Speaker #0Salut, bienvenue dans Merci pour les traumas, le podcast où on parle santé mentale, vie d'adulte et galère. Parce qu'avons-le, on est tous un peu bousillés. Moi c'est Léa, j'ai 23 ans, et comme toi j'ai essayé de comprendre un peu ce bordel qu'on appelle la vie. Ici, on déconstruit ce qui nous a marqués, on questionne ce qui continue de nous hanter, et surtout, on remercie nos traumas pour toutes ces leçons qu'on n'avait pas demandées avec beaucoup d'humour. Une safe place où on réalise qu'on n'est pas seul et que ce qu'on traverse, d'autres le vivent aussi. Bonsoir à tous, j'espère que vous allez bien dans la France de Macron actuellement. Je sais qu'il fait froid, je sais qu'il fait moche, je sais que c'est dur, mais on va tenir le coup et on va y arriver. Aujourd'hui, on se retrouve dans ce nouvel épisode pour parler d'un sentiment qui m'accompagne au quotidien et depuis aussi longtemps que je m'en souvienne. Aujourd'hui, on va parler de la nostalgie malheureuse. Je ne vous parle pas de la nostalgie toute mignonne, etc. parce que quand je parle de la nostalgie, généralement les gens me disent « Ah oui, c'est vrai que... » j'ai trop aimé vivre ça, j'ai trop aimé habiter là-haut, j'ai trop aimé faire cette soirée, j'ai trop aimé connaître cette personne et avoir été amie avec elle, etc. Mais je ne comprends pas comment vous pouvez parler de nostalgie et parler de votre passé avec le sourire sur votre visage. Pour moi, c'est un truc qui est extrêmement douloureux. Vraiment, là, je pense que mon cerveau a un problème et que visiblement, il est trop habitué à souffrir. Et que même quand je n'ai pas envie et quand je pense à des bonnes choses, la seule chose qui me vient, c'est la tristesse. je pourrais parler de nostalgie pendant des heures et des heures tellement je trouve ça passionnant, à quel point, entre humains, on peut vivre ça totalement différemment. C'est vraiment, j'ai une amie à moi qui adore la nostalgie, qui adore vivre des trucs et après y repenser plus tard. Je ne comprends pas. Alors moi, la nostalgie malheureuse, je la définis comme un regret mélancolique et qui fait très mal, qui est très douloureux, d'un moment qui est terminé, d'une période de vie qui s'est finie. Pour moi, c'est plus que ça, c'est vraiment un sentiment de manque en permanence. Même quand tout est encore là et que, enfin voilà, j'ai pas arrêté de vivre, mes amis existent toujours, je sais pas. C'est vraiment regarder le présent avec la peur constante que ça devienne des souvenirs, parce qu'on sait que ce souvenir de choses est douloureux pour nous. Et que les souvenirs en soi deviennent des choses qui sont douloureuses, même des souvenirs qui sont heureux. Je sais pas si vous me suivez là. Je vous parle pas de nostalgie dans le sens, oh c'était mieux avant, quand on était jeunes et qu'il y avait... Enfin si, d'un côté c'est ça. Il y a deux choses, il y a le... C'était mieux avant, par exemple, je vais repenser à mon enfance, et à, même si bon, elle n'a pas toujours été très joyeuse, mais par exemple, je vais repenser à les Noëls, voilà, les Noëls quand on est jeune. Quand je vais repenser à la période de Noël de quand on est petit, je vais dire, « Ouah, c'était mieux avant ! » Et cette nostalgie-là va me faire sourire, mais elle va aussi me faire du mal. Parce qu'elle va me faire du mal parce que c'était avant, c'est fini. Ça n'arrivera plus jamais de toute ta vie. Ce Noël-là, ce sentiment-là de Noël, tu ne le ressentiras plus, et tu ne peux rien faire. pour vraiment tuer, impuissante face à ce sentiment. Moi, ce qui me fait le plus souffrir dans la nostalgie, c'est le c'était avant. Dans le sens, c'est un temps qui est fini, c'est un temps qui