Speaker #0Salut, bienvenue dans Merci pour les traumas, le podcast où on parle santé mentale, vie d'adulte et galère. Parce qu'avons-le, on est tous un peu bousillés. Moi c'est Léa, j'ai 23 ans, et comme toi j'essaie de comprendre un peu ce bordel qu'on appelle la vie. Ici, on déconstruit ce qui nous a marqués, on questionne ce qui continue de nous hanter, et surtout, on remercie nos traumas pour toutes ces leçons qu'on n'avait pas demandées avec beaucoup d'humour. Une safe place où on réalise qu'on n'est pas seul et que ce qu'on traverse, d'autres le vivent aussi. J'ai cru pendant très longtemps et je crois encore quelques fois que ma valeur ne dépend que d'une chose, c'est de à quel point je suis désirable et de à quel point les hommes ont envie de coucher avec moi. Croyez-moi, j'ai bien honte de dire ça encore à 24 ans parce que je pensais que ce serait une croyance dont j'allais me libérer et forcer de constater que pas du tout. Et que là, très récemment, je me suis rendu compte que j'étais toujours dans ce schéma de merde et que j'en étais toujours pas sortie. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Merci pour les traumas Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui me tient. beaucoup à cœur puisqu'on va parler de l'hypersexualisation et de l'auto-hypersexualisation. C'est très dur à dire quand on a zozoté pendant 19 ans de sa vie, c'est hyper compliqué. Donc si je zozote dans l'épisode, c'est que mes vieux démons me rattrapent. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, l'hypersexualisation, c'est quand on réduit une personne à son aspect sexuel, quand tout dans son image ou dans la manière dont on l'aperçoit tourne autour du sexe. Et l'auto-hypersexualisation, c'est quand on se met soi-même dans ce rôle, et donc souvent sans s'en rendre compte. Oui, j'ai demandé des définitions, parce que bon, faut pas baiser. Parce qu'on a appris que c'est comme ça qu'on était aimé, regardé et validé. J'ai envie de parler de ce sujet depuis très longtemps, parce que moi c'est un problème que j'ai dans ma vie depuis le collège environ. C'est un problème auquel je suis reconfrontée là très récemment, et que j'avais oublié. C'est-à-dire que c'est quelque chose que j'avais vécu fortement... Pendant mon début de femme adulte, quand j'habitais dans le Nord, c'était un gros pan de ma vie, on va dire. Après, je me suis mise en couple avec quelqu'un. J'ai vécu un peu l'hypersexualisation autrement, parce que du coup, en couple, c'est différent. Je me suis séparée de cette personne il y a quelques mois maintenant. Etant toujours, enfin, ceux qui me connaissent ont bien compris que je suis quelqu'un de très romantique, que je cherche le grand amour, que je cherche la bonne personne. Et je vous jure que j'essaie de me détacher de ce truc. Donc je vous jure que j'essaie de... me centrer que sur moi, mes études, mes amitiés, etc. Mais j'ai ce besoin de trouver ma bonne personne et de cocher cette case, de me dire « C'est bon, j'ai trouvé mon partenaire de vie. C'est chiant, je sais, ça fait un peu la meuf qui est bloquée dans les Disney. Je sais, mais je n'y arrive pas. » C'est une valeur qui est fondamentale pour moi. Même quand je fais mes exercices de système de valeur, la première sera pour toujours l'amour. Je n'y peux rien, même après 15 000 déceptions. C'est toujours le truc que je mets en premier plan. C'est chiant, c'est pas grave. Et donc, en ce sens, j'ai recommencé de dater des gens et de rencontrer des gens. Et je revis ce truc d'hyper-sexualisation très rapidement. En fait, de sexualisation tout court, hyper rapidement. Et je me dis, mais attends, mais comment ça se fait que j'ai 24 ans et j'en suis toujours là ? Enfin, mes relations n'iront jamais au-delà de ce pan-là. C'est-à-dire que je suis toujours bloquée au même stade, là. Alors que j'ai pris en compétence. Donc c'est un peu compliqué. La dating life, elle m'a