- Speaker #0
« Bienvenue à toi dans le podcast « Moi, je voulais juste être Madonna » , le podcast qui te donne envie d'oser, de sortir du cadre et d'aller au bout de tes rêves. Je suis Érika Galland, artiste dans l'âme et amoureuse des belles histoires, surtout celles où on change de vie, où l'on se réinvente. Si ce sujet me parle autant, c'est parce que je suis passée par là. Après 20 ans en multinationale, j'ai décidé de suivre ce qui m'appelait vraiment et j'ai créé Acatelart, une entreprise dédiée à l'art et à la créativité. Dans ce podcast, on parle d'art, mais aussi de parcours de vie, de reconversion et de courage. Les personnes que j'invite au micro ont toutes osé faire un pas de côté. Écoute leurs histoires et peut-être que toi aussi, tu commenceras à écrire la tienne. Aujourd'hui, je reçois Alice, la juriste qui danse la vie. Aujourd'hui, je reçois Alice. Depuis toute petite, elle danse. La danse contemporaine d'abord, puis le modern jazz, puis les danses venues du monde entier. Mais sa vie professionnelle a longtemps pris une toute autre direction. Des études de droit, une carrière exigeante dans les ressources humaines. des postes à responsabilité dans plusieurs secteurs. Et puis un jour, un jour, quelque chose se fissure. Des expériences professionnelles fortes, un questionnement profond et l'envie de remettre du sens dans sa vie. Alors Alice fait un choix que beaucoup rêvent de faire, mais que peu osent vraiment. Dans cet épisode, on va parler de reconversion, de courage, de corps, de transmission et de la place que peut prendre la danse dans une nouvelle vie. Bonjour Alice.
- Speaker #1
Bonjour Érika et merci beaucoup pour cette chouette présentation.
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir. Ça fait quelques temps maintenant qu'on se tourne autour, on va dire. On a essayé de travailler ensemble, on n'a pas réussi à travailler ensemble. Mais là, on se rejoint pour que tu nous racontes ton histoire. Donc, c'est chouette et puis on ne désespère pas de travailler ensemble un jour.
- Speaker #1
Oui, j'aimerais bien.
- Speaker #0
Alors Alice, du coup, je vais te poser des questions et t'inviter à refaire le fil parce que ce qui est intéressant dans les parcours de reconversion, il y a souvent des points de bascule, mais il y a quand même quelque chose qui est là depuis le début et dans ton parcours, c'est assez intéressant puisque tu dis que tu as commencé la danse depuis toute petite. Donc finalement, c'était déjà là et c'est souvent ça, on le voit, c'est qu'il y a un moment donné dans la vie où même si on prend une autre voie plus sécure, plus sérieuse, on va dire, ou plus dans la norme, ça nous rappelle à qui on est vraiment et c'est souvent le cheminement. Donc toi, tu n'as pas dérogé à cela. Donc, je voudrais commencer par ton enfance. Déjà, d'où tu viens ? Et puis, que tu nous expliques aussi, tu as commencé la danse très jeune, à 4 ans. Qu'est-ce que ça représentait pour toi à cet âge-là, si tu t'en souviens ?
- Speaker #1
D'accord. Alors, d'où je viens au niveau de l'enfance ? Moi, j'ai grandi à Paris, dans le 11e, donc quartier très populaire et bobo aussi, on va le dire. Dans une famille... multiculturelles, multireligieuses et où finalement le côté engagement pour l'autre et le côté justice ont toujours été très présents dans le sens où j'ai l'impression que depuis petite j'étais déjà un poussette dans les manifestations en soutien à telle ou telle cause antiraciste pour soutenir telle ou telle cause et En fait, tout ça a fait que la danse, à travers ça, comment ça a pu se mettre en place ? Je pense que ça a tout de suite été un moyen d'expression assez intéressant. En plus, j'ai commencé dans une toute petite compagnie de quartier, et oui, en danse contemporaine, mais vraiment pure danse contemporaine, un peu rigolo dans le sens, je ne sais pas si tu vois le sketch de Gad Elmaleh sur la danse contemporaine, où tu as des... des morceaux de texte, des histoires entrecroisées, etc. Et où dans tout ça, tu jongles et tu alimentes ta chorégraphie. Donc c'était un peu ça. Après, j'étais un peu au conservatoire du 11e arrondissement. Et le lien entre les deux, je pense que ça a toujours été, oui, je pense, un moyen d'expression corporelle, un moyen d'expression de ses émotions.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des artistes ou des danseurs dans ta famille ?
- Speaker #1
Pas au sens pur du terme. Après, on a toujours aimé la musique et la danse dans ma famille. J'ai des souvenirs de danse. Depuis toute petite, je préparais des spectacles de danse que je présentais à mes parents, à mes grands-parents. Et j'en tenais à tout le monde, aussi bien à ma sœur que mes cousins, cousines, etc. Et la musique a toujours fait partie. Je me souviens du tourne-disque de l'époque, avec plein de CD. C'était très varié. Il y avait plein de choses. Donc,
- Speaker #0
c'était déjà en toi quand tu étais petite, mais à l'heure où tu as grandi, adolescente, jeune adulte, tu ne t'es jamais dit « je vais en faire mon métier » à ce moment-là ?
