- Speaker #0
Est-ce que tu t'es déjà demandé si tu avais fait le bon choix d'études, si ta carrière était déjà toute tracée ou au contraire complètement floue ? Et si en réalité, il existait mille façons de construire sa vie professionnelle ? Bonjour et bienvenue dans 1000 parcours pro au micro, le podcast qui te fait découvrir une multitude de parcours. professionnelles et de carrières différentes pour t'inspirer, te rassurer et surtout te redonner confiance. Aujourd'hui, on se retrouve dans un épisode interview avec Ophélie qui est infirmière. Cet épisode était vraiment hyper intéressant et inspirant. Ophélie aime énormément son travail, elle nous le fait ressentir, elle nous le partage. Je trouve ça très beau et je vous laisse maintenant écouter l'interview avec Ophélie. Bonne écoute ! Qui était la petite Ophélie ? de quoi elle rêvait ? Est-ce qu'elle avait envie de faire médecin, rockstar, dans la mode ? T'avais déjà des idées ou pas du tout ?
- Speaker #1
Moi, quand j'étais petite, ce que je voulais faire, j'avais une idée bien précise. C'est rigolo, mais je voulais faire médecin à Monaco. Alors tu me diras, pourquoi à Monaco ? Pourquoi médecin ? Alors médecin, parce que moi j'ai toujours aimé le domaine de la santé, je savais que c'était là-dedans que je voulais aller. À Monaco, parce que mon père regardait le Grand Prix de Monaco, je trouvais ça trop joli, t'es trop beau, hyper bien sécurisé et tout, donc je voulais aller là-bas.
- Speaker #0
Quand tu dis que t'as toujours voulu être dans la santé, même quand t'étais vraiment petite, c'était quelque chose qui t'attirait déjà ? Et est-ce que t'as eu une expérience qui a fait que, ou je sais pas, en allant voir le médecin, tu t'es dit, moi j'aimerais bien faire ça ?
- Speaker #1
Non, c'était plus tôt, alors moi c'était par rapport à ma mamie. qui me gardait beaucoup et j'ai toujours été proche des gens. Je me suis toujours sentie dans le besoin d'aider, d'aller vers les gens, et puis en particulier quand ils ne vont pas bien. Quand ils vont bien, c'est une chose, mais moi, ma mamie, par exemple, des fois, ça lui arrive d'être pleurée, d'être dans des moments pas bien. Et bah c'est moi qui prenais son petit mouchoir qui était dans sa manche et qui lui essuyait ses larmes. J'avais eu une autre expérience avec un de mes grands-tontons du côté de mon père. Alors moi je m'en souviens pas du tout mais mes parents me le disent. Il était dans ses derniers moments de la vie. Moi je devais avoir 5 ans ou quelque chose comme ça, je m'en souviens vraiment pas. Mais a priori je l'ai serré fort contre mes bras alors que je le connaissais pas plus que ça. Donc ouais j'ai vraiment tout le temps eu ce truc. de vouloir aller vers les autres.
- Speaker #0
Comment tu étais à l'école ? Est-ce que tu aimais l'école ? Ou est-ce que c'était quelque chose qui était compliqué pour toi ?
- Speaker #1
Moi, j'ai toujours aimé l'école. Parce que j'ai toujours eu mes copains. J'étais dans une petite école d'un petit village. Donc c'est vrai que ça aidait. Forcément, j'avais mes amis que je voyais même en vacances parce qu'à pied, on se retrouvait après l'école ou en vacances. Et puis voilà, j'ai toujours aimé l'école.
- Speaker #0
Et du coup, tu n'avais pas de difficultés ? Ce n'était pas quelque chose qui était compliqué pour toi au niveau vraiment purement scolaire ?
- Speaker #1
Si, quand même. Plus à l'école, j'ai toujours été dans la moyenne. Mais ouais, j'aimais bien l'école quand même, plutôt pour l'environnement de l'école.
- Speaker #0
Ensuite, quand t'as grandi, est-ce que t'as un souvenir de l'orientation ? Je sais pas, fin collège, lycée ? Est-ce que toi, t'as vu une conseillère d'orientation ou pas ? Et est-ce que t'as fait, tu sais, des salons de l'étudiant, des forums de l'orientation ? Ou est-ce que, comme tu savais déjà ce que tu voulais faire, t'as pas forcément cherché plus que ça ?
- Speaker #1
Alors moi, je n'ai jamais rencontré de conseillère d'orientation. Je ne sais pas si c'est parce que ça ne se faisait plus ou... Je pense que ça se faisait encore parce qu'il y en avait bien une à l'école où j'étais. Mais je ne l'ai jamais rencontrée. Et puis oui, je savais déjà ce que je voulais faire en fait. Donc ça a été assez simple. En troisième, on fait un stage d'observation. Je l'avais déjà fait avec ma voisine qui était infirmière libérale. Après, quand je suis rentrée au lycée, je savais déjà que du coup, je voulais aller dans la technologie de la santé et du social. parce que je savais que pour faire infirmière, c'était ça qui nous ouvrait des portes. Forcément, je m'étais renseignée sur Internet. J'ai toujours été dans cette direction uniquement.
- Speaker #0
Tu as fait un bac techno, du coup. ST2S. Est-ce que tu peux expliquer à peu près la différence que tu connais par rapport à un bac général ? Qu'est-ce que tu faisais en ST2S ? Est-ce que tu avais de la pratique ? Qu'est-ce qu'il y avait de différent par rapport à un bac général ?
