- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales. Un podcast où les plantes racontent des histoires et ceux qui les côtoient partagent leur chemin de vie, leurs gestes, leurs mémoires. Aujourd'hui, ce n'est pas un épisode comme les autres. C'est un premier souffle, un pas dans l'inconnu, une façon pour moi de poser la voix avant de l'attendre à d'autres. Je m'appelle Joël et ce podcast est né de mon désir de transmission de liens. et d'un émerveillement grandissant pour les plantes médicinales. Elles ont une voix, une présence, une sagesse qui traversent les âges. Si j'ai choisi de commencer par un épisode avec Myriam Matouchec, ce n'est pas au hasard. Elle m'a beaucoup inspirée pour commencer cette formation de technicienne en herboristerie à l'Alchimie. C'est quelqu'un qui travaille la matière vivante, qui écoute les plantes en les transformant. Quelqu'un dont la pratique est à la fois technique, sensible et poétique. J'espère que cet épisode va vous inspirer autant qu'il m'a inspiré et je vous souhaite une bonne écoute. Les échanges que vous allez entendre sont le fruit d'expériences personnelles, de savoirs transmis oralement et de pratiques individuelles. Ils ne constituent en aucun cas des conseils médicaux ou thérapeutiques. En Suisse et en Europe, l'usage des plantes médicinales à des fins de traitement est encadré par la loi. Ce podcast ne pose aucun diagnostic, ne remplace pas une consultation médicale et n'encourage jamais à interrompre un traitement prescrit. Nous vous invitons toujours à consulter un professionnel de santé qualifié avant toute décision liée à votre santé. Bonjour et bienvenue dans ce podcast Mémoire Végétale.
- Speaker #1
Bonjour Joëlle, merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci à toi. Donc on est dans cette nature magnifique ici à la Vallée de Joux, on entend les petits oiseaux. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors, en quelques mots... Ben voilà, j'appelle Myriam, j'ai l'âge de la retraite. Je vis ici à la Vallée depuis une vingtaine d'années. Ça a été un parcours par étapes pour arriver jusque-là. J'ai commencé ma passion pour les plantes à travers la cuisine, en fait. c'est là que j'ai commencé un peu à cueillir des plantes pour faire des sirops d'abord ensuite des soupes il y a eu toute une étape de famille où j'ai été mère de famille, de trois enfants tout en continuant mes activités et puis j'ai travaillé dans la cuisine quand même dans le collectif pendant pas mal d'années notamment en EMS. Et puis c'est pendant cette période aussi que j'ai découvert mon aspiration à faire des soins. Donc j'ai fait une formation dans les soins aux infirmiers, plutôt en psychogériatrie et en accompagnement de fin de vie. Et ça m'a permis de travailler une quinzaine d'années dans le milieu médical, surtout en gériatrie mais aussi en psychiatrie. Et pendant cette période, je me suis aperçue aussi des limites qu'on avait par rapport à la... médecine qu'on emploie chez nous. J'étais un peu imprégnée, je dirais peut-être par une voie plus spirituelle de l'intérêt pour les plantes et puis la nature en général. Et à 40 ans, comme beaucoup de gens, j'ai eu une petite crise de remise en question. Je me suis dit, tiens, qu'est-ce que je veux faire des 25 dernières années professionnelles ? Et puis c'est là que j'ai un peu exploré, puis j'étais un peu à l'écoute. Et il se trouve que j'avais une amie à l'époque qui avait une droguerie à Lausanne, Sylvie, et puis qui m'a proposé en fait de venir travailler chez elle pendant quelques semaines pour remplacer une de ses apprenties. Dans la même période, j'ai rencontré Patrice de Bonneval au Mednat, qui dirigeait l'école lyonnaise de plantes médicinales et qui ouvrait une classe en Suisse. Et ces deux aspects-là qui ont créé une conjonction favorable. En abrégeant un petit peu, ça a été sur quelques mois cette transition, mais j'ai laissé de côté les soins en gériatrie. J'ai commencé à travailler à la droguerie et j'ai commencé ma formation d'herbaliste. avec les gens de l'école de Lyon, mais en partie des gens aussi d'ici, des personnes que Patrice avait recrutées pour donner les cours. Et puis j'ai travaillé en psychiatrie pendant quelques années encore. Et puis ça m'a amenée plus tard, à la fin de la formation. aussi de manière un petit peu spontanée, sans forcément prévoir les choses. Je devais travailler à la clinique Bircher ici à la Vallée de Joux, puis ça ne s'est pas fait pour diverses raisons. Mais ça a pris un temps pour que je comprenne que je devais m'orienter plutôt vers des activités indépendantes. Et c'est là que j'ai commencé à donner des cours ici à la Vallée de Plante. d'abord comestibles, ensuite médicinales. J'ai réouvert mon cabinet de soins ici aussi, là où j'habite. Et puis ensuite, Marc Regnier, qui est le directeur de l'école de l'alchimie, m'a proposé de donner des cours pour l'alchimie.
