Speaker #0Salut, bienvenue dans Merci pour les fromas, le podcast où on parle santé mentale, vie d'adulte et galère. Parce qu'avons-le, on est tous un peu bousillés. Moi c'est Léa, j'ai 23 ans, et comme toi j'essaie de comprendre un peu ce bordel qu'on appelle la vie. Ici, on déconstruit ce qui nous a marqués, on questionne ce qui continue de nous hanter, et surtout, on remercie nos fromas pour toutes ces leçons qu'on n'avait pas demandées avec beaucoup d'humour. Une safe place où on réalise qu'on n'est pas seul et que ce qu'on traverse, d'autres le vivent aussi. Aujourd'hui, on se retrouve pour un épisode au bord de la mer. Avec le soleil qui tape sur mon crâne, il y a une grande chance que je fasse une insolation, mais c'est pas grave. Et on se retrouve surtout avec une voix un peu cassée. Je m'excuse d'avance, mais j'ai perdu ma voix et j'arrive pas à la retrouver, tout simplement. Donc je pense que je vais rester encore avec la voix cassée quelques semaines, mais c'est ok. Je trouve que ça donne un petit charme, moi j'aime bien. Donc aujourd'hui, on se retrouve pour l'épisode un peu central de ce podcast, puisque c'est la raison pour laquelle j'ai voulu me lancer. Et c'était pour parler de ma dépression. Et pas de la dépression, parce qu'il y a autant de dépressions que d'individus qui le vivent. La mienne, je l'ai très mal vécue parce que j'ai été très très mal entourée, très mal accompagnée avant que je prenne l'initiative de me faire suivre. J'ai été énormément jugée et c'était très très dur parce que déjà que tu vis un truc qui est hyper compliqué et en plus tu dois te justifier auprès de personnes que t'apprécies même pas et que tu connais même pas toujours. Mais il faut toujours que tu te justifies et surtout t'es jugée en permanence parce que t'as pas envie de vivre. Bah excusez-moi, c'est assez compliqué à vivre comme ça. En plus, il faut que tu le justifies aux autres, c'est dur. Du coup, je vais vous parler un peu de cette maladie qui m'a touchée pendant deux ans et demi. Ça a été très très long et je pense que j'aurais pu m'en mettre beaucoup plus vite si j'avais su ce que j'étais en train de vivre parce que j'ai mis du temps à avoir les mots dessus. Et surtout si j'avais été mieux accompagnée par certains de mes proches, même s'il y en a qui ont été très présents. Au début, surtout, ça a été très très dur. Quand plus ça passait, plus ils prenaient la chose au sérieux. Mais au début, ça a été extrêmement... extrêmement compliqué. Je me sentais très seule, je me sentais comme une petite merde. Par définition, la dépression, c'est un trouble de l'humeur. Elle a dit psychique, enfin je sais pas trop si je peux dire ça comme ça. À tous ceux qui font des études de psy et tous ceux qui s'y connaissent, je vais pas forcément employer toujours les bons mots. Je vais faire des réactifs que ma psy me racontait. Donc il y a de grandes chances que je me trompe. Évidemment, n'hésitez pas à me reprendre pour que je fasse les rectifications sur Insta, parce que sinon, j'ai raconté n'importe quoi. De ce que je me rappelle, de ce qu'on m'a dit. La dépression, c'est un trouble de l'humeur qui se traduit par une perte de motivation, une perte d'intérêt pour la vie, une perte de confiance en soi et d'estime de soi. Et ça engendre une souffrance psychique qui est quasi permanente. Même quand tu dors, c'est dur. De ce que je me souviens, on m'avait dit qu'on parlait de base d'épisodes dépressifs ou d'épisodes de déprime, quand on avait des petits moments de down comme ça, et qu'on pouvait parler et commencer à parler de dépression quand ça durait au-delà de deux semaines. Et je ne fais pas d'autodiagnostic, bien évidemment, et vous non plus. Allez voir un médecin, un professionnel de santé, un psychologue ou un psychiatre qui sera en mesure de vous diagnostiquer ce que vous vivez, pourra au mieux vous suivre. Mais il faut quand même sachez que 