- Speaker #1
Dans le bac santé et sociale, déjà, tu avais une matière ST2S. que tu n'avais pas ailleurs. Et cette matière-là, elle te permettait vraiment de travailler tout ce que tu verrais à l'école d'infirmière. Donc, on te faisait faire des diapos pour travailler ton oral, des diapos sur la promotion de la santé, pourquoi on vaccine de la grippe, des choses comme ça. T'avais tout ce qui était... Donc forcément, t'avais les maths, parce que nous, calcul de dose. Et puis t'avais tout ce qui était aussi de la science. donc le corps humain, les cellules tout ça, et donc en fait ça te faisait déjà une super grande avancée par rapport à ta première année d'école infirmière après ton bac
- Speaker #0
Infirmière, il faut quoi ? Il faut passer à la fac ou est-ce que c'est vraiment une école d'infirmière ? Est-ce que ça dépend de la faculté ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors moi, j'étais sûre de moi jusqu'au moment où il a fallu aller sur Parcoursup, où je me suis dit tiens, kiné ça peut être intéressant, ostéopathe ça peut être intéressant. Et du coup j'en avais parlé à ma professeure qui m'avait dit non, moi je serais toi, j'irais vraiment vers l'école d'infirmière. Je ne sais pas, peut-être qu'elle voyait des choses que moi je ne voyais pas, mais elle m'a confortée dans mon idée. Et donc, du coup, je suis allée par là-bas et c'est des écoles d'infirmières. Ça s'appelle des IFSI, des instituts de formation en soins infirmiers. Alors, c'est particulier parce que les lycées qui font la spécialité ST2S, il n'y en a pas beaucoup, beaucoup. Et donc, il y avait une IFSI, une directrice d'IFSI qui est venue pour nous présenter son IFSI. Et là, nous, celle qui était la plus proche, c'était l'IFSI de Savoie de Chambéry. La présentation, ce n'est pas celle que j'ai le plus appréciée. J'ai postulé quand même là-bas et j'ai fait plusieurs écoles. J'ai postulé à celle de Chambéry, il y avait celle d'Annecy, il y en a plusieurs à Lyon aussi. Il y en a une à Anmas. Et puis, je me suis dit, pourquoi je ne tenterais pas le sud pour voir autre chose ? Donc, j'ai aussi postulé à Perpignan. Je connaissais du monde là-bas qui était proche de moi, vers lesquels, en plus, je voulais me rapprocher. J'ai été acceptée dans plusieurs écoles. Donc, j'ai eu le choix. J'ai eu de la chance. Moi, pour le coup, je ne mets pas de suspense, mais j'ai choisi d'aller dans le Sud pour voir autre chose. Le choix était compliqué parce que... Est-ce que je quittais la famille ? Est-ce que je restais par ici ? Et finalement, ça s'est fait comme ça. Je suis partie dans le Sud.
- Speaker #0
Une école d'infirmière, c'est trois ans, il me semble, c'est ça ? Et donc, du coup, tu... Tu pars à Perpignan.
- Speaker #1
Sud, sud,
- Speaker #0
sud. Donc tu pars à Perpignan et tu commences l'école. Comment ça se passe ? Est-ce que tu aimes ça ? Quels sont tes cours en première année, deuxième année, troisième année dans les grandes lignes ? Et voilà. Et comment tu vis tes trois années d'école ? Est-ce que tu as des stages ?
- Speaker #1
Alors en première année, je crois que dans toutes les écoles, c'est pas organisé exactement pareil. Mais moi, dans mon cas, Ce qu'on faisait en première année, c'était voir le corps humain quand il va bien. Reprendre au niveau des cellules comment ça se passe, l'équilibre électrolytique, et puis tout le corps humain quand tout va bien. Ensuite, en deuxième année, ça se complexe. Tu vois certaines pathologies, quand ça va un peu moins bien. Les médicaments, tu commences à avoir les traitements. Donc ça aussi, c'est compliqué, c'est un gros, gros paquet à apprendre. Et puis après, en troisième année... Tu continues à voir quand ça va moins bien et puis tu fais ton mémoire, etc. Tu commences vraiment à te projeter pour plus tard.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu des stages pendant ces trois années-là ? Et comment ça se passait en termes de stages ? Est-ce que tu devais faire une semaine tous les trois mois ? Ou tu as deux mois d'affilée dans un même service ?
- Speaker #1
Alors en fait, sur tes trois ans, tu as quatre types de stages à faire automatiquement. Tu as soins de longue durée, soins de courte durée, tu as lieu de vie. et je crois que tu en as un autre, c'est un mélange un peu des deux, c'est tout ce qui est rééducation etc donc tu dois faire en fait ces 4 types de stages vraiment sur tes 3 ans mais après tu passes un peu partout moi en première année je faisais des stages de 5 semaines donc ça m'a permis de faire beaucoup plus de stages que dans certaines IFSI où eux ils font des stages vraiment que de 8 à 10 semaines et donc du coup j'ai pu faire vraiment beaucoup de stages, je crois qu'en tout j'ai dû en faire 6 ou 7 En première année, j'ai fait un centre de cure médicale pour personnes âgées. Donc c'est un EHPAD d'hôpital, en fait, si tu veux, où tu as un peu plus de soins que dans un EHPAD, mais ça reste pour les personnes âgées. Après, j'ai fait de l'hospitalisation de semaine. Ensuite, j'ai fait du SIAD. Donc le SIAD, c'est du soin à domicile. Et là, j'étais uniquement avec les aides-soignantes. Donc c'était vraiment bien pour le coup, parce que nous, en tant qu'infirmières... On doit aussi faire les soins des aides-soignantes. On n'est pas interdit des tâches de toilettes, parce que c'est aussi des soins où il y a du relationnel, et ça peut être hyper intéressant pour nous. Après, j'ai fait de la pneumologie en hôpital. Après, j'ai fait du libéral avec une infirmière libérale. Après, j'ai fait du... Comment ça s'appelle ? De l'ambulatoire, tout simplement.
- Speaker #0
T'as fait des urgences ou pas ?
- Speaker #1
Non, j'ai pas fait les urgences. Par contre, j'ai fait les soins de suite post-interventionnels. Donc, post-op. Et du coup, j'ai fait du bloc opératoire aussi. À ma demande, c'était le stage pré-pro qui nous demande de choisir, en fait. Et moi, j'avais choisi ça. Et puis, en dernier, j'ai fait les soins de suite neurologiques et ORL.
