Speaker #0Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Méli Croque la vie d'entrepreneur, le podcast où je partage mes péripéties d'entrepreneuse loin des paillettes de la Startup Nation. Donc si tu me découvres via cet épisode, moi c'est Mélissa, j'ai cofondé Bellicare, une entreprise de plats cuisinés pour les personnes qui ont des intolérances alimentaires et des troubles digestifs chroniques. Et ça fait depuis 2022 que je suis lancée dans cette vie d'entrepreneuse et gros spoiler alert, ça s'est pas du tout passé comme je l'avais prévu. Et aujourd'hui, je souhaitais parler des paradoxes qu'on peut ressentir déjà en tant qu'humain, mais d'autant plus quand on est entrepreneur. Parce que j'ai l'impression que le fait d'entreprendre, ça te pousse un peu à te regarder, à être face à toi-même et au final à vraiment construire ta vie. Donc tu es mis tout de suite en face de tes propres... contradiction était paradoxe. Donc moi, concrètement, quand je me suis lancée dans l'entrepreneuriat, c'était en fin 2022, je venais de finir mes études, et moi, dans l'idée, je voulais entreprendre parce que dans... Enfin, déjà, j'ai toujours voulu faire ça. Je me suis toujours... En fait, je me suis jamais vraiment projetée dans le monde du salariat. Je sais pas s'il y a vraiment des gens qui se projettent dans le monde du salariat. Mais moi déjà à la base je voulais être dentiste donc je savais que je voulais faire une profession un peu libérale et construire mon truc. Bon après mon projet a clairement changé, je passais de vouloir être dentiste à vouloir être diététicienne. Ensuite quand j'étais diététicienne je me sentais pas forcément de me lancer à mon compte tout de suite. Donc j'ai fait des études et je me suis dit ça serait un peu être bien de travailler dans une vraie entreprise avant de créer mon entreprise. Donc arrivé le moment... de créer mon entreprise avec déjà une petite expérience de salarié. Je me suis dit que ce qui me dérangeait un peu dans le salariat, c'était de faire un peu du présentéisme parfois. 8h30 à 17h30, j'étais au bureau, même si je n'avais pas forcément de mission. Du coup, j'étais un peu obligée d'être là. En fait, on loue mon temps de vie finalement. Je me suis dit qu'en vrai, je pourrais être productive 4 heures par jour et profiter de ma vie à côté. Et je me suis dit en tant qu'entreventeur, entrepreneur, j'aurais justement cette liberté de m'organiser comme j'en ai envie. Et au final, de me concentrer sur des choses qui sont vraiment importantes, qui créent de la valeur, qui me plaisent. Et c'est tout. Et aussi avoir un équilibre de vie, voyager, faire ma life. Bon, gros spoiler, au moment où je suis devenue entrepreneur, j'avais cette conscience qu'on peut organiser sa vie comme on veut. Mais je ne me l'autorisais pas. Bon, d'une part parce que je n'étais pas seule à entreprendre. Il fallait coordonner avec deux partenaires de projet. Mais aussi, je pense que c'est moi et mon rapport au travail. Et en fait, pendant là, ça fait deux ans qu'on a vraiment commercialisé nos plats cuisinés. On a commencé par vraiment monter notre boîte plat cuisiné, en fait, de tout faire nous-mêmes. Donc en fait, moi, j'ai conçu nos recettes. C'est moi qui ai mis sur papier le process. C'est moi qui ai fait la R&D, le développement du produit, mettre en route un... une façon de produire qui soit répétable et reproductible, si on reprend les termes scientifiques. Et justement, j'avais beaucoup de logistique dans ma vie, là pendant deux ans, à mettre en place un peu une mini chaîne de production, assurer la qualité du produit, développer des nouveaux produits, assurer la chaîne logistique, parce que du coup nous on fait de la livraison de repas à domicile, donc il faut préparer les colis en fonction des commandes clients, et s'assurer que ça arrive à bon port. Et en plus au départ on faisait du frais, donc c'était une autre contrainte. de maintenir, de garantir