- Speaker #0
C'est là qu'on s'est rencontrés l'année passée, dans l'atelier de l'alchimie. J'ai eu vraiment un coup de cœur pour les plantes, mais aussi pour ta manière de transmettre. cette connaissance sur les plantes. Comment ça t'est venu cette envie de transmettre et de travailler dans une école plutôt que dans les soins ? Qu'est-ce qui a provoqué ce déclic de transmission ?
- Speaker #1
C'est venu un petit peu naturellement. En fait, c'est les gens qui ont eu des demandes. Parce que je racontais à mes amis que je faisais mes crèmes moi-même, je faisais des choses avec les plantes. Ah, mais tu nous montres, tu nous apprends. Puis ça a commencé par des cours de cosmétique maison, il y a maintenant 23 ans en arrière. C'était des magasins, tout internet, toutes ces marques qui proposent des choses. Donc c'était vraiment tout le début. Et puis, ça a commencé par des petits groupes chez moi, dans ma cuisine, 4-5 personnes. Puis après, ça a pris de l'essor. Puis ça s'est fait un peu comme ça, en fait. Puis après, les plantes comestibles, c'était pareil. des gens m'ont dit « ah mais tu ne nous montrerais pas »
- Speaker #0
puis je me suis rendu compte que en fait ça m'amenait beaucoup de joie de partager et toujours dans l'oralité un peu on en a discuté un petit peu que c'est quelque chose de concret que tu as envie de transmettre qui permet de faire des préparations comment tu te sens vis-à-vis de cette différence un peu entre transmettre d'un point de vue oral avec la pratique et puis transmettre dans des cours plus théoriques comme on pourrait les avoir dans une école.
- Speaker #1
Oui, alors c'est plus compliqué pour moi effectivement dans la théorie. Alors heureusement, je m'occupe en général de la partie un peu pratique pour donner les recettes, pour expliquer les choses, comment ça se passe. Mais je suis beaucoup plus à l'aise dans un labo. Je pense que ça vient aussi de mon expérience en cuisine probablement où je fais beaucoup d'analogies en fait avec ça. On est dans les deux cas. dans des préparations alchimiques, en fait, où on joue avec les éléments. Et puis, je pense que cette expérience-là fait que je suis beaucoup plus à l'aise, en fait. Et puis surtout que j'ai l'impression que la connaissance, elle s'ancre mieux quand on peut mettre en pratique tout de suite.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un souvenir marquant d'enfance avec les plantes ou est-ce que ça t'est venu vraiment plus tard dans la vie ? Est-ce que tu as une... connexion des racines liées aux plantes ?
- Speaker #1
Pas du tout. Ma mère était cuisinière, mais chez les aristocrates. Donc, elle cuisinait plutôt des... Elle préparait plutôt des réceptions, des choses comme ça. Je pense que j'ai été touchée par le beau, par contre, avec elle. Aussi, des beaux lieux dans lesquels on a vécu. En particulier, le château de Corsier. La dernière année, on a vécu... Là-bas, il y avait un jardin absolument magnifique, avec une orangeraie, un verger, il y avait un châtaignier, il y avait des vignes. Et moi, je pense que ce qui m'a connectée aux plantes, c'est beaucoup l'émerveillement de l'harmonie, en fait, que ça dégage. Et puis les parfums, les odeurs, en fait. Les odeurs que j'ai pu assez vite associer à la cuisine et aux préparations.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu choisis les plantes que tu transformes avec cette alchimie ? Est-ce que c'est un choix plutôt intuitif, scientifique, symbolique ?
- Speaker #1
C'est un peu tout. tout ça. Au départ, souvent, c'est un truc un peu mental, comme ça. On se dit, j'ai besoin de cette plante-là, parce qu'il y a telle ou telle propriété. C'est une plante que je peux beaucoup utiliser. C'est une plante que ça peut même aussi être une histoire de rendement, tout simplement. Cette plante-là, elle est près de chez moi, je peux cueillir facilement, etc. Et puis, il y a aussi... L'aspect intuitif, bien sûr. De tout à coup, d'avoir une rencontre, une saison spécifiquement avec une plante, parce qu'elle est plus présente, parce qu'on la voit plus, il y a comme un appel. Après, il y a les contraintes météo, qui ne sont pas négligeables dans ce métier. On a quand même pas mal d'aspects qui nous freinent par rapport à... à l'humidité, mais aussi par rapport à l'état des plantes, dans lequel elles vont être quand on a le temps de le faire. Donc il y a aussi toutes ces notions-là, en fait.
