- Clémence Favorel
Depuis plus de 9 ans, Promote soutient l'association Solfa. A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous recevons à notre micro-expresso ce mois-ci Émilie Delcroix, responsable du fonds de dotation chez Solfa. Nous souhaitions aborder avec elle les missions et enjeux de l'association. Solfa, ou Solidarité Femmes Accueil, agit pour écouter, accueillir et accompagner les femmes victimes de violences. Les actions de l'association sont d'utilité publique, mais sont parfois méconnues du grand public. C'est en ce sens que nous avons souhaité, au travers de cet épisode, balayer l'ensemble des missions et projets de l'association. Attention, cet épisode aborde les sujets de violences faites aux femmes ainsi que de la prostitution infantile. Il est donc à écouter avec précaution. Salut Émilie, bienvenue dans notre nouvelle salle d'enregistrement de podcast. On l'inaugure avec toi. Aujourd'hui, on va parler de l'association Solfa. Mais est-ce que pour commencer, tu pourrais te présenter s'il te plaît ?
- Emilie Delcroix
Oui, bonjour Clémence. Moi, je suis Emilie Delcroix et je suis responsable du fonds de dotation de l'association Solfa. Et je suis arrivée en 2019. Et pour la petite histoire, en fait, je viens plutôt du monde de l'entreprise. Et donc, je ne connaissais pas du tout le monde associatif. Et lors de l'une de mes missions, j'ai rencontré Jean-Yves Morisset. qui à l'époque était associé de chez Deloitte et lors de ma mission on échange sur pas mal de sujets et je comprends qu'il est également président d'une association donc un univers que je ne connaissais absolument pas et très vite en fait il en vient à m'expliquer ce qu'est un fonds de dotation et me faire comprendre qu'en fait il aimerait travailler avec moi sur le sujet et donc l'aventure me tente et ce qui se passe c'est que du jour au lendemain j'ai quand même complètement changé donc de de quotidien et pour une fois, je réussissais à répondre à des besoins, puisque dans le retail, dans le commerce, on est habitué à créer des besoins pour les clients et là, pour le coup, je répondais à un besoin existant, donc au quotidien on a quand même l'impression d'avoir beaucoup de sens dans notre mission et aujourd'hui, je sais que je peux apporter à court terme, en tout cas du bien-être, en tout cas je l'espère pour des milliers de femmes et d'enfants donc ça compte.
- Clémence Favorel
Donc du coup, t'es passée de Je crée un besoin, à je réponds à un besoin. On va en parler après sur les missions de Solfa, mais très intéressant. Ok, donc toi tu es chez Solfa depuis 2019, mais ça ne date pas de 2019, Solfa. Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement un petit peu l'histoire de l'association ?
- Emilie Delcroix
Oui, donc Solfa en fait, c'est une vieille dame qui date de 1947.
Ah oui, quand même !
Oui. Oui, ça ne date pas d'hier, mais en tout cas, j'ai pris plaisir à connaître un peu l'histoire et la genèse de l'association, parce que je trouve que c'était une histoire qui était atypique, et avec un contexte déjà avant-gardiste, parce qu'à l'époque, c'était deux grandes familles du Nord, famille Thirier et famille Catrie. Et donc, Madame Thirier et Madame Catrie étaient visiteuses de prison. Et à l'époque, elles prenaient en charge les femmes qui sortaient de prison. Donc, c'est en ça où je trouve que c'est déjà assez avant-gardiste. Que ce soit des femmes qui créent une association déjà pour d'autres femmes. Et après, plus de 76 ans après, l'association a toujours été engagée aux côtés des femmes. C'est-à-dire qu'on est engagée aux côtés des femmes qui rencontrent des difficultés en lien avec l'insertion sociale professionnelle, la précarité, les violences faites aux femmes. Et on a un gros sujet aussi sur la protection des mineurs, la protection de l'enfance.
- Clémence Favorel
Beaucoup de sujets. On va s'intéresser, puisqu'on se voit dans le cadre de la campagne sur la journée des droits des femmes. Du coup, on va parler forcément de l'implication de l'association auprès des femmes. Comme tu l'as dit, il y a un volet effectivement plutôt protection de l'enfance. Là, on va se concentrer dans un premier temps sur ce que vous faites pour aider les femmes. Est-ce que tu peux un petit peu me développer ? Tu les as abordées brièvement. C'est quoi les missions de Solfam ?
- Emilie Delcroix
En fait, on a six champs d'action. Donc on a un premier champ d'action qui va nous amener à travailler sur l'accueil et l'écoute des femmes. Typiquement, on a ce qu'on appelle des accueils de jour, où on va prendre en charge des femmes qui sont victimes de violences, victimes de toutes formes de violences. Là, dans nos accueils de jour, c'est essentiellement des femmes victimes de violences conjugales, donc qui peuvent arriver avec leurs enfants également. Un accueil de jour, ça permet de leur offrir un temps de repos. aussi des collations au besoin et surtout une écoute active et après pour mettre en place les démarches nécessaires à leur sortie de conflit. Parce que quand on parle de violence conjugale, violence faite aux femmes, il faut savoir que dans le monde, une femme sur quatre est ou sera victime de violence.
- Clémence Favorel
C'est énorme.
