- Speaker #0
Bienvenue sur Matésens, le podcast des femmes qui réinventent leur carrière après la maternité. Je m'appelle Margux Sobr-Bobet et je suis coach professionnel certifié. Chaque semaine, je vous invite à découvrir des parcours inspirants de femmes qui ont osé transformer leur vie professionnelle. Au programme, des conseils concrets et des outils pratiques pour avancer avec confiance et ambition vers la carrière qui vous correspond et qui vous rend fière. Alors, si vous êtes prête à écrire le prochain chapitre de votre vie professionnelle, Je vous invite à vous abonner dès maintenant. Allez, c'est parti ! Bonjour à toutes et bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Mathilde Thiberghien, psychologue clinicienne, thérapeute conjugale et familiale et également autrice. Mathilde est une femme passionnée par son métier et dans cet épisode, elle pose un regard très éclairant sur les questions que nous sommes si nombreuses à nous poser dans le quotidien où se mêlent vie de femme, vie professionnelle et vie de maman. Alors si vous avez envie de prendre de la hauteur, installez-vous confortablement et laissez-vous porter par cette conversation pleine de douceur et de profondeur avec Mathilde.
- Speaker #1
Hello Mathilde !
- Speaker #0
Bonjour Margaux ! Très heureuse d'être avec toi aujourd'hui dans ton cabinet.
- Speaker #1
Merci de ton invitation, je suis hyper heureuse d'être là pour échanger avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Très bien, je te propose qu'on démarre dès maintenant et pour te présenter, est-ce que tu pourrais nous dire d'où tu viens ? Et une question que j'adore poser à chaque fois que je démarre les épisodes, qu'est-ce que tu rêvais de faire quand tu étais enfant comme métier ?
- Speaker #1
Alors d'où je viens, moi j'ai toujours, c'est un peu ma carte joker là parce que je viens un peu d'une famille nomade où on a beaucoup bougé. Donc parfois je dis je viens un peu des cartons en fait parce que j'ai une vie en carton durant toute mon enfance, mon adolescence. Donc on a beaucoup bougé avec ma famille. Donc pas particulièrement...
- Speaker #0
Tu peux définir un endroit ?
- Speaker #1
Eh ben non. Non, non, ou alors je dirais plutôt à la maison de mes grands-parents, dans la bosse, qui est un peu notre point d'ancrage, parce qu'il en faut bien quand même, dans cette ville nomade. Ou plutôt la bosse, mais c'est vraiment un ancrage affectif. Et qu'est-ce que je voulais faire petite ? Je crois que je voulais être médecin ou infirmière, ou je voulais déjà être dans un métier, dans la relation d'aide, quoi.
- Speaker #0
Oui, dans le soin de l'autre.
- Speaker #1
Oui
- Speaker #0
Tu avais déjà cette vocation enfant ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est cette vocation, mais je pense que j'avais déjà cette envie de prendre soin des autres et peut-être aussi que je savais déjà que je n'étais pas trop nulle là-dedans, en fait. Tu vois, dans les amitiés, dans la famille, je pense que c'est des expériences qui nous font dire peut-être que là, tu n'es pas si mal, donc go !
- Speaker #0
Tu sentais que ça pouvait être ta place ?
- Speaker #1
Oui. Je pense que ça l'était déjà un peu dans le système familial ou amical et que du coup ça a continué à grandir en moi au fur et à mesure. Alors du coup je ne suis pas tant sur le soin du corps mais plutôt le soin du psychisme. Oui,
- Speaker #0
et justement ça m'amène à cette question, qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir psychologue clinicienne et aujourd'hui comment tu définirais ta pratique ?
- Speaker #1
Alors, qu'est-ce qui m'a donné envie ? Comme je le disais, j'avais vraiment envie de prendre soin des autres. Et puis, en terminale, il y a eu vraiment la découverte de la philo, la découverte de l'inconscient freudien. Et là, ça a été coup de foudre. Je me suis dit, non, mais en fait, c'est passionnant. J'ai vraiment envie de comprendre comment ça fonctionne, comment on peut travailler avec ce savoir-là. ça c'est un peu la réponse officielle mais dans tout travail je pense dans la relation d'aide il y a aussi quelque chose de beaucoup plus personnel, on va aussi faire ses études pour soi souvent pour comprendre quelque chose de son histoire pour réparer quelque chose pour soi ou à travers les autres, réparer quelque chose peut-être on en était un peu en échec donc ça s'inscrit aussi dans vraiment dans Merci. dans ma vie très intime. Mais quand on démarre les études, on ne le sait pas. On est hyper naïf. On fait ça par altruisme et par le désir de comprendre. Puis après, on rentre plus dans le vif du sujet. On se rend bien compte qu'on est là aussi pour soi. Et puis après, il y a une autre étape où on a suffi... suffisamment travaillé pour soi pour être en fait justement plus disponible pour les autres.
- Speaker #0
Oui, j'allais te dire, est-ce que aussi ces études t'amènent nécessairement à avoir ce chemin ou ce regard sur ta propre histoire avant de pouvoir accompagner les autres personnes ?
- Speaker #1
Oui, on est fortement conseillé quand on fait ces études-là d'avoir un travail thérapeutique en parallèle. Alors on est conseillé évidemment, ce n'est pas obligatoire. La plupart des étudiants font ce travail thérapeutique pendant les 5-6 années d'études. D'autres le font après. Ça dépend aussi des événements de vie. Mais ça me semble indispensable de quand même avoir suffisamment fait la paix avec certaines choses, assimilé certaines choses pour encore une fois être disponible à nos patients.