- Speaker #1
Si, si, si. Quand j'étais au conservatoire du 11e, notamment, il y a eu un élément important qui fait partie des éléments qui pourraient être des frustrations ou des impulsions, on va dire. Je devais avoir, je ne sais pas, peut-être 8-9 ans. Et la prof de danse contemporaine allait participer à un spectacle à l'Opéra de Paris. Et il fallait des enfants pour y participer aussi. Elle a demandé à mes parents à ce que j'y participe. Et je crois que, je ne sais même plus si on était plusieurs à qui elle l'avait demandé ou pas. Je ne suis même pas sûre. Bref, c'était en semaine, pendant l'école. Donc, ils ont dit non. Ah ! Mais voilà, c'est ce genre de moment où tu te dis, et si, Et si, en fait, après, en grandissant, ensuite après l'adolescence, je m'étais dit, enfin, j'avais des rêves qui allaient aussi bien d'astronaute, journaliste ou danseuse dans une comédie musicale ou dans des comédies musicales, etc. Ce genre de choses, ça m'a toujours attirée. Après, à la préadolescence, adolescence, il y a eu aussi toute l'arrivée des boys bands, girls bands et des Spice Girls surtout. et autant le dire franchement les Spice Girls ont fait une part importante aussi dans mon histoire parce que le côté culotté tu vois, de doser etc et de se dire il y a des choses qui m'intéressent il y a des choses qui me plaisent, j'ai envie d'y aller et doser donc voilà et ouais ça a été des choses importantes et je pense que en fait c'est pas dans le sens danse directement mais A bientôt ! C'est lié aussi au côté engagement que je souhaite aujourd'hui lier avec mes nouvelles activités professionnelles autour de la danse et du bien-être. J'ai toujours senti le besoin de vouloir aider les autres, de me sentir utile à la société, etc. Et dans ce sens-là, je me souviens encore de toute petite première anecdote d'engagement direct. Quand j'étais en CM1 ou CM2, il y a eu des skins qui avaient jeté un Marocain dans la scène. Et ça m'avait tellement choquée que j'avais organisé avec mes amis, à notre échelle, une manifestation antiraciste. Et t'avais quel âge ? J'avais CM1 par là.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui. Donc c'est quoi ? C'est 9 ans. et ma mère gentiment avait même appelé le commissariat pour savoir s'il fallait une autorisation ou pas, on était moins de 10 donc il n'y avait pas besoin ou moins de 20 je sais plus mais vraiment on avait un copain qui adorait dessiner qui avait dessiné une image très parlante engagée aussi pour montrer qu'on était contre le racisme donc bref, tout ce côté artistique lié à l'engagement a été toujours présent, en CM2 on a créé un journal qu'on a appelé l'ami des écoliers. Et on l'a vendu pas cher à l'époque, c'était peut-être 5 francs. On a fait quelques parutions comme ça, je pense peut-être trois éditions. Et on avait décidé dès le début que l'argent qu'on allait récolter serait reversé au restaurant du cœur. Et on était fiers ! Et ça aussi, c'est le côté peut-être artistique.
- Speaker #0
Ouais, donc du coup, l'engagement et le côté artistique se sont mêlés dans ton parcours très tôt. Donc, j'imagine que dans ta vision de l'art, l'art est un moyen de faire bouger les lignes, de réveiller. Et j'imagine que c'est ce que tu essaies de faire aujourd'hui. Enfin, on va reparler après de ton parcours aujourd'hui, mais quand tu dis, moi, je voulais sauver le monde, est-ce que déjà, ton engagement montre cela ? Et est-ce que pour toi, la danse, comment tu voyais le lien entre la danse et le fait de sauver le monde ?
- Speaker #1
Alors... Pendant l'enfance et l'adolescence, je pense que je ne le voyais pas forcément, ce lien, même s'il était peut-être présent sans que je me rende compte. Mais par contre... quand j'ai commencé mes études de droit, donc finalement, j'ai décidé de faire du droit parce que je me disais que ça allait me poser les pieds sur terre et parce que ce serait intéressant de connaître le droit, notamment pour pouvoir sauver le monde. Parce que j'idéalisais un peu les choses en me disant que j'allais travailler dans l'humanitaire, que j'allais partir en mission, voyager, aider les gens, etc.
- Speaker #0
Donc le droit, c'est un choix conscient. de ta part, ce n'est pas quelque chose que ta famille t'a dit, écoute, c'est bien gentil ma chérie, tu vas être danseuse, mais tu sais, ce métier, c'est difficile. Donc, fais un métier sérieux. Si.
- Speaker #1
On m'a quand même plutôt dit, garde ton côté artistique pour tes passions à côté, mais fais quelque chose de sérieux. Après, sur le droit, il y a un héritage familial sans en être un tout à fait directement. Dans le sens où mon père, quand il est arrivé en France, il est arrivé en France un an avant la révolution iranienne, il est iranien d'origine, et il a commencé, enfin il travaillait, et en même temps il a commencé des études de droit à Nanterre, qu'il n'a jamais réussi à terminer, sachant qu'en Iran, il avait travaillé comme journaliste d'ailleurs, mais avant la révolution, pendant je crois 7-8 ans. donc donc Le droit, pour lui, c'était peut-être quelque chose d'important, qui était un peu inabouti.
- Speaker #0
C'était un peu, oui. Il a transposé sur toi, tu crois, son rêve inabouti, comme tu dis ?
- Speaker #1
Peut-être un petit peu. Mais du coup, quand il m'écoutera, il ne sera pas très content.
- Speaker #0
Ce n'est pas grave, ça fait partie du parcours. Il dirait non,
- Speaker #1
ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Ce sera l'occasion d'en discuter, peut-être.
