ClémentSi votre cœur s'emballe dans la file d'attente du supermarché, si l'arrêt à un feu rouge devient une épreuve, ou si le simple fait d'être seul dans la rue vous donne l'impression de perdre le contrôle, alors cet épisode est pour vous. Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. J'espère que vous allez bien. Si l'anxiété est aujourd'hui votre pire ennemi, vous êtes au bon endroit. Ensemble, nous allons apprendre à la comprendre, à l'apprivoiser, et même à en faire une alliée. Bienvenue sur Même plus Peur. Le podcast qui brise les tabous sur l'anxiété. L'agoraphobie touchera environ une personne sur 50 au cours de sa vie. C'est l'une des phobies les plus connues du grand public. Pourtant, elle est souvent réduite à la peur de la foule. En réalité, l'agoraphobie est bien plus complexe que cela. Dans cet épisode, nous allons essayer de mettre des mots sur l'agoraphobie, comprendre ce qui se cache derrière ce terme, comment ce trouble peut se développer et pourquoi il peut devenir si limitant au quotidien. Bien sûr, cet épisode ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique. Il ne permet pas non plus de poser un diagnostic. L'idée est avant tout de partager des clés de compréhension pour mieux appréhender ce trouble. Pour commencer, intéressons-nous à l'origine du mot. Le terme agoraphobie aurait été introduit en 1872 par le médecin allemand Karl Westphal. Il est construit à partir de deux mots grecs. Agora, qui désigne une place publique, un marché ou un lieu de rassemblement, et phobie, qui signifie peur ou crainte. Pris au sens littéral, le mot pourrait donc se traduire par une peur des espaces ouverts ou des lieux publics. Pourtant, cette définition est un peu trompeuse. En réalité, l'agoraphobie ne concerne pas seulement les espaces ouverts. Mais alors, de quoi s'agit-il ? Voici donc la définition clinique dictée par le DSM-5. Je cite « L'agoraphobie correspond à une anxiété intense et ou à l'évitement de situations qui peuvent être difficiles à éviter ou dans lesquelles une aide n'est pas aisément disponible si des symptômes de panique invalidant se développaient. » Pour poser le diagnostic, les patients doivent avoir une peur ou une anxiété marquée et persistante au-delà de 6 mois dans deux ou plusieurs de ces situations. L'utilisation de transports publics, être dans des espaces ouverts, comme des parkings ou des marchés, être dans un lieu clos, magasin, théâtre, faire la queue ou se trouver au milieu de la foule, ou encore être seul à l'extérieur de la maison. Si vous vivez avec un trouble panique, vous vous demandez peut-être où se situe la différence avec l'agoraphobie. D'une manière assez simple, l'agoraphobie concerne surtout la peur de situations qui pourraient déclencher une attaque de panique, comme on vient de le voir. Le trouble panique, quant à lui, est davantage liée à la peur des sensations physiques qui pourraient annoncer cette attaque. Dans mon cas, pendant longtemps, je pensais que le trouble panique et l'agoraphobie étaient une seule et même chose. Je ne faisais pas vraiment la différence entre les deux. Pourtant, comprendre cette distinction est important. Cela permet de travailler plus précisément sur chaque aspect. Avec le recul, je réalise que mon agoraphobie est apparue peu de temps après mon trouble panique. Comme j'avais déjà commencé à développer une peur très forte des sensations physiques liées à l'anxiété, certains lieux ont progressivement commencé à devenir anxiogènes. Par exemple, une crise d'angoisse pouvait se déclencher dans les transports sur le chemin du retour après une journée particulièrement fatiguante. La fatigue suffisait à activer mon système d'alarme interne et la crise arrivait. Ce que je ne savais pas encore, c'est que le souvenir de cette expérience était suffisamment marquant pour que, la fois suivante, l'idée même de reprendre ces transports fasse déjà monter l'angoisse. Et c'est là que l'on commence à parler d'agoraphobie. Je n'avais pas réellement peur du métro en soi. Ce que je redoutais, c'était de faire une crise de panique dans cette situation. Dans ma tête, je me rassurais en me disant que si la panique arrivait seulement un arrêt plus loin après être montée dans la rame, ce n'était pas trop grave. Je pouvais toujours fuir rapidement en rentrant à pied. Mais une autre question apparaissait très vite. Et si la crise arrivait au milieu du trajet ? Comment est-ce que je pourrais m'en sortir ? Je ne pourrais pas rentrer à pied, ce serait bien trop loin. Je ne vais pas non plus payer un taxi, ce serait bien trop cher. Je serais alors livré à moi-même, en plein milieu de la ville, sans échappatoire. Sans vouloir vous spoiler, vous imaginez bien que la crise de panique ne se faisait pas prier pour se joindre à la fête. Petit à petit, cette appréhension s'est étendue à d'autres endroits. Les restaurants, les cinémas. Les théâtres. Des lieux pourtant tout à fait ordinaires. Avec le temps, ma zone de confort s'était progressivement réduite. J'avais besoin d'être de plus en plus proche de mon domicile pour me sentir rassuré. Par exemple, au lieu d'aller voir un film dans le centre commercial situé à une trentaine de minutes de chez moi, je choisissais un petit cinéma de quartier, beaucoup plus proche. L'idée était simple, pouvoir rentrer rapidement chez moi si la panique apparaissait. Au fur et à mesure, même les endroits les plus proches ont commencé à devenir difficiles, jusqu'à ma propre rue. Au