- Speaker #0
Et comment tu définirais aujourd'hui ce qui est ta pratique ? Parce que c'est très vaste, je crois, ce métier aussi. Est-ce que tu as une façon de le définir ?
- Speaker #1
C'est ça qui est génial, c'est que c'est hyper vaste. Donc moi, je suis psychologue, donc clinicienne. Et puis, je suis aussi psychothérapeute de couple et de famille. Ça veut dire qu'après mes études, tu vois, moi, j'avais fait un double master. Donc, j'avais fait six ans de psychologie. J'ai commencé à travailler. Et en parallèle, je me suis formée pendant quatre ans. à la thérapie de couple et de famille avec une approche systémique qui est une approche de pensée et des outils particuliers et ça, ça a beaucoup impacté ma pratique. Donc comment je la définirais ? J'espère ne pas être trop présomptueuse en disant ça, peut-être que mes patients, j'espère qu'ils me valideraient un peu là-dessus, mais je pense que j'ai une pratique assez engagée, c'est-à-dire que je trouve Je trouve ça très difficile quand on ne va pas bien, d'avoir quelqu'un de très neutre ou un peu froid. Moi, j'ai appris à travailler notamment en systémie avec mes émotions. Je n'ai pas peur de les partager aux patients. Je travaille avec des hypothèses que je partage là aussi avec les patients. C'est vraiment une pratique où je me mouille. Le patient ne parle pas tout seul et moi, je ne dis pas « un, un » . trois fois dans la séance.
- Speaker #0
Comme on voit dans certains films.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Bon, heureusement, c'est tout à fait le cas. En tout cas, ce n'est pas le cas avec moi. Donc, engager, c'est vraiment une pratique, là aussi, en co-construction. Ce n'est pas moi, Mathilde, l'experte qui vais dire toutes les choses aux patients, qui sait ce qui est bien pour le patient. C'est vraiment ensemble. On va un peu faire ce travail. Un peu de spéléologie là, pour comprendre un peu les racines de la personne, qu'est-ce qui l'a construite. Évidemment pour comprendre ses blessures, ça c'est fondamental, mais aussi les ressources. Et ça je pense que, je l'espère en tout cas, que c'est important dans ma pratique de faire une place aussi sur les ressources de la personne, sur ce qui va bien, de manière aussi à montrer qu'on est peut-être plus large.
- Speaker #0
plus large que nos blessures et que nos soucis oui et tu le disais d'ailleurs avant qu'on démarre cet échange c'est que parfois on peut avoir tendance à aller sur à penser au négatif et qu'il y a aussi un aspect culturel là-dedans et
- Speaker #1
à juste titre tu disais il y a aussi tellement de choses positives à voir et il ne s'agit pas du tout d'être dans le déni de ce qui ne va pas évidemment les personnes qui me contactent Elle est zoomée. des choses très souvent très très lourdes, elles ne viennent pas me voir pour un petit bobo, c'est souvent des choses vraiment très handicapantes et très lourdes, mais l'idée c'est de leur montrer qu'elles peuvent s'appuyer aussi sur des ressources internes et que parfois le travail c'est leur montrer les trésors qu'elles ont à l'intérieur d'elles-mêmes et qui ne sont pas forcément, qui ne prennent peut-être pas assez de place ou qui sont encore un peu timides, un peu parfois invisibles donc ça c'est toute une partie du travail Et puis, je crois, dernier point, moi, j'aime bien la créativité. J'aime bien inventer les choses aussi avec les passions, adapter mes outils. Évidemment, chaque passion est unique, donc chaque prise en charge le sera aussi.
- Speaker #0
Ce n'est pas la routine d'être psychologue. Tu as évoqué tout à l'heure des thématiques comme le couple et la famille. Est-ce qu'il y a d'autres thèmes qui te sont particulièrement chers ? ta pratique aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui. Je travaille pas mal autour de la périnatalité. Ça, c'est vraiment... Ça me tient à cœur. Et puis, on sait que c'est un moment très précieux dans la vie, avec beaucoup de défis, beaucoup de choses. Le challenge est que là, il y a vraiment besoin d'un accompagnement un peu serré, un maillage un peu de professionnel autour des femmes, des hommes et puis des petits. J'ai une grosse pratique aussi autour du psychotrauma. Je pratique aussi le MDR, qui est une technique pour travailler le psychotrauma. Donc ça, j'ai beaucoup de psychotrauma au cabinet, avec notamment une grosse partie avec la question de maltraitance. d'abus sexuels, etc. Je travaille aussi tout ce qui est burn-out, estime de soi, séparation. En fait, je travaille aussi beaucoup avec la question de l'infertilité. Les personnes qui sont touchées par cette question-là. Je travaille avec elles, soit en individuel, soit en couple. Je travaille aussi pas mal avec le milieu militaire. c'est une de mes casquettes aussi en tout cas ce qui est important pour moi c'est de garder une passion d'elle assez diversifiée j'aime pas trop le côté supra spécialisé, super expert moi j'aime le fait que ça soit diversifié ça me rappelle peut-être aussi que je sais jamais et qu'il va falloir construire avec la personne et justement pour peut-être les personnes qui nous écoutent Hihi
- Speaker #0
Comment savoir quand c'est le bon moment de consulter un psychologue ? Est-ce qu'il y a des signaux qui peuvent nous guider selon toi ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, c'est très juste comme question. Souvent, il y a quelque chose autour de l'émotion, c'est-à-dire soit un débordement émotionnel. Je ne gère pas certaines émotions, comme la colère, comme la tristesse. Je vois bien que ça me pose problème. soit au contraire je suis totalement dépourvu d'émotions. Je ne sais pas pourquoi. Là, c'est comme si j'étais un petit robot et je me dis que ce n'est pas possible d'avancer comme ça. Donc ça, c'est souvent un biais d'entrée. Il y a souvent des problématiques relationnelles, c'est-à-dire les personnes viennent souvent nous consulter quand il y a une rupture amoureuse. Ça, c'est très fréquent. Ou alors, quand il y a un peu... Un ultimatum de la part du conjoint qui dit écoute là je pense qu'il faut que tu ailles travailler ça, je crois que ça va pas et ça vient trop impacter notre couple. Autre point ça peut être le corps, le corps qui nous parle. Donc j'ai remarqué que je tombe tout le temps malade, que j'ai des maladies de peau, de dos, de ventre, des céphalées, des choses comme ça. Et le médecin m'a dit que peut-être il fallait que... J'avais réfléchi à ce qui se joue plutôt au niveau du psychisme. Donc ça, souvent, les personnes viennent aussi avec cette intention-là. Et puis sinon, c'est un peu les grands événements de la vie. On contacte aussi suite à un deuil, suite à un licenciement, suite à une transition professionnelle. C'est souvent des grands événements qui font dire, là, peut-être que je suis un peu en panne avec mes outils. Ça ne veut pas dire que je vais très mal, parfois c'est le cas, parfois ce n'est pas le cas, mais je vois bien que toute seule, je ne dépasse pas certaines choses et que souvent je suis dans la répétition de choses. C'est souvent comme ça qu'on vient à nous.