- Emilie Delcroix
C'est énorme. Et quand on parle d'être en France, on était à une femme sur dix, maintenant on approche les une femme sur sept. Donc c'est-à-dire qu'on est très vite, dans le monde professionnel ou même dans le monde amical, autour d'une table avec une dizaine de femmes. Et les violences, en fait, elles peuvent prendre diverses formes. Quand on parle de violences, on peut imaginer très vite les violences, à savoir les coups, les violences physiques. Mais après, on parle aussi de violences économiques, de violences verbales, de violences sexuelles aussi. Et une violence aussi qui est très forte et qui touche énormément, c'est la violence morale, c'est l'emprise. Parce qu'aujourd'hui, quand on évoque les violences faites aux femmes, on est en capacité de dénombrer le nombre de féminicides. En revanche, le nombre de suicides dus à de l'emprise psychologique, ça c'est quasiment indétectable. Et de ça, on a aussi toute la problématique de prise en charge des enfants, puisque l'enfant est... reconnu comme une victime non plus collatérale mais une victime directe des violences même s'il ne reçoit pas physiquement en tout cas dans l'environnement familial donc pour ce faire c'est vrai qu'on a on a beaucoup d'accompagnement spécifique parce que là les accueils de jour pour tisser un lien avec une femme par exemple sachant qu'en fonction du degré de violence dont elle est victime elle va avoir plus ou moins de latitude pour pouvoir rentrer en contact avec nous Et ce premier contact, après, il faut créer un climat de confiance pour que la dame se sente rassurée et qu'on puisse enclencher des démarches avec elle. Et pour autant, même si ça se dure, toute la difficulté aussi pour le professionnel, parce que c'est un métier qui est excessivement difficile pour les professionnels de recevoir.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça. Ça doit être un petit peu pesant moralement pour l'écouter et d'être témoin pour vos équipes de tous ces témoignages, comme tu le disais. Un panel très large de violences, qui inclut en plus des enfants et des personnes, des minis.
- Emilie Delcroix
Et c'est pour ça qu'on a des professionnels qui ont aussi besoin d'être accompagnés pour pouvoir, non pas digérer, mais après savoir comment réagir, et puis savoir faire la part des choses aussi, entre le prose qu'ils reçoivent et après leur retour à la vie personnelle. Parce qu'une femme qui est victime de violences, elle va faire en moyenne 7 allers-retours avant de réussir, quand elle réussit, à sortir du domicile familial.
- Clémence Favorel
Oui. Donc c'est assez long. C'est une grosse démarche pour elles et pour les équipes aussi du coup.
- Emilie Delcroix
Exactement. Donc c'est sûr que nos équipes, en tout cas d'écoute et d'accueil sur ces accueils de jour, ont une mission qui est assez lourde. Et elles reçoivent à peu près 10 000 personnes par an.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ce que j'ai souvent dit. C'est combien de femmes ?
- Emilie Delcroix
Qui traversent nos accueils de jour. On a divers accueils de jour qui sont présents un peu partout dans les Hauts-de-France et dans la Flandre intérieure. Et donc les passages, quand on dit des passages, ça peut être soit une personne qui vient qu'une seule fois, ou sinon c'est de la récurrence, où là il y a besoin d'un accompagnement plus profond, jusqu'à ce qu'on réussisse à trouver une situation équilibrante pour la famille. Parce que là, un des sujets qui est quand même assez difficile aussi pour l'association, c'est d'être face à une recrudescence, c'est un problème qui a toujours existé. mais en tout cas qui continue à s'accroître. Et aujourd'hui, on est malheureusement en capacité de n'accepter que 25% des demandes.
- Clémence Favorel
Oui, parce qu'une femme, concrètement, en accueil de jour, on y arrivera peut-être tout à l'heure, mais ce n'est pas j'arrive devant la porte de Solfa, je toque et puis on me reçoit. Il faut prendre rendez-vous ?
- Emilie Delcroix
Non, c'est pour ça. Le principe d'un accueil de jour, c'est qu'on a des horaires d'ouverture et de fermeture. qui sont largement communiqués pour que les femmes sachent quand est-ce qu'elles peuvent nous contacter. On a évidemment tout ce qui est écoute téléphonique, donc ça veut dire qu'on a des contacts aussi téléphoniques si elles ne peuvent pas se déplacer. Les équipes, en cas d'urgence ou en cas de situation exceptionnelle, peuvent aussi se déplacer peut-être sur le lieu de travail de madame. Mais durant ces horaires, les dames viennent quand elles veulent.
- Clémence Favorel
D'accord.
- Emilie Delcroix
Et elles ont toujours une écoute et un accueil justement. puisque c'est un accueil inconditionnel. Et donc, en tout cas, pendant ces horaires-là, c'est du physique auquel on peut apporter une réponse.
- Clémence Favorel
Ça marche. Donc ça, c'est de l'accueil de jour ?
- Emilie Delcroix
Oui, voilà. Donc ça, c'est vrai que ça, c'est des accueils de jour pour les femmes victimes de violences. Après, on a d'autres champs d'intervention, qui sont au niveau de l'hébergement et le logement. Donc là, on va accompagner des femmes et des enfants vers et dans le logement. Donc soit... Ils sont directement dans nos structures, ce qu'on appelle des CHRS, centres d'hébergement et de réinsertion sociale. C'est comme des internats, des foyers. Et sinon, on accompagne aussi des personnes qui sont dans le diffus. Donc là, elles sont en capacité d'avoir leur propre logement, mais ça nécessite toujours un accompagnement associatif sur certaines problématiques.