- Speaker #0
Hier, on a eu le privilège de faire une cueillette ensemble avec un groupe. Et puis il y a des plantes qui sont venues à nous pour cet élixir qu'on a préparé. Comment est-ce que tu les as choisis ? Et puis tu peux nous expliquer un petit peu cette cueillette ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a un parcours. C'est-à-dire que quand on fait ce type de cueillette, il va y avoir une première plante qui appelle. Et puis, c'est un peu comme les petits cailloux sur un chemin, comme ça. C'est aussi pour ça qu'on a commencé par la pâquerette, même si on n'avait pas beaucoup. Parce que pour moi... La pâquerette, par exemple, elle a vraiment ce côté de lien entre le soleil et la lune. C'est vraiment une plante qui réagit au soleil, parce qu'elle se referme le soir quand le soleil se couche. Si on la voit dans un pré, sous une pleine lune d'été, on dirait des perles de lune. Elles sont brillantes comme ça. C'est assez magnifique. Et puis, c'est vraiment une plante de la petite fille, pour moi, de la petite fille qui... poursuit son chemin avec l'émerveillement. Puis en fait, elle ne se pose pas trop de questions. Voilà. Et en chemin, évidemment qu'on a croisé d'autres. Et c'était assez étonnant parce qu'en fait, les premières plantes qu'on a accueillies, elles étaient quand même plus proches du sol. L'alchimie, par exemple, ça a été vraiment plus proche du sol. Puis après, on est passé à des plantes plus hautes, plus... Plus élevés, des feuilles d'arbres aussi, des choses comme ça. Le boulot.
- Speaker #0
Le boulot en boisier.
- Speaker #1
Voilà. Mais d'abord, c'était le fraisier, c'est aussi plus bas. Puis il y a eu la reine des prés, la chilée évidemment. Et c'est vrai que ce qui était intéressant hier en particulier, j'ai trouvé qu'il y avait cette connexion avec les arbres qu'il n'y a pas forcément chaque année, en fait.
- Speaker #0
Et puis cette envie de transmettre au travers de cette cueillette, est-ce que c'est des spécialistes qui viennent ? Est-ce qu'ils ont une connaissance des plantes ?
- Speaker #1
Pas spécifiquement, non. C'est un groupe de personnes avec qui je transmets sur les plantes, mais de manière très symbolique aussi, puis très saisonnière. Mais vraiment, ce n'est pas du tout dans un cadre de cours, c'est vraiment une transmission orale comme ça, et pratique quand on fait des choses comme ça. Moi, je pense que ce besoin, en fait, il est venu de recréer une forme de collectivité autour de la cueillette. C'est une activité collective que les paysans font en général ensemble quand c'est le moment d'aller récolter certaines choses. Et puis ça, dans nos milieux modernes, en fait, on est un peu perdus. Moi, je n'ai pas tellement de racines familiales non plus, ni de tribus familiales. Je l'ai recréé avec mes enfants. Mais avant, chez mes parents et tout, il n'y a pas ça.
- Speaker #0
Et ce qui fait qu'il y a des plantes autour de nous qui pourraient en fait nous vouloir du bien, mais qu'on ne connaît pas forcément. Je trouve que c'est intéressant la manière dont on transmet par cette cueillette, de manière assez informelle finalement, et en fonction de ce que les gens ont besoin ou recherchent. C'est complètement différent de l'activité à l'école. Complètement. Avec une base scientifique solide, etc. C'est très complémentaire.
- Speaker #1
Je pense qu'il faut des deux, effectivement. On a quand même besoin aussi d'être rassurés, en fait, maintenant, parce qu'on n'a plus cette confiance, je dirais presque aveugle, dans la transmission ancestrale, ce qui était le cas avant. Les anciens ne sont plus considérés comme des puits forcément de savoir, etc. Et la science peut-être nous ramène à cette confiance, parce qu'on peut vérifier les choses. Alors après, est-ce que ça va bien ou mal ? Ça pourrait se discuter, je pense que c'est une question d'équilibre.
- Speaker #0
Donc quand tu faisais de la cuisine, tu faisais déjà en fait une forme de galénique.
- Speaker #1
Oui, absolument. C'est un soin. J'aime beaucoup cette parole de Jacques Brel. J'étais très étonnée d'ailleurs de découvrir ça de lui. Dans un texte, une fois, qui dit que la cuisine, c'est un laboratoire de tendresse pour les autres. Et pour moi, c'est vraiment ça. C'est une manière de prendre soin, en fait.
- Speaker #0
Tu as beaucoup cuisiné justement dans des retraites. dans des stages sur les plantes médicinales. C'est marrant cette séparation entre, d'un côté le cours, on étudie une plante, et d'un autre côté, on va la manger au repas, sans finalement prendre conscience que ces deux éléments sont complètement liés et essentiels à notre santé.
- Speaker #1
Après, il y a souvent des personnes qui me demandent dans les sorties plantes, est-ce que si on mange une plante, on apprend mieux à la connaître ? probablement qu'il y a quelque chose de ça.
- Speaker #0
Elle devient nous.
- Speaker #1
Oui, elle devient nous. Oui, oui. Et puis, son goût, sa saveur, son parfum, sa texture, tout ça, c'est des choses qui vont nourrir nos sens. Et puis, les sens, c'est quand même la voie royale pour l'apprentissage.
