- Speaker #0
Bienvenue sur Matésens, le podcast des femmes qui réinventent leur carrière après la maternité. Je m'appelle Margaux Saubry-Bobet et je suis coach professionnel certifié. Chaque semaine, je vous invite à découvrir des parcours inspirants de femmes qui ont osé transformer leur vie professionnelle. Au programme, des conseils concrets et des outils pratiques pour avancer avec confiance et ambition vers la carrière qui vous correspond et qui vous rend fière. Alors, si vous êtes prêts à écrire le prochain chapitre de votre vie professionnelle, je vous invite à vous abonner dès maintenant. Allez, c'est parti ! Hello Olivia !
- Speaker #1
Salut Margaux !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Et toi ?
- Speaker #0
Oui, ça va. Très contente d'être chez toi pour cet échange qu'on va avoir ensemble.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Pour te présenter, pourrais-tu nous dire d'où tu viens ? Et qu'est-ce que tu rêvais de devenir quand tu étais enfant ?
- Speaker #1
D'où je viens ? Je viens de Paris. Je suis vraiment une parisienne pure souche, avec des origines plus étrangères de mes grands-parents, donc turc et polonaise. Et quand j'étais petite, j'adorais tous les métiers créatifs. C'est vrai ? Je voulais être chanteuse, actrice, coiffeuse.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Il fallait que je crée quelque chose, quoi.
- Speaker #0
Près créative et girl.
- Speaker #1
Même architecte d'intérieur.
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
Plus grande et puis je n'ai pas du tout fait ça.
- Speaker #0
Tu n'as pas du tout fait ça. En tout cas, aujourd'hui, tu es à la tête d'un réseau qui s'appelle Businesswoman in Paris et qui comptabilise une grande communauté de femmes, tu vas nous en dire plus. Qu'est-ce qui t'a permis d'accomplir ce métier ?
- Speaker #1
En fait, pour créer le réseau, je pense que je suis vraiment partie de mon besoin à moi et que j'étais déjà m'appeler. Mon propre persona, ma propre cliente. C'est-à-dire que quand j'ai commencé à le créer, je partais d'une entreprise, de chez Chiteido, et je savais que je voulais monter une boîte, je voulais monter une marque de joaillerie. Donc, tu vois, rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui, parce que j'adore la joaillerie. Mais je me suis dit, en fait, moi, j'ai toujours été en entreprise, mon environnement proche est très salarié, ce qui est très bien. Mais du coup, je suis convaincue que ce n'est pas du tout les mêmes réflexes, ni les mêmes réflexions, etc. Du coup, j'ai commencé à rencontrer des entrepreneurs qui ont été très généreux, tout de suite. Tu vois, qui m'ont donné beaucoup de conseils, très pragmatiques aussi. Donc ça, c'était vraiment précieux. Et en fait, petit à petit, si tu veux, j'avais un groupe WhatsApp avec mes copines quand je suis partie de chez J.C. Edo, où on se retrouvait tous les mois pour parler de notre départ, de notre création d'entreprise, de là où on en était, etc. Et c'est moi qui ai fait venir petit à petit des entrepreneurs pour qu'ils racontent leur parcours sans qu'il y ait de déperdition d'informations. Et en fait, c'était ça le réseau. C'était mon groupe WhatsApp. Et ce qui m'a permis de le construire, je pense que c'est déjà le fait que je fasse du réseau naturellement. Ce n'était pas du tout, je n'ai pas trop de limites là-dessus. Je n'avais pas trop de craintes. Et surtout, je n'avais pas conscience que je faisais du réseau. Parce que c'était très naturel pour moi. Je le faisais en entreprise. C'est en entreprise que j'ai appris à le faire. Mais je le faisais parce que j'aime profondément les relations humaines, que j'aime les gens, que j'aime découvrir beaucoup. Et du coup, je me suis dit au pire, on me dit non. Mais honnêtement, les fois où on m'a dit non, et franchement, je pense que je les compte sur les deux unes mains, c'était plus une question de timing. Ce n'était pas, je ne peux pas te parler. Donc ça, je pense que c'était vraiment ce qui m'a permis de créer le réseau, tu vois, d'un point de vue très personnel.
- Speaker #0
Oui, parce que du coup, tu es partie d'un petit groupe WhatsApp. Oui. Et aujourd'hui, c'est quoi ? Trois ans, quatre ans après ?
- Speaker #1
Trois ans.
