- Joelle Mastelic
Bonjour et bienvenue dans Mémoire Végétale, la voix des plantes médicinales, un podcast où les plantes racontent des histoires et ceux qui les côtoient partagent leur chemin de vie, leurs gestes, leurs mémoires. Je m'appelle Joëlle et ce podcast est né de mon désir de transmission, de lien et d'un émerveillement grandissant pour les plantes médicinales. Elles ont une voix, une présence, une sagesse qui traverse les âges. J'espère que cet épisode va vous inspirer autant qu'il m'a inspiré et je vous souhaite une bonne écoute. Les échanges que vous allez entendre sont le fruit d'expériences personnelles, de savoirs transmis oralement et de pratiques individuelles. Ils ne constituent en aucun cas des conseils médicaux ou thérapeutiques. En Suisse et en Europe, l'usage des plantes médicinales à des fins de traitement est encadré par la loi. Ce podcast ne pose aucun diagnostic, ne remplace pas une consultation médicale et n'encourage jamais à interrompre un traitement prescrit. Nous vous invitons toujours à consulter un professionnel de santé qualifié avant toute décision liée à votre santé. Bonjour et bienvenue sur Mémoire Végétale, la voie des plantes médicinales. Bonjour Christophe.
- Christophe Bernard
Bonjour Joëlle.
- Joelle Mastelic
J'ai la joie d'être avec toi aujourd'hui, donc Christophe Bernard. Est-ce qu'on ose dire herbaliste, herboriste, comment vous dites en France ?
- Christophe Bernard
Alors moi, j'ai fait mes études aux États-Unis et mon titre officiel, c'est herbaliste sans le E à la fin parce que c'est herbaliste, c'est la version anglaise. C'est vrai qu'en France, on a adopté le terme herboriste et on essaie de l'appliquer aux différentes filières de métiers. Et finalement, moi, vu que je suis praticien, mon terme aujourd'hui serait plutôt praticien en herboristerie, mais j'accepte herbaliste aussi.
- Joelle Mastelic
Moi, je suis une apprentie, technicienne en herboristerie, et c'est vraiment un grand plaisir d'être avec toi ici devant les Dents du Midi.
- Christophe Bernard
On est dans un cadre magnifique et on va parler de mon sujet favori, donc la vie est belle.
- Joelle Mastelic
On est ici dans les Alpes suisses, tu as participé au Salon de la Santé par les Plantes hier. Quel était le sujet de ta conférence ?
- Christophe Bernard
Je voulais parler d'un sujet qui me tient à cœur ces dernières années, c'est de... bien vieillir dans un monde qui est en changement perpétuel et dans lequel les choses changent tellement vite qu'on a du mal à comprendre ce qui nous arrive en fait. Et on voit apparaître tout un tas de maladies chroniques dégénératives avec des causes multifactorielles et je voulais poser à plat tout ce qu'on sait aujourd'hui et essayer de faire sens de tous ces facteurs de risque et de voir comment on pourrait créer des programmes de prévention. J'ai eu beaucoup de mal à faire cette présentation en une heure, mais j'ai créé un modèle de réflexion que j'utilise moi-même pour ma propre vie et puis je l'ai présenté au public.
- Joelle Mastelic
Je crois qu'il y a eu un grand nombre de personnes qui ont participé à ces conférences avec une belle journée ensoleillée à Morgin. On a eu de la chance en tout cas de pouvoir assister à ces différentes conférences. Mais habituellement, ton terrain de jeu avec les plantes, ce n'est pas les Alpes. Où est-ce que tu travailles habituellement ?
- Christophe Bernard
Alors moi, je travaille en Provence dans un département qui s'appelle le Vaucluse. J'y suis né, c'est mon département de naissance. Et après quelques pérégrinations en Amérique du Nord, je suis revenu entre guillemets à la maison. Et j'ai appris à redécouvrir un écosystème que j'avais bien connu quand j'étais gamin avec des... Des odeurs, des textures que je connaissais bien, qui étaient ancrées dans ma mémoire, mais je suis venu les réexplorer avec un œil nouveau, l'œil de l'herbaliste, de l'herboriste. Et ça a été une belle rencontre et redécouverte, je dois dire. J'y suis depuis une quinzaine d'années. Avant, j'ai passé une quinzaine d'années aux États-Unis et au Canada, deux ans au Canada, 13 ans aux États-Unis, dans différents États. J'ai été exposé à des flores multiples, depuis les flores des grandes forêts de l'Est et du centre américain jusqu'au terrain absolument désertique de la Californie du Sud. Et puis retour en Provence, un terrain décidément très aride, mais qui regorge de plantes médicinales et de plantes aromatiques. Tu vois, ça m'a fait bizarre quand j'étais aux États-Unis, dans ces zones très arides, de ne pas trouver les aromatiques que je connaissais de chez moi. Je m'attendais à voir du thym, du romarin, de l'origan, de la sarriette. Et il n'y avait aucune de ces plantes. Il y avait bien d'autres plantes aromatiques, bien sûr, mais pendant plusieurs mois, j'ai cherché du romarin, par exemple. Je me suis dit, non, ça ne pousse pas ici. Pas de romarin, pas de thym, pas de sarriette. Et du coup, ça m'a fait plaisir de revenir dans les collines de Provence pour les retrouver.
