avait pas très bien compris, qu'on avait mal évalué. Donc, sur des jobs, oui, mais tu arrives à avoir des déceptions post. prise de poste. Et puis après, je recompose le job dans l'axe qui, moi, m'intéresse. Et ça, j'ai toujours réussi à le faire. Donc au final, je ne peux pas dire que j'ai eu des jobs qui m'ont déplu.
- Speaker #0
Ton entité représente combien de salariés aujourd'hui ?
- Speaker #1
A peu près 320 personnes.
- Speaker #0
Lors de notre préparation, j'avais noté que pour toi, la famille passe avant le travail. Comment cela se traduit-il dans ton agenda et tes décisions ?
- Speaker #1
Alors, ça passe avant. Mais ça, c'est important de le dire. Ce n'est pas une question de rapport au temps. Ça passe avant en échelle de valeur. Des jobs, j'en ai eu plusieurs. Des employeurs, j'en ai eu plusieurs. Ma famille, en fait, j'en ai qu'une. Donc, elle est, quoi qu'il arrive, la pierre angulaire. C'est hyper important. Donc, comment ça joue dans mon agenda ? Alors, on va dire que c'est différent maintenant parce que mes deux enfants ont disparu avec les études. Et puis, ils sont partis assez tôt. Les deux sont partis assez tôt. Mais quand ils étaient plus jeunes, de toute façon, le matin, c'est moi qui les emmenais à l'école. Donc, sauf exception. Je n'avais pas de réunion qui m'empêchait de les emmener à l'école. Et puis par contre, je n'allais jamais les chercher à l'école. Ça, j'ai toujours organisé quand ils avaient l'âge où ils ne pouvaient pas rentrer tout seuls, d'avoir quelqu'un qui allait les récupérer à l'école, qui faisait les devoirs. Et puis moi, quand j'arrivais, quand ils étaient petits, ils étaient douchés, ils avaient mangé. On n'avait que du loisir ensemble.
- Speaker #0
Tu as posé des limites professionnelles qui ont surpris, voire même peut-être dérangé certains au sein de ton entourage professionnel.
- Speaker #1
J'ai fixé des limites. Est-ce que ça a dérangé et surpris ? Peut-être, mais je ne l'ai pas forcément beaucoup vu. Parce que je pense que les limites que j'ai fixées, elles étaient aussi conformes à la façon dont s'organise un peu la vie des entreprises et des salariés. En tout cas, je ne travaille pas le week-end. Je ne suis pas dérangée le week-end parce qu'en fait, c'est toute ma carrière. J'ai géré comme ça. Pendant les vacances, je suis en vacances. C'est juste l'organisation de la délégation auprès de tous ceux qui travaillent avec moi. Et on est très bien organisés. Je vais vous donner un tips. Moi, j'ai deux téléphones. J'ai deux vies. J'ai un téléphone perso avec un téléphone personnel. Et j'ai un téléphone professionnel avec un appareil professionnel.
- Speaker #0
Donc, à la main, sur l'un et sur l'autre.
- Speaker #1
Parce que je ne sais pas très bien gérer le fait de ne pas regarder quand j'ai... Quand j'ai tout, je vis mes deux vies de façon pleinement chacune. Je ne fais pas les deux en même temps.
- Speaker #0
En quoi la parentalité t'a-t-elle appris à relativiser justement les urgences professionnelles ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Une urgence professionnelle, on a des urgences parentales et on a des urgences professionnelles. Est-ce qu'il y en a une qui m'aide à relativer l'autre ? Je ne sais pas. Quand, par exemple, l'école vous appelle parce qu'il y a un de vos enfants qui est tombé, qui s'est cassé le bras dans la cour de récré.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
c'est une urgence importante. Elle passe en premier lieu parce qu'il faut quand même gérer le truc. Et puis, une urgence professionnelle, et il y en a eu, qui vous oblige à dire, ce soir, je ne vais pas rentrer tout de suite. Il faut trouver une solution de repli parce que là, il y a un truc vraiment important à gérer. En fait, je dirais que ça ne peut pas arriver si souvent. Ça se gère, ça s'organise. Il faut juste des bons relais familiaux, amicaux, baby-sitters ou autres pour pouvoir... Faire en sorte que ça se passe bien pour tout le monde.
- Speaker #0
Donc, plan B.
- Speaker #1
Des plans B. Il faut quand même un bon carré d'adresse.
- Speaker #0
C'est ça. Ça,
- Speaker #1
c'est important. Tips.
