Jean-Michel FlorinBonjour à toutes et à tous. Et puis, effectivement, merci. Encore merci de l'invitation. Je suis passé du soleil, des citronniers de menton à la neige de Sion, mais avec plaisir. La montagne enneigée, c'était une surprise ce matin. Hier soir, j'ai vu un petit peu, mais aujourd'hui... Je vais essayer de vous faire une présentation un peu générale de l'agriculture biodynamique avec... Quelques aspects qui peuvent vraiment orienter ou donner des pistes de travail pour renforcer la résilience et pour ne pas combattre le changement climatique, ce n'est pas ça le but, mais faire avec qu'en fait on a une évolution qui est inéluctable. On peut peut-être la ralentir et on peut peut-être créer des conditions aussi sur les lieux de production qui permettent d'amortir le choc. permettre à nos plantes et aussi aux animaux qu'il ne faut pas oublier de vivre au mieux avec les conditions qu'on a. Pour commencer, j'aimerais dire qu'on parle de changement climatique, on parle de réchauffement. Moi, justement, comme disait Julien, j'ai la chance de travailler avec des agriculteurs un peu de partout, de par le monde. Ce que les producteurs expérimentent, c'est plutôt un chaos climatique. Les statistiques, la moyenne, effectivement on dit ça se réchauffe, ok, ça c'est les moyennes statistiques. Mais la réalité quotidienne c'est plutôt un chaos. Je ne sais pas comment sera demain. Je ne sais pas comment sera l'été. Je me prépare pour un été sec et chaud, paf, l'été est complètement humide et complètement froid. Situation il y a deux ans en Alsace par exemple, des amis maraîchers qui racontaient, j'avais tout programmé, ça faisait trois ans qu'on avait sec et chaud, tout l'inverse. Pas toute ma planification, toutes mes cultures, il faut que je revoie tout. C'est plutôt un chaos et on pourrait se dire d'où vient ce chaos. Je ne vais pas du tout répondre à cette question maintenant, mais la poser. Effectivement, on pourrait dire, et en biodynamie, je l'annonce comme ça, on considère la Terre, on pourrait dire l'organisme terrestre, un peu comme Gaïa, comme l'a fait aussi Lovelock, comme un être vivant, un grand organisme vivant avec tout un ensemble de cycles de régulation. Et là, en fait, cet organisme vivant n'est pas en forme, il est vraiment malade. Il y a tout un ensemble de cycles d'autorégulation qui ne fonctionnent plus, clairement. Ce qui fait qu'on a des épidémies qui explosent, ce qui fait qu'on a des plantes qui deviennent hyper-invasives, ce qui fait qu'en fait, il y a tout un ensemble d'organismes vivants qui disparaissent et d'autres qui explosent. Donc, les cycles de régulation ne sont plus tenus. Donc, tout ce qui fait qu'on a un grand ensemble, bien sûr qu'il y a toujours eu dans le passé des moments de variations climatiques et tout ça. évidemment, mais aujourd'hui on assiste à ça de manière beaucoup plus rapide beaucoup plus accélérée, beaucoup plus intense et ça, les productrices les producteurs sur leur ferme, sur le lieu de production ils le vivent au quotidien ça veut dire aussi des limaces partout des quantités de limaces comme on n'a jamais vu des tiques partout dans tous les coins pour chaque fois on pourrait regarder et s'apercevoir qu'il y a derrière un déséquilibre écologique enfin ça vaudrait la peine en tout cas de se dire qu'est-ce qui se passe et pas juste essayer de trouver une solution pour supprimer ces salettes bêtes qui nous Merci. Parce que ce ne sont pas des sales bêtes, elles sont le reflet d'une situation. Donc un diagnostic avant de détruire. Voilà, c'était un peu ma petite introduction. Très brièvement, vous connaissez peut-être ce travail de Rockström du centre de résilience, donc on est dans le sujet, de Stockholm, qui montre un peu la situation de la planète Terre, toutes les limites qu'on a dépassées. Il y a encore, je crois en 2005, on avait dépassé trois limites aujourd'hui. On en a dépassé quasiment toutes ces limites de la Terre, c'est-à-dire que la Terre ne peut pas être plus grande que la Terre. On ne peut plus supporter tout ce qu'on lui fait subir, c'est-à-dire que la conséquence, c'est qu'on a soit des pollutions extrêmes, soit vraiment, par exemple, pour l'intégrité de la biosphère, une réduction énorme de la diversité génétique et de la diversité fonctionnelle. C'est intéressant pourquoi je mets ça, parce qu'on parle toujours du CO2, du changement climatique, etc. Vous voyez que ce n'est pas forcément le plus gros problème, proportionnellement. Vous voyez que le problème de la diversité, l'intégrité de la biosphère est beaucoup plus important. Et alors, il y a un gros paquet qui nous intéresse là-haut, « Novel Entities » , on se dit, qu'est-ce que c'est que ce truc ? C'est tous les produits de synthèse qu'on a balancés sur la planète, dans la Terre, dans l'eau, dans l'air, etc. Toutes les substances de synthèse sont cachées là-derrière. Risques augmentés, et vous voyez que le risque augmente vraiment beaucoup. En bas, cycle bio-géochimique, azote, phosphore. C'est tout l'excès d'azote, l'excès de phosphate qu'on rejette dans le sol et surtout dans les eaux qui pose vraiment problème, eutrophisation des milieux, disparition de pas mal d'espèces végétales, etc. On pourrait faire le cycle. Pourquoi je vous montre ça ? Pour deux choses, c'est que ça va très vite. Il y a encore deux ans, ils n'avaient pas mis l'acidification des océans. Maintenant, ils estiment vraiment que