- Speaker #0
Combien de personnes font partie de ta communauté pour qu'on ait un ordre ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Au début, c'était un groupe WhatsApp de 15 personnes. Et là, c'est 650 personnes dans ma base de données, donc de femmes. Et sur Instagram, c'est 6 500, quelque chose comme ça. Après, je ne le comptabilise pas trop parce que c'est... Mais c'est une communauté que j'ai... construit vraiment de manière organique. C'est-à-dire que je n'ai jamais trop regardé les likes, les abonnés, etc. Parce que ce n'était pas ça pour moi le cœur de ce que je fais. C'est une vitrine en fait. Ce qui compte plus, c'est les personnes qui participent aux événements ou qui m'écrivent pour y prendre part. C'est plus ça ce que j'apporte en fait. Tu vois, le concret de mon travail.
- Speaker #0
Oui. Et avant de fonder ce réseau, tu as eu une première vie professionnelle très différente. Tu en as parlé juste avant. Est-ce que tu pourrais nous en dire Merci. plus et qu'est-ce que ça t'a enseigné et qui te soutient encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Donc j'ai une première vie professionnelle, j'ai même plusieurs reconversions, tu vois, moi j'ai fait des études de droit, je voulais être avocate et en fait après je suis partie dans le luxe, donc tu vois j'ai déjà eu ce switch à un moment et effectivement j'ai fait ma carrière dans le luxe et les cosmétiques et j'ai fini chez Shiseido. Je pense que j'ai appris que j'adorais travailler, je pense qu'à partir du moment où j'avais du sens et c'était vraiment fondamental pour moi. parce que travailler sans dès que je perds du sens ou une perspective ou un intérêt je sais plus comment faire je suis en board out tu vois où je je m'ennuie,
- Speaker #0
j'arrive plus à le faire et j'y reviens à ce que je disais au tout début mais ça m'a appris aussi à faire du réseau et le relationnel dans le travail et que c'est extrêmement précieux ça t'a peut-être donc appris que t'aimer le faire que c'était quelque chose de naturel que c'était un de tes talents en fait ouais je
- Speaker #1
pense Et j'ai mis du temps à le comprendre. Mais vraiment, je m'en sers toujours aujourd'hui. Et je pense que l'amour du travail, savoir le transmettre, ça m'a beaucoup aidée au quotidien à me dire, même dans les moments où c'est difficile, tu n'as pas besoin de te justifier sur le fait que tu travailles.
- Speaker #0
Donc, tu es aujourd'hui à la tête de deux entreprises, Colette Lab, le complément alimentaire. Positive Aging, j'espère que je prononce bien, et également Businesswoman in Paris, un réseau dédié aux femmes entrepreneurs. Comment ces deux activités s'articulent et quel est le lien entre les deux ?
- Speaker #1
En fait, je pense que c'est deux activités qui s'adressent aux femmes déjà. Et moi, ça a toujours été au cœur de mes réflexions, c'est-à-dire que je suis très admirative des femmes. Je trouve qu'il y a beaucoup d'injonctions qui pèsent sur elles. Et qu'on doit prouver beaucoup, beaucoup plus de choses et qu'on doit mettre en œuvre beaucoup plus de choses pour s'épanouir. Et je trouve ça très difficile. Du coup, je ne suis pas du tout... Je suis très féministe, évidemment, mais je ne suis pas contre les hommes, évidemment. Mais j'ai une admiration profonde pour les femmes et depuis toujours, et c'est ma source d'inspiration depuis toujours. Et du coup, je pense que c'est assez naturel pour moi d'œuvrer pour les femmes, que ce soit dans le bien-être ou pour qu'elles se sentent... bien dans leur travail. Du coup, je pense que ça, c'est le gros point commun. Et en fait, si tu veux, j'ai lancé ces deux boîtes en même temps et je sortais de mon cours de maths. Mais moi, j'ai un truc avec la maternité, c'est que ça me fait pousser des ailes. Je me sens... J'ai une chance folle, c'est qu'une fois que j'accouche, je suis dans un blitz pas possible. Et je lui ai dit que rien n'est impossible. Je suis une warrior. Donc, du coup, je me suis jamais freinée avec la maternité. Et en fait, si tu veux, j'ai lancé les deux à peu près en même temps. Donc en fait, Colette Lab, c'est une boîte que j'ai reprise avec mon associé qui avait créé une première boîte qui s'appelait Conjac Paris, qui n'avait plus de CEO depuis un moment. Lui, c'était son side project, mais il était convaincu par les produits et il avait raison. Et on a gardé une formule qui est une formule extraordinaire qui est à base de Conjac, justement, pour améliorer la société, la digestion. éventuellement perdre du poids si on en a le besoin et l'envie. Et en fait, partant de ce produit, je me suis dit, moi je ne veux pas lancer une nouvelle injonction de minceur, tu vois, qui peut être très compliqué, mais dire en fait, il y a plusieurs facteurs qui vont agir sur le vieillissement du corps. Ça va être notamment une mauvaise digestion, on le sait, c'est un deuxième cerveau, l'estomac