- Speaker #0
L'expérimentation. Oui. D'être dans le toucher, dans la pratique. Et c'est cette forme de transmission que j'ai l'impression qu'on peut avoir quand... on est dans le concret et quand on est dans cette transmission orale, que peut-être les créés, on parlait aussi d'Internet, les réseaux, peut-être ne retransmettent pas complètement. Oui. Quelle est ta vision par rapport à ça ?
- Speaker #1
Alors, c'est sûr que si vous regardez une vidéo d'une information qui dure 5 minutes sur l'identification d'une plante, c'est un premier pas. Peut-être si vous êtes déjà familier. avec cette plante et puis que vous la désherbez peut-être déjà, je pense par exemple pour l'hier terrestre, il y a peut-être des choses que vous allez pouvoir vous connecter plus facilement quand la personne va vous dire, ben tiens, ça sent comme ça ou ça a ce goût-là. Mais pour quelqu'un qui n'a aucune connaissance, je pense que ça va être difficile parce qu'il y a aussi une forme de légitimité, de droit à cueillir. Il y a aussi beaucoup de peur, je crois que les gens aussi... ont très peur, en fait. On leur a beaucoup conditionné à avoir peur de la nature, parce que c'était dangereux, pour diverses raisons. Je n'ai pas de réponse, forcément, par rapport à ça.
- Speaker #0
À l'avènement du tourisme, c'était ça aussi. Puis ensuite, on s'est acclimaté avec cette montagne, on a osé la gravir, etc. Tu penses que... Les plantes aussi, on va pouvoir faire ce chemin, cette voie pour les redécouvrir ?
- Speaker #1
Oui, je crois qu'il y a un réel mouvement pour aller vers ça. Après, il y a aussi, je pense pour les professionnels cueilleurs, herboristes, professionnels aussi, on a un rôle aussi à jouer dans la prévention pour que les gens ne fassent pas non plus trop de bêtises par rapport à la cueillette, au piétinement aussi. On s'est quand même rendu compte que même pour aller voir une plante rare, même si vous ne la cueillez pas, en fait, si vous êtes avec 3, 4, 5, 10 personnes, vous allez vraiment complètement piétiner autour. Et puis le piétinement, d'une part, il va détruire d'autres plantes, mais il va aussi tasser le terrain. Et dans certains cas, si on prend par exemple les orchidées, ou certaines plantes qui sont plus sensibles, ça va freiner la production. la croissance, etc. Donc, il y a un engouement, mais je reste prudente en disant que c'est une éducation.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais transmettre, justement, à ces personnes qui nous écoutent quand ils ont envie d'aller en nature, ils n'ont pas forcément des connaissances, à quoi il faut faire attention et puis qu'est-ce qu'ils peuvent... Qu'elle est lente et tu as envie de leur donner par rapport à ces cueillettes.
- Speaker #1
Alors je dirais regarder, c'est vraiment l'observation qui est le premier geste pour aller vers la nature. C'est vraiment observer, regarder où vous marchez, marcher aussi un peu plus à pieds nus ou avec des chaussures moins, vous n'êtes pas protégé de la nature parce que vos sensations au niveau des pieds vont vous donner aussi des informations. Si vous voulez aller vers une plante, regardez ce qu'il y a autour pour ne pas tout piétiner. Voilà, sentez ce qu'il y a. Puis laissez-vous toucher, c'est-à-dire... C'est comme quand on va vers quelqu'un dans une rencontre. On peut aller avec une forme d'avidité, c'est-à-dire de vouloir saisir ce que la personne peut nous proposer. Ou alors on peut laisser le mouvement inverse se faire, c'est-à-dire se laisser saisir, se laisser prendre par ce qu'on observe. Et ça, ça nous permet de calmer les choses et de faire avec plus de patience, plus de pondérance aussi. Et puis bon, il y a beaucoup, beaucoup de gens maintenant qui font des sorties. Adressez-vous à des professionnels, des gens qui ont vraiment de l'expérience et puis des connaissances qui peuvent faire l'intermédiaire.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a beaucoup de plantes toxiques qui seraient dangereuses ? Est-ce que ces peurs, elles sont fondées finalement ?
- Speaker #1
Alors oui, on a quand même chez nous en Suisse, je dirais une dizaine de plantes vraiment bien toxiques, dont quelques-unes qui sont vraiment mortelles. à toute petite dose. Et puis, il y en a pas mal d'autres qui ont une certaine toxicité, mais disons que, voilà, vous n'allez pas mourir, mais vous allez être malade. Mais par rapport à la quantité de plantes qu'on a, sur les 3500 plantes répertoriées, il y en a environ 70 qu'il faudrait peut-être connaître. Si vraiment vous voulez faire de la cueillette, c'est plus facile de connaître celle-ci. Et puis surtout les grandes dangereuses qu'on a par chez nous, comme les acolytes, l'acidule, les muguels, les belladones, parisettes, etc. Des plantes comme ça. C'est plus facile avec les plantes qu'avec les champignons, quand même. Il y a un engouement aussi pour la cueillette des champignons, avec malheureusement aussi des dérives un petit peu par rapport à ça. Mais les plantes en elles-mêmes, elles ne sont pas dangereuses. Elles sont dangereuses pour nous, pour les usages qu'on en fait. C'est toujours une question de dosage.
