ClémentImaginez, vous êtes à deux doigts d'abandonner. Vous avez l'impression de revenir en arrière, de perdre tout ce que vous aviez construit. Et pourtant, vous décidez de continuer. Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. J'espère que vous allez bien. Si l'anxiété est aujourd'hui votre pire ennemi, vous êtes au bon endroit. Ensemble, nous allons apprendre à la comprendre, à l'apprivoiser, et même à en faire une alliée. Bienvenue sur Même plus Peur, le podcast qui brise les tabous sur l'anxiété. Dans l'épisode précédent, je vous ai partagé la première partie de ce défi. 30 jours sans béquilles. Une immersion assez brutale dans l'exposition. Avec ses doutes, ses difficultés et cette sensation de régression. Mais ce que je ne vous ai pas encore raconté, c'est ce qu'il s'est passé ensuite. Parce qu'à partir de la troisième semaine, quelque chose a commencé à changer. Pas du jour au lendemain. Pas de manière spectaculaire. Mais suffisamment pour transformer ma manière de voir l'anxiété, et surtout, ma manière d'y faire face. Dans cet épisode, je vais vous partager la suite de ce défi, ce qui m'a fait tenir, les prises de conscience que j'ai eues, et surtout, ce que cette expérience a réellement changé pour moi. Si vous n'avez pas encore écouté la première partie, je vous recommande fortement de commencer par l'épisode précédent, pour bien comprendre tout le contexte. Avant de continuer... Je voudrais revenir sur un point que je n'ai pas abordé dans l'épisode précédent. Ces épisodes sur les béquilles n'ont pas pour objectif de vous dire d'arrêter votre traitement du jour au lendemain, ni de tout supprimer brutalement. Ce n'est absolument pas le message. L'idée ici est simplement de vous partager mon expérience, pour vous donner de la visibilité sur ce type de travail, vous montrer concrètement ce qu'il peut se passer le jour où vous vous sentirez prêt à vous lancer, à votre rythme, dans ce processus. Pour revenir à mon expérience, à la fin de cette deuxième semaine, j'étais clairement au plus bas. Le doute avait pris beaucoup de place et je commençais même à me dire que je ne retrouverais peut-être jamais une vie apaisée. Ou en tout cas, pas sans mes béquilles. Comme si elles allaient faire partie de moi pour toujours. Et à ce moment-là, c'était une idée particulièrement difficile à accepter. Et pourtant, malgré tout ça, quelque chose en moi a refusé de lâcher. Une forme de détermination. Presque une promesse que je m'étais faite à moi-même. Aller jusqu'au bout. Me dire que, quoi qu'il arrive, je terminerai ces 30 jours. Et qu'ensuite seulement, je prendrai du recul pour observer les résultats. Parce qu'au fond, je commence à me connaître. Je sais que ces phases font partie du processus. Que ces moments de doute ne sont pas des échecs. Et surtout, que derrière chaque descente, il y a une remontée. Souvent, encore plus forte que la précédente. C'est donc avec cet état d'esprit que j'ai entamé la troisième semaine. Plus lucide sur la difficulté de l'exercice, mais aussi plus motivé que jamais. Avec l'envie de voir apparaître les premiers signes de progression. On se retrouve donc au début de cette troisième semaine. Toujours avec de l'angoisse, mais avec quelque chose en plus. À ce moment-là, je me suis surpris à changer légèrement de posture. Au lieu de subir... J'ai commencé à me tourner vers ce que j'avais déjà en moi. Je repensais à mes séances de sophrologie, aux livres que j'avais lus. Et je me suis même replongé dans certains passages. Notamment ceux qui parlaient des outils naturels comme la respiration. Et là, j'ai réalisé quelque chose d'assez simple, mais important. Je n'avais rien à aller chercher de nouveau. J'avais déjà toutes les ressources intérieures nécessaires pour gérer. Alors j'ai fait un choix différent. Celui de me faire confiance et d'avancer dans cette nouvelle semaine avec un peu plus de sérénité en m'appuyant sur moi-même plutôt que sur mes béquilles. Bien sûr ! L'angoisse n'a pas diminué les jours suivants, mais mon acceptation quant à elle avait augmenté. Je me suis rappelé que ce n'était rien de dangereux et que