est le deuxième cerveau, du coup, ça agit énormément sur nos facteurs de stress, etc. C'est très lié. et le stress justement avec une autre formule qui était à base de bon magnésium et de vitamine. Et du coup, l'idée c'était de se dire qu'on agit sur des facteurs de vieillissement du corps et c'est en ça que je voyais une formule positive aging. Et c'est trouvé que quand je créais la marque, enfin je refondais la marque parce que j'ai tout changé à part une formule qu'on a gardée, ma grand-mère qui avait 100 ans est décédée, qui s'appelait Colette, et qui elle m'a beaucoup appris la qualité. Tu vois, l'importance de la qualité versus la quantité. Et de se dire, en fait, on vieillit, c'est une chance extraordinaire, mais par contre, on a envie de se sentir bien, belle, en forme, tu vois. Et ça, c'est quelque chose qu'elle m'a beaucoup transmis. Du coup, c'était assez évident pour moi. Et en parallèle, comme je te le disais, en fait, Business Women Paris, ça venait répondre vraiment à mon besoin de répondre à mes questions. Et du coup, le modèle, en fait, il n'y en avait pas vraiment. C'était qu'une fois par mois, j'organisais un podcast. enregistré en direct devant un public d'entrepreneurs. Et voilà. Et en fait, je n'avais pas de business model. C'était mon side project. Et en fait, les personnes que j'interviewais, et que j'interviewe toujours, répondait à mes propres questions d'entrepreneurs. À savoir, par exemple, l'investissement méta. « Ok, mais comment t'as fait ? Comment t'as fait pour compter ? » C'est pratique. C'est hyper pratique. Franchement, moi,
- Speaker #0
c'est extraordinaire. Et en plus,
- Speaker #1
avec des gens hyper sympas. Et en plus, du coup, ça répondait aussi à des personnes qui étaient en besoin de savoir comment ça fonctionnait. Et tu vois, il y avait la levée de fonds, qui peut être hyper opaque pour plein de personnes. Et en fait, c'était vraiment ça. Et surtout, à l'issue de chaque événement, j'avais un retour extraordinaire de la part des participantes qui me disaient « mais j'ai appris tellement de choses, ça m'a inspirée, maintenant je me dis que je suis capable, que c'est possible » . Bon ben, c'est d'une puissance folle. Et pendant très longtemps, c'était juste ça ma quête, c'était moi répondre à mes questions et en plus inspirer les gens qui sont là et tant mieux. Et voilà. Et j'ai tout de suite commencé en podcast parce que j'avais commencé à faire des podcasts que je n'avais pas sortis parce que je travaillais encore chez Shiseido. Donc, je... Trop de boulot.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et après, c'est devenu mon modèle parce que c'est un média que j'aime beaucoup consommer et que je trouve facile, en fait.
- Speaker #0
Oui. Et hyper généreux, en fait. De partager largement les infos. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est hyper précieux, en fait, d'avoir accès à tout ça.
- Speaker #0
Et donc... Ces personnes que tu interviews, elles t'aident à répondre à des problématiques d'entrepreneuse. Quelles ont été les plus grosses difficultés pour toi dans le parcours d'entrepreneuriat ? Est-ce que tu as peut-être une anecdote en particulier ?
- Speaker #1
En fait, je trouve que c'est cyclique. C'est-à-dire qu'il y a toujours des difficultés selon la durée. Parce que maintenant, ça fait trois ans que j'entreprends. Déjà, j'ai appris qu'avec l'entrepreneuriat, on n'est jamais autant face à soi-même. C'est-à-dire qu'on apprend. énormément et très très vite et parfois c'est un peu brutal parce qu'on se rend compte de certaines choses parce que on ne s'attendait pas ou alors ça réveille aussi des, pas des défauts mais des difficultés qu'on a besoin de surmonter par exemple savoir dire non, moi je trouve ça difficile de savoir dire non et du coup tu dis tu découvres des choses tu te retrouves face à des limites que t'as des limites ou des traits de caractère ou des façons de de raisonner tu vois c'est marrant moi j'ai réalisé en entreprenant, mais par une personne extérieure que je fonctionnais au challenge et que j'avais l'esprit de compétition. J'ai fait un article là-dessus parce que ça m'a tellement travaillée. Je parlais de mon fils aîné qui a un fort esprit de compétition. Elle me dit, mais en fait, ton fils, c'est toi. Tu n'as rien à voir. Moi, je ne suis pas du tout compète. Au contraire, ça me bride et ça m'a toujours bridé quand j'étais plus jeune. Et elle me dit, mais si, parce que toi, tu as toujours des nouveaux challenges. Tu ne t'arrêtes jamais. Tu montes deux boîtes en même temps. Tu fais un enfant en même temps. Après, tu te mets un challenge sport. C'est un moteur. Je lui ai dit, en fait, ouais, tu as raison. J'ai réalisé qu'en fait, l'esprit de compétition, ce n'était pas contre les autres. Je ne suis pas contre les autres. Mais c'était avec moi-même. Donc,
- Speaker #0
le challenge. Donc, le challenge.