un peu retournée. Du coup, j'ai un peu envie d'en parler. Parce que j'ai compris que c'était un vrai mécanisme qui était totalement ancré dans ma façon de fonctionner. Et c'est hyper grave. Et en fait, pendant longtemps, je pensais que c'était vraiment normal. Et que c'était limite flatteur d'être sexualisée. Et maintenant, il y a seulement quelques mois que je le prends mal. Et que quand on le fait, je suis un peu en mode... red flag de fou là parce qu'en fait c'est hyper douloureux à terme surtout quand enfin je m'estime être quelqu'un de super intéressante parce que grâce à dieu je n'ai pas été belle toute ma vie et que du coup j'ai eu l'audace et l'occasion de développer plusieurs points de ma personnalité et je me rends compte que être toujours réduite à la même chose c'est dur c'est hyper dur j'ai commencé à sortir à refaire des dates et j'ai remarqué que je tombais souvent dans des relations qui dépassaient jamais le côté sexuel c'est un peu ch... c'est un peu compliqué de dire ça en fait devant toutes les personnes qui me connaissent et des personnes qui ne me connaissent pas mais c'est ok et bref à chaque fois je me dis que c'est encore de ma faute à chaque fois je me dis que c'est moi le problème et que je dois forcément avoir un comportement ou une parole ou une gestuelle quelque chose qui fait que je tombe toujours dans ça et du coup je suis dans cette phase d'introspection de ok là tu vas analyser tout ce que tu fais quand tu rencontres quelqu'un et à quel moment ça foire à quel moment t'arrives à te mettre dans cette situation et donc là Petit retour en arrière, parce qu'évidemment, tout ce que tu vis dans ta vie adulte vient très généralement de traumas précédents. Donc petit retour en arrière à me demander, ok... D'où ça vient ? Et en fait, je pense que c'est assez simple et que c'est un peu la même chose pour tout le monde, et que, enfin, en tout cas pour beaucoup de femmes. Pour ceux qui ont écouté ce premier épisode, j'ai parlé du collège, enfin de la période du collège, du harcèlement que j'ai vécu pendant toutes ces années de souffrance. Et en fait, les premières insultes, les premiers mots durs ont été sur mon physique, comme quoi j'étais moche, qu'il fallait vraiment faire quelque chose, que j'étais ignoble. Et quand on te le répète une fois, deux fois, huit fois dans la même journée, et que... au bout d'un moment tu ne tolères même plus ton reflet dans le miroir ou dans ta caméra ou dans les vitres des voitures et que en plus maintenant tu as une putain de dysmorphie et que tu fais que te regarder dans les miroirs pour voir à quel point tu n'es pas belle et non pas pour regarder si tu es toujours belle mais pour voir à quel point tu n'es pas belle, c'est dur en vrai. Bref, au collège du coup je me trouvais très laide parce que c'est ce qu'on me répétait à longueur de journée et en voyant des photos maintenant avec le recul effectivement j'étais pas la fille très jolie j'avais pas un visage hyper harmonieux mais j'étais loin d'être laide j'étais mignonne et surtout j'étais une gamine de 12 ans et quand tu as 12 ans ouais t'as un appareil dentaire t'as des boutons plein la gueule t'as une frange qui te va pas t'as le teint un peu dégueulasse en plus tes cheveux c'est pas beau parce que t'as été chez une mauvaise coiffeuse ou que sais-je bref effectivement je n'étais pas j'étais pas une femme jolie j'étais pas une petite fille jolie il est vrai donc je me trouvais très laide Et puis un jour, du coup, en voyant que j'étais très laide et en voulant réduire ce harcèlement sur mon physique, j'ai commencé à me maquiller, j'ai commencé à m'habiller mieux, enfin du moins à suivre un peu les tendances. Et j'ai commencé à... Est-ce que je peux vraiment dire que j'ai commencé à plaire ? Pas tant, j'ai pas tant commencé à plaire, mais j'ai commencé à être moins laide. Enfin, du moins les gens m'ont trouvé moins laide. Et donc du