Speaker #1Vous êtes sous la douche, votre main passe sur votre poitrine, et vos doigts s'arrêtent net. Il y a quelque chose, une boule. Une bosse ? Un relief ? Et là, en 3 secondes, votre cerveau a déjà écrit la fin de l'histoire. Vous ne dormez plus. Vous tapez vos symptômes dans votre téléphone à 2h du matin. Vous y retournez 10 fois par jour pour vérifier. Bonjour à tous, ici Virginie, de mes conseils santé. Aujourd'hui, on va parler de cette boule. Et surtout, de ce qu'elle est 8 à 9 fois sur 10. C'est-à-dire, rien de grave. Mais avant de vous expliquer pourquoi, j'ai besoin que vous changiez d'image dans votre tête. Arrêtez de voir votre poitrine comme un bloc figé. Voyez-la comme un rivage, un rivage soumis aux marées. Chaque mois, les hormones montent, le tissu retient l'eau, il gonfle, il se tend, il devient sensible. Puis les règles arrivent et la marée redescend. Et à marée haute, vous sentez des reliefs que vous ne sentiez pas avant, des rochers découverts par la houle du cycle, pas des écueils. Maintenant, les chiffres. Chez la femme en période d'activité génitale, 80 à 90% des boules au sein sont totalement bénignes. Avant 30 ans, le risque de cancer devant une grosseur isolée est inférieur à 1 pour 1000. Alors qui sont les locataires de ce rivage ? Ils sont trois. Le premier, c'est le fibroadénome. Une petite tumeur bénigne, solide, ferme, élastique, comme une balle de caoutchouc. Elle roule sous les doigts. On la surnomme même la souris du sein. Elle touche 10 à 20% des femmes, surtout entre 15 et 35 ans. Le deuxième, c'est le kyste. Une poche de liquide, ronde, bien limitée, tendue comme un petit ballon rempli d'eau. Il domine entre 35 et 50 ans et il fait souvent mal. Le troisième, c'est la mastose. Là, ce n'est plus une boule, c'est une texture, un sein granuleux, bosselé. Cette sensation de sac de billes, souvent des deux côtés. Près de 80% des femmes la croisent au cours de leur vie. Et maintenant, le test le plus simple du monde. Il est gratuit et il ne demande qu'un calendrier. Les kystes et la mastose sont des éponges hormonales. Avant les règles, ils gonflent, ils tirent, ils font mal. Après les règles, ils se dégonflent. Le fibro-adénome, lui, ne bouge pas. Il est stable, indépendant de la marée. Donc retenez bien ceci. Si la boule disparaît ou diminue nettement après vos règles, l'origine hormonale et bénigne est quasi certaine. Et ça m'amène au conseil le plus utile de cet épisode. Ne vous palpez pas la veille de vos règles. C'est comme chercher un galet sur une plage à marée haute. Vous ne sentirez que de l'engorgement. Le bon créneau, c'est entre le 5e et le 10e jour après le début des règles. Là, la glande est souple et tout devient lisible. Maintenant, la partie sérieuse, celle que vous êtes venu chercher. Quand est-ce qu'on ne temporise pas ? Il y a 4 signaux. 1. Une masse dure, pierreuse, irrégulière. Et surtout, fixée. Elle ne glisse plus sous les doigts, elle semble ancrée. Et le plus souvent, elle ne fait pas mal. 2. Une rétraction récente de la peau ou du mamelon. Un capiton, une faussette. Un mamelon qui rentre vers l'intérieur ou qui change d'axe. 3. Un écoulement du mamelon, spontané, d'un seul côté, sans pression. Surtout s'il est sanglant ou clair comme de l'eau de roche. 4. Un gambillon dur et indolore sous l'aisselle, du même côté, qui persiste. J'ajoute deux tableaux qui ne doivent jamais attendre. Un sein rouge, chaud, gonflé, avec une peau en peau d'orange. en dehors de l'allaitement et sans fièvre. Et une lésion du mamon qui suinte et fait des croûtes, qui ne cède pas à une crème. Dans ces deux cas, on consulte vite. Alors qui consulter ? Votre médecin traitant, votre gynécologue ou une sage-femme. Eux prescriront l'imagerie. Et l'imagerie, parlons-en, parce que c'est elle qui tranche. Pas vos doigts, pas les nains. Avant 35 à 40 ans, c'est l'échographie. Un dolor sans rayon. Elle répond à la seule question qui compte. Liquide ou tissu solide ? Liquide, c'est un kyste. Après 40 ans ou devant une masse solide, on ajoute la mammographie. Et si le doute persiste, une microbiopsie sous anesthésie locale apporte la certitude. Et puis vous rentrez chez vous avec un compte-rendu et un sigle mystérieux. ACR. ACR2, ça veut dire anomalie typiquement bénigne. Ni biopsie, ni surveillance particulière. ACR3, c'est très probablement bénin. Moins de 2% de risque. On surveille par imagerie dans 3 à 6 mois. A CR4, ce n'est pas un diagnostic, c'est une demande de preuve, donc une biopsie. Et en attendant, si vos seins tirent chaque fin de cycle, 3 gestes simples. Un maintien souple, sans armature, la nuit et pendant le sport. Du froid, enveloppé dans un linge fin, 10 à 15 minutes. Et une cure d'huile d'onagre ou de bourrache sur la deuxième partie du cycle. Mais soyons très clairs sur un point, rien de tout cela ne fait fondre un kyste, rien. Si on vous promet le contraire, on vous raconte une histoire. Et une dernière question, celle que vous vous posez tous. Un fibroadénome peut-il devenir un cancer ? Non. Le fibroadénome simple ne dégénère pas. Alors voilà ce que je voudrais que vous reteniez. Notez la date. Repalpez après vos règles. Vérifiez les 4 signes d'alerte. Et prenez rendez-vous pour faire confirmer. Mieux vaut un rendez-vous pour rien qu'une nuit blanche de plus. Pour retrouver tout ce dont on a parlé et lire notre dossier complet, rendez-vous sur notre site. mes conseils santé Petit rappel important, ce podcast est informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. En cas de symptômes persistants, consultez impérativement votre médecin ou votre pharmacien. Prenez soin de vous et à très vite !