ça finirait toujours par passer. Finalement, jour après jour, les journées étaient de moins en moins compliquées et je les appréhendais beaucoup moins. Je regagnais une certaine confiance en moi et en ma capacité à faire face. Les journées habituelles ont commencé à redevenir gérable et c'était une bonne chose. Car à la fin de cette même semaine, j'ai eu l'occasion de mettre ces nouvelles compétences à rude épreuve. Effectivement, je suis allé faire un escape game. Deux heures, enfermés, sans notion du temps, sans vraie sortie de secours. Clairement pas le contexte le plus rassurant. Dès le début du jeu, je ne me sentais pas très bien. Pendant la première heure, je subissais. Complètement. Les vertiges étaient revenus. Je n'arrivais pas à me concentrer et encore moins à lâcher prise. M'immerger dans l'histoire était tout simplement impossible. J'étais là, physiquement présent, mais mentalement ailleurs, focalisé uniquement sur mes sensations. Et puis, à un moment, il y a eu comme un déclic. J'ai pris conscience de mon état. Pas juste le subir, mais vraiment le voir. Et j'ai décidé de changer quelque chose. J'ai commencé à ralentir ma respiration, à me recentrer. à essayer de ramener mon attention sur le jeu, plutôt que sur ce qu'il se passait dans mon corps. Je vais être honnête, ça n'a pas tout transformé. La deuxième heure n'a pas été magique. Les sensations étaient encore là. Mais malgré cela, quelque chose encore avait changé. J'étais fier. Fier d'avoir coupé cette spirale. Fier d'avoir stoppé la montée d'angoisse. Et surtout, fier d'avoir eu cette lucidité dans un moment aussi inconfortable. Ça peut paraître anodin, mais pour moi, c'était une vraie victoire. Au lieu de me dire que je n'avais pas profité, que je m'étais laissé envahir, et que j'étais passé à côté de l'expérience, j'ai choisi de voir les choses autrement. Je me suis dit qu'en fait, je savais gérer. Ça ne veut pas dire que tout est réglé. Ça ne veut pas dire non plus que je suis guéri. Mais ça veut dire une chose. Je suis sur la bonne direction. Je ne sais pas exactement comment l'expliquer. Mais cette exposition, aussi difficile soit-elle, m'a vraiment permis de me prouver quelque chose d'essentiel. J'étais capable de faire face. Et surtout, que même dans ces moments-là, ce n'était pas grave, comme je pouvais me l'imaginer. Cette barrière que je m'étais construite depuis longtemps, de me penser trop faible pour affronter ce genre de situation tout seul, était pour la première fois en train de se fissurer. C'est donc avec un regain de confiance... que j'ai entamé la quatrième et dernière semaine de ce défi. Après avoir traversé ce saut dans l'inconnu pendant plusieurs heures, je me suis dit qu'une journée classique devrait être beaucoup plus simple à gérer. Et c'est exactement ce qu'il s'est passé. Petit à petit, j'ai commencé à retrouver un quotidien plus fluide. Mes journées ressemblaient à nouveau à celles d'avant. Plus naturelles, plus légères. Et surtout, ces pensées qui me répétaient sans cesse que j'avais oublié quelque chose, que je n'étais pas prêt, avaient disparu. La semaine touchait à sa fin, et avec elle, le défi. Et comme souvent lors des week-ends, un nouveau challenge s'est présenté. Le vendredi arrivait, et je devais partir passer quatre jours dans ma maison de vacances. Sur le papier, rien d'extraordinaire. Mais dans ma tête, tout s'est emballé. J'ai longuement hésité. Prendre mon spray, mes anxiolytiques, demander à ma compagne de m'accompagner. Une partie de moi voulait continuer à avancer. Une partie de moi voulait rester dans cette dynamique. Mais une autre avait peur d'aller trop loin, trop vite, de me brûler les ailes. Et je savais que si je forçais trop, ça pouvait devenir contre-productif. Alors, j'ai pris le temps de réfléchir, et je me suis rappelé que je ne partais pas dans l'inconnu. Je partais dans un endroit que je connaissais très bien, entouré de visages familiers. Et surtout que ces dernières semaines m'avaient prouvé que je savais faire. La décision s'est imposée d'elle-même. Je partirai sans mes béquilles. La première journée a commencé par le