coup, j'ai commencé à attirer un peu l'attention de garçons. En fait, j'ai bien vu que les regards avaient changé, que les paroles avaient changé à mon égard. Et donc, ça m'a flatté dans mon égo. Logique, tu prends un compliment quand t'en as jamais, ça fait du bien. Et ouais, les regards ont changé. Il y avait des regards qui étaient plus lourds que d'autres, des regards avec plus de... qui étaient plus malsains que d'autres. Mais c'était des regards. Et c'était quelque chose. Et malheureusement, pour une petite fille, c'était mieux que rien. C'est triste quand même. J'ai eu des réflexions qui étaient hyper déplacées, mais ces réflexions-là, c'était toujours de l'attention qu'on ne me donnait pas avant. Et je me suis dit que enfin j'existais, enfin on me voyait. J'ai joué un peu de ce rôle-là, parce que je me suis dit, si on me valide et qu'on me voit que comme ça, eh bien tant pis, je vais jouer de ce rôle-là, je vais amplifier le truc. Et puis plus on me verra, plus j'existerai, plus je serai validée, plus je me sentirai bien. Je me suis vraiment mise dans ce rôle-là. Mon look, il a totalement changé du jour au lendemain. J'ai commencé à m'habiller vraiment sexy. Là, je parle du collège, donc je n'étais pas vraiment sexy, mais c'était un truc bête, mais des épaules dénudées. Pareil, je ne mettais jamais de col roulé parce que, bon, après, ça ne va pas avec la forme de mon visage. Mais bref, mon look, ma manière d'être, j'étais beaucoup plus tournée sur le physique que ce que je l'étais en entrant au collège, en voyant que ça changeait, en fait, le regard qu'on portait sur moi. Et ça a continué pendant le collège. Pendant le lycée, j'ai fait exactement la même chose. Au lycée, j'ai commencé vraiment à plaire et à avoir des... Enfin, pas des petits copains, parce que du coup, j'arrivais jamais à ce stade. Mais j'arrivais à embrasser des garçons. Et pour moi, c'était une forme de validation. C'était une forme de « Ok, je plais. Ok. S'il m'embrassait, c'est que je suis belle. Donc, c'est que... C'est ok. On peut continuer sa vie. » En fait, il fallait que je me validais à travers ce que les... En fait, j'avais ce besoin irrépressible de validation masculine et d'assurance. d'attention masculine parce que pour moi si j'en avais c'est que j'existais c'est que j'existais pardon si j'en avais pas c'est que c'est qu'il y avait un problème et qu'il fallait que je le règle et en fait ça comblait ce besoin de d'amour et de d'attention après cette validation masculine de toute façon enfin elle nous vient aussi de notre société qui est très patriarcale enfin je veux dire toutes les jeunes filles enfin je veux dire si on est des pique-mille puisque moi j'étais j'étais une grosse pique-mille de merde c'est parce qu'on nous a poussé à l'être et qu'on nous a inculqué toute notre vie que être validé par les hommes c'était être validé par la société et que tant qu'on n'avait pas leur validation leur attention on n'était on n'existait pas et en plus moi qui avait ce besoin d'amour ce besoin de trouver un amoureux forcément là j'avais le double j'avais le package j'avais clairement le package de il me faut il faut qu'on me voit il me faut que les hommes me voient il faut qu'ils m'aiment il faut que ce soit moi et ça comblait ma non estime de moi même et en fait je me vois je me valider à travers à travers leurs yeux Et pendant longtemps, ça m'a donné une vraie impression de puissance, même après, je veux dire, quand je sortais, une fois passé le bac, dans les études, etc. J'avais une vraie impression de puissance de me dire, ouais, moi, quand j'arrive, ouais, je suis la meuf libérée, ouais, je suis la meuf sexy, ouais, je suis la meuf provoquante. Et en fait, j'avais l'impression d'avoir un pouvoir là-dessus parce que je savais que j'étais remarquée, mais ce n'était pas pour les bonnes raisons. Et je savais que ce n'était pas pour les bonnes raisons. Et