20% de la population française souffre au moins une fois de dépression dans sa vie. Donc c'est énorme, ça fait une personne sur cinq. Attends, est-ce que je sais bien ? Bon, passons. Il y a différents types de dépression. Il y a les dépressions qui sont réactionnelles suite à un événement. et des dépressions qui sont endogènes, où il n'y a pas de déclencheur en particulier. Juste, ça arrive et tu n'as pas le choix de dealer avec ça et de vivre ça. Il peut y avoir une dimension génétique, avec les traumas transgénérationnels, etc. J'ai parlé de mon expérience personnelle, bien évidemment, puisque c'est le but de ce podcast, c'est juste de parler de ma gueule. Donc moi, je pense que j'ai fait un petit mélange de tout, autant la dimension génétique, endogène que réactionnelle. Moi, c'est arrivé à mes 18 ans, enfin un peu avant mes 18 ans. Je partais de chez mes parents pour faire mes études, donc j'avais 17 ans. Je m'étais fait quitter comme une petite merde, enfin, l'homme que je pensais être l'homme de ma vie. Et du coup, je commençais les études que je détestais. J'étais partie en DUT-GEA et je trouvais ça d'un ennui mortel, en plus avec un emploi du temps. Je n'avais jamais vu un emploi du temps chargé comme ça. Et je pense que toutes les personnes que je connais qui sont parties avec moi en GEA et qui ont fini ce DUT... Mais sachez à quel point je vous respecte parce que vraiment, ça a été le pire truc que j'ai essayé de ma vie. Je pars de chez mes parents, je suis déprimée au possible parce que je me retrouve dans un appartement toute seule. Je viens de me faire têche vraiment au mois d'août. Plus, je commence des études qui ne me plaisent pas du tout. Et surtout, en fait, je n'avais jamais pensé à ce que je ne voulais faire. Parce que j'étais tellement obnubilée par la relation que j'avais que je ne pensais pas du tout à mes études et à ce que je voulais faire comme études. Mais je m'ennuie dans ce que je fais. J'essaye plusieurs trucs, je quitte GEA, je vais en fac de psycho, je vais en fac d'histoire. Je change, mais il n'y a rien qui me plaît. Je m'ennuie dans tout, il n'y a rien qui m'intéresse, il n'y a rien qui me stimule, je me fais chier. Et en fait, arrive un moment où je me dis, mais en fait, la vie n'est pas faite pour moi. Je pense que je n'ai pas les clés, je n'ai pas les éléments pour vivre la vie que tout le monde vit, et peut-être que c'est juste pas fait pour moi. Donc j'arrête ces études-là. en plus il y a le Covid qui arrive donc on est confiné, bon moi il faut sachez que le confinement franchement je l'ai bien aimé parce que du coup j'ai une anxiété sociale qui avait grandi x 1000 j'étais pas capable de sortir chez moi faire les courses sans faire des crises d'angoisse je pouvais faire des crises d'angoisse au beau milieu du monoprix de rue de velle parce qu'il y avait des gens autour de moi et que j'avais extrêmement peur des gens en fait ma vie c'était vraiment devenu un véritable enferme c'est à dire que je restais enfermé en permanence dans mon appartement à Reims que mes parents continuaient de payer alors que j'avais arrêté les études parce que il ils voulaient pas me rajouter ça et qu'ils se disaient comme continuant d'avoir mon appartement à Reims, je garderai le rythme, je pourrai reprendre des études plus vite, etc. Et en vrai, je ne les remercierai jamais assez de ça parce qu'effectivement, ça m'a beaucoup aidée et que le fait d'être seule à Reims m'aidait énormément parce que j'avais aussi du coup extrêmement honte de l'état dans lequel j'étais. Pour vous faire un petit tableau, je me réveillais très tôt, très tard. En fait, je n'avais plus de rythme, donc je me réveillais, je chialais. J'allumais la télé pour qu'il y ait une présence dans l'appartement, pour qu'il y ait des voix parce que sinon mes pensées prenaient trop de place et je... pleurais, je pleurais, je pleurais. Le seul truc que j'ai