- Speaker #1
Je trouvais ça plutôt cool de le comprendre et de l'assumer et de mettre des mots dessus. À l'inverse, ça a vachement réveillé de notions de valeurs personnelles.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois, je vais donner un exemple. Donc, depuis quelques mois, j'écris une newsletter sur Substack, qui est un peu un format blog.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en fait, au début, je suis partie sur Substack en me disant, c'est un nouvel outil de com, peut-être que je vais gagner de l'argent dessus ou quoi. En fait, il se trouve que ça a réveillé une passion que j'ai depuis très longtemps, que j'avais un peu endormie, qui est l'écriture, que j'adore. Et du coup, il se trouve que je publie beaucoup plus que ce que je pensais parce que j'ai besoin d'écrire dans ma vie et que j'adore ça. Oui. Mais je me suis dit quand même, en fait, tout ça, ça me prend beaucoup de temps, mais ce n'est pas très business-oriented. Ce n'est pas money-driven, tu vois, comme on dit. Ce temps-là, je ne le passe pas à faire des choses qui vont me permettre de gagner l'argent vite. Et en fait, cette notion de gagner de l'argent versus la valeur de ce que tu proposes, ça me demande beaucoup de travail, tu vois, pour trouver un bon équilibre. Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire que tu as besoin de créer, même la boîte, que d'être là pendant longtemps, j'ai créé et il n'y avait pas d'argent. Business Women Paris, je n'avais pas de modèle au départ parce que c'était complètement nouveau et j'en faisais quelque chose qui n'était pas guidé par un business plan quelconque parce que ça n'existait pas de toute façon. Mais du coup, à partir de quel moment, même si ça ne fait pas d'argent, pour parler très bêtement, est-ce que ça a de la valeur ? Et du coup, poser ce schéma-là parce que l'argent, on en a vraiment besoin et en plus, c'est bien d'avoir de l'argent, ce n'est pas une chance, c'est quelque chose que tu construis. Mais du coup, à partir de quel moment est-ce que même si ça ne crée pas encore d'argent, ça a déjà de la valeur et tu es déjà entrepreneur ? Tu vois ce que je veux dire ? Oui,
- Speaker #0
j'entends tout à fait. Et est-ce que ça rejoint, tu vois, par exemple, quand tu entreprends, mais je pense que même aussi dans la vie salariée ? Tu as envie que tes journées soient toutes productives, qu'elles apportent toutes une valeur, qu'elles soient efficaces, qu'il y ait un résultat. Or, il y a des hauts, des bas et des journées productives et des journées moins productives et c'est accepter ça. Et dans l'entrepreneuriat, par exemple, moi quand je passe ma journée à faire de la compta, le soir je m'inquiète en me disant que je n'ai rien fait qui apporte de la valeur à mes clientes, qui apporte de la valeur à mon activité. Mais en fait, la compta, c'est un prince sec. Ça fait partie aussi d'une activité. Et je pense qu'en tant que salarié, sans doute qu'il y a aussi des moments de gestation de projet, de réflexion.
- Speaker #1
Et c'est ça aussi que j'ai mis du temps à accepter. C'est que Business Women Paris, vraiment, je m'éclate. J'adore ce que je fais. Je suis vraiment passionnée par ce que je fais. Et du coup, de dire, est-ce que le travail, ça doit pas être du labeur aussi, tu vois ? Bien sûr que c'est difficile. Je dis pas que c'est facile et je me pose mille questions. et je… Je travaillais beaucoup. Mais ce côté passion te dit, en fait, c'est déjà génial d'avoir un métier passion. C'est une vraie chance dans la vie de l'avoir trouvé. À partir de quel moment il faut quand même trouver cet équilibre et que là, ce soit guidé toujours par la passion et pas par l'argent.
- Speaker #0
Moi, j'ai l'impression en tout cas qu'un premier pas ou une règle là-dessus, c'est de faire les choses en conscience. et du coup si tu te poses ces questions que tu fais tes choix consciemment de qu'est-ce qui va être plutôt relevé du plaisir, qu'est-ce qui va relever plutôt de la nécessité dans ton activité, et que tu es au clair sur ces choix-là, je pense que tu es déjà dans une bonne direction. Je pense que le risque peut être de continuer à dérouler sans se poser la question, sans réfléchir, et de subir une activité, qu'elle soit salariée ou entrepreneuriale.
