- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast Ménopause et Renaissance. Je m'appelle Isabelle Kerr et je suis professeure de yoga spécialisée en yoga hormonal et en ménopause yoga. C'est avec un immense plaisir que j'ai créé ce podcast car je sais... pour en être passé par là, à quel point cette transition de la ménopause peut être déstabilisante pour nombre d'entre nous, que ce soit sur le plan physique, émotionnel ou encore mental. Et pourtant, je reste persuadée que ce chapitre de notre vie peut également s'avérer être une merveilleuse aventure vers la connaissance de soi. Dans ce podcast, je partage avec toi des conseils bien-être adaptés, conseils délivrés aussi par des invités expertes dans leur domaine, où nous parlerons yoga, nutrition, santé, beauté, mode et bien d'autres choses encore, afin que toi aussi, tu puisses vivre une merveilleuse renaissance. Alors, bonne écoute ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Alors, en plus, c'est le... Premier épisode de la rentrée, donc je suis vraiment très très heureuse de recevoir aujourd'hui Céline Bernard qui est nutritionniste et diététicienne et qui est surtout spécialisée dans les troubles digestifs et nous les femmes, nous savons à quel point ce sujet est toujours très problématique. Déjà je parle en mon nom, mais je sais qu'autour de moi, dès qu'on parle ventre, c'est vraiment un sujet qui nous intéresse énormément, on a toujours plein de questions là-dessus. Déjà, merci beaucoup Céline d'avoir accepté mon invitation. Et puis, écoute, je vais te proposer de te présenter. Et comment d'ailleurs tu t'es intéressée spécifiquement au ventre ?
- Speaker #1
Écoute, on est deux Isabelle, parce que moi aussi ça m'intéresse. Merci pour l'invitation. Alors, je suis diététicienne nutritionniste. En effet, moi je me suis spécialisée dans les troubles digestifs. Je vais t'expliquer après pourquoi. Et donc, mon activité, c'est d'accompagner les patients. Donc, je fais beaucoup de visio. Je fais aussi un cabinet dans le 94, Opéra sur Marne. Et je suis aussi formatrice et j'interviens, tu sais, dans les entreprises pour justement, comme je vois beaucoup de gens qui sont malades. J'aimerais bien avoir aussi avant, faire de la prévention. Donc voilà. Et puis à la base, oui, je suis... Enfin, je ne viens pas de ce métier. Je viens du marketing à la base. Donc, le métier que je fais encore, J'interviens dans des écoles, je forme des entrepreneurs par exemple à ce métier-là. Donc j'aime bien, si tu vois bien dans tout ça, le point commun c'est la transmission, j'adore ça. C'est un peu mon moteur de tous les jours. Et pourquoi la nutrition, pourquoi la digestion ? La nutrition, je trouve ça passionnant, vraiment. Je me suis toujours intéressée, depuis loin, je m'en rappelle. Ça me fascinait, les vitamines, les nutriments. Comment ça se fait qu'il y a marqué ça dans la boîte ? Pourquoi il y a marqué pourcentage, etc. Et donc, je me suis très vite intéressée au final. Sauf que j'avais tourné autour de ce métier, puis je ne m'étais jamais lancée. Et c'est ce que j'ai fait maintenant, il y a plus de cinq ans. Donc, pourquoi les troubles digestifs ? En fait, c'est ça. Moi, j'ai toujours eu mal de ventre, depuis que j'ai sept ans. Donc, le mal de ventre, c'est mon... Je ne sais pas comment dire, c'est un de mes plus vieilles amies. Mais quand j'ai étudié la nutrition, ce n'était pas pour ça que je l'ai fait. C'est vraiment pour le côté très... physiologie très précise, très mécanisme que j'adore. Et plus j'ai étudié et plus je me suis rendue compte que là où tout se passait, c'était l'intestin. Ça m'a renvoyée à ça et du coup j'ai mieux compris ce que moi j'avais à l'époque. Et puis c'est fascinant en fait. L'intestin c'est ce qui fait passer l'extérieur à l'intérieur. Donc c'est là où tout se joue. Et puis après c'est vrai que J'aime beaucoup accompagner les patients qui ont mal au ventre parce que déjà, je comprends exactement ce qu'ils me racontent. L'ayant vécu... Enfin, j'ai 47 ans. C'est bien, on va parler ménopause. J'ai 47 ans. Donc, t'imagines, j'ai eu mal au ventre depuis mes 7 ans. Ça fait 40 ans quand même. Donc, j'ai vu pas mal de choses. C'est vrai que les patients aiment bien, en fait, que je comprenne ce qu'ils vivent parce que l'ayant vécu. Donc, il y a tout ce côté-là qui fait que je suis un peu comme un petit poisson dans l'eau et que j'adore aider mes patients sur ce sujet-là. Et du coup, même quand j'interviens en entreprise, je ramène tout ce qui est autour du microbiote, qui est mon expertise, je ramène cette partie-là parce que, je pense qu'on va en parler, mais ce n'est pas que le ventre qui est l'image de notre santé. Les microbiotes, on peut très bien avoir aucun trouble digestif, on peut avoir un microbiote qui est complètement déréglé. Donc, tu vois, oui, ça rentre par les troubles digestifs, mais en fait, c'est une ouverture à énormément de choses.
- Speaker #0
Alors, justement, Céline, avant de rentrer vraiment dans les solutions, qu'est-ce qu'on peut faire, etc., qu'est-ce qu'on appelle un ventre en bonne santé, finalement ? Parce qu'on voit souvent sur les réseaux des femmes, quels que soient l'âge, d'ailleurs, qui ont des ventres, mais plus pas... plus plat que plat, et on se dit, mais est-ce que c'est ça un ventre en bonne santé, ou est-ce qu'il y a quand même des nuances à avoir ?