est passé, c'est un temps que tu ne revivras plus jamais. Juste ça, ça me suffit à me mettre dans le mal pendant des heures si je fais une fixette sur la nostalgie. Parce que forcément, le temps passe, ça c'est un truc que j'ai du mal à accepter, c'est l'irréversibilité du temps, vraiment. je ne peux rien faire, il passe et je suis impuissante face à ça le fait qu'on puisse pas revenir en arrière qu'on puisse pas revivre exactement les mêmes moments avec les mêmes personnes au même endroit, que le temps passe quoi en fait, juste ça, le temps passe et je ne peux rien faire que d'accepter que le temps passe, chez moi ça se manifeste de plusieurs façons, j'ai l'impression d'être tout le temps tournée vers le passé en permanence, mon regard est toujours tourné soit vers le futur, donc là j'ai de l'anxiété parce que du coup je me dis, le futur est instable je ne sais pas où je serai dans deux mois Je ne sais pas ce qui va se passer dans ma vie. Ou alors, la plupart du temps, quand je ne fais rien, ou juste quand je pense, quand je suis perdue dans mes pensées, la plupart du temps, je suis tournée vers le passé et je passe juste mes souvenirs en boucle. Des souvenirs heureux et douloureux. Mais mes souvenirs heureux deviennent des choses qui sont douloureuses pour moi. En fait, chaque moment que j'ai vécu et que je vis sont des moments qui sont fragiles et que je ne pourrai jamais revivre. C'est le dernier. Là, par exemple, à l'heure où je vous parle, je ne serai plus jamais aussi jeune que là, maintenant. Après, ce sera fini. J'anticipe tout le temps. la nostalgie avant même qu'elle arrive. C'est-à-dire que je vis quelque chose et je suis triste que ça se termine avant même que ça se termine. Je vais être en soirée, je vais kiffer ma vie. Je vais dire, waouh, j'adore ce bar. Oh là là, j'adore mes amis. Je passe un trop bon moment et je vais bloquer et je vais me dire, waouh, demain c'est fini. Je ne vivrai plus jamais ça parce que même si on ressort, ce ne sera pas exactement le même moment. Peut-être qu'un tel et un tel ne sera plus disponible. Peut-être qu'un tel et un tel, ça se trouve c'est la dernière fois que je les vois et je le sais pas Vraiment, et je peux bloquer comme ça et niquer 20 minutes de ma soirée à me dire que le temps va passer. Moi, la nostalgie, je la ressens beaucoup par rapport à ma famille. Il y a une pensée qui me fait mal depuis que j'ai eu 18 ans, parce que je ne m'en rendais pas compte avant. Vraiment, j'ai pris une claque de nostalgie à 18 ans. Plus jamais j'habiterais chez mes parents, en même temps que ma sœur, de façon régulière. Quand là, par exemple, je suis retournée chez mes parents, je vis dans mes valises, dans mes cartons, c'est un peu compliqué. Je me sens chez moi parce que je suis chez moi, mais je sais que c'est temporaire. Et plus jamais, ma sœur... Il y aura vivre chez mes parents et vivre en même temps que moi chez mes parents. C'est arrivé pendant le Covid où on s'est tous confinés chez mes parents. Enfin, toutes les deux confinés chez mes parents. Et il faut voir comme j'étais tellement triste que le confinement s'arrête parce que j'étais tellement heureuse de revivre avec mes parents et ma sœur en même temps. Partager les dîners, les déjeuners, boire l'apéro, rire. C'est des choses qui arrivent rarement parce que, par exemple, à Noël, on va habiter toutes les deux chez mes parents. Mais c'est rare. Et c'est des moments qui, certes, deviennent précieux du coup. En plus, c'est dommage parce que du coup, t'habites plus chez tes parents au moment où tu t'entends le plus avec eux. Parce que quand t'es petit, c'est compliqué. Quand t'es ado, c'est encore plus compliqué. T'essaies de t'émanciper, mais