honnêtement, au fond, ça me blessait. Mais c'était mieux que rien. C'est triste. C'est triste à en crever. Après, tu es bloquée dans cette image-là et après, tu as peur et tu as honte. Et en plus, tu n'oses même plus en sortir parce qu'après, c'est fichu. Une fois que tu as l'image de cette fille-là, c'est... Est-ce que tu peux vraiment en sortir un jour ? Est-ce qu'un jour, quelqu'un va te regarder autrement que ça ? Je ne suis pas sûre. Et donc, quand je vivais dans le Nord, c'est quelque chose que je vivais très fort. Voilà, c'était vraiment... J'avais cette image-là. J'avais cette image-là, je le voyais, j'étais... Ouais, fille sexy, provocante, libérée et un peu trop libérée, alors qu'en soi, je ne l'étais pas tant. Mais juste, je jouais tellement de cette image-là, parce que je l'alimentais, parce que plus j'étais provocante... plus j'étais cette fille sexy, libérée, tout ce que vous voulez, plus on parlait de moi. Et c'était en mal. Mais j'existais. J'avais juste besoin qu'on me voit, en fait. C'est terrible. Mais bon, ça n'empêchait pas mon envie de rencontrer quelqu'un. Sauf que c'était mort. Enfin, je savais que c'était mort. Je savais dès que je rencontrais quelqu'un et que j'avais envie de quelque chose de sérieux et de juste, je ne sais pas, faire un date, aller au resto, aller au ciné. des trucs classiques que tu fais quand tu drapes quelqu'un, je savais que je n'y aurais pas le droit, je savais que la personne ne me verrait absolument pas différemment, que j'étais cataloguée, j'avais l'étiquette sur le front, et qu'il m'était impossible de rencontrer quelqu'un dans le Nord. Ce n'était pas possible. Et même quand il y avait des garçons, je pense à un garçon en particulier, qui m'apportaient vraiment beaucoup d'attention et qui me montraient qu'ils voulaient vraiment être avec moi, je partais du principe que de toute façon, même s'ils ne le savaient pas encore, ils finiraient par partir. à cause de ça et à cause du fait que les personnes ne me connaissaient. Les gens ne creusent pas. Franchement, c'est terrible à dire, mais les gens sont bêtes et ils n'iront jamais voir plus loin que ce que tu veux leur montrer. Moi, je l'ai compris beaucoup trop tard. J'étais vraiment en train de me dire pourquoi vous ne voyez pas que je suis beaucoup plus que ça ? Et vraiment, je me disais vous êtes bête ou quoi ? Ça se voit que je suis plus que ça. Je suis intéressante, je suis intelligente, je suis drôle, je suis gavée marrante. Vous êtes bête ou quoi ? Sauf que... les gens ne voulaient pas savoir ça de moi parce que j'avais cette image, j'étais cataloguée ils m'ont rencontrée, ils savaient très bien ce qu'ils voulaient avec moi et il n'y aurait rien de plus et moi à chaque fois j'avais cet espoir que je sais pas, une illumination ou quelque chose, je leur tape le crâne et qu'ils se disent ah mais si peut-être j'ai essayé de discuter avec et que peut-être qu'il y aurait quelque chose mais c'était inutile et je le savais déjà quand je suis descendue dans le sud là, je me suis dit voilà, nouveau départ, personne me connait j'arrive avec une nouvelle image je vais pouvoir être vraiment moi, je m'habille beaucoup plus sobrement et... Je joue beaucoup moins de cette image. Je n'ai absolument pas une image de quelqu'un de provocante. On va voir comment ça se passe. Je me rends compte que même avec une attitude beaucoup plus posée, une image complètement différente, ce schéma-là se répète. Je rencontre quelqu'un, je me dis que... Parce que moi, je m'en parle très vite. Que c'est certainement la bonne personne pour moi. Sauf qu'il me sexualise très vite, que ce soit par message ou dans la vraie vie, etc. Il va vite mettre le sujet sur la table. Je me dis que ce n'est pas grave et que voilà. Je garde le contrôle, tant pis, bon, c'est pas la bonne personne. Et c'est mieux que rien, on continue, j'accepte une relation qui est beaucoup trop superficielle, que