justement la chaîne du froid pour assurer que les gens ne meurent pas en consommant nos plats. Ça a pris beaucoup de place et j'étais à fond dans l'opérationnel. D'une part, c'était un peu épuisant parce que déjà, notre local de fabrication n'était pas à côté de chez moi. Donc, je me déplaçais, je découchais trois nuits, enfin deux nuits par semaine. J'étais trois jours en dehors de chez moi, au labo, mais vraiment dans un truc concret. Même si je passais mes week-ends à organiser... La production m'a assuré que tout allait bien. Le dimanche soir, je ne dormais pas très bien parce que j'étais un peu stressée, parce qu'il fallait que vraiment tout soit en place pour le début de semaine. J'embarquais aussi des stagiaires avec moi ou d'autres petites mains pour m'aider. Donc vraiment, j'avais beaucoup de responsabilités. Et justement, s'il y avait un problème avec le produit, c'était vraiment directement ma responsabilité et un peu de ma faute. Donc voilà, je prenais aussi beaucoup de risques dans ce rôle-là. mais à la longue, ça m'a épuisée de porter toute cette responsabilité et de me dire que demain, je tombe malade, je ne peux pas venir en prod, je me casse la jambe, en fait, je n'ai juste pas le droit. En fait, il n'y a pas de plan B, même si on est deux associés. En fait, moi, mon associé, il s'est concentré sur plutôt le développement de l'entreprise. On s'était mis d'accord sur l'année dernière, c'était ça notre fonctionnement. Rémi se dédie au site internet, au développement des ventes, à la relation client. Mélissa se concentre sur l'opérationnel, s'assurer de livrer les gens. Et ça, ça m'a beaucoup pesé parce qu'au bout d'un moment, je sentais qu'en fait, je ne créais pas de valeur. En fait, mon travail était indispensable à ce que la boîte fonctionne, mais il n'était pas valorisé et était foncièrement épuisant. Et du coup, je ne pouvais pas mobiliser d'autres facettes de ma personnalité comme la création. Et justement, moi, ce qui me dérangeait un peu quand j'étais salariée, c'était d'être cantonnée à une seule mission, de devoir être un peu monosujet alors que je m'intéresse à plein de choses. Et aussi, j'ai des capacités assez pluridisciplinaires. J'aime bien créer, j'aime bien... parler en public, j'aime bien être dans la pédagogie, la transmission, j'aime bien être dans un truc physique en mouvement, où je fais des choses. Voilà, il y a... J'aime aussi organiser, coordonner, j'aime faire de l'amélioration continue, donc voilà j'aime beaucoup de choses différentes. Et je me suis dit, quand je serai entrepreneur, je pourrai exploiter en fait toutes ces facettes de ma personnalité, et ça sera mon métier, et du coup ça serait trop cool, et je pourrai aussi m'investir à la hauteur de ce que j'ai envie. Parce que je trouve justement, quand on est salarié, on peut un peu être frustré, parce que parfois tu donnes le meilleur de toi-même, et t'as l'impression que les personnes avec qui tu travailles ne s'investissent pas au même niveau, ou n'ont pas la même façon de travailler que toi. Donc quand tu dis, moi je me suis dit en tout cas, je suis à mon compte donc je vais pouvoir travailler autant que j'ai envie et ça sera gratifiant parce que c'est moi qui l'ai décidé et en fait il n'y a personne pour... En fait je n'aurai pas besoin de reconnaissance extérieure parce que c'est un travail que je fais pour moi-même. Alors déjà c'est faux parce que j'avais un peu finalement une attente de mon associé aussi à ce qu'il reconnaisse la quantité de travail que je fournissais, j'avais un peu une attente d'être reconnue pour mon travail. Et j'avais le sentiment de vraiment mériter beaucoup parce que je fournissais énormément d'efforts et j'organisais au final toute ma vie autour de mon entreprise. Et vraiment, je vivais pour ma boîte, mais ma boîte ne me permettait pas de vivre. Donc, ça a créé un énorme déséquilibre et beaucoup de charges mentales. Et j'ai fini l'année un peu en