- Speaker #0
Moi, j'aimerais savoir, justement, dans ton rôle de directrice, est-ce que ce recul t'a permis de changer ta manière de décider ou de trancher ?
- Speaker #1
Je ne crois pas que ce soit la parentalité qui change ça. Non. Je ne crois pas du tout que ce soit lié. La parentalité, ton caractère ? Vraiment, oui. C'est peut-être une influence indirecte. Je pense que le propre du manager ou décideur, notre job, c'est de prendre des décisions, de faire des choix et derrière, des assumer et de les porter, de les communiquer, de faire adhérer à tout ce qui va autour. L'éducation, c'est vrai qu'il y a un parallèle parce qu'en fait, quand on fait des choix d'éducation, quand on fait des choix de mode de fonctionnement, il faut gérer le service après-vente derrière. C'est vrai. Ça, c'est quand même le principe. C'est plus ou moins simple selon les choix qu'on porte. Je ne crois pas que ça s'influence. Je pense qu'en fait, j'ai plutôt une impression d'alignement, c'est-à-dire qu'on est qui on est. Oui. Et on le vit dans la parentalité ou dans le cadre professionnel de management. Et on peut commander des choses dans une certaine limite. Et en tant que manager ou en tant que parent, on voit bien des fois les limites de notre volonté de commander les choses ou de trancher les choses.
- Speaker #0
J'ai envie de te la poser, cette question. À la maison, est-ce que ton autorité professionnelle fonctionne ? Pas du tout.
- Speaker #1
Oui. Mais je ne sais pas si c'est l'une ou l'autre. Moi, je pense que je suis quelqu'un... Spontanément, je pense que je suis quelqu'un et ça m'a été relaté par quelqu'un de la famille récemment. Je suis vue comme autoritaire, mais autoritaire, et en même temps, je suis vue comme... C'est pas assez paradoxal, mais les deux vont quand même aussi ensemble. C'est en tout cas bonne vivante, mais avec le côté autoritaire où je fixe des règles, des limites, et elles sont fixées. Pour moi, il n'y a pas de débat. Une fois qu'on a organisé une limite, c'est une limite.
- Speaker #0
Et que diraient tes enfants de toi si on leur demandait c'est comment ta maman ?
- Speaker #1
Déjà, je pense que je suis un peu énergie. J'ai beaucoup d'énergie, donc on fait beaucoup de choses. Donc en fait, on s'ennuie rarement, parce qu'on est toujours en mouvement, toujours en action. Donc je pense qu'il dirait ça. Et puis après, je suis super. Enfin, j'espère qu'il dit ça.
- Speaker #0
On va les appeler.
- Speaker #1
Il faut, c'est l'heure de vérité.
- Speaker #0
Quelles compétences développées dans ta vie familiale te servent le plus aujourd'hui comme dirigeante ?
- Speaker #1
L'organisation.
- Speaker #0
C'est l'organisation.
- Speaker #1
Oui, il faut être hyper organisé. Moi, je trouve que la parentalité, c'est ça. C'est quand on travaille en même temps, quand on a des enfants, quand on a envie de faire en plus des activités diverses et variées pour ne pas être cantonné qu'il y a des choses un peu obligatoires. Il faut être organisé. Je pense que c'est vraiment un point important. Puis après, c'est une question de vie de famille. Moi, j'ai la chance d'avoir un mari extraordinairement organisé. du coup Du coup, ça soulage beaucoup le quotidien de ne pas avoir trop d'aléas. Et dans le boulot, c'est pareil. Moi, j'aime bien quand c'est très organisé, très méthodique.
- Speaker #0
Et selon toi, en quoi gérer une famille t'a préparé, peut-être, à piloter des équipes complexes ? Est-ce que ça a un lien ? Est-ce que c'est quelque chose qui peut jouer ou pas du tout dans le quotidien ?
- Speaker #1
Je suis désarçonnée par la question. Non, ça n'a pas de lien. La parentalité, il y a une forme de complexité parce qu'on ne maîtrise pas tout. Donc ça, c'est la vraie vie. On ne maîtrise pas tout.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Donc oui, ça se ressemble, mais c'est disjoint. On n'est pas propriétaire des enfants. On n'est pas propriétaire des équipes ou de tout ce qui se passe dans notre vie au boulot. Donc je dirais que non. Je dirais que c'est disjoint, ça aussi. C'est deux situations de complexité qu'il faut gérer indépendamment l'une de l'autre.
- Speaker #0
Et là, selon ton regard de manager, et là je m'adresse à toutes les jeunes femmes, et même jeunes papas qui attendent un heureux événement, quelles sont selon toi les compétences que l'on développe lorsque l'on devient parent, et puis que l'on pourrait valoriser dans son activité ?