- Joelle Mastelic
Tu disais que tu les as retrouvées et que tu redécouvrais ces plantes en posant un autre regard. Qu'est-ce qui t'a permis de les découvrir la première fois, avant de les redécouvrir après les États-Unis ?
- Christophe Bernard
La première fois, c'était pendant mon enfance. Moi, je suis un gamin des années 70. C'est encore une belle décennie où les gamins, en début de journée, je ne sais pas si tu as connu ça, mais ta mère te disait « Allez, dégage, vas jouer dehors » ! Et puis, on disparaissait un petit peu avec nos vélos, nos patins roulette ou juste chez moi dans la garrigue où on allait grimper dans les rochers. Des fois, se mettre à quatre pas dans des grottes et prendre des risques qui ne valaient mieux pas, dire à nos parents. Et les aromatiques sont un petit peu partout. C'est-à-dire qu'on joue, il y a des parfums, il y a des odeurs. J'ai des grands-parents à l'époque aussi qui font des choses parce que... Ça s'est toujours fait chez eux. On ne parlait pas de naturalisme. Ce n'était pas un effort qu'on faisait. Mais voilà, ma grand-mère allait ramasser le thym, et puis la lavande et le tilleul. Et puis mon grand-père connaissait les champignons et un petit peu les mousses. C'était un chasseur aussi, mais un chasseur du dimanche. Il chassait pour marcher beaucoup, pour sortir son casse-croûte à midi et surtout pour aller ramasser les champignons. Et donc, moi, je traîne très souvent avec eux parce que parce que mes parents bossent et j'adore mes grands-parents. C'est comme des parents pour moi à l'époque. Ils m'emmènent un peu partout. En particulier, ils m'emmènent dans un département qui s'appelle les Alpes de Haute-Provence. Et ça aussi, c'est un terrain de jeu que j'ai beaucoup aimé parce qu'on y allait toutes les fins de semaine, on allait voir des grands-oncles et des grands-tantes dans des petits villages. Tout était rythmé, pas par la nature, mais par des habitudes qui étaient très reliées à la nature. Par exemple, je me souviens, il y avait la période où on ramassait le tilleul. Il y avait des tilleuls sur la place du village et donc on sortait des grands draps et puis on allait ramasser une grosse poche de tilleul dans le grand drap. Et puis ma grande tante allait étaler ça sur des lits dans sa maison de village. Et donc il y avait des périodes où les lits étaient occupés. Alors c'était des chambres d'amis, tu vois, mais il y avait des draps et puis il y avait des gros tas de tilleul et puis de thym et de lavande. Et donc ça sentait bon. On faisait ça. Donc, gamin, j'ai fait ça. Pas parce que j'adorais les plantes, mais parce que j'adorais mes grands-parents. Et parce que c'était chouette. Donc, tu étais dans la nature, tu étais bien, tu ne savais pas pourquoi. Parce que tu étais dans la nature. Et aujourd'hui, on se coupe de plus en plus et on n'est pas bien. On n'est pas bien et on sait pourquoi. Parce qu'on n'a plus ce contact-là qu'on avait avant. Donc, j'ai connu ça quand j'étais enfant. Après, quand j'étais ado, je suis tombé amoureux des mathématiques et des sciences. J'étais un vrai geek.
- Joelle Mastelic
Complètement autre chose.
- Christophe Bernard
Oui, je me suis pris de passion pour l'informatique. J'avais peut-être 13 ans et j'ai acheté un des premiers ordinateurs qui arrivait en France, qui était un Commodore 64.
- Joelle Mastelic
J'avais le même.
- Christophe Bernard
C'est vrai? Oui, on doit être un peu de la même génération. Je pense qu'on est de la même génération. Et donc, je me suis mis à programmer sur cet ordinateur. Oui, j'avais 13 ou 14 ans. Et puis plus tard, j'ai fait des études plutôt mathématiques avec pas mal de sciences, juste parce que j'adorais ça. Et donc, ça a été une première carrière que j'ai faite dans l'informatique.
- Joelle Mastelic
Les télécoms aussi ?
- Christophe Bernard
L'informatique et les télécoms. Je suis tout de suite parti en Amérique du Nord parce que je n'ai pas trouvé de travail en France. C'était une période où il y avait beaucoup de chômage. Donc, j'ai envoyé mon CV à pas mal de sociétés et personne n'a été intéressé. Et par contre, déjà en Amérique du Nord, tu vois, c'était les balbutiements de l'Internet. 1995, c'est mon premier emploi. Je pars à Ottawa, au Canada. Et j'ai la tête dans l'informatique et j'adore ça. J'ai adoré. J'ai une première carrière. J'ai adoré ça.