- Speaker #0
Elles véhiculent un imaginaire aussi, ces plantes. La ségule, la belladonne, on les lie un peu aux plantes de sorcières, dans l'imaginaire collectif.
- Speaker #1
Oui, il y a eu un peu un gros mélange entre les personnes qui connaissaient les plantes qui savaient les utiliser en médicinal, mais peut-être aussi, parfois aussi pour empoisonner des gens, etc. On a eu quand même toute une période en Europe où le poison était l'arme préférée pour faire de la place chez les nobles, par exemple. Je ne sais pas si au niveau des populations rurales c'était aussi beaucoup utilisé, mais en tout cas dans l'aristocratie c'était assez fréquent. Et il y avait des gens qui étaient... spécialistes en fait de l'usage de ces plantes. Maintenant, ce sont des plantes qu'on utilise pour les anesthésies, comme antidouleurs, pour la chimiothérapie. Donc, elles restent présentes en fait dans notre pharmacopée, mais avec un usage très contrôlé. Mais ce que tu dis, il y a juste une vision un peu mystérieuse. Je crois que ça vient toujours du fait qu'on n'a pas la maîtrise. Et quand on n'a pas la maîtrise, ça nous fait peur.
- Speaker #0
Ça donne un peu de pouvoir aussi à des personnes qui ont ces connaissances-là. Peut-être que c'est ça aussi qui peut faire peur.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Après, le monde a quand même changé. Et puis la manière dont on règle les problèmes peut-être aussi.
- Speaker #0
Tu veux dire qu'on empoisonne moins de personnes ?
- Speaker #1
Je pense, oui, très clairement. Je pense que dans certains cas... Je ne sais pas si je pense à des situations peut-être familiales, compliquées, ou des choses comme ça, où on avait peut-être recours à ce genre de pratiques. Maintenant, on a des lois, on a des avocats, on a des possibilités de faire les choses autrement. Et puis surtout, on a des autopsies et des laboratoires chimiques qui peuvent assez rapidement détecter aussi certaines choses, ce qu'on n'avait peut-être pas avant.
- Speaker #0
Et peut-être des connaissances aussi différentes sur les composés des plantes ?
- Speaker #1
Oui, alors je pense que ça aussi, parce que là, ça reste quand même toujours un petit peu un mystère sur comment on a appris à connaître les plantes. On a quand même des traces très, très anciennes de l'usage des plantes médicinales, notamment en Europe à l'époque. On connaissait à peine le feu et on utilisait déjà, on a trouvé des traces par exemple d'achilles millefeuilles, d'autres plantes, on a trouvé par exemple des branches de tilleul dans les feux et des choses comme ça. Donc probablement par observation ou par intuition aussi, probablement que l'intuitif était peut-être plus présent chez les humains de cette époque. On observait aussi les animaux, comment ils se traitaient avec les plantes, mais on ne connaissait pas leur composition. La composition d'une plante, vraiment au niveau chimique, ça a commencé il n'y a pas si longtemps que ça en fait, ces connaissances-là. On savait déjà qu'en triturant une plante dans un mortier ou avec un caillou, avec de l'eau ou un autre solvant, on allait extraire autre chose parce qu'on observait bien que l'odeur changeait, qu'on avait une autre couleur, le goût était différent et puis qu'on avait quelque chose qui était beaucoup plus fort, beaucoup plus concentré. Donc ça, je pense qu'on a observé assez vite. On peut le faire d'ailleurs en mangeant. Vous pouvez le faire avec du persil, c'est très intéressant. Vous mangez un brin de persil comme ça, mais en le mâchant, comme on mâche très souvent nous, trois fois par année, et puis l'avaler, voilà. Ou alors le mâcher jusqu'à en faire du jus dans la bouche, et de vraiment sentir qu'est-ce qui va ressortir de ça. Toutes les saveurs qu'il y a là-derrière. Et ça, probablement que ça a permis de se dire, tiens, si je reproduis cet effet de la mastication, avec une trituration par exemple, avec de l'eau, je vais pouvoir concentrer certaines choses qui me font du bien, ne serait-ce qu'au niveau du système digestif.
- Speaker #0
On s'est rendu compte après avec la chimie qu'on a pu démontrer des effets de certaines plantes des siècles plus tard.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Moi ce qui me fascine c'est cette transmission qui a été faite au fil des siècles sur les plantes et puis qui est toujours présente. Malgré l'absence de texte à un moment donné, ça a continué à se transmettre, comme tu disais justement, dans les communautés, en échange, en discutant sur les expériences avec différents types de plantes. C'est quand même fascinant comment ça s'est transmis au fil des siècles.