- Speaker #0
Dans le podcast, je parle souvent de l'importance des stages. Des stages ou de l'alternance, quand on fait de l'alternance. Mais des stages, parce que je trouve que, même dans des domaines spécifiques comme les vôtres, en fait, il y a tellement de choses possibles. et c'est pareil je trouve dans tous les domaines Peu importe le domaine, je trouve qu'il y a tellement de possibilités d'exercer un métier. Et du coup, je trouve ça trop cool qu'en fait, t'en aies fait vraiment beaucoup. Toi, quelle importance ça a joué dans la décision que t'as fait après ? Est-ce qu'il y a un stage où tu t'es dit, c'est ça que je veux faire ? Et autant, est-ce qu'il y a d'autres stages où tu t'es dit, parce que c'est aussi important de savoir ce qu'on ne veut pas faire, est-ce qu'il y a aussi des stages où tu t'es dit, soit bon, pas pour maintenant, ou bien dans ça, je sais que c'est mort, je ne ferai pas ça, et pourquoi ? Est-ce qu'il y en a un qui t'a dit ou tu t'es dit là vraiment c'est ça que je veux faire ?
- Speaker #1
Tout à fait. C'est vraiment fait pour ça et ça a vraiment joué dans ce sens-là. Par exemple, moi je suis partie à l'école d'infirmière en voulant être infirmière libérale. Parce que je voulais ma liberté un petit peu. Quand j'ai fait les stages, je me suis rendu compte qu'il y avait énormément d'administratifs, beaucoup de travail à la maison. En plus du travail qu'on avait déjà à l'extérieur, et c'était une organisation de malades. Moi franchement, je tire mon chapeau à toutes les infirmières libérales parce que c'est un travail de fou. Et donc du coup, je me suis dit peut-être plus tard. Et puis de toute façon, pour faire infirmière libérale, il faut exercer un peu dans les hôpitaux ou en clinique parce que tu es tout seul en fait. Tu as quelques médecins de temps en temps, mais tu es quand même tout seul. Donc c'est important d'avoir un petit peu d'expérience avant. Ensuite, je me suis dit que je voulais faire infirmière au bloc opératoire. D'où ma demande de stage au bloc opératoire. Et puis là, je me suis rendue compte que ça me plaisait beaucoup, mais j'étais enfermée. Et puis, ce n'est pas ce à quoi je voyais mon avenir. Donc, j'ai dit non. Peut-être pour plus tard, pareil, parce que de toute façon, pour faire infirmière au bloc, il faut repasser des formations. On verra peut-être plus tard. Ensuite j'ai fait en pneumo Et puis là j'ai adoré Alors que pourtant c'était un stage J'avais pas trop d'attente Je sais que j'adorais le système respiratoire Parce que c'est hyper intéressant C'est quelque chose que j'ai eu plus de facilité à apprendre que d'autres On sait pas pourquoi des fois Et puis mon dernier stage Pour lequel je m'attendais à rien J'avais quand même postulé parce que je savais qu'après, j'étais diplômée et il me fallait quelque chose. Je voulais attaquer tout de suite directement. Ils recherchaient quelqu'un. Je n'y étais pas du tout encore allée. Je ne connaissais pas du tout. Je me suis dit, allez, je postule, on verra bien. Et puis, finalement, mon stage, super bien passé. J'ai adoré ce stage parce que c'est des grosses équipes et j'ai des collègues vraiment super. C'est des prises en soins qui sont vraiment adaptées aux patients. Puis voilà, tu as deux services en un. nonctaire. Un côté neuro, un côté ORL. C'est de la rééducation, tu peux prendre le temps. Tu dois quand même t'adapter à tout ce qui est côté kiné, ortho, etc. Et coup de cœur, je suis allée par là. Coup de chance, finalement, j'ai postulé. Mon stage s'est super bien passé. Du coup, je n'ai pas eu besoin d'être formée avant d'attaquer. Grâce à mon stage, je connaissais déjà beaucoup de choses et j'ai adoré.
- Speaker #0
Et ça, c'est cool aussi, le fait que des fois, des stages permettent... ça après permet de... des fois, sur un coup de chance, ça arrive. On est au bon endroit, au bon moment. En plus, t'es déjà préformée, en fait, puisque t'as fait tes cinq semaines. En plus, t'es en fin d'études, donc t'as déjà tout ton bagage. Ouais, exactement. Toi, t'es rassurée, tu ressautes pas encore dans l'inconnu. Quoi qu'en soit, avec tes six ou sept stages, t'as quand même eu l'habitude de t'adapter à des environnements différents, etc. Et on parlait en off un peu tout à l'heure que tu me disais que t'avais fait une mutation d'école. Du coup, j'aimerais juste revenir sur cette petite partie-là, puisque du coup, c'est trois ans. Comment on fait si au bout de deux ans, on doit changer d'école pour x ou y raison ?
- Speaker #1
Alors du coup, moi j'ai fait mes deux premières années à Perpignan. Voilà, j'étais avec mon copain, j'habitais avec lui. Bon, on s'est séparés. J'ai voulu remonter pour me rapprocher de ma famille parce que quand on est tout seul, c'est vrai qu'on aime bien être un peu coucouné. Enfin, moi j'aime bien. Donc du coup, en troisième année, j'ai voulu remonter et j'ai fait une demande de mutation. J'en ai fait deux. J'ai fait une à l'IFSI d'Annecy et une à l'IFSI de Chambéry. L'IFSI de Chambéry, j'ai jamais eu de réponse. Et l'Ipsi d'Annecy m'a accepté. Alors, ce qui se passe pour les demandes de mutation, c'est qu'il y a un dossier à remplir. C'est un formulaire avec une demande. Ils te demandent souvent de faire une aide de motivation. Et ce qui prime vraiment pour avoir sa mutation, c'est d'avoir le bon nombre de CTS. Les CTS, tu sais, c'est les compétences que tu valides au nom de tes années. Et puis, d'avoir déjà un logement dans la région où tu demandes. Parce que forcément, eux aussi, ça doit les rassurer. Et puis, voilà. Donc moi, j'avais tout ça. Et puis, j'ai été prise. Donc, j'étais trop contente.
- Speaker #0
En plus, Annecy, c'est vraiment trop chouette. Franchement, c'est une ville incroyable. En repartant un peu sur les stages, quel conseil tu donnerais pour maximiser ton stage ? Dans le sens où ça t'apporte le plus possible d'indications sur si t'aimes, si t'aimes pas. Et pour après, quoi. Toi, c'est quoi tes petits tips là-dessus ?