- Speaker #1
Il y a des nuances, on n'est pas tous égaux pour ça, et puis il y a la magie d'Instagram. Moi, pour moi, un ventre en bonne santé, c'est un ventre qui assure ses fonctions, en fait. Donc le tube digestif, la fonction, digestion, absorption, c'est ce que je disais tout à l'heure, faire rentrer l'extérieur à l'intérieur, en fait, tout en ayant tout ce rôle de défense, immunité, etc. Donc en fait, un ventre en bonne santé, je te dis, ça peut ne pas se voir. Le côté ventre plat, etc., ça renvoie plutôt à l'esthétique. Et il y a une autre variable encore, c'est le confort. Tu vois, le... Comment on peut appeler ça ? Ouais, c'est ça, le confort de vie, l'impact sur le quotidien, en fait. Donc pour moi, il y a trois choses différentes. Quand on voit quelqu'un qui a un ventre plat, les plaquettes et tout ça, c'est chouette. Mais en fait, déjà, on n'est pas tous égaux par rapport à ça, donc génétiquement. Et deux, Ça dépend aussi d'autres variables. On ne voit pas, par exemple, l'alimentation du sportif, celui qui va faire beaucoup de musculation et donc avoir les muscles qui se voient bien. Ce n'est pas une alimentation santé. Donc déjà, quand on comprend ça, tu vois les extrêmes. Tu me dis, est-ce qu'avoir un ventre plat et un ventre en bonne santé ? Pas forcément. Parce qu'il y a ce qu'on appelle en musculation la sèche. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de ça. On diminue au maximum les apports de matière grasse. Donc forcément, les muscles sont plus saillants. Et résultat des courses, en baissant les apports en graisse, on a d'autres conséquences. Parce que le gras, c'est aussi les hormones, etc. Donc tu vois, il y a un juste milieu entre les deux. Pour moi, répondre à ta question, c'est... C'est celui qui assure sa fonction. Donc, il y a même une variable, je trouve, qui est hyper intéressante, c'est que le ventre, c'est le lieu de la fermentation, puis particulièrement le colon. Donc, qui dit fermentation, dit production de gaz, qui dit production de gaz, dit ballonnement. Donc, ce qui va nous intéresser, c'est est-ce qu'il y a un excès dans ce ballonnement-là, en fait ? Tu vois, il y a ventre très plat, ventre plat, ventre moyennement plat, ventre gonflé, ventre très ballonné, ventre de femme enceinte, je pourrais faire un degré en vrai.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Donc, ça va être, j'ai envie de dire, la chronicité des ballonnements, ça va être l'importance des ballonnements qui va nous renseigner en fait. Mais par exemple, moi, je n'ai pas de ventre plat, tu vois. Je n'ai jamais eu tablette de chocolat parce que j'ai fait un choix. qui a un choix d'alimentation santé plutôt que d'alimentation esthétique. Donc, chacun son choix, en fait.
- Speaker #0
Je trouve ça très intéressant, cette nuance que tu fais, justement, parce que je peux tout à fait le ramener au sport. Il y a le sport qu'on va faire à outrance, parce qu'on veut avoir les muscles saillants, etc. Et le sport santé pour être en forme. C'est ça, c'est pareil. Le modèle est très intéressant. Et justement, pour en venir à la ménopause, moi je sais qu'autour de moi, j'en ai beaucoup qui me disent, mais depuis la quarantaine ou 45-50 ans, je ne reconnais plus mon ventre. Justement, comme tu parlais de gonflement, un ventre plus gonflé, même... sans arrêt gonflé pour certaines, on n'arrive plus à fermer le pantalon, ou alors on le ferme le matin, mais arrivé déjà à midi, on commence à dégraffer un bouton, puis le soir, c'est tout qui est dégrafé. Voilà, on a une digestion qui change, peut-être plus lente, le transit aussi qui change. Donc, qu'est-ce que tu observes toi ? Est-ce que ça, c'est des choses que tu observes et qui est lié à la pré-ménopause ?
- Speaker #1
Il y a de toute façon, physiologiquement, il y a quelque chose qui se passe. Et puis, j'ai envie de dire, on est bien placé pour le savoir parce qu'on le sent. Donc, si on le sent, c'est qu'il se passe quelque chose. Après, il y a une étude qui a été faite, si je ne me trompe pas, l'année dernière, en octobre 2025, par la Menopause Society, je pense que tu connais, qui a fait une étude pour voir justement les modifications des symptômes des gens. Et en fait, il y a plus de 80% des femmes qui disent ça en effet. Depuis la ménopause, pré-ménopause, j'ai plein de symptômes qui arrivent et je ne les avais pas avant. Donc ça, c'est un... C'est un fait. Les gens le ressentent, le voient. Les gens ne l'ont pas imaginé, ils le ressentent. Après, c'est le lien qui est fait physiologiquement entre les deux. Donc, ce qu'on sait déjà, c'est qu'il y a une baisse des oestrogènes et il y a une baisse de la progestérone. Des fois, on ne sait pas forcément dans quel ordre ça vient. Mais ce qui se passe, c'est qu'il faut comprendre que ces deux hormones, elles permettent, je fais des raccourcis pour que les gens comprennent facilement, parce que si je rentre dans la physiologie, ça va être difficile. Mais tu vois, les oestrogènes nous protègent, en fait. Et ça nous permet justement de ne pas stocker au niveau du ventre. Enfin, quand je dis pas, c'est peu, moins stocker. Il n'y a pas d'extrême, il n'y a pas de pas ou trop. Mais du coup, on stocke moins au niveau du ventre, on va stocker au niveau des cuisses. C'est la progestérone qui fait ça. Donc la différence entre nous, les hommes, c'est aussi une grosse partie de ça. Les hommes ont plus de graisse viscérale que les femmes. Et à partir de la ménopause, comme tout ça change, on ne stocke plus au niveau des cuisses, on va stocker au niveau du ventre. Et c'est là qu'on voit... La différence, on la voit clairement, commence à stocker en endroit où on stockait moins ou pas avant. Donc ça, c'est clairement physiologique. C'est avec la baisse des oestrogènes et aussi de la progestérone. Ça, c'est vraiment répertorié. Après, il y a plusieurs autres choses aussi qui changent. C'est pour ça qu'on ne sait plus. C'est les causes, les conséquences. Il y a deux choses. Il y a le rythme de vie, tout ce qui va être contexte de vie, et il y a le microbiote. Si je commence par tout ce qui est autour du contexte, il va y avoir moins d'activités physiques, il va y avoir des prises de traitement, il va y avoir une modification d'alimentation. Il y a un contexte aussi qui joue. Et ça... on ne va pas faire tous les liens, mais on sait que cette modification-là va avoir un impact non seulement sur la digestion, mais aussi sur le microbiote, et donc indirectement sur la digestion. Après, quand on ne parle que du microbiote à part entière, on sait qu'il y a une modification. De toute façon, avec l'âge, on a un microbiote qui se modifie, que ce soit homme ou femme d'ailleurs. On a un rapport entre les filars, c'est les grandes catégories de bactéries, de micro-organismes. On a des rapports qui changent. Normalement, on est bien sur un équilibre fermicute-bactéroïdétesse. Et là, ce qui se passe, c'est que les fermicutes baissent et les bactéroïdétesses augmentent. Il n'y a rien que ce déséquilibre-là qu'on retrouve dans certaines pathologies, même en dehors de la ménopause, fait qu'en fait, les microbiotes changent. Et c'est assez subtil, mais... Il y a quelques bactéries qui aiment bien, entre guillemets, jouer avec les oestrogènes. Ça veut dire que, tu vois, nos oestrogènes, quand ils ont fait leur petit rôle, ils arrivent au niveau du foie, ils sont excrétés dans la bile, et on leur met une petite bouée, ce qu'on appelle une conjugaison, et puis la bile, donc, elle arrive au niveau de l'intestin. Et au niveau du côlon, une partie de la bile arrive aussi, il y a les oestrogènes qui ont leur petite bouée, et puis il y a des bactéries qui adorent enlever cette petite bouée. Et les oestrogènes reviennent dans le poule circulant. Tu vois ce que je veux dire ? Résultat, en temps normal, on a des oestrogènes comme ça qui sont remis dans l'organisme. Et pendant la ménopause, ce n'est pas le cas. Enfin, pré-ménopause, ménopause, ce n'est plus le cas parce que les bactéries changent. Donc, il y a moins de bactéries qui aiment bien enlever les petites bouées des oestrogènes. Ce qu'on appelle l'ostrobolome, si on veut creuser un petit peu plus loin. Et voilà, tout ça, c'est un lien avec les acides biliaires et tout ça. On digère moins. Tu vois, il y a plein de mécanismes très complexes qui expliquent.