- Speaker #1
Mais je ne regrette pas, parce que c'est grâce aussi à ça, finalement, que j'ai pu me permettre ce que j'ai décidé ensuite, quand même. Et autre chose, mon grand-père du côté de ma mère, donc du côté de ma mère, ils sont français, enfin, ma mère est française, mais sa mère était née en Turquie, son père en Syrie, mais tous les deux juifs, alors que du côté de mon père, c'est musulman. Et donc, du côté de ma mère, mon grand-père maternel avait commencé des études Au moment du bac, des études de psychologie, la guerre a commencé, donc la Deuxième Guerre mondiale a commencé. Il a dû aller travailler avec son père, donc arrêter ses études. Ils étaient dans les tissus, etc. C'était toujours pour lui un regret d'avoir dû arrêter ses études. Et il a finalement travaillé pendant longtemps dans les tissus. Il s'est marié, ils ont eu trois enfants avec ma grand-mère. Et on va dire, je pense dans les années, si je ne dis pas de bêtises, 60-70, crise mondiale et donc les tissus ça marchait plus trop et il fallait qu'il trouve quelque chose pour pouvoir assurer ses charges familiales, etc. Et donc il a décidé, à 50 ans, de faire des études de droit, sachant qu'il n'avait pas son bac en entier, il a dû faire une capacité en droit, ensuite il s'est spécialisé en droit. Donc il a fait l'inverse,
- Speaker #0
c'est intéressant, il a fait l'inverse de toi finalement, il a commencé par un métier plutôt, c'est un peu artistique, artisanal les tissus, je ne sais pas quelle fonction il occupait. mais bon, c'est quand même un métier d'artisan. Et il a repris quelque chose dans le domaine.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Je n'avais jamais vu ça dans ce sens-là. Ah,
- Speaker #0
tu as vu ? Il y a quand même l'histoire qui se rejoue, mais à l'envers.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est marrant. C'est marrant. Et en plus, il disait qu'il était le doyen de l'amphi, mais voilà, par son âge. Et donc, vaillamment, il a repris des études à 50 ans dans le droit. Et jusqu'à, en fait, en gros, jusqu'à son lit de mort, il voulait encore se spécialiser, se spécialiser. Parce qu'il avait cette soif d'apprendre. Et c'est vrai que, alors que jusqu'au bac, je n'ai pas eu besoin vraiment de beaucoup travailler pour me débrouiller à peu près, ça passait. Arriver à la fac de droit, c'était une grosse claque. Tous les six mois, je pense, je me suis demandé si j'avais envie de continuer ou pas de continuer. Mais à chaque fois, je pensais à mon grand-père, donc maternel, en me disant, tu dois t'accrocher.
- Speaker #0
Ça a été ton moteur ?
- Speaker #1
Oui, quelqu'un qui a vécu la guerre, qui a failli passer. Il a été jusqu'à Drancy, quand même. Il a réussi à s'échapper. qui a voulu faire encore des études pour avancer dans sa vie d'une manière ou d'une autre. Parce que la réussite, au sens classique du terme, n'est pas forcément celle qui est la mieux dans le cœur et dans la tête, etc. Mais pour autant, ça me montrait quand même une image de courage, etc. Et d'ailleurs, en parlant d'héritage familial, du côté de ma grand-mère, je pense qu'on n'avait pas de vrais artistes, même si je pense que mon grand-père paternel que je n'ai pas connu, qui est mort avant ma naissance. Je crois qu'il faisait du théâtre de rue ou quelque chose comme ça. Je n'ai pas beaucoup d'informations là-dessus. Et ma grand-mère a toujours eu, maternelle cette fois, a toujours été dans plein d'activités, entre aussi bien de l'aquagym que des danses folkloriques, la chorale, etc. Et je sais que même depuis petite, à chaque fois que je la voyais partir dans ses activités, je lui disais, mais mamie, moi je rêve que d'une chose, c'est d'être à la retraite comme toi. Elle m'avait dit, mais ma chérie, moi je faisais déjà plein d'activités quand j'étais active aussi, quand je travaillais.
- Speaker #0
C'est un bel exemple, parce que des grand-mères qui s'autorisent ça à l'époque, parce que maintenant ça a changé, mais les femmes à l'époque, il n'y avait pas autant de liberté ou d'expressivité possible, donc c'est chouette qu'elles se soient autorisées ça.
- Speaker #1
C'est vrai, et même très âgée d'ailleurs, elle a participé à des pièces de théâtre ou des spectacles de danse. Donc il y a quand même une fibre artistique,
- Speaker #0
mais que tu as laissé de côté, sans laisser de côté dans ton parcours, tu expliques que tu as fait des études de droit. Mais à côté, tu as toujours conservé la danse, même à titre personnel pour toi, mais aussi tu as commencé à enseigner en parallèle, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. Alors, épisodiquement, mais c'est vrai que justement, études de droit difficiles, donc j'ai redoublé ma première année. Mais alors, ça veut dire que ma deuxième première année était allégée, donc j'avais du temps. Et là, j'ai décidé, là, je pense que c'était la première vraie preuve d'engagement par la danse. je me suis rapprochée d'une association de mon quartier, dans le 11ème à Paris à l'époque, qui proposait des cours de soutien scolaire pour les enfants du quartier, les enfants issus de tous les bords de l'immigration, etc. Et donc, j'ai commencé avec le soutien scolaire, et puis bon, parce qu'il fallait rentrer, et puis au bout de peu de temps, on va dire, je leur ai proposé plus plus qu'on mette en place un cours de danse. Tout ça a été bénévole à ce moment-là, Et... Donc on a mis en place un cours de danse du monde d'abord à destination des enfants. Et là, c'était vraiment passionnant de voir à quel point ça faisait du bien et à quel point aussi déjà à des petits âges, parce qu'on va dire que les enfants que j'avais à cette époque-là avaient entre eux 6 et 12 ans. Et j'ai réussi à tenir quand même relativement longtemps avec aussi des garçons dans le cours, alors que ce n'était pas si facile pour eux déjà à ces âges-là. d'assumer entre guillemets de danser, d'assumer les commentaires qu'ils pouvaient avoir des grands frères, des parents parfois, etc.
- Speaker #0
Donc ça c'était en parallèle de ton activité ?
