Speaker #0En 2022, je me suis lancée corps et âme dans l'entrepreneuriat en quête de liberté et d'équilibre. Je pensais pouvoir travailler d'où je veux, quand je veux, comme je veux, et vraiment avoir du sens dans ce que je fais, être stimulée et vibrée de passion par mon quotidien. Mais aujourd'hui, on est quatre ans plus tard, et je ne suis pas milliardaire, je ne suis pas digital nomade à Bali, et ma boîte n'est pas encore unicorne. Mais surtout, la liberté que j'imaginais n'a pas pris la forme que je croyais. Pour te poser un peu de cadre, avant de me lancer, j'étais en alternance dans une usine agroalimentaire en Normandie. J'habitais en bord de mer, j'avais des horaires plutôt stables et peu de responsabilités. Finalement, une vie plutôt confortable. Mais je m'ennuyais. Je voyais mes collègues qui vivaient vraiment pour les RTT, les congés payés et les week-ends. Mais moi j'avais envie de plus. Plus d'impact, plus d'intensité, plus de responsabilité. Et dans ma tête, entreprendre c'était ça. C'était faire... 4 à 6 heures de travail efficace par jour, mais aussi profiter du reste de temps pour vivre sa vie. Alors quand je me suis lancée à temps plein, on était trois associés. On habitait dans trois régions différentes, avec trois visions aussi différentes de l'entrepreneuriat. Et on a essayé de poser un cadre, fixer des horaires, des disponibilités. On s'était dit, ok, de 8h à 20h, on est disponible pour travailler. Et les week-ends, c'est off. Mais malgré ce cadre, On n'avait pas vraiment de fondation claire. On construisait un peu une coquille vide. Parce qu'on passait beaucoup de temps à parler de logistique, de lieu d'implantation, de transport, des formations de l'incubateur, de dossiers à préparer. En fait, on préparait le business plus que l'on ne le construisait. Et je me suis retrouvée de nouveau à vouloir vivre pour le week-end. Et c'est exactement ce que je voulais fuir. Et la désillusion n'est pas venue d'un échec spectaculaire. Elle est venue d'un constat beaucoup plus subtil. C'est que j'avais confondu liberté... et absence de contraintes. L'entrepreneuriat, c'est une liberté, mais c'est la liberté de prendre sa responsabilité. La responsabilité permanente de décider, d'assumer, de structurer ce que personne ne peut structurer pour toi. Et quand tu n'as pas encore les outils, ça peut devenir étouffant. Et avec le recul, je vois aussi autre chose. C'est que je me suis beaucoup adaptée à mes associés, à ma famille, au territoire, à l'incubateur, et beaucoup moins à moi-même. Moi qui voulais vibrer de mon activité, je me suis retrouvée à gérer de la médiation entre associés, la logistique, les transports, des dossiers, et je n'étais pas alignée avec moi. Et l'entrepreneuriat finalement, ça ne te donne pas de la liberté, ça te met face à toi-même et révèle ce que tu tolères, ce que tu évites, ce que tu n'oses pas dire, ce que tu n'oses pas encore décider. Et aujourd'hui, je me connais mieux, je sais ce qui me nourrit, je sais ce qui m'épuise, et j'apprends encore à poser mes limites. En tout cas, je suis encore en construction. Et cet équilibre, ça se construit vraiment au fur et à mesure. Donc si toi aussi, tu t'es lancé dans l'entrepreneuriat en pensant que ce serait simple, que ce serait le livre, que tu danserais sur la table tous les jours, mais que tu as découvert peut-être autre chose, eh ben tu n'es pas tout seul. Et si tu veux suivre l'aventure d'une entrepreneuse zéro bullshit qui te partage tous les coulisses sans filtre, eh ben on se retrouve au prochain épisode de Méli Croque-la-Vie d'entrepreneur.