Speaker #0En 2022, je me suis lancée à temps plein dans l'entrepreneuriat en quête de sens, de liberté, et surtout pour vibrer de ma passion pour l'alimentation et la santé. Alors j'ai cofondé Bellycare, une entreprise de plats cuisinés diététiques conçue pour simplifier la vie des personnes qui souffrent de troubles digestifs chroniques et d'intolérance alimentaire. Mais quatre ans plus tard, je peux te dire que ça s'est pas du tout passé comme prévu. Et il y a beaucoup de choses sur ce chemin auxquelles je ne m'attendais pas du tout. Et c'est aussi pour ça que j'ai créé ce podcast. pour documenter le chemin, partager mes réflexions, mes doutes et mes stratégies pour surmonter les défis de l'entrepreneuriat, dans l'espoir d'aider d'autres entrepreneurs qui sont aussi dans le dur. Aujourd'hui, j'ai envie de te partager comment le projet qui devait m'apporter du sens et de l'accomplissement m'a peu à peu éteinte, et comment j'ai finalement retourné la situation pour être plus alignée avec moi-même. Alors, posons le contexte. En 2022, j'ai terminé mes études d'ingénieur agroalimentaire. J'étais en alternance et mon contrat touchait à sa fin. C'était donc assez opportun pour se lancer dans l'entrepreneuriat parce que j'avais cotisé pour le chômage avec mes trois ans d'alternance et j'avais donc deux ans devant moi pour tester, échouer et me retourner. Je me suis lancée avec deux camarades de classe avec qui on a commencé le projet Bellicaire à l'école et on a passé notre dernière année d'études à jongler entre les cours, l'alternance, le mémoire de fin d'études et le développement du projet. On s'était rapprochés de l'écosystème entrepreneurial, donc les incubateurs de la région, le réseau d'étudiants entrepreneurs, aussi dit Pépite, et le pôle entrepreneurial de notre école, UniLaSalle. Et jusque-là, on était vraiment sur de la prise d'informations, des ébauches de business plan. Donc si tu ne sais pas ce que c'est un business plan, c'est tout simplement comment est-ce que tu vas gagner de l'argent et comment tu te projettes dans ton activité sur 6 mois, 1 an, 3 ans, 5 ans, vraiment de cultiver la vision de ta boîte en chiffres. parenthèse fermée. Et durant donc ma dernière année d'études, ma vie était assez remplie. En fait, on a eu quatre mois à l'école où il y avait les cours, les projets, les dossiers et bellicaire et bien sûr les copains. Vu que c'était les derniers mois, moi j'avais envie de faire toutes les soirées, tous les événements et vraiment j'ai pas beaucoup dormi pendant ces quatre mois. Et les week-ends, je rentrais voir ma famille, mon mec, etc. Ensuite, de janvier à août, j'étais en entreprise à temps plein. Et j'avais mon travail, donc une bonne partie de la journée, de 8h30 à 17h30. Ensuite, je rentrais, je faisais une petite balade après le taf, et après, je travaillais sur Bellicare. et mon mémoire de fin d'études. Et le week-end, j'avais une vie. Je voyais mes potes, ma famille, etc. Donc jusque-là, peu de temps vraiment chill pour se poser avec moi-même. Et à la fin de mon contrat, je suis rentrée chez ma mère et je suis devenue entrepreneur à temps plein. Et vu que j'avais l'habitude de remplir mes journées, je pensais que je ferais exactement pareil avec ma boîte. Je m'étais dit, de 8h à 20h, c'est dédié au travail. Je n'avais prévu aucun temps pour le sport ou des loisirs. mais soirée était réservée pour passer du temps avec ma famille. famille ou mon mec, les week-ends c'était pour voir mes potes ou ma famille ou mon mec ou les trois. Mais le truc c'est que cette plage horaire de 8h à 20h, mes missions étaient assez floues. Je suis passée d'un travail en usine à temps plein à télétravailler la majorité du temps et j'avais pas forcément conscientisé ce que ça allait impliquer. Je suis passée de voir des centaines de personnes par jour à voir peut-être... trois personnes en physique grand maximum. Et avec mes associés, on était en visio une bonne partie du temps. Et après, on a commencé à beaucoup se déplacer pour des formations, pour se faire des petits séminaires entre nous. Je me retrouvais dans une situation où j'entreprenais pas seule, on était trois, mais pourtant je sentais la solitude quand même grandir parce qu'on partageait pas vraiment un quotidien ensemble. Et surtout, moi je suis une personne assez extravertie. Et j'ai grandement sous-estimé l'impact de la baisse des interactions sociales dans mon quotidien. Et vraiment, je ne me suis pas du tout rendue compte tout de suite de ça. Et globalement, je sentais qu'au quotidien, je rigolais moins. Chaque temps mort que j'avais, je cherchais à le rentabiliser avec les podcasts pour en apprendre plus sur l'entrepreneuriat, la communication ou autre. faire de la veille sur les réseaux sociaux. Avec mes amis, je me sentais un peu distante parce qu'on partageait plus trop le même style de vie. La majorité de mes potes sont salariés, mon mec aussi. J'avais du mal à