- Speaker #1
Là c'était en parallèle de mes études de droit. Et après, on a été jusqu'à j'ai organisé un spectacle, on avait un café, resto, librairie engagée dans le quartier avec qui je m'entendais très bien avec les propriétaires. Et donc, on a mis en place un spectacle là. Et même là, jusqu'à la dernière minute, pour certains enfants, c'était le stress de se dire est-ce que je vais oser danser devant les parents, devant les grandes sœurs, les grands frères, etc. Même les grands-parents. Parce qu'il y avait comme une espèce de pudeur et de réserve. Alors que, déjà à ce moment-là, justement, j'ai réalisé qu'on pouvait s'apporter des deux côtés à travers la danse. Que c'était incroyable à quel point on pouvait s'exprimer à travers la danse. J'ai eu une petite fille de 8 ans avec un garçon de 11 ans qui ont utilisé une musique que je prenais pour l'échauffement qui était une fusion de Catherine Lara avec des musiques issues de l'Aral, de l'Oural et tout ça. Ça s'appelait Aral, en fait, l'album. Et c'était des sons qui venaient de l'Oural, à semi-électro,
- Speaker #0
semi-violon,
- Speaker #1
etc. Et un beau jour, ils m'ont dit « Alice, on veut danser sur cette chanson-là. » Et donc, on a poussé le truc pour aller jusqu'au spectacle. Mais ça, ça a été... Le gros sujet tabou, est-ce que ça allait passer auprès des familles, etc. Bref, c'est vrai que dès ce moment-là, début des études, j'avais 19-20 ans.
- Speaker #0
Mais alors pourquoi ? Tu avais déjà identifié que c'était quelque chose qui te boostait, qui te motivait la danse parce que tu le faisais à côté. Pour autant, tu as poursuivi ta carrière dans le droit. Est-ce que tu... Merci. Donc, on a vu que c'était parce que tu voulais aussi quelque chose de sérieux, enfin que, voilà, encourager aussi avec un peu le spectre de ton grand-père. Tu disais, ben, j'ai pas le droit de le décevoir. Mais est-ce que tu te sentais à ta place à ce moment-là ? Donc, tu as commencé ta carrière dans le juridique et dans les RH. Est-ce que tu te sentais déjà à ta place ? Ou depuis le début, tu sentais qu'il y avait quelque chose qui te collait pas ? Ou que tu voulais pas t'avouer, peut-être ?
- Speaker #1
Je savais que je n'étais pas à 100% à ma place. Après, j'ai orienté le côté sauver le monde en essayant de faire en sorte qu'au niveau du... Enfin, en me spécialisant en droit du travail, en me disant, OK, si je ne sauve pas le monde, au moins, je peux essayer de faire en sorte que les relations en entreprise se passent bien, étant donné qu'on passe quand même 80% de son temps éveillé au travail. Voilà, essayer d'être un petit rouage, une espèce de médiateur qui fasse en sorte que... que les relations se fassent bien entre les directions et les salariés. Donc, ça me portait, on va dire, comme ça. Et je me disais aussi, je pense que ça, c'était avec l'influence de certains bons professeurs et ou intervenants que j'ai pu avoir en cours qui nous expliquaient aussi. Je pense que c'était peut-être pour nous accrocher à la matière, maintenant quand j'y pense, mais ça avait du vrai aussi de se dire que c'était un peu comme une pièce de théâtre. Il y a encore le côté artistique. Donc, disons que voilà. Ça a été aussi bien les études qu'après dans l'exercice professionnel. Ça n'a pas toujours été si simple. Mais disons, je me suis dit que c'est toujours l'idée de se dire on tente, on tente, on tente et on voit où ça avance.
- Speaker #0
Et tu es restée combien de temps ? Tout dans tes postes RH ?
- Speaker #1
En fait, droit du travail et RH, donc 7 ans d'études et 14 ans d'expérience professionnelle.
- Speaker #0
Tu as quand même tenu 7 ans d'études alors que tu disais que c'était... Ok, disons que ça crée résilience.
- Speaker #1
Oui, j'étais au bout de mon master.
- Speaker #0
Et alors, il y a une anecdote intéressante qui montre quand même que c'était un peu, j'allais dire violent, mais oui, tu t'es forcé un petit peu, même si tu essaies de te raccrocher. Et en plus, à l'extérieur, les expériences que tu as vécues dans le travail, c'était quand même très fort, puisque tu racontes que ton premier jour dans un poste de DRH, DRH, je crois que c'est ça ?
- Speaker #1
Trois semaines.
- Speaker #0
Trois semaines commencent par l'arrivée de la police, du trésor public et de l'inspection du travail.
- Speaker #1
Ah oui, c'était une procédure, alors je ne connaissais pas, je pense que ça c'est une fois dans toute la vie.
- Speaker #0
Oui, et donc comment tu as vécu ça ? Parce que tu étais jeune, enfin je ne sais pas quel âge tu avais, mais tu étais quand même jeune.
- Speaker #1
Là c'était parmi les dernières expériences, mais c'est vrai que oui, c'est ce genre d'événement qui fait qu'on se dit « Ok, on se remonte la manche et on y va, c'est notre travail. » Ouais, c'était... En plus, au début, je n'ai pas compris ce qui se passait parce que j'étais en réunion et il y a un des directeurs commerciaux qui débarque dans la pièce en disant « au secours, c'est... » Il y a les keufs tout en tout, il y a les keufs. Et comme on était à Jeunevilliers avec beaucoup de collaborateurs qui venaient des alentours de Jeunevilliers, etc., au début, j'ai pensé qu'ils voulaient dire « autour du bâtiment » . Donc non, non, en fait, ils étaient sur l'open space.
- Speaker #0
Ok, et donc toi tu étais DRH,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui, et déjà j'ai été DRH.
- Speaker #0
Ah oui, donc ok.
- Speaker #1
Oui, on apprend, en fait, vraiment à chaque fois je me disais ok, expérience, on y va. Mais c'est vrai que, tu parlais de courage et de résilience, je pense que ça en était une forme aussi, parce que c'est vrai que je ne me suis pas dit au secours, j'ai envie de rentrer chez moi. Au contraire, je me suis dit ok, on y va.