- Speaker #0
C'est très concret. Oui. Vraiment, comme tu dis, on ne va pas rentrer trop dans les détails, mais ce qui est important de comprendre, c'est que c'est vraiment physiologique. Il y a un vrai changement qui se fait dû au fait qu'on a cette transition de la ménopause. Parce que des fois, j'ai même des amis qui me disent « je ne comprends pas, je n'ai rien changé, j'ai toujours la même alimentation et pourtant j'ai pris du ventre, ceci, cela. » Mais oui, mais comme tu l'expliques très bien... physiologiquement, comme les choses ont changé, forcément, même si nous, on n'a rien changé, mais c'est comme ça, c'est factuel, finalement.
- Speaker #1
C'est factuel. Après, il y a encore des études sur les causes-conséquences. On ne sait plus si c'est les causes, les conséquences, etc. Mais il y a aussi d'autres facteurs qui n'ont rien à voir. Est-ce qu'il y a une pathologie ? Est-ce qu'il y a une pathologie digestif ? Est-ce qu'il y a une hypothyroïdie ? Tu vois, souvent, il y a... Il y a un impact aussi sur la thyroïde, cause ou conséquence, ça va ensemble. Une thyroïde qui ralentit, ça fait que le métabolisme ralentit, etc. Tu vois la cascade de l'histoire. Les deux marchent ensemble, l'hormone thyroïdienne et l'intestin, c'est un peu les mêmes histoires qu'avec les bouées. Tu peux aussi avoir, comme tu as une modification de contexte, une modification de l'alimentation. motricité du tube digestif. Résultat, je développe une dysbiose des équipes de microbiote qui est un peu plus puissant. Du coup, je peux me retrouver avec un SIBO. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de ces termes-là. Syndrome d'intestin rétable, SIBO, candidose, toutes ces dysbioses, c'est-à-dire ces équipes de microbiote qui ne vont pas aider. Et généralement, qui sont accompagnées de pas mal de ballonnements. Tu vois, il y a plein de variables aussi indirectes. extrêmement complexe.
- Speaker #0
Oui, oui. Et justement, pour revenir sur le ventre gonflé, parce que c'est vraiment quelque chose qui revient très, très souvent, les ballonnements, le ventre gonflé, etc. Comment ça se fait que, même si on pense à manger sainement, c'est-à-dire respecter le fameux... L'assiette parfaite, entre guillemets, avec nos protéines, qui font la moitié de l'assiette, un quart féculent, un quart légumes, ou plutôt une demi-légumes et quart protéines et quart féculents. Et comment ça se fait que malgré tout ça, on peut être ballonné ? Malgré une hygiène de vie, finalement, est-ce que ça veut dire qu'on a forcément une dyspiose, du coup, et qu'il faut aller consulter ?
- Speaker #1
Non, ça dépend, parce qu'en fait, Encore une fois, d'où on part ? Je suis peut-être à Céline 5.0, je ne suis plus à Céline 1.0. Donc ça dépend d'où on part. Encore une fois, j'aime bien regarder l'aspect ponctuel des choses ou l'aspect chronique des choses. Si c'est ponctuel, je ballonne à un moment, ça arrive à tout le monde. Il y a eu un excès de fermentation quelque part. Et en plus, le ballonnement peut être dû aussi à la posture. Il y a un effet aussi au niveau du diaphragme. Je pense que tu connais ça par cœur avec le yoga. tu vois il y a je sais pas j'ai mangé plusieurs fois au restaurant j'ai fait que parler avec les copains mine de rien on ramène de l'air avec tout ça donc il y a l'aérophagie qui est non négligeable il y a la mastication tu vois il y a des choses ponctuelles et puis il y a des choses beaucoup plus chroniques par exemple les gens qui viennent me voir qui sont plutôt sur des troubles digestifs chroniques je peux te dire que la cède parfaite elle est pas parfaite Parce que ça fait très longtemps qu'ils ont remarqué que certains aliments les faisaient ballonner. Et puis ça fait très longtemps qu'ils ont commencé à faire pas mal d'évictions. Et du coup, l'assiette n'est plus du tout équilibrée, ça s'entretient. Et puis qu'on a un effet qui est la poule et qui est l'œuf. Tu vois, donc il y a ces deux aspects-là, vraiment. Il y a ponctuel et chronique. Donc manger sainement pour quelqu'un qui a des troubles digestifs chroniques, généralement, ça lui fait mal. Parce que... Il a soit une forte fermentation, soit ça va un petit peu plus loin sur une dysbiose éventuellement. Et le fait de manger sainement. Souvent, quand on entend sainement, on dit beaucoup de fruits et légumes. Donc beaucoup de fibres, beaucoup de fermentation. Et après, on peut renvoyer sur ce qu'on appelle les FODMAP, les aliments fermentissibles. Généralement, j'ai beaucoup de patients qui mangent beaucoup d'ail et d'oignon. Donc un basique sur notre cuisine française quand même. L'ail et l'oignon, ce sont des aliments qui contiennent des sucres fermentissibles, les fructanes. Et les fructanes, les microbiotes adorent ça. C'est un festin pour lui. Donc il y en a qui le gèrent très bien, il y en a qui le gèrent très mal. Il y a beaucoup de choses comme ça qui entrent en jeu. Il y a aussi l'aspect nerveux, ce qu'on appelle l'hypersensibilité viscérale qu'on retrouve chez les gens qui ont un syndrome d'intestin irritable. Je peux avoir la même quantité de gaz que mon voisin, mais moi, ça me fait mal, mais l'autre, non. Il y a des histoires comme ça aussi. Après, ça renvoie sur le système immunitaire, mais il y a plein de variables qui font que manger sainement.