tes parents sont pas forcément chauds. Par exemple, moi, je m'entends super bien avec mes parents. Ma sœur aussi, on habite plus ensemble parce que maintenant, on a des vies qui sont différentes. Elle, elle va créer sa propre famille. Moi, je vais créer la mienne. Mais nous quatre, juste nous quatre, ça n'existera plus jamais comme ça a existé avant. C'est une période qui est révolue, c'est fini. ça n'existera plus et moi ça me tue juste d'y penser. Bref, quand je pense aux vacances en famille, c'est la même chose. Pourtant, je pars toujours avec mes parents en vacances, ma soeur part toujours en vacances avec mes parents, on part toujours, tous les quatre ou tous les cinq s'il y a le copain de ma soeur, mais ce ne sera plus pareil qu'avant. Mais c'est génial aussi, c'est trop bien de partir quand on est tous les quatre adultes, mais ça n'aura plus jamais la même saveur. Ce ne sera plus jamais pareil, ce ne sera plus jamais ma soeur et moi qui suivons nos parents. Ce ne sera plus jamais nos parents qui, je ne sais pas, nous amènent faire du manège. Ce ne sera plus jamais. Là, je suis allée à Saraf l'année dernière et ils ont retiré les jeux. Il y avait des jeux avec des voitures et c'était comme un mini-karting. Mais avec ma soeur, on faisait ça tous les ans, tout le temps. Et ils l'ont enlevé. Eh bien, ça m'a brisé le cœur de me dire que. Alors qu'on n'en faisait plus. C'est logique, c'était pour les enfants. Je suis heureuse d'avoir ma vie, mon indépendance, etc. Même si en ce moment, c'est un peu compliqué. Franchement, j'ai rarement été aussi heureuse que je le suis maintenant. mais cette... douleur là de le passer, c'est le passé, de je ne serai plus jamais enfant, plus jamais j'irai jouer dans la boue, plus jamais j'irai manger de l'herbe, plus jamais j'irai faire de la bouillie de pissenlit avec mes cousines, plus jamais j'irai danser dans le salon avec ma soeur sur des CD avec Madonna et Britney Spears. Et même dans mes relations sociales, la nostalgie, elle prend une grosse place. C'est-à-dire que je peux rester avec quelqu'un, je peux rester amie avec quelqu'un ou rester en relation avec quelqu'un par nostalgie. parce que je sais que le jour où je quitterai cette personne ou le jour où je ne serai plus amie avec cette personne, ce jour-là, tout sera fini et je vais me retrouver face à des souvenirs qui plus tard me feront du mal. Quand je vais repenser à un ex ou à un ancien ami, ça va me faire du mal parce que je vais me dire que c'est une période qui est terminée. Je me souviens, j'ai fait des vacances l'année dernière avec mon ex. Il est venu chez moi en fait. Il est venu chez moi à Saint-Raphaël mais c'était les premières vacances que moi je passais en couple avec quelqu'un et même si c'était chez moi, on était quand même sur le bord de la mer, etc. ses activités de vacances. Voilà, on était en vacances. Quand il est parti, je me rappelle que je pleurais à chaudes larmes. Et même à chaque fois qu'on se séparait, je pleurais à chaudes larmes. Je pleurais à chaque fin de week-end, à chaque fin de vacances, etc. Et il me dit, mais c'est pas grave. Enfin, je veux dire, t'habites ici, je peux revenir dans pas longtemps. Enfin, on peut même revenir l'année prochaine. Enfin, je veux dire, on revivra ça. Mais non, plus jamais on revivra ces vacances-là, plus jamais on sera dans cet appartement, à ce moment, tous les deux, à nos âges, en train de vivre nos premières vacances. ça n'existera plus, c'est fini. Je ne sais pas si vous avez la vision de ce que je ressens ou pas. Ou si je passe juste pour une grosse folle qui cherche des problèmes là où il n'y en a pas. Pareil, un autre truc que je fais, c'est que je vis les choses comme