- Speaker #0
En plus, c'est ce côté engagé. Tu parlais de l'engagement quand tu étais déjà petite. Donc, l'engagement, c'est ça aussi. Tu fais face aux problèmes, tu t'engages pour une cause. Là, c'était aussi la cause de faire en sorte que les relations se passent mieux. Mais là, quand tu es face à quelque chose comme ça, tu vois, ça t'apprend.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Comment toi-même aussi tu réagis à certaines situations, comme quelques années avant, quand je travaillais dans le secteur médico-social. Un jour, alors que tout le monde avait… toute la ligne hiérarchique avait prévu de partir en vacances à ce moment-là. Pam ! On reçoit un courrier de l'Agence régionale de santé qui demande une fermeture inopinée d'une de nos maisons de retraite sous 15 jours, en nous disant qu'on a 15 jours pour reclasser et les salariés et les résidents, et qu'après on a 6 mois pour remettre tout d'équerre.
- Speaker #0
Donc c'est ça, tu parlais dans ta description que j'ai reçue avant, tu parlais d'un plan social où tu as dû mettre fin au... au contrat de certains salariés, c'était ça ? Ah non,
- Speaker #1
ça,
- Speaker #0
c'est ma toute dernière idée.
- Speaker #1
Ah oui, ben dis donc ! Non, Et ça,
- Speaker #0
comment t'as vécu ça, humainement, de devoir arrêter ? Parce que moi, je me suis toujours demandé, moi-même, j'ai pu créer Acapella grâce à un plan social, donc moi, ça m'a rangé. Moi, ça m'a rangé, mais je sais qu'il y a des personnes qui l'ont très, très mal vécu, parce que, comme tu racontes dans ton parcours, Il y avait des personnes qui étaient là depuis 20-30 ans à 50 ans passés qui, si ça va être difficile pour eux de retrouver un boulot à ces âges qu'on est qualifié de senior dans le domaine professionnel à partir de 45 ou 50 ans. J'imagine que côté salarié, c'est difficile à vivre. Moi, je l'ai bien vécu parce que j'avais un projet déjà. Mais côté RH, ça doit être hyper compliqué aussi humainement.
- Speaker #1
C'est compliqué. C'est compliqué. C'est compliqué. C'est compliqué. En fait, je le savais même avant d'arriver qu'il y aurait ça à gérer. Mais entre le savoir et le vivre, ce n'est pas pareil. Et c'est vrai que oui, c'est compliqué. C'est compliqué parce que là aussi, tu te dis… Je le sais. Je sais que je suis engagée pour participer à ça. Donc, j'y vais. Je le fais sérieusement dans la mesure du possible, etc. et en soutien de l'entreprise qui m'a engagée et qui compte sur ma participation. Après, ce n'est pas facile, oui, parce que c'est vrai que moi, j'ai toujours eu la fibre humaine forte. Et c'est vrai que quand tu parlais d'être à sa place ou de ne pas être à sa place, En fait... Pour moi, c'était important de me dire que je ne représentais pas la direction des entreprises, mais que j'étais là en tant que médiateur pour faire en sorte que les liens entre les partenaires sociaux se passent bien. Sauf que la réalité, c'est que j'étais censée être côté direction quand même. Donc, c'est vrai que ce n'était pas si simple. Après, si je devais parler de... Je pense que l'expérience la plus compliquée, ça a été la crise Covid.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est qu'après, en plus, il y a eu toutes ces expériences-là où tu as quand même tenu le choc et puis assuré comme tu pouvais. Il n'y a pas eu de moment, d'ailleurs, il y a plein de personnes qui, quand elles ne sont pas forcément à leur place ou qu'elles insistent, il y a de la maladie, il y a des burn-out. Donc, toi, tu as tenu le choc tout du long ?
- Speaker #1
J'ai tenu. Après, il y a eu des petits arrêts. Il y a eu des petits arrêts, mais pas… qui était vraiment liée à des trucs un peu plus ponctuels.
- Speaker #0
Tu n'as pas fait un gros crash, on va dire.
- Speaker #1
Ou alors, peut-être, on peut dire que oui, entre mes deux dernières expériences. Et du coup, la dernière, c'était vraiment l'idée de se dire... Peut-être que vraiment, c'est la goutte d'eau.
- Speaker #0
La dernière, c'est quand tu dis que tu es tombée enceinte au moment du Covid et que tu as eu des pressions végétales. Non, ce n'est pas celle-là ? D'accord.
- Speaker #1
Non, en fait, c'est quand… Le vrai moment… En fait, il y a eu pas mal de moments difficiles. Il y a eu pas mal de moments difficiles, mais j'essaie de… J'ai essayé de m'accrocher et de me dire que je tenais, que je tenais. Mais sauf qu'une fois que j'ai commencé à prendre la décision, et après quand j'ai décidé de la prendre, du coup je l'ai assumée et je me suis lancée. En fait, on va dire que l'élément déclencheur, c'était effectivement le moment de la grossesse pendant la crise Covid. J'ai pris un poste. fin 2019, qui était censé être le poste idéal. Vraiment, dans une entreprise dont j'étais cliente depuis que j'avais 10-12 ans, pour moi, c'était comme un rêve qui se réalisait. C'était un rôle à la croisée du droit du travail et de la RSE, côté social, donc égalité professionnelle, gestion du handicap, etc. Donc, sur le papier, c'était magnifique. Il y avait un projet bébé, mais qui, pour l'instant, ne donnait rien. Donc, on s'est dit, on verra bien. je savais que j'allais changer de chef en cours de route j'avais rencontré le chef qui partait à la retraite quelques temps après et le chef qui arrivait je savais qu'avec le chef qui arrivait on n'avait pas forcément énormément de bons attentes reçues c'est souvent des questions de management bref donc voilà le premier confinement arrive et jusqu'à oui jusqu'à jusqu'à Jusqu'à l'annonce de ma grossesse, j'étais merveilleuse.
- Speaker #0
On enregistre le 9 mars. Hier était la journée internationale des droits des femmes, n'est-ce pas ? Je ne peux pas citer le nom de l'entreprise, mais en plus, c'est une entreprise qui est censée officiellement avoir des très belles valeurs. La nature, les êtres humains.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et je n'ai pas eu beaucoup de soutien quand ça a commencé à partir au Kikiewet.