je veux absolument pas de base, sauf que c'est mieux que rien, donc je prends, et à la fin, en fait, j'ai toujours pas ce que je veux, donc je suis frustrée, et la relation s'arrête, parce que ça ne sert à rien, et je me sens nulle, et je me dis, je suis encore tombée là-dedans, et je recommence, parce qu'à chaque fois, je m'en rends pas compte, et je m'en rends compte. qu'à la fin, et c'est grave en vrai, et c'est vraiment devenu un cycle, et à force, j'ai réalisé que c'était pas seulement une question d'image, et que c'était un vrai schéma émotionnel que j'entretenais, malgré moi, et que c'était de ma faute, parce qu'en fait, la société, enfin, il faut dire ce qu'il y a dans notre société, elle valorise énormément ce qui est sexy, on le voit sur Insta, dans les clips, dans les médias, enfin, la télé, dans le cinéma, les femmes sont hyper sexualisées, c'est partout, et je suis la première à liker sur TikTok, quand je vois un gros cas vu attention mais c'est un fait on le voit les filles qui font du buzz elles sont très belles très sensuelle très attirante enfin très sexy quoi enfin c'est ce qui est mis en avant enfin depuis petite on nous montre que des filles qui sont parfaites qui sont sexy qui sont hyper désirables et tu as aussi ce piège un peu où on nous dit tout le temps que bah se montrer c'est se libérer c'est le féminisme de maintenant et c'est vrai c'est vrai totalement mais Mais parfois, moi, j'ai eu tendance à me confondre un peu. La liberté de m'exprimer telle que j'étais, parce que je sais que c'est pour moi quelque chose d'important d'être sensuelle et d'être sexy, mais aussi le truc du conditionnement de... l'étiquette et du catalogue et de reproduire les mêmes schémas. Si t'es sexy, t'es jugée. Si t'es pas sexy, t'existes pas. Et au milieu, t'as juste envie d'être tranquille. Et moi, c'est vrai que j'ai pas envie d'être au milieu. J'ai envie d'être quelqu'un qu'on considère de belle et de sexy, mais j'ai pas envie d'avoir le reverse de la médaille qui est « Ouais, mais du coup, il y a beaucoup de personnes qui ne verront que ça de toi. » Et t'as pas le choix que d'accepter cette étiquette. Le problème, c'est que du coup, ça me fait sentir coupable parce que je me dis que c'est de ma faute, que si le mec ne me voyait que comme ça, c'est parce que moi, je l'avais bien cherché et parce que c'était moi qui m'étais mise dans cette situation parce qu'encore une fois, je m'auto-sexualise. Donc, je ne peux pas blâmer forcément l'autre personne. Dans cette problématique, c'est qu'il y a deux personnes à blâmer. Enfin, je veux dire, il y a autant les hommes qui sexualisent trop vite les femmes, mais il y a aussi, ce qui me concerne, moi, en tant que femme, qui me sexualise trop vite. Donc, en fait, la faute à qui ? La faute à Macron. Voilà, la faute à Macron. Et puis en plus, après, t'as honte et tu culpabilises parce que tu te dis, mais pourquoi j'ai accepté cette merde ? Et puis au final, tu retournes dans le même truc indéfiniment. Et en fait, c'est horrible parce que j'avais tellement peur de perdre l'attention. J'avais tellement peur que je n'arrivais pas à dire non et que je n'arrive pas à dire non à des relations qui étaient trop superficielles. Et parfois, ça m'a menée à des relations avec des gens qui n'étaient même pas consentis de mon côté. Et ce n'était pas possible que ça se sache. Enfin, je veux dire... par relation non consentie, c'est que j'en avais pas envie, mais que j'y allais quand même, parce que c'était mieux que rien, et que même si c'était que pour une nuit, même si c'était que là pour 20 minutes, même si c'était que pour une heure, même si c'était que pour deux heures, pendant ces deux heures, je me sentais vue, je me sentais existée, je me sentais aimée, alors que je n'y étais pas, mais t'as cette sensation quand même, le contact physique, ça te comble, enfin moi en tout cas, ça me comblait, j'en avais