- Speaker #1
On sait tout faire tout le temps. C'est ça en fait. C'est ça que c'est super. C'est qu'en fait, le côté couteau suisse et la polyvalence, je trouve que c'est particulièrement d'actualité. On est dans un monde qui bouge beaucoup, il se passe plein de trucs. Il faut s'adapter en permanence. Être parent, c'est déjà s'adapter. On est obligé de s'adapter aux changements. Chaque âge des enfants, c'est des changements auxquels il faut s'adapter. Des cycles scolaires, des cycles d'activité. Il y a beaucoup, beaucoup d'adaptabilité à avoir quand on est parent. Je trouve que c'est vraiment très caractéristique. Et professionnellement, on demande de plus en plus d'adaptabilité à tout le monde. Et notamment aux gens qui veulent avoir une... En tout cas, dans le cadre d'une évolution professionnelle, qui veulent aller vers du management. Il faut... quand même être capable de beaucoup s'adapter. Et je trouve que ça prépare, en fait. Ça s'orchestre bien.
- Speaker #0
Donc là, je m'adresse à tous les parents, les jeunes, et puis les autres. Mettez à jour vos CV, bon sang. Mettez à jour vos compétences.
- Speaker #1
J'ai envie de parler, justement, de ce qui t'a aidé à accéder à des postes,
- Speaker #0
à évoluer au sein du groupe Orange. À quel moment as-tu compris que tout faire soi-même n'était pas viable, ni souhaitable ? Et à quel moment tu t'es dit, là... Il faut que je mette en place justement une organisation pour pouvoir m'épanouir professionnellement et évoluer.
- Speaker #1
Je pense que je l'ai toujours pensé qu'il fallait faire ça, parce qu'en fait on n'est pas... Je dirais que le cours des actions des entreprises dans lesquelles j'ai travaillé ne dépendait pas que de moi. Je pense qu'on est nombreux chez Orange dans ce cas-là. Et donc en fait il faut savoir s'organiser et s'entourer. Et en fait, j'ai toujours pensé que si on était... bien organisée, bien structurée et qu'on avait des collaborateurs, des collègues sur lesquels on pouvait compter, tout ça s'orchestrait assez facilement. Et je l'ai toujours construit comme ça, systématiquement. Et quand je parle de mes deux téléphones, c'est bien parce que j'ai organisé le fait que quand je ne suis pas là, je n'ai pas besoin d'être sur mon téléphone pour régler les affaires courantes. Je ne veux pas le faire. Et je pense que c'est extrêmement important d'avoir ces capacités de temps de pause. Enfin, pour moi, en tout cas... on n'est pas tous pareils. Moi, je considère que c'est essentiel de mettre mon cerveau professionnel en retrait, de le laisser recharger un peu les accus et de revenir avec un angle de vue un petit peu moins fatigué sur les choses, c'est-à-dire qu'on est en repris un peu une bouffée d'oxygène. Donc, voilà, cette organisation qui permet de se reposer sur d'autres personnes pour gérer ce qu'il y a à gérer quand on n'est pas nous-mêmes à la manœuvre, oxygène notre façon de travailler, oxygène nos choix, il nous permet souvent de décider avec un peu plus de recul.
- Speaker #0
Que dirais-tu aux femmes qui n'osent pas demander de l'aide ? Peut-être pas. peur d'être jugée.
- Speaker #1
Mais c'est complètement idiot. Il faut surtout demander de l'aide. Moi, je suis convaincue vraiment qu'il faut dire je ne sais pas, je suis la reine du je ne sais pas, moi. Il faut dire je ne sais pas, et là, je n'y arrive pas, j'ai besoin d'aide pour faire ceci, soit parce que je n'ai pas la compétence, parce que finalement, je viens de prendre le job, donc je n'ai pas la compétence, pas le... Voilà. Soit j'ai trop de trucs à faire en ce moment, et dans ces cas-là, il faut le dire. Et je pense que c'est d'autant plus... Enfin, pour moi, on est... professionnellement, quand on est engagé, j'aime bien la notion de responsabilité, on est responsable de dire ce qu'on ne sait pas faire ou ce qu'on ne peut pas faire. Et chacun en l'est, donc il faut surtout le dire. Alors je crois qu'en effet, d'être très féminin, de vouloir tout prendre en dos et puis de dire, surtout de ne rien dire et d'essayer d'en faire le maximum, je ne crois pas du tout que ce soit une bonne idée.
- Speaker #0
Y a-t-il une règle familiale que tu imposes, mais que tu ne respectes pas toujours ?