- Speaker #0
Je pense qu'en tout cas, ces signaux sont un guide précieux pour les personnes qui se demandent est-ce que c'est le bon moment ou pas.
- Speaker #1
Souvent quand on se dit est-ce que c'est le bon moment, c'est que c'est pas mal. Là, il faut oser foncer.
- Speaker #0
Réévoquer avec toi le sujet de l'estime de soi. Comment en tant que femme, est-ce qu'on peut identifier qu'on a un besoin de travailler ce sujet ? Et quels bénéfices ça peut apporter dans la vie ?
- Speaker #1
Alors souvent les femmes, elles ont repéré quand même qu'il y a un problème. Voir elles arrivent souvent avec cette idée de... Je pense que j'ai un petit souci autour de l'estime de soi. Donc on fait souvent déjà un travail sur qu'est-ce que c'est que l'estime de soi. L'estime de soi c'est quand même l'image de soi, comment on se représente dans les interactions, dans le monde extérieur. Ça va être aussi l'amour de soi, quelle est ma valeur intrinsèque, et puis la confiance en soi, c'est-à-dire est-ce que je fais confiance à mes compétences. C'est un peu tout ça l'estime de soi. Donc ça vaut toujours le coup de disséquer un peu pour voir peut-être plus précisément là où il y a un problème. Oui. En fait, parce que parfois, on se dit j'ai pas confiance en soi. Ok, c'est peut-être différent de l'estime de soi. Et puis, est-ce que ça s'exprime partout de la même façon ? façon dans tous les lieux de notre vie ou seulement à certains endroits. C'est-à-dire, est-ce que je peux avoir confiance avec mes amis, dans mon couple, au travail ou est-ce que partout, j'identifie que quand même à chaque fois, mon estime de moi-même elle est un peu basse. Peut-être dans ce que j'observe un peu au cabinet autour de l'estime de soi et des... des signaux qui vous là il faudrait travailler quelque chose le premier signal qui est hyper important c'est comment je parle de moi même si je vois j'ai dit non mais je te dis ce que j'entends je suis une arnaque de son je suis nul de façon à moi c'est toujours comme ça ça se termine toujours mal voilà ça c'est ce discours là il n'est pas normal c'est pas normal de parler de soi Avec aussi peu de bienveillance, en fait.
- Speaker #0
Même si je pense qu'on en est convaincu.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quand tu dis ça, je peux vraiment avoir que c'est difficile d'imaginer qu'il peut y avoir une autre option.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est sûr que si on le dit, c'est qu'on en est convaincu. Ça s'appelle une croyance, en fait. Et c'est vrai que ça, c'est l'un des... l'un des dieux du... Un gros boulot au cabinet, c'est de comprendre sur quoi on a construit cette croyance. Parce que cette croyance, elle ne vient pas de nulle part. Souvent, elle vient de plusieurs expériences répétées, plutôt dans la petite enfance ou dans l'enfance, voire dans l'adolescence, qui nous ont fait faire cette conclusion négative de nous-mêmes. Et en fait, on se trimballe cette conclusion pendant des années et des années et des années. Et donc tout le travail... thérapeutiques, ça va être un peu d'identifier ces expériences-là, et peut-être de poser un autre regard sur ces expériences-là.
- Speaker #0
Oui, et j'ai l'impression que parfois il y a une confusion aujourd'hui dans notre société, où on entend de plus en plus le message que ces croyances, il faut les remplacer par quelque chose de positif, et c'est aussi un petit peu ce que tu as souligné tout à l'heure, par exemple une personne qui pourrait se répéter « je suis nulle, je suis pas compétente » . L'idée n'est pas qu'elle se dise devant le miroir tous les jours « Mais si, t'es super compétente, tu es forte ! » Parce qu'en fait, comme tu le fais dans ce travail, il y a la nécessité de revenir au moment où ça s'est inscrit comme une vérité absolue dans la petite enfance par des événements.