- Speaker #0
Oui, voilà. Finalement, il n'y a pas d'assiette parfaite. Ça dépend de chaque personne. Par exemple, l'été, où on se dit, ah, ben tiens, c'est super, je vais manger plein de crudités. Ça va être bon pour ma ligne. Moi, par exemple, si je mange trois jours à la suite, ce n'est plus la peine. Je ne rentre plus dans aucun vêtement tellement ça me fait ballonner. Donc oui, c'est pour ça que c'est important finalement de se faire suivre pour qu'on puisse peut-être supprimer en quelque temps un aliment pour voir quel est celui qui peut poser éventuellement un problème. Mais ça, il faut... Il faut être suivi pour être guidé.
- Speaker #1
C'est vraiment, et puis l'erreur, c'est d'aller sur des évisions multiples. Mais tu vois l'exemple que tu me donnes avec trois jours de crudité, par exemple, je suis quelqu'un qui ne mange jamais de crudité, et puis là en été, je me suis dit, super, je vais en manger trois jours de suite. L'apport vraiment massif de fibres d'un coup, surtout que généralement, c'est des grosses quantités, en fait, on ne peut pas le gérer. Quand on réintroduit des crudités ou plus de légumes, on le fait progressivement. En fait, il y a une histoire de tolérance, petit à petit. Le corps fonctionne beaucoup comme ça. Depuis qu'on est gamin, c'est comme ça. C'est vraiment des petites quantités. Après des petites quantités, on remonte. Par exemple, quand je fais des réintroductions sur des patients qui ont des pathologies comme la maladie de Crohn ou des maladies inflammatoires, donc rectocolite hémorragique, on réintroduit des aliments à la cuillère à soupe. Donc, en fait, c'est ça qui va être intéressant. Donc encore une fois, j'aime bien ta conclusion, il n'y a pas d'assiette parfaite. Non, il n'y en a pas. L'idée, c'est de trouver son équilibre à soi. Et tous les cas sont possibles. mais l'idée c'est de savoir combiner les aliments de façon à ce que nous-mêmes on ait les nutriments qu'il nous faut en prenant en compte la variante d'absorption des intestins, ce que je peux manger parfaitement mais avoir un intestin qui n'absorbe pas très bien et là un coup d'épée dans l'eau ça fait vraiment réfléchir,
- Speaker #0
je pense toujours aux réseaux sociaux qui nous bombardent de plein de bons conseils on entend tout et son contraire Et bon, là, par exemple, il y a les crudités, mais on entend aussi beaucoup autour du lait et notamment des yaourts. Il faut arrêter de manger des yaourts de vache parce qu'il y a du lactose. On n'est pas fait pour digérer ça. Certaines personnes, moi, mon mari, par exemple, il en mange tous les jours. Il n'y a aucun problème. Et j'ai une fille qui, elle, elle en mange pareil. Si elle en mange un peu trop, elle sent que là, ça ne va plus. Elle est ballonnée aussi. C'est là aussi, il faut arriver à se connaître, arriver à doser, mais pas écouter forcément, soit pas lire complètement, ou alors se jeter dessus, parce que là, c'est la mode de manger du skier presque matin, midi, soir. Donc, il faut peut-être arriver là aussi à trouver un équilibre et à comprendre ce qui se passe en fait dans notre corps, plutôt que de suivre juste des conseils qu'on peut glaner à droite à gauche, qui sont génériques finalement.
- Speaker #1
Je vais te donner un exemple simple. Si je te dis, arrête de manger du lait, c'est mal. Ça, c'est le premier message. Deuxième message, je vais te dire, mange de tout en petite quantité. Sur les deux messages, lequel tu vas retenir ?
- Speaker #0
Moi, plutôt mange de tout en petite quantité.
- Speaker #1
Oui, mais toi, c'est biaisé. C'est vrai que... Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est là que je veux en venir. Si je te dis arrête le lait, ça va te faire du mal, tu comprends tout de suite.
- Speaker #0
Oui, on joue aussi sur la peur.
- Speaker #1
Alors que si je te dis mange diversifié de tout en petites quantités, ça veut dire quoi concrètement ? Concrètement, je ne sais pas l'appliquer. Donc tu vois les messages du gouvernement, 5 fruits et légumes, etc. Ils sont hyper banalisés. En vrai, on peut les critiquer, pas de problème, surtout que c'est plus deux fruits que cinq fruits, on est d'accord. Mais en fait, ce sont des messages qui sont simplifiés pour qu'ils puissent passer. Et quand on s'intéresse vraiment à la complexité de l'alimentation, en vrai, tu ne peux pas faire de messages comme ça, sauf que du coup, ce n'est pas vendeur. Tu vois, quand je te disais que je viens du marketing, je connais la différence entre les deux. Mais ça ne marchera pas, en fait. Donc l'idée, c'est de transformer des messages d'alimentation adaptée à soi, pour tout le monde, ce n'est pas possible. Donc, le résultat, c'est de faire comprendre aux gens que chaque personne est unique, chaque personne a son équilibre alimentaire, il y a des basiques qui sont top, mais par contre, suivant la situation, le contexte, le médicament, l'âge, le traitement, enfin, tout ce que tu veux, ça se trouve, tu auras une alimentation qui n'est pas la même que la personne qui a le même âge que toi, en fait, rien à voir. Et je pense que c'est ça, c'est un message qu'il faut faire passer, mais c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est compliqué parce qu'on est quand même très formaté. Et finalement, on ne se rend pas compte qu'en suivant ces conseils qui paraissent tout à fait légitimes, sains, etc., peuvent aboutir à une alimentation déséquilibrée pour soi. Et voilà, parce qu'on n'est pas comme la voisine. Comme tu dis, ça dépend de l'âge, ça dépend de beaucoup de choses.