dépression parce que justement, je me sentais tellement accaparée par autant de responsabilités et vraiment zéro possibilité de relâcher la pression. Mais aujourd'hui, je me retrouve dans un nouveau paradoxe. où justement on vient de vraiment sous-traiter notre production. Donc il y a un industriel qui a pris le relais sur l'opérationnel, c'est son métier de faire des plats cuisinés à grande échelle, et tout le volet vraiment qualité, sécurité alimentaire, formation des équipes et tout, du coup c'est eux qui le font, donc moi je ne fais plus ça. Et au final ce qui constituait quasi 60% de mon taf. a un peu disparu de ma vie. Et moi, mon rôle aujourd'hui, c'est juste de coordonner entre les différents acteurs. Donc assurer, est-ce que le prestataire de plat a bien respecté notre cahier des charges ? Est-ce qu'il a bien expédié les produits ? Est-ce que notre entrepôt logistique a bien réceptionné ? Est-ce que les commandes de notre site sont bien prises en compte par notre logisticien pour qu'il puisse faire les commandes, etc. Donc le truc, c'est que là, j'ai deux experts de leur métier qui font leur taf. mais moi du coup je me retrouve enfin moi mon taf du coup c'est devenu envoyer des mails et du coup coordonner ces acteurs et j'ai dû un peu me poser pour définir en fait moi c'est quoi mon métier, c'est quoi ma valeur ajoutée et au début quand je suis sortie de l'approche je me dis quels soulagements, c'est les vacances, c'est trop cool je peux vraiment me reposer, je peux faire un peu ma vie je peux retourner au sport, c'est trop bien mais après plusieurs semaines de calme, je me suis dit en fait J'étais quand même habituée à ce chaos et à ce niveau de responsabilité. Et au final, les fondements de ce qui m'a poussée à entreprendre, c'était de pouvoir vibrer de mon activité et de m'investir à la hauteur que j'ai envie et de me sentir utile finalement. Parce que dans tous les métiers dans lesquels je me projetais, j'avais quand même ce côté, à la base, je voulais être dentiste. Ensuite, je voulais être diététicienne. Et là, avec ma boîte Belly Care, le but, c'est quand même d'aider les gens à améliorer leur qualité de vie, prendre soin de leur santé, prendre soin des autres. C'est ça, finalement, un peu la mission qui m'anime. Et Belly Care, dans l'idée, c'est vraiment de simplifier la vie des gens grâce à des plats qui soient adaptés à leurs besoins nutritionnels et à leurs restrictions alimentaires. Mais là, du coup, je me retrouve dans un cadre où c'est pas moi qui prépare ces plats. Et là, à date, j'ai pas trop trop de... en fait, de contact avec mes clients. Donc, en fait, j'ai un peu l'impression de mener un business imaginaire parce que là, du coup, je ne vois plus mon produit. Et moi, du coup, je suis une personne un peu du terrain. Enfin, j'ai fait mon alternance en usine. Et pour moi, ça me tenait vachement à cœur, en fait, de valoriser les opérateurs, les personnes qui produisaient. Moi, je travaillais dans une usine de macarons. Et en fait, je travaillais beaucoup avec les opérateurs. Je mettais en place des projets en production. Et j'ai trop aimé cette expérience-là parce que... justement j'étais en contact direct avec des humains et je trouve que déjà c'est un travail démentiel en fait l'agroalimentaire déjà c'est un travail assez pénible les horaires sont parfois un peu contraignantes c'est aussi travailler du vivant donc il y a plein d'aléas et moi je suis ingénieur agroalimentaire donc en soi c'est quand même le métier pour lequel j'ai été formée et là du coup je n'ai plus ce socle de métier là je suis plus dans l'opérationnel dans le terrain dans m'assurer que le produit soit bon je suis plus dans l'amont de dire bah voici le produit qu'on veut voici les critères auxquels il doit répondre maintenant fait pour nous et gérer les humains qui font voilà donc déjà j'ai cette partie là de mon métier qui est un peu qui est un peu disparu de ma vie et j'ai le