- Speaker #1
Sinon, elle peut essayer de le faire, mais elle ne va jamais trop y croire. Après, c'est intéressant quand même de s'exercer, à dire autre chose de soi. Ce n'est pas du tout inintéressant. mais il faut que ça soit ces deux branches du même problème doivent être traitées c'est à dire peut-être quand même réfléchir aux racines, au pourquoi pourquoi ça s'est construit en moi plus j'identifie pourquoi ça s'est construit en moi plus dans mon présent j'ai la possibilité de faire différemment et puis quelque part de reprogrammer pour autre chose et donc pour ça il faut quand même prendre l'habitude de faire différemment Donc... Peut-être pas tous les jours se regarder en se disant... Mais moi, par exemple, c'est quelque chose que je fais souvent au cabinet, c'est couchez-vous avec trois merci. Ou trois choses positives dans votre vie. Ça, c'est... Ou repérez trois choses bien que vous avez faites dans votre journée. Ça, c'est quand même des choses qui peuvent aider dans le présent.
- Speaker #0
Des conseils très concrets en tout cas. Dans ma pratique, j'accompagne des femmes qui sont en quête de sens au niveau professionnel, par exemple au travers de bilans de compétences. Et je leur partage souvent que si elles en ressentent le besoin, ce travail peut aussi être mené de façon très complémentaire auprès d'un psychologue. Quel est ton point de vue sur ce sujet ?
- Speaker #1
Ah ouais, ça je te rejoins complètement. Et c'est vrai que moi, de mon côté, souvent les personnes en thérapie, il va y avoir un changement au niveau professionnel. Donc c'est vraiment, je pense que c'est très intéressant. C'est vraiment ce que toi, tu peux bouger dans tes accompagnements. Ça fait un effet domino sur tout le reste. Donc c'est souvent très lié. Je vais dans un travail en fonction de ce que je pense de moi, en fonction de ce qui a été valorisé. aussi chez moi, de ce que j'ai repéré comme compétence, comme je le disais au début de podcast sur ma propre histoire, c'est là où je me sentais compétente. Donc quand on a envie de bouger au niveau professionnel, ça veut dire quand même au niveau psychique qu'on a déjà... On peut bouger par rapport à un positionnement, et souvent ça peut être assez fragilisant, ça peut être aussi un peu vertigineux, et c'est souvent là qu'on a besoin d'être un peu aidé là-dessus. Et puis parfois je pense que c'est aussi tes accompagnements sont l'occasion de prendre conscience de certaines choses.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et que du coup la prise de conscience, de dire « bah mince, en fait, parce que ça fait des années » . que je fonctionne avec justement une mauvaise estime de soi, de moi, ou peut-être que ça fait des années que je répète les mêmes situations. J'ai beau changer de travail, il y a toujours une situation qui se répète. Donc cette prise de conscience-là, ça permet souvent d'ouvrir sur un chemin thérapeutique.
- Speaker #0
Absolument. Est-ce que c'est quelque chose que tu observes aussi ? Peut-être aussi dans notre culture ou dans l'éducation, dans le milieu scolaire, en tout cas à une époque. Peut-être que ça évolue aussi aujourd'hui.
- Speaker #1
Pas vraiment malheureusement.
- Speaker #0
Oui, peu. Ou justement s'ancrent peut-être des discours négatifs qui peuvent ensuite se retranscrire dans le milieu du travail.
- Speaker #1
Oui, complètement. Complètement, vraiment. Moi je suis un peu sidérée sur l'impact de la scolarité. sur des adultes quel que soit leur âge en fait. On revient même à des petites classes, pas collèges, lycées, mais on revient aux primaires, parfois à des souvenirs qui sont hyper violents en fait et qui continuent à s'activer dans notre présent. Et c'est vrai que ça peut être majoré par le regard de la famille sur la scolarité. c'est à dire qu'on est quand même dans un pays où la scolarité, les notes c'est hyper important, on propose peu de choses en dehors de ça contrairement à d'autres pays où, et ben ok peut-être que t'es pas fort en maths mais tu chantes hyper bien donc tu vas être dans le groupe chant et tu vas être très valorisé là-dedans ce qui va permettre un peu d'équilibrer les choses nous en France, on est quand même ultra centré sur le cognitif et puis il faut avoir tel fonctionnement cognitif pour s'adapter aux attentes scolaires. C'est pas signe d'être de super intelligence de réussir non plus. En fait, je m'adapte très bien aux attentes très précises. Donc déjà, il y a ce fonctionnement-là en France et en plus s'il y a une... si la personne était dans un environnement familial où vraiment les notes étaient hyper importantes, le bulletin de notes, je parle souvent... du rituel, de la trouille, quand le multanode est arrivé, de sentiments de honte, etc. Là, c'est un peu ficelé. Là, c'est difficile de s'extraire de ça et de se dire, là n'est pas ma valeur personnelle. Et c'est quand même tout l'enjeu d'avoir une estime de soi, c'est-à-dire que sa valeur personnelle est intrinsèque, qu'elle ne doit pas bouger en fonction. de notre note à l'école ou de savoir si on a une augmentation ou de savoir si on a eu ce poste ou pas. Or, souvent, il y a une forme un peu de confusion là-dedans. Il y a vraiment cette idée de « dis-moi ce que tu fais, je te dirai combien tu vaux » .
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Non, en fait.
- Speaker #0
Mais ça me rassure que tu observes ça autant parce que j'ai vraiment le sentiment que ces exemples reviennent très souvent et que dans le milieu du travail, oui. Ce côté scolaire qui se rejoue, d'une façon que moi je trouve aurait mérité d'être plus bienveillante, différente.