l'acidification des océans a dépassé un seuil supportable pour la planète. Et la seule bonne nouvelle dans l'histoire, c'est les aérosols atmosphériques. Vous savez qu'il y a eu un protocole de Montréal il y a une trentaine d'années et ça, on a réussi à l'arrêter. Donc, on est capable, si on veut, collectivement, tous ensemble, de faire mieux. La preuve, là, vraiment, c'est considéré comme positif. C'est un petit tableau qui s'appuie sur énormément de données de recherche, évidemment. Ils font vraiment un très bon travail, ce centre. Je vous incite à aller voir. Là, je ne peux faire qu'un tout petit résumé. Mais un autre point qu'on apprend, regardant ça, C'est que dans quasiment tous ces domaines, l'agriculture subit, mais aussi une des causes, évidemment. Azote, nitrate, phosphate, la cause principale c'est l'agriculture, on pourrait dire, aussi les voitures et autres, évidemment, mais l'agriculture. L'usage de l'eau, l'agriculture est très concernée, changement d'usage des terres, l'agriculture est très concernée, pas seulement, l'organisation et autres. intégrité de la biosphère, l'agriculture est très concernée, changement climatique. On a mis le CO2, il faudrait ajouter les dioxydes d'azote, il faudrait ajouter le méthane. Alors on disait, les vaches, c'est de leur faute. On ne dit pas ça en suisse. Et on verrait que tout dépend comment on élève les vaches. Si on les élève en cycle et qu'elles mangent, qu'elles sont liées au sol, c'est-à-dire qu'on les élève dans un cycle où toute l'alimentation des vaches est faite sur place. Dans ce cas-là, elles ne contribuent pas au réchauffement. Si j'achète du soja de l'autre bout du monde, d'Amérique du Sud, évidemment, elles contribuent beaucoup. au réchauffement. Et toutes ces entités nouvelles, tous les pesticides qu'on utilise en agriculture. Donc on est la cause et on subit les conséquences, peut-être en premier lieu, mais il ne faut pas oublier qu'on est aussi la cause et qu'il faut aussi travailler. Et qu'on peut faire beaucoup aussi. Voilà, je ne vais pas vous lire tout ça, vous pouvez trouver beaucoup d'indications partout. mais on voit que les maladies des plantes, les épidémies diverses et variées, on pourrait dire la même chose pour les animaux, augmentent malgré tous les traitements phytosanitaires qu'on utilise depuis 70 ans. Donc on se demande, est-ce que c'était la bonne méthode ? Je le dis très rapidement, évidemment, j'entends bien qu'il faudrait aller beaucoup plus dans le détail. Voilà, un bref historique de la biodynamie qui est apparu il y a une centaine d'années. Le fondateur de la biodynamie, Steiner, avec les équipes, interdisciplinaire avec qui il travaillait s'est beaucoup inspiré de la démarche de Goethe. Pourquoi Goethe ? Parce qu'en dehors d'être un grand écrivain, c'était aussi en fait un scientifique qui a passé beaucoup de temps dans des recherches scientifiques. Alors on dit souvent un poète peut pas être scientifique. Si t'es poète, t'es pas scientifique, t'es un peu rêveur. Et c'est intéressant, un poète observateur on trouvait il y a quelques années dans la revue pour la science euh Un poète observateur, s'il est naturel que les poètes s'inspirent des fleurs, c'est plus rare qu'il formule des théories scientifiques. 200 ans après, cette théorie de la métamorphose des plantes a été validée par les données de la biologie moléculaire. Mais Goethe, il n'avait pas fait de biologie moléculaire, il avait juste regardé les plantes avec ses yeux. Il avait observé et essayé de comprendre. Et c'est ça qui est intéressant, peut-être, pour nous, en tout cas pour l'agriculture biodynamique, c'est une piste de travail essentielle et je crois aussi dans le contexte du changement climatique, d'observer les réactions des plantes de manière la plus fine possible. Quelles sont les plantes ? Comment les plantes réagissent aux différentes situations, aux variations de climat ? Faire une observation fine ? Non seulement de la plante à un moment donné, mais dans sa croissance, au cours de tout son développement. Et comprendre chaque plante dans sa nature intime, on pourrait dire. Ça, c'est la démarche de Goethe. Et vous voyez, Goethe s'est beaucoup intéressé à la métamorphose. Vous voyez, c'est la couverture du livre, mais vous voyez cette tulipe étrange qui a une feuille dont on ne sait pas si c'est une feuille ou si c'est un tépal. Ça, c'est un exemple de métamorphose. Ce n'est pas Tchernobyl, c'est bien avant Tchernobyl. que tu as dessiné ça vers 1800. Ce qui l'intéressait, c'est de voir comment le végétal montre lui-même comment il crée ses organes. Et il a montré qu'effectivement, les sépales, les pétales, les différents organes de la fleur sont des feuilles transformées, ce qui nous amène à penser la plante de manière dynamique, en fait, dans sa métamorphose, dans sa transformation, et pas de manière statique, pas en la découpant en partie, en organes, mais plutôt en la... en regardant de manière dynamique. J'ai mis ce livre parce qu'il est intéressant. Emanuele Coccia, qui est un philosophe italien qui travaille en France, a écrit un livre vraiment, je trouve, passionnant pour comprendre le végétal. Le végétal comme un être complètement ouvert à son environnement, complètement mêlé à son environnement. Donc pour moi, c'est quelqu'un qui est dans le prolongement de la démarche de Goethe, qui l'est cité, mais évidemment, il a sa propre recherche. Je trouve vraiment