si c'était la dernière fois tout le temps. Ou alors quand je vis quelque chose, je pense toujours à c'est la dernière fois. C'est la dernière fois que je dors dans cet Airbnb. C'est la dernière fois que je marche dans cette rue parce que j'habite dans cet Airbnb. C'est la dernière fois que je vis dans cette salle de bain. C'est la dernière fois que j'ai cette clé dans les mains. c'est la dernière fois que... je prends ce train, c'est la dernière fois que je porte ces chaussures, c'est la dernière fois que j'ai cette valise, c'est la dernière fois que je porte ce collier, c'est la dernière fois... Bref, tout le temps. C'est tout le temps la dernière fois dans ma tête. Tout le temps, tout le temps. Et toutes les fins de choses et les dernières fois me brisent le cœur. Là, par exemple, je suis en train de penser, je suis en cours, c'est peut-être la dernière fois que je serai dans cette salle parce que peut-être que plus jamais on ira dans cette salle et qu'on va aller dans les autres. Peut-être que je vais aller chercher mon repas du midi dans cette boulangerie Et peut-être que je n'irai plus jamais, parce que peut-être que je vais arrêter les cours. Peut-être que machin. Et je ne vais plus jamais y aller sans m'en rendre compte. Parce qu'il y a eu plein de dernières fois dont je ne me suis pas rendu compte. Par exemple, la dernière fois qu'on a été dans les bras de nos parents qu'ils nous ont portés. Un jour, ils nous ont posés par terre et on n'est plus jamais remontés dans leur bras. Un jour, lambda, j'ai plus jamais regardé danser avec les stars avec mes parents alors que c'est un rituel qu'on avait tout le temps. Un jour, ça s'est fini et je ne m'en suis pas rendu compte. Mais en soi, ce n'est pas grave. Je veux dire, j'en ai profité quand même. J'en profite même beaucoup plus qu'en me disant que c'est la dernière fois. Mais c'est une pensée qui est automatique chez moi quand je vis quelque chose. c'est la dernière fois que je fais ça, c'est horrible vraiment c'est trop beau Dites-vous que je suis tellement folle que j'anticipe déjà la nostalgie du jour de mon mariage, du jour de la naissance de mes enfants, du jour de ma demande en mariage, du jour où mes enfants partiront de la maison parce qu'ils iront faire leur vie. Peut-être que je ne vivrai absolument jamais ces moments-là, mais j'en suis déjà nostalgique. Je suis déjà nostalgique de mes études, je suis déjà nostalgique de ma vie de la vingtaine, je suis déjà nostalgique de trucs que je n'ai toujours pas vécu. Je suis déjà nostalgique du mariage de mes enfants. Ils ne sont pas nés ! Ils ne vont pas se marier. Même moi, je ne vais peut-être pas me marier. Je n'aurai peut-être même pas d'enfant. Mais je suis déjà nostalgique de ces moments-là. Ou je suis nostalgique même de la vie que j'aurais pu vivre. Mais dites-moi que je ne suis pas la seule folle quand même à être comme ça. Ce n'est pas possible. Je ne peux pas être la seule. Je peux passer des heures à penser au passé. Je peux passer des heures à penser au fait que ma vie ne sera plus jamais comme elle est actuellement. En fait, je vis ma vie comme un deuil constant. Dire c'est les gens. Par exemple, je n'arrive absolument pas à bloquer. les gens sur les réseaux. Sur Snapchat et tout, quelqu'un qui m'a blessée. J'arrive pas à le bloquer parce que je me dis, c'est la dernière fois. En fait, j'en peux plus que la vie soit faite que de dernière fois et de gens qui partent et qui viennent et de machins. Alors que je me rends bien compte là maintenant que j'ai 24 ans qu'en plus, c'est absolument pas quelque chose qui est figé dans le temps. Il y a des gens avec qui je pensais plus jamais parler et avec qui je reparle