- Speaker #1
Alors moi, mes petits tips ? Au début du stage, j'observe beaucoup, Pas trop longtemps non plus, parce qu'il ne faut pas non plus que les tuteurs ou les formateurs pensent que tu n'es pas intéressé. Ça, et puis après, faire, vraiment. Il faut faire, il faut aller dedans, il ne faut pas avoir peur, il faut poser des questions. Et puis même s'il y a quelque chose qui te gêne, que tu n'aimes pas, il faut en parler aux soignants, aux professionnels qui sont avec toi. Parce que peut-être que tu n'aimes pas ça pour une raison. Eux, ils vont te faire comprendre qu'en fait, la raison, finalement... t'en es capable, tu peux le faire et puis ça déverrouille vraiment des choses dans ta tête des fois qui sont verrouillées pour des raisons que tu connais pas quoi Ok,
- Speaker #0
et t'as un exemple ou pas ?
- Speaker #1
Si t'as pas d'exemple c'est pas grave Moi c'était au bloc opératoire le stage pour moi il se passait plutôt bien j'avais bien apprécié et puis à mi-stage on a décidé de parler avec mes tuteurs quand même parce qu'eux ils trouvaient que j'osais pas assez pas confiance en moi. Et c'est vrai que en étant infirmière, il faut quand même s'affirmer un petit peu. Et ça m'a vraiment aidée parce que du coup, c'est pas moi qui suis allée leur poser la question, mais c'est eux qui ont remarqué ça chez moi, qui sont venus me parler et qui m'ont dit, voilà Ophélie, ici tu peux oser, il faut que tu y ailles, tu poses des questions, tu n'hésites pas. Et ça m'a déverrouillé mon stage. J'ai validé, ils étaient trop contents à la fin parce que il faut aussi prendre en compte les critiques, qu'elles soient positives ou négatives. Il ne faut pas se renfermer, c'est important.
- Speaker #0
Et du coup, j'en profite pour dire que peut-être si Quelqu'un n'a pas la chance, entre guillemets, que tu as eu que la personne soit venue, que tes tuteurs soient venus directement vers toi. C'est aussi important, je trouve, justement en étant un peu acteur de notre stage, d'aller demander à son tuteur, est-ce que vous avez des retours positifs, négatifs ? Bien sûr, en bienveillance, le but, ce n'est pas qu'on se fasse défoncer. Je pense que c'est aussi important de savoir aller demander, Où qu'il... où est-ce que vous me trouvez bon, quels sont pour vous mes points forts et au contraire, quels sont mes points faibles et comment est-ce que je peux les travailler selon vous, avec des exemples. On a tous une définition un peu de l'ambition qui peut être différente d'une personne à l'autre, d'un contexte à l'autre et d'un moment de vie à l'autre, même je dirais. Toi, quelle est ta définition de l'ambition ?
- Speaker #1
Alors l'ambition, c'est synonyme de réussite pour moi. Et donc la réussite, pour moi, c'est faire de la réalité. ce que tu aimerais qu'elle soit actuellement. Par exemple, moi, mon projet pour l'instant, c'est d'aller travailler en Suisse. Donc, c'est mon ambition. Je vais tout faire pour qu'elle se réalise. Et ça, du coup, ça va avec... Qu'est-ce que je t'ai dit tout à l'heure après ambition ? Réussite. Pour moi, ce sera une réussite. Voilà.
- Speaker #0
OK. Et si on regarde de façon plus générale dans l'ensemble d'une vie, entre ambition, réussite et équilibre un peu pro-perso dont on parlait, quelle place tu accordes au travail ? quelle importance en gros a le travail dans ta vie ?
- Speaker #1
Pour moi le travail ça a une grosse grosse importance et je pense que ça a une grosse importance parce que je fais ce travail là je ferais autre chose, j'ai fait beaucoup de boulot quand j'étais en école j'ai fait caissière, j'ai travaillé au McDo, j'ai fait beaucoup beaucoup de choses j'ai même fait soignante en EHPAD, dans des EHPAD où franchement c'était compliqué de travailler ça m'a pas dégoûté en fait, je suis arrivée infirmière et j'ai adoré mon travail Merci. Donc pour moi, ça a une grosse place parce que je veux que ça ait une grosse place. L'équipe, c'est hyper important, ouais.
- Speaker #0
Des fois, quand on est en études et qu'on a beaucoup de choses à apprendre, parce que je pense qu'en tant qu'infirmier, pareil, et puis en plus, comme il y a plein de secteurs différents, c'est comme la médecine, comme il y a plein de secteurs différents, est-ce que tu as eu peur parfois ? Tu t'es dit, je ne me souviendrai jamais de tout ce que j'apprends. Et aussi en application, comment est-ce que ça se passe ? Parce que moi, comment je vois le truc, c'est que... On a tous des études, peu importe le domaine, même si c'est un domaine spécifique où on apprend beaucoup de choses. Parce qu'on ne peut pas apprendre un mini truc. Mais par contre, une fois que tu arrives, tu as fait plusieurs stages dans des domaines différents. Une fois que tu arrives dans ton travail, là tu vas te spécialiser. Et là tu vas devenir un peu plus expert et de ce domaine-là. Et aussi, ça va aussi dépendre de l'hôpital dans lequel tu vas exercer ou de l'entreprise dans laquelle tu vas exercer. Toi, est-ce que tu as eu ces petits moments de stress en étudiant, en te disant « mais c'est impossible que dans 10 ans, je sache refaire ça » . Et après, comment ça s'est appliqué ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu es beaucoup plus... plus à l'aise sur ce truc de dire que même si tu ne te rappelles plus exactement, tu sais où aller chercher et dans ta tête, ton cerveau est câblé en mode infirmière. Tu sais quand même quoi faire.