- Speaker #1
Oui. Moi, c'est ce que j'ai assez rapidement dans le salariat. Parce que moi, j'ai besoin d'autonomie, j'ai besoin de sens très fort et je m'ennuie un peu vite. Moi, tous les deux ans, il fallait que je change de boulot. Et j'avais l'impression que c'était m'éparpiller, tu vois, que d'être comme ça et de ne pas être stable finalement. Et en fait, je pense que c'est simplement ma personnalité. Je suis assez créative et j'ai besoin de voir d'autres choses. Ça ne veut pas dire que j'ai fait le tour, ça ne veut pas dire que je suis meilleure que les autres, ça veut juste dire que si je perds le sens, je perds tout.
- Speaker #0
Oui, c'est comme ça que tu fonctionnes.
- Speaker #1
C'est comme ça que je fonctionne.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui est différent aujourd'hui d'il y a trois ans dans ta façon de travailler ? Donc il y a trois ans avant que tu te lances dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #1
Oui, la plus grande chose, et c'est aussi parce que j'ai eu trois ans d'entrepreneuriat et que je ne suis pas au début de l'entrepreneuriat, tu peux dire ça. La plus grande chose, c'est que maintenant j'écoute mon intuition. Et que dans le salariat, je ne l'écoutais pas. Parce que j'étais plus sûre. Il faut faire des choses. C'est dicté par le groupe, par la société. En plus, j'ai fait des gros groupes qui étaient très réglementés, même de manière intrinsèque, tu vois. Parce que c'est la culture de l'entreprise. Et du coup, je me disais, c'est comme ça, donc il faut le faire comme ça. Je perdais mon intuition qui me disait, peut-être qu'on peut remettre en question certaines choses ou certains process, ou certaines façon de travailler ou certains objectifs. Et du coup, mon intuition, je la taisais énormément. Et en fait, je me suis rendu compte que, comme beaucoup, l'intuition, c'est un vrai guide, en fait. Et surtout, l'intuition parle de toi. Et ce qui est difficile aussi, c'est que, comme l'argent dont on parlait tout à l'heure, c'est pas cartésien, l'intuition. Ça s'explique pas. Tu peux pas dire j'ai une intuition. Mais ça vient de toi.
- Speaker #0
Et t'as un exemple, peut-être, de comment ça se traduit dans... Dans des choix ou peut-être récemment, tu t'es dit bon là en fait, il faut que je m'écoute ou que j'écoute ma petite voix intérieure pour faire ce choix.
- Speaker #1
Bah ouais, j'ai un exemple, tu vois, concernant Colette Lab. Du coup, aujourd'hui, je suis à la tête de Colette Lab et de Piscinas Women Paris. Mais j'ai décidé très récemment et je l'ai annoncé en septembre que je cherchais un adossement pour Colette Lab, qui est à la fois pour des raisons économiques, soyons très clairs, créer du produit et vendre du produit, ça coûte extrêmement cher. Les levées de fonds sont complexes en ce moment. Donc voilà. Mais aussi pour des raisons personnelles où je me suis rendue compte que ce que j'aimais dans l'entrepreneuriat, c'était la création et que le déploiement du produit et le déploiement de la structure à plus grosse échelle quand il s'agit de produit, ça ne m'excitait pas beaucoup. Et surtout, je pense que je ne suis pas très bonne là-dedans. En tout cas, pour ce produit, pour ce projet-là. Et que la création de départ, J'en suis extrêmement fière et le déploiement, je pense sincèrement que Colette Lab mérite mieux que juste moi. Parce que c'est d'autres skills et sans le faire, je n'aurais jamais pu en avoir conscience. Mais ça, j'ai mis beaucoup, beaucoup de temps à l'accepter, tu vois, à processer. Et d'ailleurs, l'accepter a été assez douloureux. Tu vois, j'ai pleuré, j'ai passé des nuits sans dormir. Mais en fait, à partir du moment où je l'ai dit tout haut, à quelqu'un, et surtout à mon associé parce que j'étais assez stressée, tu vois, de lui dire. Et ben, j'ai eu ce poids qui est parti tout de suite, en fait. Je me suis dit, bon ben, en fait, ok, ben, c'était mon intuition et elle est réelle et elle parle de moi. Ça ne veut pas dire que j'ai échoué. Je ne considère pas du tout que j'ai échoué sur Colette Lab. Mais ça veut dire qu'il y a une nouvelle étape. Et pour la société et pour moi.