- Clémence Favorel
D'accord.
- Emilie Delcroix
Donc ça, c'était le deuxième champ d'action. Ensuite, je le disais tout à l'heure sur la protection de l'enfance. Donc gros sujet protection de l'enfance parce qu'on va intervenir auprès de jeunes filles, on est vraiment toujours sur la jaune féminine, sur des jeunes filles de 13 à 18 ans. Donc parfois on peut aller jusque 21 ans et l'idée en fait de cet accompagnement, c'est de pouvoir leur apporter une boîte à outils qui leur permettra de pouvoir arriver à l'émancipation une fois adultes. D'accord. Depuis 2020... Quand je disais qu'on était quand même une asso assez avant-gardiste et dès la Genèse, justement quand je parlais des violences faites aux femmes, on a vraiment été les précurseurs en 2002, quand c'était un sujet qui était encore un peu tabou. Et là, sur ce sujet, la protection de l'enfance, on a défriché en 2020 une vraie problématique autour de la prostitution des minors.
- Clémence Favorel
Oui, on en entend de plus en plus parler, il y a eu des reportages, etc. Mais effectivement...
- Emilie Delcroix
Voilà. Des reportages aussi qui ont été faits chez nous, parce qu'il ne faut pas oublier qu'on a créé le premier établissement français qui accueille des jeunes filles en situation de prostitution, sous format internat. Aujourd'hui, on est en capacité de pouvoir accueillir 10 jeunes filles, donc H24, qui sont des jeunes filles qui ont forcément des problématiques assez lourdes, qui sont forcément dans des situations de vie... où elles peuvent être très vulnérables, elles peuvent être sujettes à des addictions, en tout cas elles ont des grosses problématiques et ça nécessite d'avoir un encadrement professionnel assez lourd, assez intense. Et aujourd'hui, donc, SELFA est le premier à avoir ouvert cet établissement et notre rôle aujourd'hui, comme on est vraiment présent, je le répète, sur les Hauts-de-France, c'est d'avoir cette expertise au niveau de la prostitution qui nous permet de pouvoir essaimer et de transmettre à d'autres associations, à d'autres régions. aussi notre expertise pour que d'autres puissent démultiplier et qu'on puisse vraiment agir. Notre volonté, vraiment, c'est d'aller agir sur des problématiques fortes sur lesquelles les pouvoirs publics n'ont pas forcément encore beaucoup de réponses. On va défricher, on se forge une certaine expertise pour ensuite transmettre.
- Clémence Favorel
C'est un sujet qui est lourd, comme tu le disais. C'était un peu tabou, mais on se rend compte que finalement, il y en a partout en France et surtout que de sont des populations qui, jusqu'ici, étaient un peu laissées à l'abandon et un petit peu cachées.
- Emilie Delcroix
Complètement. Et surtout que les derniers chiffres officiels, qui datent de 2016, avec le comité d'experts...
- Clémence Favorel
Oui, donc ça fait pas mal de temps déjà.
- Emilie Delcroix
Déjà, ça fait pas mal de temps. On parlait de 16 000 jeunes enfants en France par an.
- Clémence Favorel
C'est énorme. Donc aujourd'hui, avec toute la difficulté, c'est de pouvoir les détecter, puisque la prostitution telle qu'on la connaît... Avant qu'on imagine que la prostitution des mineurs puisse exister à ce point-là, c'est de la prostitution qu'on peut trouver sur les trottoirs ou dans ce type d'environnement. Tandis que là, c'est de la prostitution qui est souterraine puisqu'elle est faite par réseau. Et donc, il y a tout un réseau qui peut se créer, aussi bien au sein même des ados que par l'intervention d'adultes. Aujourd'hui, je pense qu'on est à plus de 20 000. Et donc, la mission de Solfa, c'est non pas de créer ce premier établissement français pour pouvoir les accueillir une fois que les jeunes filles ont posé des mots sur la prostitution et qu'elles ont envie de découvrir autre chose. C'est qu'on fait vraiment un accompagnement 360 sur les différentes périodes de vie de la jeune fille. C'est-à-dire que des jeunes filles qui arrivent et qui se posent des questions, qui se rendent compte qu'elles sont tombées dans un réseau de prostitution, mais qu'elles ne savent pas comment s'en sortir, qu'elles se... je vous le disais tout à l'heure, elles peuvent avoir des problèmes d'addiction, tout ça va de pair. Donc on a créé un dispositif qui s'appelle Tara, c'est un accueil de jour, et là qui est ouvert à tout le monde, aux jeunes filles qui sont en situation de prostitution, mais aussi à toutes les jeunes filles qui sont en situation d'errance, ou même des parents, des parents qui peuvent s'inquiéter, parce qu'il y a un contact qui devient plus difficile avec leur fille, et ils sont en questionnement, ils tombent sur des vidéos, ils tombent sur des choses qui sont interpellantes. ils peuvent quand même venir chercher l'information à Solfa pour comprendre quel accompagnement on peut mettre en place pour leurs filles. Ok, c'est un gros sujet.