- Speaker #1
Oui, tu te poses la question. Même moi, actuellement, maintenant, je suis dans un service qui est vraiment spécifique. Il y a quand même neuro et ORL. Il y a quand même deux systèmes différents. Mais moi, là, si je veux aller ailleurs dans un autre service, il va falloir que je révise. Je le sais parce que je suis tellement maintenant focus sur mon service et je veux vraiment savoir les choses dans mon service, être capable de réagir, etc. Et pour ça, il faut que j'ai les connaissances dans mon service, dans mon domaine. Et donc, forcément, quand je vais aller ailleurs, il va falloir que je révise, que je me remette à niveau, que je revois des choses. Et ça, je pense que c'est pour toutes les infirmières pareil, parce qu'il y a tellement de choses que tu peux pas tout avoir en tête. T'as des bases, mais après tu t'en sers différemment dans chaque service. Et puis, même si tu deviens un expert dans ton domaine, t'apprends toujours. En tant qu'infirmière, c'est un truc... Moi, j'ai des collègues qui sont là depuis 15 ans. Alors, elles sont géniales. Moi, je me base vraiment sur elles. Mais par contre, il y a des choses où on va être toutes les deux dans le doute. Et là, il va falloir qu'on cherche toutes les deux. Et du coup, c'est hyper intéressant parce que moi, en tant que jeune DE, et elle, qui a de l'expérience depuis 15 ans... On se retrouve à chercher toutes les deux la même chose. Donc, il n'y a pas de fierté mal placée, comme je disais tout à l'heure. Il ne faut pas avoir de fierté mal placée. Il faut vouloir toujours chercher, apprendre. Et puis, si tu ne sais pas, ce n'est pas grave, tu vas trouver.
- Speaker #0
Et justement, quelles sont les possibilités ? Est-ce que c'est facile de changer de secteur ? Tu me dis, dans deux ans, je veux être au bloc ou bien aux urgences. Comment est-ce que ça se passe, les mutations ? Comment est-ce que tu peux bouger de domaine ou de secteur au sein de la santé en tant qu'infirmière ?
- Speaker #1
Je pense que ça dépend des régions. Nous, dans notre région, il y a des mutations qui sont possibles. Quand tu pars d'un hôpital, en général, tu fais une mutation si tu veux aller dans un autre hôpital. Après, tu as des dispos qui sont possibles aussi, si tu veux partir. difficulté d'aller dans le domaine que tu veux. En tant qu'infirmière, tu peux aller un petit peu là où tu veux. Après, il y a des choses vraiment hyper précises où il faut que la place se libère. Il n'y a qu'une infirmière, il faut que la place se libère pour pouvoir y aller.
- Speaker #0
Par exemple, est-ce que là, tu fais 5 ans, 10 ans dans ton service et puis tu veux partir sur un domaine différent où tu vas aller au bloc, est-ce qu'ils vont se dire euh... Ah non, il y a deux infirmières qui postulent, il y en a une qui a fait déjà dix ans de bloc opératoire par exemple, je ne vais pas prendre celle qui n'a jamais fait de bloc, je vais plutôt prendre celle qui a fait du bloc. Bon, ça paraît logique en fait quand je dis ça comme ça, mais est-ce qu'il y a une forte concurrence ou est-ce que tu as quand même pas mal d'exemples en tête d'infirmières ou d'infirmiers qui ont quand même facilement bougé dans leur carrière ?
- Speaker #1
Oui, tu peux. tu peux quand même facilement bouger, je pense. Il y a toujours cette concurrence, mais ça, c'est dans tous les domaines pareils. Mais tu peux quand même assez facilement bouger. Et du coup,
- Speaker #0
c'est trop cool parce qu'en fait, même en restant infirmière toute ta vie, tu peux faire mille choses différentes, en fait.
- Speaker #1
Mais oui. Alors, ce qui est un peu, comment dire, contradictoire avec le fait que la vie d'une infirmière, actuellement, c'est six ans, je crois. Donc, c'est hyper contradictoire parce que tu dis qu'il y a tellement de domaines en tant qu'infirmière où tu peux aller à droite, à gauche, machin. Et puis, en fait, il y en a qui arrivent à un endroit, elles sont dégoûtées.
- Speaker #0
elle reste 6 ans et puis elle s'arrête c'est trop dommage parce que bon après chacun fait comme il veut mais il y a tellement de choses à voir et toi quelles sont tes alors tes ambitions entre guillemets là je parle plutôt de est-ce qu'il y a des domaines où tu sais qu'un jour t'aimerais vraiment passer dedans ou pas ou est-ce que tu vois un peu au fur et à mesure du temps tes envies du moment moi j'ai envie de voir un petit peu au fur et à mesure du temps
- Speaker #1
Ce qui s'ouvre à moi, je ne suis pas fermée. J'ai envie d'apprendre, j'ai envie de voir plein de choses, j'ai envie d'être compétente dans plein de domaines. Et puis je me dis que même si dans 10 ans, je suis passée ailleurs et que je ne me souviens plus du tout de ce que j'ai fait en euro et en ORL, ce n'est pas grave, j'aurai quand même des bases et ça me servira toujours pour les autres services. Donc non, je reste bien ouverte.
- Speaker #0
Et ça, c'est aussi hyper important ce que tu viens de dire, le fait de... Même si tu ne te souviens pas la partie technique, par exemple. En fait... de tout, parce que tu te souviendras forcément de plein de choses, tu repartiras avec un bagage qui sera... En fait, tu repars jamais de zéro, peu importe. Et même si tu voulais plus être infirmière et que tu voulais devenir, je sais pas, n'importe quel métier, ça te servira toujours, peu importe là où tu vas, en fait. Tu me parlais de la Suisse, que ton ambition en ce moment, que ton envie en ce moment et du coup, ce que tu mets en place pour... C'est de partir en Suisse, parce qu'on est effectivement à la frontière avec la Suisse. On sait qu'en Suisse, les salaires sont beaucoup plus élevés, peu importe le domaine. Est-ce que c'est pour presque uniquement des raisons de salaire ou est-ce que tu as autre chose aussi derrière qui te pousse à vouloir aller travailler en Suisse ?