- Speaker #1
Parce que tu étais encore en période d'essai quand tu es tombée enceinte ?
- Speaker #0
Alors, oui, mais en fait, ce n'est pas comme ça que ça a été. Non, non, en fait, je pense que ça aussi, c'est typique. Peut-être, je suis désolée, on va faire du cliché peut-être, mais nous, les femmes, on peut le dire, c'est qu'on a tellement envie de tout faire. de tout faire bien, etc. Bref, je me suis tellement donnée pour essayer de tout faire en sorte que tout soit propre, etc. On était en pleine crise Covid. Donc voilà, j'ai tombé enceinte fin mars 2020. J'ai accouché en décembre 2020. Je suis arrivée en congé match. Je pense que j'étais en quasi burn-out quand on en parlait. Tellement, je voulais tout finir avant de partir. Mais ce n'était pas possible en fait puisque même la crise elle-même n'était pas finie. Donc voilà, mais plus avec une pression de malade managériale. sur le fait qu'il fallait que je finisse le plus de choses possible, même des trucs qui ne servaient à rien au moment où on était, type un projet sur la mobilité verte et durable. On était en crise sanitaire mondiale.
- Speaker #1
Oui, ce n'était pas l'urgence absolue.
- Speaker #0
Ce n'était pas l'urgence absolue. Mais par contre, au niveau prévention des risques, etc., ça, je m'étais vraiment donnée à fond avec toutes les équipes, etc. Bref, en passant parfois... un peu rapidement et je pense que c'est ça et c'est sûr que c'est ça qui n'a pas plu à ma hiérarchie qui a voulu me le faire payer après donc bref ça a été un moment très difficile parce que moi c'était ma seule et unique grossesse de ma vie on est en pleine crise covid on doit rassurer les gens dans l'entreprise et aussi dans sa vie on doit essayer de se rassurer sauf qu'en fait on ne sait pas ce qui va se passer du tout
- Speaker #1
Surtout que donner la vie à un enfant en cette période-là très incertaine, forcément, j'imagine que ça crée un stress supplémentaire sur quel avenir j'offre à cet enfant.
- Speaker #0
Absolument. Mais après, je n'ai pas connu d'autres grossesses dans des temps normaux ni d'autres accouchements, même si je pense que le mien était quand même assez rocambolesque. Mais bref, c'est vrai que... cette fin Je me suis même dépêchée pour essayer de reprendre rapidement le travail. Ça aussi, peut-être un peu typique de quelqu'un qui veut bien faire, etc. Montrer la blanche, bon soldat. Pour que ça parte encore plus en live à mon retour et que ça se finisse entre avocats.
- Speaker #1
Bon, pas comme ça.
- Speaker #0
Voilà. Mais ça a été l'opportunité, du coup, de relativiser le côté pro-perso. Déjà... réellement, parce qu'effectivement, quand on est responsable d'un petit être qui vient de naître et quand on voit aussi que chaque état d'âme qu'on peut avoir infuse l'enfant de manière plus, enfin, quand ça a commencé à partir en cacahuète avec mon travail, il a quand même été hospitalisé, mon fils, de six mois à l'époque, pendant cinq jours. Donc c'est ce genre de truc où je me suis dit, là, tous les astres nous parlent. Bref.
- Speaker #1
Et donc là, tu as fait un bilan de compétences au moment où tu étais en train de te séparer de l'entreprise où tu étais ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Là, j'ai eu la chance de tomber sur une coach qui s'appelle Ilana Franco. En plus, elle est ton genre aussi. Ilana Franco ? Oui.
- Speaker #1
D'accord,
- Speaker #0
je ne la connais pas. Oui, qui a fondé son cabinet de coaching qui s'appelle Ifou et Conseil. Suite à une reconversion professionnelle. Bref Et donc Oui j'avais vu quelques Parce qu'à l'époque justement il y avait beaucoup de Documentation en vidéo Aussi bien sur la périnatalité etc Que sur la balance pro-perso Bref je suis tombée sur elle Et je me suis dit go Et donc j'ai fait un bilan de compétences avec elle Et c'est vrai que les conclusions de ce bilan C'était soit Soit je Reste dans ce secteur d'activité Merci. mais en m'orientant un petit peu plus vers le milieu associatif ou les ONG etc mais toujours au niveau du droit du travail ce que j'ai toujours depuis le début de ma carrière d'ailleurs essayé de trouver et où finalement ça s'est jamais fait je ne sais pas pourquoi soit switcher complètement pour aller vers le milieu de la danse, du bien-être etc et donc je me suis ça a fait beaucoup de chemin parce que Merci. Je pense que pour tout le monde, une des choses les plus importantes, à ce moment-là, quand on a un petit enfant, etc., c'est de se dire, je ne peux pas prendre des décisions comme ça, il faut assurer financièrement, etc. Ce n'est pas si simple de prendre la décision. Et à la fin de mon bilan de compétences, un ancien collègue de mon tout premier job, 10 ans auparavant, avec qui on avait gardé des contacts épisodiques et sympathiques, m'appelle en me disant « Hey, je viens de prendre un poste dans une entreprise anglaise et on cherche quelqu'un pour nous aider à réorganiser toute l'équipe RH. » Et j'ai pensé à toi. Est-ce que ça te dirait, etc. ? Donc,
- Speaker #1
les RH, ça te rappelait encore ?
- Speaker #0
Voilà. Et c'était le fameux poste de TRH. et Alors que quand on fait du droit du travail, c'est une évolution assez classique et dont les gens rêvent en général. Moi, ce n'était pas forcément à ça que je rêvais particulièrement. Mais là aussi, je me suis dit, à chaque fois, j'ai un peu cet état d'esprit de se dire, on tente. Et vraiment, c'était drôle parce que j'ai eu tous les entretiens en anglais, avec des Anglais du nord de l'Angleterre avec des accents à coups de couteau et des expressions dont je ne comprenais pas tout. Et à chaque fois, je me disais, non, mais je pense qu'on s'est mal. compris, je ne sais pas. Et à chaque fois, on me disait « Ok, tu passes à l'étape suivante, tu passes à l'étape suivante. »
- Speaker #1
Et donc là, je vais accélérer un petit peu parce que je sais que tu as un timing. Donc là, à ce moment-là, tu prends ces postes.