pas perdu par contre c'est l'appétit. Voilà, j'arrêtais pas de bouffer. Ça, ça m'a absolument pas atteint mon estomac, mais je pleurais en mangeant, je regardais la télé en chialant. En fait je passais vraiment ma journée à pleurer. J'avais les yeux explosés. J'appelais tous les jours soit ma mère, soit Candice, soit Karima, pour pouvoir juste... En fait je faisais des crises angoissées, il fallait que j'appelle quelqu'un pour que ça me fasse sortir de cette crise. En fait dans ma tête c'était en permanence... t'es une merde, t'arrives à rien, t'arriveras jamais à rien, t'es même pas capable de faire ça, t'es pas capable de ci, tu machin. Des pensées extrêmement méchantes envers moi-même et extrêmement négatives envers moi et envers la vie qui faisaient que j'étais dans cette boucle infernale de pensées négatives et que je ne m'en sortais absolument jamais. J'étais triste en permanence. Même quand le week-end j'arrivais à sortir avec mes amis, j'étais extrêmement triste, je faisais beaucoup d'efforts pour ne pas partir. Je ne ressentais plus aucun plaisir à rien, à part manger. Ça, ça allait. Et tu es fatigué. Mais tu es fatigué, mais un point. En fait, tu te réveilles, même si tu as dormi 9h, 10h, 12h, tu es crevé. Tu as un poids sur les épaules qui est permanent. C'est vraiment... En fait, tant que tu ne l'as pas vécu, tu ne peux pas le comprendre. Vous voyez quand vous vous réveillez alors que vous n'avez dormi que 2h et que vous devez aller au boulot après une soirée et que vous sentez que vous n'arrivez à rien, à rien, rien de sort de vous. Eh bien, c'est ça. Mais en permanence, tu es fatigué et tu as beau te reposer, il n'y a rien qui fait. En fait, ton cerveau est tellement en surcharge que ton corps est crevé. Tu n'arrives à rien. Tes bras, tu n'arrives pas à les lever, te lever le matin. C'est dur de te faire à manger, te laver. En fait, tout te demande une force que tu n'as pas en toi. Et sauf que ça, les gens ne le comprennent pas parce que tout ce qu'ils voient, c'est que tu es enfermé dans ton appartement et que tu ne fais rien. Mais ils ne voient pas le combat que tu mènes contre toi-même, ne serait-ce que pour aller aux toilettes et ne pas te pisser dessus. Bref. Après, moi, c'était une dépression assez sévère. Et je pense que chacun le vit à sa manière. Il y a autant de dépressions que de dépressifs. Et moi, c'est comme ça que je le vivais. Et c'était hyper dur. Je faisais crise d'angoisse, crise d'angoisse, crise de... En fait, moi, j'appelais ça aussi des crises de tristesse. Parce qu'en fait, j'étais juste triste. Et je n'arrivais pas à le manifester autrement qu'en fondant en larmes en permanence. Je me rappelle que même quand j'étais chez mes parents, je pleurais en permanence. Et ma mère ne savait pas quoi faire. Et... Des fois, à part rappeler Candice pour venir me chercher, pour venir me consoler, il n'y avait rien à faire. Je pleurais en permanence. Il ne se passait pas une heure sans que je pleure. Et maintenant que j'y réfléchis, je me dis, mais comment j'ai fait pour survivre ? Et quand ce n'était pas des crises de tristesse, c'était des crises d'angoisse de la vie est dure, de qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Pourquoi je n'arrive à rien ? Pourquoi rien ne m'intéresse ? Pourquoi rien ne me correspond ? Comment je vais finir en fait ? Comment je vais finir si là, à 18 ans, je n'arrive même pas à aller chercher du pain ? Ça va faire une crise d'angoisse parce que je vais croiser des gens. comment je vais faire pour travailler ? Parce que comment tu fais pour travailler alors que tu as des collègues, à part un travail qui est uniquement en distanciel et en télétravail ? Je savais que j'avais les capacités d'eux, que j'étais intelligente, mais je n'arrivais pas à me confronter au monde. Va travailler quand tu n'arrives même pas à sortir de chez toi pour aller chercher du pain. et que tu es