- Speaker #1
J'entends même des fois des discours de médecins et de gastro-entérologues sur les réseaux sociaux qui ne sont pas bons. Par exemple, sur le microbiote, il faut arrêter le sucre. Ça, c'est un message qui n'est vraiment pas terrible. Parce qu'il y a une nuance entre le sucre... Je te rappelle quand même que l'ADN, il y a une partie, c'est du sucre. On est d'accord, c'est pas mal le sucre en soi. Mais c'est tellement plus facile à faire passer comme message. Donc là, on va aller creuser. C'est plutôt les aliments ultra transformés, riches en sirop de glucose, fructose et compagnie. Mais un carré de chocolat qui n'est pas de l'ultra transformé, mais du transformé. donc plutôt du chocolat noir, et puis les pâtisseries que tu fais toi-même, où tu mesures ce que tu fais et ce que tu mets dedans, c'est pas ça qui va flinguer ton microbiote. Tu vois la différence entre le message ? C'est plus facile de dire, arrête le sucre, ça va tuer ton microbiote. Et c'est pas vrai, en fait. Et quand tu parlais du lait, ça dépend des gens. Il y a des gens qui sont intolérants au lactose, t'as des gens qui ont des difficultés avec la caséine, t'as des gens qui n'ont aucun problème. On oublie aussi que les yaourts, c'est plein de probiotiques. Ce n'est pas que mauvais. Les messages, je connais des praticiens, ils voient les patients. Le premier message, c'est vous faites sans gluten, sans lactose. Pourquoi ? C'est aussi à nous, là je me mets du côté patient, c'est aussi à nous, patients, de reprendre notre pouvoir dessus et de faire la part des choses entre ce qu'on nous raconte. Et c'est compliqué. C'est très très compliqué.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on entend encore une fois tout et son contraire. Et du coup, on ne sait plus. Un coup, on arrête le sucre. Un coup, on reprend. Un coup, il ne faut plus manger le yaourt. Enfin bref. Et pour en revenir sur le sucre, il y avait une époque aussi où ça a été la mode, où ça a été un peu les challenges. Trois mois, six mois, un an sans aucun sucre, même pas de fruits, rien du tout. Là, on est dans les extrêmes aussi. Donc, il faut vraiment faire attention. Et je voulais aussi te demander, on entend souvent le cerveau, le microbiote, pardon, c'est notre deuxième cerveau. Et du coup, on connaît aujourd'hui ce lien très fort entre le cerveau et notre microbiote. Et alors justement, concrètement, comment le stress, l'anxiété... Et le manque de sommeil que nous connaissons au moment de la ménopause, peuvent-ils se manifester du coup au niveau digestif ? Comment c'est relié en fait, ces informations cerveau, intestin, etc. ?
- Speaker #1
J'adore cette question, c'est mon kiff ! En fait, déjà, ce n'est pas le microbiote en lui-même, c'est l'intestin. Et quand on dit l'intestin, on parle de la barrière intestinale. Et dans la barrière intestinale, on va parler des micro-organismes. Donc du microbiote, on va parler du mucus qui protège les cellules, les cellules en elles-mêmes, le système immunitaire, c'est ça la barrière intestinale. Quand on parle de l'axe intestin-cerveau, c'est un équilibre entre les deux. Donc c'est vrai qu'on dit que l'intestin c'est notre deuxième cerveau, moi j'aime bien dire que c'est le premier. Et en vrai, dans la gestation, c'est ce qui se fabrique en premier avant le cerveau. Donc on réfléchit avec notre ventre en gros. Et donc oui, il y a un axe bidirectionnel. Il y a deux, on va dire, il y a deux voies. La première voie, c'est la voie nerveuse. Avec ce fameux nerf vague, en fait, tu te rends compte que ça va dans les deux sens, mais en gros, il y a 20% qui fait cerveau-intestin et il y a 80% qui fait intestin-cerveau. Donc c'est juste énorme. Et de l'autre côté, ça va être la voie sanguine. Et là, on va retrouver les hormones, on va retrouver les... les molécules immunitaires, cytokines, etc. Et on va retrouver aussi tout ce qui va être métabolique, acide gras à chaîne courte, ce que fabrique notre petit microbiote et qui passe par voie sanguine et qui atteint notre cerveau. Et donc, il y a un dialogue entre les deux. Moi, j'aime bien dire, j'ai beaucoup de patients, on leur a dit, vous avez mal au ventre, c'est parce que vous êtes stressé. C'est dans votre tête, mais c'est mal dit. Donc c'est possible, mais ça va dans les deux sens, c'est-à-dire que ça peut être cause et conséquence. Pour que tu comprennes un peu plus, je vais te donner un exemple, j'aime bien te donner l'exemple de la sérotonine. Tu vois, dans notre alimentation, il y a une protéine qui s'appelle le L-tryptophan, qu'on va retrouver notamment dans les bananes, dans certains ficulants, etc. Ce tryptophan, c'est le précurseur de la sérotonine. Pour rappel, sérotonine, hormone du lâcher-prise, qu'on adore. Et quand on absorbe le tryptophan au niveau de l'intestin, soit l'intestin va le détourner pour lui, et donc il va faire sa propre sérotonine qui va servir à la motricité, soit le tryptophan va monter au cerveau, il passe la barrière hémato-encéphalique, et là il fait la sérotonine, mais celle qui fait vraiment de la chéprise. Et donc tu vois l'axe entre les deux. Si je te donne un autre exemple... Par exemple, le microbiote qui fait des acides gras à chaîne courte, qui transforme les fibres en acides gras à chaîne courte, dont le fameux butyrate, pareil, il passe la barrière intestinale et il arrive au niveau du cerveau. Et là, ça va être tout ce qui va être anti-inflammatoire, régénération des neurones, etc. Donc, on voit en fait cet axe-là qui est flagrant. L'autre côté, si je te donne un exemple par contre du haut vers le bas, donc avec le Nervag. en fait le nerf vague il va régir tout notre tube digestif ça veut dire qu'en gros quand tu manges en mode marathon, tu digères pas et puis quand tu manges en mode calme, tu digères c'est simple du coup on va rentrer dans tous les neurotransmetteurs type adrénaline etc mais imagine tu cours ton marathon ton système nerveux ton sang, tout ça va gérer plutôt les muscles, le cœur, etc. Le système digestif, il s'en fout. On est d'accord. Quand tu manges stressé, tu te retrouves avec un tube digestif qui fonctionne mal parce qu'il n'a pas le temps. Le système nerveux ne s'en occupe pas. Encore une fois, quand je dis qu'il ne s'en occupe pas, je vais dans les extrêmes. Mais en gros, il s'en occupe moins.