- Speaker #0
Donc, comme ils me l'offrent, je me dis « Allez, on y va ! » Mais ça ne correspondait pas du tout à ce qui était conclu dans mon bilan de compétences. Mais voilà, c'était l'idée de se dire « Expérience, on verra ! »
- Speaker #1
Et donc là, c'est pas à ce moment-là que tu te dis, bon, ok, je me lance dans la danse. Là, t'es encore dans ton ancien métier.
- Speaker #0
Oui, oui. Là, je me dis, allons-y, on va voir comment ça se passe. Et c'est là que tu peux recouper avec l'histoire de trois semaines après mon arrivée, le débarquement et tout ça.
- Speaker #1
Ah, c'est là le débarquement, d'accord. Ok. Et donc, à ce moment-là, au moment du débarquement, tu te dis, en fait, qu'est-ce que je fous là ? Comment tu as switché à la danse ?
- Speaker #0
C'est le premier jour, je me suis demandé qu'est-ce que je fous là. Mais en fait, très souvent, je me suis demandé, dans toutes mes expériences, souvent, je me suis demandé qu'est-ce que je fous là. Mais à chaque fois, je me disais expérience, Et puis, on y va et on voit, tu vois, comme il y a 15 ans. Mais donc,
- Speaker #1
à quel moment tu as changé pour switcher pour la danse ?
- Speaker #0
Pardon. Et en fait, non. ce poste de DRH qui s'est enfin où ça c'est ouais c'était c'était compliqué parce qu'en fait on m'avait mis une casquette on m'avait mis on m'avait bien enrobé comme il fallait le truc sauf que en fait j'avais pas tellement de pouvoir que ça de faire les choses comme je voulais et puis qu'il y avait beaucoup de choses qui étaient délicates dans l'entreprise et c'était leur façon de faire c'était pas la mienne au niveau éthique et valeur etc donc c'est là où ouais c'est là où quand j'ai vu que c'était plus enfin je suis restée deux ans quand même Et quand j'ai vu que c'était plus possible de faire bouger les lignes, qu'il y avait trop de blocage, je me suis dit « Ok, c'est pas possible » . Donc c'est là que je m'étais arrêtée, avec l'idée ambivalente de me dire « Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je cherche autre chose ou pas ? » J'ai même été assez… Là, j'ai été kamikaze pour le coup, parce qu'assez rapidement, pendant mon début d'arrêt maladie, j'ai démissionné. J'avais rien derrière. Et puis… assez vite après. Il y a une opportunité qui se recherche, pas très loin de chez moi.
- Speaker #1
En RH ou en danse ?
- Speaker #0
En RH, pour gérer le plan social.
- Speaker #1
Ah là là, encore.
- Speaker #0
Voilà, mais dans une belle entreprise, je ne sais pas. Et je n'avais pas compris à quel point ça prendrait autant de place.
- Speaker #1
Et donc là, tu es repartie dans l'RH ?
- Speaker #0
Donc, je suis repartie dans l'RH. Ah,
- Speaker #1
mais là, il t'en faut des expériences avant de te dire. Oui,
- Speaker #0
mais c'est pour ça que... Non, mais c'est pour ça que... En fait, à la fin de la période d'essai initiale, on a fait le point. Là, c'est fait dès le début. Là, vraiment, je pense, plus qu'ailleurs, dès le début, je me suis demandé, mais ça ne va pas, en fait. Je n'ai plus ma place là. C'était vraiment comme si j'étais là sans être là, même si je participais à tout. Mais franchement, je pense que si on demandait une prise de référence à cette ancienne chef, elle dirait qu'Alice n'était plus là, en fait. Si, elle a fait ce qu'il fallait faire, mais elle était un peu... Comme un fantôme, peut-être. Et donc, moi,
- Speaker #1
je veux savoir le changement, ça, qu'il me mord ! Et donc,
- Speaker #0
à la fin de la période d'essai initiale, en fait, on a fait un point avec ma fève, et je lui ai dit, en fait, c'est plus possible pour moi, je ne peux pas, je suis désolée. Et elle m'a demandé, mais tu as été chassée, tu postules ailleurs. Je lui ai dit, non, non, non, c'est la fin pour moi. C'est le pompon. Je ne peux plus travailler dans les ressources humaines. Donc,
- Speaker #1
c'est celle-là qui t'a fait te dire, bon, en fait, là, il faut que j'arrête, il faut que je change.
- Speaker #0
Oui, oui. Et donc, c'est pour ça qu'on s'est séparés gentiment et respectueusement. Je ne les ai pas abandonnés non plus du jour au lendemain. Mais ça, c'était donc fin 2024. Voilà.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et voilà. Et donc, l'idée, c'était de se dire 2025, je vois comment ça se passe. À l'aube de mes 40 ans.
- Speaker #1
La crise de la quarantaine.
- Speaker #0
Pré-quarantaine, six mois avant. Et... Et du coup, en 2025, j'ai rentabilisé plus, plus, plus en formation, etc. Sachant que justement, sur la question de danse, c'est une des questions que tu m'as posées aussi tout à l'heure, d'étudier, pas étudier. Bref, en fait, je pense que... Franchement, si ça se trouve, c'était peut-être vraiment une fois par an ou une fois tous les deux ans. Depuis même mes études de droit, je regardais les écoles de danse, je regardais les formations, etc. Et à chaque fois, je n'y allais pas.
- Speaker #1
Tu n'osais pas, tu ne t'autorisais pas.