fatiguée en permanence. Les premières fois où j'ai retravaillé... Bon, j'en reparlerai plus tard. Bref. En fait, tu te sens vide, tu te sens inutile, tu te sens trop, tu te sens impropre pour tout le monde. Moi, je culpabilisais tellement du fait que, pour mes parents, qui m'avaient payé des études, même si après, ils ne me payaient plus rien, parce que du coup, ils n'avaient plus rien à payer, mais ils me payaient mon appartement. Et moi, je n'étais pas capable de sortir de cet appartement. Bon, par contre, il était tout le temps propre. Pour ça, j'étais assez contente de moi. Je passais ma journée, ouais, juste à... laver. Je passais ma journée à faire le ménage chez moi parce que ça me détendait et à chialer. Je peux vous dire que l'appart, j'ai récupéré la caution parce que il était... Je l'ai rendu plus propre que ce qu'on me l'a donné. Et en fait, extrêmement honte et c'est pour ça que je remercie aussi mes parents de m'avoir gardé mon appartement à Reims parce que j'avais tellement honte de l'état dans lequel j'étais que je n'arrivais pas à rester chez eux parce que je n'arrivais pas à ce qu'ils me voient dans l'état dans lequel j'étais. Et je voulais tout le temps être seule et m'enfermer chez moi pour pouvoir pleurer sans que personne être dans l'état de la petite merde que j'étais, ça me faisait le plus grand bien. Parce que quand j'étais chez moi, j'avais la honte qui arrivait chez mes parents. J'avais la honte en plus d'avoir mal intérieurement et que quand j'étais seule, forcément, il n'y avait personne pour me voir. Donc j'avais honte de moi à moi-même, mais au moins, il n'y avait personne pour porter un jugement sur moi. Le truc qui m'a le plus choquée, c'est que j'étais tout le temps dans le noir. Je me rappelle que je n'ouvrais jamais les volets, je n'ouvrais jamais les lumières, encore moins les grosses lumières, vraiment une toute petite, vraiment. mais je ne supportais pas la lumière. J'avais besoin d'être dans le noir et de me sentir seule au monde pour ne pas avoir d'angoisse. Un temps, c'était parce que j'étais au rez-de-chaussée et que du coup, il y avait des gens qui passaient devant ma fenêtre et que je ne supportais pas ça, de voir des gens. J'avais cette colère contre moi-même, cette honte de voir que mon père, lui, qui est aussi quelqu'un, à mon avis, de très nostalgique et de très triste, avait réussi à travailler, à s'en sortir, qui avait mis sa famille à l'abri, comme on dit. Alors que moi, je n'étais pas capable de me lever. C'était extrêmement honteux et je ne me sentais vraiment pas légitime de... de la vie que j'avais, je me sentais pas légitime de la vie que mes parents m'offraient j'arrivais pas à me projeter dans rien, ni dans un avenir professionnel, ni personnel ni rien, j'étais vide, voilà, j'étais juste vide vous voyez le lendemain d'une rupture et bah je vivais ça mais en continuité pendant deux ans, et la dépression fait qu'il y a une vraie altération de la réalité, que tu vois tout en noir et qu'en fait toutes tes pensées sont dirigées vers Euh... des pensées très négatives et très très sombres. Et en fait, j'avais vraiment un désintérêt total pour le monde et pour la vie. Tout ce que je voulais, c'était... Enfin, c'est horrible à dire, mais tout ce que je voulais, c'était mourir. Je ne voyais pas d'avenir pour moi et je ne voyais pas de solution à ma situation. Jusqu'au moment où j'ai décidé de... Vraiment, je voulais m'en sortir. Quand la phase la plus dure s'est calmée et que j'ai commencé à reprendre la vie parce que le temps fait bien les choses, même là, ça a été très long, il a quand même fait les choses. J'ai voulu m'en sortir. J'ai eu un jour un élan de motivation, je me suis dit je peux plus vivre comme ça, je n'y arrive plus, mon corps ne le supporte plus et je pense que je vais faire une connerie. Le jour où j'ai commencé à avoir des pensées très très sombres, où j'ai commencé