- Speaker #1
Oui, puis même si chez nous, alors c'est vrai qu'on dit beaucoup qu'on a perdu les connaissances, c'est vrai qu'on a moins, voire très très peu, cette lignée de connaissances ancestrales comme on a par exemple dans la médecine chinoise ou la médecine ayurvédique, qui a gardé en fait ce lien-là. Mais disons que la phytothérapie reste la médecine la plus utilisée sur la planète encore. Et puis là, je parle de phytothérapie classique, ce n'est pas forcément la phytothérapie chimique. Comme on peut avoir aussi, on a quand même plusieurs types de phytothérapie. Et puis ça, je pense que de manière globale, ça a permis de garder un lien. C'est aussi des gens qui ont beaucoup voyagé. on a quand même toujours voulu voyager. Probablement que les premières personnes qui ont ramené, par exemple, des feuilles de thé, qui ont commencé à faire du thé, se sont aperçues aussi des effets. Il y a quelques plantes médicinales qui ont gardé leurs lettres de noblesse, on va dire, qui sont restées présentes dans nos habitudes quotidiennes. Et puis par contre, d'autres choses qui ont été mises de côté. Après, je pense qu'il y a plusieurs raisons.
- Speaker #0
C'est fou, surtout les plantes digestives ou apéritives, on voit qu'elles sont encore là. On va prendre un vin apéritif ou une liqueur digestive sans vraiment comprendre d'où est-ce que ça vient cette pratique. On va prendre par exemple la gentienne, j'ai eu une rencontre avec la gentienne récemment. elle est vraiment apéritive et puis on va pouvoir la boire et stimuler en fait sa sensation de faim, moi ce qui m'a vraiment beaucoup apporté, mais sans vraiment en avoir conscience quand on boit l'apéro en gros, comment ça se fait finalement qu'elles sont restées là, elles sont autour de nous, en fait. Mais on n'a plus conscience de pourquoi on fait ces gestes-là, de pourquoi on consomme tel ou tel, par exemple, vin médicinal, ou liqueur digestif.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une raison pour laquelle c'est resté, peut-être plus que des plantes justement pour le système hormonal, pour le système nerveux ou autre, c'est que notre lien avec le système digestif, il est direct. En fait, on a une peau à l'extérieur qui nous protège et qui nous isole de notre environnement extérieur. Puis on a une peau à l'intérieur qui est l'autre interface avec l'extérieur. Alors elles ne sont pas la même nature, elles n'ont pas la même fonction, mais en fait cette voie intérieure, cette ouverture intérieure sur le monde fait qu'on absorbe le monde par ce qu'on avale et on transmute ça. En fait, dans notre système digestif, on est des grands alchimistes. On va utiliser l'eau, le feu pour extraire de la terre des minéraux, des vitamines, plein de choses comme ça, des fibres. Et puis cette alchimie fait qu'on est resté en contact de manière beaucoup plus directe avec ces plantes-là. Je pense que c'est vraiment ça, en fait. Aussi par obligation, parce qu'on a quand même une petite tendance, les êtres humains, Dès qu'on est un peu dans l'abondance à exagérer. Et puis dans l'exagération, quand on quitte la tempérance, on a besoin de ces plantes pour un petit coup de main.
- Speaker #0
Par exemple, après un repas, qu'est-ce que tu prendrais ?
- Speaker #1
L'argentienne, moi j'aime beaucoup, par exemple. De temps en temps, un peu l'absinthe aussi, même si c'est une plante qui est moins facile, parce qu'elle a un effet au niveau neuronal plus fort.
- Speaker #0
La menthe, peut-être ?
- Speaker #1
Alors, moi, je ne suis pas très fan de la menthe. Mais pourquoi pas dans un mélange, etc. Oui, oui, pourquoi pas. Un mélange de plantes, alors, avec des plantes du système digestif. Moi, je partirais plutôt sur le fenouil, le cumin, ou même des graines d'apiacé, en général. Elles sont intéressantes pour le système digestif. après les repas. Les graines de berce, par exemple, peuvent être intéressantes, le liqueur. Il y a cette amertume et puis ce côté un peu peau d'agrume, peau de monarine, qui fait penser un petit peu si on pourrait la mélanger, on pourrait faire une liqueur, ça serait une idée de faire une recette avec ça, avec la racine de benoît urbaine, qui a ce goût un peu de girofle, et puis peut-être y intégrer une plante un peu douce, comme du mélilot. puis faire une liqueur avec ça, où il y aurait un peu le côté juste amer, le côté aussi digestif de la beaune ouate, et puis le mélilo pour venir un peu adoucir, puis faire circuler un peu les choses. Ça sera intéressant.