côté bas au final avant comment dire on avait lancé enfin on a fait une petite tentative de lancer une offre d'accompagnement personnalisé avec bellicaire pour dire bah ok les plats c'est bien mais faut aussi accompagner les humains donc j'avais ouvert des créneaux de consultation parce que en fin de compte je suis quand même professionnel de santé et je peux le faire et je me suis dit bah ça sera cool j'aurai vraiment ce contact avec les clients Et du coup, on a lancé des appels découvertes. Et en vrai, c'était cool parce que ça m'a permis de vraiment... connaître, comprendre aussi la problématique des gens et c'est vrai que moi ben ça fait un petit temps que je suis un peu dans les backstage de concevoir mon produit, être en production, assurer que tout soit conforme etc et du coup je m'étais un peu éloignée de la problématique client de base qui est bah je sais pas quoi manger parce que je ne tolère rien, j'ai mal tous les jours J'ai plein de symptômes et je comprends pas trop pourquoi. Il y a beaucoup de choses où moi, parce que c'est mon métier, parce que j'ai développé des compétences sur l'intestin héritable, sur l'alimentation en lien avec ces problématiques digestives, moi, il y a beaucoup de choses qui me paraissent un peu une évidence. Sauf que pour le commun des mortels, eh ben, ça ne l'est pas forcément, ce qui est normal. Et c'est vrai que moi, j'ai un peu banalisé cette connaissance parce que ça fait... Quand même un petit moment que je travaille sur le sujet, ça fait vraiment depuis... Déjà ça fait depuis 2020 que je me suis formée au régime faible en FODMAP, disant que la problématique elle est un peu en cheminement. Donc voilà, ça fait un petit temps que je connais, que j'exploite ce genre de choses, et avec Bellicare du coup je fais que ça, parler de FODMAP H24. Parfois j'oublie... en fait qu'au début tu connais rien t'es inondé d'informations diverses et variées et du coup c'est difficile un peu de faire son chemin donc ça m'a aidé vraiment d'être en contact direct avec des patients, de m'en rendre compte aussi de ce que les gens ne savent pas parce que avant de savoir on ne sait pas et c'était vachement instructif mais après le côté opérationnel avait repris un peu le dessus sur ça et on a décidé d'un peu délaisser ce côté accompagnement parce que aussi je voulais pas me retrouver À nouveau, en fait, dans un cas de figure où faire de l'argent dépend de mon temps de vie, dans le sens où là, avec la prod, par exemple, la production des plats était intégralement dépendante de ma personne et du fait que je sois en cuisine en train de préparer ces plats. Et là, avec les consultations, j'allais me retrouver dans le même cas de figure parce qu'à la base, notre stratégie, c'était en février, on va pousser à fond les consultations pour pouvoir faire rentrer de l'argent finalement, parce que c'est le but d'une entreprise aussi. Et en fait moi en fin janvier je me suis dit attends je viens de sortir d'un truc où genre... c'est moi l'opératrice du business et je ne veux plus vivre ça, je ne veux plus que mon énergie soit en fait un peu le point clé de la boîte, enfin de mon temps aussi, parce qu'au final quand tu es diète, tu es dans l'opérationnel, tu es en consultation H24, c'est ça ton métier, sachant que moi j'ai aussi la vocation de créer du contenu, de faire de l'éducation, de sensibiliser. Donc je me suis dit, si je suis en train de redécouvrir un nouveau métier, de passer du temps à acquérir des nouveaux clients sur ce côté-là du business, en fait, je ne vais pas me concentrer sur comment on développe notre gamme de plats et tout. Donc ça sera un peu me défocus, comme on dit dans les termes d'entrepreneur. Donc je me suis dit, non, je n'ai pas envie de faire ça. Mais du coup, ça ne m'a pas aidé à me reconnecter vraiment aux problématiques de mes clients. En fait, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. Et sachant que j'aime les gens, je me