vraiment à me dire que la vie ne me convenait pas, que je n'avais pas les outils et que je n'y arriverais pas et que je n'avais plus ma place, ça m'a vraiment fait un électrochoc parce que j'ai eu extrêmement peur de moi-même et de ce que je pouvais faire. et donc vraiment je me suis dit là c'est pas possible, je peux pas rester dans cet état-là, il faut absolument que je m'en sorte. Et ce jour-là, j'ai pris mes clics et mes claques, j'ai pris ma carte bancaire avec l'argent que j'avais, que je n'avais pas gagné et que j'en avais très peu. Je suis partie à la flac et j'ai dépensé 50 euros dans des livres sur le développement personnel et juste des livres où je savais qu'ils m'aideraient à m'en sortir. Des livres qui donneraient envie de vivre. Et je pense qu'un jour, je ferai un TikTok sur tous les livres qui m'ont aidé à sortir de ma dépression parce que vraiment, je pense que sur l'échelle de la guérison, ça a fait au moins 50% les livres. Après, c'est parce que moi j'aime lire et parce que j'y accorde beaucoup d'importance, etc. Et la deuxième étape a bien évidemment été de prendre rendez-vous avec un psychologue. C'est quelque chose que je n'avais pas fait et que je ne voulais pas faire parce que dans ma famille, on a une piètre opinion des psychologues parce qu'on a eu quelques incidents par rapport à ça et de très très mauvaises expériences. Je ne voyais plus aucune solution hormis consulter. Donc j'ai pris Doctolib parce qu'il était hors de question que j'appelle parce que je n'étais pas capable de passer un appel téléphonique sans faire une crise angoisse pendant 20 minutes avant. Donc Doctolib, j'ai pris la première qui venait et j'en étais très heureuse parce qu'elle m'a beaucoup aidée. Et on a fait beaucoup d'exercices qui m'ont aidée à m'en sortir. Elle m'a expliqué ce que je vivais, elle m'a expliqué pourquoi je n'allais pas bien et elle m'a expliqué qu'en fait j'avais beaucoup de distorsions cognitives qui sont en fait des pensées très négatives et qui sont un peu des autoroutes et des messages nerveux. qui ont été créés dans mon cerveau qui font que dès que je me réveille, le message nerveux qui est envoyé directement, ça va être une de ces pensées négatives-là. Et du coup, qu'il fallait que je travaille là-dessus et que je trouve des pensées alternatives. que je les note et que pour que je détruise en gros ces schémas neuronales. Je ne sais pas trop comment expliquer ça, mais j'ai vu une super vidéo il n'y a pas très longtemps, un documentaire sur Arte qui parlait de la dépression. Et c'est très, très bien expliqué parce que moi, je ne vais vraiment pas employer des très bons mots parce que j'ai envie de faire un truc assez humain et je n'ai pas envie d'en faire quelque chose de trop sérieux, etc. Donc, je n'ai certainement pas employé les bons mots. Mais en gros, en fait, on a des... les messages nerveux qui nous sont envoyés, etc. Bref, moi, j'avais des autoroutes qui faisaient que les seules pensées qui venaient à ma tête étaient des pensées négatives et qui, du coup, me mettaient directement dans une mauvaise disposition pour la vie, en fait, et qui faisaient que dès que je me réveillais, j'avais envie de crever. Donc, j'ai travaillé sur ces pensées alternatives-là qui me permettaient, par exemple, de, dès que je pensais, t'es qu'une merde, t'arrives à rien, eh bien, je m'obligeais, enfin, j'avais fait des petites listes et je reprenait directement ma pensée je me disais non je suis pas une merde je suis juste là dans une période difficile Et je vais m'en sortir, il n'y a pas de raison que je ne m'en sorte pas. J'ai les capacités pour m'en sortir et je m'en sortirai. Et tout de suite, dans ton cerveau, tu as quelque chose qui change en toi. Vraiment tout de suite. Et dès que tu penses plus positivement, déjà tout devient plus clair et tu as un peu plus d'espoir. J'ai mis des affirmations positives absolument partout dans