- Speaker #0
On en vient à une question difficile pour toi,
- Speaker #1
je sais,
- Speaker #0
mais je te demande quand même, quelle est ta plante médicinale préférée qui t'accompagne, qui te touche particulièrement,
- Speaker #1
et pourquoi ? La première qui me vient, c'est toujours l'ortie, parce que c'est une des premières avec qui j'étais en contact. C'est une plante tellement présente autour de nous, partout où on est, partout où l'être humain s'installe. Avec une relation au vivant, il y aura des orties. Après, si le jardin est trop propre, trop nickel et tout, je n'y crois pas. Mais on peut les installer. Ce n'est pas une catégorie de propriété qui est tellement intéressante. Par exemple ? Au niveau nutritif, elle est extrêmement riche en acides amines et en protéines. Elle contient beaucoup de vitamines aussi, beaucoup de sels minéraux, dont du potassium, du magnésium, du calcium, aussi de la silice. elle va contenir aussi des des Elle va aussi avoir des propriétés anti-inflammatoires, diurétiques. Elle peut être diurétique, elle va amener de la vitalité, de l'énergie, dans les périodes de transition un petit peu hormonale, par exemple chez la femme. Ça peut être chez les femmes, par exemple, qui ont des règles trop abondantes, comme elle est très riche en fer. Elle va aussi amener des nutriments suffisants. Elle amène aux pauses aussi, elle est intéressante. parce qu'elle va basifier, donc elle va éviter cette suracidification qu'on vit souvent à la ménopause. Voilà, c'est une plante qu'on va retrouver dans beaucoup de préparations. En fait, s'il y en avait une à garder, ça serait celle-là.
- Speaker #0
Et comment est-ce que tu la conserves ? Parce que j'ai vu que tu en avais un petit peu autour de chez toi.
- Speaker #1
Oui, j'en ai pas mal, parce que j'utilise pas mal les graines, en fait, l'hiver surtout. Pour nous, pour l'alimentation, mettre dans les gommasios, mettre dans les mélanges de galettes, de pain, etc. Je redonne beaucoup à mes poules aussi, l'hiver,
- Speaker #0
les acides aminés.
- Speaker #1
Voilà, c'est l'aminé, ça amène pas mal de choses. Autrement, je ramasse les jeunes pousses, pour s'en rendre à la taille quand même souvent. Les jeunes pousses, on peut les consommer toute l'année. Et puis ça, moi, j'aime bien les préparer en alimentation. On peut les sécher, évidemment. Même si l'ortie sèche en feuilles, c'est moins bon que la fraîche quand même. Mais la poudre d'ortie, elle peut avoir plein d'usages de feuilles. On peut l'utiliser, par exemple, pour faire des mélanges pour les cheveux, faire des cataplasmes. en cas d'eczéma, de psoriasis. Elle peut être utilisée aussi pour des personnes qui souffrent d'acné. On peut faire des lotions, on peut faire des vinaigres avec l'ortie, mais des vinaigres médicinaux.
- Speaker #0
Donc comment est-ce que tu fais un vinaigre médicinal ? Si quelqu'un se dit, oui, ça m'intéresse tout ça, j'ai envie de faire un vinaigre médicinal. Comment est-ce que tu fais ça ?
- Speaker #1
Alors, prenez du vinaigre de cidre, du bon vinaigre de cidre, de bonne qualité.
- Speaker #0
Et comment on sait que c'est un vinaigre de qualité ?
- Speaker #1
Alors, il doit avoir environ 5 à 6 % d'acidité à peu près. Cela doit être si possible fait avec des pommes bio, évidemment, pour qu'il n'y ait pas les produits chimiques qu'on retrouve dans le jus de pommes, surtout quand elles sont pressées. Alors, le vinaigre, en général, il se fait avec des pommes entières qui sont coupées en petits morceaux, pressées. Et puis normalement, dans les vinaigres en tout cas artisanaux qu'on faisait avant, on mettait la mer de vinaigre déjà dans la première presse, c'est-à-dire qu'on n'enlevait pas forcément le reste des pommes au fond. Maintenant, ça se filtre quand même beaucoup plus. Mais on voit aussi qu'un bon vinaigre, en particulier de cidre, il va avoir un petit dépôt au fond de la bouteille. Et ça, c'est naturel, et puis ça montre qu'il est vivant, en fait. D'ailleurs, si vous le laissez traîner un peu, vous aurez assez rapidement une mer de vinaigre que vous pouvez vous utiliser après pour faire vos propres préparations. Ensuite, ce vinaigre, vous le filtrez une première fois. Vous allez mettre des plantes soit entières, soit coupées dans un bocal. Ça, ça va dépendre des types de plantes que vous utilisez. Et puis vous allez couvrir de vinaigre, tasser un peu pour que ce soit bien imbibé. Il faut bien l'imbiber. On va laisser une petite quantité de vinaigre surnager au-dessus des plantes pour qu'elles soient toujours bien immergées. Et puis vous allez fermer le bocal et laisser ça dans un endroit tempéré pendant une vingtaine de jours. Au bout de 20 jours, on contrôle. Alors vous pouvez aller dire bonjour entre deux, voir comment ça se passe, s'il n'y a pas trop de fermentation. Normalement avec le vinaigre, ça se passe assez bien, c'est plus facile qu'avec l'huile. Et puis vous filtrez en pressant bien les plantes. Et puis après c'est à bien de cuire un petit peu le vinaigre pendant quelques minutes, pour stabiliser en fait, parce que comme c'est vivant, autrement ça continue de fermenter.
- Speaker #0
Donc le cuire avec un court bouillon ?