besoin, et en fait... Même si c'était que pour deux heures, je préférais deux heures de je me sens exister et après je rentre chez moi, je me sens comme une merde. Certes, mais je me suis sentie désirée, je me suis sentie aimée pendant ces deux heures-là. Bref, donc là, je suis en gros travaillée sur moi-même pour me détacher de ce schéma-là et me réapproprier un peu mon image, mon corps et juste me respecter. Parce qu'en fait, j'ai compris, pendant longtemps, je ne comprenais pas le truc de tu ne te respectes pas. Et parce qu'on me le disait mal et je me disais mais en fait je fais ce que je veux, t'es un malade ou quoi ? Mais en fait j'ai compris aussi le truc de, en fait ouais je me respecte pas. Parce que je veux quelque chose et j'accepte quelque chose qui n'est pas ça. Oui je me respecte pas parce que, pas dans le sens, une femme libre sexuellement ne se respecte pas parce qu'elle couche à tout va et qu'elle fait ça et qu'elle veut. Ça pas du tout, alors vraiment, mais chacun fait ce qu'il veut de ses fesses. Je ne me respectais pas, non pas parce que je couchais avec des gens. mais je ne me respecte pas parce que je couchais avec des gens avec qui je n'avais même pas envie juste parce que j'avais ce besoin d'amour et d'attention que j'essayais de combler à travers ça et en ça je ne me respectais pas parce que moi ma valeur et ce que je voulais c'était une relation sérieuse c'était une relation fusionnelle une relation romantique etc et que je ne me respectais pas à tolérer qu'on me donne moins et à juste passer au dessus de ça mais j'étais... en fait maintenant j'ai envie de mettre une baffe sauf que Il a fallu que j'attende 24 ans pour me rendre compte de ce schéma-là. Il a fallu que j'attende là très récemment pour me dire mais... Parce que là, j'ai failli recommencer encore la même chose. Et que j'ai recommencé d'ailleurs, il y a très peu de temps. Je me suis dit mais je suis bête ou quoi ? Je recommence indéfiniment les mêmes erreurs, ce n'est pas possible. Donc j'ai pris conscience de ce schéma-là et je pense que c'est la première étape. J'ai compris que me sentir belle, c'était pas dépendre du regard des autres, mais que c'était aussi mon regard à moi et que le sexy, je peux le faire. pour moi et que me sentir belle et puissante je peux le faire pour moi mais ne pas accepter que je me sente validée par les autres en fait mais juste par moi et que ouais je me regarde dans le miroir et je me dis ok je suis mignonne ouais ok je suis sexy mais que s'il y a un mec dans la rue qui ose me dire que je suis sexy et que s'il y a un mec dans la rue qui ose avoir un regard enfin ou même un mec avec qui j'ai une relation qui ose me sexualiser que je me dis mais quel gros clochard tu es voilà quel gros clochard tu es Et voilà, j'apprends que je n'ai pas à être sexy pour être intéressante et que je suis bien plus que ça et que j'ai le droit de changer d'image, j'ai le droit de dire stop, j'ai le droit de dire que non, je n'ai plus envie d'être cette fille provocante, non, je n'ai plus envie d'être cette fille sexy, j'ai envie d'être quelqu'un où on va s'intéresser à moi profondément. Après, est-ce que les hommes sont capables de ça ? Honnêtement, je n'en sais rien. J'apprends aussi petit à petit à dire non, j'apprends à reconnaître quand une situation me met mal à l'aise. que je suis dans une relation qui ne me convient pas et que j'ai absolument pas ce que je veux. C'est dur parce que j'ai peur qu'on m'enveuille. Ah oui, parce que ce que j'ai pas dit aussi, c'est que du coup, cette image-là, malheureusement, t'es exposée à des comportements qui sont hyper problématiques de tu vas rencontrer quelqu'un, la personne va avoir envie d'avoir une relation, du coup... charnelle avec toi et en fait tu t'auto-persuades que tu n'as pas le droit de dire non parce que tu as cette image de fille sexy parce que tu es cette fille provocante et parce que