mon appartement. Et Dieu sait qu'on s'est foutu de ma gueule à cause de ça. Mais il faut savoir que dans mon appart, j'avais imprimé des petits mots, des petits trucs qui étaient partout dans mon appartement sur mes... portes, sur mes vitres, sur mes miroirs pour que je le vois et pour que je puisse avoir ces pensées positives-là dans ma journée. Et ça m'a énormément aidée. J'ai fait beaucoup d'exercices pour apprendre à me connaître parce que je me suis rendue compte qu'en fait, je ne savais pas qui j'étais, je ne savais pas ce que je voulais, je ne savais rien de moi-même et ça m'empêchait aussi du coup de voir un avenir professionnel pour moi parce que je ne savais pas ce qui pourrait me plaire. Et un autre élément déclencheur qui m'a aidée à m'en sortir en fait, c'est que je me suis refaitège encore une fois. Décidément, c'était vraiment pas mon... C'était pas mon temps pour l'amour, mais je me suis encore fait quitter, en partie à cause de mon état d'ailleurs. Enfin, je pense que ça a beaucoup joué parce que du coup, ça a joué beaucoup sur ma personnalité et sur mon moral. Je me suis encore fait têche et je me suis dit, au bout d'un moment, stop quoi. Et donc là, je me suis dit, il faut que je me venge. Donc là, j'ai eu un esprit un peu de vengeance. Je me suis dit, non, en fait, je peux pas juste me faire têche et pas avancer. Il faut que je me fasse têche et qu'en plus, il voit qu'il a eu tort. Et donc là, me suis venue un... un élan de motivation, parce qu'il me faisait beaucoup de réflexion sur le fait que je ne travaillais pas, que je n'avais pas de voiture, que je n'avais rien, bref, que j'étais une petite merde. Et en ce moment, il avait raison. Mais je pense qu'il aurait pu me soutenir autrement pour m'aider à m'en sortir, mais ce n'est pas grave. Je me suis venue un élan de motivation pour trouver une voiture, trouver une alternance, reprendre mes études. En fait, j'avais juste besoin de me venger. J'avais juste besoin de lui donner tort. Et ça a marché. Voilà. Il a tapé dans mon égo et mon égo a répondu en me sortant de ma dépression. Et donc ça... Je pense que je ne le remercierai jamais assez de m'avoir quittée parce que c'est grâce à lui que j'en suis là où j'en suis aujourd'hui. Et même si des fois je suis un peu paumée, je suis très très très très satisfaite de ma vie. Franchement, merci. Merci de m'avoir têche parce que je pense que sans toi, je n'aurais jamais vu et je n'aurais jamais eu autant envie de m'en sortir. Et surtout aussi bien. Donc je me suis confrontée à mes peurs et puis j'ai repris mes études. J'ai trouvé une alternance, donc j'ai fait des entretiens d'embauche. Je veux savoir que c'était la chose qui me... m'impressionner me faisait le plus peur au monde c'était bien de me faire juger sur mes capacités parce que du coup j'avais une piètre opinion de moi-même donc j'ai commencé à travailler j'avais toujours un entourage qui n'était pas très très bon mais j'ai fait le tri plus tard et c'est vrai que c'était des personnes qui n'avaient pas forcément de paroles positives envers moi et qui des fois me renvoyaient un peu à ce que j'avais été et à ce que je vivais donc c'était très compliqué c'était beaucoup de remarques très mauvaises et que je prenais très mal et que je ne montrais pas forcément ... Mais ça me faisait énormément de mal qu'on me renvoie tout le temps à ça. Et j'ai fini par m'en éloigner parce que je supportais pas de rentrer tous les week-ends de soirée et de chialer parce que je m'étais pris 15 000 réflexions hyper négatives sur moi-même alors que j'avais déjà pas beaucoup confiance en moi et que ça me faisait très mal. Mais j'en étais très dépendante de cet entourage parce que c'était quand même mes amis et que je les aimais énormément. Mais j'ai fini par couper les ponts et par m'éloigner tout simplement d'eux. Et je me suis rendue compte d'à quel point j'étais en paix quand je