- Emilie Delcroix
Oui, donc on a vraiment multiplié les dispositifs pour qu'à chaque moment de vie, on puisse apporter une solution. Donc oui, c'est un vrai gros sujet qui touche beaucoup. Et au même titre que les violences conjugales dont je parlais tout à l'heure, toute la difficulté aussi, c'est de bien comprendre que ce sont des fléaux qui touchent toutes les filles. les catégories socio-professionnelles.
- Clémence Favorel
Je pense que c'est ça, parce que dans les reportages qu'on voyait, effectivement, c'était plutôt des jeunes filles qui étaient issues de l'aide sociale à l'enfance, mais effectivement, c'est pas que dans ce type de foyer ou de structure, ça peut arriver partout.
- Emilie Delcroix
Exactement. Effectivement, on a essentiellement des jeunes filles qui viennent de l'aide sociale à l'enfance parce qu'elles viennent déjà de parcours de foyer avant d'arriver là. Et après, les jeunes filles qui sont dans un... Comment dirais-je ? un environnement peut-être plus équilibré, équilibrant, ce sont des jeunes filles qui sont peut-être aussi au débarrage accompagnées par leurs parents. Et donc le temps de comprendre un peu la mécanique et que le parent puisse venir vers une association, le schéma est un peu moins rapide. Mais là aujourd'hui on a 10 places, mais on refuse à foison des places, ce qui est terrible dans les derniers échanges que j'ai pu avoir sur le terrain. C'est que là, je te disais tout à l'heure, je parlais de jeunes filles de 13 à 18 ans, mais on a quand même été appelé pour accueillir une jeune fille de 9 ans. Donc c'est des réalités qui sont super dures à entendre, on n'imagine pas. Et c'est là où nous, en tant que maman ou même en tant que papa, on voit tout de suite, et même on reprend aussi pour les professionnels, c'est un secteur d'activité qui est assez compliqué aussi pour les professionnels d'être face à cette réalité de vie qui est des fois insoutenable.
- Clémence Favorel
Oui, c'est une violence inouïe. Ok, bon, le troisième, voilà,
- Emilie Delcroix
sans transition. Donc oui, ça c'est surtout ce qui est protection de l'enfance, mais j'ai fait un focus sur la prostitution des mineurs. Oui,
- Clémence Favorel
parce que c'est votre gros sujet en tout cas. Oui,
- Emilie Delcroix
c'est le gros sujet. Mais après, dans la protection de l'enfance, on y inclut aussi ce qu'on appelle les centres maternels et l'aide à la parentalité. Donc là, ça peut être des mamans seules, qui peuvent avoir certaines déficiences ou certaines difficultés, en tout cas dans l'accompagnement et dans l'éducation de l'enfant, enfin du bébé pour le coup puisque c'est avant trois ans donc on a des dispositifs pour pouvoir les accompagner ensuite on a un dispositif aussi autour de l'insertion professionnelle qui est assez récent et autant depuis 47 on est vraiment sûr de l'insertion sociale et on s'est quand même posé la question en se disant l'époque ça s'appelait le relèvement par le travail et est ce que tout ça n'a pas de sens justement de finir la boucle une fois qu'on a réussi à retravailler l'estime de soi chez les femmes, puisque c'est quand même le moteur interne le plus important pour pouvoir se reconstruire en tant que personne et aussi réacquérir et rejoindre les bancs de l'activité professionnelle. On a créé tout un pôle autour de l'insertion professionnelle qui nous permet aujourd'hui de cartographier toutes les dames que l'on accompagne. et de pouvoir faire à chaque fois, on fait quand même du sur-mesure dans l'association en fonction de l'histoire de chacune, parce qu'on a un mot global qui chapeaute ces violences faites aux femmes, mais comme ce mot-là peut avoir des significations tellement différentes en fonction de l'histoire de chacune, il faut qu'on adapte notre accompagnement à chaque fois. Et dans le cadre de l'insertion professionnelle, c'est le cas aussi. Donc on a des équipes formées pour pouvoir aider des dames à retrouver cette confiance. avec des ateliers qui sont juste incroyables. On s'entoure aussi d'autres partenaires. On a plein de partenaires qui peuvent nous aider. Je pense là tout de suite à la cravate solidaire. C'est leur cœur de métier. C'est leur cœur de métier. On est évidemment toujours plus forts en travaillant ensemble. On va aussi s'entourer de partenaires qui viennent compléter notre mission pour qu'on puisse... permettre à des dames de pouvoir retrouver une activité professionnelle. Et dans ça, c'est aussi un accompagnement, parce que si maman travaille en termes d'image pour l'enfant, ça a des répercussions, donc c'est un maillon de la chaîne.
- Clémence Favorel
Oui, puis c'est une liberté économique aussi pour la femme. Effectivement, c'est le point de départ, mais c'est en tout cas le point de départ de sa reconstruction économique et sa liberté aussi personnelle, c'est clair. Tu sauras à peu près nous dire combien de femmes vous aidez à peu près annuellement, en tout cas à reprendre le chemin du travail, ou en tout cas à se former sur une nouvelle activité ?