tu es libre sexuellement donc est ce que tu peux te permettre de dire non et moi ça m'est arrivé de nombreuses fois de dire oui à des gens avec qui je n'avais pas du tout envie qui me dégoûtait même mais je les fais parce que tu n'as pas le choix maintenant maintenant que tu en es là donc il est chez toi est-ce que tu peux dire non ? Est-ce que tu es légitime ? Ben non parce que vu que... tu as cette image là et que tu l'acceptes du coup le mec tu lui se dis que forcément c'est que tu as envie de ça donc bah ouais tu sais puis on en parlera plus tard quoi et c'est hyper problématique quand même d'en arriver là j'apprends en fait à poser des limites et à dire non et même si j'ai peur qu'on m'enveuille même si j'ai peur de me sentir honteuse même si j'ai peur que il y ait de la violence en face enfin je veux dire tu te mets dans une position hyper délicate mais j'apprends en tout cas à poser mes limites même si c'est compliqué petit à petit je réapprends à m'aimer et à me respecter, à me dire si telle ou telle chose, c'est OK avec mes valeurs et OK avec la personne que je veux être et que je suis. Et puis la personne que je veux qu'on pense que je suis. Oula, est-ce que c'était compréhensible ça ? Je ne suis pas sûre de moi. En fait, je pense que le vrai pouvoir, il est là. Ce n'est pas d'être désiré, d'être quelqu'un de désirable, c'est aussi de savoir dire non. Et c'est aussi de savoir qui on est, savoir ce qu'on veut et savoir dire oui, dire non. Juste savoir poser ses limites et savoir dire bah écoute moi ça c'est pas quelque chose qui m'intéresse, je te laisse te diriger vers d'autres personnes qui pourront t'apporter ce que tu veux, moi je cherche autre chose, bonne continuation. Sauf que moi j'avais ce truc de écoute je veux pas du tout ce que tu me proposes mais comme je préfère être mal accompagnée que seule, bah je te propose de te donner ça quand même. Même si ça va très probablement me faire beaucoup de mal pendant longtemps et que après je vais me sentir vraiment très mal mais pendant une heure ou deux je vais me sentir bien donc je propose qu'on continue. Léa, ferme ta gueule. Léa, au bout d'un moment, mets-toi trois baffes dans la gueule, remets-toi les idées en place. Et il m'a fallu... En fait, il faut juste gagner en amour propre. Parce que ce don, j'étais totalement dépourvue pendant très longtemps. Et maintenant, ça va mieux et j'apprends à en gagner. Mais forcément, si tu t'aimes pas, les gens... Je pense que les gens, ils le voient aussi. Ils savent très bien comment s'en servir contre toi. Et voilà, si je dois dire quelques mots à des personnes, à des femmes, parce que... Mon message s'adresse plus à des femmes qu'à des hommes. Si j'ai quelques mots à dire, c'est fais attention à ton entourage. Fais en sorte que ce soit des personnes bonnes pour toi, qui veulent te protéger. Et que si tu leur parles de ça, entendent ce que tu dises et ne se moquent pas de toi. Et tu es bien plus que ton corps. Tu caches bien plus de choses que ça. Tu es beaucoup plus intéressante que ce que tu ne le penses. Tu es beaucoup plus que juste cet aspect sexuel et superficiel. Peut-être que tu ne le montres pas parce que tu as peur que ce ne soit pas suffisant. et t'as peur d'être rejeté et que tu préfères rejeter les autres avant qu'ils le fassent. Mais à terme, ce ne sera jamais quelque chose de bon pour toi. C'est complètement faux. Enfin, je veux dire, on est toutes suffisantes comme on est. Un homme ne devrait même pas te choisir par rapport à ce critère-là. Et je vois souvent une phrase sur les réseaux qui dit, oui, quelqu'un qui t'aime, un homme qui t'aime, il aura du mal à te sexualiser. Et moi, c'est un truc que je ne comprends pas parce que ça ne m'est jamais arrivé dans ma vie. Mais peut-être parce que personne ne m'aime. Attendez, parce que je suis en train de réaliser quelque chose de pas chouette. On est jeunes et on essaie tous