- Speaker #1
Ce qui est sûr, c'est qu'on fiche très tôt les élèves. Alors, ce qui est intéressant, c'est quand même la prévention, de pouvoir repérer certains troubles. Je pense par exemple aux élèves qui peuvent être dysorthographiques, dysparxiques, etc. c'est intéressant mais en même temps Je trouve qu'on fiche les élèves très tôt. Parfois même, j'ai des mamans qui m'appellent parce que leurs enfants sont en maternelle. Et on leur dit, il a du retard, c'est le dernier de la classe. Alors il faut m'expliquer ce que c'est que le dernier de la classe en maternelle. Et donc c'est vrai qu'après ça ne cesse de continuer. Parce qu'après au travail, ça va être quelle école t'as fait, quelle prépa t'as fait. On va se jauger par rapport à ça. Et encore une fois, c'est comme si notre valeur, elle dépendait de notre parcours scolaire et après, de notre parcours professionnel. Ça, les personnes qui sont en congé ou parentales, qui ont fait le choix d'être à la maison... qui sont en période de chômage, ils en parlent très bien de ça, de comme s'ils perdaient de leur valeur. Je crois que là, il y a vraiment quelque chose qui n'est pas du tout ajusté, qui est à revoir d'abord de soi à soi. Oui. Tu vois ?
- Speaker #0
Oui. totalement et ça me fait penser à une maman qui me disait qu'on dit à son fils de 7 ans qu'il est trop rêveur et la maîtresse me disait ça tous les mois sur son cahier tu rêves trop et ça m'a interpellée je me disais mais à cet âge là ça veut dire quoi tu es trop rêveur
- Speaker #1
Alors que c'est génial d'être rêveur à 7 ans, c'est l'âge où il faut rêver, où il faut s'échapper, mais bien sûr, et tu vois, ça me fait associer à une consultation de cette semaine, une de mes patientes, on a travaillé l'UMDR parce qu'elle a... des angoisses très fortes, notamment des angoisses de séparation. Puis en remontant la chaîne associative, elle est tombée justement sur, pareil, 7-8 ans et 7 remarques à l'école de ses parents. tu es trop rêveuse. Et là, cette patiente qui s'est du coup obligée à penser à tout, à être tout le temps dans le contrôle parce que c'est pas bien d'être rêveuse. C'est incroyable. Et l'émotion que ça a été pour cette patiente quand on a travaillé ce souvenir de dire, c'est merveilleux. C'est merveilleux d'être rêveuse.
- Speaker #0
Il faut des rêveurs.
- Speaker #1
Il faut continuer, pas qu'à 7 ans.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
On peut s'échapper,
- Speaker #0
mon Dieu. C'est un bon exemple. en tout cas. Dans l'ouvrage Famille de militaires, le défi de la mission, que tu as écrit et que tu as publié aux éditions même l'année dernière, en 2024, tu évoques la séparation avec l'enfant quand l'un des parents part en déplacement, plus ou moins longue durée. Quels sont tes conseils concrets que tu donnerais déjà pour parler de cette distance aux enfants ? Et puis après, on va évoquer aussi le côté parent, mais peut-être si on commence par des petits bouts de chou. Oui,
- Speaker #1
qu'est-ce qu'on peut leur dire ? Merci de cette question, Margot, parce que ce livre, comme je te le disais, il a été évidemment écrit avant tout pour les militaires, mais pas que. C'est-à-dire que c'est vraiment cette idée que ce que vivent les familles militaires de si intense. Donc là, c'est des départs de quelques mois, souvent 4, 5, 6 mois. Mais en fait, ces départs-là, ils sont vécus par beaucoup de familles françaises. Pas de manière aussi intense, mais pas beaucoup. partent deux jours, trois jours, une semaine, deux semaines en déplacement et l'idée c'est de se dire de cette expérience si extrême qu'est-ce qu'on peut en apprendre quoi alors justement qu'est-ce qu'on peut dire aux enfants déjà il faut toujours leur expliquer quel que soit leur âge même un bébé in utero il faut expliquer tu vois là ton papa s'absentait quelques jours il va revenir parce que quel que soit son âge Nos enfants, ce sont des éponges à l'émotion. Donc ils vont bien sentir les choses. Et quand ils n'ont pas d'explication, ils vont toujours se faire leurs propres explications qui sont toujours plus anxiogènes que la réalité. Donc il faut toujours expliquer. Il faut aider l'enfant à visualiser le temps. Donc faire des petits calendriers, on met des petits gommettes pour dire « Voilà, la maman est absente, la maman revient. » vraiment les aider à se représenter le temps, parce que plus ils sont petits, plus c'est difficile. Autre point important, il faut avoir, je trouve, une organisation solide. C'est-à-dire, ce qui va aider l'enfant dans cette situation-là, c'est de sentir que le parent est suffisamment confiant pour lui. C'est-à-dire qu'il y a une organisation qui est solide pour l'enfant. On ne laisse pas son enfant... n'importe qui, où on n'a pas confiance, où c'est bancal, c'est pas calé, ça va être insécurisant pour le parent et insécurisant pour l'enfant.
- Speaker #0
Donc il y a un cadre en fait.
- Speaker #1
Un cadre le plus solide possible. Et puis après, moi j'aime beaucoup ce qu'on appelle les objets transitionnels, c'est les doudous. Et les doudous, ça sert à quoi ? Ça sert à faire le lien entre la personne qui n'est plus là et l'enfant. Parce que l'enfant, l'enjeu pour lui... C'est de comprendre que même s'il ne voit pas la personne, elle continue à exister, elle continue à être aussi un peu à l'intérieur de lui, et surtout que le lien d'amour continue à exister. Ça c'est fondamental. Donc ça c'est quelque chose qu'on peut dire à l'enfant, tu vois, regarde, je te donne... Ce petit doudou, moi aussi je l'ai par exemple, comme ça, tu penseras à moi, moi je penserai à toi, et tu sais, je continue à penser à toi, je continue à t'aimer, même si je ne te vois pas. Ça c'est extraordinaire pour un enfant. Et puis on peut dire à l'enfant, voilà, tu as le droit d'être en colère, tu as le droit d'être triste, c'est normal d'avoir des émotions par rapport à ça, moi aussi j'en ai. Tu peux en parler à papa, tu peux en parler à maman, ça dépend de qui pas. On en a tous et c'est ok d'avoir des émotions. Ça c'est un peu les grands points.