début, je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait. Dès que je franchissais le portail de ma résidence, je ressentais déjà des vertiges. Comme c'était l'été, je pensais que c'était dû à la chaleur, ou peut-être à un manque d'hydratation. Je suis de ce fait allé plusieurs fois à la pharmacie pour vérifier ma tension. Les pharmaciens me regardaient un peu étonné. Tout semblait parfaitement normal. Et c'est là, sans vraiment m'en rendre compte, que l'agoraphobie avait pris de plus en plus de place. Peu à peu, chaque lieu, chaque situation devenait source d'appréhension. J'espère que mon expérience personnelle sur l'apparition de cette phobie vous a permis de mieux la comprendre. Si vous vous êtes reconnu dans mon témoignage, ou s'il vous a fait penser à quelqu'un autour de vous, n'hésitez pas à lui partager cet épisode. Et si ce podcast vous plaît, vous pouvez aussi laisser un avis ou un commentaire. C'est ce qui permet au podcast d'être mieux référencé et d'atteindre davantage de personnes qui traversent ces mêmes difficultés. Je vous en remercie. Revenons-en maintenant à l'agoraphobie. Une fois que l'on comprend mieux ces mécanismes, on peut s'imaginer assez facilement pourquoi d'autres phobies peuvent parfois s'y associer. Je pense par exemple à la claustrophobie, à la peur de conduire ou d'être en voiture, ou encore à la peur de l'avion. Mais cela peut aussi concerner différentes situations du quotidien, comme aller chez le coiffeur ou chez le dentiste. Dans ces moments-là, on se retrouve assis, parfois allongé, sans vraiment pouvoir bouger pendant que le professionnel s'occupe de nous. Pour une personne agoraphobe, cette situation peut être très difficile à gérer. Tous ces contextes ont finalement un point commun, l'impression qu'il serait difficile de s'échapper si la panique apparaissait. Et c'est peut-être là la meilleure façon de comprendre l'agoraphobie. Ce n'est pas la peur des lieux, c'est la peur d'être coincé avec la panique. En raison de son caractère très isolant, l'agoraphobie est également souvent associée à une dépression. Elle est aussi très fréquemment liée au trouble panique. Dans la plupart des cas, c'est le trouble panique qui apparaît en premier. Mais l'inverse reste possible. Une personne agoraphobe peut aussi développer un trouble panique par la suite. Il arrive également que des personnes cherchent à apaiser la détresse provoquée par l'anxiété en se tournant vers l'alcool ou d'autres substances. Mais cette stratégie peut, dans certains cas, conduire au développement d'une addiction. Comme on peut le voir, l'agoraphobie peut fortement impacter le quotidien en limitant de nombreux moments de vie. Mais alors, comment en arrive-t-on là ? Quelles en sont ces causes ? Tout d'abord, l'agoraphobie touche en moyenne plus souvent les femmes que les hommes. Elle apparaît également le plus souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Mais elle peut aussi se développer plus tard, notamment chez les personnes âgées, souvent en lien avec des inquiétudes concernant leur sécurité ou leur capacité physique. L'agoraphobie étant très souvent associée aux troubles paniques, leurs causes sont globalement assez similaires. Je vais simplement reprendre les grandes idées. Mais si vous souhaitez entrer davantage dans le détail, je vous invite à écouter l'épisode "Peur d'avoir une nouvelle crise d'angoisse comprendre le trouble panique". D'ailleurs, vous pouvez directement accéder à la partie correspondante grâce au chapitrage de l'épisode en cliquant sur les chapitres intitulés « Les causes du trouble panique » . On retrouve d'abord certaines vulnérabilités biologiques, comme par exemple un tempérament plus nerveux ou un seuil de déclenchement de panique plus bas. Cela signifie que le système d'alarme interne peut s'activer plus facilement face à un stress. Il existe aussi des vulnérabilités psychologiques. Bon nombre de personnes ont tendance à percevoir les sensations d'anxiété comme dangereuses ou inquiétantes. Cela peut alimenter le cercle de la peur. L'une des rares causes qui semble davantage associée à l'agoraphobie pourrait être liée à certaines épreuves difficiles durant l'enfance, notamment une séparation importante ou la perte d'un parent. Enfin, ces mécanismes peuvent également être influencés par l'environnement dans lequel on a grandi. Notamment la manière dont les émotions et l'anxiété étaient perçues ou gérées par les figures parentales. Comme souvent en psychologie, de nombreux facteurs peuvent trouver leurs origines dans l'enfance. Notamment à travers les modèles émotionnels transmis par l'environnement familial. Mais il s'agit là de facteurs de vulnérabilité, pas de causes systématiques. Certaines personnes s'y reconnaîtront, d'autres non. Et c'est tout à fait normal. Voilà, on arrive à la fin de cet épisode. J'espère qu'il vous aura permis d'y voir un peu plus clair et d'apporter quelques réponses aux questions que vous pouviez vous poser. L'agoraphobie peut parfois donner l'impression que le monde rétrécit peu à peu autour de nous. Les lieux deviennent plus difficiles, les déplacements plus compliqués, et certaines situations peuvent parfois sembler insurmontables. Mais... Si vous êtes resté avec moi jusqu'à la fin de cet épisode, c'est que vous avez déjà fait un pas, c'est que vous êtes sur la bonne voie. Et même si le chemin peut parfois sembler long, il est possible, petit à petit, de reprendre confiance et d'élargir à nouveau ses horizons. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.