ClémentAngoisse dès le réveil, crise de panique sous la douche, ou encore la peur de manger. Dans cet épisode, je vous partage sans filtre mon quotidien avec un trouble panique et une agoraphobie. Bonjour à toutes et à tous, c'est Clément. J'espère que vous allez bien. Si l'anxiété est aujourd'hui votre pire ennemi, vous êtes au bon endroit. Ensemble, nous allons apprendre à la comprendre, à l'apprivoiser, et même à en faire une alliée. Bienvenue sur Même Plus Peur le podcast qui brise les tabous sur l'anxiété. Aujourd'hui, j'ai envie de vous montrer la réalité de ce que beaucoup vivent en silence et que j'ai moi-même vécu. Je vais vous parler de mon expérience, de ce que je ressentais lorsque l'anxiété était au plus haut. Cet épisode s'adresse à tous. Si vous êtes concerné, vous vous reconnaîtrez peut-être dans mon témoignage. Et si vous ne l'êtes pas, proche, ami, famille, thérapeute, cela vous permettra peut-être de mieux comprendre ce que subit une personne anxieuse au quotidien. L'inconfort constant, la fatigue mentale et la souffrance, souvent invisible. Avant de vous plonger dans mon témoignage, Il est important de comprendre que la difficulté du trouble panique et de l'agoraphobie ne se limite pas qu'aux crises de panique en elles-mêmes. Cela va au-delà. C'est tout le quotidien qui se retrouve impacté. Les pensées deviennent plus envahissantes. La vigilance augmente et les situations qui semblaient simples deviennent difficiles à affronter. Et c'est cette réalité-là que j'ai envie de vous partager dans les prochaines minutes. Pour que vous compreniez bien l'état dans lequel l'anxiété m'avait plongé, il m'est arrivé de faire une crise de panique rien qu'à l'idée de sortir mes poubelles, qui sont littéralement à 20 mètres du bureau où je me tiens actuellement pour enregistrer cet épisode. J'ai également déjà été pris de panique rien qu'en prenant ma douche. La chaleur de l'eau chaude mélangée à la vapeur qui m'entourait ont suffi à déclencher mon alarme interne et provoquer une crise d'angoisse. Pire encore... Il m'arrivait de paniquer juste en regardant un film où les personnages étaient dans une situation que moi-même je redoutais. Vous l'aurez compris, rester enfermé chez moi ne suffisait même plus à me sentir en sécurité. L'idée même de la prochaine sortie suffisait également à déclencher des vertiges ou des tremblements. Chaque heure, chaque minute, des centaines de pensées anxieuses me traversaient l'esprit jusqu'à prendre toute la place disponible. Avant d'entrer plus en détail sur mon témoignage, si ce podcast vous parle, si vous vous reconnaissez dans ce que je partage, vous pouvez le soutenir très simplement en le partageant, en laissant un avis ou une note sur votre plateforme d'écoute préférée. Cela permet vraiment de le faire découvrir à des personnes qui vivent la même chose. Merci beaucoup. Pour en revenir à mon quotidien, comment cela s'articulait-il concrètement ? Eh bien, on sait que l'anxiété créer des pensées qui sont constamment orientées vers l'inquiétude ou la peur. Elles sont accompagnées par des réactions physiques intenses. Sans toutes les citer, cela peut se traduire par des nausées, des vertiges, des tensions musculaires, le cœur qui s'emballe ou encore des bouffées de chaleur. Autant de symptômes particulièrement difficiles à vivre qui pouvaient m'accompagner tout au long de la journée. À certains moments, surtout au début, il pouvait m'arriver de vivre plusieurs crises de panique dans la même journée. L'inconfort devenait alors omniprésent. À cela s'ajoute une humeur extrêmement changeante, car les émotions fluctuaient fortement au fil des heures. Tout cela entraînait bien sûr une fatigue émotionnelle très intense. Je devais sans cesse composer avec les épisodes de panique, les émotions difficiles et cet afflux constant de pensées anxieuses. Pour vous expliquer au mieux ce que cela représente, j'ai décidé de vous plonger dans l'une de mes journées. Une journée au cœur de mes angoisses. Comme je la vivais encore, il n'y a pas si longtemps. 7h30, le réveil sonne. J'ouvre les yeux, et tout de suite, les premières pensées angoissantes inondent mon esprit. Je le sais déjà, pour aller au travail, je dois prendre le RER. Et dans ma tête... Je me vois déjà paniqué, coincé dans mon wagon. À peine levé, que je ne me sens pas bien. Ni physiquement, ni mentalement. J'ai déjà hâte de me recoucher ce soir. Je n'ai pas faim et je me force à manger pour éviter d'avoir une peur supplémentaire, faire une crise d'hypoglycémie. 8h30, je sors, mon corps me hurle de rester chez moi, mais j'avance. Sortir de mon appartement est déjà un véritable défi. Sur le chemin, je ne pense qu'à une chose. Une heure de trajet, bloquée. Sans échapatoire dans les souterrains parisiens. Pas de pensée catastrophe en vue, non. Pas d'accident, pas de déraillement. Seule une peur demeure. Et si je faisais une crise de panique ? Et si je ne pouvais pas fuir la situation ? Cette avalanche de pensée me fait perdre toute notion du temps. Je regarde ma montre. Je suis en retard. Que dois-je faire ? Courir pour attraper mon train ? Non. Cela accélérerait mon rythme cardiaque et je ferais une crise de panique. Je décide de ralentir. Je prendrai le prochain. 