SophieJ'ai toujours été intéressée par le domaine technique. Il faut dire que petite, je passais tous mes dimanches sur des terrains de motocross avec mon père. Je pense que ça m'a aussi donné cette appétence pour tout ce qui est de toucher du matériel et aller creuser les sujets techniques. Donc je pense qu'au collège, j'avais déjà un petit peu cette chose en tête. Et puis j'ai commencé à faire une matière qui s'appelait la technologie à l'époque. Je ne sais pas si on en fait encore, mais c'est vraiment un domaine qui m'a plu tout de suite. Et c'est ça, je pense, qui m'a donné envie après d'aller poursuivre mes études sur un bac plutôt sciences de l'ingénieur. Et clairement, l'électronique et la mécanique, c'est ce qui m'a passionnée en fait, ce qui m'a donné envie de poursuivre dans cette voie-là. Après mon bac sciences de l'ingénieur, j'ai poursuivi avec une prépa intégrée pour faire une école d'ingénieur en alternance. J'avais choisi l'alternance parce que je voulais tout de suite aller dans le milieu professionnel. C'est quelque chose qui me tenait à cœur. C'est vraiment un choix personnel. J'ai choisi de faire mon alternance au sein d'un département de recherche et développement en CEM. CEM, c'est la compatibilité électromagnétique. C'était vraiment un laboratoire de recherche où il fallait être très autonome dans la recherche technique, un peu moins en équipe. Et c'est pour ça que j'ai préféré à terme partir sur une autre entreprise. Quand j'ai commencé à chercher du travail après mon alternance, j'ai regardé plusieurs offres d'emploi comme tout le monde. Et je suis tombée sur une offre MBDA. J'ai creusé un petit peu et le secteur m'a intéressé. Alors, quand on arrive à MBDA, ça peut faire peur peut-être le secteur de la défense, mais il faut se dire quand même que même quand on ne connaît pas ce secteur-là, on peut très vite s'y plaire, très vite s'y intégrer si on s'intéresse au sujet. Et moi, je n'y connaissais rien au domaine de la défense, mais tout de suite, j'ai été mise en confiance avec ma manager qui m'a expliqué le domaine. Et voilà, ça fait deux ans que j'y suis et je m'y sens très bien. Mon parcours au sein d'MBDA, il commence par un poste de conceptrice aux interconnexions embarquées. Et pendant ces quatre ans, j'avais émis le souhait de faire un séjour à l'étranger. Donc j'ai pu partir six mois sur le site qui se situe à Stevenage en Angleterre, dans le cadre d'un parcours où pendant un an, on m'a proposé de faire ces six mois à l'étranger, puis de faire six mois sur un parcours de vie-ma-vie un peu responsable projet pour me permettre de monter en compétences. À l'issue de cette année, je suis passée sur un poste de responsable intégration-validation. C'est un métier que j'ai fait pendant quatre ans. Tout au long de ces années, j'ai toujours été accompagnée par de la formation technique. Et à l'issue de mes quatre années, je suis passée sur le poste actuel, donc coordinatrice de fabrication prototype. Et là, j'ai pu être accompagnée par des formations techniques, mais aussi par du développement personnel et notamment par une session de coaching. MBDA tenait à promouvoir le leadership féminin. Ils ont mis en place ce coaching qui a bénéficié à une vingtaine de femmes dans l'entreprise. C'était un coaching qui a duré environ six mois, qui nous a permis de développer des compétences. Alors on choisissait nos thèmes, chacune a pu travailler sur ces thèmes. Tout au long de ma carrière, à MBDA, j'ai pu être accompagnée par des formations, que ce soit techniques ou développement personnel. Quand je suis arrivée, j'ai eu une manager femme. Et il y en a de plus en plus à MBDA. C'est appréciable, on peut voir que de plus en plus, on a des femmes qui se positionnent à des postes de hiérarchie. Moi, je me suis toujours sentie bien, toujours intégrée, et j'ai eu la chance d'avoir des rôles un peu modèles, de voir autour de moi des femmes qui arrivaient à concilier vie pro, vie perso. Et à MBDA, moi j'ai plutôt l'impression qu'on peut le faire. Moi, j'ai quand même eu la chance, je pense, tout au long de mon parcours, de ne pas trop me confronter à des murs. Ou alors, quand il y a eu des obstacles, j'ai toujours été accompagnée pour les franchir. On est quand même sur une entreprise avec un management bienveillant. Aujourd'hui, il y a le service EDI, donc EDI c'est pour Egalité, Diversité, Inclusion, qui a été mis en place, qui a créé un réseau qui s'appelle Inspiring Women, à MBDA. Alors il est ouvert à tous, je le rappelle, parce que c'est pas que pour les femmes, mais il permet quand même aux femmes de se rassembler et de mettre en place des activités ou d'être présentes sur des forums, écoles par exemple, en association avec Elles Bougent. D'avoir des ambassadrices aussi sur les stands, typiquement sur le salon du Bourget. On avait des femmes qui représentaient MBDA. Donc c'est des petites initiatives qui permettent de faire évoluer progressivement les choses et de montrer que les femmes sont présentes à MBDA, même si on aimerait en avoir plus. Malheureusement, ça se joue aussi au sein des écoles. Et tout l'objectif de ce qui est fait au sein d'Inspiring ou avec Elles Bougent, c'est d'essayer de convaincre les jeunes filles de nous rejoindre. Je me suis engagée parce que j'ai une fille qui a 5 ans. J'aimerais bien qu'elle arrête de se poser des questions parce qu'on se met toutes un peu des barrières. Il y a beaucoup du syndrome de l'imposteur et on a tendance à se dire que non, ce n'est pas pour moi ou non, je n'y arriverai pas. Et ça, c'est quelque chose que j'aimerais bien voir un peu tomber parce qu'un homme, c'est caricatural ce que je dis, mais c'est vrai que souvent, il se pose un petit peu moins la question. Quand on voit une offre d'emploi, les hommes se disent... Si je connais 20% du poste, j'y vais. Une femme, c'est plutôt, si je connais 80%, j'y vais. Donc, encore une fois, c'est caricatural et on n'est pas tous pareils, mais ça se ressent quand même beaucoup. Et moi, j'aimerais bien dire à toutes les jeunes filles, ben non, vous pouvez, en fait. Si vous aimez le secteur, si vous avez envie, si vous aimez creuser les sujets, ben allez-y!