- Speaker #0
C'est bien, ça donne vraiment les bonnes phrases clés en main en tout cas pour toutes les mamans qui ont envie de bien faire.
- Speaker #1
Oui, après je dis toujours aux mamans, l'idée c'est de faire à votre sauce et ce sera la meilleure. Pour faire avec ses propres mots. Voilà, tant mieux si vous vous attrapez de trois petites choses de ce que je dis, mais il faut vraiment se faire confiance, faire avec ses propres mots. Et voilà, c'est les mamans, les papas qui connaissent leurs enfants et qui savent un peu.
- Speaker #0
Et à la fois, tu vois, j'ai l'impression qu'on est une génération de femmes qui n'ont pas forcément eu ce mode d'emploi, parce que dans la génération d'avant, on prenait peut-être moins ce temps, on avait moins d'informations.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc aujourd'hui, il faut chacune inventer les bons mots. Donc je trouve que c'est toujours précieux d'avoir aussi les mots d'un professionnel, d'une personne qui a ce recul pour se guider. Et comme tu dis, après chacun fait sa petite cuisine. Mais je pense que c'est un guide assez précieux pour notre génération de mamans.
- Speaker #1
Et en même temps, je trouve que c'est merveilleux d'être attentif à son enfant. Une très belle chose, mais je pense que c'est aussi une génération qui a beaucoup la pression.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Tu vois, il faut aller chercher l'expert pour tel ou tel truc. Oui. Et je trouve ça très difficile. Il n'y a pas d'éducation parfaite, il n'y a pas d'éducation sans louper, sans rater. Et c'est normal, en fait. Notre enfant ne nous demande pas d'être parfait. Un Winnicott, il parle d'une mère suffisamment bonne.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ça, souvent. On a tendance à l'oublier. On doit être des parents suffisamment bons. Donc pas des parents hyper performants. C'est pas ce qu'on est. Alors bien sûr, c'est super d'aller se questionner, de chercher les ressources extérieures là où elles sont, c'est super. Mais aussi quand même ne pas oublier de... Ok, je peux aussi me faire confiance. Et puis je suis pas obligée de tout baliser. Parce que sinon, on tombe vite dans l'hypermétrise et on est très fatigué très très vite.
- Speaker #0
C'est clair. Oui, c'est vrai. Il faut trouver le juste équilibre. Et aussi, peut-être dans ce que tu dis, j'entends... Voilà, il y a peut-être des domaines pour chaque femme qui sont importants pour elle, et où, voilà, une volonté de bien faire dans certains domaines, mais on ne peut pas être au rendez-vous partout. Et donc, choisir aussi ces batailles, même si ça peut sembler évident, mais je pense que ça fait du bien de se le rappeler.
- Speaker #1
Oui, complètement. Sinon, vraiment... On vise l'épuisement maternel ou paternel. Et je trouve qu'on en voit beaucoup dans nos cliniques. Des personnes qui ont voulu tout maîtriser de A à Z, d'être ce parent parfait. Mais le parent d'un stade, il n'existe pas. C'est clair. Il n'existe pas. Il choisit de mettre la photo. Il n'y a pas le décor où la cuisine est dégoûtante derrière. Il y a juste le petit, je ne sais pas, cinéma drôle, c'est impeccable. Mais non, mais en fait, il n'existe pas. Donc aussi, je trouve un peu baisser quand même cette pression. Bien faire pour son enfant, bien sûr, ça doit être au cœur de notre préoccupation de parent, mais pas la perfection. Donc on choisit ses guerres. C'est un bon message. Je suis bien d'accord avec toi, Margot.
- Speaker #0
C'est un bon message à rappeler. Et justement, je voulais aussi qu'on parle du côté parents, et ça rejoint exactement ce que tu étais en train de partager. Comment mieux vivre la culpabilité qu'on peut avoir en tant que parent de ne pas être assez présent si on est souvent en déplacement ?
- Speaker #1
Alors peut-être que ma réponse ne va peut-être pas te plaire, Margot.
- Speaker #0
J'accueille tout.
- Speaker #1
Parce que je trouve que ce sentiment, il est quand même important.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que la culpabilité, elle n'est pas tout le temps à jeter à la poubelle. Elle nous fait dire, elle nous permet de nous questionner sur peut-être, est-ce que c'est trop, est-ce que c'est ajusté ? Donc il faut absolument combattre ce sentiment-là. Moi, je trouve qu'il faut l'écouter et de se dire... Ça permet de se dire encore une fois pourquoi je pars. Est-ce que je suis OK avec ça ? Est-ce que je suis OK avec le rythme ? Ou est-ce qu'en fait, ça met le doigt ? sur le fait que c'est pas possible, c'est trop pour moi, ou ça correspond plus à ce que je suis maintenant, ça tu dois beaucoup le voir aussi dans tes accompagnements, et auquel cas, peut-être que c'est l'occasion de prendre un virage. Donc la culpabilité, elle est pas inintéressante, tu vois, elle est pas...