n'étais pas près d'eux. Et j'ai commencé à prioriser ma famille et à prioriser mes parents et à passer davantage de temps avec eux parce que je les voyais plus du tout à cause de la honte que j'avais de leur faire vivre ce que moi je vivais. Je vivais des week-ends reposants avec mes parents et je me suis rendu compte d'à quel point c'était important pour moi d'avoir du repos et de la paix en fait. Et que j'avais plus envie d'être dans des choses mauvaises, de me prendre en affection tout le temps. C'était trop dur pour moi donc je suis partie et j'ai tout recommencé. Maintenant je suis toujours triste. je pense que j'aurais toujours une âme triste et ça j'en parlais avec une copine l'autre jour c'est que j'ai ce truc de mon humeur de base mon émotion de base est une émotion de tristesse qui est assez faible je veux dire sur une échelle de la tristesse je dois être à à 15-20% en permanence. Et de temps en temps, j'ai d'autres émotions. Mais moi, mon émotion de base, c'est la tristesse. Je ne pense pas qu'un jour, je pourrais changer ça et que c'est vraiment un truc qui est en moi. Et c'est tout, ce n'est pas grave. Maintenant, je le vis beaucoup mieux. Et bon, ce n'est pas toujours facile à vivre, mais je veux dire, c'est un truc qui fait partie de moi et que j'ai accepté. J'ai tout le temps cette peur de retomber en dépression. Et je pense que ça, je l'aurai toute ma vie. Il faut toujours que je m'occupe parce que je... Je ne supporte plus de ne rien faire parce que j'ai tellement perdu de temps à pleurer, etc. que maintenant j'ai l'impression que dès que je me repose et que je ne fais rien, que je n'ai plus aucune valeur. Et du coup, je ne supporte plus ça. Mais quasiment, ça ne m'arrive jamais de juste me poser et de me dire je ne fais rien. C'est très très rare et je le vis souvent très mal quand je le fais. Il faut toujours que je fasse quelque chose, soit que je lise, soit que j'écrive, soit que je... Il faut que j'ai une activité parce que sinon j'ai l'impression que je fais quelque chose de mal et que je ne suis qu'une merde. Donc ça c'est... je pense à cause des réflexions que j'ai prises pendant ces deux années de ma vie où on me taclait en permanence sur le fait que je ne faisais rien et que je travaillais pas et mais voilà maintenant je fais plein de choses au moins ça m'a permis d'avoir d'avoir j'ai plein de loisirs je fais plein de choses travail je j'ai mes études je travaille peut-être même deux fois plus que certains et je suis d'autant plus fière parce que pour moi c'était pas quelque chose de facile et malgré la peur je fais beaucoup beaucoup de choses maintenant je suis même capable de m'exposer là et d'exposer toutes mes faiblesses Alors qu'avant, je pense que je n'aurais même pas été capable de dire que j'étais triste parce que je n'en parlais absolument à personne, évidemment. Au début, après, ça a été plus simple et je pense qu'il fallait que j'en parle pour pouvoir en guérir et ça m'a aidée. J'ai juste envie de dire à toutes les personnes qui vivent une dépression, sachez que c'est temporaire, vous allez vous en sortir. Il n'y a pas de raison que vous ne vous en sortiez pas et que oui, c'est dur, mais la dépression vous pousse à vous focaliser sur le fait que c'est dur. Tout tourne en boucle dans votre cerveau, mais il y a toujours une solution. Il n'y a pas... de solutions miracles, ce qu'il faut c'est travailler sur ces distorsions cognitives, il faut travailler sur ce qui ne nous plaît pas dans notre vie. Et maintenant, je vois un peu ma dépression comme un tremplin, comme un outil qui m'a permis de me dire qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans ma vie, qu'il y avait quelque chose qui ne me plaisait pas. En fait, c'est ça. Maintenant, je vois ma dépression un peu comme un outil qui m'a aidée à voir que ça n'allait pas, à voir que ma vie ne me suffisait pas, et que j'avais la possibilité de m'en