- Speaker #1
Oui, dans une casserole simplement. Vous faites bouillir 2-3 minutes, puis après vous le mettez en bouillie. bouteille.
- Speaker #0
Et ça s'utilise par voie interne ? Est-ce qu'on le boit ?
- Speaker #1
De manière par voie interne, à raison d'une à trois cuillères à soupe par jour dans de l'eau, par exemple. Le matin, une bonne cuillère à soupe dans une tasse d'eau chaude peut être intéressant pour nettoyer l'organisme, redonner de la vitalité, il y aura des minéraux, il y aura pas mal de choses, comme le vinaigre est composé en grande partie d'eau, donc il y a une extraction aussi dans l'eau. Et puis après, pour les cheveux, soit en lotion capillaire quotidienne. Donc là, vous pouvez diluer un petit peu, puis frotter le cuir chevelu. Ça va stimuler la pouce. Ou bien l'utiliser en rinçage après votre shampoing mensuel ou hebdomadaire. Vous pouvez l'utiliser aussi dans les bains de pied. On peut mettre ça, par exemple, dans un bain de pied. Vous en mettez un ou deux décis.
- Speaker #0
Dans un litre d'eau.
- Speaker #1
Alors, faites un bain de pièges de 2 litres, 2 litres d'eau. En général, il faut quand même un minimum. Ne faites pas une grosse bassine de 10 litres, tout le monde, ça va se perdre un petit peu. Puis, l'utiliser en compresse aussi, sur les piqûres d'insectes.
- Speaker #0
sur des des bartres un peu tous les problèmes de peau aussi c'est intéressant l'ortie merci beaucoup pour toutes ces recettes qu'on s'est joué de tester pour ma relation avec les orties c'est vrai que j'ai eu de la peine même quand on l'a vue en promenade en cueillette c'est une plante qui doit s'apprivoiser quand même je dirais que c'est pas la première que j'avais envie à qui faire un câlin disons Comment est-ce que tu cueilles une orteille pour que tu ne te fasses pas piquer ?
- Speaker #1
Bon, alors, si vous en faites des cueillettes en grande quantité, en général, mettez des gants. Mais si vous voulez cueillir comme ça juste les pointes quand elles sont toutes jeunes, on peut tout à fait les cueillir à main nue. Donc, c'est important d'y aller de manière franche, d'être vraiment présent à ce que vous faites. et on va juste... Vous pincez la tige qui est sous les quatre dernières feuilles. Vous pincez la tige comme ça. Vous allez écraser les quelques aiguillons qui contiennent de l'histamine et de l'acide formique. Et puis, on peut couper à ce moment-là la plante comme ça. Après, des fois, on se fait piquer par les feuilles qu'il y a au-dessus ou celles qui sont à côté. Après, les piqûres d'ortie sont bénéfiques. Je pense que... à part les personnes qui ont vraiment une allergie forte à l'histamine, c'est plutôt quelque chose qui va soigner, qui va faire du bien, en tout cas de manière locale.
- Speaker #0
On est arrivé au bout de cet entretien. Est-ce que tu aimerais partager quelque chose, toujours dans cette idée de transmission, avec les personnes qui nous écoutent ? Quel serait ton message ? Tu aimerais qu'ils en portent avec eux ? précieusement comme une petite pierre, quelque chose qui vont garder de cet échange avec toi.
- Speaker #1
Aller dans la nature avec beaucoup de réserve, enfin pas de réserve, c'est pas le terme, beaucoup d'humilité. Aller dans la nature avec l'humilité. Et puis laissez-vous toucher par la grandeur, par tout ce qu'il y a sous vos pieds, toutes ces racines qui sont sous nous. pieds qui sont entrelacés. Si on se connecte à ça, on sent bien que les racines du freine qui est juste à côté de nous, elles viennent très très loin. Pour tenir sa hauteur, il est obligé d'avoir presque autant de masse dessous. Et puis, toutes les plantes du jardin, même le gazon, tout ça, c'est entrelacé, entremêlé. Et puis ça, ça montre bien à quel point les liens entre nous sont importants. Puis les plantes, elles nous montrent ça, en fait. C'est par l'observation et puis par la patience et puis le temps qu'on nous donne pour aller dans la nature.
- Speaker #0
Qui s'autorise à être en lien. Merci beaucoup. C'était un échange très riche. Je te remercie de... de tout ce que tu partages, de tout ce que tu transmets pour que d'autres personnes puissent avoir des connaissances de ces plantes et puissent bénéficier pour leur vie.
- Speaker #1
Merci. Merci Joël de favoriser cette transmission. C'est précieux.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales. Si ces voix, ces récits et ces gestes vous ont touchés, vous pouvez vous abonner et partager cet épisode. à une personne qui pourrait, elle aussi, suivre la voie des plantes médicinales. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme d'écoute préférée. Cela nous aide beaucoup dans cette mission de transmission de savoir. C'est ainsi que les histoires circulent et que les plantes continuent de murmurer à l'oreille de ceux qui prennent le temps de ralentir pour les écouter. À bientôt pour un nouvel épisode !