- Speaker #1
Comme règle familiale, alors on a... Quand on dit non-dit-n'ensemble, Et on dîne ensemble, ensemble, c'est-à-dire qu'on ne fait pas d'autres trucs en même temps.
- Speaker #0
Tu parles des portables ?
- Speaker #1
Je parle des portables, je parle de la télé, je parle de ce qu'on peut avoir comme sollicitation, ou tout d'un coup, voilà, envie d'une urgence à réaliser. Non, non, moi j'aime bien, je suis assez centré sur le plaisir de la table, et je trouve que dans le plaisir de la table, il y a vraiment le plaisir de la relation à l'autre. C'est vraiment une règle familiale, donc on la tient, et ma foi, sans problème.
- Speaker #0
Et c'est toi qui cuisines ?
- Speaker #1
Oui. J'adore ça.
- Speaker #0
T'as une spécialité ?
- Speaker #1
J'ai plein de spécialités, pour ne rien te cacher, j'ai passé un CAP cuisine. C'est vrai ? Non, ben voilà. Donc on peut parfois faire plein de choses avec le plus. Ouais, non, je suis la reine de la tarte brodalou, ça il faut le dire. Bon. Championnat mondial, je pense que je peux concourir.
- Speaker #0
Il y a un truc à organiser. Et quel est le petit rituel avec les membres de ta famille qui te recharge instantanément ?
- Speaker #1
Le départ en vacances.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
Parce que dès le départ, c'est super.
- Speaker #0
Ça y est, c'est les vacances.
- Speaker #1
Dès le départ, c'est les vacances.
- Speaker #0
J'aimerais parler aussi de ton profil des dentes. C'est un sujet qui concerne beaucoup de personnes, nombreux à ne pas en parler, et pourtant ça fait partie de notre vie. Moi j'aimerais savoir comment as-tu vécu le fait de devoir être certainement forte et performante aussi au travail, tout en accompagnant un parent ?
- Speaker #1
Pour ça c'est la vie, déjà moi ça me paraît très naturel, j'ai la chance d'avoir moi des... Des parents âgés, mais qui habitent pas très loin de chez moi. Donc, du coup, c'est déjà plus facile que pour les gens qui sont dans une relation à distance. Mais voilà, il y a des urgences à régler. Il y a de la présence à assurer. Ça se gère. Alors, j'ai la chance que ce soit asynchrone. Parce que ça s'est passé au moment où mes enfants étaient partis de la maison. Donc, voilà, c'est une sorte de sablier avec des vases communicants. Mais ça s'organise, là aussi. C'est à peu près la même recette. Il faut être bien entouré, bien organisé. Et ça se passe. et voilà, c'est naturel finalement, mais ça s'organise.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'est arrivé face à ces situations de te dire, attends là, je dois souffler ? Est-ce que ça t'est arrivé ?
- Speaker #1
Ça m'arrive d'être submergée d'infos mais j'ai la chance, moi comme je disais, le week-end d'être capable de débrancher donc je débranche. Et en fait, c'est une question aussi d'organisation personnelle et de capacité de saturation cognitive. Au bout d'un moment, moi j'ai besoin je fais du sport, j'ai besoin d'aller faire par exemple du vélo pendant... quelques heures et pendant qu'on fait du vélo, on ne peut ni regarder un téléphone ni faire autre chose. Donc ça permet de désaturer un petit peu la quantité d'informations qu'on reçoit. Et je pense qu'on se doit de faire des pauses. Je trouve que c'est absolument salutaire entre la surcharge d'informations familiales qui peut arriver soit parce qu'on est aidant, soit parce qu'on est jeune parent. La surcharge d'informations qu'on peut capter dans le monde professionnel également. Il faut s'octroyer ses pots. Je ne pense pas qu'on ait une capacité d'absorption infinie. Chacun trouver son mode de fonctionnement, sa limite. Mais moi, j'ai besoin vraiment le week-end de me supposer.
- Speaker #0
Et ton expérience d'aidante, justement, est-ce qu'elle t'a modifié ton regard sur la fragilité des parcours professionnels ?