- Speaker #0
Oui. Et c'est vrai que... on aimerait pouvoir tout faire, savoir tout faire, être capable de tout, mais je pense que c'est plutôt une force de savoir ce qui te correspond et que toi, c'était la phase de création, de lancement, et que dans cette seconde phase de l'activité, c'est pour un autre type de profil. Oui,
- Speaker #1
exactement. Et en même temps, c'est aussi savoir être guidée. Enfin, moi, je suis comme ça, je suis très guidée aussi par le plaisir, en fait, tu vois, de faire ce que je fais. J'aime pas tout ce que je fais parce que ça, ça n'existe pas. Mais il y a quand même une notion de plaisir qui prime énormément sur ce que tu fais.
- Speaker #0
Est-ce que c'est parce que c'est ce qui te donne de l'énergie ?
- Speaker #1
Bien sûr. Bien sûr, c'est parce que le matin, je ne vais pas me lever en me disant j'ai une journée horaire du matin. Par contre, si j'ai de la compta, ça me fait un peu chier. Ce n'est pas ma partie excitante, mais en fait, c'est juste que j'ai de la compta à faire, c'est dans ma toutou, je le fais. Mais par contre, au global, ça me draine pas du tout parce qu'au global, je suis très heureuse de ce que je fais.
- Speaker #0
Oui, dans une journée, tu as un peu de tout. Du plus, du moins.
- Speaker #1
Et ça, c'est l'entrepreneuriat de toute façon.
- Speaker #0
C'est clair. Et si tu devais te retourner et parler à la Olivia qui venait tout juste de quitter son job salarié il y a 3-4 ans. Qu'est-ce que tu lui dirais maintenant avec du recul ?
- Speaker #1
C'est un peu retentant, mais je pense que je lui dirais « suis ton intuition » , mais beaucoup plus tôt. Même si ce n'est pas rationnel, même si tu n'as pas encore été entrepreneur, donc finalement, il n'y a rien qui justifie que toi, tu sais ou tu sens quelque chose, écoute-toi.
- Speaker #0
Est-ce qu'elle t'aurait peut-être répondu « mais c'est quoi l'intuition ? » ou « je ne sais pas comment on fait » . à Est-ce que tu avais déjà cette conscience il y a 3-4 ans ?
- Speaker #1
En fait, je pense que j'avais conscience de l'intuition, mais que je n'avais pas conscience d'à quel point je la taisais.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? Oui, très bien.
- Speaker #1
Parce que j'ai toujours, par exemple, eu beaucoup d'intuition sur l'humain. Ça a toujours été une de mes forces et je me fais confiance là-dessus. Mais par contre, sur le boulot, tu vois, on m'a toujours enseigné la notion de diplôme, de cocher les cases, de faire ce qu'il faut, de gagner de l'argent. Et en fait, du coup, l'intuition là-dedans, elle est complètement tue par ce qu'on est obligé de faire. Obligé entre guillemets, tu vois. Et tu vois, pour te donner un exemple, moi, je n'étais pas très bonne en maths. Les problèmes, c'était des problèmes, quoi. Tu vois. Et on m'a toujours dit que j'étais très littéraire, ce qui est vrai. Comme je te disais, j'adore écrire. Mais en fait, il se trouve que moi, dans mon boulot sur Colette Lab, je m'en suis rendue compte. Moi, j'adore la strat. Donc, j'adore mettre des chiffres en face de ma strat. J'adore faire des tests, faire des tableaux dans tous les sens. Et une fois, j'ai dit ça à ma mère. Je dis, mais le côté financier du sujet me plaît énormément. Elle me dit, n'importe quoi, ce n'est pas possible. Tu étais complètement naze en maths. En fait, moi-même, je me suis dit ça très longtemps. Donc, ce n'était pas mon sujet. Sauf qu'en fait, quand on te reprend, si tu n'as pas conscience de tes chiffres, bye. C'est fini. Et du coup, en fait... Ce que j'ai fait, tu vois, construire mon BP, etc., ce n'était pas facile et ça remettait en question plein de choses, mais ce n'était pas une tâche insurmontable pour moi. Je n'avais pas besoin de quelqu'un d'autre pour le faire. Oui, j'ai été aidée par des réflexions, des personnes qui sont encore plus orientées business et qui ont déjà ces réflexions ancrées, mais ce n'était pas insurmontable pour moi. Ce n'était pas parce que je ne savais pas faire des problèmes de maths en CM2, je ne sais pas en quelle classe, mais voilà. Et du coup, en fait, tes croyances limitantes te suivent hyper, hyper, hyper longtemps.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est dramatique.