- Speaker #0
Ce n'est pas sa priorité.
- Speaker #1
Et pas sa priorité. Et heureusement, parce qu'il ne sait pas tout faire. Heureusement, en fait. Tu vois, chacun son rôle. Donc, l'axe intestin-cerveau, il est à la base de beaucoup de recherches. Tu vois, on est en train de voir que beaucoup de maladies neurodégénératives viennent de l'intestin. C'est pour ça que je te dis, il y a tout ici. Après, ce n'est pas un bouc émissaire non plus, mais c'est un équilibre qui, mine de rien, a des conséquences sur... toutes les pathologies, même cardiovasculaires, plein de pathologies prennent naissance ici. Donc, c'est ça qui est intéressant à aller creuser. Ah oui,
- Speaker #0
en effet. Mais du coup, là, on a bien compris comment le ventre va influencer notre cerveau. Et à l'inverse, tu disais, le cerveau peut lui aussi avoir un impact sur notre digestion au moment du stress. D'où l'importance aussi de travailler son stress. En fait, ce n'est pas que notre assiette, que l'alimentation, c'est aussi notre environnement, comment on vit, comment on gère son stress, etc. Tout ça, c'est important.
- Speaker #1
Est-ce que là, je t'ai donné un exemple de stress à court terme, avec le nerveil, l'adrénaline, mais il y a le stress à long terme avec le cortisol aussi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Tu vois, le cortisol, hormone surrénalienne, qui vient... Heureusement, on en a besoin. Si on n'a pas de cortisol, on a un burn-out. On est tous d'accord. Mais en excès et en chronique, notre corps n'est pas fait pour le gérer. Et au niveau de la barre intestinale, on le sait, ça crée de l'hyperperméabilité. Ça desserre les jonctions des cellules. Du coup, ça laisse passer des molécules qu'on n'aimerait pas qu'elles passent. Direct au cerveau. C'est encore cette histoire d'axe intestin-cerveau. C'est pour ça que je dis toujours l'alimentation. Ce qui va être intéressant, c'est comme une voiture. Tu sais, c'est une histoire de quantité-qualité. Est-ce que je mets assez d'essence ? Est-ce que je mets la bonne essence dedans ? Et il y a, où est-ce que tu gardes ta voiture ? En gros, tu as une Ferrari, elle est magnifique, mais je la garde dans la rue. En fait, ça va être tout le contexte. Le stress, la sédentarité, l'activité physique, mon environnement, est-ce qu'il y a des polluants, des toxiques, etc. Ça va être... Donc j'ai dit, stress, sédentarité, activité physique, j'ai fait le tour, sommeil. Tout ça va avoir un impact. Déjà sur ce qu'on mange, parce que quand on est normal et qu'on est stressé, on va aller vers du gras et du sucré en excès. Attention, j'insiste, en excès. Et là, notre microbiote, il se modifie. Il est très résilient, mais à un moment, il se modifie quand même.
- Speaker #0
Oui, oui. Oui, le sommeil, c'est vrai que ça a vraiment un impact aussi. Souvent, on voit quand on a très mal dormi, déjà, comme tu dis, on a envie d'aller se jeter sur des sucreries et des choses comme ça. On mange plus mal, on fait moins attention parce que justement on est fatigué, il faut que ça aille vite et on est davantage ballonné. Moi, je sais que c'est quelque chose, j'ai remarqué, si je suis vraiment fatiguée parce que j'ai très mal dormi, c'est quelque chose qui peut tout à fait arriver. On voit bien la cause-effet sur le ventre.
- Speaker #1
Il y a une histoire de rythme. Il y a le rythme circadien que tu connais bien. entre l'antagonisme entre le cortisol et les mélatonines, en fait, nos bactéries ont un rythme. Donc, c'est pareil, en fait. Donc, ça se joue énormément. Vraiment, ça se joue énormément dessus. Là, c'est vrai que j'ai donné l'exemple de l'alimentation. Sommeil, stress. Tu peux faire plein de l'indirect, indirect. Sommeil, je ne vais pas au sport. Je ne fais pas mon yoga. Tu vois, je peux faire plein, plein de liens indirects, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est un sujet très vaste. Ce que j'aime beaucoup, ce que je trouve très intéressant, c'est que ça fait un peu comme une toile d'araignée. On peut aller chercher plein de ramifications et du coup, ça rend cette étude vraiment complètement passionnante. je voulais aussi poser une question autour du ventre toujours, quand c'est un petit peu quand on est un peu en déséquilibre, on a parlé que ça pouvait évidemment jouer sur le sommeil mais est-ce que ça peut jouer aussi sur l'humeur ?
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je te disais on revient à cette histoire de sérotonine, c'est exactement ça la réponse c'est humeur, c'est nos neurotransmetteurs nos neurotransmetteurs, il faut de la matière première pour les créer, et des fois ils sont détournés voilà, en gros, pour résumer ça fait ça, donc tu vois, j'ai pas mal de patients par exemple, tiens pré-ménopause, ménopause, mais aussi en général qui mangent, surtout les femmes mangent pas assez de protéines donc pas assez de protéines, je ne fais pas assez tu vois, les les précurseurs comme la tryptophan, il va y avoir la tyrosine pour la dopamine euh la glutamine pour le GABA, le glutamate, c'est pas génial. Et en fait, il faut des protéines, il faut de la matière première. C'est comme si tu voulais faire un mur et puis t'as pas de mortier. Donc c'est pareil, en fait. Et c'est vrai que plus on prend de l'âge, moins on aime les protéines.