de se construire différemment. Et pour d'autres, c'est plus compliqué. Et que tu as celui qui va avoir l'image du clown de service et qui n'arrivera jamais à s'en détacher et qui n'arrivera jamais à avoir l'image de quelqu'un de plus sérieux. Pour les filles, malheureusement, c'est souvent ce que là, une fille un peu trop libérée, un peu trop provocatrice, etc. Mais tu peux en fait juste évoluer et dire, ben non, en fait, je ne suis plus cette personne-là. Oui, j'ai été ça pendant longtemps parce que... je me sentais mal et que j'essayais de combler quelque chose à travers ça. Et que moi, ça m'a beaucoup fait de mal en vrai. Il y a beaucoup de personnes avec qui j'aurais aimé avoir des relations beaucoup plus sérieuses que ce que j'ai eu. Mais je n'ai jamais réussi parce que j'avais cette image-là et que ce n'était pas possible. Et en plus, c'est blessant parce que tu vis ça et tu te dis « Mais pourquoi il ne voit pas ? » Parce que moi, j'avais ce truc de vivre ça. Je savais que je le vivais. Je conscientisais quand même ce que je faisais. Mais je ne comprenais pas pourquoi la personne en face Merci. ne le voyait pas et n'essayait pas de creuser plus. Je me disais, mais en fait, ça se voit que là, je suis en détresse. Ça se voit que je suis quelqu'un qui souffre. Ça se voit que là, ça se voit que je ne contrôle plus. Et pendant longtemps, j'ai eu des relations très longues qui n'étaient pas sérieuses, alors que moi, j'étais folle amoureuse du mec. La personne en question ne s'en rendait absolument pas compte. Et je souffrais seule dans mon coin. Et le pire, c'est que je n'osais même pas le dire. À aucun moment, j'ai dit à... Là, je pense à quelqu'un en particulier, mais donc je vais dire cette personne, mais... mais il y en a eu d'autres. Cette personne, en tout cas, j'ai jamais osé dire, écoute, cette relation ne me convient pas, j'en ai envie de plus, parce que, en fait, je savais que j'allais me manger un refus, et je savais que j'allais me manger un... Voilà, ça a été convenu comme ça, donc t'auras jamais plus. et je savais que j'accepterais plus. Donc en fait, tant que tu n'as pas demandé, on ne peut pas te refuser. Je préférais rester dans l'ignorance que de juste me confronter au fait que la personne ne voulait rien de plus. Et bref, voilà. Je pense que j'en ai fini avec cet épisode. J'ai parlé pendant 35 minutes et c'est passé hyper vite. C'était beaucoup plus fluide. C'est la deuxième fois que j'enregistre cet épisode. J'espère que je me suis fait comprendre. Et j'espère que toutes les filles qui sont dans cette situation se sentiront comprises. Bon courage, voilà. Parce que vraiment, c'est chiant. En fait, on en revient toujours à la même chose. Tant que tu as des lacunes de confiance et d'estime de toi, malheureusement, tu auras toujours des schémas qui vont se répéter. Et c'est infernal. En vrai, c'est chiant. Bref, je me souhaite aussi à moi du courage parce que du coup, je pensais en être sortie et au final, pas tant. Et voilà, on remercie ces traumas, mais on se remercie surtout soi-même de se rendre compte que des fois, on a des comportements qui ne nous plaisent pas et qui ne sont pas OK et qu'on a le droit d'évoluer et de prendre la décision de changer. Belle vie, belle continuation. J'espère que cet épisode vous a plu et j'attends vos retours avec impatience, comme d'habitude. Sachez que je suis toujours extrêmement touchée d'avoir vos retours sur mes épisodes. Et que je suis tellement heureuse de faire ce truc-là juste pour ça. Juste pour discuter avec des gens avec qui des fois j'ai totalement perdu contact. Qui m'expliquent un peu qu'ils ont vécu telle ou telle chose. Et en fait, tu discutes et tu te rends compte que tous les humains, on a tous nos petits problèmes. On a tous nos combats à vivre. Donc je vous souhaite beaucoup de courage dans vos combats. Et voilà, à très bientôt pour un nouvel épisode. Bisous, ciao !