- Speaker #0
Il y a eu une conclusion dans ton enfance qu'Olivia est pas bonne en maths. Et c'était vérité absolue alors qu'en fait, oui, tu es capable de faire un bébé. Et je voulais aussi parler de ta vie de maman. Donc, tu es maman de trois adorables enfants. Quelle thèse est-ce que tu donnes à ta vie de famille ? Et est-ce que tu as des petits tips pour arrêter ? Je suis les vie pro, vie perso.
- Speaker #1
Alors, ma vie de famille est très importante pour moi. J'ai vraiment besoin d'être en contact avec mes enfants. Et eux aussi en ont besoin, je pense. Ils ont, tu vois, en fait, c'est assez triqué en ce moment parce que j'ai... trois enfants, mais d'âges différents. Un aîné va avoir 12 ans, le deuxième a 8 ans, la dernière va avoir 4 ans. Donc, on a des âges très, très différents. Et à la fois, c'est génial, et à la fois, c'est assez challenging, parce qu'ils n'ont pas besoin de moi de la même manière, mais ils ont tous besoin de moi. Donc ça, c'est ce que moi, j'essaie de... Tu vois, je suis un peu là-dedans, on rentre dans la préadolescence. Je n'ai pas vu mon bébé passer du bébé à l'ado. C'est très dur. Mais du coup, c'est plus de... Donc, pour moi, ce que je veux dire c'est que c'est très important de de d'avoir ce socle familial solide et qui voit aussi que je suis présente, que je suis là. Après, j'ai mis beaucoup de temps à trouver cet équilibre entre vie pro et vie perso, parce qu'avec l'entrepreneuriat, ma chance, c'est que je peux plus répondre à l'aléa, de maladies, de sorties scolaires, de ne pas poser une demi-journée parce que je décide de faire la sortie du jour au musée. Donc ça, c'est franchement extraordinaire de pouvoir le faire. Après... tu es un peu constamment en train de travailler, c'est-à-dire que même dans ta tête, même si tu n'es pas en train de faire des choses, tu te dis « ah mince, mais j'ai obligé de faire ça, j'ai obligé de faire ça » . Du coup, ce que moi, j'ai accepté, c'est qu'il faut savoir que moi, je suis une couche tôt, lève-tôt, et mes enfants aussi. Mais du coup, je travaille quand même pas mal la semaine, et quand je rentre à la maison, les enfants, il ne leur reste pas énormément de temps. Et ce moment, moi, je trouve, c'est très personnel, mais que ce n'est pas très qualitatif, parce que c'est vous faire pipiler, dormant, finir de manger, préparer le sac, préparer les goûters, etc. Et je trouve que c'est souvent un rush, parce que je sais aussi que moi, si je loupe l'heure de coucher, moi surtout, la plus petite, ça vrit et c'est pas bon pour elle, c'est pas bon pour moi. Et du coup, j'ai accepté que la semaine, on se voyait tous les jours, évidemment, enfin, quand je sors, ça arrive quand même, mais on se voit, mais c'est pas très qualitatif, mais c'est comme ça, c'est un rythme comme ça. Mais par contre, les week-ends, je suis tout le temps avec eux. Et par contre, du coup, j'ai du mal à partir en vacances sans eux. Je ne les fais pas. À partir en week-end sans eux, ça me coûte beaucoup parce que j'ai un peu cette peur de rater quelque chose. Mais à partir du moment où je me suis dit, en fait, c'est OK, la semaine, tu travailles. Eux aussi, ils ont leurs activités, ils ont leurs machins, ils ont besoin de se coucher tôt. Ils lisent. Tu vois, ils n'ont pas besoin que tu sois là tout le temps. Mais par contre, le week-end, on fait vraiment des choses ensemble. Et je suis vraiment là et... Par contre, le week-end, j'ai vraiment du mal. Si on me dit, on va faire tel truc juste entre copines, moi avec mes copines, je n'ai pas envie. Parce que j'ai vraiment envie d'être là. Oui,
- Speaker #0
ça te regarde.
- Speaker #1
Oui. Et en plus, en ayant trois enfants, on est quand même en infériorité numérique avec mon mari. Et du coup, tu es souvent obligée de te splitter. Et du coup, tu loupes forcément un. Il y en a forcément un qui a moins d'attention. Et ça, je trouve que c'est difficile de se faire cet équilibre. Voilà. Je pense qu'accepter d'avoir des moments de qualité, des moments qui sont plus logistiques, moi, ça m'a beaucoup aidée.
- Speaker #0
Oui, en tout cas, de structurer ta semaine comme il te semble le mieux pour toi et pour tes enfants et pour ton mari et ta famille.
- Speaker #1
Et aussi de se dire que ton modèle, c'est ton modèle, c'est ce qui convient à toi. Tu vois, ce n'est pas parce que les autres font comme ça qu'il faut le faire. et en étant entrepreneur ? c'est d'autant plus facile de se créer son propre modèle.