- Speaker #0
Parce qu'il y a cette fausse idée que ça va faire grossir. Moi, clairement, j'ai des amis autour de moi qui vont manger trois feuilles de salade et quand je leur propose un peu de protéines, je vais grossir. Il y a une histoire de goût,
- Speaker #1
il y a une histoire de mastication, il y a une histoire de goût, il y a une histoire de dégoût naturel. Il y a des gens qui ont des problèmes rénaux. Quand tu as des problèmes rénaux, tu es moins attiré. par les protéines tout simplement, parce que ça te protège, mais c'est pas bon non plus, tu vois. Donc il y a plein de facteurs comme ça, tu sais, c'est comme la soif qui diminue avec l'âge, parce qu'on fait de moins en moins d'ADH, l'hormone qui envoie le signal de soif, c'est pareil en fait. Donc à prendre en compte toute cette, je n'ai pas envie de dire dégénérescence, mais je suis concernée aussi. Mais ouais, on ne va pas rajeunir non plus. comme tu dis, toi qui t'intéresses au bienveillir, c'est comprendre aussi que la physiologie, c'est pas celle de 20 ans. Donc qu'est-ce qu'on fait avec cette nouvelle physiologie ? Je pourrais rentrer aussi dans le détail de la digestion. On fait de moins en moins d'acidité au niveau de l'estomac. Il nous faut de l'acidité pour digérer. Puis j'ai des patients qui sont sous inhibiteurs de pompe à proton depuis des années, qui digèrent pas depuis des années. Donc tu vois, il y a plein, plein, plein de variables encore. Vaste sujet. Imagine, les patients, nous, on sait que c'est un vaste sujet. Les patients qui commencent à s'intéresser à ça, ils se disent, qu'est-ce que c'est que ça ? Ils n'y comprennent rien. Moi, je leur dis déjà, nous, c'est chaud. Donc, je comprends pourquoi vous ne comprenez pas. Il est à nous aussi de faire ce rôle d'éducation. C'est pour ça que j'aime bien participer à des podcasts aussi comme les tiens, parce que c'est à nous d'éduquer les gens, de se dire, oui, vous ne comprenez pas, c'est normal, faites-vous accompagner aussi, et on va éclaircir le truc ensemble.
- Speaker #0
Je pense que c'est très important de se faire accompagner dans des sujets aussi délicats. Et justement, on en a un petit peu, on en a parlé tout à l'heure, mais quand on souffre régulièrement de ballonnements, c'est vraiment ça qui, en tout cas dans mon entourage, qui revient très très souvent, quelle est l'erreur, entre guillemets, parce qu'encore une fois, on fait un peu du générique, mais enfin, quelle est l'erreur la plus fréquente ? Est-ce qu'il y a quelque chose, selon toi, qu'on pourrait éviter pour être trop ballonné ? Ou non ? C'est vraiment tellement personnalisé. Je ne suis pas sûre de comprendre.
- Speaker #1
C'est ce que font les gens qui ne marchent pas ? Ou tu me demandes qu'est-ce qu'il faut faire pour que ça marche ? En fait,
- Speaker #0
qu'est-ce qu'il faut faire pour être moins ballonné ?
- Speaker #1
C'est hyper cadépendant. Parce qu'encore une fois... Pourquoi ? Quand tu te poses la question, ok, je suis ballonnée. Première question, ponctuellement ou chroniquement ? Si ponctuellement, c'est pas grave, ça va passer. Justement, c'est ponctuellement et on essaye de faire sortir le bazooka. Alors que c'était ponctuel, c'est dommage. Chroniquement, c'est là où on commence à chercher le pourquoi et le pourquoi, il y en a un paquet. Je te donne un exemple qui est le mien. Moi, j'ai des acides biliaires qui sont pas ouf. Donc pendant des années, c'est pour ça que j'avais mal au ventre toutes ces années. Je ne te raconterai pas l'histoire jusqu'au bout parce que c'est long. Mais l'idée, c'est ça, c'est que je digère très mal le gras parce que mes acides biliaires ne sont pas ouf. Donc tu as les primaires, les secondaires, conjugués, tertiaires, etc. Donc tu as quatre types d'acides biliaires différents qui ont un rôle extraordinaire dans notre corps. On a même des récepteurs au niveau du cerveau. Donc si j'améliore la sécrétion... la fabrication et sécrétion de bile, tout va bien. Alors que j'aurais pu éliminer les faux de mape, enlever tout le lactose, etc. Prendre plein de médicaments, des compléments, etc. Alors qu'il suffit d'améliorer juste la sécrétion d'acide biliaire. Et sur quelqu'un qui est très stressé comme moi, plutôt quelqu'un d'anxieux, on fait des chasses biliaires un peu au mauvais moment. C'était pas le moment-là, mais un petit coup de stress, hop, et puis au moment de la digestion, il n'y en a plus assez. Tu vois, donc c'est dommage. Donc l'erreur, elle serait là. C'est dommage d'avoir une action sans avoir passé une petite phase d'observation et d'évaluation et de se dire, bon, c'est quoi en fait l'origine du truc ? Et après, il y a d'origine qui renvoie à d'autres origines. C'est pour ça que c'est hyper complexe. Je peux pas te donner de remède miracle, on va dire, au ballonnement. Il n'y en a pas. Dès que ça devient chronique, il y a quelque chose qui... causent ce ballonnement. Moi, je commence toujours par les basiques. Ça, par contre, je peux te les donner, les basiques. En effet, dans l'alimentation, l'hydratation. La mastication. Alors, mastication, 50% du job. Pas d'excès de fibres. Est-ce qu'on entend ce discours ? Il faut manger plus de fibres. Mais elle est où, la limite ? J'ai des patients, ils mangent un kilo de végétaux. Ils me disent, je suis ballonnée. C'est normal. On dit que les fruits et légumes, c'est limité ? Non, c'est pas illimité. Les protéines, il faut manger plus possible ? Non. On est toujours dans une fourchette. Tu vois ? Dès que tu commences à privilégier un aliment ou une catégorie d'aliments, ça veut dire que tu... Sauf si t'as un estomac qui est limité, je connais pas, mais ça veut dire que tu... tu ne manges pas une certaine catégorie d'aliments. Et donc, il va manquer quelque chose. En fait, il y a un subtil équilibre pour avoir tous les nutriments. Donc, pas d'excès de fibres, même si on dit, par exemple, pour la constipation, beaucoup de fibres, j'ai des patients, ils mangent un kilo de végétaux, ils sont constipés. Donc, on a dit contexte... manger lentement, mastiquer, manger dans le calme et tranquillement, l'histoire d'une air vague. Je me pose, c'est un instant pour manger, c'est un moment privilégié. Il y en a même à qui je conseille de faire de la cohérence cardiaque avant de manger. Ça, c'est des basiques. C'est des purs basiques.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que des fois, on prend le repas sur tout de suite du midi sur le pouce. Celles qui travaillent pour gagner du temps, on les voit dans la rue avec un sandwich vite, Et on fait les courses en même temps pour gagner un peu de temps le soir. Mais finalement... Ça ne range pas l'histoire. Voilà, et se disent, pourtant, j'ai mangé qu'un petit sandwich, je ne comprends pas. Et peut-être qu'un repas plus conséquent, manger tranquillement, comme tu disais, dans le calme. Et elle ne serait peut-être pas ballonnée du coup.