passionnante, c'est tout récent. La philosophie des plantes, c'est rare, il n'y a pas grand monde qui fait la philosophie des plantes. Lui s'y est essayé avec, je trouve, un grand succès. Ça peut nous donner beaucoup de pistes pour comprendre le végétal comme un être vivant complètement ouvert à son environnement. Ce qui veut dire qu'effectivement, tout l'impact de changements climatiques, la plante l'absorbe totalement. Contrairement à l'animal ou à l'être humain qui a un espace intérieur, une vie intérieure, la plante est complètement mêlée en fait. Dans la terre, évidemment, par ses racines, qui ont ensuite tout le microbiome, qui ont les mycorhizes, donc qui sont complètement mêlés à la terre. On ne peut quasiment pas dissocier la racine de la plante de la terre qui l'entoure. Ça fait une unité. Donc, nous, l'absurdité de faire des cultures hors sol. Et au-dessus, la plante qui fait des feuilles, au lieu d'avoir des organes fermés intérieurs, qui fait des feuilles, c'est-à-dire qui étale ses surfaces de contact avec l'environnement au maximum. Ça permet de comprendre peut-être justement comment elle va se retrouver et impacté en fait par le changement du climat. Le fondateur de l'agriculture biodynamique, comme je disais, avec une équipe de chercheurs, d'agronomes, d'astronomes, biologistes et aussi pharmaciens d'ailleurs, parce que Rudolf Steiner a beaucoup travaillé sur la pharmacie et la médecine. Il est sollicité par un certain nombre d'agriculteurs et il donne un cycle de conférences, huit conférences, donc je vais essayer de vous faire une petite synthèse très brève. Donc c'est en réponse à des questions. Et ce qui est intéressant, c'est que les questions posées à l'époque étaient déjà des questions de dégénérescence du vivant. Alors on se dit, il y a 100 ans, ça devait être idyllique, ça devait être parfait, il n'y avait pas de changement climatique, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Mais non, on était juste après la Première Guerre mondiale, les usines d'explosifs s'étaient converties en usines d'engrais azotés, et on était en train de faire des grandes campagnes, des sociétés, c'était Bayer, non, c'était IG Farben à l'époque. faisaient en Allemagne des campagnes énormes pour vendre de l'engrais azoté aux producteurs. En leur disant, ça va être beaucoup plus efficace et surtout beaucoup plus pratique, tu n'as plus besoin de porter du fumier, le fumier ça sent mauvais, c'est lourd, c'est compliqué. Les engrais c'est beaucoup plus pratique, c'est propre, c'est nickel, c'est dans un sac, etc. Mais les paysans ont perdu leur indépendance avec ça, mine de rien. Ils ont gagné une sorte de, peut-être moins de travail physique, mais ils ont perdu leur indépendance et leur autonomie. Ça se passe encore en Inde en ce moment et dans d'autres pays. Les paysans qui ont encore une vache, à qui Monsanto, enfin maintenant c'est Bayer, allaient voir en disant « mais laisse tomber ta vache, ça c'est has-been, c'est dépassé, tu vas faire plus moderne, moi je te vends tout, le kit, les graines, l'engrais, et puis le traitement qui va avec, garantie OGM » . Donc la démarche de Steiner, c'était de répondre à ces questions de personnes qui se posaient un petit peu des questions de dégénérescence du vivant, du végétal, des animaux, et surtout l'impact des engrais chimiques sur le sol. Est-ce qu'on ne va pas minératiser ? minéraliser le sol. Évidemment, Steinert avait évoqué préalablement l'idée que la terre est un être vivant, donc un être vivant qu'on minéralise la peau, ce n'est peut-être pas l'idéal. Il faut plutôt penser à vitaliser sa peau. Très brièvement aussi, pour vous dire, j'ai Larousse Agricole, ce livre un peu de référence à l'agriculture. À l'époque, en 1921, c'est quand même intéressant de lire qu'on considérait déjà la terre comme une usine. C'est ça qu'on lit. mécanique agricole, d'ailleurs je ne sais pas pourquoi c'est dans la mécanique agricole, mais bon, la terre est une immense usine travaillant jour et nuit avec une foule d'ouvriers visibles et invisibles, et dont la plante est le principal outil. Pourquoi je vous montre ça ? Ça veut dire qu'en 1921, on pensait la terre comme une usine et la plante comme un outil, une machine. Pour moi, une réduction incroyable. C'est du réductionnisme, de la réification. Je transforme la plante en objet qui est purement à mon service et en machine. Si j'observe une plante, je prends la peine de la regarder, c'est parce que je ne vois pas une machine. Si je suis vraiment objectif, un peu en suivant les traces de Goethe et que je me ouvre à ce que montre le végétal, il n'y a pas de machine, pas du tout. Ça, c'est une projection complètement réductionniste, hyper réductionniste. Ce qui a amené... À l'agriculture moderne, qui a vraiment spécialisé à isoler la plante de son environnement ou l'animal, toujours plus, et à standardiser, c'est-à-dire à réduire la diversité des plantes, des races animales. En France, ça a été fait de manière très performante dans les années 1960-1970. C'est intéressant de savoir qu'il y a 60 ans, vous avez tous entendu parler, je suppose, de ce livre, Le printemps silencieux de Rachel Carson, dans les années 60, qui disait en fait... Bientôt, il n'y aura plus d'oiseaux si on continue comme ça avec le DDT et les pesticides. Elle était très proche des biodynamistes aux États-Unis, dans l'État de New York. Elle n'a pas cité le sujet parce que la