mettre des mots sur pourquoi je me sentais en retrait comme ça, comme si j'étais un peu diminuée. Et dans le projet Bellicare, on n'était pas super alignés avec mes associés et c'était un peu difficile d'en parler. Que ce soit au sein du trio, mais même avec le monde extérieur. Parce que de l'extérieur, on dirait que tout allait super bien pour nous. On avait gagné des prix de concours de start-up. À notre mise des diplômes, notre promo nous a grave saucé. L'école aussi, on nous tient à fond tout autour de nous. Et je me sentais un peu comme une imposteur. En réalité, ce n'était pas du tout ça. Je sentais que le fond du projet n'avançait pas vraiment comme je l'aurais souhaité. Et ce désalignement humain a commencé à vraiment se faire ressentir dans le travail. même au final si j'étais souvent entourée, parce que je passais vraiment très très peu de temps solo, je me sentais intérieurement hyper seule. Et c'est au mois d'août que j'ai eu un... Un électrochoc. En fait on est retourné à un festival où on avait déjà eu un stand l'année d'avant avec Belly Care et en revenant sur ce festival où j'avais énormément profité l'année précédente, je me suis rendu compte que pendant toute l'année je n'avais quasiment pas écouté de musique. Et il y a des artistes que j'adore comme Angèle, Cascada ou Niska vraiment. Là cette liste était assez incroyable pour cette édition du Delta Festival si tu connais. Et là je connaissais encore toutes les paroles même si c'était un peu rouillé mais en fait je me suis rendu compte que pendant les 12 mois qui s'étaient écoulés j'avais complètement perdu cette gaieté, cette joie de vivre et vraiment je me sentais éteinte. Et même physiquement vu que je voulais être disponible pour travailler tout le temps. Je ne faisais pas de sport de façon régulière. Enfin, vraiment, ça m'est arrivé. Une semaine, j'étais hyper déter et après, plus rien pendant trois semaines. Ça ne marchait pas mal. Je prenais les transports, mais je ne faisais rien vraiment pour moi. Tout était dans un but productif ou pour servir d'autres personnes. Et je n'osais pas vraiment dire que ça ne me convenait pas parce que déjà, je pense que je ne m'en rendais pas vraiment compte que j'étais sur la réserve. Et j'ai revu d'anciennes collègues cet été-là. Et avant, justement, avec ces personnes, on se balançait plein de vannes toute la journée. On rigolait tout le temps. Avec elles, on était vraiment dans de la spontanéité et de l'absurde. Et en les revoyant, je me suis rendue compte de tout ce que j'avais perdu. Et au festival aussi, j'ai fait un test d'impédance métrie. Si tu ne connais pas, c'est une balance spéciale qui te permet de mesurer ton taux de masse grasse, de masse musculaire, pour évaluer ta santé physique. Et moi, j'étais assez confiante parce qu'en plus, en ce moment-là, je marchais tous les jours. Voilà, je n'avais pas trop de doute sur le fait d'être en bonne santé. Je me sentais plutôt OK dans mon corps. Mais en fait, les résultats m'ont dépité parce que j'avais un taux de masse grasse qui était vachement supérieur aux normes, surtout au niveau viscéral, donc au niveau du ventre. Et vraiment, je suis sortie de cet événement, je me sentais vraiment comme une merde. Je me rappelle, en plus, je partais en vacances juste après et vraiment, je me sentais moche. Au final, je m'étais lancée dans l'entrepreneuriat pour être stimulée, pour avoir du sens au quotidien et cultiver un certain équilibre de vie. Et au final, un an plus tard, je me retrouvais physiquement et mentalement diminuée. Et vraiment, ça m'a mis une claque. À ce moment-là, je me suis dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça et que je n'étais pas du tout la personne que j'avais envie d'être. Alors, en septembre 2023, du coup, j'ai décidé de me remettre au centre de ma vie. Je me suis inscrite à la salle de sport et je me suis engagée à venir au moins une fois par semaine parce qu'il y avait un cours de Zumba le vendredi soir. Je finis vraiment l'abonnement le plus cher pour me motiver à y aller et à m'y tenir. Et je trouve que les cours collectifs, c'est vachement bien pour commencer parce que t'as un horaire fixe et tu peux pas te décaler. Donc en fait, tu sais que t'as un rendez-vous impératif et t'as pas besoin de l'anticiper, de prévoir, organiser. Enfin, t'arrives et tu suis le cours et je trouve que c'est quand même assez reposant. En plus, moi, j'adore la Zumba. Bref. Ensuite, je me suis inscrite à la Sorbonne. au diplôme d'étudiant entrepreneur, parce que toujours plus de diplômes. Parce qu'en fait, je sentais ce besoin de vraiment avoir ma bulle d'entrepreneur seule, dissociée de mes associés, parce qu'au final, toutes les formations qu'on a pu faire avec notre incubateur, donc c'est une structure qui accompagne les porteurs de projets à créer leur entreprise. En fait, toutes ces formations-là, on les a fait ensemble avec mes associés. Et parfois, j'avais du mal