- Emilie Delcroix
Alors, ce n'est pas facilement quantifiable, puisque là, en ce moment, sur le pôle insertion, il y a à peu près 90 femmes qui sont encadrées par le pôle insertion.
- Clémence Favorel
Ok.
- Emilie Delcroix
Donc ce qui est déjà pas mal, et je te disais, il y a des problématiques différentes. Oui. En fonction, ça peut être aussi des dames qui sont en cours de régularisation, mais pour autant que l'on accompagne pour qu'elles soient prêtes une fois régularisées, parce qu'on peut avoir des femmes à accompagner qui sont diplômées, qui avaient des métiers incroyables dans d'autres pays avant et qui aujourd'hui doivent repartir à zéro. Et donc forcément, il y a des réajustements à faire. Et là, sur les 90 personnes, elles peuvent très bien soit découvrir le monde de l'entreprise, donc on va les orienter vers des stages, des formations, ou soit aujourd'hui... avec un collectif de mécènes dont je parlerai tout à l'heure, c'est d'avoir un partenariat et des échanges forts pour pouvoir ouvrir le champ des possibles à des dames qui, une fois qu'elles ont perdu confiance en elles, sont persuadées que leur seul chemin de vie, ça va pouvoir être être femme de ménage ou des métiers sur lesquels elles se sous-estiment alors qu'elles ont des capacités autres. Et notre volonté, c'est de leur réouvrir l'espoir. enfin c'est pas l'espoir, c'est juste leur mettre face à leur réalité. Alors en disant mais non, en fait vous savez faire autre chose. En tout cas si vous ne savez pas, pardon, mais vous avez envie de le faire, on vous met entre les mains de ceux qui vont vous former.
- Clémence Favorel
Super intéressant. Ok, j'avance un petit peu parce qu'on a encore beaucoup de choses à te dire. Il me manque un dernier champ d'action, je pense qu'on est... Oui,
- Emilie Delcroix
on est sur la prévention. Voilà, la prévention, c'est qu'effectivement, toutes les actions que l'on met en place, c'est-à-dire qu'on n'est pas là que pour mettre des pansements sur des jambes de bois, mais aussi essayer de prendre les sujets en amont. en faisant la prévention aussi bien dans les institutions que chez les professionnels, dans les entreprises, dans les écoles. L'idée, c'est vraiment d'essaimer les différentes problématiques que l'on traite, comment faire pour qu'elles arrivent moins. On travaille ça beaucoup aussi.
- Clémence Favorel
On y reviendra peut-être à la fin, mais ce volet prévention, il y a peut-être un site web où on peut retrouver les informations, peut-être un numéro ?
- Emilie Delcroix
Oui, complètement. C'est pour ça que... On a refait récemment notre site internet qui permet d'avoir déjà tous les champs d'action que j'ai énumérés, de façon plus succincte évidemment.
- Clémence Favorel
Oui, mais au moins là on est rentré dans le détail.
- Emilie Delcroix
On est rentré dans le détail et effectivement d'avoir toutes les différentes formations que l'on propose et qui sont vraiment très utiles souvent en entreprise. Quand je dis que c'était, je reviens aux violences, mais quand c'est une femme sur sept, on sait qu'en entreprise il y a des vrais sujets et que... Un patron a aussi envie d'accompagner ses salariés et de trouver des solutions bien-être de ses collaborateurs. Et ça peut passer par là, typiquement.
- Clémence Favorel
C'est super important.
- Emilie Delcroix
Même pour les clients, parce que typiquement, on a d'autres mécènes avec lesquels on travaille qui sont en rapport direct avec des clients finaux, qui des fois sont amenés à se changer, à se déshabiller. Et comment quelqu'un en magasin, comment une vendeuse est censée réagir si elle a des suspicions de violence ? qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour justement être dans la prévention. Donc c'est un vrai sujet global.
- Clémence Favorel
Oui, puis c'est un sujet qui est d'utilité publique. On est à ce moment aujourd'hui de pouvoir effectivement, sur le palliatif, vous faites beaucoup, mais on peut aussi aider bien en amont et c'est le rôle de chacun. Merci pour tous ces détails sur ces champs d'action. On avait évoqué un petit peu, quand on a préparé cette interview, qu'on voulait aborder des exemples un petit peu plus en profondeur. Alors on est rentré déjà pas mal dans le détail. Je pense notamment à la protection de l'enfance. J'aimerais, si tu veux bien, qu'on aborde peut-être, toi, une anecdote, ou en tout cas un exemple de projet que vous avez actuellement en cours, qui est vraiment en lien avec les violences faites aux femmes, qui soit t'a marqué, soit en tout cas est, selon toi, un sujet qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
- Emilie Delcroix
C'est difficile de choisir, parce que là, je pense que je t'ai bien balayée. et donc en fait on est vraiment sur des problématiques qui nécessitent... toutes un vrai besoin. Donc là on a eu un gros projet, donc ce projet de Gaïa qui a ouvert ses portes en 2024 et comme on a toujours peur de s'ennuyer chez Solfa, on recrée des projets et malheureusement, je le dis en rigolant, mais si on les recrée c'est parce qu'il y a des vrais besoins. Et on a deux gros projets, donc là on va être sur un projet de déménagement. d'un lieu d'hébergement actuel qui est dans des conditions assez insalubres, qui ne nous appartient pas. Et pour te donner un exemple, on peut demander à des dames, malheureusement, faute de mieux, de pouvoir, des dames qui sont sans enfants, mais de cohabiter dans une chambre de 10 mètres carrés, toutes les deux. Et ça va être ces six chambres-là, des chambres qui vont se partager un sanitaire pour six, une salle de bain pour six. C'est que des cuisines communes, donc notre volonté aussi c'est de retrouver confiance en soi et pour ce faire, il faut que l'environnement dans lequel on fait évoluer et on accompagne la dame soit cocon, rassurant aussi. Donc c'est un projet sur lequel on travaille depuis quelques années et là qui commence à aboutir. Donc on a un projet de reconstruction de bâtiments pour accueillir 48 femmes et enfants qui sont en grande précarité, avec vraiment des locaux accueillants. donc c'est hyper important et après on a un autre gros sujet aussi toujours sur la protection de l'enfance où on projette de rassembler donc trois publics différents sur un même centre donc pour optimiser aussi tout ce qui est salle commune, tout ce qui est activité et donc aussi améliorer aussi je tiens à le préciser les conditions de travail de nos professionnels qui restent un sujet assez important aussi puisque comme on l'évoquait C'est des métiers qui sont difficiles. Et c'est vrai qu'il faut prendre soin de nos collaborateurs autant qu'on est capable de prendre soin des femmes.