retrouve dans un cas de figure où je suis beaucoup chez moi, en télétravail. Avec mon associé, on travaille à distance. Jusque-là, j'avais fini tout ce qui est opération pure, la cuisine, en fin janvier. Mais de janvier à fin mars, je faisais des allers-retours avec notre labo parce qu'on avait encore des produits là-bas. Et en fait, moi, je prenais en charge... la logistique, donc rester un peu un pied dans les opérations parce que au final ça me permettait, parce que là, ça fait deux ans où opérationnel dicte un peu mon emploi du temps. Je sais que le truc qui est indispensable c'est opérationnel, genre si on veut livrer des clients, il faut que les produits soient déjà là, fabriqués, et il faut les expédier. Donc sans ça le business n'existe pas finalement. Et du coup ça m'ancrait un peu dans mes semaines pendant genre deux mois, même si ça m'a demandé un peu une organisation, mon appart est devenu un peu un entrepôt logistique. au grand plaisir de mon mec finalement. Et du coup, je me suis retrouvée de nouveau à être un peu opératrice et au final, ça m'a quand même mobilisé beaucoup de temps de juste faire des colis et on a eu un peu un boom de commandes. Donc ce qui est génial, c'est vraiment des bons problèmes. Mais du coup, ça m'a un peu, comment dire, distraite de vraiment réfléchir à quel est mon rôle. d'embelliquaires en dehors de l'opérationnel. Déjà l'année dernière, j'avais eu un peu une crise existentielle sur quel est mon rôle, quelle est ma place, j'étais un peu en épuisement total, et j'avais déjà eu cette réflexion de qui suis-je en dehors de la production ? On m'enlève ça, en fait j'ai rien, et je ne maîtrise rien. Et c'est vrai que maintenant, ça fait quelques semaines qu'on n'a plus de produits, produits qu'on avait fabriqués en surstock. En janvier, on a tout écoulé, genre là, début avril, et donc là on est le 24 avril. si tu écoutes cet épisode un peu en différé. Donc là, je me suis retrouvée dans un cas de figure où je n'ai plus de colis à faire. En fait, je n'ai plus d'opérationnel. Et le truc qui rythme un peu mon agenda, c'est de créer du contenu. Parce que là, du coup, on a revu un peu notre planning éditorial parce que le but, c'est de développer notre visibilité. Donc pour développer notre visibilité, il faut avoir de la présence en ligne parce qu'on fait un business en ligne. Donc les réseaux sociaux sont un canal d'acquisition quand même très important. Donc là, je me suis dit, OK, si la crèche, on compte. qui dicte mon agenda, mais vu que j'ai gagné en fait en temps disponible, j'ai pas assez de choses impératives et urgentes, donc je peux me permettre en fait de faire ma vidéo que je dois publier le mercredi, je la fais le mercredi matin, je la monte, je l'envoie à mon alternante pour mettre les sous-titres, etc. Et voilà, et en fait je valide juste ce que fait mon alternante, et du coup moi, c'est quoi un peu mon rôle dans tout ça ? Et en fait là ça fait plusieurs semaines que je suis un peu en train de chercher, c'est quoi ma place de pouvoir l'incarner ? Et en fait je suis un peu dans un milieu de flottement où je me dis, l'année dernière j'étais vraiment en crise totale parce que j'étais en mode, pas avoir un rôle stratégique parce que je suis tellement happée par l'opérationnel et en fait la boîte ne tourne pas sans moi et je porte toutes ces responsabilités. Et je me sens hyper seule à porter tout ça parce que demain je tombe malade ou je sais pas quoi. la boîte ne marche plus sans moi et là je me retrouve dans un cas de figure où en fait je me dis mais la boîte peut totalement marcher sans moi en fait je sers à rien et je me rends compte que voilà c'est pas forcément une question de quantité de travail mais moi mon rapport au travail en fait j'ai vraiment ce besoin un peu ouais de vraiment me sentir utile et du coup là j'ai un peu l'impression de ne pas travailler parce que je me sens pas hyper utile ok genre je crée du contenu je