biodynamie, c'était très sulfureux. Ça le reste encore aujourd'hui, pour certains en tout cas. Mais elle a vraiment publié cet ouvrage en disant là, comme on est parti, on est mal parti. Et aujourd'hui, en fait, on est vraiment dans cette situation. Alors, le concept peut-être de base et qui, pour moi, est une des premières réponses pour avoir une pratique agricole plus résiliente, c'est de se dire qu'en fait, l'agriculture doit être pratiquée dans ce qu'on appelle, nous, un domaine agricole ou une individualité agricole. Là, c'est une citation de Steiner que je prie de son cycle de conférences. Un domaine agricole réalise sa nature ou s'exprime au mieux, au meilleur sens du terme, lorsqu'il peut être conçu comme une individualité close en soi. Donc, il faut avoir la possibilité, en fait, au sein du domaine d'avoir tout ce qui est nécessaire pour produire. Ça veut dire qu'on a, en fait, un cycle. entre le sol, les plantes qui vont pousser, les animaux qu'on va pouvoir nourrir avec ces plantes, et la fumure va venir essentiellement des plantes par l'engrais vert ou des animaux par la fumure. Donc on va dire que c'est la ferme de grand-papa, c'est la ferme du passé. Mais là, on a des cycles d'autorégulation. C'est un défi aujourd'hui pour faire ça. Évidemment, dans la vigne, comment on fait ça ? Par exemple, quand on est spécialisé en viticulture. Il y a des viticulteurs qui essayent de réintégrer des animaux, qui font des partenariats avec des voisins en élevage, etc. Il faut être innovant, évidemment, c'est un défi. Je ne dis pas que c'est facile, pas du tout, mais c'est un chemin et ça donne une piste, une orientation, avec cette idée que chaque domaine agricole, je n'aime pas dire exploitation agricole parce que le terme est vraiment barbare, on n'exploite pas parce qu'on exploite la terre si c'est effectivement une usine et qu'on veut produire, donc on a un domaine. mais si chaque on considère chaque domaine agricole comme une individualité, en fait on va le raisonner comme un organisme vivant avec sa peau, avec ses différents organes, avec sa diversité et avec ses cycles qu'on va essayer de remettre en fonctionnement et qu'on va soutenir. Un bref aperçu sur l'approche du végétal, très bref, essentiellement, évidemment, le végétal, j'ai dit, c'est un être très ouvert à son environnement. mais c'est aussi un être qu'on ne voit jamais entier à un moment, en fait. Vous le voyez toujours dans le temps. Donc, comment faire pour passer d'une observation de la plante à un moment ? Je mets la plante en herbier, je la photographie, je la détermine. Ça, c'est l'aspect utile pour la reconnaissance, et nécessaire pour l'utiliser, évidemment. Mais l'autre aspect, c'est de se dire que la plante que je vois à un moment, c'est juste comme une image d'un film, et le film, il dure longtemps. Si je regarde l'image d'un film, Je n'ai pas grande idée du film, j'ai une petite idée du film, mais il faut regarder tout le film, donc tout le processus. Comment s'exercer à observer ces plantes dans leur dynamique de croissance pour comprendre leur croissance, les moments éventuellement de rupture, les moments où il faut renforcer le soutien, c'est une des bases du travail en biodynamie. Donc si je prends toutes les feuilles de la plante... C'est un sençon qu'on n'aime pas avoir dans les plantes médicinales parce qu'il a des alcaloïdes pyrolyésidiniques, mais bon, c'est un peu de la provoque, celui qu'on arrache dans les cultures. Mais si je prends toutes les feuilles de stade adulte qui ont poussé successivement sur la plante, je m'aperçois qu'elle me raconte l'histoire de sa croissance. Et si j'observe ça finement, les plantes l'expriment plus ou moins. Là, c'est une plante très pédagogique qui montre très bien sa croissance. Les différentes phases, je peux voir qu'au début j'ai une phase vraiment de croissance, où il y a de la végétative, où les feuilles deviennent toujours plus grandes, il y a toujours plus de matière, plus de photosynthèse. À partir du haut de la boucle, vous voyez qu'il y a une phase où la plante va commencer à se contracter, se resserrer, se différencier, s'affiner. Et en fait c'est la phase de différenciation qui mène vers la fleur. C'est-à-dire que c'est la phase du haut, ce sont les feuilles du... du haut de la plante. C'est un exemple, et ça se termine par la floraison, où justement on a le développement en général de tous les principes secondaires, métabolites secondaires, des arômes, etc. Chaque plante a ses deux processus, l'effet est de manière différente. Si vous prenez une lamiacée, par exemple, du thym, on pourrait dire que chez le thym, le processus de différenciation est tellement puissant qu'il saisit toute la plante verte. Du coup, les feuilles sont toutes petites. Donc en fait, par la démarche Goethe-Henne, on essaye de comprendre le végétal dans ses processus, d'essayer de reproduire intérieurement la manière dont il s'est construit, je dis processus ou des forces, parce que c'est sur ces forces, sur ces processus qu'on va agir pour soutenir la plante, par les préparations biodynamiques, par le travail biodynamique, au-delà d'un travail de soins de la terre. On va intervenir avec deux préparations spécifiques, qu'on appelle la bouse de corne et la silice de corne. Pour renforcer le processus, par exemple, végétatif, si l'année est trop sèche en début de saison, on va pouvoir soutenir ce processus de développement