- Clémence Favorel
Parce que du coup, aujourd'hui, il y a des collaborateurs salariés, il y a aussi des bénévoles qui travaillent à aider ces femmes. Comment ça fonctionne ?
- Emilie Delcroix
Des bénévoles, on en a peu. Alors, on a des bénévoles qui sont récurrents. On a des personnes qui viennent depuis des années pour donner des cours de français, par exemple, à des dames qui sont étrangères, qui donnent de leur temps. Donc, mais on peut les compter sur le doigt de la main. En revanche, on a beaucoup de propositions de bénévolat. La différence avec une association, peut-être comme les Restos du Coeur et autres, c'est de dire qu'on n'a pas de mission récurrente. C'est-à-dire qu'on n'a pas des repas à distribuer qui permettent de pouvoir s'investir au quotidien ou en tout cas de façon ponctuelle, mais récurrente, quand même chez nous. En revanche, oui, on a des belles missions. ponctuelles sur lesquelles on va aller chercher du bénévolat, par exemple pour faire des collectes de produits d'hygiène, parce que les produits d'hygiène sont des produits qui sont chers et qui sont nécessaires au quotidien pour les femmes et les jeunes filles qu'on accompagne, et on est en pénurie. Et donc des fois on fait des grosses collectes et on a besoin de personnes pour mobiliser. Ensuite, comme on a à cœur aussi d'améliorer nos conditions d'accueil, des fois il y a des équipes d'entreprise qui viennent en mode team building avec une... une euniac pas possible et qui viennent repeindre des locaux, qui passent du temps avec les bénéficiaires. Il peut y avoir aussi des redécorations des locaux. Et donc, il y a certaines entreprises qui sont venues et donc qui préparent. Ils réfléchissent avec, là c'était avec des jeunes filles dans une maison d'enfants en caractère social, où ils réfléchissent à comment organiser le petit cocon de la jeune fille. Parce que l'adolescence, ça ne paraît être compliqué. Et puis, il y a plein de manières de pouvoir nous aider. Le bénévolat en est une. Et ensuite, effectivement, bénévolat, quand je dis bénévolat, ça peut être du mécénat de compétences aussi. Donc là, on en parlait, mais ça veut dire qu'on peut typiquement avoir des besoins en communication, des besoins divers et variés. Et après, par rapport à toutes les missions que j'évoquais, je rebondis là forcément sur les besoins, parce que j'ai l'impression que tu me tends une perche en me disant « tu as besoin de quoi ? » . La liste est longue.
- Clémence Favorel
La liste au Père Noël.
- Emilie Delcroix
Oui, voilà, c'est ça. Et non, c'est vrai qu'on a toujours besoin de fonds. On a toujours besoin de fonds. Et pourquoi ? Parce qu'on se rend compte, typiquement, en 2017, on a créé un fonds de dotation. Fonds de dotation, il sert à quoi ? Il sert à réunir des mécènes. Donc là, pour le coup, ce sont des entreprises. Et donc, je ne suis pas ici par hasard. Parce que, un, il faut se le dire, Promod est pionnier, en tout cas, dans l'accompagnement de Solfa. qui est arrivé, donc, promenant 2017, et qui, d'année en année, se surpasse. Et donc, merci aux équipes et à l'énergie qui est mise pour ce faire, pour atteindre des records de soutien, de dotation, d'implication, et dont aujourd'hui, on ne saurait plus se passer, puisque le fonds de dotation a un véritable rôle, en tout cas dans le financement d'actions qui ne sont pas soutenues par les pouvoirs publics.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça, parce qu'il y a une partie de vos actions, quand même, Il y a des subventions d'État, mais la majorité, c'est quand même les mécènes.