trajet, avec les transports, puis le train pour rejoindre ma destination. Et contre toute attente, tout s'est extrêmement bien passé. Le voyage, l'arrivée, les premières heures sur place. J'étais même agréablement surpris. Je me suis dit que quelque chose avait peut-être vraiment changé. que mon corps et mon cerveau étaient enfin de mon côté. J'étais soulagé, presque fier. Mais dès le lendemain, la réalité m'a rattrapé. Le fait de prendre conscience que, pendant plusieurs jours, je n'aurai accès à aucunes de mes béquilles a fait remonter mon anxiété en flèche. Les deux jours qui ont suivi ont alors été beaucoup plus difficiles. Perte d'appétit, palpitations, et surtout, cette peur constante en arrière-plan. J'étais en vacances mais avec une seule idée en tête. Rentrer chez moi, retrouver mes repères, retrouver mes aides. Heureusement, le troisième jour a été différent. J'avais réussi à prendre du recul sur la situation. Et pour la première fois, durant ce séjour, comme pour l'escape game, j'ai pris conscience de ce qu'il se passait, et j'ai repris un peu de contrôle. Rien que le fait d'en avoir conscience a suffi à changer légèrement ma position. Je me suis rendu compte à quel point ces mécanismes de peur sont tellement automatiques, tellement ancrés, qu'il m'a fallu près de deux jours complets pour réussir à changer de regard, à sortir de cette lecture automatique pour voir la situation autrement. Enfin, le quatrième jour est arrivé, et il s'est très bien passé. Une partie de moi savait que je rentrais le soir, et c'est sans doute ce repère qui m'a aidé à tenir. J'étais encore un peu fatigué de tout ce qu'il s'était joué les jours précédents. Mais cette simple perspective de retour a rendu la journée beaucoup plus légère, comme si la pression redescendait enfin. Ce dernier challenge m'a vraiment permis de clarifier les choses pour la suite. Il m'a aidé à poser une limite, plus juste, plus adaptée, à où j'en suis. Celle de m'autoriser à utiliser mes béquilles dans certains contextes précis, notamment lors de séjours longs tout en continuant à m'en passer dans les sorties du quotidien. Je sens que je ne suis pas encore totalement prêt à les abandonner complètement. J'ai encore besoin de savoir qu'elles sont là, chez moi, le soir en rentrant. Mais ce qui a changé, c'est que je n'ai plus ce besoin constant de les avoir avec moi en permanence. Et ça, c'est déjà une sacrée victoire. En 30 jours, je suis passé d'un besoin quasi permanent à une utilisation beaucoup plus ponctuelle. Comme quoi, en peu de temps, beaucoup de choses peuvent évoluer. Depuis ce défi, j'ai vraiment le sentiment d'avoir franchi un cap. Dans cet épisode, j'ai fait le choix de me concentrer uniquement sur les béquilles. Mais il y a une deuxième notion qui y est étroitement liée. Les comportements de réassurance. Les béquilles, comme nous l'avons vu, ce sont souvent ces éléments extérieurs. Un objet, une personne. Quelque chose qu'on emmène avec soi pour se sentir en sécurité. A l'inverse, les comportements de réassurance sont beaucoup plus internes. C'est ce que l'on met en place, consciemment ou non, dans une situation qui nous angoisse. Par exemple, se placer près de la sortie du cinéma, choisir une table à côté des toilettes au restaurant ou encore bouger les jambes dès que l'anxiété commence à monter. Cela pourra faire l'objet d'un autre défi bienveillant que je pourrais vous partager. On arrive donc à la fin de ce témoignage. J'espère que ce nouveau format vous aura plu. J'espère qu'il vous aura permis de voir que le changement est possible et que vous avez un rôle à jouer dans votre guérison. Que pour avancer, il faut parfois accepter de reculer, de douter, de rechuter, de tomber. Mais que chaque chute peut aussi devenir une étape pour se relever. Un peu plus fort, un peu plus solide, et surtout... un peu plus libre. Alors, continuez. Même quand c'est inconfortable. Même quand ça semble lent. Parce qu'un jour, et j'en suis profondément convaincu, nous retrouverons une vie, où les crises d'angoisse ne dicteront plus nos choix. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.