végétatif des feuilles, si on en a besoin pour la menthe, pour la mélisse, pour des plantes qui ont besoin de faire des feuilles assez importantes. A l'inverse, si l'année est beaucoup trop humide et froide, on va pouvoir utiliser l'autre préparation biodynamique, la silice de corne, pour favoriser le processus de différenciation pour que les plantes aient quand même des arômes. pour vous donner d'où la raison de faire ce genre d'observation. Ce n'est pas juste pour le plaisir. Voilà, ça c'est le cours de l'année, donc tenir compte du cours de l'année. Question pour des plantes médicinales, comment les réintégrer dans des ensembles plus vastes, dans des domaines agricoles plus vastes ? Comment faire des partenariats avec des gens qui ont des animaux, qui ont d'autres cultures ? C'est une question vraiment. Ça peut se faire par partenariat, ça peut se faire... en louant une parcelle de terre dans un plus grand domaine où il y a de la diversité. Du coup, j'aurai le fumier, j'aurai d'autres, si je peux rendre des services. Donc pour moi, face au changement climatique, je le vois dans toutes les productions, la plupart des gens me disent je ne peux plus rester dans une monoculture, je ne peux plus rester dans une spécialisation, ne serait-ce qu'à cause des risques. Si je prends un viticulteur ou un arboriculteur, il peut perdre toute sa récolte dans une année. Donc si je plante des fruits, ok, je n'aurai peut-être pas de raisins cette année, mais j'aurai des fruits. Et si j'ai des moutons, j'aurai quand même un peu de viande à vendre. Ce n'est peut-être pas le bout du monde, mais ça me permet quand même d'équilibrer. Aujourd'hui, le changement climatique force de plus en plus de producteurs à se poser cette question de recréer un organisme agricole diversifié ou du partenariat, évidemment. Là, il y a beaucoup de pistes à explorer. Attention, c'est un travail, c'est un produit. Voilà peut-être les bases pour l'agriculture biodynamique. Vraiment soigner le sol pour que le sol soit vivant. Là, je vous ai mis une image de Sekem en Égypte où ils font des quantités phénoménales de compost en Ausha droite pour reverdir le désert parce qu'ils cultivent le désert. Et ils font des plantes médicinales de très bonne qualité, du calendula, de la camomille, quantité de plantes médicinales puisqu'ils ont un gros laboratoire de produits pharmaceutiques. Et là, ils font du compost qui font... qui transforme en terreau et qui donne à quantité mesurée pour les plantes médicinales. Mais la menthe, elle va être plutôt cultivée dans le delta du Nil, des zones plus fraîches, plus humides. Donc en tout cas, soignez le sol. Le sol, c'est un organe de respiration, ce n'est pas juste un truc qui est bon pour recevoir les engrais qui vont faire pousser. Comment avoir un sol vraiment vivant, souple ? Premier point, crée un cycle. Le sol permet à la plante de pousser, la plante nourrit l'animal, l'animal produit l'or du fermier, en tout cas de la fumure, qu'on utilise de différentes manières, la bouse de vache ou la fumure est utilisée de différentes manières en biodynamie, qui va vivifier le sol, qui va du coup permettre d'avoir des plantes plus vigoureuses, plus saines. Donc on a un cycle vertueux qui se met en place en fait, avec ce qu'on appelle le home field advantage, un avantage d'être sur place aujourd'hui avec les recherches sur le microbiote. Ça devient de plus en plus évident puisqu'on a la même signature de microbiome dans le sol, dans les plantes et dans les animaux. Il y a des recherches sur des domaines viticoles dans le sud de la France sur ce sujet très passionnante. Donc il y a comme un renforcement. Alors que si j'apporte des intrants de l'extérieur, ils vont aussi apporter avec eux des micro-organismes tout à fait différents qui vont mettre beaucoup de temps à s'adapter, qui vont perturber le système. Donc c'est intéressant, toutes les recherches sur le microbiote aujourd'hui soutiennent beaucoup les principes de la biodynamie. Alors évidemment, créer de la résilience, c'est ça, c'est composer avec la nature, pas lutter contre, pas faire de l'agriculture seulement naturelle, mais composer avec la nature pour créer un microclimat. Et pour créer un microclimat, essayer d'avoir, là c'est très idyllique et symbolique, mais d'avoir ces différentes qualités sur le domaine. D'avoir des zones où l'eau peut s'exprimer, avoir des zones où c'est plutôt la lumière, la chaleur, qui va s'exprimer, toutes ces zones reliées par des haies ou par des canaux. Donc créer un organisme vivant avec sa diversité. Évidemment, vous voyez que les plantes médicinales, selon que c'est des plantes qui ont besoin de milieu sec, elles vont se retrouver plutôt à cet endroit, au pied de la forêt. Alors que les plantes qui ont besoin, comme la menthe ou d'autres, la consoude ou l'ortie, de milieux plutôt frais et humides, vont se retrouver au bord de la rivière. Moi, j'ai été surpris en visitant un producteur de plantes médicinales qui avait fait des formations, pourtant, tout ce qu'il fallait. Il mettait la menthe dans le milieu sec et il mettait le thym dans le milieu humide. Je dis, mais attends, tu as déjà vu de la menthe et du thym dans la nature ? Donc, pour moi... indispensable d'aller voir les plantes médicinales qu'on cultive dans la nature et essayer de comprendre leur milieu, le milieu qui va vraiment leur permettre de s'exprimer au mieux. Et essayer de le