- Speaker #0
Non mais j'aime beaucoup ta réponse, elle a un message à faire passer.
- Speaker #1
Ouais. je pense, après si elle revient tout le temps trop forte justement peut-être qu'il y a quelque chose à interroger là-dedans après je pense aussi qu'il faut pouvoir se dire est-ce que je pars et mon enfant est dans les bonnes conditions, tu vois on en parlait tout à l'heure mais est-ce que je sais que mon enfant il passe des bons moments quand je suis pas là, il y a des personnes de confiance qui s'occupent de lui est-ce qu'il a les ressources pour y faire face et souvent c'est le cas. Je vois pas beaucoup de parents qui partent et c'est bancal. Donc il faut aussi pouvoir se redire, c'est ok dans ces conditions-là, à mon avis c'est ok pour mon enfant et puis peut-être que ça va apporter des bonnes choses parce que le manque c'est pas inintéressant dans la relation. Quand l'enfant est tout petit, non, c'est beaucoup plus difficile, mais pas du tout impossible. Mais se dire, ben voilà, ça fait peut-être que c'est plus largement, ça fait partie de mon épanouissement, ça me permet de travailler. Et le fait que je sois épanouie me permet d'être cette mère ou ce père suffisamment bon dont on parlait tout à l'heure. Donc parfois, on n'a pas cette possibilité de dire, ben je prends ça de mon boulot, mais pas... je refuse les déplacements on peut pas toujours faire ça il faudrait dézoomer un peu et se dire ok peut-être que ça c'est la partie qui nous coûte vraiment dans le travail mais ce travail me permet peut-être vraiment de m'épanouir, de développer mes capacités et ça c'est bénéfique pour mon enfant il a le droit de dire que ça le saoule de me voir partir et c'est hyper important qu'il le fasse qu'il s'autorise à parler de ça ... Ça ne veut pas dire que c'est destructeur pour lui. Là aussi, il faut se faire confiance pour observer son enfant. Il faut demander aussi à celui, aux parents qui restent, comment est l'enfant quand on n'est pas là. Il faut aussi questionner l'école. L'école, elle voit plein de choses. Est-ce que votre équilibre est très stout, pas très stout ? Toutes ces questions, tous ces repères-là, qui souvent viennent plutôt nous sécuriser ou auquel cas nous dire Peut-être que là, il y a un vrai problème.
- Speaker #0
Oui, quelque chose à repenser. Avant de finir cet épisode, je voulais également aborder une question qui revient souvent auprès des femmes que j'accompagne. Ce tiraillement quand on jongle entre le travail et la vie personnelle, la vie de maman, et qu'on a le sentiment de ne pas être au rendez-vous, ni à la maison, ni au travail. Quel est ton regard de psychologue sur cette situation que moi j'entends souvent qu'on me parle ?
- Speaker #1
régulièrement sûr bien sûr j'ai envie de dire ce tiraillement là c'est compliqué qu'il soit pas là quand même parce que c'est quand même un sacré challenge d'être disponible physiquement psychiquement un peu partout donc je crois qu'il faut accepter que le tiraillement soit là et là aussi ça doit nous dire quelque chose son intensité doit nous dire quelque chose si c'est trop intense peut-être que ça doit nous permettre de re-questionner notre cadre de dire peut-être que là notre cadre boulot perso ça va pas, il y a un truc qui va pas peut-être qu'il faut faire un petit écart ou au contraire un grand écart réinventer les choses voir se réorienter soi comme tu dois le voir quand même se reconvertir ou pas donc il vient quand même nous interroger après il vient nous interroger, surtout s'il est intense il est tout le temps là mais après je me dis je trouve souvent ce qui fait monter un peu la sauce tu me diras si tu observes ça Margot c'est cette idée que quelque part je peux tout avoir en même temps moi ça, j'y crois pas trop je me dis quand même il y a des temps dans la vie notamment quand on a des petits enfants Je trouve ça très difficile d'avoir en même temps le top du top de la carrière. Ou quand on est au top du top de la carrière, en même temps d'avoir 1, 2, 3, 4. Je trouve que souvent, c'est ça qui fait monter la sauce et je veux tout, tout de suite ou tout le temps. Je trouve qu'il y a des moments... J'ai l'impression que peut-être plus je vieillis. J'ai 40 maintenant. Quelle horreur ! Non. Plus je vis, plus je me dis, mais en fait, les choses se font aussi dans la durée. Et que parfois, il faut faire baisser un peu notre pression interne pour nous dire aussi, ok, qu'est-ce qui t'est donné à vivre aujourd'hui ? Quelle est ta priorité ? Qui a le plus besoin, peut-être aussi de toi, et toi, de quoi tu as le plus besoin ?