- Speaker #0
Le preneur, tu as peut-être plus de flexibilité, mais à l'inverse, tu es non-stop en train de travailler, de penser au boulot. Et peut-être que l'avantage, quand tu es salarié, enfin, avantage, inconvénient, c'est que tu as moins de flexibilité, généralement. Et à l'inverse, tu pourrais te dire, le soir, je rentre, terminé, je plie les sujets, je n'y repense pas. Enfin, voilà, ça dépend. J'ai des jobs, mais...
- Speaker #1
Non, mais je suis d'accord avec toi. Mais moi, je me suis rendue compte, et pourtant, j'ai adoré le salariat. J'ai eu des mentors exceptionnels. J'étais quand même beaucoup moins heureuse, même si j'aimais ce que je faisais dans la journée. Couper le soir, oui, parce qu'en fait, je n'étais pas assez concernée par ce que je faisais. Et ça, ça a été un peu un game changer pour moi. C'est en ça que je parlais du sens, tu vois, tout à l'heure. Il y a un moment où, si je ne suis plus concernée, je ne suis plus là.
- Speaker #0
Oui, très bien. On entend souvent qu'on attire les personnes qui nous ressemblent. Quel est selon toi le point commun entre toi, Olivia, et les membres du réseau Business Women in Paris ?
- Speaker #1
Les membres du réseau, c'est moi. Comme j'ai créé... le réseau pour moi et honnêtement, je pense qu'il n'a pas changé ou alors il a évolué avec moi.
- Speaker #0
Oui. Oui, je pense que j'attire un peu les gens qui me ressemblent, tu vois, dans leur façon de penser, dans leur façon de travailler. D'ailleurs, c'est marrant parce que même les femmes que j'interview, souvent, il y a des gros points communs. Au tout début, c'est drôle, la première année, à chaque fois que j'interviewais une femme, elle avait une valeur travail hyper forte. Je me disais, mais c'est improbable parce que moi aussi, en fait, oui, tu attires. Je suis complètement d'accord. Tu attires ce que… Et tu vois, quand j'ai commencé à rendre le Business Women Paris... publique, parce qu'au début c'était juste mes copines donc c'était facile je me suis dit oh là là ça se trouve genre des connes ou des relous, bah je n'ai jamais eu parce qu'en fait je pense que elles aussi, elles n'ont pas envie d'être avec quelqu'un qui ne leur ressemble pas et c'est ok de ne pas plaire à tout le monde tu vois, j'essaye en tout cas de transmettre moi mes valeurs fortes pour Business Women Paris et du coup j'ai l'impression que les gens qui viennent les ressentent parce que c'est...
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Je pense que c'est ce qui les guide dans la façon d'être. Mais ce n'est pas facile, tu vois, aujourd'hui, parce qu'à l'ère des réseaux sociaux, tu peux vite croire qu'une image ou une vidéo d'un événement, c'est ça, mais en fait, tu ne sais pas ce qui s'est passé dedans, tu ne sais pas quelle est la réalité que tu vois derrière.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je trouve que ça biaise beaucoup.
- Speaker #1
Mais c'est peut-être pour ça aussi que je trouve les formats audio comme un podcast, c'est intéressant pour... Voilà, en l'écoutant, découvrir si tu adhères ou pas à l'état d'esprit.
- Speaker #0
Oui
- Speaker #1
et puis il n'y a pas d'image donc tu ne te fais pas de fausses idées ouais tu vois c'est clair et pour finir ce podcast je voulais te poser une question si tu avais une baguette magique aujourd'hui qu'est-ce qu'on pourrait te souhaiter pour Business woman in Paris j'aimerais
- Speaker #0
vraiment que Businesswoman in Paris ça devienne un safe place de référence pour les femmes entrepreneurs et dirigeantes à la fois d'un point de vue réseau où elle se retrouve et d'un point de vue média où aussi elle s'est retrouvée elle se sent inspirée par ce qui ressort de ce média
- Speaker #1
Excellent, c'est tout ce que je te souhaite Olivia merci d'avoir partagé ça et pour tous tes retours d'avoir partagé ton parcours et toute cette source d'inspiration Génial, merci beaucoup Margaux Si cet épisode vous a inspiré ou donné des clés pour avancer dans votre carrière, n'hésitez pas à vous abonner et à laisser un avis 5 étoiles. Et si vous avez envie d'échanger, de partager votre parcours ou d'être accompagné dans votre vie professionnelle, je serai ravie de vous lire. Pour cela, contactez-moi sur Instagram ou via mon site mathesense.com Et je vous dis à bientôt pour un prochain épisode.