- Speaker #1
La différence extrême entre la Suisse et la France, c'est la condition des soignants. C'est quelque chose pour laquelle la Suisse fait hyper attention. Et en France, on n'a pas du tout ça. Si toi, tu ne fais pas attention à toi en France, tu peux vraiment te faire bouffer par le métier d'infirmière. Et je pense aussi que c'est pour ça qu'au bout de six ans, il y en a qui partent. Mais en Suisse, vraiment, là, par exemple, je discutais avec quelqu'un qui travaille en Suisse depuis des années et des années, alors à l'hôpital de Genève. Et apparemment, ils étaient en 12 heures dernièrement. Et là, la direction veut quasiment faire passer tous les services en 8 heures pour le bien-être du personnel. Enfin, moi, je trouve ça dingue, quoi. Il y a quand même une réflexion autour de ça que nous, on n'a pas... On l'a, mais elle est très légère, quoi.
- Speaker #0
Ouais, en France, c'est compliqué. Toi, t'es à l'hôpital public en France ?
- Speaker #1
Je suis à l'hôpital public, oui.
- Speaker #0
Et du coup, ça se passe comment ? T'es en garde de 12 heures ? c'est souvent comme ça non ?
- Speaker #1
alors je suis en 12h en général c'est 3 à 4 12h par semaine donc t'es entre 34 attends 12 et 12 et 12 36 t'es entre 36h et 48h et tu peux faire des nuits sup comme je disais tout à l'heure si tu veux à certains moments mais c'est en fonction de tes heures
- Speaker #0
Et toi, parce que ça par exemple, tu parlais du rythme en 12h et en 8h qui peut être mis en place potentiellement dans les mois qui arrivent dans certains hôpitaux en Suisse. Toi, tu préfères un rythme de 8h ou un rythme de 12h ? Parce que moi, je sais que j'ai une très bonne copine à moi qui est sage-femme et qui est en 12h. Et elle, elle ne changerait pour rien au monde parce que du coup, elle a 3-4 gardes par semaine. Après, ce n'est peut-être pas le même métier non plus, donc ça change aussi. Et je sais qu'elle, elle adore ce rythme parce que ça lui permet d'avoir une vie à côté. C'est ce qui fait un... selon elle, tu vois.
- Speaker #1
Non, moi, j'adore les 12h. Ah, j'adore les 12h parce que tu viens et tu sais que tu viens pour la journée, quoi. T'es là, quoi. Et puis, ce que t'as pas fait le matin, tu peux le faire l'après-midi, tu le laisses pas à tes collègues. Tu peux vraiment t'organiser sur 12h, quoi. C'est quand même énorme, 12h de travail où, ouais, t'as du temps pour faire plein de choses. Des fois, moi, je rentre à la maison et je me dis... quand même j'ai fait tout ça aujourd'hui puis après je me dis oui mais j'ai été là-bas 12h donc forcément j'ai fait beaucoup de choses mais ouais le 12h je préfère vraiment plus que le 8h le 8h c'est 5 jours par semaine donc nous ça nous laisse vraiment du temps libre quoi alors c'est vrai que quand t'as fait par exemple tes 2 jours d'affilée consécutifs en 12h après tu rentres chez toi pour ton repos t'es cuite t'es t'es cuite donc tu dors, bon après il faut se motiver il y a beaucoup d'infirmières qui font du sport d'ailleurs, parce que ça aide en fait, le sport ça aide vraiment à se bouger même si nous on bouge déjà pas mal sur nos 12h mais on en a besoin je pense on en a besoin c'est trop important
- Speaker #0
Quels sont tes conseils justement, tu parlais de qu'en France par exemple les conditions font que si on met pas en place des choses dans notre vie Merci. On peut se faire un peu cramer en gros par le métier. Toi, quels sont tes conseils ? Qu'est-ce que tu mets en place dans ta vie justement pour avoir un peu quand même cet équilibre pro-perso qui fait que tu te ressources en fait en dehors ? Parce que ça reste un métier où tu vois des gens qui ont des problèmes, en fait qui viennent pour des problèmes. Donc tu es un peu confronté, même si tu fais les choses avec cœur, etc. Tu es confronté beaucoup à du négatif entre guillemets. Comment toi tu fais pour rééquilibrer ça ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai une manière Je sais pas si c'est la bonne Mais moi j'ai une maman qui est hyper attentive Quand j'ai passé une journée Pourrie où vraiment C'était dur et les 12h M'ont vraiment crevé Et bien je l'appelle, je lui raconte toute ma journée Elle elle adore, elle sait que ça me fait du bien Elle me dit quoi lui Elle mais non C'est un petit peu Ouais c'est ça Bah sur 12h il se passe des choses Et puis Bye ! Et puis ça me permet en fait de me libérer. Alors si c'est pas elle, parce que j'ai pas envie de tout lui recharger sur le dos non plus, même si elle est pas du tout du style. J'ai mon chéri aussi. Je rentre chez moi, je lui parle de ma journée. Il y en a qui vont détester ça. Parce qu'ils vont dire, t'es à la maison, tu sors du travail. Ah bah moi il adore. Parce que moi je suis passionnée par mon travail, donc des fois je vais lui raconter des choses trop bien, puis des fois je vais lui raconter des choses moins bien. Et du coup, lui aussi, il est hyper intéressé par ça. Donc ça, ça me permet déjà de me libérer.
- Speaker #0
Et puis après, moi, je sors à l'extérieur. Je vais courir, je vais faire des randos. Je bouge au maximum. Quand je peux voir des copines sur mes jours où je ne travaille pas. Alors, c'est vrai que des fois, c'est compliqué parce que le week-end, il est en pleine semaine pour nous, des fois.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Bon week-end. Et puis, non, en fait, moi, j'arrive toujours à trouver quelqu'un. soit comme je te dis ma mère parce que j'ai la chance qu'elle travaille que le matin donc l'après-midi elle est toujours libre ou alors j'ai des copines qui pareil alors elles sont pas en 12h mais elles travaillent un peu le week-end donc des fois elles ont des jours de dispo dans la semaine et on sort on va boire un verre en pleine journée on va au lac se baigner quand il fait beau tu vas faire les magasins il y a personne tu fais pas la queue à la caisse c'est génial
- Speaker #1
Où est-ce que tu te vois dans 5 ans 10 ans à peu près est-ce que Voilà. Comment t'imagines ta vie de façon générale dans 5 ans, 10 ans et la place de ton métier dans ta vie à ce moment-là ?