- Joelle Mastelic
Qu'est-ce qui t'a fait venir aux plantes justement, revenir vers ces plantes ?
- Christophe Bernard
Et bien écoute, après quelques transitions aux États-Unis, au travers de différentes sociétés et différents emplois qui m'ont amené un petit peu plus dans le management de la technologie, que j'ai adoré faire d'ailleurs, une partie de ma carrière c'était un petit peu plus du marketing, développement business, tout ça. J'ai adoré ça aussi. Mais à un moment, j'ai eu pas mal de... J'ai du mal à définir cette période qui est un peu... Je me souviens d'avoir des pensées qui me reviennent. Je me vois en train de préparer des petits sachets de tisane. Je me vois surtout revenir au pays. J'ai un vrai mal du pays à cette époque. Pourtant, j'habite à San Diego. C'est une ville assez formidable. Quand on a des enfants en bas âge, c'était mon cas. Et donc, tout se passe bien, mais j'ai ce mal du pays. Et je suis en train de me demander comment je peux me rapprocher du Vaucluse. Il n'y a pas d'entreprise d'informatique. Il n'y a rien qui me concerne vraiment. Et finalement, c'est les plantes qui viennent me rattraper. J'ai quelques visions où je me vois faire des petits sachets d'infusettes. Et à partir de ce moment-là, je commence à acheter des livres. Je commence à m'intéresser aux plantes médicinales. Et un des trucs qui m'a vraiment attrapé par les tripes, c'est qu'à l'époque, ma mère traverse une... dépression nerveuse vraiment sévère un énorme mal être et moi je suis très loin d'elle et et je lis au sujet du millepertuis et je me souviens encore m'être dit mais c'est absolument incroyable on a une plante qui a des propriétés qui peuvent soigner ma mère de son mal être et à partir de là j'ai du mal à définir mais c'est je tombe cul par dessus tête dans dans les plantes Et moi, je suis un gars qui ne sait s'exprimer. En fait, je ne sais vivre que par l'action. C'est-à-dire que tu me colles dans un livre, ça va durer quelques jours tout au plus. Et après, il va falloir que j'aille dans la pelouse, commencer à couper des trucs, acheter des bocaux, acheter un litre d'alcool, verser, préparer, infuser, transformer.
- Joelle Mastelic
Apprendre par l'action.
- Christophe Bernard
Je ne sais faire que ça. Et du coup, je fais rapidement pas mal d'erreurs et de bourdes.
- Joelle Mastelic
Ce qui t'apprend beaucoup de choses.
- Christophe Bernard
au travers d'un processus itératif. Finalement, j'apprends beaucoup de choses. Et deux, trois ans plus tard, j'ai des placards qui sont remplis de préparations, j'ai des bouquins partout. Je commence à donner des conseils sur le côté parce que tu sais ce que c'est. Tu fais tes études, mais tu commences à devenir celle qui connaît les plantes. Et au fait, j'ai ce petit problème. Qu'est-ce que tu conseilles ? Parce que je dors mal en ce moment. Après, ça va très vite et je commence à donner quelques conseils. Je fais une première école aux États-Unis, qui me donne un certificat et finalement qui me rend un petit peu plus légitime dans cette activité de suivre des gens, de les conseiller sur le long terme. Et il s'avère que ça, ce serait une activité qui restera tout au long de ma carrière, avec des périodes très occupées de consultation, des périodes un petit peu moins occupées, mais ça a été un petit peu le fil conducteur. Et au travers de ce fil conducteur, j'ai bâti d'autres activités autour des plantes. La culture, la transformation, la fabrication de produits. J'ai vendu des graines, j'ai eu une boutique de graines de plantes médicinales pendant plusieurs années. Donc, j'ai eu des trucs qui ont décollé, qui ont ralenti. Donc, sur cette base…
- Joelle Mastelic
Par essai et erreur de nouveau.Par l'action.
- Christophe Bernard
Oui, tu vois, il y a des trucs que j'ai lancés. J'étais persuadé que ça allait être un succès. et puis ça a été des gros...
- Joelle Mastelic
Comme par exemple ? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné comme tu voulais ?
- Christophe Bernard
Par exemple, en 2018, j'ai voulu lancer une petite herboristerie en ligne. Et en 2018, j'ai déjà énormément de gens qui me suivent sur mon site Alta Provence. Et donc, je me suis dit, c'est une évidence. Je pense que les gens me font confiance pour tout ce que je dis. Et pendant à peu près un an, je suis allé voir des petits producteurs, des cueilleurs. Vraiment, on a essayé de remplir la boutique. Alors, boutique en ligne uniquement.
- Joelle Mastelic
Juste avant le Covid, donc ça s'annonce quand même assez bien pour les ventes en ligne.