dire plus, que j'avais la possibilité de vouloir plus. plus et que je pouvais me donner les moyens pour l'avoir. Je m'en suis sortie et je pense que sans avoir vécu cette dépression, peut-être que je n'aurais pas eu les déclics que j'ai eus, peut-être que je ne serais pas partie aussi loin de chez mes parents, peut-être que je n'aurais jamais emménagé dans la ville où je rêvais d'emménager depuis que je respire. Vous allez vous en sortir, il n'y a pas de raison et sortez, dites oui à tout ce qu'on vous propose, faites-vous suivre par un psychologue pour faire une thérapie cognitive et qui pourront, enfin c'est les seules personnes qui pourront vous aider à vous en sortir. pour de vrai et n'hésitez pas aussi à consulter un psychiatre et peut-être à vous faire médicamenter parce que ça peut être un vrai tremplin et ça peut vraiment aider à ne plus se focaliser sur le mauvais et à réussir à mettre en place de nouvelles habitudes pour aller mieux je me suis pas fait médicamenter et honnêtement je le regrette je pense que si je l'avais fait j'aurais pu m'en sortir bien bien plus tôt mais j'avais eu peur et je pense qu'il faut pas en avoir peur et que les médecins sont là pour nous aider et pour nous donner leur aide. les meilleurs conseils qui soient. Et pour toutes les personnes qui vivent à côté de quelqu'un qui est dans un état dépressif et qui accompagne cette personne-là, par pitié, ne lui sortez jamais. Sors-toi les doigts du cul et bouge, mais accompagnez-le doucement, juste aidez-le et soutenez-le. Soyez juste un soutien émotionnel pour cette personne parce que je vous jure que c'est dur. Je vous jure que vous ne vous rendez pas compte à quel point c'est compliqué de se lever le matin et de n'avoir qu'une seule envie, qui est de se rendormir et de ne plus jamais se réveiller. C'est dur de se lever le matin et d'avoir déjà ce poids sur toi qui est en permanence sur tes épaules. Tu as 28 boulets à chaque pied qu'il faut te traîner toute la journée. Et je ne sais même pas comment l'expliquer. Tu es juste enchaîné. Tu es juste mal tout le temps. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est déjà très compliqué à vivre. Mais alors quand tes proches ne te soutiennent pas, c'est deux fois pire. Ne cherchez pas de solution dans l'alcool. Ne cherchez pas de solution dans la drogue. Parce que ce sont des solutions qui sont temporaires et qui ne vous aideront absolument pas. à vous relever, ça vous soulagera, mais ça ne vous guérira pas. Donc, je pense que cet épisode touche à sa fin. N'hésitez pas à voir le reportage sur Arte dont je vous ai parlé, parce qu'il est vraiment super bien fait, et il explique parfaitement la dépression et tout ce qui entoure cette maladie. Je vous souhaite bon courage si vous êtes dans cette période-là. Je vous souhaite bon courage aussi si vous êtes des proches qui accompagnent une personne comme ça. Et je souhaite beaucoup de mal aux personnes qui ne m'ont pas comprise et aux personnes qui m'ont jugée et qui me jugent toujours par rapport à cette période de ma vie. Parce que Dieu sait que j'étais mal et Dieu sait que vous ne m'avez pas aidée à aller mieux. Et je ne vous souhaite pas de vivre la même chose parce que je ne suis même pas sûre que vous puissiez vous en relever. Mais je vous souhaite juste de un jour vivre, ne serait-ce que deux petits jours ce que j'ai vécu, et que vous ne vous en releviez jamais. Voilà, burn in hell comme dirait Nick Minaj. Je sais qu'il ne faut pas souhaiter de mal, mais je ne vous souhaite vraiment pas du bien. Je ne suis pas sûre que j'ai le droit de dire ça, je vais peut-être l'enlever. Bref, je vous souhaite beaucoup de courage pour la vie, parce que ça nous en demande quand même pas mal. Et on remercie ces traumas, et celui-là, je le remercie tout particulièrement, parce que sans lui, je ne serais certainement pas au bord de la mer, le cul à l'air. Voilà. Bisous !