- Speaker #0
J'espère que j'aimerais toujours autant mon métier. Ça, je me le souhaite vraiment parce que je pense que c'est un métier qu'il faut faire avec amour et passion. J'espère que j'aimerais toujours autant ce que je fais, que je serais dans un service avec des collègues aussi géniales que je peux avoir actuellement. Et puis voilà, moi, j'espère aussi que je pourrais aller en Suisse, que j'aurais trouvé quelque chose. Bon, là, je viens de commencer mes recherches, donc il faut le temps que ça... que ça prenne, mais ouais, j'espère être toujours aussi bien que je suis actuellement.
- Speaker #1
Je trouve que c'est un très beau projet. Et enfin, quel conseil tu pourrais donner à un jeune de 16 ans, 17 ans, 18 ans ? Je vais pas dire le terme perdu, du coup, parce que j'essaie d'adapter quand même à la situation, à ta situation. Toi, tu savais à peu près ce que tu voulais faire, mais je dirais plutôt à un jeune qui... se posent des questions sur ses capacités, sur « Ok, j'ai le choix entre 5 écoles, laquelle je choisis ? » Tu vois, faire des choix, c'est très compliqué à cet âge-là, parce que des fois, on a l'impression que tout se joue à 18 ans. Mais en soi, je pense que... Voilà, je te laisse donner tes petits conseils. Eh bien,
- Speaker #0
c'est rigolo, parce qu'on en parlait la dernière fois avec mon chéri, justement, parce que lui, il fait un métier qu'il adore aussi maintenant. Il a ouvert son entreprise et tout ça, donc il s'est jeté dans la gueule du loup. Je pense qu'il faut tester des choses. Il faut faire des choses. Moi, si je n'avais pas fait mon stage d'observation en troisième année avec l'infirmière libérale, peut-être que je serais restée sur médecin ou peut-être que je serais allée complètement ailleurs. Je pense qu'il faut y aller, il faut poser des questions, il ne faut pas hésiter. Quand on voit des gens avec un métier qui nous intéresse, il faut lui demander ce qu'il fait, quelle est la base de son métier et puis vraiment être réaliste. Parce qu'il y a la théorie mais il y a aussi la pratique. Moi, j'ai beaucoup d'étudiantes qui arrivent en stage. Moi, j'adore former les étudiantes. Mais elles arrivent en stage et elles sont très théoriques. Sauf qu'en fait, la pratique, ça n'a rien à voir avec la théorie. Et bon, il y a un petit peu de théorie, forcément, mais voilà. Et donc du coup, des fois, ça peut dégoûter. Mais il ne faut pas avoir peur. On y va, on se lance, si ça ne nous plaît pas. Moi, j'avais beaucoup de monde en école d'infirmière qui rentrait en première année. Au bout de six mois, ils ont arrêté l'école d'infirmière. Et bien, ce n'est pas grave, ils sont repartis vers autre chose. Moi, j'ai des copines, elles ont fait les deux premières années, je crois. Et puis après, elles se sont rendues compte que ça ne leur plaisait pas. Je crois que maintenant, elle est éducatrice avec les personnes handicapées. Elle est toujours dans le domaine, mais elle fait beaucoup plus de relationnel et beaucoup plus autre chose. C'est différent. Et elle fait quelque chose qui lui plaît. Mais voilà, il faut y aller, il faut tenter et puis il faut poser des questions.
- Speaker #1
Est-ce que tu as connu des échecs, entre guillemets, ou des stages compliqués, justement pendant que tu as fait des stages, des moments où tu t'es dit, je ne sais pas quoi faire, je suis perdue ?
- Speaker #0
On a tous eu un. au moins un stage qui s'est mal passé. Moi, pour le coup, je ne sais pas si je peux le citer, mais je pense que oui, parce que maintenant, je suis dans une autre région, donc personne ne saura d'où je parle. Mais c'était en hospitalisation de semaine. C'était mon premier ou deuxième stage de première année. Je crois que c'était le premier. Non, c'était le deuxième. Mais bon, voilà. Sauf que je suis arrivée... C'était un lieu de stage où les soignants ne voulaient plus prendre de première année. Sauf qu'ils n'avaient pas trop de choix. Ce n'est pas eux qui décident. Je ne sais pas si c'est la direction, la CAD ou etc. S'ils ont un quota ou je n'en sais rien. Mais en tout cas, moi je suis arrivée là-bas, j'y étais pour rien. Parce que moi je n'avais pas choisi d'aller là-bas. On m'a mis là-bas. Et puis je me suis retrouvée complètement perdue. Parce que je ne savais pas faire une toilette. Je ne savais pas comment me comporter. Parce que jusqu'à maintenant, j'avais fait beaucoup de stages d'observation et puis pas beaucoup de stages de pratique. Donc qu'est-ce que je pouvais faire, qu'est-ce que je ne pouvais pas faire ? Il fallait m'expliquer parce que l'hospitalisation de semaine, qu'est-ce que c'est en fait ? Ce n'est pas une spécialité. Tu ne peux pas dire que je suis en pneu, en cardio ou ailleurs. Tu prends en charge vraiment tout. Il y avait des sleeves, il y avait des chirurgos. Il y avait de tout. C'était vraiment... Un service pas spécifique. C'est un service qui ouvrait le matin, qui fermait le soir et qui était fermé le week-end. Au speed de semaine. Non, il ne fermait pas le soir. C'est juste qu'il était ouvert que du lundi au vendredi et pas le week-end. Donc c'est des gens qui travaillaient là-bas et qui avaient tout leur week-end. Mais du coup, moi je n'ai pas du tout été prise en charge par des... formateur par des tuteurs, par des infirmiers, des aides-soignants. Et du coup, à un moment donné, on m'a dit, je t'évalue sur une toilette. Sauf qu'en fait, on ne m'a jamais montré la toilette. Bah ok, vas-y, évalue-moi. Sauf que du coup, je m'en suis pris plein la tête. Parce que forcément, je ne faisais pas correctement. Mais j'étais en première année, je n'avais rien vu. Je ne savais pas comment on faisait une toilette au lit. Et je savais dans les grandes lignes, mais