recréer si on les cultive. Au mieux, s'en approcher au mieux. Mais pas le recréer artificiellement, trouver dans le domaine qu'on a les endroits les plus appropriés. Et si j'ai un domaine qui ne convient pas, c'est un collègue qui va faire la menthe. Et moi je ferais du teint à la menthe. Et ça j'ai vu ça tellement souvent que ça m'a... Franchement, ça m'a surpris. Plusieurs fois. Donc, observer la plante dans son milieu pour comprendre ce qu'elle aime. Parce qu'une plante médicinale donne le meilleur de ce qu'elle peut, en fait, dans son milieu. Et les plantes médicinales sont des spécialistes de milieux extrêmes. Et elles développent des principes thérapeutiques parce qu'elles poussent dans des milieux extrêmes. Parce qu'en fait, en premier temps, elles soignent la terre, on pourrait dire. En tout cas, c'est notre principe en biodynamie. On regarde comment les plantes soignent la terre, et après on se dit, ouais, ça peut aussi me soigner. On passe peut-être un peu plus vers les choses un peu plus subtiles de la biodynamie. Vous avez peut-être entendu parler de préparation biodynamique. On utilise, nous, des plantes médicinales en biodynamie, systématiquement, en particulier ces six plantes qui sont là. J'en ai six, oui. Et vous voyez, c'est intéressant. Chacune représente comme le reflet des conditions d'un milieu précis. Donc, on a un milieu diversifié. Et en fait, on prend une plante médicinale qui est comme le reflet, le condensé d'une plante qui vient... compenser le risque de déséquilibre qu'a chacun de ces milieux. Si je prends la chile et millefeuille, vous la voyez souvent sur les pelouses sèches, les prairies sèches, assez chauffantes, très lumineuses. Et ces plantes, on ne va que dire des fleurs, ou la feuille pour l'ortie, l'écorce pour le chêne. Et on va les faire fermenter dans la terre. On a des procédés spéciaux que tout le monde peut apprendre, puisque ça se fait sur les fermes biodynamiques et tout le monde est bienvenu pour apprendre comment faire. On fait passer ces plantes en terre l'hiver et ensuite on en met une petite pincée dans le compost. Donc c'est un procédé de type homéopathique. On met une petite pincée de chacune de ces plantes dans le compost avec l'idée d'avoir un compost qui fait une sorte de reset chaque année, qui va redonner les bonnes impulsions de santé Merci. à toute la terre. Et on n'a pas besoin de donner les grandes quantités de compost. Ce n'est pas une question de fertiliser beaucoup, c'est une question de donner des informations, on pourrait dire. Chaque plante médicinale va donner une information spécifique au terrain. Donc, vous voyez là qu'il est mis le feuille pour venir à elle. Il y a aussi des liens avec les éléments chimiques. Là, je fais l'impasse. Mais si on regarde où elle pousse, on va voir qu'elle pousse avec des rhizomes. traçant sous la terre et qu'elle vient en fait, dès qu'il y a un endroit, sur ces endroits chauds et secs, il y a de la terre à nu, elle va faire des rhizomes qui vont faire une sorte de géotextile, comme on met sur les bords d'autoroutes, la kilomille de feuille fait ça encore mieux, qui va couvrir et cicatriser là où il y a un risque d'hémorragie, du mus, où la terre risque de s'éroder, et on perd la couche protectrice. Donc c'est une plante cicatrisante. Après, si vous connaissez ses propriétés pour l'être humain, vous voyez, vous pouvez déjà faire le lien. Elle a beaucoup d'autres propriétés, énormément d'autres propriétés, mais ça en est une. Je ne peux vous donner que des exemples. La matricaire camomille, c'est aussi intéressant, c'est une autre grande médicinale pour l'être humain, évidemment. On va aussi la faire fermenter. Si on regarde où elle pousse, elle pousse sur des terrains compacts, minéralisés, avec croûte de battance. C'est-à-dire que c'est du béton, il n'y a plus de terre. La terre n'est plus vivante, elle ne respire plus. Que va faire la matricaire ? Elle fait des racines profondes, pas comme la chine, plutôt superficielles, charnues, épaisses, qui se ramifient très finement et qui vont ameublir le sol. C'est-à-dire amener de l'air dans le sol, libérer l'excès d'eau du sol et remettre une circulation. La matricaire va se décomposer très rapidement, donc va faire beaucoup d'humus, facile, et enrichir le sol. Et elle va rester 2-3 ans sur le terrain, là, où vous décidez de faire... Un bâtiment, là ici, comme ça, dans la zone industrielle, vous passez un coup de bulpache, qu'est-ce qui va pousser la matricule camomille ? C'est hallucinant. Personne ne penserait faire un jardin à cet endroit-là. Elle, elle pousse spontanément et elle va, à partir d'un sol qui n'est plus un sol, qui est quelque chose de minéralisé, compacté, elle va recréer les bases d'un bon sol. Donc ça, on met cette préparation dans notre compost. On a évidemment l'ortie, qui est la reine un peu pour nous, puisque c'est vraiment la plante qui va... transformer toute substance organique ou même minérale, mais organique essentiellement, en favoriser vraiment l'humification. Une plante fantastique, on a l'écorce de chêne, qui elle est vraiment intéressante. L'écorce de chêne est une plante qui est utilisée, qui est mise dans le compost, mais qui est aussi utilisée à part pour réguler les maladies cryptogamiques. Si vous voyez ce qui se passe quand une feuille de chêne, quand on coupe un chêne et qu'on laisse les rejets pousser, fait des feuilles énormes qui... perdent