- Speaker #0
C'est ça. Après, là, j'étais dépassée pour telle ou telle vraie école. Donc voilà. Et par contre, du coup, j'ai bien rentabilisé l'année 2025, donc l'année du passage de cap, n'est-ce pas ? En formation, j'ai trouvé une formation avec la Fédération Française de la Danse. J'ai bien commencé par la danse. Je me suis formée à l'Institut Bernadette de Gasquet en pilates parce que le pilates, ça a toujours été aussi quelque chose de très intéressant pour moi. Je l'ai commencé à la fac. Et puis Bernadette de Gasquet, je ne sais pas si ça te parle, mais en fait, en gros, c'est une professeure. À la base, elle était formatrice. Elle a commencé à donner des cours de yoga à ses collègues au PTT. Elle a eu trois enfants. À 38 ans et après ses trois enfants, elle s'est dit « je vais faire des études de médecine parce qu'en fait, j'ai envie d'asseoir ma pratique du yoga et de me sentir plus légitime » . Donc, elle a fait des études de médecine. Aujourd'hui, elle a 78 ans. Encore des parcours inspirants. Oui,
- Speaker #1
c'est ce que je me disais. Je me disais « tiens, il faudrait que j'invite sur le podcast, ça va être intéressant sa vie » .
- Speaker #0
Oui, oui. Et donc, son idée, c'est d'adapter la pratique physique au respect de la physiologie du corps humain, etc. Et ça me parle beaucoup, en fait. Ma prof de yoga de cœur, qui est devenue une amie que je connais depuis presque dix ans, avait été formée chez elle. J'ai beaucoup entendu parler d'elle et de son institut, etc. Donc,
- Speaker #1
aujourd'hui, en fait, donc là, 2025, ça a été l'année de la formation, de la transition.
- Speaker #0
Et de commencer.
- Speaker #1
Et de commencer. Et donc, aujourd'hui, tu enseignes la danse, le pilates, la gym, c'est ça ? Oui. Donc, dans diverses structures, on va mettre dans le lien les différents liens pour te trouver. Et donc, moi, j'aimerais bien te poser deux questions pour terminer. On n'aura pas le temps de développer aujourd'hui ta pratique. De toute façon, c'est encore à écrire. C'est un cours d'écriture. Donc, ce sera intéressant d'avoir deux questions. C'est si tu pouvais parler à la Alice d'il y a 15 ans avec ce que tu sais aujourd'hui, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
C'est la vie de Lopez.
- Speaker #1
Et deuxième question, c'est est-ce que tu as un mantra ou quelque chose qui te guide pour inspirer d'autres personnes qui écoutent ? Première question, qu'est-ce que tu dirais à la Alice d'il y a 15 ans ?
- Speaker #0
La Alice d'il y a 15 ans, je lui dirais peut-être, tu as relativement le temps maintenant, donc ça serait bien, en même temps que tes études de droit, que tu trouves des formations en danse peut-être, pour asseoir un peu ton futur des deux côtés. Après, je lui dirais, Ausha. ça sera pas pour rien que tu t'accroches la vie est longue et on peut on a plein de possibilités dans la vie si on se donne les si on ose en fait si on ose et sur le mantra bonne question parce que quand j'étais petite partout j'écrivais carpe diem carpe diem j'ai eu la chance de faire du latin et
- Speaker #1
je sais pas je sais que souvent ça peut être carpe diem ça peut être à la fois la vie est longue mais la vie est courte aussi, donc la vie est longue dans le temps mais la vie est courte,
- Speaker #0
c'est de chacun son et en plus c'est ça, et c'est vrai que on sait pas si on a qu'une vie ou si on en a plusieurs mais en tout cas moi personnellement je me souviens pas de mes vies précédentes donc je me dis que je me souviendrai pas de celle-là non plus dans la prochaine et donc tant qu'à faire autant en profiter et c'est vrai qu'on sait pas ce que nous réserve l'avenir, donc autant profiter autant oser et autant saisir se donner les possibilités de sauter à un endroit ou à un autre.
- Speaker #1
Je vais rebondir là-dessus. Je te remercie d'avoir saisi l'opportunité de venir raconter ton histoire, puisque c'est ton initiative. J'avais lancé la perche et t'as attrapé la perche. Merci d'avoir saisi l'opportunité, justement. Et ça montre aussi tout ton parcours qui est fait d'audace, de résilience aussi, mais aussi de courage et d'audace. Je te souhaite plein de belles choses. ta nouvelle carrière de danseuse, de prof de danse. Je suis sûre que ça augure de plein de choses. Donc, on te suivra avec grand intérêt. Je te remercie. Et puis, je vais te laisser filer à ton cours de danse, justement.
- Speaker #0
Oui, absolument. Merci beaucoup, Érika. Merci pour ta gentillesse, pour ton accueil. Et sache que tu fais partie des personnes inspirantes aussi qui donnent du peps et qui encouragent. à se dire et si j'y allais ?
- Speaker #1
Bah écoute, merci beaucoup et plus on sera nombreux à montrer que c'est possible, plus... Il y aura de personnes qui s'autoriseront, qui oseront. C'est vrai,
- Speaker #0
c'est vrai. Allez,
- Speaker #1
bonne condolence.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Érika. Bye bye. À bientôt avec plaisir. Bye.
- Speaker #1
Si tu es arrivé jusque-là, c'est que les histoires de vie te parlent, tout comme à moi. Peut-être même qu'en ce moment, toi aussi, tu te poses des questions sur ta vie, sur tes envies, dans la suite. Alors surtout, ne rate pas les prochains épisodes. Abonne-toi dès maintenant pour être le premier à les découvrir. Et si ce podcast te plaît, offre-lui 5 étoiles. Ça ne prend que quelques secondes et ça aide énormément à le faire connaître. Tu peux aussi nous retrouver sur Instagram, LinkedIn, Facebook, sur les réseaux sociaux de Acapella ou sur acapella.com. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. À très vite pour une nouvelle histoire. Dans moi, je vais juste être Madonna.