les normes d'hygiène... Il faut prendre un gant pour le haut, il faut prendre un gant pour le bas, il faut faire comme ci, il faut faire comme ça. Nous, chez nous, on n'a pas de serviettes, donc du coup, on utilise des draps pour sécher les patients. Mais comment je le devine ? Je suis là depuis une semaine. Eh oui, il y a des hôpitaux où c'est comme ça. Donc, c'est la honte, quoi. Moi, sur le coup, je ne savais pas quoi faire. Donc après, je suis tombée sur une aide-soignante hyper sympa, qui avait pour projet d'aller à l'école d'infirmière après. Donc elle savait déjà la position qui était compliquée. Et elle m'a dit, bon, allez, viens avec moi. Je te réapprends la toilette de A à Z. Et je te réévalue après, le lendemain ou le surlendemain. Et là, j'ai pu valider et ça a été. Mais si ça avait été que ça, ça aurait été bien. Sauf qu'après, je suis tombée sur une tutrice qui n'aimait pas du tout les étudiants, qui avait un souci, je crois, personnel, parce qu'à l'extérieur, elle allait voir une sophrologue. Il n'y a pas de souci à aller voir une sophrologue. mais c'est juste qu'elle, malgré la sophrologue, elle avait du mal à gérer. Et puis, je le savais parce que toute l'équipe le disait, en fait. Et bon, quand l'équipe le dit, tu ne peux pas passer à côté à un moment donné. Et donc, c'est une autre infirmière qui m'avait notée pour ma fin de stage. Elle m'avait super bien notée. Trop, trop sympa, l'infirmière. Même pour une première année, en fait, elle avait vraiment pris en compte le fait que je suis arrivée, je ne connaissais rien. Et je suis repartie avec mes connaissances de première année, avec tout ce qu'ils m'ont appris et j'ai travaillé dessus. Elle m'avait bien noté, l'autre infirmière est arrivée derrière, elle s'est assise à côté d'elle et elle a tout repris. Elle lui a dit non mais ça tu peux pas valider, c'est pas possible, regarde, elle a pas fait ci, elle a pas fait ça. Un coup de blanco, on remet la croix à non acquis. Bon, non mais ça tu peux pas valider, t'as vu comment elle a fait ? Un coup de blanco, non acquis. Et puis ça a été ça, je pense qu'elle m'a modifiée au moins 6 ou 7 compétences. Et du coup je suis arrivée à l'IFSI, j'avais une feuille, un brouillon. Et moi je leur ai dit, là par contre si vous me faites ça, il faut signer de partout. Parce qu'à partir du moment où tu mets un coup de blanco, il faut que tu signes pour attester que ce n'est pas l'étudiant qui a changé sa note. Donc il faut... Voilà. signé coup de tampon et donc ma feuille c'était un brouillon je suis arrivée à l'IFSI le lundi avec ma feuille et je leur ai dit je suis désolée mais je me suis excusée d'arriver avec une feuille comme ça alors que pour moi j'y étais pour rien en fait moi j'avais fait mon stage, ça s'était bien passé mais voilà tu tombes sur quelqu'un qui veut pas accueillir, qui veut pas s'adapter au niveau de l'étudiant et là ça devient compliqué Merci. Donc,
- Speaker #1
ouais. Ouais, comme quoi, tu peux avoir des moments, même sur un parcours qui se passe bien dans l'ensemble, t'as des moments qui sont compliqués, quoi. Et est-ce que, je t'ai pas posé la question tout à l'heure, est-ce que t'as eu des moments de doute ? Est-ce que dans ces moments-là, tu t'es posé des questions ou pas ? Ou est-ce que tu t'es dit, non, ça doit vraiment... Est-ce que tu t'es autorassurée en te disant, ça doit être que ici ?
- Speaker #0
Ah ouais, ça peut, franchement, ça peut te dégoûter, surtout en première année. Sauf que non, en fait, quand je suis arrivée à l'IFSI et que je leur ai monté la feuille et que je leur ai dit, ben voilà, je suis désolée, tout était validé. Il y a une infirmière qui est passée derrière, qui m'a tout dévalidé. Ils m'ont dit, c'est pas grave, c'est pas grave, t'es en première année, ça va aller. Déjà ça, ça m'a rassurée parce que moi, je suis arrivée, j'étais super stressée à l'école. Je me suis dit, mince, mais j'ai pas validé. En plus, en première année, t'as l'impression qu'il faut tout valider et tout. Alors que pas du tout, en première année, c'est pas du tout ce qu'on attend de toi. Mais voilà. Et j'ai une famille qui est super aidante, super accompagnatrice, etc. Donc, je leur en ai parlé. Je n'étais pas bien. Vraiment, je n'étais pas bien. Et pourtant, c'est 15 stages sur 3 ans. Ce n'est rien. Et voilà. Non, mais franchement, j'ai eu de la chance parce que j'ai... J'ai eu un entourage qui a été vraiment là et qui m'a dit « Ophélie, t'es faite pour ça, c'est pas grave, tu loupes ton stage, c'est elle, peut-être qu'elle est pas bien dans sa peau, peut-être que sur ce moment-là, cette nana, peut-être qu'elle était pas bien, peut-être qu'elle avait passé une mauvaise journée, elle s'est défoulée sur toi, c'est pas grave. » Et puis après, tous les autres stages, ça s'est super bien passé.
- Speaker #1
Donc ne pas s'arrêter à... Même si c'est compliqué, après, c'est la vie, c'est pas toujours simple. Donc même si c'est compliqué, ne pas s'arrêter à ça. C'est un très beau mot de la fin. Merci beaucoup, Félix. Si vous êtes arrivé jusque là, merci d'avoir écouté l'épisode en entier. Je vous retrouve la semaine prochaine pour un épisode solo qui sera axé autour des différentes motivations au travail. On a tous des motivations différentes et il est hyper intéressant de les observer parce qu'elles nous apprennent beaucoup de choses sur notre façon de travailler et sur comment aussi Merci. on peut changer certaines choses dans notre parcours. En attendant, retrouvez-moi sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, milleparcourspro au micro. Et abonnez-vous, partagez cet épisode ou le podcast de façon générale à un jeune ou à quelqu'un en début de carrière.