- Christophe Bernard
Ouais, c'était une belle période et je me souviens, on avait d'énormes sacs partout. Et puis tu sais, quand tu achètes aux petits producteurs et cueilleurs, c'est coupé en gros morceaux. Tu as des corymbes d'Achillée Millefeuille entiers avec quelques feuilles, plein de fleurs. Ça sent bon, j'ouvre des sacs et des sacs partout. J'adore ça. La partie vente dans l'herboristerie, moi c'est une partie qui me chope par les tripes toujours parce qu'on est dans les sens, il y a des parfums, il y a des couleurs, il y a des odeurs. J'ai adoré ça. Et puis, on lance la boutique en ligne. Et l'erreur que j'ai faite, c'est que je n'ai pas trop osé en parler. Je ne me suis pas assumé dans cette nouvelle activité.
- Joelle Mastelic
C'était quoi la peur qu'il y avait là derrière ?
- Christophe Bernard
Je traîne un truc depuis longtemps sur vendeur de tapis. Tu vois, tu vends un truc, ça ne sent pas bon. T'es pas un gars à qui on peut faire confiance. J'étais pas à l'aise avec la vente, je ne me suis pas assumé. J'avais des beaux produits, tu vois, j'avais... c'était vraiment une magnifique boutique et j'aurais dû annoncer ça à toute ma communauté avec fougue et passion, chose que je sais faire, mais là, je n'ai pas fait. Du coup, ça a vivoté pendant quelques mois. On a commencé à perdre nos stocks parce que la durée de vie de certaines plantes, ce n'est pas énorme. Et finalement, au bout d'un an, on a décidé d'arrêter. Deuxième erreur, je pense que j'ai arrêté trop tôt parce que... Des fois, il faut des années avant que ça réussisse. Mais je pense que j'avais tellement de casserole sur le feu, comme on dit chez nous.
- Joelle Mastelic
C'est ça, quand on est passionné, qu'on essaye de commencer plein d'activités.
- Christophe Bernard
C'est ça. Bon, je me suis dit ça, je vais arrêter. Et par contre, une activité, un projet qui a commencé un petit peu comme une blague, parce que je passais mes soirées, figure-toi, à envoyer des graines à mes lecteurs. Parce qu'ils savaient que je cultivais beaucoup, j'avais des photos du jardin. et puis j'ai quand même cultivé à... pas à grande échelle, je ne suis pas un paysan moi, mais à échelle moyenne, j'avais des longues rangées de telle ou telle plante.
- Joelle Mastelic
Tu as fait beaucoup de tests aussi pour savoir si ça s'acclimatait bien dans ton contexte.
- Christophe Bernard
J'ai cultivé du ginseng américain et du ginseng asiatique en Provence, ce qui est une idée complètement saugrenue, mais j'y suis arrivé. Donc, je passe mes soirées à préparer des petites enveloppes de graines que j'envoie cadeau à ma communauté. Et puis, il y a quelqu'un que je connais bien qui me dit mais attends, chaque fois, tu te plains que tu ne gagnes pas ta vie. Et là, tu es en train d'envoyer des graines gratuitement à tes lecteurs. Tu n'as qu'à monter une boutique de graines. Je trouve l'idée complètement farfelue parce que bon, voilà. Mais vu que je suis un geek, en deux heures, j'ai monté un site WordPress marchand, connecté ça au fournisseur de paiement. La boutique est en place et ça, ça a très vite décollé, très, très vite. et donc euh c'est À un moment, je demande à la petite famille de m'aider. Il y a ma mère qui m'aide à compter les graines, à faire les enveloppes. Et tout ça, ça tourne très, très bien. Sauf que c'est un boulot de dingue pour finalement des graines que tu vends quelques francs, quelques euros. Alors, mon comptable me disait, c'est génial, il y a une marge sur le produit. Mais je lui disais, mais attends tu n'es pas avec moi toute l'année au jardin.
- Joelle Mastelic
Pour les ramasser, les cultivations.
- Christophe Bernard
C'est ça. Et puis, il y a une période de l'année, en automne, où tu vas monder tes graines, c'est-à-dire que tu dois les lancer en l'air, tu dois les souffler, et puis moi, je n'ai pas de matériel. Et puis, je ne prends pas, comme d'habitude, je ne prends pas assez de précautions, je ne mets pas un masque, qui fait que quelques années plus tard, je commence à développer de l'asthme à cause des poussières que j'ingère. Puis, je commence à faire des réactions de peau, parce que trier les graines de chardon-marie, par exemple, c'est l'horreur. Tu as du poil à gratter partout, et au bout d'un moment, ma peau réagissait à toutes ces poussières. Et puis ma mère commence à me dire, tu sais, moi j'ai un certain âge, j'adore faire ça, mais ça commence à devenir un boulot à plein temps, je n'ai pas signé pour ça. Et puis là encore, j'ai tellement de casseroles sur le feu. Et puis j'ai mes formations en ligne qui commencent à vraiment, vraiment bien, bien, bien décoller.
- Joelle Mastelic
C'était quelle année ça ?