actuellement. Enfin, je veux dire, je pourrais vraiment en parler des heures. Les musiques qui me font penser à la nostalgie, c'est horrible. Un jour, Clara m'a fait regarder About Time. Ne regardez jamais ce film si vous êtes quelqu'un de nostalgique. Parce que c'est un film qui m'a traumatisée. J'ai pleuré pendant des heures et des heures. C'était horrible. Je crois qu'en français, c'est « Il était temps » . Bref. Les fermetures de magasins, les fermetures de restaurants, les trucs qui changent de place. J'aime pas ça. Je m'accroche aux objets comme si ça pouvait retenir le temps qui passe. J'avais des photos de cet ex sur mon frigo à Saraf. Il y a une copine qui est venue et qui m'a dit, tu pourrais enlever les photos, c'est bon, tu l'as quitté, il faut peut-être passer à autre chose. Je ne voulais pas les enlever parce que j'allais les enlever pour les mettre où ? Dans ma boîte à souvenirs. Et qu'un jour, j'allais ouvrir cette boîte à souvenirs, tomber sur ces photos et ça me ferait du mal. Je n'avais pas envie de retenir la relation, soit elle était terminée, mais je ne voulais pas avoir à vivre le souvenir, le moment de prendre la photo, regarder la photo et le pincement au cœur de me dire, c'est fini, c'était une période de ma vie qui est terminée. Je trouve ça horrible en fait de devoir... vivre des trucs et que ça se termine. Je comprends pas ce... Mais ça, c'est un truc que j'ai toujours vécu parce que depuis aussi longtemps que je m'en souvienne, j'ai toujours eu du mal à me mettre en couple avec quelqu'un parce que je savais que si on se séparait, ça allait devenir un souvenir. Par exemple, je me rappelle que je me suis déjà obligée à regarder un film avec un mec en me disant, un film qui était important pour moi, par exemple, je sais pas, Harry Potter, à le regarder avec un mec en me disant au moins, la première fois que je regarderai Harry Potter avec un mec, ce sera pas mon mec, donc ce sera pas un souvenir douloureux. puisque c'est un truc que j'aurais déjà vécu avant. Est-ce que vous avez capté le raisonnement ? Pareil, je m'empêche de voyager des fois. Par exemple, je rêverais d'aller vivre à l'étranger. Voilà, c'est un truc que tant que je ne l'aurais pas fait, me trottera toujours dans l'esprit. Et par exemple, j'ai eu l'occasion de partir, etc. Et bref, je me pose toujours la question est-ce que je vais le faire ou pas, mais bon. Et je me dis, le jour où je vais rentrer, il ne faudra vraiment pas être dans les parages parce que je pense que je ne vais faire que pleurer les derniers jours, les derniers mois, les derniers machins, ça va être horrible ! Parce que j'ai pensé qu'au fait que c'est terminé. Je suis partie à Tahiti quand je suis revenue. Pendant 24 heures de vol, j'ai pleuré. Parce que, alors que je me dis, en vrai, je peux y retourner à Tahiti. Là, demain, je prends un billet, j'y vais. Mais je ne revivrai plus jamais l'expérience que j'ai vécue là-haut avec mes deux cousines, leur coloc. Enfin, ce n'est plus jamais un truc que je vivrai exactement de cette façon-là. Et j'étais tellement, mais tellement bien et tellement apaisée que je refusais que ça se termine, en fait. J'étais effondrée que ça se termine. J'en ai pleuré pendant une semaine et là, si je regarde les photos, j'ai le cœur qui se serre, la gorge pareille. J'ai envie de pleurer parce que je sais que je ne revivrai plus jamais ça. Je peux aller à Tahiti demain avec mes parents, avec ma sœur, avec mes copines. Ce ne sera plus jamais la même chose. C'est un temps qui est terminé. C'est bon, c'est fini. Je trouve ça horrible. J'ai peur du coup de vivre à l'étranger et de me dire que ça va devenir d'autres souvenirs qui vont se rajouter à ma collection de