monte des vidéos et en vrai c'est sympa j'aime bien Mais j'ai l'impression que c'est limite trop facile et que ce n'est pas un vrai taf. Et du coup, c'est un peu problématique parce que j'ai du mal à me dire, en fait, moi, mon rôle là, c'est vraiment incarner ma marque. Donc, en fait, je peux déployer des efforts sur chercher des partenaires, être plus visible, développer un podcast bellicaire finalement. Là, déjà, j'ai pris un peu plus le pli sur LinkedIn. Je publie cinq jours par semaine parce que ça me plaît. Mais du coup, je n'ai pas de stratégie hyper ancrée. C'est juste... C'est un peu, je raconte ma life sur LinkedIn finalement. Et ça, le personal brand. Je pourrais juste me dire, en fait, tu as moins de choses à faire, donc travaille-moi. Et c'était ça, finalement, ce que je recherchais quand je voulais être entrepreneuse. Quand j'étais encore alternante, j'étais en mode, en fait, on peut travailler 4 heures par jour et gagner sa vie et faire ce qu'on a besoin de faire. On n'est pas, enfin, personne n'est vraiment productif à fond pendant 10 heures. En fait, ça n'a pas de sens. Enfin, pourquoi finalement utiliser la moitié de sa journée éveillée, voire plus, à travailler si en fait, on peut ne pas le faire ? On peut prendre soin de sa santé, on peut kiffer avec ses proches, etc. Et là, j'ai un peu l'impression d'être un imposteur. Parce que pareil, j'ai laissé beaucoup plus de place à ma vie personnelle. Parce qu'en parallèle, je suis en train d'organiser mon mariage, qui est très bientôt. Donc ça prend du temps aussi. Il y a des jours où je ne bosse pas parce que j'avais des essayages de robe, il fallait revisiter des lieux, etc. En fait, je me sens mal. Alors qu'en soi, c'est un peu ça le goal. C'est de pouvoir allier ou avoir un certain équilibre. Je suis vraiment en... un peu en dichotomie et vraiment en dissonance avec moi-même. Et c'est un énorme paradoxe de me dire, à la base, je voulais entreprendre pour travailler 4 heures par jour et vivre ma best life. Et là, je suis dans un cas de figure où littéralement, je peux le faire. Je peux au final travailler de n'importe où et je ne le fais pas. Au final, je reste chez moi et je ne bouge pas plus que ça et je ne profite pas. Là, du coup, j'ai un agenda plus souple. Clairement, je commence à travailler au plus tôt, à 10h30. Parce que le matin, je profite, je fais mon sport, je me prépare, je fais ma balade avec mon chien, etc. Après, je commence à travailler vers 10h30-11h. Mais pareil, une de mes potes hier m'a dit « Mélissa, si tu as envie de faire ton sport à 11h, tu peux faire ton sport à 11h. Pourquoi tu te contrains à faire ça à 7h30 du mat alors que tu pourrais le faire plus tard et dormir plus ? » Eh bien, je ne sais pas, Laura, je ne sais pas. Il y a une part de moi, je pense, qui ne m'autorise pas et qui ne me sent pas légitime de dire « je travaille » Comme si je suis pas en train de... être activement en train de faire des choses 10h par jour, alors que littéralement, c'est ce que je ne voulais pas. Donc voilà, un énorme paradoxe et beaucoup de remise en question là. En plus, j'ai fait un événement d'entrepreneuriat où justement, on parlait un peu de nos problématiques en matière de productivité, d'organisation et d'équilibre. Et c'était intéressant parce que j'étais avec trois autres femmes qui avaient divers... En fait, on était toutes un peu pareilles à vouloir tout faire mais du coup, à ne pas accepter qu'on ne peut pas tout faire en même temps, en tout cas avec la même intensité, la même énergie. Mais du coup, là, il faut vraiment décider. Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Qu'est-ce qui me fait kiffer ? Et même, on parlait avec mon associé cette semaine de se dire, ok, demain, il faut que notre business puisse tourner sans nous. Donc, qu'est-ce qu'on automatise ? Qu'est-ce qu'on externalise ? Qu'est-ce qu'on internalise ? Et dans les propos, je ne me sentais pas du tout enjaillée par ce projet parce que j'étais en mode, mais ok, demain, on va déléguer la création de contenu, mais moi, je fais quoi ? Quoi mon quotidien ? Et je pense que fondamentalement... Par exemple, il y a une entrepreneuse qui s'appelle Laura Cheteil qui publie pas mal sur LinkedIn, si tu connais pas. Elle a fondé une boîte de kombucha et en fait, elle met souvent en avant le fait de travailler que deux heures par jour le reste de sa vie. Elle est en slow life, elle fait du yoga sur la plage le matin, etc. Des pages, c'était en mode « waouh, trop cool, trop stylé et tout, genre la sérénité et tout » . Mais en fait, ces derniers mois, je me suis dit « ce mode de vie ne me convient pas, je ne me vois pas travailler que deux heures par jour parce que pour moi, le travail, c'est une forme d'épanouissement » . d'accomplissement et de stimulation et d'utilité. Et comme j'ai envie me sentir utile au quotidien et que pour moi le travail est une façon de me rendre utile et d'apporter des solutions aux gens donc que ça constitue une majorité de ma journée en fait je suis très ok avec ça et finalement peut-être que le modèle quatre heures par jour c'est pas vraiment ce que j'ai envie de faire et même avec mon conjoint on discutait de ça où il me disait mais si tu peux ce que je me disais mais imagine demain on relève des fonds avec mon associé mais on a externalisé tout et donc on peut mieux se rémunérer en faisant moins Mais en fait, j'ai l'impression d'être un imposteur total, genre de ne pas mériter cet argent, parce que du coup, je ne suis pas activement en train de travailler, je ne suis pas en train de me casser le dos en production, à faire plus de plats, etc. Donc, grosse crise vraiment existentielle, beaucoup de remises en question, et justement, mon fiancé me disait, mais c'est ça aussi le but, genre je te connais, tu monteras d'autres projets. Je sais que tu as toujours plein de projets, plein d'idées en tête, donc en fait, si tu as moins de temps à passer sur Bellicare, je sais que tu passeras plus de temps à faire autre chose. Et en pas faux. Mais vu que je me dis que Bellicare, c'est censé être mon focus ultime, parce que c'est là ma boîte et pour l'instant, on n'est pas non plus... Enfin, là, on commence à un peu croître, mais on n'est pas LVMH demain. On n'est pas en train de faire des bénéfices de malade. On n'est pas encore là. On n'est pas encore à être rentable ni à vivre de notre activité parce que justement, notre chiffre d'affaires et nos bénéfices nous le permettent. On est en montée en puissance. mais on n'est pas encore à l'aise. Donc je me dis, il ne faut pas que je dilue mon énergie à faire autre chose. Mais d'un autre côté, c'est juste que là, je pense que mes priorités doivent fondamentalement changer, et mon rôle aussi. Et ça prend beaucoup plus de temps que ce que j'avais anticipé. J'avais vu un peu venir le côté, qui suis-je en dehors de la prod, et qu'il y aurait un temps d'ajustement. Et pendant un mois, je me suis dit, ok, c'est un mois de transition. Mais bon, là, ça fait trois mois que je suis sortie de la production. Ça fait quasiment un mois que je ne fais plus de colis. Donc voilà, je me remets vraiment beaucoup en question sur ce que je veux. Est-ce que ça me convient ? Est-ce que ce business est toujours ce que j'ai envie de faire ? Est-ce que je me sens toujours connectée un peu à ma mission ? Voilà, donc beaucoup de questions, pas énormément de réponses. Et si tu traverses un peu une phase comme ça, n'hésite pas à venir m'en parler sur LinkedIn, sur Instagram, Mélis Croque-Lavie ou Mélis Abertin sur LinkedIn. Et je serai ravie d'en discuter et ravie de savoir que je ne parle pas juste toute seule dans mon bureau devant un micro. Voilà, si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à me le faire savoir, à le noter sur la plateforme sur laquelle tu écoutes ce podcast. On se retrouve très bientôt pour d'autres péripéties d'entrepreneuses.