- Speaker #1
C'est ça. Et ça, franchement, 50% du job. Ne pas se retenir d'aller à la selle. La constipation, c'est un des grands facteurs du ballonnement. Ça stagne, donc ça fait plus de fermentation. Enfin, c'est logique. Mais beaucoup de basiques comme ça, déjà. La posture. La posture, tu vois, le diaphragme. Je sais aussi que c'est un point femme chez moi. Je ne peux pas passer les mains sous les côtes. C'est structurel chez moi. Mais on est plein à avoir, au niveau de nos structures, donner un petit peu plus de... Comment dire ? De place. Je pense que tu fais ça au yoga. Oui, bien sûr. Plus de place au niveau abdominal aussi. La gestion du stress. Et puis après, par contre, quand ça devient... chroniques et que ce n'est pas ces causes-là, on va aller creuser un petit peu plus loin. Acide biliaire, dihébiose, problème de motricité, il y en a plein.
- Speaker #0
C'est vraiment bien de se faire accompagner parce que on peut se dire qu'il y a eu aussi le gluten qui a été diabolisé. Il y en a beaucoup qui se ruinent dans les supermarchés à acheter tout sans gluten. sans vraiment savoir, parce qu'ils n'ont pas été consultés, professionnels, donc...
- Speaker #1
Disons qu'on fait gagner du temps.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On fait gagner du temps, c'est-à-dire qu'au lieu d'être tout seul à réfléchir sur un sujet qu'on ne connaît pas, mais ça vaut pour tous les métiers, en vrai. Tu vois, quand tu ne sais pas faire un truc, tu appelles un consultant, et puis voilà. Là, il y a un souci, on se fait aider pour gagner du temps. Après, avec les réseaux sociaux... Et surtout, l'intelligence artificielle, ce que je remarque, c'est que les patients sont de plus en plus informés, ce que je trouve génial, mais ils sont aussi de plus en plus perdus parce qu'en fait, ils ont plein d'informations, ils ne savent pas faire le tri. Et c'est ça qui est génial aussi, c'est que des fois, je parle avec des patients, j'ai l'impression de parler avec des pairs. Moi, perso, j'adore, mais ça ne me dérange pas, au contraire. Je sais qu'il y en a qui se choquent, moi non. Parce que du coup, ils comprennent que c'est une investigation qu'on va mener ensemble, en fait.
- Speaker #0
et que c'est pas comme ça donc moi je trouve ça hyper intéressant oui oui moi je comprends que tu puisses avoir cet avis là ça permet aussi de gagner du temps et du coup quand tu expliques c'est compris tout de suite en fait on voit où tu veux mener la personne du coup écoute franchement c'était passionnant Céline on pourrait en parler pendant des heures je surveille l'heure et voilà, donc c'est déjà c'est que je suis bavardant non mais c'était vraiment super intéressant et j'ai l'habitude toujours de terminer mes épisodes par cette question si tu as un rituel, alors ça peut être un bien-être ou beauté est-ce que tu acceptes de le partager avec nous ?
- Speaker #1
alors forcément ça va être les hauts ventres moi j'ai un petit rituel Quand je me lève, en ce moment, par exemple, je prends des probiotiques parce que j'ai dû prendre un antibio pour une infection dentaire. Je raconte ma vie, mais bon, c'est juste pour dire que je suis quelqu'un de normal aussi. Donc, je prends mes probiotiques, je fais ce que j'ai à faire, ma douche. Et puis après, moi, ce que j'aime bien, c'est masser le ventre, en fait. Je suis certifiée en massage de Tineïtsa, je ne sais pas si tu connais.
- Speaker #0
Non, c'est bien, je ne connais pas.
- Speaker #1
C'est un massage qui se situe au niveau de l'abdomen, mais en médecine chinoise, on dit qu'ici, c'est lié à tous les organes. Ce n'est pas un massage juste pour les troubles digestifs, c'est un massage des climats un peu global. J'ai voulu me former parce que tout ce qui touche le ventre, je voulais comprendre. Je fais des automassages. J'aime bien avoir mon petit moment, cinq minutes tous les matins, avec une petite crème. J'aime bien masser le ventre. Il faut faire la paix avec le ventre. Je ne sais pas comment dire autrement. Je fais la paix. C'est mon petit rituel du matin.
- Speaker #0
Merci pour ce conseil. C'est intéressant. J'ai bien aimé quand tu as dit qu'il faut faire la paix avec son ventre. Ce n'est pas un ennemi. Il faut vraiment... le chouchouter, l'aimer, même s'il nous cause des fois des petits soucis. Et du coup, comme tu as dit au tout début, on peut te retrouver aussi en visio, donc je mettrai dans les notes de l'épisode tous les renseignements pour te retrouver. Et puis, écoute Céline, vraiment merci beaucoup, je sais que tu as un emploi du temps chargé, donc merci d'avoir donné de ton temps, je suis sûre que ça va intéresser beaucoup, beaucoup d'auditrices. Et justement, à toi qui as écouté cet épisode, je te remercie. N'hésite pas à le partager avec des amis, je suis sûre que ça pourra intéresser. Et je te dis à très vite pour une nouvelle écoute.