souvenirs qui vont devenir douloureux. Mais en soi, je ne peux pas m'empêcher d'avoir des souvenirs. J'évite toujours les lieux... j'évite beaucoup les lieux qui sont symboliques pour moi par exemple si je vais aller à Reims ça va me faire du mal de repasser dans la rue où j'ai habité ou que je prenais tous les jours parce que je vais me dire un jour je passais dans cette rue c'était la dernière fois je passais là tout le temps et je m'imagine la version de moi du passé qui marche dans la rue, il y a plein de trucs comme ça que je vis tout le temps avec un regard tourné vers le passé Ça me fait garder un lien et en fait, je n'ai pas envie parce que ça me fait du mal. Ouvrir un album de famille, pour moi, c'est une torture. D'un côté, je suis tellement heureuse de revoir des photos, mais en fait, tout ce que je vois, c'est des moments qui se terminent. C'est mes grands-parents, l'enfance, les cousins, des vacances, des trucs qui sont finis. Et en fait, tout ça, ça fait que je ne suis plus du tout dans l'instant présent et que je suis toujours tournée vers le passé, que je l'idéalise tout le temps et que je ne vois même plus le potentiel du présent. qui est en face de moi et que je ne vis pas du tout pleinement et que je ne vis pas du tout à 100%. Je ne sais pas si pour moi la nostalgie c'est lié à de la peur, de la solitude, du changement. J'en sais rien. Peut-être que c'est avoir envie de rester dans quelque chose qui est connu, que faire face à l'inconnu c'est compliqué. Peut-être, j'en sais rien, mais moi je le ressens vraiment juste comme une douleur d'un manque, d'où c'est fini. Et puis voilà, le passé c'est réconfortant, c'est quelque chose qu'on connaît, donc c'est un peu une zone de confort, mais bon. Bref, Tout ça pour dire que... je trouve que la nostalgie, c'est un sentiment qui est très très douloureux au quotidien et qu'il y en a qui s'en nourrissent et qui au contraire adorent vivre des trucs et de se dire qu'après ils peuvent y repenser et que les souvenirs c'est génial et que si tu vis des trucs de ouf, c'est génial de pouvoir s'en souvenir, c'est terrible pour moi de me dire, là ce que je vis en ce moment être à Lyon avec mes potes de Lyon un jour ce sera fini, ça n'existera plus un jour j'ai vu des amis que je reverrai plus jamais, et en plus le pire c'est qu'on se sépare, parce que là ça se trouve, je vous dis Merci. mon pote Clément, avec qui j'étais en bachelor l'année dernière, je ne l'ai pas revu depuis l'été dernier, et ça se trouve, je ne le reverrai plus jamais. Mais peut-être que dans 3 ans, 4 ans, 10 ans, 15, 20, peut-être que je vais le recroiser et qu'on va reparler, etc. Mais ce que je vis maintenant, en ce moment-là, ça va se terminer. Et je ne verrai plus les gens dans le même contexte. Mes collègues, je les aime de tout mon cœur. J'adore les revoir quand je retourne à Sarah, mais ce ne sera plus jamais dans le même contexte qu'avant. Je ne les verrai plus jamais tous les jours. Je ne verrai plus jamais Merci. Adeline descend des escaliers pour aller fumer. Je ne verrai plus jamais Aurélie monter les escaliers avec 2-3 minutes de retard. Mais si je la vois, c'est que moi j'étais pas trop en retard donc c'est bien. Plus jamais, c'est quelque chose qui est fini. Ce travail honnêtement, je le détestais. J'ai détesté ce travail. Je me faisais chier comme un rat mort et pour autant ça me manque pas. Ce travail me manque mais cette période de me dire que c'est fini, ça me manque. Donc voilà, si vous avez des solutions pour peut-être... soigner ça ce serait bien, j'en ai jamais parlé à ma psy d'ailleurs, il faudrait peut-être que je le fasse mais bon, si vous ressentez ça je ne sais pas si je suis la seule mais j'ai