- Speaker #1
Ce n'est pas ça qui a changé ma vue sur la fragilité des parcours professionnels. J'ai de tout temps su qu'un parcours professionnel était fragile. On n'est pas propriétaire de son job. pas insensible et puis, on va dire, on n'est pas éternel. Il peut y avoir des aléas de santé, de parcours, de santé d'entreprise. Moi, je n'ai pas fait toute ma carrière chez Orange, donc j'ai vu des organisations qui, parfois, étaient fragilisées. Quand on n'est pas propriétaire de son job sur un job avec une, on va dire, rente à vie, quelque chose d'absolument immuable, c'est fragile. Un parcours professionnel, c'est comme la vie. Il y a des hauts, il y a des bas, on a des petits coups. coup de mou, des coups où ça marche super bien. Un parcours, c'est individuel, c'est fragile et c'est jamais acquis. Ça, j'en suis absolument convaincue.
- Speaker #0
Dans les échanges que tu as avec tes enfants qui sont maintenant de jeunes adultes, quelle image du travail et de la réussite souhaites-tu transmettre à tes enfants ?
- Speaker #1
Alors moi, ce que je leur dis tout le temps, c'est qu'il faut être aligné avec qui on est et qui on veut être dans le travail et avec le type de boulot. Il faut que ce soit... On ne peut pas aller à reculons faire un job tous les jours. Ça, je ne crois pas que ce soit possible. Je crois que Je suis assez sensible à ce vocabulaire, cet alignement entre ces valeurs profondes, l'écosystème dans lequel on a envie de travailler. Moi, j'ai besoin de travailler dans des environnements sympas. Ça fait partie de mon choix d'entreprise, de mon choix d'équipe, de mon choix de job. Voilà, on n'a pas tous besoin de ça. Voilà, c'est une des clés pour moi d'épanouissement dans le monde professionnel. Donc voilà, je leur passe ce message de soyez bien au clair sur ce que vous aimez et ce que vous n'aimez pas pour aller uniquement vers ce que vous aimez. Ne prenez pas par défaut un truc qui est orthogonal.
- Speaker #0
Et si tes enfants devaient retenir une chose de ton parcours, qu'aimerais-tu que ce soit ?
- Speaker #1
L'adaptabilité, la capacité à rebondir, la capacité à ne pas m'endormir. Je pense aussi que c'est très stimulant. Moi, j'ai la chance d'avoir des grands enfants. Je n'ai pas du tout l'intention d'être dépassée technologiquement. Je n'ai pas du tout l'intention d'être dépassée. sur les musiques qu'ils écoutent.
- Speaker #0
Donc je trouve que ça va être stimulé par cette énergie.
- Speaker #1
On est obligé de se tenir un petit peu, on va dire, dans notre époque. C'est facile de s'endormir et de rater des trucs. Ça va très vite. Et en fait, je trouve que ça va très vite. Et je trouve que c'est une hygiène, c'est stimulant les enfants pour ça. Donc pour moi, ce qui est important, c'est qu'ils disent, ça pop, s'il y a de l'énergie, puis allez dans le vent. Ça, pour moi, c'est important.
- Speaker #0
D'ailleurs, si tu devais décrire ta complicité avec tes enfants en un mot ou en une image, tu as le choix, ce serait quoi ?
- Speaker #1
L'action. Voilà, on est dans l'action.
- Speaker #0
Oui, voilà. Écoute, on arrive bientôt à la fin de notre podcast. Christelle, j'ai une question et figure-toi que je la pose à tous mes intervenants. Et ce qui leur sort est très intéressant. Quel message fort aimerais-tu adresser à une jeune femme ou à un homme qui se demande si il ou elle pourra un jour concilier ambition professionnelle et vie de famille ?
- Speaker #1
Mais je dis bien sûr. Mais bien sûr, en fait, c'est pas du tout... C'est pas un sujet si on n'en fait pas un sujet. Moi, je crois qu'il faut y aller... La parentalité, moi, j'ai trouvé ça ultra naturel. Ça m'a pas du tout gênée dans ma carrière. Parce qu'en fait, ça s'est bien emboîté naturellement. Parce que je me suis jamais dit que c'était un problème. Donc, je pense qu'en fait, c'est aussi la pensée positive. Ça doit être un peu... Quelque part, ça... Enfin, faites-vous confiance, ça passe.
- Speaker #0
Donc, pas de sujet à se poser. Je vous le dis. Christelle le dit. Allons-y. Pensez. Ayez confiance en vous. Merci beaucoup, Christelle.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
En attendant le prochain épisode, abonne-toi, partage ce podcast avec tous les parents de ton Open Space et surtout déculpabilise. On est là, on est ensemble et on fait surtout de notre mieux parce que la parentalité en entreprise, ce n'est pas un détail dans un CV. C'est une expérience à part entière qui est pleine de défis, de fierté et parfois même de doute. Alors viens rejoindre la conversation et si tu as envie, prends le micro. à de vous entendre partager votre expérience. À bientôt !