- Christophe Bernard
Alors là, on a arrêté la boutique de graines. Je ne me souviens même plus, mais je ne sais pas si c'était 2019, peut-être. Je ne sais même plus si c'était avant Covid ou après. Mais c'est dans ces eaux-là et puis on a fait pendant 8 ans je crois donc ça, ça a été une belle petite expérience donc voilà Des projets qui réussissent. Des projets qui réussissent pas, c'est la vie quoi.
- Joelle Mastelic
Le podcast est sur la transmission et puis j'ai interrogé des herboristes qui ne sont pas forcément geeks comme tu dis, qui ne transmettent pas forcément leur savoir par rapport à... avec un podcast comme tu as, des cours en ligne. Qu'est-ce que tu penses de cette utilisation des technologies ou pas ? Quels pourraient être les avantages et les inconvénients par rapport à la transmission ?
- Christophe Bernard
Alors moi, j'ai toujours d'abord été quelqu'un de très pragmatique. Et puis, ça a été mon boulot pendant tellement d'années que moi, je me dis c'est là. C'est là, donc je vais essayer de l'utiliser au mieux. Point numéro un. Point numéro deux, je suis quelqu'un d'assez introverti. Donc si tu veux le fait de me réfugier derrière un micro et derrière une caméra, souvent ça va bien pour moi, c'est un modèle qui me correspond. Je reconnais le fait qu'on est un petit peu coupé de la personne qui est de l'autre côté, mais de l'autre côté, elle t'emmène avec toi. En balade, elle t'emmène avec toi dans sa voiture, elle t'emmène avec toi dans sa cuisine. Donc finalement, tu développes une sorte de complicité. Et je vois bien parce que j'ai... tellement de gens que j'ai jamais rencontrés qui me disent vous êtes avec nous tout le temps et c'est comme si on vous connaissait. Donc il y a les plus et les moins, mais ça fait deux ans que je recommence à battre le terrain et à me déplacer. Et à repartir et à partir littéralement à la rencontre des gens parce que j'ai vu que c'était une dimension qui manquait dans ma vie, dans mon travail. On a vécu Covid, on est en train de vivre des bouleversements technologiques, des bouleversements planétaires. Et c'est vrai que même moi, l'introverti, j'ai vu que c'était le moment de partir à la rencontre des gens et de les rencontrer face à face comme on fait aujourd'hui, de se regarder. et d'échanger, un petit moment d'humanité. Et donc, aujourd'hui, j'essaie de combiner les deux. Et je pense que le meilleur des deux ressort. Après, j'ai beaucoup de respect pour les gens qui transmettent localement, qui transmettent au travers de petits ateliers avec 4 ou 5 personnes qui enseignent dans des écoles en dur, en vrai. Chose que je fais moi aussi. Mais c'est vrai que le cœur de mon métier, moi, c'était d'enseigner en ligne. Parce que les gens qui m'ont demandé de faire des formations, c'était des gens qui étaient aux quatre coins de la planète, qui me soutenaient au travers de mon site Althea Provence, et qui à partir de 2012, commencent à me dire, forme-nous, on a confiance en toi. Et je me rappelle, j'ai envoyé un sondage à plusieurs milliers de personnes, et il y avait plusieurs cases à cocher. Et puis il y avait un autre truc qui était en gros, si je n'ai pas mis les bonnes cases, rajoutez des trucs comme vous voulez. Et un truc que les gens ont énormément ajouté, qui m'a beaucoup touché, c'est quelle que soit la formation que tu produis, quel que soit le sujet, on achète parce qu'on aime bien ce que tu fais. Et donc là, je me suis dit qu'il faut y aller.
- Joelle Mastelic
Le capital de confiance. Oui,
- Christophe Bernard
le capital de confiance que j'avais construit au travers de tout ce contenu gratuit. Et donc, le capital, je l'avais. Et donc, j'ai commencé une première formation comme ça. Mais c'était en ligne parce que je voulais remercier ces gens qui ont soutenu mon site depuis 2010 finalement, et qui étaient un petit peu au Canada, un petit peu en Suisse, un petit peu, beaucoup en France, un petit peu en Belgique, un petit peu dans l'Afrique française. Voilà, je me devais de faire ça. Et puis, la première, la deuxième, et puis, tu vois, tout le catalogue a suivi.
- Joelle Mastelic
Donc, tu as fait le site internet, le podcast, et puis aussi un livre. C'est une autre manière de transmettre aussi le livre. Quelle était l'envie derrière ?
- Christophe Bernard
C'est que les livres m'ont toujours accompagné, moi d'abord. C'est vrai qu'il y a toujours eu ces périodes de ma vie où j'étais dans la cuisine avec des pots ouverts partout, et une bouteille d'huile, une bouteille d'alcool et des plantes, et puis il y avait le livre à côté marqué et puis tout taché. Et puis je voulais faire un livre de fabrication d'abord, parce que c'est vrai que la technicité de la fabrication de produits, j'ai toujours aimé ça. Et donc ça a été le premier finalement à ce stade, le dernier livre, vu que je n'en ai pas écrit d'autres. Ce format papier était important pour moi pour emmener dans l'atelier.