- Emilie Delcroix
Alors non, pas la majorité. J'aimerais. J'aimerais, donc ça voudrait dire vraiment que... Mais peut-être que grâce à notre échange d'aujourd'hui, on va réussir à avoir beaucoup plus de mécènes à notre collectif. Mais non, la majeure partie, ce sont quand même... Parce que tu sais, on est 200 collaborateurs. On a 36 établissements et services, on héberge 200 collaborateurs à temps plein. Professionnels, c'est vraiment. Donc c'est pour ça que c'est quand même une belle machine.
- Clémence Favorel
Oui, ce n'est pas la petite association, effectivement.
- Emilie Delcroix
Non, non, non, c'est 36 établissements et services. Donc quand je disais qu'on a 10 000 personnes que l'on accompagne sur une année, c'est-à-dire que c'est une association qui nécessite des soutiens publics très lourds. Aussi très fort. Jamais assez, évidemment.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça.
- Emilie Delcroix
Et c'est pour ça qu'on fait appel au fonds de dotation. C'est parce que même si les budgets sur une enveloppe globale peuvent sembler conséquents, au quotidien, on est au centime près, à l'euro près, sur un tas de choses. Et c'est là, c'est la petite bulle d'air du fonds de dotation qui permet aux équipes de pouvoir faire des actions avec leurs bénéficiaires, les emmener faire des ateliers X ou Y, du sport. Les emmener à des spectacles, les emmener faire des voyages, leur ouvrir l'esprit aussi. Donc pour que leur vie ne soit pas que foyer ou que contrainte. Le but aussi c'est que chacun puisse avoir des petits moments de bonheur.
- Clémence Favorel
Oui, puis regagner comme tu disais confiance en soi et se sentir quand même un peu en dehors de la situation de violence qu'on a pu subir.
- Emilie Delcroix
Complètement. Et là les mécènes, c'est grâce aux mécènes que ça va faire six ans. que l'on finance des postes d'écoutantes. Là, quand j'énonce le fait qu'on reçoit entre 10 et 13 000 appels par an, il faut quelqu'un pour répondre au téléphone. Et on a pu essayer de décortiquer le truc dans tous les sens avec les mécènes, parce qu'autour de table, on avait quand même... On a toujours la chance d'avoir des personnes qui dirigent des grosses entreprises et qui sont habituées à trouver des solutions à des problématiques, mais celles-là, on n'en a pas trouvé, puisqu'il faut que ce soit des personnes qui soient qualifiées. pour pouvoir réagir. Et on ne peut pas faire un call center. On ne peut pas dire à une dame qu'il va appeler en urgence et que ce soit une personne qui ne soit pas qualifiée parce que c'est quelqu'un qui répond à l'autre bout d'on ne sait pas où. Voilà.
- Clémence Favorel
Derrière. Complètement.
- Emilie Delcroix
Donc, ce sont des postes qui sont coûteux et qui sont primordiaux. Et aujourd'hui, c'est grâce à l'investissement, c'est grâce à différentes actions qu'on peut faire avec vous ou avec d'autres. qui nous permettent de financer ça. Au même titre que là, on a un vrai sujet sur les nuitées d'hôtel.
- Clémence Favorel
Donc, ta liste au Père Noël, c'est du coup...
- Emilie Delcroix
Ma liste au Père Noël, celle qui va parler le plus au grand public, c'est ça, c'est de se dire, garder en tête qu'on ne peut accueillir que 25% des demandes. Qu'une femme avec ses trois enfants peut arriver, et surtout, en plus, souvent, c'est le week-end, ça peut être les week-ends... C'est-à-dire que quand nos accueils de jour sont fermés, ils arrivent et qu'est-ce qu'on fait ? Ça peut être des personnes qui arrivent aussi de... partout en France. C'est pas parce qu'on est que dans les Hauts-de-France qu'on n'accueille pas l'intégralité de la population française, voire d'hommes-tommes, parce que c'est déjà arrivé, de devoir extraire des dames qui étaient en situation de violence et qui nous sont envoyées. Donc voilà, comment on fait ? En attendant de trouver une situation plus pérenne, il faut qu'on puisse les mettre à l'abri. Et donc, on développe des partenariats avec des hôtels pour pouvoir trouver des solutions. En général, une dame va rester entre une et neuf nuits, mais elle peut venir avec ses enfants. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'elle arrive déjà peut-être à la rien. Ça veut dire qu'il faut qu'on puisse lui apporter notre soutien alimentaire en termes d'hygiène, en fonction du nombre d'enfants. Comment tout ça est géré ? Il y a une vraie mécanique à mettre en place sur l'accueil des dames en situation d'urgence. De façon très pragmatique, une nuitée d'hôtel, c'est entre 50 et 70 euros. en fonction des disponibilités autres. Donc ça, ça parle. Ça, ça parle, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, si on a envie de pouvoir aider, dans les différents projets que j'ai pu citer, celui qui est le plus facilement fléchable, c'est de se dire, voilà, moi, je sais qu'avec 20 euros, par exemple, je nourris pendant deux jours une dame avec son enfant. Et donc ça, c'est hyper important. Ou que je vais lui permettre d'avoir un sac de produits d'hygiène.
- Clémence Favorel
Oui, c'est ça. Et puis, si tu veux aider moi en tant que particulier, j'ai plusieurs solutions. Par exemple, là, on va lancer la campagne pour le 8 mars chez Promod. Effectivement, on proposera un don d'un euro du 1er au 15 mars. Et après, il y aura une chemise à reversement. On reversera l'intégralité des bénéfices de la chemise. Ça, ça participera à ces unités d'hôtel. Et quand il n'y a pas de campagne de collecte de dons ou de reversement des entreprises, comment on peut continuer à participer à ces limités ?