- Speaker #0
Oui, est-ce que ça rejoint un peu cette notion aussi de saison, en fait ? dans ta vie ou dans ta carrière ou dans ta vie de maman bah oui il y a une période ça va être l'été t'as l'impression que tout s'aligne tout est chouette et d'autres moments où ça va être l'hiver ou comme aujourd'hui il y a un rayon soleil mais comme tout à l'heure il pleuvait des cordes et c'est ce moment où tu reviens au travail après le congé mat et où t'as l'impression que rien ne va que ça fait partie des cycles même si c'est des périodes plus difficiles voire très difficile à vivre bien sûr tout au long de la vie bien sûr et je crois qu'il y a vraiment des
- Speaker #1
Tout à fait ça, les cycles de la vie individuelle, les cycles de la vie familiale et qu'il faut être un peu bienveillant avec soi et de se dire, oser se poser la question de qu'est-ce qui est super important pour moi, quelle est ma priorité là, et oser redéfinir les choses. Ça bouge en fonction des mois, des années, et puis essayer de s'adapter le plus possible. mais... Encore une fois, je trouve que ne pas tout vouloir tout le temps, c'est important. Ça ne veut pas dire qu'une mère doit forcément renoncer à une super carrière pour s'occuper de son bébé. Je crois que c'est très subjectif la réponse à ça. Je pense qu'il y a des femmes, il y a beaucoup plus de bénéfices à ce qu'elles reprennent vite un travail. Même en travail avec un rythme très intense. Et que du coup, ces moments avec son enfant seront des vraiment bons de qualité et que c'est bien mieux que d'être avec lui plus longtemps mais en fait être fragilisé, risquer de déprimer, etc. Vraiment la réponse, elle est subjective. Mais pouvoir se poser la question de qu'est-ce qu'il me faut, qu'est-ce que je dois vivre et peut-être accepter de ne pas être au taquet sur tous les points. Si c'est dire un peu différemment. Vraiment, La vie c'est quand même un chemin, ça se construit au fur et à mesure des étapes et que souvent on a envie d'être à l'étape 10 alors qu'en fait on en est à l'étape 2 et que ça va aller.
- Speaker #0
Oui et de voir peut-être chaque jour, au jour le jour dans ses moments, dans l'instant présent.
- Speaker #1
Au jour le jour ou alors avoir une visée à long terme, de se dire j'ai toute la vie, je vais construire pour ça. mais peut-être sortir du sentiment d'urgence qui est différent je trouve que l'urgence c'est pas la même chose qu'avoir la niaque je trouve ça génial d'avoir la niaque j'ai la niaque, j'ai envie de réaliser les choses j'ai envie de me donner, youpi mais c'est différent de là tout de suite dans les deux ans maintenant il faut que j'accède à tel truc sinon c'est la cata pour moi ça je trouve que ça ça met beaucoup en tension et en péril En fait,
- Speaker #0
tu vois. Oui, et ce que je te disais aussi tout à l'heure, je pense par rapport en tout cas au congé maternité, c'est pour ça aussi que je pense qu'on devrait pouvoir choisir chacune quelle est la durée qui nous convient. Est-ce qu'on a envie de revenir tout de suite au travail ou au contraire rester un an, peut-être même deux ans auprès de son bébé ? Ça appartient à chaque femme et on est surtout capable de décider, je pense, ce qui est mieux pour nous.
- Speaker #1
bon peut-être un jour tout à fait là il y a un gros gros travail un gros travail à faire parce que ça c'est très violent quand même pour Les femmes de devoir reprendre, parfois comme on se le disait, parfois c'est tout à fait indispensable et c'est très bien. Pour certaines, c'est une grande violence de reprendre aux trois mois de leur bébé. Il n'y a pas d'autre choix possible. C'est extrêmement dur.
- Speaker #0
Enfin, si tu ne devais donner qu'un seul et unique conseil aux femmes qui nous écoutent et qui sont en quête d'épanouissement, professionnel ou personnel, que leur dirais-tu ?
- Speaker #1
Ah, un seul conseil. Ah, je suis bien sûre. Je dirais, prenez soin de vous. Parce que je trouve que si on ne prend pas soin de soi... il n'y a rien qui va, le boulot ça va pas, le couple ça va pas, les enfants ça va pas. Et j'entends souvent au cabinet, il y a des gens qui me disent je ne sais pas ce que c'est prendre soin de moi. Donc on parlait de critères pour consulter, ça peut être un critère de dire il faut que je découvre comment je peux prendre soin de moi.
- Speaker #0
Ce n'est pas égoïste parce que j'ai déjà entendu ça plusieurs fois. Prendre soin de soi ou se faire passer en premier par moment, ça peut sembler égoïste dans un imaginaire collectif ou une culture. Je crois que c'est tout le contraire.
- Speaker #1
Je vais partager une image que m'avait donnée un jour une patiente au cabinet. Elle m'avait autorisé à réutiliser son image. Elle ne l'a pas brevetée, mais je sais bien que c'est elle qui l'a trouvée quand justement on parlait de cette nécessité. de prendre soin d'elle et puis cette tension avec est-ce que du coup je suis égocentrique, je me regarde trop le nombril, etc. Et elle m'avait dit, ah mais en fait j'ai compris Mathilde, c'est comme dans l'avion. Ils nous disent, prenez d'abord votre masque à oxygène avant de le mettre à votre enfant ou à votre voisin. Et je trouve que l'image elle est géniale. Si on n'a pas son oxygène, il n'y a rien qui peut bien fonctionner.
- Speaker #0
C'est parfaitement la... La bonne image pour illustrer ça. Et je te remercie pour ce conseil, je pense, précieux pour nous toutes. En tout cas, un grand merci Mathilde pour toute cette expertise que tu as pu partager. C'était vraiment un plaisir d'en apprendre tant de choses de toi et de ton métier.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Ça pourrait durer des heures, je crois. On pourrait continuer longtemps.
- Speaker #0
Oui, et refaire le monde.
- Speaker #1
En tout cas, j'espère que ça pourra aider celles et ceux qui t'écouteront.
- Speaker #0
Certainement. Merci beaucoup. Si cet épisode vous a inspiré ou donné des clés pour avancer dans votre carrière, n'hésitez pas à vous abonner et à laisser un avis 5 étoiles. Et si vous avez envie d'échanger, de partager votre parcours ou d'être accompagné dans votre vie professionnelle, je serais ravie de vous lire. Pour cela, contactez-moi sur Instagram ou via mon site matésens.com Et je vous dis à bientôt pour un prochain épisode.