- Joelle Mastelic
Très pragmatique aussi. Tu proposes des choses qui sont réalisables dans n'importe quelle cuisine.
- Christophe Bernard
C'est vrai. Après, c'est vrai que j'aimerais... Je sais que dans le futur, je vais écrire des livres sur les problématiques de santé parce que c'est quand même l'expertise aussi que j'ai construite au travers des consultations. Et ça, je trouve que c'est un des métiers les plus durs dans l'herboristerie. C'est de suivre quelqu'un qui a des problématiques de santé chronique, de la suivre au travers des mois et d'essayer de l'aider du mieux possible. Et là, on apprend beaucoup. Et là, on voit que ce qu'on nous avait dit finalement dans les livres, c'était à peine, à peine le point de départ. Et puis, pour revenir à la dépression sévère de ma maman et le millepertuis, de voir que finalement, le millepertuis aura des effets assez aléatoires parce qu'une dépression, c'est tellement compliqué. Tu démarres une discussion qui va durer des mois et des mois, et puis tu auras différents outils que tu essaies de sortir, et que toi, les plantes médicinales, c'est juste un petit bac à sable, et qu'il faudra que la personne aille aussi faire un travail, bien sûr, psycho-émotionnel, etc. J'aimerais parler de tout ça, de la santé aujourd'hui, de comment l'accompagner. Je sais qu'il y aura des livres dans le futur. Seront-ils autopubliés ou pas ? Ça, je ne sais absolument pas, mais j'aime bien écrire en plus.
- Joelle Mastelic
Ça se ressent, en tout cas, quand on lit ton livre. Il y a vraiment une richesse de partage qui est vraiment extraordinaire. En tout cas, merci beaucoup parce que même si je suis dans une école d'herboristerie, j'apprends beaucoup du pragmatisme que tu as mis dans tes livres et justement cette volonté de transmettre de manière simple. Par exemple, il y a plusieurs manières de faire des alcoolatures. Tu peux nous en parler un petit peu ?
- Christophe Bernard
Oui, il y a plusieurs manières de fabriquer tous ces produits-là. Et puis finalement, tu vois qu'il y a des manières très simples que les gens des campagnes ou des villes, enfin le peuple, a toujours utilisé d'une manière très simple, sans peser, sans mesurer, et que ces méthodes-là fonctionnent très bien. Il y a d'autres méthodes où tout va être optimisé, les poids, les volumes, les ratios. Bien sûr, qui m'appellent moi aussi parce que je suis un scientifique de formation, donc j'aime bien peser, mesurer et voilà, j'aime bien faire ça. Et donc, j'ai voulu documenter toutes ces méthodes. Donc, pour les teintures et alcoolatures, par exemple, tu as une méthode que j'ai appris moi avec les Américains, qu'eux ont appelée la méthode du peuple, The Folks Method, où littéralement, tu coupes tes plantes très finement, tu les mets dans ton bocal. Tu verses juste assez d'alcool pour que ça recouvre. Et ça va le faire.
- Joelle Mastelic
C'est magique.
- Christophe Bernard
Après, il y a les autres méthodes où tu pèses et tu mesures. Pour la plante sèche, moi, j'ai appris que tu mets cinq fois plus d'alcool en volume que de plantes en poids. C'est la méthode américaine. Donc, tu vas peser, tu vas dire, j'ai 100 grammes de camomille matricaire sèche, je les mets dans mon bocal, je verse 500 millilitres d'alcool. à 40 à 50 degrés, et là je vais laisser macérer. Dans la méthode du peuple, tu mettras toujours un petit peu plus d'alcool que nécessaire, ça ira quoi, pour une distillation familiale, ça ira. Maintenant si tu essaies d'optimiser la quantité minimale d'alcool pour faire ton extraction, pour que la personne prenne le moins d'alcool possible, pour la quantité d'actifs délivrés, effectivement il vaudra mieux que tu utilises une méthode où il y a des ratios qui ont été testés et prouvés par tous ces pharmaciens des années 1800 qui ont fait un travail incroyable pour nous. On se repose littéralement sur les épaules de géants.
- Joelle Mastelic
Ce qui est riche aussi, c'est que tu partages plusieurs cultures justement de l'herboristerie, parce que dans le monde francophone, on entend peu les herbalistes anglophones. Qu'est-ce que ça t'a apporté, cette vision un peu anglophone ?