pas de solution miracle, j'essaie de guérir petit à petit comme d'hab, je suis sur le chemin de la guérison mais là franchement je vois pas trop de l'unir au bout du tunnel parce que je vois pas comment tu peux t'empêcher de ressentir de la nostalgie je pense qu'il faut accepter que les choses changent et que le temps passe mais pour moi c'est quelque chose qui est extrêmement compliqué. Des fois, j'essaie de revenir au présent au maximum et de me dire, hop, je stoppe ma pensée douloureuse de souvenir de j'ai fait ça hier et j'ai plutôt me concentrer sur ce que je suis en train de faire maintenant. Mais j'avoue que c'est pas quelque chose qui est naturel pour moi. Et voilà. Mais bon, après, il faut aussi accepter d'être triste et que, bah, moi, j'ai besoin. Je pense que j'ai besoin de ressentir de la tristesse pour me sentir vivante parce que je pense que c'est mon émotion principale, entre guillemets. Parce que, bon, là, en vrai, maintenant, est-ce que je peux vraiment dire que la tristesse est mon émotion principale ? En fait, pour moi, ça a toujours été mon sentiment de base. Des fois, je me pousse à être triste. Ces pensées de nostalgie, etc., j'ai l'impression que c'est mon cerveau qui me les envoie. Par exemple, quand je vais la dernière fois dans la salle de bain du Airbnb. Pourquoi mon cerveau m'envoie ? C'est la dernière fois que tu es en train de faire ça. Et de me rendre triste, ça n'a pas de sens. En fait, j'ai vraiment l'impression des fois que mon cerveau cherche à me rendre triste parce que la tristesse est ma zone de confort. J'en sais rien, ça c'est... Je viens d'y penser là maintenant. Je voulais donner 2-3 conseils au cas où, si quelqu'un m'écoutait et vit ça, je pense que le mieux à faire, c'est d'accepter le sentiment, le laisser passer, pleurer un bon coup, mais ne pas trop s'attarder dessus pour pas que ça devienne une pensée qui est trop envahissante. Aller marcher, écrire, regarder un film, se changer à hésiter, se laisser respirer, je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Je me dis souvent quand je me sens triste, si tu te sens triste par rapport à des moments, c'est que tu as été heureuse à ce moment-là, ou que tu as aimé fort cette personne. Il faut être honoré d'avoir des bons moments, à pleurer des fois. Parce que si on a vécu tout ça, si on est triste à propos de ses sentiments ou de cette période, c'est qu'on était heureux à ce moment-là. Et ça, c'est beau en vrai. Je ne veux pas que mes souvenirs empêchent de futurs souvenirs d'exister, mais c'est dur. J'avais besoin de mettre un peu de mots là-dessus parce que c'est quelque chose que je vis vraiment de façon quotidienne. C'est-à-dire que tous les jours, j'ai ces pensées-là. J'ai au moins 20 ou 30 minutes par jour qui est consacrée à pleurer. Enfin, pas forcément physiquement, mais à avoir de la peine pour mon passé. Bref, la nostalgie malheureuse, c'est une émotion qui est assez complexe et qui est douce et à la fois bien piquante. Mais voilà, je pense que je ne suis absolument pas la seule à ressentir ça, même s'il est vrai que je rencontre très peu de personnes que je considère nostalgiques. Dites-vous que je suis tellement nostalgique que j'ai tatoué le mot nostalgie tout le long de ma colonne vertébrale parce que c'est vraiment une partie intégrante de moi d'être nostalgique. Bref, merci d'avoir pris ce moment avec moi et de m'avoir écoutée. J'espère que ça vous aura plu. et que vous aurez appris quelque chose si vous connaissez pas ce sentiment ou que vous vous sentez un peu moins seul si vous le ressentez vous aussi de façon douloureuse et quotidienne. Et voilà, prenez soin de votre présent parce qu'il en vaut vraiment la peine. Bisous !