leur structure, mais en fait en général le chêne on pourrait dire que c'est une plante qui a une puissance végétative énorme mais qui la retient lui-même qui a cette capacité de la retenir par les tannins qu'il a et ensuite par le calcium aussi qu'il a dans son écorce et on utilise l'écorce calcique en fait pour réguler les maladies cryptogamiques pour éviter ça en fait c'est une anomalie situation particulière qui montre la capacité du chêne Le pissenlit, vous pouvez simplement voir si vous réjouissez des prairies avec le pissenlit au printemps, comment à un moment encore froid humide, il est capable de se lier à la lumière. Donc une plante qui est un peu un capteur de lumière. C'est poétique, oui, oui, j'assume, sans problème. Ça peut permettre aussi de comprendre. Évidemment, pour chacune, on pourrait bien approfondir, mais le pissenlit va vraiment venir dans des terrains trop riches, qui ont un excès de matière organique fraîche, excès de lisier. Avec ses racines profondes, il va permettre de purifier ce terrain, comme il fait chez nous quand on a des problèmes de la sphère hépatobilière, où vous avez trop mangé, trop riche, vous prenez une tisane de racines de pissenlit. La dernière préparation, c'est la valériane qu'on utilise en extrait de fleurs. Cette fois-ci, simplement, on ne fait pas hiverner dans la terre, on ne transforme pas. On la pulvérise sur le compost. Mais ensuite aussi, et là j'arrive à la suite, à la dernière partie, donc vous avez vu, on essaye avec le compost qu'on peut utiliser de multiples manières. On peut l'utiliser sous forme liquide, ça s'appelle du compost de bouse. En fait, l'idée, c'est d'apporter les informations de ces six plantes pour créer un terrain qui trouve sa propre résilience, qui trouve sa propre régulation à partir des plantes qu'on a prises dans le système. Mais ensuite, face aux difficultés climatiques, On fait des tisanes spécifiques avec chacune de ces plantes. Et vous pouvez deviner, les viticulteurs sont très experts là-dedans, ils ajoutent vraiment dans leur pulvérisation chaque fois une tisane ou l'autre, selon l'année. La valériane, un peu d'extrait de fleur de valériane en cas de gel, en cas de grêle, en cas de froid au printemps. Le printemps est froid, ça a du mal à réchauffer. On peut pulvériser quelques gouttes de valériane qu'on brassera un quart d'heure, 20 minutes dans de l'eau, jusqu'à ce que ça embaume quelques gouttes de valériane. on va pulvériser sur toute la culture, toute la zone qui a froid et ça ne démarre pas, il fait froid. Mais ça peut agir même avant le gel. Si on pulvérise avant le gel, on limite une partie des dégâts du gel. Évidemment pas si le gel est trop, s'il fait moins 10, tout est gelé, c'est clair. Mais des petits gels, on a vraiment vu des résultats intéressants. Avant le gel, le soir, ou le lendemain matin, avant le dégel, par exemple. En cas de choc de grêle, ça aide à une meilleure cicatrisation des fruits. Moi, je l'ai essayé, par exemple, sur les pommiers l'autre fois. Ça a vraiment bien marché. Les pommes avaient un petit top, mais bon. Oui, je vais peut-être prendre ça, voilà. Vous voyez, ce tableau, ça vous donne une petite idée. Et bien sûr qu'il y a d'autres plantes qu'on peut utiliser. Et on peut en trouver d'autres. Et c'est bien le but du jeu, d'essayer de sentir dans son terroir qu'est-ce qui pourrait aussi être utilisé de cette manière-là. Mais là, l'idée, c'est de soigner les plantes, soutenir les plantes par des plantes qui sont des grandes médicinales très performantes. Et là, en fait, vous voyez, quand il fait trop chaud, on pourra passer vraiment une tisane d'aquilée, une tisane de fleurs d'aquilée tout simplement, qu'on va pulvériser sur les cultures et les plantes supporteront mieux la canicule. C'est ça le résultat qu'on voit. Quand il fait froid, je vous l'ai dit, gel, grêle, grêle c'est des blocs de glace qui tombent sur les plantes, imaginez le choc quand même, le froid donc utilisation de Valérian, à l'opposé. Si vous avez des conditions très sèches, très minéralisantes, même une salinification du sol, une remontée avec l'irrigation, etc., la matricaire peut vraiment faire des miracles en tisane. Le pissenlit, à l'inverse, le printemps est vraiment humide, il manque de lumière, il n'y a vraiment pas de lumière, on peut faire un petit mélange, on va passer une fois le pissenlit, une fois la valériane. Donc là, je vous donne les principes. Après, dans les pratiques, vous pouvez trouver les recettes. à ses siens Deuxième aspect, les recettes. Mais l'idée de réguler le chaos des éléments au niveau de mon organisme agricole, au niveau de mon petit microclimat que j'essaye de soigner. Bien sûr qu'il faut soigner un microclimat et ensuite essayer de compenser les déséquilibres avec des plantes. Dans des zones encore plus arides, en Corse, il y a des amis qui expérimentent avec de l'alouès, avec du figuier de barbarie. donc c'est une piste vraiment de travail qui est… Je peux vous dire, quand quelqu'un a 50 ou 70 hectares de vignes et qu'il fait ça, si ça ne marche pas, il ne fait pas deux fois. Surtout quand c'est des grands vins réputés. Donc, il faut que ça marche. Vous pouvez aller leur demander. Donc, ce n'est pas juste un truc… Évidemment, on n'a pas beaucoup de retours expérimentaux sur ces usages de tisane qui sont assez récents. On a plus de retours sur le compost, les préparations biodynamiques, parce que ça a