- Christophe Bernard
L'herbalisme, oui. Alors d'abord j'ai adoré le fait que les américains comme dans toute leur histoire ont créé un melting pot de l'herbalisme. C'est à dire que au départ quand les colons sont arrivés les médecins en particulier ils ont obtenu, récupéré énormément d'informations des peuples premiers. Pour les décimer par la suite voilà, on connaît l'histoire, elle est pas belle. Mais ils ont obtenu énormément d'informations des peuples premiers dont l'utilisation, par exemple, de l'échinacée, de la canneberge, de l'actée à grappes, ça vient purement des Amérindiens. Ensuite, les médecins des années 1700, 1800, 1900, avec plusieurs courants, le courant éclectique, le courant physiomédicaliste, ont bâti leur connaissance à eux. Arrivent ensuite les populations indiennes, les populations asiatiques, donc la médecine ayurvédique, la médecine traditionnelle chinoise, l'immigration qui vient d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud, avec toute cette culture de las hierbas, los remedios, c'est énormément d'utilisation de plantes medicinales et tout ceci arrive et se mélange et ça dépend l'Etat où tu habites, parce que si tu habites dans les Etats du Sud... tu vas avoir une grosse influence mexicaine, Amérique centrale. Si tu habites plutôt sur la côte ouest, peut-être qu'il y aura une influence un petit peu plus asiatique. Mais c'est encore plus compliqué que ça. Ça se mélange. Là, je suis en train de lire un livre écrit par une descendante d'esclaves, une Africaine américaine qui, dans son livre, décrit la pratique de la médecine chez les descendants des esclaves, c'est absolument fascinant parce qu'eux aussi, ils étaient en mode de survie. Il fallait qu'ils utilisent des plantes pour se soigner. Donc, c'est une richesse de dingue. Tu pourrais passer une vie aux États-Unis et jamais arriver au bout de ces courants. Tu as la médecine des Appalaches, par exemple. Dans les Appalaches, c'est un massif montagneux. Tu as un courant d'herbalisme traditionnel. Et puis, la diversité de la flore. Enfin tu connais l'étendue du pays.
- Joelle Mastelic
Tu mélanges ça au monde francophone et justement à ta Provence.
- Christophe Bernard
C'est ça. Après, j'arrive en France et je découvre une herboristerie à la française qui est beaucoup plus traditionnelle, structurée, rangée. C'est une manière très différente de pratiquer, qui a été construite et écrite un petit peu plus… par les médecins pour les médecins pendant une époque. Tu vois, parce que tu as les Leclerc, tu as les Valnet qui ont beaucoup, beaucoup influencé. Et j'essaie de faire sens de tout ça. J'essaie de connecter, de faire des ponts, de faire des liens. Des fois, j'y arrive, des fois, je n'y arrive pas. Je me fais des prises de tête de dingue, mais j'adore ça. J'adore ça. Et donc, ça fait un petit peu qui je suis aujourd'hui, effectivement. Je ne suis pas d'influence typiquement française. Je suis d'influence américano-française ou franco-américaine. Et je trouve ça très riche. Un mélange de cultures.
- Joelle Mastelic
Oui.
- Christophe Bernard
On va passer à une question difficile pour les herbalistes. C'est ta plante préférée. Je sais qu'il y en a beaucoup. C'est dur d'en choisir une, mais si on devait en garder qu'une. Et puis, comment est-ce que tu la prépares ?
- Joelle Mastelic
Je reviens toujours à la même parce qu'elle m'ancre un petit peu dans mon histoire, dans mon enfance et dans mon retour à la Provence. C'est le romarin. Et aussi, je trouve que de par son... type, son énergie, elle ressemble un peu à comment je me définis moi, c'est-à-dire un petit peu feu qui arrive à finalement faire beaucoup avec ce qu'on lui donne. C'est vrai, le romarin va pousser dans une petite crevasse de rocher avec une pincée de sable et puis au plus chaud, va littéralement se dessécher et rentrer en hibernation. Et ça, c'est moi et mes histoires avec les périodes d'épuisement et de burn-out, etc. pour après, aux premières gouttes d'eau, repartir de plus belle. Et puis, c'est vrai que c'est une énergie qui me correspond bien à moi. Je suis de type un peu hyper excité. Donc, ce qui stimule, finalement, n'était pas forcément bon pour moi dans mon histoire parce que ça m'aidait à m'approcher près du crash. Mais aujourd'hui, dans ma cinquantaine, finalement... J'arrive à les accepter, elles à m'accepter moi et à utiliser ces plantes à bon escient pour m'aider à faire mon travail. Donc c'est le romarin, je l'aime beaucoup, c'est une plante extrêmement puissante, très aromatique. C'est un grand protecteur contre toutes les agressions modernes, grands antioxydants, anti-inflammatoires, les propriétés détoxifiantes au niveau hépatique. Protectrice aussi, grand protecteur du foie, stimulant des capacités cérébrales et de la mémoire. Certains chercheurs disent que c'est probablement l'une des meilleures plantes pour prévenir contre les maladies neurodégénératives, dont la maladie d'Alzheimer. Alors moi, j'ai plusieurs préparations qui me tiennent à cœur, mais la première, c'est une simple infusion à consommer régulièrement en tant que grande plante protectrice contre les agresseurs de la vie moderne. J'ai mes petits mélanges que j'aime bien. J'aime bien mélanger. D'abord, j'ai romarin, menthe poivrée. Je trouve que les deux vont très bien ensemble. Après, j'ai romarin et les agrumes. J'aime beaucoup faire romarin, une rondelle de citron. Tout l'hiver, je sèche mes pelures de mandarine et d'orange. Et donc, romarin avec quelques pelures de mandarine et d'orange en infusion, je trouve que c'est vraiment super bon.