à vraiment entendre ma voix de moi, qu'est-ce que je voulais ? Et je trouve que sur cette année, justement, j'ai tellement écouté. Tout le monde sauf moi et j'ai complètement négligé mon intuition. Donc là, je me suis dit, vas-y, j'ai envie de aussi rencontrer des gens dans la vraie vie, déjà. Des gens d'à peu près mon âge et avoir plus de potes ou au moins des connaissances entrepreneurs parce que je n'ai pas vraiment de modèle autour de moi ou de personnes pour me motiver, même si j'ai beaucoup de soutien, mais ce n'est pas vraiment la même chose. Ce n'est pas des personnes qui peuvent comprendre au même niveau le stress que je vis ou les questionnements, les doutes que je peux avoir. Ensuite, j'ai aussi commencé à... à publier plus de contenu sur Instagram autour de l'entrepreneuriat et de l'équilibre de vie. En fait, pendant tout 2023, j'avais l'envie, je commençais à publier des petits réels comme ça, un peu lifestyle. Mais vu que je n'osais pas vraiment dire que ça n'allait pas, je n'arrivais pas trop à mettre des mots dessus, je n'assumais pas, je n'osais pas vraiment. Et là, j'ai décidé de plus le formaliser et un peu de créer un journal de bord. pour garder une trace de tout ça et de témoigner du chemin parcouru pour que plus tard, je puisse regarder en arrière et voir tout ce que je vivais à ce moment-là. Et je trouve que ça, c'est quand même vachement chouette. Dernièrement, je me suis aussi faite accompagner par deux personnes qui ont vraiment tout changé pour moi. La première, c'est une coach de dirigeant que j'ai rencontrée grâce à notre incubateur. Donc vraiment, merci beaucoup. Et en fait, c'est une personne qui accompagne les dirigeants, donc qui fait du développement personnel, mais au service du professionnel. C'est vraiment à but professionnel. Et en fait, elle m'a aidée à vraiment affirmer ma posture de dirigeante et à plus assumer justement ma place parce que c'était mon idée bellicaire. C'était beaucoup de mon histoire. Et je me suis retrouvée un peu au siège passager de ce truc. Alors que vraiment, c'est moi qui ai eu l'idée, c'est moi qui conçois les recettes, c'est moi qui mets ma tête sur le sujet. les réseaux sociaux pour la boîte et pourtant j'avais pas vraiment cette place là avec mes associés j'arrivais pas à la prendre en fait c'est pas du tout de leur faute c'est vraiment moi donc ça ça m'a vraiment aidé à prendre de la perspective et aussi à remettre des barrières entre la vie professionnelle et la vie personnelle parce que quand on entreprend avec ses amis ça peut être parfois difficile de faire la part des choses pour que les réunions ne deviennent pas des séances de thérapie, mais que vraiment on ait un temps entre associés où on fait croître notre business et un temps entre amis où on se raconte nos lives et c'est très cool. Et je pense que c'était bien d'avoir une perspective extérieure parce que pareil, le fait de ne pas côtoyer vraiment beaucoup d'autres entrepreneurs, je n'avais pas trop d'autres exemples de groupes d'associés même ou de savoir qu'est-ce qui se faisait, qu'est-ce qui ne se faisait pas. Il y avait une porosité énorme entre nos vies et attentes personnelles. et la vie pro, et du coup ça a été un peu des bâtons dans les roues de nos ambitions de devenir entrepreneur et de monter une boîte qui marche. Et la deuxième personne qui m'a vraiment aidée et accompagnée dans ce chemin de connaissance de soi, c'est ma psychologue, que j'ai rencontrée fin 2023, je l'avais consultée parce que dans ma vie personnelle c'était un peu chaotique, et c'était vachement un cumul de choses avec l'entrepreneuriat. Déjà l'année 2023, l'entrepreneuriat et le fait que je n'arrivais pas à trouver ma propre place dans ma vie, ce qui est un peu absurde. Mais je recommande vivement à n'importe qui, vous n'avez pas besoin d'aller mal pour consulter. Je trouve que ça peut être hyper utile pour apprendre à se connaître, identifier des leviers. Et ça peut juste faire du bien parce que tu payes quelqu'un, tu as un sas, tu as une heure pour toi pour tout déverser. Et sans jugement. Et je trouve que c'est vachement bénéfique. Si tu n'as jamais fait de thérapie, bah go hein. Et ce que je retiens de tout ça, c'est que tu ne peux pas entreprendre si tu n'es pas aligné avec ce que tu veux et qui tu veux être. À vouloir suivre les envies et les besoins des autres, moi je me suis éteinte à petit feu. Et pour éviter cet épuisement, je trouve que c'est important de savoir prendre du temps avec soi et de se poser des questions difficiles pour ne plus être dans le simple contentement mais vraiment dans l'épanouissement. L'entrepreneuriat, au final, c'est une fucking quête personnelle. Et si cet épisode t'a plu, que tu vis quelque chose de similaire ou que ça t'a interpellé, n'hésite pas à m'envoyer un message sur mon compte Instagram, Meli Croque-la-Vie. Et à très bientôt pour le prochain épisode de Meli Croque-la-Vie d'entrepreneur.