- Emilie Delcroix
Justement en allant sur notre site, le site dont je parlais tout à l'heure, parce qu'il est plutôt bien fait, on a quand même pensé à tout. Très vite, vous pouvez accéder au petit bouton qui vous permet de faire un don. Et là, le site va être enrichi en montrant un peu le but aussi, c'est que chacun puisse se rendre compte de la réalité terrain. Parce que là, j'ai beau énumérer des chiffres, forcément, ça parle, mais pas suffisamment. Donc, ça veut dire qu'on va pouvoir enrichir avec des photos des activités qui sont faites grâce à du mécénat privé, des sourires d'enfants qu'on peut donner et qui n'ont pas de prix grâce à du mécénat privé. Il y a plein de choses comme ça. Et donc, l'idée, ce sera de pouvoir flécher en fonction d'un projet ou sinon de choisir de donner à l'association dans sa globalité, puisque après, dans le cadre aussi du fonds de notation, on communique. sur chaque projet qui est soutenu par le fonds. Donc le fonds, on parle des entreprises, mais effectivement aussi on a la chance avec des campagnes d'appel aux dons qui s'appellent « Je donne pour elle » ou même des sensibilisations en tout genre, qu'on ait des particuliers qui nous fassent le plaisir et le soutien en tout cas de donner pour elle.
- Clémence Favorel
Donc ça c'est si je veux pouvoir aider financièrement. si Je connais dans mon entourage aussi, même moi, je suis victime de violences. Comment je peux faire pour aider ou être aidée ?
- Emilie Delcroix
Alors, ça va être toujours un peu le point, la vitrine de Solfa et les différents moyens de nous contacter. Elles sont diverses, mais surtout par le site Internet. Et après, on a aussi les réseaux sociaux. Donc, les réseaux sociaux, que ce soit Instagram, LinkedIn ou Facebook, permettent de suivre notre actualité, mais aussi de rentrer en contact avec nous.
- Clémence Favorel
Ok.
- Emilie Delcroix
On a déjà eu des personnes qui nous expliquaient leur situation sur les réseaux sociaux. Et donc là, c'est nous qui les prenons en charge. Et ensuite, on redirige vers les services adéquats. Mais sur le site, chaque service est bien expliqué avec les numéros à appeler.
- Clémence Favorel
Ok, super. Il y a un numéro à chaque fois que je peux appeler ?
- Emilie Delcroix
Exactement. Un numéro à appeler. Et donc, il y aura toujours quelqu'un qui répondra au téléphone. Et en tout cas, il y aura toujours quelqu'un pour aiguiller en cas de besoin. Et même effectivement, si c'est dans les 11 000 appels dont je parlais tout à l'heure, on a effectivement des partenaires ou de la famille qui viennent aussi s'informer et savoir comment réagir. Donc oui, les portes d'entrée pour nous contacter sont multiples et on ne cesse de communiquer là-dessus, justement pour que ce ne soit jamais un frein à faire en sorte qu'on puisse sauver quelqu'un.
- Clémence Favorel
Oui, hyper important. Ok. Merci, Émilie. On n'a pas pu tout aborder, mais on en a abordé déjà pas mal. Je voulais te poser une dernière question avant de clôturer cet échange. Où est-ce que tu vois Solfa dans cinq ans ?
- Emilie Delcroix
Oh, grande question ! Grande question. Déjà, on a un historique qui est assez fort et assez marquant, puisque depuis toutes ces années, on n'a fait que de se réinventer. Enfin, se réinventer, oui et non, mais en tout cas réussir à détecter les sujets sur lesquels il fallait qu'on aille. J'aspire à ce que cette dynamique de quête d'innovation perdure et qu'on soit en capacité de continuer à accueillir plus et toujours mieux en gardant nos valeurs qui sont aujourd'hui l'accompagnement des femmes victimes de toute forme de violence. Et c'est surtout qu'on espère qu'il y en ait moins. mais en tout cas, on s'arme pour pouvoir en accueillir plus.
- Clémence Favorel
On le souhaite. En tout cas, si vous voulez contribuer, n'hésitez pas à aller sur le site de Solfa ou rendez-vous chez Promod du 1er au 15 pour le don d'un euro et du 1er au 31 mars pour la chemise à reversement. Et puis, Émilie, je te remercie pour cet échange. Grand merci à vous. À bientôt. Très vite. Merci à Émilie pour la richesse de cet échange et pour son engagement envers les femmes victimes de violences. Si vous souhaitez plus d'informations sur l'association ou encore ses accueils de jour, vous pouvez vous rendre sur le site solfa.fr. Et si vous souhaitez soutenir l'association Solfa, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Promod vous propose de contribuer au financement des nuitées d'hôtel au travers d'un don de 1€ disponible du 1er au 15 mars inclus, en magasin et sur promod.fr. Nous reverserons également l'intégralité des bénéfices de notre chemise à reversement. à l'association Solfa. Et moi, je vous donne rendez-vous le mois prochain pour notre prochain micro-expresso.