- Christophe Bernard
Comment tu fais les infusions ? Est-ce que tu pars à froid, à chaud ?
- Joelle Mastelic
Non, moi je ne suis pas quelqu'un de très patient. Donc je fais chauffer mon eau à 85 degrés. Donc je fais entre la méthode de puriste où tu laisses tes plantes dans l'eau froide, tu fais monter très doucement la température et puis autour des 85-90 degrés, tu arrêtes. A couvert. Après tu laisses infuser. Je ne suis pas un très grand patient de la vie, malheureusement. Donc moi j'ai une bouilloire qui contrôle la température, je fais monter à 85 degrés. Je verse sur mon romarin. Alors moi, j'en ai du frais toute l'année. Donc moi, je vais me cueillir une petite branchette de romarin frais. Je verse l'eau, je couvre tout de suite et je laisse infuser une dizaine de minutes. Souvent, j'enlève la branche, donc je détache les feuilles.
- Christophe Bernard
Tu mets que les feuilles ?
- Joelle Mastelic
Que les feuilles, oui. Pas la branche centrale qui est un petit peu plus tannique, certes. Des fois, je laisse la branchette entière. Je laisse infuser et puis chez moi j'ai la chance d'avoir ce romarin qui est puissamment aromatique, légèrement chémotypé, même parfois très fortement chémotypé camphre. Mais bon, on parle pas des huiles essentielles ici on parle de l'herboristerie traditionnelle on fait pas la différence entre les différents chémotypes. Le romarin c'est Salvia Rosmarinus c'est le romarin et c'est une plante que j'aime beaucoup je fais des cures et la deuxième préparation que j'aime beaucoup c'est un macérat huileux. Ça donne une huile qui est très aromatique et avec, j'aime bien préparer un petit baume, qu'on pourrait appeler un baume anti-âge finalement, parce qu'il est tellement antioxydant et protecteur qu'il va nourrir la peau. Alors bien sûr, on peut jouer avec le type d'huile végétale qu'on va choisir. Chez moi, c'est plutôt l'huile d'olive. Comment est-ce que tu fais alors ce macérat huileux ? Est-ce que tu utilises une extraction alcoolique d'abord ?
- Christophe Bernard
Alors finalement... Pour ces plantes très aromatiques, je vois que des macérations classiques et parfois même des doubles macérations donnent un produit fini qui est finalement très puissamment aromatique. Alors ce que j'appelle par double macération, c'est que tu peux laisser macérer une première fois ta plante, ton romarin sec. Tu essaies de saturer ton huile, donc juste mettre assez d'huile pour recouvrir ton romarin. Et puis moi, je mets dans un sac en papier pour ne pas que les acides gras de l'huile végétale s'abîment, mais je laisse dans un endroit avec une chaleur douce, avec une exposition au soleil pour qu'il y ait une digestion à la chaleur. Et puis au bout de 4, 5, 6 semaines, tu filtres. Et là, si tu fais une double macération, tu remets du romain sec dans cette même huile pour obtenir encore plus de substances aromatiques. Mais tu pourrais faire par un intermédiaire alcoolique et ça donnerait aussi une huile puissamment aromatique. C'est vrai qu'aujourd'hui, je deviens très avare pour mon alcool à 96. C'est tellement une ressource précieuse. Et puis en France, pour en obtenir, c'est très compliqué. Et côté suisse, tu peux en acheter plus facilement au litre. Donc moi, mon alcool à 96, je le garde uniquement pour des préparations qui me sont précieuses. Pour mon romarin, je fais une double macération et ça va très bien.
- Joelle Mastelic
Merci beaucoup pour cet échange et ce partage, cette transmission.
- Christophe Bernard
Merci Joëlle de m'avoir invité, c'était un plaisir.
- Joelle Mastelic
Et pour moi, partagé.
- Christophe Bernard
Merci.
- Joelle Mastelic
Merci d'avoir écouté Mémoire Végétale, la voie des plantes médicinales. Si ces voix, ces récits et ces gestes vous ont touchés, vous pouvez vous abonner et partager cet épisode à une personne qui pourrait, elle aussi, suivre la voie des plantes médicinales. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou une note sur votre plateforme d'écoute préférée. Cela nous aide beaucoup dans cette mission de transmission des savoirs. C'est ainsi que les histoires circulent et que les plantes continuent de murmurer à l'oreille de ceux qui prennent le temps de ralentir pour les écouter. A bientôt pour un nouvel épisode !