démarré il y a beaucoup plus longtemps. Ça, c'est quelque chose d'assez nouveau. Alors, je voulais terminer, je voulais ajouter encore ça. C'est les deux préparations dont j'ai parlé au début. En fait, je vous disais, la plante, en fait, une plante saine, c'est une plante, pour nous, en biodynamie, c'est vraiment la plante qui est le mieux ancrée, le mieux liée au sol possible, qui a les racines les plus profondes, les plus étendues et les plus reliées aux voisines, par les mycorhizes, etc. Et la plante aussi qui est capable vraiment de... d'utiliser la lumière solaire le mieux possible. Et pour ça, on a ces deux préparations biodynamiques qu'on appelle la bouse de corne, l'hys de corne. Alors, ça peut paraître tout à fait surprenant. Pourquoi prendre une corne de vache ? Après, on parlait de la corne d'abondance dans pas mal de traditions. Tiens, abondance, fertilité, ça prendrait du temps à nouveau d'expliquer pourquoi, puisque c'est un peu, on pourrait dire, une science du vivant, des forces, des processus. Mais en tout cas, cette bouse de vache transformée dans la corne, elle passe tout l'hiver en terre, ça donne un humus, là vous le voyez dans la main de la personne, ça ne sent plus du tout la bouche, aucun problème, c'est propre, c'est nickel, et on en met une bonne poignée dans l'eau par hectare, on va le brasser comme vous voyez à droite, à la main ou une machine, pendant une heure, et on va le pulvériser sur le sol au moment des semis, au moment des repiquages, et puis au début de croissance, pour favoriser le développement végétatif. Ça peut être vraiment très utile pour avoir des plantes vigoureuses, surtout vos plantes pérennes, vos plantes médicinales pérennes, d'utiliser ça au moment de la plantation, au moment du semis, et après pendant le début de croissance, on a des plantes vraiment plus vigoureuses, si on le fait une, deux, trois fois. Après la silice de corne va être plus passée vraiment pour favoriser les métabolites secondaires, si je ne le dis pas en termes chimiques, mais plutôt le processus de floraison, de différenciation et de fructification. Je voulais vous montrer quelques résultats de recherche, il y a quand même de la recherche depuis les débuts de la biodynamie, depuis une centaine d'années. Il y a un site, Biodynamie Recherche, vous pouvez trouver beaucoup de synthèses de recherches académiques publiées, faites de par le monde. Vous voyez l'effet des préparations biodynamiques sur la racine, là, ça donne la différence du lisier sans les préparations à droite avec les préparations biodynamiques. En période de sécheresse, réfléchissez quelle racine vous voulez avoir, je crois que c'est tout vu. C'est parlant, c'est pas à vous de choisir. Une autre recherche très étonnante, c'est les propriétés... des communautés de fungus, de champignons sous terre selon le mode de culture conventionnel bio-biodynamique. C'est pareil, je vais vous donner une image toute simple. Si vous travaillez en équipe et vous avez un projet, est-ce que vous pourrez faire qu'il y ait deux groupes qui ne collaborent pas trop et puis quelques isolés dans le groupe ou alors vous préférez travailler en bonne synthèse ? C'est très rapide. Évidemment, je ne peux pas vous développer, mais vous pourrez trouver les papiers scientifiques beaucoup plus précis. il y a plusieurs travaux qui ont été faits en France et en Espagne et une chose encore intéressante malheureusement je n'ai pas sur les plantes médicinales donc j'espère que des gens vont vraiment faire ces essais, ces comparaisons avec préparation biodynamique là c'est sur des potirons, donc c'est intéressant pour les gens qui font de l'huile de potiron regardez la différence entre des antioxydants par exemple, le bêta-carotène non ? contrôle, c'est rien du tout. 500, c'est la préparation bouche de corne, 501, c'est lisse de corne. Et quand on met les deux préparations ensemble, vous voyez, on va vraiment nettement augmenter la teneur. Donc vous voyez, selon la variété, la différence est plus ou moins grande. Chez la variété Carovita, il n'y a que 13% de plus de bêta-carotène. Chez les deux autres variétés, c'est 80%, quasiment, 78, 79 de plus. Donc ça vaut vraiment la peine. Ça veut dire qu'on a des plantes Beaucoup plus rapetique. On l'a fait pour d'autres substances. C'est un exemple rapide. Ça, vous savez, antinoxydant pour la santé, tout le monde sait ça. Une recherche qui a été faite en viticulture par chez moi, derrière chez moi, avec l'INRA de Colmar, défense naturelle plus élevée pour les vignes en biodynamie. Voilà, une publication que vous pourrez trouver. Et pour terminer, l'idée de la biodynamie, c'est créer les meilleures conditions possibles pour la santé du sol qui du coup donnera des plantes saines. C'est ça, c'est vraiment l'idée de salutogénèse, de soigner et pas de lutter contre, même pas de lutter contre le changement climatique, mais de créer des conditions où on l'amortit, où on fait avec et on essaye d'aider les plantes à faire avec, évidemment. Qu'on peut limiter le développement du changement climatique, mais ça c'est ce que je vous montrais au début, est-ce que je viens en train ou est-ce que je viens en avion ? Bon, moi j'ai fait un tour de France en train, j'ai optimisé, j'ai fait 5-6 interventions, je crois que ça va, je ne suis pas trop mal, même si c'était en TGV en partie, j'aurais pu faire l'avion, fluscation, mais voilà, merci pour votre attention.