8h45, je monte dans ma rame. Là, tout s'accélère. Je lutte corps et âme pendant une heure à essayer de penser à autre chose. Mais tout me ramène à de la panique. Les arrêts. Les portes qui se bloquent. Le silence pesant quand la rame reste figée sur les rails. Mon cœur tape. La sueur coule sur mon front. Alors je compte. Trois stations. Puis deux. Puis une. Ouf, je suis arrivé. Je suis déjà épuisé de mon voyage, mais il me reste huit heures à tenir. 9h30. Au bureau, ça se calme un peu. Je parle avec mes collègues, ça détourne mes pensées, ça fait du bien. 11h l'heure du repas approche. Il va falloir aller à la cantine. Déjà, les pensées anticipatoires recommencent. Le monde, les regards, les questions. Et si je paniquais devant mes collègues ? Les symptômes physiques reprennent. Mon estomac se noue, ma gorge se serre, mais je n'ai pas le choix, je dois manger. Midi. Mon plateau est devant moi. J'ai choisi du poisson, plus facile à avaler. Nauséeux, j'attrape ma fourchette et me mets à manger mon repas. Il est sans doute appétissant, mais je ne pense qu'à une chose. Revenir au calme, dans le fauteuil de mon bureau. Je mange. Avaler, déglutir, supporter les nausées, les rots, et cette sensation que je vais vomir, rendent la pause méridienne un véritable cauchemar. Seul dans cette spirale, avec la conversation de mes collègues en fond sonore, je reprends le décompte des bouchées qu'il me reste. C'est bon, j'ai fini mon plat. La délivrance. Je peux retourner m'asseoir à mon bureau. L'après-midi se passe. Je ne suis pas dans un état de panique élevé. Mais je reste vigilant quant aux signaux que m'envoie mon corps. 17h. Le temps de revenir à la maison approche. Pourquoi habiter si loin ? Je préférerais tellement pouvoir rester dormir dans le bureau. La fatigue et les angoisses accumulées au cours de la journée me rendent encore plus anxieux. Mon seuil de tolérance va exploser. Je rassemble tout ce qu'il me reste de courage et je prends le métro. Les mêmes schémas qu'à l'aller reprennent. Cette fois, en dix fois pire. Je compte les arrêts. Enfin, je descends pour retourner chez moi. Je marche dans la rue. Les symptômes s'estompent. Je franchis la porte de mon appartement. Il est 18h30. Je suis épuisé. Je n'ai qu'une seule envie, aller dormir. Là, j'ouvre le frigo. Il est vide. Je dois ressortir faire des courses. Je ne sais pas si j'en ai la force. Allez, un dernier effort. Par peur, je n'achète que ce qu'il me faut pour le soir. afin d'éviter de rester trop longtemps dans le supermarché et risquer de faire une énième crise de panique. 19h30, l'heure du dîner. Rien que de penser à ce que j'ai vécu le midi, cela me coupe l'appétit. J'arrive quand même à avaler le peu que j'ai dans mon assiette. 20h, j'essaie de penser à autre chose. Je fais tout pour rester éveillé afin de profiter un minimum du temps libre que j'ai. 22h, je m'effondre, lessivé. Je suis triste, frustré. Mon corps est là, mais mon esprit est ailleurs, Naufragé de mes propres peurs. Je veux que tout s'arrête, prisonnier de ma tête, Libre mais enchaîné dans ma cellule faite de pensées. Chaque jour est une punition, je suis victime d'une malédiction. Je ne profite pas, je subis, je ne vis pas, je survis. Le sommeil comme sursis, je glisse dans les bras de Morphée, En sachant que demain... Tout va recommencer. Voilà, j'espère que ce récit vous a plu et vous a permis de ressentir l'espace d'un instant ce qu'est le trouble panique avec agoraphobie. Si vous vivez ce genre de journée, vous voyez, vous n'êtes pas seuls. Et aujourd'hui, fort heureusement, ce n'est plus aussi difficile pour moi. Dans cet épisode, j'ai essayé de vous décrire au mieux le quotidien d'un anxieux en souffrance. C'est toujours très difficile de décrire ce que l'on ressent. Si j'ai réussi à vous faire ressentir ne serait-ce qu'une seconde ce qui se passe dans la tête d'un anxieux, alors j'ai tout gagné. Chaque personne et chaque trouble est différent. Mais je pense que mon histoire, avec des situations différentes, décrit la vie quotidienne de bien plus de personnes que vous ne le pensiez. Parler de la peur fait peur. Malheureusement, c'est ce qui entretient le tabou autour de l'anxiété. Alors, ensemble... Donnons de la voix à ce qui se vit en silence. Mettons des mots là où il n'y en a pas. Parce que parler de l'anxiété, ce n'est pas l'alimenter. C'est commencer à l'apprivoiser. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi. Si le podcast vous plaît, n'hésitez pas à en parler autour de vous. Et n'oubliez pas, chaque pas compte, même les plus hésitants. Ensemble, faisons de l'anxiété un simple chapitre de votre parcours, et non le titre de votre histoire. Je vous dis à bientôt, dans Même plus Peur, c'était Clément.